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Mort de Jean Raspail, écrivain et explorateur, auteur du Camp des Saints

L’écrivain, journaliste et explorateur est mort samedi 13 juin à l’âge de 94 ans à l’hôpital Henry-Dunant à Paris. Adoré par certains, maudit par d’autres, l’auteur de Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie et du Camp des Saints a marqué la littérature française de son univers.

 

Le consul général de Patagonie n’est plus. Écrivain, explorateur, aventurier, poète... Jean Raspail a marqué la littérature française du XXe siècle. Avant d’être aventurier des mots, l’homme a parcouru les terres isolées. Épaisse moustache, sourcils broussailleux, visage taillé au couteau, Jean Raspail était un être obstiné, fier de ses positions, assumant de ses profonds yeux bleus sa foi catholique et son attachement à la monarchie. Un écologiste royaliste, utopiste et aventurier. Jean Raspail était un romantique.

Né le 5 juillet 1925 à Chemillé-sur-Dême en Indre-et-Loire, Jean Raspail est un enfant de la bourgeoisie. Descendant de François Vincent Raspail (qui donna son nom au Boulevard) qui rétablit le suffrage universel en 1848. Son père est président des Grands Moulins de Corbeil et directeur général des mines de la Sarre. Pourtant, malgré les écoles privées et une éducation stricte, le jeune Raspail a des envies d’ailleurs. Trop jeune pour s’engager dans la Résistance, il devra attendre 1949 pour prendre le large.

« À considérer les cheminements intérieurs de la vie, c’est là que je suis né, à l’âge de vingt-trois ans et neuf mois, par un matin glacial de printemps de l’année 1949 », écrira-t-il dans L’île Bleue (Robert Laffont, 1990).

Le pêcheur de lune de 23 ans quitte alors son monde de confort pour l’aventure. Une équipée de jeunesse annonciatrice de 30 ans de voyages autour du globe, auprès des peuples menacés et aux confins des terres hostiles. Il a posé son sac en Terre de Feu, aux Antilles, en Alaska, au bord du lac Titicaca ou encore à Macao et en a rapporté des guides et des récits. Aventurier des mots et des terres isolées, ses premiers livres sont des reportages. Son premier vrai roman, Le Vent des pins, sort chez Juillard en 1958. Récit rédigé à la suite d’un voyage au Japon. De ces aventures, Raspail tira une quasi-biographie, un monument. Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, (Albin Michel, grand prix du roman de l’Académie en 1981). Histoire d’un jeune homme de Tourtoirac partit, vers 1860, conquérir la lointaine Patagonie. Raspail s’en amuse et s’autoproclame consul général de Patagonie. Des lecteurs lui écrivent pour lui demander d’être naturalisés patagons, ils veulent partager cet état d’esprit. Le mythe est né.

 

Le sulfureux Camp des Saints

Raspail écrit pour s’évader. Défenseur des causes perdues, il publie en 1986, Qui se souvient des hommes, suite à ses séjours chez les Alacalufs, peuple en Terre de feu annihilé et menacé d’extinction par le progrès. Son œuvre séduit par sa force, son obstination, et gagne de nouveaux lecteurs à chaque génération. Elle divise aussi. En 1973, l’écrivain publie ce qui deviendra un brûlot : Le Camp des Saints (Robert Laffont). Roman apocalyptique dans la France de 2050, confrontée à l’arrivée massive de migrants sur ses côtes. Prophète ? Il s’en défendait. Les polémiques, elles, proliférèrent.

En 2011, le livre est réédité. L’auteur y ajoute une préface coup de poing, intitulée « Big Other ». Dans cette même réédition, il ajoute en annexe toutes les pages tombant sous le coup de la loi. Le PDG de Robert Laffont, Leonello Brandolini, précise alors dans un avant-propos que son opinion n’est pas celle de l’auteur qu’il publie. L’auteur est associé à l’extrême droite, ses propos sont dénoncés. Daniel Schneidermann signera une tribune au vitriol contre l’auteur avec en titre : « Appeler racistes les racistes ». Les lecteurs tranchèrent : 132.000 exemplaires vendus à ce jour.

