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Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

Le 7 mai 1794, Maximilien Robespierre faisait décréter par la Convention, en vue de l’inscrire dans la nouvelle Constitution, que « le peuple français reconnaît l’existence de l’Être suprême et l’immortalité de l’âme ». Le 8 juin, il présidait à une grande fête nationale dédiée au Créateur, qui fut suivie avec enthousiasme à Paris et en province.

En rappelant ce projet controversé, cet article voudrait nourrir la réflexion sur la problématique française de la religion et de la laïcité, qui est au cœur d’une identité nationale en souffrance depuis plus de deux siècles. Le dilemme que cherchait à résoudre le culte civique de l’Être suprême – une idée et une terminologie de Rousseau – peut aujourd’hui se formuler ainsi : 1. l’athéisme quasi institutionnel est la caution publique du relativisme moral et de toutes les attaques contre la loi naturelle ; 2. la laïcité, au sens d’une neutralité contraignante envers les religions historiques, est le seul cadre garantissant la paix civile.

Accessoirement, cet article voudrait aussi rappeler, dans le sillage de Henri Guillemin [1], Jean Massin [2] et d’autres historiens, qu’il n’y a pas eu une, mais deux révolutions françaises : celle d’une bourgeoisie d’argent enivrée de sa nouvelle puissance, et celle du peuple aspirant à la justice sociale. La première, après s’être servie de la seconde, n’a pu la mater définitivement qu’en éliminant son chef incontesté, l’Incorruptible, après l’avoir « couvert, pendant quarante jours, du sang qu’ils versaient pour le perdre », selon la formule de Lamartine (c’est-à-dire en tuant simultanément l’homme et son nom). Cette droite libérale à tendance libertaire, parfaitement incarnée par Danton, avait comme allié objectif l’extrême gauche des Enragés déchristianiseurs.

En seconde partie, nous reproduisons de longs extraits des principaux discours de Robespierre sur la question religieuse. Donnons la parole à l’accusé !

 

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Robespierre
(Adélaïde Labille-Guiard, 1791)

 

Un choix civilisationnel

 

Afin de poser correctement les termes du débat, peut-on, pour commencer, s’accorder avec cette pensée de Robespierre que « le fondement unique de la société civile, c’est la morale », et avec cette autre que « la vertu est l’âme de la démocratie » ? Admettrons-nous, en conséquence, que la République vertueuse, celle où « toutes les âmes s’agrandissent », meurt avec le relativisme moral, et a besoin pour exister d’affirmer et d’inscrire dans son droit positif l’existence de principes moraux aussi immuables que la loi naturelle dont ils découlent ?

Si nous sommes d’accord sur ce point, l’est-on sur la question suivante : peut-on fonder une référence morale sans Dieu, en l’adossant à la simple idée d’une « loi naturelle », c’est-à-dire d’une « nature humaine » ? Que vaut cette idée si elle n’est pas associée à l’idée téléologique d’une finalité de l’homme sur terre, et donc d’une transcendance ? Autrement dit, le relativisme moral peut-il être combattu autrement que par l’affirmation de l’existence du Créateur ? Peut-on déclarer le caractère sacré de la vie, de l’amour, de la famille, de l’enfance, de la virilité et de la paternité, de la féminité et de la maternité, sans affirmer préalablement l’existence de Dieu et sa présence en chaque âme humaine ?

Comme Robespierre, je pense que cela est impossible. L’aspiration au bien public ne peut être amarrée rationnellement que sur la foi en Dieu, c’est-à-dire en une finalité de l’homme. Sans le postulat d’une réalité suprasensible, les notions même de « bien public » et d’ « élévation morale » sont sans fondement ; l’idée que la civilisation est désirable devient arbitraire ; le beau, le vrai et le bien sont relatifs et donc réversibles. La loi peut exister sans référence à la notion d’Absolu, mais non pas l’édification du « sens moral » en germe dans l’âme humaine. C’est en élevant sa pensée vers le divin que l’homme se développe moralement et donc civiquement. Telle était la conviction profonde de Robespierre : « L’idée de l’Être-Suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice ; elle est donc sociale et républicaine. »

Se pose alors la troisième question, la plus difficile : Quelle forme précise l’État doit-il donner à sa proclamation théiste ? Doit-il, en France, se définir comme catholique, c’est-à-dire se placer sous le parrainage et l’autorité spirituelle d’une institution supranationale, ce qui reviendrait à souscrire au droit canonique imposé par le Vatican au XIIe siècle ? Ou bien doit-il au contraire, comme l’affirme Robespierre, affirmer sa neutralité, voire sa supériorité envers les religions historiques, pour se référer simplement à l’évidence d’une « religion naturelle et universelle » dont les trois piliers sont : l’existence de Dieu (le Créateur, l’Être suprême, le Grand Esprit, peu importe le nom), l’immortalité de l’âme (c’est-à-dire son essence incorporelle, sans se prononcer davantage sur son devenir), et le culte du bien public (associé dans l’esprit de Robespierre au patriotisme) ?

Comme Rousseau, Robespierre pensait que l’idée de Dieu était naturelle à l’homme, et qu’il incombait à l’État de la fortifier. Mais il croyait également que cette idée n’appartient à aucune religion en particulier, et qu’un État partisan d’un dogme et d’un clergé était incompétent dans sa mission d’assurer la paix sociale. Par conséquent : « Les dogmes de la religion civile doivent être simples, en petit nombre, énoncés avec précision, sans explications ni commentaires. » Les cultes particuliers doivent être tolérés et même protégés, mais surveillés par l’État.

 

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Érasme
(Quentin Metsys, 1517)

 

C’est ce que pensait déjà, bien avant Rousseau et Robespierre, Érasme de Rotterdam (1469-1536), qui se dépensa sans compter, en vain, pour préserver l’Europe des guerres de religions [3]. Son ami Thomas More (1478-1535) imagina, dans son Utopie, ou la meilleure forme de gouvernement (1516), un monde idéal où : « Les rites particuliers de chaque secte s’accomplissent dans la maison de chacun ; les cérémonies publiques s’accomplissent sous une forme qui ne les contredit en rien. » Les Utopiens, écrivait More, entretiennent une variété d’opinions sur les questions religieuses, mais ils s’accordent « sur l’existence d’un Être suprême, créateur et protecteur du monde », et leur religion civique n’accorde d’honneur qu’à Lui seul. Pour les penseurs du cercle d’Érasme, qu’on nomme « humanistes » (non pas parce qu’ils faisaient de l’homme la mesure de toutes choses, mais parce qu’ils remirent à l’honneur les « humanités », c’est-à-dire la culture gréco-latine), les divisions religieuses sont « les ruses de Satan » (titre d’un ouvrage de Giacomo Aconcio, 1565). Tout exclusivisme, c’est-à-dire l’idée que des hommes qui font le bien sont néanmoins damnés s’ils ne croient pas à tel dogme ou ne pratiquent pas tel rite, est immoral. Calomnié tant par les catholiques que par les protestants (il faut « l’écraser comme une punaise », dira Luther), mais aussi par les penseurs irréligieux précurseurs de l’athéisme moderne, Érasme échouera à convaincre les princes, et la destinée de l’Europe se trouvera dès lors déterminée par une série de schismes religieux meurtriers.

Tout comme à l’époque d’Érasme, l’Europe est aujourd’hui plongée dans une crise morale aggravée par des tensions religieuses explosives, lesquelles sont exacerbées à dessein par certains intérêts politiques (c’était également le cas au 15e siècle). Nos acquis civilisationnels les plus sacrés sont menacés. Que ces acquis soient en large partie ceux de la chrétienté, et que l’identité française soit inséparable de son histoire catholique est incontestable. Mais la capacité du catholicisme de les transmettre aujourd’hui est une autre question. L’histoire attend le dépassement dialectique de cette crise, et ce dépassement ne peut être impulsé par le catholicisme car celui-ci, après avoir engendré par son dogmatisme son antithèse l’athéisme, est incurablement moribond (sa situation n’est pas comparable avec celle de l’orthodoxie russe, pour des raisons que j’explique dans le chapitre 5 de mon livre Du Yahvisme au sionisme). En outre, la présence massive de l’islam en France, irréversible, interdit d’accorder au catholicisme un privilège autre que purement honorifique.

Dans un État officiellement théiste, libre au petit nombre des élus de croire que l’Être suprême reconnu par l’État est le Dieu de la Bible hébraïque, incarné ou non dans Jésus de Nazareth, ou qu’il a dit son dernier mot au caravanier Mahomet il y a quatorze siècles. On n’empêchera pas non plus quiconque de croire, et de dire, que ceux qui pensent autrement seront privés des récompenses célestes. Cependant, le culte civique de l’Être suprême doit réprouver cette idée comme immorale et contraire à l’unité organique de la nation.

C’est cette laïcité théiste que Robespierre a voulu fonder. Sa vision religieuse était indissociable de sa vision politique : Robespierre fut le défenseur infatigable du peuple contre les bourgeois spéculateurs qui s’étaient servi du peuple en 1789 pour arracher le pouvoir aux aristocrates, et qui craignaient que ce peuple, devenu incontrôlable, ne portât atteinte à la propriété privée, qu’ils eurent soin de déclarer officiellement « sacrée » (dernier article de la Déclaration des droits de l’homme). Robespierre les rassurent : « Âmes de boue ! qui n’estimez que l’or, je ne veux point toucher à vos trésors, quelque impure qu’en soit la source. » Mais il insiste pour mettre des limites à la propriété, interdire la spéculation sur les subsistances, etc. Ces bourgeois, qui forment le gros du parti Girondin, sont souvent voltairiens et athées. Or, pour Robespierre, « l’athéisme est aristocratique ; l’idée d’un grand Être, qui veille sur l’innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant, est toute populaire ». C’est donc en tant que représentant du peuple que Robespierre défendait la religion naturelle contre le fanatisme athée autant que contre le fanatisme clérical. Il considérait l’athéisme comme une perversion symétrique de la superstition.

 

La religion de Robespierre

 

Robespierre est nourri des mêmes modèles antiques qu’Érasme. Comme lui, il admire la « secte sublime des stoïciens », à laquelle il fait référence dans son discours Sur les rapports des idées religieuses et morales avec les principes républicains (7 mai 1794). Mais Robespierre est surtout un disciple de Rousseau. On a dit de lui qu’il fut « Rousseau au pouvoir », comme Lénine fut « Marx au pouvoir » (en oubliant, il est vrai, que Rousseau ne croyait la démocratie possible que dans de petits pays – la Suisse, la Corse [4] – et n’aurait donc sans doute pas été « jacobin »).

