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Robespierre, le grand mensonge

Selon l’interprétation traditionnelle, Robespierre reste l’incarnation sanglante, redoutable et redoutée de la Révolution française. Dans Robespierre, la fabrication d’un monstre, Jean-Clément Martin, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, professeur émérite à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, démolit l’image caricaturale du tyran, savamment façonnée, selon lui, immédiatement après sa mort. L’historien y dévoile un personnage plus nuancé, discret, complexe et souvent indécis, en proie à une situation politique chaotique à laquelle il s’adapte plus qu’il ne la provoque.

 

Qui était le jeune Maximilien ?

Maximilien est un enfant de son temps. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie de droit et de commerce, il perd sa mère très tôt et son père quitte rapidement le foyer. Cet épisode est toujours mentionné concernant Robespierre ; or c’est le lot de nombreux enfants à cette époque. Malgré tout, le jeune Maximilien bénéficie d’un bon encadrement familial et surtout d’un soutien clérical important : l’évêque d’Arras l’envoie étudier au lycée Louis-le-Grand, à Paris. C’est certes la reconnaissance de ses qualités intellectuelles mais cela n’a rien d’exceptionnel. Chaque année, 200 à 300 enfants – les plus doués – sont sélectionnés dans toute la France puis aidés pour faire leurs études.

Élève studieux, Robespierre devient avocat à 21 ans. Il retourne à Arras prendre la succession de son père. Il y mène une carrière académique de jeune roturier. Sa jeunesse n’a sans doute pas été facile mais pas aussi dramatique que beaucoup l’ont affirmé. Il n’y a donc pas à chercher dans son enfance une quelconque revanche à prendre.

 

Quelle est la ligne politique de Robespierre ?

Dès 1790, Robespierre apparaît à l’Assemblée constituante comme le représentant du peuple parce qu’il y défend le droit de vote au suffrage universel. Il acquiert une réelle notoriété, une vraie reconnaissance en juillet 1791. Contrairement à la majorité des députés, il soutient la grande manifestation populaire parisienne réclamant la destitution du roi après sa fuite. Robespierre rompt alors avec les Jacobins (qui deviendront les Feuillants), entre en dissidence et crée le club des Jacobins. Les faits lui donneront raison : le testament du roi, prouvant qu’il était hostile à la révolution, est retrouvé trois mois plus tard.

Robespierre vise à établir une société dans laquelle les citoyens, égaux et responsables, auraient le droit de se rebeller contre un État despote. C’est indiscutablement sa marque.

À l’Assemblée, Maximilien s’impose comme un fervent opposant à la royauté, proche des sans-culottes parisiens. Si cette position affirmée lui assure sa popularité, elle ne lui donne pas pour autant une fonction centrale, ni un rôle politique important. Élu à la Convention en août 1792, il défend la réduction des inégalités, prend position contre la traite des Noirs, mais refuse en revanche de soutenir les citoyennes révolutionnaires républicaines qui revendiquent l’égalité femme-homme. Robespierre est extrêmement attaché à la justice et à la loi. C’est une priorité absolue car il estime que c’est par elles que la société pourra être changée, politiquement, moralement et économiquement.

Il se consacre à la réforme des lois en 1793 et rédige les bases de la Constitution dite montagnarde, adoptée en juin 1793. Il considère que le salut de l’État, de la révolution est supérieur aux intérêts des groupes. Robespierre vise à établir une société dans laquelle les citoyens, égaux et responsables, auraient le droit de se rebeller contre un État despote. C’est indiscutablement sa marque.

 

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Maximilien Robespierre : buste en terre cuite de Claude-André Deseine, 1791. Exposé au château de Vizille (Isère)

 

Quelles sont les circonstances qui l’ont fait chuter ?

C’est la crainte de sa puissance, réelle ou fantasmée, de la concentration des pouvoirs de police et de justice autour de lui. Au printemps 1794, Robespierre est très populaire dans Paris. Se distinguant des autres révolutionnaires, il donne clairement une unité à cette révolution morale et vertueuse. Il apparaît alors comme le garant de la liberté des cultes. Mais certains députés athées le perçoivent comme un danger. D’une part, tous les pouvoirs parisiens sont dans les mains de ses proches (la mairie, la commune, la Garde nationale…).