Lire l’article entier sur lefigaro.fr

 

Jean Raspail était l’invité de Sud Radio le 29 janvier 2020 :

Jean Raspail, sur E&R :

 



Article ancien.
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31 Commentaires

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  • Bon voyage à Jean Raspail, dans les autres dimensions de l’Univers, où il ne fait aucun doute qu’il trouvera son chemin.


  • Tristesse et stupéfaction de celui qui aurait du devenir académicien !
    Je l’avais rencontré deux fois à des réunions d’écrivains de radio-courtoisie...l’année de sortie de "l’anneau du pécheur" (je recommande) et lui avait même offert deux tableaux illustrant une de ses œuvres (ça l’a bien fait rire).

    "Le camp des saints",ultra prophétique jusqu’au lieu de débarquement du navire à migrants (Des albanais à l’époque).

    "Qui se souvient"...anthropologie de peuples en voie d’extinction,oubliés....avec ,pour l’anecdote,la découverte,en Bourgogne,d’un village de descendants de Huns rescapés de la bataille des champs catalauniques (authentique)... !!

    Royaliste convaincu,il a écrit moult livres sur l’espoir du retour à une monarchie traditionnelle (présent à la cérémonie,place de la Concorde le 21 janvier 1993 pour les 200 ans du sacrifice...C’est un Ardisson bronzé qui le soutenait).

    95 ans de luttes et de voyages....Que le dernier vous soit le plus beau et le plus instructif monsieur Raspail.. !!!

    Ps : Le socle de statut du pharmacien Raspail étant vide square Denfert-Rochereau,j’avais eu l’idée d’en ériger une avec la tête de Jean plutôt que celle de François....pas les moyens mais ce grand boulevard devrait contenir les deux noms !

     

  • Jean Raspail... L’un des premiers auteurs que mon vieux paysan de père a mis sur mon chevet quand j’ai quitté le primaire. Raspail parti, quelle solitude... Mais nous tiendrons bon, et lutterons pour etre du ’petit reste’... Bon voyage, Pikkendorf.


  • A partir du « Camp des saints », plus personnes ne pouvaient dire “on savait pas, c’était inenvisageable...”
    Ou quand les auteurs, les vraies, sont connectés avec...ce qui nous dépasse...


  • En lisant la nécrologie de ce grand homme on songe à qui pourrait prendre la relève.
    On pense alors à Sylvain Tesson en se disant que, tout de même, Raspail était d’un rang bien supérieur. Talent littéraire, panache, aventurier, fieffé royaliste, catholique intransigeant ; c’était peut-être le dernier des gentilshommes français.


  • "Le Camp des Saints" (1972) est à lire, à la fois mystique, solaire, inquiétant, apocalyptique... et d’actualité !

    Dommage, mais bon 95 ans, hein ! Jean-Ma va sur ses 92 ce 20 juin !

     

  • Ses livres sont bien écrits et passionnant.
    Quant au Camp des Saints, il ne s’agit ni plus ni moins que de la transposition de ce qu’il constatait chez les peuples qu’il rencontrait appliqué à nos sociétés occidentales, à savoir qu’elles disparaissaient à cause de la modernité.


  • Adieux mes amis.

    « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins.
    Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants. »

    M.P.

    A Jean et à René

    Libre selon l’esprit


  • Découvert sur le tard. Le camp des Saints est un livre qui marque durablement l’esprit.
    94 ans, c’est une belle et longue vie. On lui souhaite un bon et beau voyage.


  • Comme Sa Majesté Orélie Antoine roi de Patagonie et d’Araucanie, notre Consul Général est immortel.


  • Pouvait-on s’attendre à ce que le quotidien de la famille Bloch citât le livre-clef de la pensée et de l’amour de Jean Raispail - Sire... ?


  • "Sept cavaliers sortirent au crépuscule par la porte de l’Ouest qui n’était plus gardée."
    Les Pikkendorff ou les Traoré ; il faut choisir.
    Jean Raspail, le dernier des patagons...
    Nous, les gaulois allons nous subir le sort des patagons ?


  • Il m’a tenu compagnie un moment pendant le confinement avec la lecture du Jeu du roi.
    En espérant que nous aurons à l’avenir d’autres Français de cette qualité.
    Hommage à Jean sur TVL :
    https://www.youtube.com/watch?v=b9J...