 

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Jean-Jacques Rousseau
(Quentin de La Tour, 1753)

 

Rousseau, en tout cas, était « théiste », selon le terme consacré à l’époque. Cela signifie qu’il s’opposait à l’athéisme des encyclopédistes comme Voltaire ou Diderot (athéisme parfois euphémisé en « déisme » ou « panthéisme », niant toute relation personnelle avec Dieu), tout en plaçant la raison au-dessus de l’autorité de la Révélation et du dogme. Rousseau a surtout développé sa conception religieuse dans « La profession de foi du vicaire savoyard », un texte autonome au sein de L’Émile (1762), où il livre un exposé du « théisme ou de la religion naturelle que les chrétiens affectent de confondre avec l’athéisme ou l’irréligion qui en est l’exact opposé ». Dans le Contrat social, paru la même année, Rousseau place ses idées religieuses au centre de sa vision politique. Il pose les « dogmes positifs » suivants comme nécessaires et suffisants à l’intérêt public : « l’existence de la Divinité puissante, intelligente, bienfaisante, prévoyante et pourvoyante, la vie à venir, le bonheur des justes, le châtiment des méchants, la sainteté du contrat social et des lois ». Rousseau prône donc une « religion civile » fondée sur ces simples dogmes. Il disqualifie le « christianisme romain » comme religion d’État pour deux raisons : en tant que centre de pouvoir concurrent de l’État (« donnant aux hommes deux législations, deux chefs, deux patries, [il] les soumet à des devoirs contradictoires et les empêche de pouvoir être à la fois dévots et Citoyens »), et en tant que facteur de guerre civile (« il est impossible de vivre en paix avec des gens qu’on croit damnés »). Les dogmes catholiques sont un fatras inutile, écrit-il dans ses Lettres écrites de la montagne (1764) : « Bien que le vrai christianisme soit une institution de paix, qui ne voit que le christianisme dogmatique ou théologique est, par la multitude et lʼobscurité de ses dogmes, surtout par lʼobligation de les admettre, un champ de bataille toujours ouvert entre les hommes. »

Robespierre est rousseauiste et hostile à la « secte des encyclopédistes » qui, rappelle-t-il, « déclamaient quelquefois contre le despotisme, et [qui] étaient pensionnés par les despotes ». Son idée de l’Être suprême est celle d’un Dieu personnel qui veille sur les hommes et les conduit « au bonheur par la route de la vertu ». Début 1792, lorsqu’un député l’accuse d’avoir calomnié Condorcet et avec lui les encyclopédistes, Robespierre répond que, si ces « académiciens » et ces « géomètres [...] ont combattu et ridiculisé les prêtres, ils n’en ont pas moins courtisé les grands et adoré les rois dont ils ont tiré un assez bon parti, et qui ne sait avec quel acharnement ils ont persécuté la vertu et le génie de la liberté dans la personne de ce Jean-Jacques, dont j’aperçois ici l’image sacrée, de ce vrai philosophe qui seul, à mon avis, entre tous les hommes célèbres de ce temps-là, mérita les honneurs publics, prostitués depuis par l’intrigue à des charlatans politiques et à de misérables héros [5] ».

Dans un discours qu’il fait imprimer en avril 1791, Robespierre remercie « l’éternelle Providence » qui a appelé les Français, « seuls depuis l’origine du monde, à rétablir sur la terre l’empire de la Justice et de la Liberté ». Le 26 mars 1792, sommé par le Girondin Élie Guadet de s’expliquer sur ses références de plus en plus fréquentes à l’action de « la Providence » dans l’histoire, il répond que « ce n’est pas induire les citoyens dans la superstition que de prononcer le nom de la Divinité », et il revendique le sentiment d’être soutenu par Dieu [6].   Robespierre fustige l’irréligion qui prévaut dans l’aristocratie et le haut clergé, avec des évêques comme Talleyrand qui se vantent de mentir tous les dimanches. Un fossé s’était creusé entre la hiérarchie cléricale et les curés de campagne. Parmi ces derniers, beaucoup s’étaient chargés de rédiger les cahiers de doléances des paysans. L’évêque contre-révolutionnaire Charles de Coucy, de la Rochelle, dira en 1797 que la Révolution fut « commencée par les mauvais prêtres [7] ». Ceux qu’il appelle ainsi sont au contraire, pour Robespierre, les « bons prêtres » dont le peuple des campagnes a besoin.

Robespierre se montrait inflexible contre les prêtres qui se soumirent au pape en refusant de prêter serment sur la Constitution civile du clergé (votée le 12 juillet 1790). Mais il s’opposa aussi jusqu’à son dernier souffle au projet de supprimer les fonds affectés au culte catholique en vertu de cette même Constitution civile. Il s’était également opposé au nouveau calendrier révolutionnaire, dont la semaine de dix jours servait, selon son inventeur Charles-Gilbert Romme, « à supprimer le dimanche ». Son intention n’était ni de détruire le culte catholique, ni de le préserver, mais de guider en douceur le peuple de la superstition et la soumission aux prêtres vers une foi simple et rationnelle. « Toute institution, écrit-il deux mois avant sa mort, toute doctrine qui console et qui élève les âmes doit être accueillie ; rejetez toutes celles qui tendent à les dégrader et à les corrompre. » Sur le plan religieux, Robespierre était un modéré et un pragmatique. Il renvoyait dos à dos le fanatisme clérical et le fanatisme anticlérical. Et il était soucieux de réconcilier les villes et les campagnes, car la déchristianisation était essentiellement un mouvement venu de Paris et de quelques autres grandes villes, et imposé aux campagnes par des représentants en mission.

 

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Fête de l’Être suprême du 8 juin 1794

 

C’est un autre contresens que de confondre le culte de l’Être suprême et le culte de la Raison. Ce dernier était d’inspiration athée et naturaliste ; même s’il fut teinté de théisme en bien des endroits, il fut à Paris l’arme des « Enragés » de la déchristianisation comme Pierre-Gaspard Chaumette, procureur de la Commune, ou Jacques-René Hébert, rédacteur du Père Duchesnes. Sous leur influence, le mouvement de déchristianisation se déchaîne en novembre 1793. La Convention elle-même décrète la fermeture de toutes les églises de Paris, ou leur transformation en « Temples de la Raison » ; on grave sur les portes des cimetières : « La mort est un éternel sommeil. »

Robespierre combat ces initiatives et attaque « ces hommes qui n’ont eu d’autre mérite que celui de se parer d’un zèle antireligieux », de « jeter parmi nous le trouble et la discorde » (Club des Jacobins, 21 novembre 1793). Dans son discours à la Convention nationale du 15 frimaire (5 décembre 1793), il rappelle que la République a été fondée « sous les auspices » du Grand Être suprême (mentionné dans le préambule de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789). Et il accuse les déchristianiseurs de faire le jeu de la contre-révolution. En effet, « des puissances étrangères hostiles soutiennent la déchristianisation de la France comme une politique poussant la France rurale au conflit avec la République pour des raisons religieuses et recrutant ainsi des armées contre la République en Vendée et en Belgique ». En instrumentalisant la violence des extrémistes de l’athéisme militant, ces puissances étrangères et leurs alliés contre-révolutionnaires ont deux objets : « Le premier de recruter la Vendée, d’aliéner les peuples de la nation française et d’employer la philosophie à la destruction de la liberté ; le second, de troubler dans l’intérieur la tranquillité publique, et de distraire tous les esprits, quand il est nécessaire de les recueillir pour asseoir les fondements inébranlables de la Révolution. »

Les robespierristes viendront à bout des hébertistes. Après avoir échoué dans un projet d’insurrection contre la Convention, Chaumette sera arrêté, jugé et exécuté pour « conspiration contre la République » et pour avoir « cherché à anéantir toute espèce de morale, effacer toute idée de divinité et fonder le gouvernement français sur l’athéisme ». Il fut également accusé d’être un agent de l’Angleterre. En mai 1794, Robespierre ordonne d’effacer la mention « Temple de la Raison » (ou toutes dénominations similaires) du portique des églises et de graver à la place : « Le peuple français reconnaît l’existence de lʼÊtre suprême et l’immortalité de l’âme. » Le 8 juin, le franc succès de la Fête de l’Être suprême consacre la victoire fragile de Robespierre sur l’athéisme profanateur des Enragés.

D’une manière générale, le culte de l’Être suprême fut accueilli avec enthousiasme dans la plupart des régions de France. Le peuple français était las de la guerre civile et désireux de se réconcilier sous l’auspice de Dieu. Malheureusement, la Fête de l’Être suprême ne marqua pas la fin de la Terreur, au contraire : deux jours après, la loi du 22 prairial (10 juin 1794) accélérait le jugement des suspects de conspiration contre la République et ouvrait la brève période de ce qu’on nommera la Grande Terreur (17 000 guillotinés environ en six semaines). La responsabilité de Robespierre est un sujet débattu, car durant ces six semaines, il est absent des Comités, probablement malade. Dans son ultime discours, la veille de sa mort, il dénonça une machination destinée à le perdre en faisant couler le sang en son nom : « Est-il vrai que l’on ait colporté des listes odieuses où l’on désignait pour victimes un certain nombre de membres de la Convention, et qu’on prétendait être l’ouvrage du Comité de salut public et ensuite le mien ? » Napoléon confirme ses accusations, estimant que « Robespierre fut le vrai bouc émissaire de la Révolution ». Cette thèse, étayée également par Lamartine, est défendue par certains historiens modernes, qu’on pourrait qualifier de « révisionnistes » par rapport à l’histoire consensuelle dérivée de la propagande thermidorienne [8].

Il est certain en tout cas que la politique religieuse de Robespierre pesa grandement dans les motivations du complot des Thermidoriens et qu’ils s’en servirent dans leur campagne contre « le tyran », accusé d’aspirer à la fonction de Grand Pontife. Il est significatif que Robespierre consacra l’un de ses derniers grands discours aux « rapports des idées religieuses et morales avec les principes républicains » (7 mai 1794). S’il n’oubliait pas d’évoquer les tyrans et leurs complices qui « font des lois contre le vol, lorsqu’ils envahissent la fortune publique », il s’en prenait surtout aux révolutionnaires qui se sont crus missionnés pour annoncer au peuple « que la Divinité n’existe pas » et « qu’une force aveugle préside à ses destinées et frappe au hasard le crime et la vertu ». Ceux qui veulent ainsi « désespérer le malheur, réjouir le vice, attrister la vertu, dégrader l’humanité », sont les mêmes qui veulent « armer les riches contre le peuple ».

Robespierre écrivit la veille de sa mort, s’adressant rhétoriquement à Chaumette : « Non, Chaumette, non, la mort n’est pas un sommeil éternel. Citoyens, effacez des tombeaux cette maxime gravée par des mains sacrilèges, qui jette un crêpe funèbre sur la nature, qui décourage l’innocence opprimée, et qui insulte à la mort ; gravez-y plutôt celle-ci : La mort est le commencement de l’immortalité. »

 

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Buste de Robespierre
(Claude-André Deseine, 1791)

 


TEXTES CHOISIS


 

Robespierre, intervention aux Jacobins sur la Providence,
26 mars 1792

 

En mars 1792, le président de l’Assemblée législative Élie Guadet s’opposa à l’envoi aux sociétés patriotiques d’une adresse de Robespierre sous le prétexte suivant :

« J’ai entendu souvent, dans cette adresse, répéter le mot Providence, je crois même qu’il y est dit que la Providence nous a sauvés malgré nous. J’avoue que, ne voyant aucun sens à cette idée, je n’aurais jamais pensé qu’un homme qui a travaillé avec tant de courage, pendant trois ans, pour tirer le peuple de l’esclavage du despotisme, pût concourir à le remettre ensuite sous l’esclavage de la superstition. »

Robespierre répondit ainsi :

« La superstition, il est vrai, est un des appuis du despotisme, mais ce n’est pas induire les citoyens dans la superstition que de prononcer le nom de la Divinité. […] Je soutiens, moi, ces éternels principes sur lesquels s’étaie la faiblesse humaine pour s’élancer à la vertu. Ce n’est point un vain langage dans ma bouche, pas plus que dans celle de tous les hommes illustres qui n’en avaient pas moins de morale, pour croire à l’existence de Dieu. […]

Oui, invoquer la Providence et émettre l’idée de l’Être éternel qui influe essentiellement sur les destins des nations, qui me parait à moi veiller d’une manière toute particulière sur la révolution française, n’est point une idée trop hasardée, mais un sentiment de mon cœur, un sentiment qui m’est nécessaire à moi, qui, livré dans l’Assemblée constituante à toutes les passions et à toutes les viles intrigues, et environné de si nombreux ennemis, me suis toujours soutenu. Seul avec mon âme, comment aurais-je pu suffire à des luttes qui sont au-dessus de la force humaine, si je n’avais point élevé mon âme à Dieu [9 ? »

Robespierre, « Rapport contre le philosophisme et pour la liberté des cultes »,
1er frimaire an II (21 novembre 1793)

 

Dans ce discours qui marque le coup d’arrêt à la déchristianisation, Robespierre s’insurge contre les grotesques cultes de la Raison institués dans les églises par les fanatiques athées qu’on désigna comme les « Exagérés », puis comme les « Enragés » :

« De quel droit viendraient-ils troubler la liberté des cultes, au nom de la liberté, et attaquer le fanatisme par un fanatisme nouveau ? De quel droit feraient-ils dégénérer les hommages solennels rendus à la vérité pure, en des farces éternelles et ridicules ? Pourquoi leur permettrait-on de se jouer ainsi de la dignité du peuple, et d’attacher les grelots de la folie au sceptre même de la philosophie ? 