D’autre part, sa loi du 22 Prairial, une réforme du tribunal révolutionnaire qui en accélère les procédures (en sélectionnant au préalable les accusés), est très controversée et mal interprétée. À l’époque, près de 300 000 personnes sont emprisonnées (sur 27 millions d’habitants). Avec la loi du 22 prairial, seuls les accusés sur lesquels pèsent des présomptions extrêmement graves sont jugés par le tribunal révolutionnaire : c’est l’acquittement ou la mort.

Lire l’article entier sur communication-ccas.fr

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43 Commentaires

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  • #1777465
    le 02/08/2017 par Bernie Gunther
    Robespierre, le grand mensonge

    Voir aussi Henri Guillemin, qui avait fait un travail de révisionnisme du même acabit.

     

    • #1778211
      le 03/08/2017 par Omerre
      Robespierre, le grand mensonge

      On peut penser honnêtement et sans haine que Guillemin est peut être un grand fumiste


    • #1778371
      le 04/08/2017 par Atos, Portos, et Aramis
      Robespierre, le grand mensonge

      @ Omere :

      Après plus de 40 livres publiés il l’est au moins autant que vous oui surement.


  • #1777477
    le 02/08/2017 par L’oracle
    Robespierre, le grand mensonge

    Robespierre, pour sincère qu’il fut, a été Le Bras armé de la bourgeoisie révolutionnaire pour anéantir la réaction (de droite comme de gauche) ; et une fois sa tâche accomplie, il fut liquidé par cette même bourgeoisie... il n’y a rien de positif à retenir de Robespierre et de ses affidés. Revoir à ce sujet une vidéo de Francis Cousin.


  • #1777503
    le 02/08/2017 par Le malicieux
    Robespierre, le grand mensonge

    Et le fait qu’il ait puissamment contribué a l’éradication de l’ancien régime, c’est un mensonge aussi ?

    Aussi longtemps que vous chercherez du bon dans la république et ses acteurs, VOUS N’ARRIVEREZ A RIEN !

    Essayer de faire cadrer Robbie dans l’idéologie e&r est grotesque : de nos jours, il serait probablement de la mouvance antifa, œuvrant pour le nwo.

     

    • #1777556
      le 02/08/2017 par Marion Sigaut
      Robespierre, le grand mensonge

      Belle comparaison : on jaugerait de sa popularité aux décibels produits par les manifs antifas, comme on faisait à l’époque en la jaugeant aux braillements des tribunes de l’assemblée.
      Sauf qu’à l’époque, les antifas étaient armés et que leurs descentes laissaient des fleuves de sang.
      Les nôtres sont encore des gentils.
      Pour le moment.


    • #1779727
      le 06/08/2017 par Lorong
      Robespierre, le grand mensonge

      Est-ce que l’abolition de l’esclavage dans les colonies (l’esclavage ayant été approuvé tant par la monarchie que par l’Eglise ce qui est normal quand on lit Saint-Paul) , et la liberté d’expression (le fait de ne pas devoir demander l’autorisation à un organe de censure avant de publier comme ce fut le cas sous l’Ancien Régime) sont de bonnes choses selon vous ?

      Si votre réponse est oui, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous. Ce n’est pas pour rien si Marion Sigaut ne parle jamais de ces deux sujets. Cela l’obligerait à dire du bien des Lumières et de la Révolution, et de critiquer la pensée d’Ancien Régime qui approuvait tant la censure généralisée que l’esclavage. Si ce n’est pas le cas, il faudra expliquer pourquoi 1200 ans de christianisme en France n’ont pas permis ni la fin de l’esclavage ni la liberté d’expression. Il faudra aussi expliquer pourquoi en plein XIXème siècle, à l’époque de Schoelcher, on trouvait des esclaves dans les couvents et l’abbé Rigord de la Martinique comme premier défenseur de l’esclavage.Il faudra aussi expliquer pourquoi la liberté d’expression fut niée par tout les papes jusqu’à Vatican II. Oui parce que la seule liberté d’expression c’est celle de dire la vérité, enfin celle de l’Eglise. Ce n’est pas pour rien si Copernic fut mis à l’index jusqu’au XIXéme siècle.