  • Bravo a ER pour avoir rappelé ces belles pages de la vie de Jean Raspail, son interview littéraire futée et espiegle...un homme élégant, sérieux, parlant vrai...c’est devenu trop rare !


  • Un grand monsieur attachant. RIP


  • Le bonjour au Gouverneur de Saint Pierre et Miquelon ( L. F. Céline)


  • #2483362
    le 13/06/2020 par Tortue géniale participative
    Mort de Jean Raspail, écrivain et explorateur, auteur du Camp des (...)

    Entre les bobos bien-pensants hypocrites, les gauchiasses blancs décérébrés et les noirs revendicatifs qui veulent nous faire croire que la situation française est identique à celle de l’Afrique du Sud de 1970 durant l’apartheid, je note que Paris est un véritable Pandémonium.
    Certainement la capitale la plus invivable en Europe de l’Ouest.


  • Un grand monsieur nous quitte

     

  • #2483419

    La culture française qui rayonne…
    En Pologne, nous lisons le Camp des saints et nous respectons Jean Raspail, l’homme qui a (presque) tout prévu il y a un demi-siècle, et que personne n’a cru.
    https://images-na.ssl-images-amazon...


  • Mort en pleine manifestation d’africains qui défient l’État français , c’est vraiment une belle ironie. Nous ne sommes même pas encore en 2050 !

     

    • "Africains qui défient l’État français"
      Vous voulez dire qui servent la soupe à la Répue ?
      Chouchoutés comme des caniches, tant qu’ils aident à détruire ce qui reste des structures et infrastructures d’un continent qui n’est pas le leur, vers lesuqel ils accourent comme vers un Walmart.
      Et une fois le saccage accompli, traités de lumpen, et mis sous le joug.
      Pas mal de Noirs, surtout chez les femmes et ceux qui abritent encore d’authentiques valeurs africaines ou qui aiment la France (ils existent), se rendent comptent de la manip et de ses terribles conséquences à venir. Ce qui les inquiète, quand même. Jamais les descendants d’Africains ne se sont aussi bien portés dans leur longue histoire. Ils ne font partie de la nôtre que depuis peu, et sans notre consentement. Et ils le savent.


  • Un vrai combattant qui rejoint le Valhala dignement en annonçant ce qui allait se passer. À ranger à ce titre à côté de Céline.
    Savez-vous que Reagan a lu ce livre offert par un ambassadeur et en fut marqué ?
    Quel signe qu’il rejoigne les cieux juste au moment du déferlement démographique qu’il a annoncé il y a 47 ans.


  • C’était l’auteur préféré de Steve Bannon : peut-être le père de la contestation moderne.


  • Jean Raspail,

    Une classe naturelle exceptionnelle .
    On découvre tardivement ,que des Français discrets
    et valeureux ,hors système,ont imaginé, compris,et décrit
    le sort actuel de notre pays et celui de la civilisation européenne .
    Grand Merci à ER, de montrer cet récente prestation émouvante
    de Jean Raspail .


  • Hommage à ce grand Monsieur ,vrai prophète de notre décadence .Il n’est pas hasardeux que le jour de sa mort une marée allogène déferle sur Paris pour défendre la mémoire d’un délinquant .C’est un signe .On nous fait comprendre ceci : écoutez Raspail qui s’en va sinon vous serez bientôt engloutis .


  • François Vincent Raspail , l’homme du boulevard, et de l’élixir, était un socialiste. (un vrai, au sens du dictionnaire : propriété collective des moyens de production Comme Bernard Friot quoi, de nos jours c’est le seul socialiste que je vois encore) Aux élections présidentielles de 1849, le candidat "radical" (démocrate petit-bourgeois) Ledru-Rollin n’a fait que 5% et Raspail le candidat socialiste dans les 1% Comme on sait c’est le démago opportuniste Louis Napoléon qui a gagné.


  • Il a décrit l’Aveyron, terre magnifique, comme personne.
    Il était en admiration devant Jacques Perret, écrivain immense également, tellement dans notre ligne.
    Mais le flambeau est déjà repris, différemment, avec une poésie toute autre. Et alors ? Que perdure l’esprit, que la matière passe.
    Et vive la France de toujours, d’hier et de demain !


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