On a supposé qu’en accueillant des offrandes civiques, la Convention avait proscrit le culte catholique. Non, la Convention n’a point fait cette démarche téméraire : la Convention ne la fera jamais. Son intention est de maintenir la liberté des cultes, qu’elle a proclamée, et de réprimer en même temps tous ceux qui en abuseraient pour troubler l’ordre public ; elle ne permettra pas qu’on persécute les ministres paisibles du culte, et elle les punira avec sévérité toutes les fois qu’ils oseront se prévaloir de leurs fonctions pour tromper les citoyens et pour armer les préjugés ou le royalisme contre la république. On a dénoncé des prêtres pour avoir dit la messe : ils la diront plus longtemps, si on les empêche de la dire. Celui qui veut les empêcher est plus fanatique que celui qui dit la messe.

Il est des hommes qui veulent aller plus loin ; qui, sous le prétexte de détruire la superstition, veulent faire une sorte de religion de l’athéisme lui-même. Tout philosophe, tout individu peut adopter là-dessus l’opinion qu’il lui plaira. Quiconque voudrait lui en faire un crime est un insensé ; mais l’homme public, mais le législateur serait cent fois plus insensé qui adopterait un pareil système. La Convention nationale l’abhorre. La Convention n’est point un faiseur de livres, un auteur de systèmes métaphysiques, c’est un corps politique et populaire, chargé de faire respecter, non seulement les droits, mais le caractère du peuple français. Ce n’est point en vain qu’elle a proclamé la déclaration des droits de l’homme en présence de l’Être suprême ! / On dira peut-être que je suis un esprit étroit, un homme à préjugés ; que sais-je, un fanatique. J’ai déjà dit que je ne parlais ni comme un individu, ni comme un philosophe systématique, mais comme un représentant du peuple.

J’ai déjà dit que je ne parlais, ni comme un individu, ni comme un philosophe systématique, mais comme un représentant du peuple. L’athéisme est aristocratique ; l’idée d’un grand être, qui veille sur l’innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant, est toute populaire. […]

Je parle dans une tribune où l’impudent Guadet osa me faire un crime d’avoir prononcé le mot de providence. Et dans quel temps ! lorsque le cœur ulcéré de tous les crimes dont nous étions les témoins et les victimes ; lorsque versant des larmes amères et impuissantes sur la misère du peuple éternellement trahi, éternellement opprimé, je cherchais à m’élever au dessus de la tourbe impure des conspirateurs dont j’étais environné, en invoquant contre eux la vengeance céleste, au défaut de la foudre populaire. Ce sentiment est gravé dans tous les cœurs sensibles et purs ; il anime dans tous les temps les plus magnanimes défenseurs de la liberté. Aussi longtemps qu’il existera des tyrans, il sera une consolation douce au cœur des opprimés ; et si jamais la tyrannie pouvait renaître parmi nous, quelle est l’âme énergique et vertueuse qui n’appellerait point en secret, de son triomphe sacrilège, à cette éternelle justice, qui semble avoir écrit dans tous les cœurs l’arrêt de mort de tous les tyrans. Il me semble du moins que le dernier martyr de la liberté exhalerait son âme avec un sentiment plus doux, en se reposant sur cette idée consolatrice. Ce sentiment est celui de l’Europe et de l’univers, c’est celui du peuple français. Ce peuple n’est attaché ni aux prêtres, ni à la superstition, ni aux cérémonies religieuses ; il ne l’est qu’au culte en lui-même, c’est-à-dire à l’idée d’une puissance incompréhensible, l’effroi du crime et le soutien de la vertu, à qui il se plaît à rendre des hommages qui sont autant d’anathèmes contre l’injustice et contre le crime triomphant.

Si le philosophe peut attacher sa moralité à d’autres bases, gardons-nous néanmoins de blesser cet instinct sacré et ce sentiment universel des peuples. Quel est le génie qui puisse en un instant remplacer, par ses inventions, cette grande idée protectrice de l’ordre social et de toutes les vertus privées ?

Ne voyez-vous pas le piège que nous tendent les ennemis de la république et les lâches émissaires des tyrans étrangers ? En présentant comme l’opinion générale les travers de quelques individus, et leur propre extravagance, ils voudraient nous rendre odieux à tous les peuples, pour affermir les trônes chancelants des scélérats qui les oppriment. Quel est le temps qu’ils ont choisi pour ces machinations ? Celui où les armées combinées ont été vaincues ou repoussées par le génie républicain ; celui où ils veulent étouffer les murmures des peuples fatigués ou indignés de leur tyrannie ; celui où ils pressent les nations neutres et alliées de la France de se déclarer contre nous. Les lâches ne veulent que réaliser toutes les calomnies grossières dont l’Europe entière reconnaissait l’impudence, et repousser de vous, par les préjugés ou par les opinions religieuses, ceux que la morale et l’intérêt commun attiraient vers la cause sublime et sainte que nous défendons. Je le répète : nous n’avons plus d’autre fanatisme à craindre que celui des hommes immoraux, soudoyés par les cours étrangères pour réveiller le fanatisme, et pour donner à notre révolution le vernis de l’immoralité, qui est le caractère de nos lâches et féroces ennemis. »

Robespierre, « Discours au peuple réuni pour la Fête de l’Être suprême »,
20 prairial an II (8 juin 1794)

 

À la fête de lʼÊtre suprême, une statue de l’athéisme fut immolée, laissant apparaître la Sagesse (dans une mise en scène du peinte David). On chanta des hymnes dédiés à la divinité. En programmant cette fête nationale le jour de la Fête-Dieu, Robespierre plaçait son action dans le même processus historique que les évêques chrétiens des premiers siècles qui superposèrent Noël et la Saint-Jean sur les fêtes païennes des solstices.

« Français républicains, il est enfin arrivé ce jour à jamais fortuné que le peuple français consacre à l’Être-Suprême ! Jamais le monde qu’il a créé ne lui offrit un spectacle aussi digne de ses regards. Il a vu régner sur la terre la tyrannie, le crime et l’imposture : il voit dans ce moment une nation entière aux prises avec tous les oppresseurs du genre humain, suspendre le cours de ses travaux héroïques pour élever sa pensée et ses vœux vers le grand Être qui lui donna la mission de les entreprendre et la force de les exécuter !

N’est-ce pas lui dont la main immortelle, en gravant dans le cœur de l’homme le code de la justice et de l’égalité, y traça la sentence de mort des tyrans ? N’est-ce pas lui qui, dès le commencement des temps, décréta la république, et mit à l’ordre du jour, pour tous les siècles et pour tous les peuples, la liberté, la bonne foi et la justice ? Il n’a point créé les rois pour dévorer l’espèce humaine ; il n’a point créé les prêtres pour nous atteler comme de vils animaux au char des rois, et pour donner au monde l’exemple de la bassesse, de l’orgueil, de la perfidie, de l’avarice, de la débauche et du mensonge ; mais il a créé l’univers pour publier sa puissance ; il a créé les hommes pour s’aider, pour s’aimer mutuellement, et pour arriver au bonheur par la route de la vertu.

C’est lui qui plaça dans le sein de l’oppresseur triomphant le remords et l’épouvante, et dans le cœur de l’innocent opprimé le calme et la fierté ; c’est lui qui force l’homme juste à haïr le méchant, et le méchant à respecter l’homme juste ; c’est lui qui orna de pudeur le front de la beauté pour l’embellir encore ; c’est lui qui fait palpiter les entrailles maternelles de tendresse et de joie ; c’est lui qui baigne de larmes délicieuses les yeux du fils pressé contre le sein de sa mère ; c’est lui qui fait taire les passions les plus impérieuses et les plus tendres devant l’amour sublime de la patrie ; c’est lui qui a couvert la nature de charmes, de richesses et de majesté. Tout ce qui est bon est son ouvrage, ou c’est lui-même : le mal appartient à l’homme dépravé qui opprime ou qui laisse opprimer ses semblables.

L’auteur de la nature avait lié tous les mortels par une chaîne immense d’amour et de félicité : périssent les tyrans qui ont osé la briser !

Français républicains, c’est à vous de purifier la terre qu’ils ont souillée, et d’y rappeler la justice qu’ils en ont bannie ! La liberté et la vertu sont sorties ensemble du sein de la Divinité : l’une ne peut séjourner sans l’autre parmi les hommes. Peuple généreux, veux-tu triompher de tous tes ennemis ? Pratique la justice, et rends à la Divinité le seul culte digne d’elle. Peuple, livrons-nous aujourd’hui sous ses auspices aux transports d’une pure allégresse ! Demain, nous combattrons encore les vices et les tyrans ; nous donnerons au monde l’exemple des vertus républicaines, et ce sera l’honorer encore ! »

Robespierre, « Sur les rapports des idées religieuses et morales avec les principes républicains », 18 floréal an II (7 mai 1794)

 

Il est sans doute significatif que Robespierre ne dévoile complètement ses idées religieuses que dans l’un de ses tout derniers discours, un mois et demi avant sa mort.

« […] Le vice et la vertu font les destins de la terre : ce sont les deux génies opposés qui se la disputent. La source de l’un et de l’autre est dans les passions de l’homme : selon la direction qui est donnée à ses passions, l’homme s’élève jusqu’aux cieux ou s’enfonce dans des abîmes fangeux ; or le but de toutes les institutions sociales, c’est de le diriger vers la justice, qui est à la fois le bonheur public et le bonheur privé.

Le fondement unique de la société civile, c’est la morale. […] À quoi se réduit donc cette science mystérieuse de la politique et de la législation ? À mettre dans les lois et dans l’administration les vérités morales reléguées dans les livres des philosophes, et à appliquer à la conduite des peuples les notions triviales de probité que chacun est forcé d’adopter pour sa conduite privée, c’est-à-dire à employer autant d’habileté à faire régner la justice que les gouvernements en ont mis jusqu’ici à être injustes impunément ou avec bienséance. […]

Toute institution, toute doctrine qui console et qui élève les âmes doit être accueillie ; rejetez toutes celles qui tendent à les dégrader et à les corrompre. Ranimez, exaltez tous les sentiments généreux et toutes les grandes idées morales qu’on a voulu éteindre ; rapprochez par le charme de l’amitié et par le lien de la vertu les hommes qu’on a voulu diviser. Qui donc t’a donné la mission d’annoncer au peuple que la Divinité n’existe pas, ô toi qui te passionnes pour cette aride doctrine, et qui ne te passionnas jamais pour la patrie ? Quel avantage trouves-tu à persuader à l’homme qu’une force aveugle préside à ses destinées et frappe au hasard le crime et la vertu ; que son âme n’est qu’un souffle léger qui s’éteint aux portes du tombeau ?