  • #1777508
    le 02/08/2017 par Marion Sigaut
    Robespierre, le grand mensonge

    Désolée, mais ça ne va pas être possible.
    J’ai tenté il n’y a guère, d’aborder le sujet et on m’a coupé le sifflet.
    C’est encore là :
    https://www.youtube.com/watch?v=hUL...

    On peut également se référer à ma conférence sur la naissance de la République, encore en ligne.
    https://www.youtube.com/watch?v=fZR...

    Il y a eu aussi la conférence que j’ai donnée avec notre chère Claire Séverac, intitulée « Au nom du peuple ? ».
    https://www.dailymotion.com/video/x...

    On trouvera dans ces trois vidéos quantité d’éléments informatifs sur le sujet. On peut également se référer à l’excellent Reynald Secher.

    Pour ce qui regarde le débat sur Robespierre, désolée, je n’ai pas le temps.
    Je travaille, à plein régime depuis des années, à rechercher la vérité et la dire.
    Je n‘ai pas de temps de reste pour expliquer ce que untel et untel n’étaient pas.
    J’ai trop à faire pour trouver et faire savoir ce qu’ils ont fait.
    Je vous laisse, j’y retourne.

     

    • #1777551
      le 02/08/2017 par Le malicieux
      Robespierre, le grand mensonge

      Vous avez tout mon respect madame.


    • #1777630
      le 02/08/2017 par Petula
      Robespierre, le grand mensonge

      Merci Marion


    • #1777695
      le 02/08/2017 par Vince Malum Bono
      Robespierre, le grand mensonge

      Prenez le temps de prendre soin de vous, madame, vous nous êtes si précieuse !


    • #1777820
      le 03/08/2017 par bertin
      Robespierre, le grand mensonge

      A Marion Sigaut,

      Je vous comprends ,mais je ne trouve pas les mots
      qui conviendraient .
      Que certains préfèrent le mensonge à l’exigence de vérité
      est malheureusement une banalité .
      Bravo et merci pour votre courageux combat .


    • #1777843
      le 03/08/2017 par Yankee98
      Robespierre, le grand mensonge

      Merci madame Sigaut de passer par là.


    • #1778052
      le 03/08/2017 par James West
      Robespierre, le grand mensonge

      "J’ai tenté il n’y a guère, d’aborder le sujet et on m’a coupé le sifflet."

      Qui vous a coupé le sifflet ?


  • #1777533
    le 02/08/2017 par omerre
    Robespierre, le grand mensonge

    bien éclairé et gros malin qui pourra dire ce qu’était vraiment Robespierre
    après avoir épluché pas mal d’avis de livre , il est impossible de se faire une idée sur ce type.
    je crois qu’il était contre la peine capitale si il était obligé d’y assister mais de ce bureau les volets fermés cela ne le dérangeait pas
    quand ce que dit henri guillemin , on pourrait penser de lui la meme chose , c’est un bon conteur avec beaucoup d’imagination


  • #1777537
    le 02/08/2017 par Lucifer90
    Robespierre, le grand mensonge

    Robespierre n’a saisi les rouages de la mécanique libérale et économique qui se mettait en place, cela ne l’intéressait pas !
    Il n’a d’ailleurs pas participé aux débats sur la mise en place de la loi "Le Chapelier".
    Il n’a pas identifié les forces qui l’utilisait et qui finalement le liquiderait ; c’était un rouage idéaliste dans une machine infernale.

     

    • #1777736
      le 02/08/2017 par de salut public
      Robespierre, le grand mensonge

      Un idéaliste qui aimait organiser des massacres et la dictature. Mais comme c’était pour le bien du peuple, il "a droit" à l’appellation d’idéaliste.

      Quel idéal ! Oh, un brave homme.


    • #1777819
      le 03/08/2017 par Iris
      Robespierre, le grand mensonge

      Sur Robespierre :

      " Le seul tourment du juste en son heure derniere
      Et le seul dont alors je serai dechire
      C’est de voir en mourant la sombre et pale envie
      Distiller sur mon front l’opprobre et l’infamie
      De mourir pour le Peuple et d’en etre abhorre."

      Kateb Yacine, in "Le Bourgeois Sans-Culotte"

      Le poete ressent ce que nous ne comprenons pas.


  • #1777561
    le 02/08/2017 par EnochPowell
    Robespierre, le grand mensonge

    D’un point de vue pragmatique peut on vraiment admettre que Robespierre ait pris la tête du comité de Salut Public avec la pâle description qui nous en est faite ? Mathiez à son époque a tenté de le réhabiliter en détruisant des archives ! Il y a des mythes sur Robespierre mais l’essentiel de son caractère ne laisse place à aucun doute. Ce n’est pas parce que Robespierre est la figure la plus connue de la Terreur qu’il fait nier les évidences. La Vendée ? Lyon ? Toulon ?


  • #1777569
    le 02/08/2017 par Grosbill
    Robespierre, le grand mensonge

    « Avec la loi du 22 Prairial, seuls les accusés sur lesquels pèsent des présomptions extrêmement graves sont jugés par le tribunal révolutionnaire : c’est l’acquittement ou la mort. »

    Bon, je veux bien, mais j’ai un doute ; voir la citation suivante, extraite des Souvenirs de Madame Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun
    Tome 1, édition de 1835 - Lettre II à la Princesse Kourakin :

    Mademoiselle Boquet(*) avait un talent remarquable pour la peinture, mais elle l’abandonna presque entièrement après avoir épouse M. Filleul, époque à laquelle la reine(**) la nomma concierge du château de la Muette.

    Que ne puis-je vous parler de cette aimable femme, sans me rappeler sa fin tragique ? Hélas ! je me souviens qu’au moment où j’allais quitter la France, pour fuir les horreurs que je prévoyais, madame Filleul me dit : Vous avez tort de partir moi, je reste ; car je crois au bonheur que doit nous procurer la révolution. Et cette révolution l’a conduite sur l’échafaud ! Elle n’avait point quitté le château de la Muette quand arriva ce temps si justement nommé le temps de la terreur. Madame Chalgrin, fille de Joseph Vernet, et l’amie intime de madame Filleul, vint célébrer dans ce château le mariage de sa fille, sans aucun éclat, comme vous imaginez bien. Cependant dès le lendemain, les révolutionnaires n’en vinrent pas moins arrêter madame Filleul et madame Chalgrin, qui, disait-on, avaient brûlé les bougies de la nation, et toutes deux furent guillotinées peu de jours après.

    Notes (ajoutées par moi) :
    (*) Amie d’enfance de Mme Vigée-Lebrun
    (**) Marie-Antoinette

    1ère remarque : cette citation montre que la révolution n’a pas seulement fait mourir des “ci-devant nobles”, mais aussi (et certainement en beaucoup plus grand nombre) des gens du peuple ; les historiens le savent bien, mais ce n’est pas ce qu’on enseigne dans les écoles.

    (à suivre)


  • #1777572
    le 02/08/2017 par Grosbill
    Robespierre, le grand mensonge

    (suite)

    2ème remarque : je ne sais pas si ce que rapporte Mme Vigée-Lebrun est antérieur ou postérieur au 22 Prairial. Si c’est antérieur, on peut juger la condamnation très sévère par rapport au motif invoqué. Si c’est postérieur, on peut douter que brûler les bougies de la nation soit un crime qui mérite la mort. Que mériteraient alors nos élus qui gaspillent allègrement, ou se mettent dans la poche, des millions d’argent public ?

    Il est évident que cette condamnation n’a été inspirée que par un motif politique : la concierge d’un château de la reine devait mourir ! Mme Vigée-Lebrun a elle-même échappé de justesse aux révolutionnaires qui venaient l’arrêter, sinon elle aurait aussi été envoyée à la guillotine simplement parce qu’elle avait fait des portraits de la reine.

    Mon commentaire ne concerne pas spécialement Robespierre ; sa responsabilité dans les excès de la terreur et les massacres de la Vendée font l’objet de débats entre historiens où je n’ai aucune prétention à intervenir. Mon objet est seulement de montrer que la guerre civile, quels que soient l’époque et le lieu, est la pire des choses et qu’il faut tout faire pour l’éviter, comme la guerre entre nations d’ailleurs.

    Pour conclure, je vous recommande la lecture des mémoires de madame Vigée-Lebrun (téléchargeables librement sur la bibliothèque Gallica de la BNF). C’est un document très intéressant sur la société de fin XVIIIe-début XIXe en France et dans les pays qu’elle a visités de la Russie à l’Angleterre. Cet exil forcé aura heureusement permis que cette artiste puisse exprimer son talent universellement reconnu dans des séries de portraits admirables.