L’idée de son néant lui inspirera-t-elle des sentiments plus purs et plus élevés que celle de son immortalité ? Lui inspirera-t-elle plus de respect pour ses semblables et pour lui-même, plus de dévouement pour la patrie, plus d’audace à braver la tyrannie, plus de mépris pour la mort ou pour la volupté ? Vous qui regrettez un ami vertueux, vous aimez à penser que la plus belle partie de lui-même a échappé au trépas ! Vous qui pleurez sur le cercueil d’un fils ou d’une épouse, êtes-vous consolés par celui qui vous dit qu’il ne reste plus d’eux qu’une vile poussière ? Malheureux qui expirez sous les coups d’un assassin, votre dernier soupir est un appel à la justice éternelle ! L’innocence sur l’échafaud fait pâlir le tyran sur son char de triomphe : aurait-elle cet ascendant, si le tombeau égalait l’oppresseur et l’opprimé ? Malheureux sophiste ! de quel droit viens-tu arracher à l’innocence le sceptre de la raison pour le remettre dans les mains du crime, jeter un voile funèbre sur la nature, désespérer le malheur, réjouir le vice, attrister la vertu, dégrader l’humanité ? Plus un homme est doué de sensibilité et de génie, plus il s’attache aux idées qui agrandissent son être et qui élèvent son cœur, et la doctrine des hommes de cette trempe devient celle de l’univers. Eh ! comment ces idées ne seraient-elles point des vérités ? Je ne conçois pas du moins comment la nature aurait pu suggérer à l’homme des fictions plus utiles que toutes les réalités, et si l’existence de Dieu, si l’immortalité de l’âme n’étaient que des songes, elles seraient encore la plus belle de toutes les conceptions de l’esprit humain.

Je n’ai pas besoin d’observer qu’il ne s’agit pas ici de faire le procès à aucune opinion philosophique en particulier, ni de contester que tel philosophe peut être vertueux, quelles que soient ses opinions, et même en dépit d’elles, par la force d’un naturel heureux ou d’une raison supérieure ; il s’agit de considérer seulement l’athéisme comme national, et lié à un système de conspiration contre la république.

Eh ! que vous importent à vous, législateurs, les hypothèses diverses par lesquelles certains philosophes expliquent les phénomènes de la nature ? Vous pouvez abandonner tous ces objets à leurs disputes éternelles ; ce n’est ni comme métaphysiciens ni comme théologiens que vous devez les envisager : aux yeux du législateur, tout ce qui est utile au monde et bon dans la pratique est la vérité.

L’idée de l’Être-Suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice ; elle est donc sociale et républicaine. (On applaudit.) La nature a mis dans l’homme le sentiment du plaisir et de la douleur, qui le force à fuir les objets physiques qui lui sont nuisibles, et à chercher ceux qui lui conviennent. Le chef-d’œuvre de la société serait de créer en lui pour les choses morales un instinct rapide qui, sans le secours tardif du raisonnement, le portât à faire le bien et à éviter le mal ; car la raison particulière de chaque homme égaré par ses passions n’est souvent qu’un sophiste qui plaide leur cause, et l’autorité de l’homme peut toujours être attaquée par l’amour-propre de l’homme. Or, ce qui produit ou remplace cet instinct précieux, ce qui supplée à l’insuffisance de l’autorité humaine, c’est le sentiment religieux qu’imprime dans les âmes l’idée de la sanction donnée aux préceptes de la morale par une puissance supérieure à l’homme : ainsi je ne sache pas qu’aucun législateur se soit jamais avisé de nationaliser l’athéisme.

Je sais que les plus sages mêmes d’entre eux se sont permis de mêler à la vérité quelques fictions, soit pour frapper l’imagination des peuples ignorants, soit pour les attacher plus fortement à leurs institutions ; Lycurgue et Solon eurent recours à l’autorité des oracles, et Socrate lui-même, pour accréditer la vérité parmi ses concitoyens, se crut obligé de leur persuader qu’elle lui était inspirée par un génie familier. Vous ne conclurez pas de là sans doute qu’il faille tromper les hommes pour les instruire, mais seulement que vous êtes heureux de vivre dans un siècle et dans un pays dont les lumières ne vous laissent d’autre tâche à remplir que de rappeler les hommes à la nature et à la vérité.

Vous vous garderez bien de briser le lien sacré qui les unit à l’auteur de leur être : il suffit même que cette opinion ait régné chez un peuple pour qu’il soit dangereux de la détruire, car les motifs des devoirs et les bases de la moralité s’étant nécessairement liés à cette idée, l’effacer c’est démoraliser le peuple. Il résulte du même principe qu’on ne doit jamais attaquer un culte établi qu’avec prudence et avec une certaine délicatesse, de peur qu’un changement subit et violent ne paraisse une atteinte portée à la morale, et une dispense de la probité même. Au reste, celui qui peut remplacer la Divinité dans le système de la vie sociale est à mes yeux un prodige de génie ; celui qui, sans l’avoir remplacée, ne songe qu’à la bannir de l’esprit des hommes me paraît un prodige de stupidité ou de perversité. […]

Dès longtemps les observateurs éclairés pouvaient apercevoir quelques symptômes de la révolution actuelle : tous les événements importants y tendaient ; les causes mêmes des particuliers susceptibles de quelque éclat s’attachaient à une intrigue politique ; les hommes de lettres renommés, en vertu de leur influence sur l’opinion, commençaient à en obtenir quelqu’une dans les affaires ; les plus ambitieux avaient formé dès lors une espèce de coalition qui augmentait leur importance ; ils semblaient s’être partagés en deux sectes, dont l’une défendait bêtement le clergé et le despotisme : la plus puissante et la plus illustre était celle qui fut connue sous le nom d’encyclopédistes. Elle renfermait quelques hommes estimables, et un plus grand nombre de charlatans ambitieux ; plusieurs de ses chefs étaient devenus des personnages considérables dans l’État : quiconque ignorerait son influence et sa politique n’aurait pas une idée complète de la préface de notre révolution. Cette secte, en matière de politique, resta toujours au-dessous des droits du peuple ; en matière de morale, elle alla beaucoup au-delà des préjugés religieux : ses coryphées déclamaient quelquefois contre le despotisme, et ils étaient pensionnés par les despotes ; ils faisaient tantôt des livres contre la cour, et tantôt des dédicaces aux rois, des discours pour les courtisans et des madrigaux pour les courtisanes ; ils étaient fiers dans leurs écrits, et rampants dans les antichambres. Cette secte propagea avec beaucoup de zèle l’opinion du matérialisme, qui prévalut parmi les grands et parmi les beaux-esprits ; on lui doit en grande partie cette espèce de philosophie pratique qui, réduisant l’égoïsme en système, regarde la société humaine comme une guerre de ruse, le succès comme la règle du juste et de l’injuste, la probité comme une affaire de goût ou de bienséance, le monde comme le patrimoine des fripons adroits. J’ai dit que ses coryphées étaient ambitieux : les agitations qui annonçaient un grand changement dans l’ordre politique des choses avaient pu étendre leurs vues ; on a remarqué que plusieurs d’entre eux avaient des liaisons intimes avec la maison d’Orléans, et la constitution anglaise était, suivant eux, le chef-d’œuvre de la politique, le maximum du bonheur social.

Parmi ceux qui au temps dont je parle se signalèrent dans la carrière des lettres et de la philosophie, un homme [Jean-Jacques Rousseau], par l’élévation de son âme et par la grandeur de son caractère, se montra digne du ministère de précepteur du genre humain : il attaqua la tyrannie avec franchise ; il parla avec enthousiasme de la Divinité ; son éloquence mâle et probe peignit en traits de flamme les charmes de la vertu ; elle défendit ces dogmes consolateurs que la raison donne pour appui au cœur humain : la pureté de sa doctrine, puisée dans la nature et dans la haine profonde du vice, autant que son mépris invincible pour les sophistes intrigants qui usurpaient le nom de philosophes, lui attira la haine et la persécution de ses rivaux et de ses faux amis. Ah ! s’il avait été témoin de cette révolution, dont il fut le précurseur, et qui l’a porté au Panthéon, qui peut douter que son âme généreuse eût embrassé avec transport la cause de la justice et de l’égalité ? Mais qu’ont fait pour elle ses lâches adversaires ? Ils ont combattu la Révolution dès le moment qu’ils ont craint qu’elle n’élevât le peuple au-dessus de toutes les vanités particulières ; les uns ont employé leur esprit à frelater les principes républicains et à corrompre l’opinion publique : ils se sont prostitués aux factions, et surtout au parti d’Orléans ; les autres se sont renfermés dans une lâche neutralité. Les hommes de lettres, en général, se sont déshonorés dans cette Révolution, et, à la honte éternelle de l’esprit, la raison du peuple en a fait seule tous les frais.

Hommes petits et vains, rougissez, s’il est possible ! Les prodiges qui ont immortalisé cette époque de l’histoire humaine ont été opérés sans vous et malgré vous ; le bon sens sans intrigue et le génie sans instruction ont porté la France à ce degré d’élévation qui épouvante votre bassesse et qui écrase votre nullité ! Tel artisan s’est montré habile dans la connaissance des droits de l’homme, quand tel faiseur de livres, presque républicain en 1788, défendait stupidement la cause des rois en 1793 ; tel laboureur répandait la lumière de la philosophie dans les campagnes, quand l’académicien Condorcet, jadis grand géomètre, dit-on, au jugement des littérateurs, et grand littérateur, au dire des géomètres, depuis conspirateur timide, méprisé de tous les partis, travaillait sans cesse à l’obscurcir par le perfide fatras de ses rhapsodies mercenaires.

Vous avez déjà été frappés sans doute de la tendresse avec laquelle tant d’hommes qui ont trahi leur patrie ont caressé les opinions sinistres que je combats. Que de rapprochements curieux peuvent s’offrir encore à nos esprits ! Nous avons entendu, qui croirait à cet excès d’impudeur ! nous avons entendu dans une société populaire le traître Guadet dénoncer un citoyen pour avoir prononcé le nom de la Providence ! Nous avons entendu, quelque temps après, Hébert en accuser un autre pour avoir écrit contre l’athéisme ! N’est-ce pas Vergniaud et Gensonné, qui en votre présence même, et à votre tribune, pérorèrent avec chaleur pour bannir du préambule de la constitution le nom de l’Être-Suprême, que vous y avez placé ? Danton, qui souriait de pitié aux mots de vertu, de gloire, de prospérité ; Danton, dont le système était d’avilir ce qui peut élever l’âme ; Danton qui était froid et muet dans les plus grands dangers de la liberté, parla après eux avec beaucoup de véhémence en faveur de la même opinion. D’où vient ce singulier accord de principes entre tant d’hommes qui paraissaient être si divisés ? Faut-il l’attribuer simplement au soin que prenaient les déserteurs de la cause du peuple de chercher à couvrir leur défection par une affectation de zèle contre ce qu’ils appelaient les préjugés religieux, comme s’ils avaient voulu compenser leur indulgence pour l’aristocratie et la tyrannie par la guerre qu’ils déclaraient à la Divinité ?

Non, la conduite de ces personnages artificieux tenait sans doute à des vues politiques plus profondes : ils sentaient que pour détruire la liberté, il fallait favoriser, par tous les moyens, tout ce qui tend à justifier l’égoïsme, à dessécher le cœur et à effacer l’idée de ce beau moral, qui est la seule règle sur laquelle la raison publique juge les défenseurs et les ennemis de l’humanité. Ils embrassaient avec transport un système qui, confondant la destinée des bons et des méchants, ne laisse entre eux d’autre différence que les faveurs incertaines de la fortune, ni d’autre arbitre que le droit du plus fort ou du plus rusé.

Vous tendez à un but bien différent ; vous suivrez donc une politique contraire. Mais ne craignons-nous pas de réveiller le fanatisme et de donner un avantage à l’aristocratie ? Non : si nous adoptons le parti que la sagesse indique, il nous sera facile d’éviter cet écueil.

Ennemis du peuple, qui que vous soyez, jamais la Convention nationale ne favorisera votre perversité ! Aristocrates, de quelques dehors spécieux que vous veuillez vous couvrir aujourd’hui, en vain chercheriez-vous à vous prévaloir de notre censure contre les auteurs d’une trame criminelle pour accuser les patriotes sincères que la seule haine du fanatisme peut avoir entraînés à des démarches indiscrètes ! Vous n’avez pas le droit d’accuser, et la justice nationale, dans ces orages excités par les factions, sait discerner les erreurs des conspirations ; elle saisira d’une main sûre tous les intrigants pervers, et ne frappera pas un seul homme de bien.