     

    • #1777663
      le 02/08/2017 par Georges 4bitbol
      Robespierre, le grand mensonge

      Tout à fait, une portraitiste exceptionnelle. On a peine à imaginer la lame de fond sanglante et dévastatrice de la révolution sur la France.
      Le début d’une agonie qui se parachève aujourd’hui.


    • #1777965
      le 03/08/2017 par Marion Sigaut
      Robespierre, le grand mensonge

      Merci de ce témoignage.
      Faire de l’Histoire c’est ca : des faits et des sources.
      Le reste c’est de l’idéologie.


  • #1777592
    le 02/08/2017 par Diji17
    Robespierre, le grand mensonge

    "Vive le grand chef Bespierre !
    - Ro-bespierre, et je ne suis le grand chef de personne"

    Pas bien compris pourquoi Poiré fait dire cette malprononciation du nom au comte de Montmirail dans son excellent Visiteurs 3.. Pour montrer que l on connait finalement bien mal ce personnage ?


  • #1777633
    le 02/08/2017 par Bison
    Robespierre, le grand mensonge

    Au moins il était contre l’esclavage... LUI...

     

  • #1777654
    le 02/08/2017 par Georges 4bitbol
    Robespierre, le grand mensonge

    Il est très peu fait état du rôle capital joué par la franc maçonnerie, qui s’était peut être mise en sommeil d’un point de vue officiel, mais dont les membres avaient pour mission d’infiltrer ( déjà trotsko) les clubs. Le travail délétère des francs maçons est à l’œuvre dans bien des singularités et surtout des horreurs de la révolution. La décapitation du roi Louis XVI leur doit beaucoup.
    Pas un mot non plus sur le travail dissimulé lais efficace des britanniques. Pas véritablement Georges III, mais l’établishment financier et economique activant la neutralisation de la France par le chaos, ça ne vous rappelle rien...


  • #1777706
    le 02/08/2017 par LORDBYRON
    Robespierre, le grand mensonge

    J’ai écouté avec un grand intérêt les conférences de Guillemin et de Martin sur Robespierre, même Mélenchon, qui essaient de minimiser sa responsabilité, voire de l’excuser. Malgré le talent de ces trois messieurs, je n’ai pas été entièrement convaincu. Robespierre qui était contre la peine de mort a voté la mort du roi, envoyé Marie Antoinette à l’échafaud alors qu’il savait qu’elle était malade. Ceux qui l’ont renversé (Fouché, Barrère etc.) étaient aussi ignobles que lui.
    Un jour, me promenant à Arras, je me suis amusé à une petite performance : j’abordai un maximum de personnes en leur demandant de m’indiquer où était la maison natale de Robespierre, le guillotineur de la Terreur, disais-je avec une luisance d’excitation dans le regard et sur un ton de conspirateur. Quelle déception ! Les 3/4 des personnes n’en avaient jamais entendu parler ! Ceux qui me renseignèrent étaient plutôt âgés.


  • #1777879
    le 03/08/2017 par mik ezdanitoff
    Robespierre, le grand mensonge

    Que Robespierre ai du sang sur les mains, que la révolution ai été sanglante, c’est indéniable. Mais ce manichéisme "méchante révolution" vs "gentille royauté", comme font certains, c’est de la belle fumisterie. Louis XIV n’est pas responsable de milliers de morts lui peut-être ? Idem pour les autres avant. Dommage que ce fut un "gentil" roi qui ai du morfler à leur place, car Louis XVI n’était pas un mauvais bougre.
    La noblesse Française, quand a elle, s’était déglinguée d’elle-même en s’enfermant dans le piège de Versailles, temple d’une décadence qui annonçait leur chute.
    Du reste, sur Robespierre, je renvoie tout le monde vers "jusqu’où va-t-on descendre" écrit par un certain AS il y a une quinzaine d’années, où il cite Hobsbawn (il est vrai historien de gauche, mais sur ce qu’il explique, les faits sont là et tenaces).


  • #1778187
    le 03/08/2017 par machin
    Robespierre, le grand mensonge

    "On a bien affaire là à cette invention d’un Robespierre tyran, instigateur de la Terreur, rumeur lancée par Tallien. Lequel Tallien a incontestablement été mêlé aux massacres de septembre 1792. Ça arrange donc tout le monde ! Cela permet à tous ces gens de s’exonérer de leurs propres responsabilités dans les massacres et crimes qu’ils ont réellement commis."

    On a bien affaire là à cette invention d’un Hitler tyran, instigateur de la guerre, rumeur lancée par les républiques maçonniques. Lesquelles ont incontestablement été mêlé aux massacres des populations civiles allemandes. Ça arrange donc tout le monde ! Cela permet à tous ces gens de s’exonérer de leurs propres responsabilités dans les massacres et crimes qu’ils ont réellement commis.


  • #1778251
    le 03/08/2017 par sniffy
    Robespierre, le grand mensonge

    Ma vision de Robespierre est liée à un film que je vous conseille vivement, "Danton" d’Andrzej Wajda. Je pense qu’elle se rapproche de celle de Marion Sigaut.
    Le film, au départ presque une commande de l’état socialiste de 1981, se devait d’être une ôde à la gloire de la révolution française. Wajda et son scénariste Jean-Claude Carrière en ont fait une vision cruelle et terriblement désenchantée (belle quenelle d’un artiste qui ne s’est pas laissé faire). Leur vision de Robespierre, être souffrant, froid et petit (on le voit lever ses talons une fois à l’assemblée pour paraître plus grand) n’est pas enchanteresse. Il est présenté comme un homme qui se veut le peuple mais, comme le lui reproche Danton, qu’il ne connaît pas. Il pense le peuple, le théorise et en détruit la part qui ne lui convient pas (il faut toujours faire attention aux gens qui pensent le peuple).
    Quelques images restent en mémoire sur Robespierre.
    L’essai de costume pour le défilé de l’être suprême. Hilarant
    Le moment où Danton, lui disant qu’il ne connaît pas le peuple, lui assène "Tu n’as jamais baisé, comment pourrais tu le connaître".
    Le moment où malade chez le Duplay, le petit Duplay lui récite les droits de l’homme après les avoir appris par coeur à coup de baguette.
    C’est donc avec cette vision que j’ai un peu de mal à lire les différents textes sur Robespierre écrit chez E&R.

     

    • #1778286
      le 03/08/2017 par McAron
      Robespierre, le grand mensonge

      C’est toute la différence entre s’informer au cinéma et s’informer auprès des historiens. Pitoyable film à mon avis, du reste que ce Danton de Wajda : même Depardieu y est très mauvais.


    • #1778338
      le 03/08/2017 par sniffy
      Robespierre, le grand mensonge

      @ McAron
      Je suis bien d’accord avec vous sur le fait de se renseigner auprès des historiens mais vous serez peut être d’accord pour dire que sur Robespierre, il y en a pour tout le monde. Venant de réécouter les vidéos de Marion Sigaut, je trouve que le film est assez raccord avec ce qu’elle dit.
      La puissance d’évocation du cinéma est sa qualité et son défaut majeur. Il laisse pendant longtemps des traces imprimées dans le cerveau difficile à effacer.
      Sur la qualité du film, nous ne serons pas d’accord et même si Depardieu en fait des tonnes, il donne au film un côté théâtral qui renforce l’ambiance assez mafieuse des protagonistes (voir les tronches du comité de salut public).

      Je me permets de décrire un plan qui me plaît particulièrement, vous en souvenez vous ?
      La caméra faisant un travelling filmant en contre plongée la guillotine sur une musique empruntée à 2001 l’odyssée de l’espace (au moment des apparitions du monolithe noir et des sauts qualitatifs de l’humanité). La partie haute de la guillotine est habillée d’un cuir noir qui le fait ressembler au monolithe de 2001. La guillotine comme saut qualitatif de l’humanité, belle vision de la révolution française.


    • #1778379
      le 04/08/2017 par Robert
      Robespierre, le grand mensonge

      Et pourquoi pas : Les visiteurs - La Révolution. C’est hilarant, n’est-ce pas ! Je te conseille vivement le téléfilm de 1964 : La vertu et la terreur. A défaut d’être hilarant, cela pourrait dépuceler ton regard sur l’Incorruptible !