Fanatiques, n’espérez rien de nous ! Rappeler les hommes au culte de l’Être-Suprême, c’est porter le coup mortel au fanatisme. Toutes les fictions disparaissent devant la vérité, et toutes les folies tombent devant la raison. Sans contrainte, sans persécution, toutes les sectes doivent se confondre d’elles-mêmes dans la religion universelle de la nature. (On applaudit.)

Nous vous conseillerons donc de maintenir les principes que vous avez manifestés jusqu’ici. Que la liberté des cultes soit respectée, pour le triomphe même de la raison ; mais qu’elle ne trouble point l’ordre public, et qu’elle ne devienne point un moyen de conspiration. Si la malveillance contre-révolutionnaire se cachait sous ce prétexte, réprimez-la, et reposez-vous du reste sur la puissance des principes et sur la force même des choses.

Prêtres ambitieux, n’attendez donc pas que nous travaillions à rétablir votre empire ! Une telle entreprise serait même au dessus de notre puissance. (On applaudit.) Vous vous êtes tués vous-mêmes, et l’on ne revient pas plus à la vie morale qu’à l’existence physique.

Et d’ailleurs, qu’y a-t-il entre les prêtres et Dieu ? Les prêtres sont à la morale ce que les charlatans sont à la médecine. (Nouveaux applaudissements.) Combien le Dieu de la nature est différent du dieu des prêtres ! (Les applaudissements continuent.) Je ne connais rien de si ressemblant à l’athéisme que les religions qu’ils ont faites : à force de défigurer l’Être-Suprême, ils l’ont anéanti autant qu’il était en eux ; ils en ont fait tantôt un globe de feu, tantôt un roi : les prêtres ont créé un dieu à leur image ; ils l’ont fait jaloux, capricieux, avide, cruel, implacable ; ils l’ont traité comme jadis les maires du palais traitèrent les descendants de Clovis, pour régner sous son nom et se mettre à sa place : ils l’ont relégué dans le ciel comme dans un palais, et ne l’ont appelé sur la terre que pour demander à leur profit des dîmes, des richesses, des honneurs, des plaisirs et de la puissance. (Vifs applaudissements.) Le véritable prêtre de l’Être-Suprême, c’est la nature ; son temple, l’univers ; son culte, la vertu ; ses fêtes, la joie d’un grand peuple rassemblé sous ses yeux pour resserrer les doux nœuds de la fraternité universelle, et pour lui présenter l’hommage des cœurs sensibles et purs.

Prêtres, par quels titres avez-vous prouvé votre mission ? Avez-vous été plus justes, plus modestes, plus amis de la vérité que les autres hommes ? Avez-vous chéri l’égalité, défendu les droits des peuples, abhorré le despotisme et abattu la tyrannie ? C’est vous qui avez dit aux rois : Vous êtes les images de Dieu sur la terre ; c’est de lui seul que vous tenez votre puissance ; et les rois vous ont répondu : Oui, vous êtes vraiment les envoyés de Dieu ; unissons-nous pour partager les dépouilles et les adorations des mortels. Le sceptre et l’encensoir ont conspiré pour déshonorer le ciel et pour usurper la terre. (Applaudissements.)

Laissons les prêtres, et retournons à la divinité. (Applaudissements.) Attachons la morale à des bases éternelles et sacrées ; inspirons à l’homme ce respect religieux pour l’homme, ce sentiment profond de ses devoirs, qui est la seule garantie du bonheur social ; nourrissons-le par toutes nos institutions ; que l’éducation publique soit surtout dirigée vers ce but : vous lui imprimerez sans doute un grand caractère, analogue à la nature de notre gouvernement et à la sublimité des destinées de notre république ; vous sentirez la nécessité de la rendre commune et égale pour tous les Français. Il ne s’agit plus de former des messieurs, mais des citoyens ! La patrie a seule le droit d’élever ses enfants ; elle ne peut confier ce dépôt à l’orgueil des familles ni aux préjugés des particuliers, aliments éternels de l’aristocratie, et d’un fédéralisme domestique qui rétrécit les âmes en les isolant, et détruit avec l’égalité tous les fondements de l’ordre social. Mais ce grand objet est étranger à la discussion actuelle.

Il est cependant une sorte d’institution qui doit être considérée comme une partie essentielle de l’éducation publique, et qui appartient nécessairement au sujet de ce rapport ; je veux parler des fêtes nationales.

Rassemblez les hommes ; vous les rendrez meilleurs, car les hommes rassemblés chercheront à se plaire, et ils ne pourront se plaire que par les choses qui les rendent estimables. Donnez à leur réunion un grand motif moral et politique, et l’amour des choses honnêtes entrera avec le plaisir dans les cœurs, car les hommes ne se voient pas sans plaisir. »

Notes

[1] Henri Guillemin, Robespierre, Politique et mystique, Seuil, 1987. Voir aussi les vidéos de ses conférences télévisées.

[2] Jean Massin, Robespierre, éd. Alinéa, 1988.

[3] Lire Karel Verycken, « Comment la folie d’Érasme sauva notre civilisation », sur http://www.solidariteetprogres.org/documents-de-fond-7/culture/comment-la-folie-d-erasme-sauva.html

[4] Voir à ce sujet le recueil Textes choisis de Jean-Jacques Rousseau aux éditions Kontre Kulture (NDLR).

[5] Auguste Valmorel, Œuvres de Robespierre, 1867 (sur fr.wikisource.org), p. 67.

[6] Auguste Valmorel, Œuvres de Robespierre, 1867 (sur fr.wikisource.org), p. 71.

[7] Henri Guillemin, Robespierre, Politique et mystique, Seuil, 1987, p. 351. 

[8] Jean-Philippe Domecq, Robespierre, dernier temps, Folio/Histoire, 2011, p. 27-30. Cécile Obligi, Robespierre. La probité révoltante, Belin, 2012.

[9] Auguste Valmorel, Œuvres de Robespierre, 1867 (sur fr.wikisource.org), p. 71.

Jean-Jacques Rousseau inspirateur de Robespierre,
à découvrir chez Kontre Kulture :

 

Laurent Guyénot, chez Kontre Kulture :

 

Voir aussi, sur E&R :

 
 



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  • C’est là qu’on se rend compte qu’on a été trompé depuis l’enfance en nous faisant croire que Robespierre etait un bourreau sanguinaire et Danton un pur révolutionnaire...
    Si, ici à ER, nous le savons grâce à des personnages comme Alain Soral, Pierre Hilard, Marion Sigault et tant d’autres, mais egalement par notre recherche, notre ouverture d’esprit, notre analyse critique, comment voulez vous que le quidam "moyen" puisse comprendre que tout est inversion de valeur depuis 250 ans....
    Il devrait quelque part "renier" ses ancêtres et "ré-informé" sa descendance en reconnaissant qu il a été lui et ses ascendants les dindons de la farce !!!!
    D’ou la question que l’on devrait tous se poser : Comment élaborer un discourt qui lui rende acceptable, cette idée "inacceptable"...

     

  • #1750214

    Laurent Guyénot ton article est magnifique.


  • Fascinant. Nous voyons bien que la République actuelle est l’héritière de Talleyrand et de Fouché qui eux mêmes étaient les héritiers de Voltaire.
    Cette République a dès le départ été "soutenue" par la City de Londres.
    Macron attire les affairistes de tous bords.Cet attelage tient tant que les gueux
    se tiennent tranquilles. Sinon il faudra trouver un dictateur.Un militaire fera l’affaire.
    Ils trouveront un nouveau Bonaparte. Avec une dette pareille, la République est en sursis.


  • Il est évidemment possible d’avoir une société vertueuse sans Dieu…mais pour cela il faudrait que Monsieur Guyénot sorte de sa bulle.
    Le confucianisme en est une preuve éclatante.
    De manière plus générale, toutes les règles morales que l’on peut qualifier d’universelle (ne pas voler, ne pas tuer, ne pas violer…) ne sont rien d’autre que des applications de la règle d’or "ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse" indispensable à la survie de tout groupe social. Cette règle d’or a toujours existé et existe aussi chez les autres espèces du règne animal. Elle n’est nullement d’essence divine.

    Laurent Guyénot est comme tout les catholiques, il confond valeur morale chrétienne avec valeur morale. Or, c’est faux. La preuve ? Tout chrétien aujourd’hui est opposé à l’esclavage. Pourtant la Bible approuve l’esclavage. On ne peut qu’en déduire qu’il existe des valeurs hors de la Bible.

     

    • Lorong,

      J’ai rarement lu un post aussi stupide que le tien.
      Et tu prétends faire la leçon à Laurent Guyénot, en plus, c’est tout à fait risible.
      C’est à toi de sortir de ta bulle et de te documenter, les philosophes Hegel etc, et même l’athée Onfray, ont montré que la religion et spiritualité était indispensables pour l’érection d’une civilisation, sinon, il n’y a ni moralité, ni civilisation.

      Une société vertueuse sans Dieu, ça n’a jamais existé. Aucune civilisation ne s’est créée sans spiritualité.

      Sur la Chine, tu n’y connais rien non plus, elle ne relève heureusement pas que de Confucius, elle relève surtout de Lao Tseu, Tchouang Tseu, Lie Tseu, etc etc, tout le Taoisme très ancien, qui croit en Dieu ("Dao", c’est Dieu), et Taoisme qui a montré que la vertu était d’essence divine, et même énergétique : il existe des méridiens spirituels et énergétiques dans le corps et des centres d’énergie, le Coeur étant le plus gros centre, et pour ouvrir le centre énergétique du Coeur, il faut exercer les vertus et l’amour ! C’est l’enseignement de la Chine spirituelle ancestrale, tout comme celui de l’Inde !
      Tes athées modernes à la con, les communistes, n’ont fait que massacrer la civilisation chinoise, en n’y apportant que des crimes de masse (Tibet, entre autres) et le matérialisme. Bref, pas de quoi pavoiser, et tes athées n’auraient jamais été capables de bâtir la Chine, qui s’est érigée sur des principes spirituels, tout comme l’occident, tout comme l’Inde, tout comme toutes les civilisations.

      La règle d’or ancestrale de "ne pas faire à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse" a toujours existé, bien sûr, puisqu’elle est sempiternellement répétée par les religieux, et jamais par les athées !! Et comparer les animaux à l’homme est une absurdité, et les animaux font de toute façon aux leurs ce qu’ils ne voudraient pas qu’on leur fasse.
      La règle d’aimer autrui autant que soi même est une idée 100% religieuse, car seules les religions établissent que les corps matériels sont illusoires et que nous sommes tous 1.
      (et les athées matérialistes sont très très loins de piger ça, ils ne savent qu’adorer leurs corps et être pathologiquement égoistes).

      Enfin, le Christ est totalement contre l’esclavage, il est 100% non violent, donc vous mentez. Les errances de l’ancien testament étant à reprocher au Judaisme, et non au catholicisme qui a pour maitre, Jésus !

      Bref, avant de prétendre reprendre Guyénot ou Soral, vous avez du chemin à faire !


    • @Alan

      Quelle agressivité ! Il ne semble pas que ce soit nécessaire. Lorong ne fait qu’émettre un avis.

      Votre attitude est elle bien vertueuse ? N’avez vous donc aucun sens moral ? N’êtes vous pas chrétien ?


    • #1750568

      Le confucianisme est un dérivé de taoïsme et bouddhisme, je peux te dire qu’il il y a de la religion et spiritualité dans cette philosophie... Nul civilisation ne peut naitre et survivre sans influences religieuse et/ou spirituelle...