      A la période enchanteresse de 1981 succédera le désenchantement du tournant de la rigueur (du pouvoir socialiste) en 1983. Le Danton d’Andrzej Wajda n’en est qu’une préfiguration !

      La “vision de Robespierre, être souffrant, froid et petit” que tu décris n’est-elle pas celle d’un peuple petit car refusant l’effacement de la nation dans le mondialisme, froid car refusant la chaleur de l’immigration massive et souffrant psychiquement car refusant de se faire économiquement baisé par les pères spirituels de Macron ?



      Le moment où Danton, lui disant qu’il ne connaît pas le peuple, lui assène "Tu n’as jamais baisé, comment pourrais tu le connaître".



      On peut reprocher à Robespierre d’avoir une vision idéalisé du peuple français mais surtout pas d’avoir voulu le baiser...


    • #1778526
      le 04/08/2017 par sniffy
      Robespierre, le grand mensonge

      @Robert
      Je ne comprends ni le ton, ni les anachronismes de votre message.
      Je propose une vision de Robespierre tiré d’un film que je trouve très réussi et surtout avec une vision précise. Je n’ai jamais dit que c’était la vérité sur la révolution, ni sur Robespierre. J’ai aussi écouté Guillemin qui le réhabilite totalement, mais je commence à me méfier de Guillemin. Je suis donc partagé, comme souvent quand on parle d’histoire. Donc je regarde de biais la mise en avant de Robespierre sur E&R.
      Je suis étonné que le mot hilarant vous fasse sursauter, même si à la relecture ridicule aurait été plus approprié pour le moment décrit.
      Une anecdote (tiré de la N.R.H.n°89) sur la sortie du film. Il a été présenté en grande pompe devant Mitterand, Lang et différents ministres de la république. A la fin du film, Mitterand à serré la main de Wajda et il est parti fissa, visiblement très agacé. Il n’a pas semblé apprécier le résultat de son financement.


  • #1778327
    le 03/08/2017 par machin
    Robespierre, le grand mensonge

    - "le testament du roi, prouvant qu’il était hostile à la révolution, est retrouvé trois mois plus tard". Robespierre était hostile au père du peuple et adhérait à la révolution luciférienne.
    - "défend le droit de vote au suffrage universel". Sur l’escroquerie du suffrage universel, je renvoie à la critique faite par Etienne Chouard.
    - "Maximilien s’impose comme un fervent opposant à la royauté". La monarchie catholique protégeait le peuple. Robespierre protégeait les Lumières, le libéralisme et la franc-maçonnerie.
    - "prend position contre la traite des Noirs". SOS racisme avant l’heure. Par contre, la monarchie avait abolie l’esclavage.
    - "refuse en revanche de soutenir les citoyennes révolutionnaires républicaines qui revendiquent l’égalité femme-homme". Les femmes étaient protégées sous la monarchie et avait des droits, la révolution la leurs a retiré.


  • #1778374
    le 04/08/2017 par Atos, Portos, et Aramis
    Robespierre, le grand mensonge

    Aux détracteurs de l’incorruptible,

    Vous avez certes le droits de ne pas aimer Robespierre et de placer la guerre de vendée, le projet de saint-fargeau sur l’école et les massacres de septembre devant les enjeux du moment ( en premier lieu desquels l’indépendance de la France).

    Mais nous autres avons aussi le droit de placer son combat contre la corruption, contre l’infiltration anglaise, contre le césarisme des généraux, contre l’esclavagisme, contre le paupérisme, contre l’injustice et pour l’humanisme (le vrai, pas celui de voltaire) au dessus des autres considérations mineurs pour lesquels vous vous indignez.

    En politique on ne fait pas d’omelette sans cassez d’eux, et c’est encore plus vrai en période révolutionnaire....

    Révolution qui - rappelons le - n’a pas été déclenchée par robespierre mais par la décadence, l’immobilisme et l’incompétence des autorités (morales comme politiques) de l’époque.

    L’histoire si elle ne sert pas une idéologie elle ne sert à rien.

     

    • #1779191
      le 05/08/2017 par Marion Sigaut
      Robespierre, le grand mensonge

      La recherche historique est là pour servir la vérité.
      Elle sert donc à la rechercher et à s’en approcher le plus près possible.
      Que les idéologues la détournent de son but pour servir le mensonge est un fait dont l’Histoire n’est pas responsable.