    • #1750578

      Je ne crois pas en dieu ni ne suis à fortiori catholique. J’ai pourtant énormément apprécié cet article. Je n’ai vraiment pas besoin d’être croyant pour approuver grandement l’idée que le catholicisme ait été un cadre morale qu’il fallait anéantir pour y substituer un relativisme entièrement permissif si convenable au fonctionnement du bon et doux commerce. De plus je suis bien conscient que les gens qui ne croient véritablement pas en dieu sont une minorité. Et parmi ceux qui prétendent en être, je m’aperçois souvent qu’ils n’en sont pas. Ils croient en une quelconque transcendance qu’ils ne sauraient définir. Pour cette raison l’idée d’amarrer la morale à un « culte civique » de l’Être suprême me parait parfaitement démocratique. Et je pense que même les incrédules comme moi y trouveraient bien plus leur compte que dans la société atrocement permissive d’aujourd’hui.

      Et pour ton exemple de « règle d’or » tu aurais pu en bon raisonneur dont l’objectivité n’est pas bridé par la croyance faire un parallèle avec l’article de Laurent Guyénot et de la même manière voir son pendant « oeuil pour oeil dent pour dent » comme un cadre trop rigide auquel il était difficile même au puissant de formuler un discours échappatoire le cas échéant. Il a été bon pour les dominants de substituer au Code d’Hammourabi un relativisme légal qui permette au puissant de s’en sortir cependant que les humbles demeurent punissable à merci.

      La proposition de proclamation théiste de Laurent est bien plus sympathique que le « laïcisme » d’aujourd’hui. On en finirait avec les divisions religieuses qui sont « les ruses [corruptrices] de Satan ».

      J’ajoute aussi que l’idée d’ « un grand Être, qui veille sur l’innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant, est toute populaire » correspond à mon opinion sur l’invention de dieu. Dieu est la réponse touchante des opprimés aux oppresseurs et souvent la seule possibilité de continuer son chemin malgré tout.

      Autrement dit l’idée d’athéisme est parfaitement anti-démocratique et une religion civile neutre me parait une proposition démocratique satisfaisante pour tous les partis. Y compris pour les incrédules invétérés de mon espèce.

      Pour ce qui est de la raison contre la superstition je trouve que l’article de Laurent est un des plus raisonnable qu’il m’ait été donné de lire.


    • "J’ajoute aussi que l’idée d’ « un grand Être, qui veille sur l’innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant, est toute populaire » correspond à mon opinion sur l’invention de dieu. Dieu est la réponse touchante des opprimés aux oppresseurs et souvent la seule possibilité de continuer son chemin malgré tout."

      Oui, c’est une des raisons qui poussent certaines personnes à croire. "Heureux les affamés et assoiffés de justice car ils seront rassasiés." C’est cette idée selon laquelle il y a une autre vie après la vie terrestre et que, dans cette nouvelle vie, tout sera réparé.Ceux qui ont fait du mal seront punis et feront acte de contrition, ceux qui ont souffert seront les premiers.

      Cette idée gentillette rassure les opprimés et leurs permet bien souvent de supporter leurs vies en "anesthésiant" leurs peines. Ce n’est pas pour rien que Marx disait que la religion est l’opium du peuple.

      Cette idée très naïve est à oublier car elle casse l’envie de se révolter. Les salauds, si ils ne sont pas punis dans cette vie ; ils ne le seront jamais...


    • Herold,

      D’abord, le post agressif et faux est celui de Lorong, qui ne fait pas "qu’émettre un avis", mais qui tente de faire sa propagande athée ici. Et vous ne le défendez stupidement que parce que vous avez la même pensée, gros malin !

      Ensuite, ce que vous dites est débile, et ne concerne que quelques personnes, je suis croyant et je ne compte pas que les fautes se règleront une par une dans l’au delà.
      Il y a certes un monde spirituel des défunts, où les morts ayant fauté restent à souffrir dans leur bassesse de pensée, mais on ne va pas détailler ça ici, car vous n’y comprendrez rien, étant intoxiqué par votre gauchisme marxien complètement idiot.

      Enfin, c’est quand on établit une morale (venant de la religion, et jamais des athées) qu’on punit les coupables et les criminels, sur la base de la dite morale, on n’attend donc pas la mort et l’enfer, comme vous le supposez bêtement. Aucune civilisation religieuse n’attend la mort, vous inventez donc n’importe quoi.
      Faudra revoir votre ignorance métaphysique, qui est énorme.


    • #1750794

      @Alan

      "Faudra revoir votre ignorance métaphysique, qui est énorme."

      Pourquoi, la vôtre serait plus intelligente parce que soutenue par un tas de courant de pensées qui vous a donné l’illusion d’être plus prêt d’une certaine vérité que les communs des mortels ? Est-ce que vous vous êtes jamais demandé que tous vos discours pourraient être du même niveau que de débattre sur le sexe des anges ? Qu’est-ce que vous entendez par ignorance métaphysique ? Il y a des tribus africaines qui ont leur propre cosmologie/ métaphysique de la vie. En quoi vos connaissances métaphysiques auraient plus de valeur que la leur ? Les Dogons, une tribu du Mali, connaissaient l’existence de certaines étoiles, notamment Sirius, bien avant qu’elles ne soient détectées par nos télescopes modernes. Tout ce que je veux dire c’est que peu m’importe vos connaissances des religions, de la métaphysique et tutti quanti. Tout ce que je sais c’est que personne nous est encore parvenu à décrire à quoi ressemblait l’au-delà.


    • "sa majesté",

      - ma métaphysique est supérieure à celle des athées ignorants car basée sur la pratique spirituelle et la vérification effective, et non sur le blablatage des idées ou des croyances. Les athées, eux, ne font que turbiner du mental, avec des opinions vides, sans vérifier quoi que ce soit.

      - la spiritualité et la métaphysique, ce n’est pas discuter du sexe des anges ! quelle idée stupide, là encore, et après vous demandez c’est quoi l’ignorance métaphysique, mouarf... Menez ascèse et vous verrez vous-même ce qu’il en est de l’âme et de l’au-delà.

      - l’ignorance métaphysique, c’est le fait d’ignorer, à cause d’un manque total de pratiques spirituelles, qu’il y a une Transcendance par rapport au monde matériel, et quels sont les détails de ce monde spirituel. (au moins, en connaitre quelques uns, au lieu de tout nier bêtement).

      - vous parlez des tribus africaines, mais c’est un argument pour moi, ça, et non pour vous, l’athée !
      OUI, les tribus africaines, les hindous, les bouddhistes, les taoistes, les indiens d’amérique, les celtes, les chamanes, etc etc, connaissent le fait spirituel et métaphysique de façon très profonde, et qui concorde parfaitement avec ce que dit le Christ.
      Donc, les seuls à ignorer toutes ces choses, sont les athées, avec leur marx à la con. CQFD !

      - et vous terminez par un mensonge honteux et bête, car l’au-delà a été très profondément décrit par :
      - la chrétienté
      - le bouddhisme
      - l’hindouisme
      - le soufisme
      - le taoisme
      - le judaisme
      - les tribus africaines
      - les indiens des amériques, sud et nord
      - les celtes
      etc etc etc, + tous les gens qui méditent, ont une ascèse qui leur donnent des expériences spirituelles concrètes.

      Comme d’hab, seuls les athées ne glandent rien, et ne vérifient rien, et parlent bêtement sans savoir, c’est bien ce que je disais.

      (où avez vous vu une seule référence de ma part à des connaissances livresques ? nulle part ! je ne parle que de pratique et d’ascèse, pas de bla bla, comme font les athées et pas mal de croyants, c’est vrai).


    • Les croyants sont apparemment incapables de distinguer valeur morale et théisme…comme si l’humanité et les sociétés étaient nées avec la religion… C’est absurde mais les croyants, spécialement sur ce site, sont dans un état de quasi-autisme leur rendant impensable l’existence d’un monde en dehors de la religion…
      Croire que toutes les valeurs morales sont nécessairement dictées par une divinité pose un problème insoluble. D’où viennent les valeurs morales dans les sociétés qui n’avaient jamais été exposé à l’un des trois monothéismes ? Si ces valeurs sont imprimées dans chacun de nous, pourquoi diable avoir besoin de prophètes ?
      Admettre que les valeurs morales ne puissent provenir que de divinités, alors cela signifie que les valeurs morales dans les sociétés polythéistes viennent de plusieurs dieux….et donc que ces différents dieux existent…
      Problème insoluble…tout simplement parce que votre position est intenable.


    • "[...] C’est absurde mais les croyants, spécialement sur ce site, sont dans un état de quasi-autisme leur rendant impensable l’existence d’un monde en dehors de la religion… "

      Mais si, mais si, réjouissez-vous, il y a le nôtre, un monde corrompu jusqu’à l’os et au bord du précipice ou tous les voyants sont au rouge.


  • Le niveau de pensée de ces gens c’est sidérant ! Mais qu’est-ce qu’on est devenu ? Je pense que les gens qui aiment la France on celle du 18ème en tête, ça doit être terrible quand ils viennent ici.

    Quand au sujet tout est résumé dans cette remarque de Robespierre : "Quel est le génie qui puisse en un instant remplacer, par ses inventions, [l’idée de Dieu] ?" Depuis Newton tout le monde sait que le surnaturel n’existe pas, il n’y a rien là haut : tout discours qui emploie le mot "Dieu" est entaché de nullité, c’est fini. Ce n’est pas parce que l’athéisme vindicatif est insupportable que ça change quoi que ce soit au fait que le surnaturel n’existe pas (perso je trouve l’athéisme déprimé de Houellebeck assez malin). Mais il n’y a rien pour remplacer le surnaturel, comme le dit Robespierre il faudrait un génie pour le faire. En fait ce génie est apparu : c’est Hegel qui a unifié la religion et la philosophie en montrant que l’essence de la pensée du Christ, la négativité, ("les derniers seront les premiers" etc. tout est comme ça chez lui) est aussi l’essence de l’être : pour résister au changement, ce qui est, ce qui persiste, est habité par le négatif et s’auto-détruit pour passer en autre chose tout en se conservant sous forme d’enveloppe logique. De façon parfaitement logique l’idéalisme dialectique de Hegel s’est dialectisé en matérialisme dialectique marxiste qui a pris le pouvoir sur les faibles, à l’est, et pu tué environ 200 millions de personnes non conformes, sans responsabilité puisque ces personnes appartenaient à des classes dans leur moment négatif d’autodestruction, (le vrai visage de Hegel c’est Pol Pot) généré réactivement le nazisme et tous les fascismes et faillit se terminer en holocauste nucléaire.

    Donc on est plus que dans la merde, perso je pense que c’est l’espèce qui est merdique, complètement inintelligente sur le plan humain.

    PS M. Guyenot m’a conseillé de lire "Julie ou la nouvelle héloise" de Rousseau. Ouuaaaah ! faut que je retransmette le conseil ici : c’est un génie ce type, immense éducateur, il y a plein de problèmatiques parfaitement actuelles sur ER, ce qu’il dit sur l’éducation des gosses vous pouvez le mettre en oeuvre immédiatement pour les votres. Le niveau des relations humaines dans le bouquin c’est extra-terrestre par rapport à ce qu’on a mainenant, tu te demandes si c’est pas complètement mytho : j’aimerais bien savoir si les gens étaient vraiment comme ça à l’époque ?

     

    • #1750545
      le 21/06/2017 par Atos, Portos et Aramis
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      De façon parfaitement logique l’idéalisme dialectique de Hegel s’est dialectisé en matérialisme dialectique marxiste qui a pris le pouvoir sur les faibles, à l’est, et pu tué environ 200 millions de personnes non conformes, sans responsabilité puisque ces personnes appartenaient à des classes dans leur moment négatif d’autodestruction, (le vrai visage de Hegel c’est Pol Pot) généré réactivement le nazisme et tous les fascismes et faillit se terminer en holocauste nucléaire.



      Pouvez vous développer/expliquer ce passage ? Réellement ca m’intéresse.


    • @Atos : ce serait avec plaisir mais off-topic par rapport au sujet de M. Guyenot et j’ai ça en horreur ! Si vous trouvez comment faire des msg privés je vous en envoie un, sinon quand mon inscription à ER sera validée je proposerai un article dans l’Atelier pour vous (si vous êtes aussi inscrit)


    • #1750712
      le 21/06/2017 par Atos, Portos et Aramis
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      Ah c’est bien dommage je ne sais pas comment faire de message privé ici. Et je n’ai pas non plus accès à l’AteliER...

      Ce n’est vraiment pas possible d’esquisser même un début d’explication en quelques phrases/paragraphes ?


    • @Atos 1/2 : OK OK et je m’excuse auprès de M. Guyenot de trasher son sujet. Ce qu’a fait Hegel c’est achever la philosophie : il a trouvé l’idée qui donne la certitude absolue, la certitude d’avoir enfin compris comment le réel fonctionne et aller beaucoup beaucoup plus loin que les diverses formes de transcendance proposées par les religions ou les écoles philosophiques. Cette certitude c’est la négativité, l’essence auto-négative de ce qui est réel. Avec ce concept Hegel peut tout expliquer et avec un niveau de profondeur inoui, même notre maître Soral est aux fraises (perso je met Hegel au delà du génie, quand j’en parle en café philo je dis : "Dieu, c’est à dire Hegel" et le pire c’est que je ne plaisante même pas : qui peut révèler la vérité du Fils à part le Père ? Là les gens me répondent qu’Il est apparu après le Fils, alors je leur signale que Dieu fait ce qu’il veut et qu’il ne peuvent surement pas lui interdire d’apparaitre après le Fils... ) Après Hegel il ne peut plus y avoir de philosophes : il y a soit des marxistes, c’est à dire des hegeliens au carré [ idéalisme dialectique(idéalisme dialectique) = matérialisme dialectique ], soit des gens qui se prennent pour des philosophes mais sont juste des gens qui ne comprennent pas Hegel (ce qui est mon cas, j’ai compris ce qu’il a fait par la bande en lisant d’autres auteurs). Il faut savoir que les immenses tueurs de l’Est, Lenine, Trotsky, Staline, Mao, Pol Pot, sont tous des marxistes fervents ; comme Soral ce sont de grands penseurs (surtout Mao, sublime dialecticien), ouverts à l’inquiétude du réel, mais qui ont trouvé dans Marx la réponse à leur questionnement, la certitude que l’Histoire a une auto-logique, un sens, qui est la dialectique de la négativité. Ces gens n’ont tué personne, le marxisme les décharge de toute responsabilité : en éliminant des catégories bourgeoise ou autres vouées par l’Histoire à disparaitre ils ont juste poussé un peu à la roue dialectique, c’est tout. Quand à Hitler, Mussolini, tous les fascismes, ce sont des domages collatéraux du marxisme : franchement qui irait voter pour des types aussi inquiétants s’il n’y avait pas la menace marxiste, c’est à dire la menace de dictature totale avec perte de la propriété, ce qui est quand même inoui ?


    • @Atos 2/2 Pourquoi j’ai dit "les faibles, à l’est" : Hegel ne peut prendre le pouvoir que sur les faibles de l’Histoire, les russes, les asiatiques car ici à l’Ouest on a trop de bouteille, on sait que c’est de la fumette allemande. La philo, comme la création de religions, c’était ouvert, crédible, entre -3000 et jusqu’à JC, après c’est du forcage, de la branlette sans érection. Et sur le fond : Hegel propose un "savoir absolu" mais sur des êtres aussi incontrolables que les êtres humains, ça ne peut passer que par un controle absolu, c’est à dire le néant, la destruction totale. Staline l’a dit d’ailleurs qu’il n’y avait plus de problème quand tout le monde était mort.

      Le vrai visage de Hegel c’est Pol Pot : la mort sans visage, automatique et totale.

      Un truc important à voir : on sait que c’est la fumette mais on ne peut pas le prouver rationnelement : personne ne peut être plus fort que Dieu. Le projet marxiste était d’unifier la planète par la dictature du prolétariat qui se serait ensuite auto-négativée en liberté absolue, liberté inscrite dans la communauté humaine totale, ce qui était la promesse hegelienne. Si le marxisme, au prix d’une quatrième guerre mondiale et de deux milliard de morts, avait unifié la planéte (Mao l’avait proposé à Staline, qui l’avait regardé comme un dingue, où l’on voit que Mao était plus profond que Staline), c’est très évident que tout ce qu’on a sous les yeux, une planète à vomir -partagée entre les manipulations des élus judéo-anglo-américains et le contentement glouton chinois- serait inimaginable : il y aurait communauté et pax hegelensis sur toute la planète. La seule chose rationnelle que j’ai trouvé contre la rationalité hegelienne, c’est dire qu’on est indigne des visées que Dieu avait pour nous, on a pas été capable d’une foi suffisamment intense pour la guerre nucléaire totale et OK on va juste crever comme des merdes, de causes que Dieu appelle "unilatérales" c’est à dire pas habitées par le négatif.


    • #1751802
      le 23/06/2017 par Atos, Portos et Aramis
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      Déjà merci d’avoir pris la peine d’essayer de me répondre.

      En suis oui je confirme qu’il faudrait mieux un mp détaillé car à la lecture de vos 2 derniers messages mes questions ce sont multipliés par 10 au lieu de trouver réponses . ^^

      Plus sérieusement si j’ai insisté c’est parce que j’ai moi même essayé de lire Hegel sans y parvenir (j’ai lâché La Raison dans l’Histoire au bout de 20 pages tellement que j’étais largué).

      Mais j’ai toujours autant envie d’approfondir. Vous dites y êtres parvenu "par la bande". Quel(s) auteur(s) "accessible(s)" me conseillerez vous pour comprendre Hegel ?


    • @Atos : je ne me souviens plus, ça fait tellement longtemps. J’étais allé à la bibliothèque municipale et j’avais pris une dizaine de bouquins. La pensée de Hegel c’est la pensée de Dieu et comme chacun sait les voies de Dieu sont impénétrables... Mon hypothèse est qu’en réalité personne ne comprend Hegel dans le texte, c’est à dire est capable de prendre n’importe quel paragraphe typique et le traduire en termes réels dans le monde. Ce que savent faire les types, j’ai testé dans les forums, c’est traduire du Hegel dans du Hegel :) Je pense qu’il a été compris à partir des notes prises dans ses cours car il devait être obligé d’abandonner la langue de Dieu pour que les étudiants puissent passer l’examen :D Normalement une sentence de Hegel c’est le réel lui-même, c’est la négavitité qui se déploie et construit le réel à l’intérieur de la phrase. Mais je pense que si on suivait pied à pied le déploiement logique on verrait qu’il triche au dernier degré, que les plans logiques du raisonnement ne collent pas.


    • #1752015
      le 23/06/2017 par Atos, Portos et Aramis
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      En gros tout Hegelien est un maître chanteur. Mes penchants me disent plutôt de me tourner vers Fichte.



    • M. Guyenot m’a conseillé de lire "Julie ou la nouvelle héloise" de Rousseau.



      "Tous les voiles du cœur ont été déchirés, disait Mme de Staël à propos de la Nouvelle Héloïse. Les anciens n’auraient jamais fait ainsi de leur âme un sujet de fictions."
      La littérature et la pensée modernes, ainsi blessées par Rousseau auront beaucoup de peine à retrouver la pureté et la rectitude qu’une intelligence tournée vers l’être connaissait autrefois.
      Le Christ a posé son regard dans les yeux de la femme adultère, et tout percé jusqu’au fond ; lui seul le pouvait sans souillure. Tout romancier lit sans vergogne dans ces pauvres yeux, et mène son lecteur au spectacle.

      Ce qui est propre à Jean-Jacques, c’est sa résignation à lui-même. Il s’accepte, et ses pires contradictions, dans la mesure où il consent à déchoir de l’état de raison, et à laisser végéter tels quels les morceaux disjoints de son âme. Sa sincérité consiste à ne jamais toucher à ce qu’on découvre en soi, de crainte d’altérer son être.

      C’est essentiellement par cette lâcheté devant le réel que s’expliquent l’abandon de ses cinq enfants, ses crises passionnelles, ruptures d’amitiés, impuissantes frénésies, le narcissisme équivoque de ses sentiments, toutes les hontes et les misères de sa vie.
      Incapable de s’imposer au réel par cet acte suprême de commandement rationnel sans lequel il n’est pas de vertu morale, ce parfait romanesque s’arrête et demeure dans le plan de l’art, de la vertu d’art, qui est complète dès qu’elle juge bien ce qu’il faut faire. Il juge donc, et ne fait pas.

      Il rêve, et il dit son rêve, et si le réel n’y correspond point, il n’y peut rien, c’est le réel qui a tort. "Il n’y a de beau que ce qui n’est pas", se plaisait-il à répéter.

      Êtes-vous en peine du gouvernement le meilleur ? C’est celui qui est destiné à des parfaits, la sainte Démocratie. Cherchez-vous une saine méthode d’éducation ? C’est l’hypocrite Éducation négative où Nature seule agit. Tout est parfait là-dedans.

      En 1765, à Strasbourg, un M. Angar se fit présenter à lui : "Vous voyez, monsieur, un homme qui élève son fils suivant les principes qu’il a eu le bonheur de puiser dans votre Emile. -Tant pis, monsieur, lui répond-il, tant pis pour vous et votre fils !"

      C’est à une abominable sensiblerie, parodie infernale du christianisme, et à toutes les maladies qui s’ensuivent, qu’il va lui-même et qu’il mène la pensée moderne.

      Extraits de "Trois Réformateurs", de Jacques Maritain.


    • @ole jje me souviens vaguement que Dieu explique que l’Art réel, en osmose avec l’être, disparait avec les Grecs. Donc ça fait beaucoup plus longtemps que ça qu’on est dans l’art putassier mais c’est vrai que l’extrait que vous proposez montre qu’il y a une grosse marche avec Rousseau. Ce qu’il faut remarquer c’est que son auteur J. Maritain est lui à 100% dans le jugement sans l’esquisse d’une ombre de solution, donc je préfère rester avec ma boite de kleenex et Rousseau :D

      Le fond du problème, la causalité réelle, c’est que le Christ nous a enfermé dans l’hystérie orientale hébraïque et que Hegel est venu souder hermétiquement le couvercle.


  • #1750375

    Comment concilier ça avec les propos d’Alain Soral sur le catholicisme qui devrait être la religion d’état en France ?

     

    • Religion d’état ? Et que cela signifierait pour vous ? Comment cela se traduirait dans la vie de tous les jours des Français ?

      En tout cas, cela n’a strictement aucune chance d’arriver. La plupart des Français sont athée, agnostique ou assimilé. Les catholiques sont, aujourd’hui, très minoritaires.


  • Beaucoup de liens entre Robespierre et l’oecumenisme que recherche l’islam, religion du maître de l’univers, créateur de la nature et des hommes

     

  • #1750549
    le 21/06/2017 par Atos, Portos et Aramis
    Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

    Excellent texte de Laurent Guyénot. Merci

    Au passage rappelons que Robespierre fut le premier homme politique français a proclamer l’abolition de l’esclavage des noirs.

    (Avant que Napoléon ne le rétablisse).


  • La vraie question à se poser afin d’avoir les réponses à toutes les questions qui empêchent l’humain de société d’à nouveau faire avancer sa barque dans le sens du courant de la Vertu d’Humanité : Qu’est-ce que la Loi naturelle ?

     

    • #1752559
      le 24/06/2017 par Francois Desvignes
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      Ce sont les lois qui régissent la nature, TOUTES contenues dans les Dix commandements.


    • Les dix commandements sont de l’ordre philosophique et de plus employés au négatif... ce qui veut dire, puisque Dieu n’emploie jamais le négatif, que ces lois ont été inventées par les masculins de l’époque.
      Les lois de nature sont donc à extraire de l’observation de la nature que cela soit terrestre ou universel. Comme l’humain doit s’inclure dans cette nature, il va s’approprier les lois du Vivant comme source de son chemin authentique pour se réaliser.
      Les soi-disant lois légiférées par la politique ne sont que des réglements en vue de contraindre : il est nécessaire de rester dans les clous...