    • #1779369
      le 05/08/2017 par Atos, Portos, et Aramis
      Robespierre, le grand mensonge

      " Sans casser d’œufs " évidemment...

      Il ne s’agit pas de détourner l’histoire (de robespierre ou de la révolution). Personne ne nie (en tout cas pas moi) ce que vous dites sur lui.

      Seulement tout le monde sait que les erreurs/fautes en politique ça arrive. Personne n’est immaculé... (ni robespierre, ni les rois de france). Surtout en période révolutionnaire quand la france était gangrénée par une cinquième colonne qui jouait contre elle aussi bien à l’intérieur qu’a l’extérieur des frontières. Ce qui compte vraiment c’est : "est ce qu’on est pour le bien (de tous) ou contre"

      Il s’agit avec le recul que nous avons maintenant de peser les actes sur la balance et constater.

      Par conséquent prenons le meilleur de chacun pour nous en servir et le fait est que malgré tout ce que vous lui reprochez, lorsqu’on fait peser ses actes sur la balance, celle ci penche plus du " bon côté " que du mauvais. (de mon point de vu et de celui des nombreuses personnes qui l’encensent ).


    • #1779617
      le 06/08/2017 par Marion Sigaut
      Robespierre, le grand mensonge

      Le problème est que Robespierre voulait la Révolution et la République et que le peuple ne lles voulait pas.
      Les émeutes du début de la Révolution sont dues ac la libre circulation des grains instaurée par le roi pour éponger la dette incommensurable due à Necker. Necker, comme Robespierre au demeurant, emargeait chez le duc d’Orléans, grand maître du Grand orient et ordonnateur de toutes les émeutes les plus sanglantes.
      Je n’exonère pas le roi de ses responsabilités. Mais ce que voulait le peuple c’était retourner à une véritable protection contre le libéralisme. Certainement pas ce déchaînement de violence et de destructions. Robespierre a rêvé le peuple et prenait les beuglements des tribunes pour son approbation. La popularité de Robespierre est un mythe. Les atrocités commises par tous ces usurpateurs de l’autorité, elles, sont une réalité.


    • #1779819
      le 06/08/2017 par Atos, Portos, et Aramis
      Robespierre, le grand mensonge

      Il n’y a pas de fumée (ou mythe) sans feu. Si il prenait ces beuglements pour son approbation (ce que je ne conteste pas) c’est aussi parce qu’il sentait un certain enthousiasme/élan populaire (ou parisien) émaner de ses prises de positions politiques et des lois qu’il proposait à la convention (celle du « maximum » par exemple).

      La révolution et la république qui en découlent étaient bourgeoises certes mais quand robespierre débarque la machine est déjà (très largement) lancée. Et la marche arrière n’est plus possible.
      En d’autres termes il bricole avec ce qu’il peut vu les circonstances et le contexte. Ses discours sont clairs, il croyait en ce qu’il disait sur la justice sociale et l’épanouissement du peuple.

      La protection du peuple contre le libéralisme il était le seul à la convention à la vouloir sérieusement. Et c’est ça qui le met du côté des « gentils » je pense.

      Quant à la terreur elle est due aux dérives de la révolution, à la crainte causée par l’état de guerre (la France seule contre toute l’Europe) et aux complots et trahisons qui se jouaient de toute part. On ne peut pas imputer la terreur et ses dérives à la seule personne de robespierre, car c’est tout un contexte et un enchainement de circonstances particulières qui conduisent à celle-ci. Ce n’était que le maillon d’une chaine qui se démarquait par son excentricité et par l’animosité qu’il suscitait parmi les autres conventionnels.

      N’oublions pas que c’est quand même lui qui fait rappeler les proconsuls sanguinaires et qui condamne publiquement leurs atrocités commises dans les provinces françaises en réclament des sanctions (d’où sa chute).


  • #1779184
    le 05/08/2017 par Marion Sigaut
    Robespierre, le grand mensonge

    @ Robert
    Sans valider la sortie de Danton dont je ne sais rien, je me permets de vous faire remarquer qu’elle ne signifie pas ce que vous avez compris : il reproche à Robespierre de n’avoir pas de vie amoureuse et de ce fait de ne rien comprendre au peuple qui, lui, en a.


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