  • #1750686

    "Robespierre plaçait son action dans le même processus historique que les évêques chrétiens des premiers siècles qui superposèrent Noël et la Saint-Jean sur les fêtes païennes des solstices." Les romains célébraient les saturnales du 17 au 23 décembre jusqu’en 27 après Jésus-Christ. Et le Dies natalis solis invicti fut créée en 274 par l’empereur Aurélien. Entre temps il y a eu 10 à 14 millions de martyrs du Ier au IVème siècle, par conséquent, la première célébration de Noël connu ne date que de 336. Elle était très certainement fêté puisque dans l’évangile de Saint Luc le texte précise que c’est au " sixième mois " (verset 26) de la conception de Jean que l’ange Gabriel apparaissait à son tour à la Vierge Marie et l’informait qu’elle aurait un fils, Jésus. De plus, Hérode le Grand est mort après 34 ans de règne, peu de temps après une éclipse de lune, juste avant la fête de Pâque. De quelle année ? Il se trouve qu’une éclipse survint le soir du 29 décembre de l’an 1 avant Jésus-Christ, trois mois avant la Pâque de l’an 1 après Jésus-Christ. Des Apôtres jusqu’aux chrétiens du IVème siècle, il est très raisonnable de penser que malgré les persécutions, Noël était célébrée en souterrain.
    -"L’idée de l’Être-Suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice ; elle est donc sociale et républicaine. (On applaudit.)"
    -"Rappeler les hommes au culte de l’Être-Suprême, c’est porter le coup mortel au fanatisme. Toutes les fictions disparaissent devant la vérité, et toutes les folies tombent devant la raison. Sans contrainte, sans persécution, toutes les sectes doivent se confondre d’elles-mêmes dans la religion universelle de la nature. (On applaudit.)
    -Et d’ailleurs, qu’y a-t-il entre les prêtres et Dieu ? Les prêtres sont à la morale ce que les charlatans sont à la médecine. (Nouveaux applaudissements.) Combien le Dieu de la nature est différent du dieu des prêtres ! (Les applaudissements continuent.)
    On dirait du Zemmour ou du Mélenchon, Robespierre né Rubinstein est issue d’une famille ashkénaze allemande et initié à la rose-croix autant vous dire qu’il aime la France selon des dogmes bien connu de nous. Aussi, il est de notoriété publique que les robespierristes étaient copieusement subventionnés par les anglais. Cette déification de l’homme a été l’avant-dernière étape avant l’aliénation finale d’aujourd’hui.Quelle diabolique masturbation intellectuelle d’alors.

     

    • #1750727

      On dirait même du Bergoglio. Très moderne ce Rubinstein... Mais qu’est-ce qu’on peut nous dindonner avec ce naturalisme et cet humanisme issue du peuple déicide et déifiée et de leurs amis protestants. Deux siècles de purge même cinq depuis la renaissance et Luther. De dépravation et de pêchés bien humain. Certains disent : si quelqu’un avait empoisonné Martin Luther tant qu’il était encore temps, on en aurait sauvé naturellement et surnaturellement des millions et et des millions. Mais avec des si...


  • #1751019

    @Alan

    " ma métaphysique est supérieure à celle des athées ignorants car basée sur la pratique spirituelle "

    Sache que la plupart des gens ne sont pas athées et prêt à reconnaître qu’il y a bien une force qui nous gouverne, nous dépasse qu’on est incapable d’appréhender. Sans plus. Le seul truc c’est que ces gens là dont j’en fait partie sans branle parce que trop accaparé par la réalité de tous les jours. Il y a des gens qui travaillent, ont des enfants à élever, des factures à payer,...Tu vois ? Donc ces athées ne seraient pas forcément ignorant comme tu le prétends.

    En ce qui concerne tes expériences spirituelles concrètes.

    Là aussi, je m’en branle. Nous connaissons tous des expériences spirituelles concrètes. Il n’y a pas de méthode défini pour y accéder et ces expériences sont pour chacun de nous différentes. Que les exaltés qui croient que leur expérience serait unique ont ce besoin irrépressible d’aller partager (convertir) leur enthousiasme avec les autres, comme les gurus par exemple. Quand je parlais de l’au-delà, jusqu’au dernière nouvelle je n’ai jamais entendu quelqu’un qui soit revenu de là pour nous décrire comment y serait la vie. Les musulmans nous parlent des 70 vierges auquel tout bon musulman aurait droit (et les femmes ?) mais là aussi nous n’avons aucune preuve concrète que ce serait bien le cas. Y a un documentaire qui devrait t’intéresser au sujet des gens qui partent en Inde afin d’approfondir leurs connaissances spirituelles et de s’y consacrer à la méditation. En cours de chemin, ils ont tout perdu. Je crois que parmi ces clowns, tu devrais t’y reconnaître :

    https://www.youtube.com/watch?v=5i6... (Gods of the new age)

     

    • "je n’ai jamais entendu quelqu’un qui soit revenu de là pour nous décrire comment y serait la vie."

      Quand on veut pas on veut pas ! Personne n’est obligé d’y croire, mais tout de même, tous chercheurs honnêtes sur ces questions iraient au moins écouter et voir (sur youtube par ex) les témoignages de ceux ayant vécu une NDE. Ces témoignages sont innombrables, dans toutes les cultures, de l’antiquité à nos jours. Y compris par des membres imminents du corps médical


  • M. Guyénot dénonce à juste titre Yahvé (dans d’autres articles), mais encense... Robespierre ! Or, ce co-auteur du populicide français est un pur produit de l’hérésie protestante (bien qu’il ne fût pas protestant) qui est apparue au XVIe siècle et qui a causé des millions de morts en Europe. M. Guyénot ferait bien de visionner cette conférence de l’abbé Billecocq sur le protestantisme et ses conséquences sur l’ordre politique : http://www.medias-presse.info/le-pr...

    Un débat entre Marion Sigaut et Laurent Guyénot dessillerait les yeux de nombre d’entre vous. Rappelez-vous qu’elle l’a déjà affronté lorsqu’il promouvait le récentisme, cette hérésie profane. Robespierre était l’ennemi de Notre Seigneur Jésus-Christ.

     

    • On finirait par se sentir à l’étroit à ER. La ligne ressemble de plus en plus au retour aux années 60.

      Après le retour de l’étalon-or et des manufactures, le respect de l’histoire de France (pourtant amplement une création républicaine, mais avant 1945 les historiens disaient apparemment la vérité), voici la catéchèse pour tous.

      La Bible et les églises sont remplies de symbolique alchimique, de références astronomiques et même de références aux expériences avec les champignons enthéogènes. Ceci est prouvé par des dizaines de livres, il va bien falloir s’y intéresser.
      Les cartes de France du 16ème siècle mentionnent seulement la Gaule de Jules César, c’est un fait vérifiable sur gallica.


    • #1752570
      le 24/06/2017 par Francois Desvignes
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      @Mike

      Vous ne prouvez rien et vous ne répondez pas.

      Vous ne prouvez rien : si Dieu est Dieu il est antérieur et supérieur à la science qu’Il a créé et les références scientifiques (donc exactes) contenues dans nos édifices religieux prouvent seulement la Véracité de notre religion, et en négatif le paganisme des autres.

      Vous ne répondez pas à la question : "Robespierre est l’enenmi de Notre Seigneur Jesus-Christ." Si vous y aviez répondu vous auriez relévé que dans le catholicisme, on ne prouve sa foi que par ses actes, (Jacques 2) et qu’il n’en est in fine que de deux sortes : ceux qui donnent la Vie et ceux qui la prennent.

      Sous ses sophismes, Robespierre en a beaucoup pris.

      Et donc, oui, cette summa divisio nous interesse soit qu’on y croit en tant que catholique soit qu’on cherche la vérité en tant que lecteur d’E&R

      Ce sont vos sarcasmes qui n’ont rien à faire ici


  • Bravo pour cet article remarquable et tout à fait juste.


  • #1751049
    le 22/06/2017 par Heureux qui, comme Ulysse...
    Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

    Monsieur Guyénot choisit décidément très bien les sujets qu’il traite. Il faut dire qu’en tant que spécialiste de toutes les périodes de notre histoire (moi qui le croyais seulement médiéviste, là, je m’incline) il va dénicher tout ce qui peut être le plus anti-France pour en faire l’éloge dans les colonnes d’E&R, belle performance !
    Robespierre, ce type qui est en réalité la quintessence du totalitarisme surpassant en abjection le plus usurier et le plus libéral des capitalistes, celui qui produit le mal en prétendant vouloir le bien. Avec lui, point de corrupteur ni de corrompu, le plus vil matérialiste agit au moins par intérêt ; Avec Robespierre, nous sommes face à de l’idéologie pure.
    Déconnecté totalement de toute réalité, il n’assumait même pas les conséquences de son "œuvre" et fermait ses fenêtres pour ne pas voir passer les tombereaux de condamnés que l’on conduisait à l’échafaud !
    Même les femmes, il ne les a jamais étreintes !
    Son "peuple" à lui vivait dans les fantasmes du psychopathe qu’il était et jamais, au grand jamais, il ne le côtoiera !
    Ses concepts foireux et complètement hors-sol en font le Macron (je vous l’accorde, le style était bien plus ampoulé) de son temps, faut dire qu’il fallait créer un homme nouveau... Mais quand il s’agissait d’expliciter les choses, là, il n’y avait plus personne !
    Du passé faisons table rase, comme c’est bô(bo) ! La tradition c’est caca -voir le sujet du bac’ philo de cette année-, comme nous le savons tous (assertion creuse basée sur rien, robespierrienne quoi), tout édifice ne reposant sur aucune fondation est destiné à durer, vive l’inversion !
    On finira par se convaincre du grand démocrate qu’il était en relisant ses déclarations au procès (truqué) de Louis XVI, un festival d’invectives et de menaces de mort à l’endroit de ceux qui auraient pu le contester dans sa volonté d’assassiner le Roi.
    A tous les religieux de l’athéisme (il s’agit bien d’une religion, désolé), je dis aussi qu’à moins de jouer au Loto avec la certitude de gagner, leur posture est bel et bien d’une indigence intellectuelle crasse car, jusqu’à preuve du contraire (vive l’inversion, toujours), ce n’est pas l’existence de Dieu qui fait figure d’hypothèse mais sa non-existence ! C’est la raison qui l’impose... Et pour enfoncer le clou, le doute est aussi au cœur du projet chrétien, il devrait même être le moteur de nos existences. Que cet homme -mesure de lui-même- tant loué par les matérialistes vienne me prouver que j’ai tort.

     

    • #1751077
      le 22/06/2017 par Philippot, vite !
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      As-tu lu l’article ?


    • #1751126

      Certes, M.Guyénot est apparemment anti-catholique et sort toutes les calomnies bien connus, comme la fête d’origine païenne de Noël, l’inquisition, la St Barthélémy etc... Il les fera sûrement tous, mais comme tout le monde finalement. Le monde entier est anti-catholique et toute la propagande oecuméniste et franc-maçonne ne dessert que la vraie religion forcement, les autres en seront toujours favorables. Là, c’est plus pour nous montrer la démence du bonhomme, comme disait le Général Charette : " Il est vieux comme le diable, ce monde nouveau qu’ils nous vendent ", c’est pour cela qu’ils diffusent ces discours. Comme je disais, on dirait du Bergoglio ou du Hollande. Avec l’être-suprême on retrouve même une influence hindouiste du nouvel âge et de la société théosophique, mais cette divinisation de l’homme et de la nature existait déjà à l’antiquité, la renaissance n’a fait que reprendre ces thèmes. Et l’on retrouve le ton kabbaliste du peuple déifié dont il est originaire. C’est pour cette raison que ce billet est très intéressant, mais c’est vrai qu’il faut faire l’effort de subir les remarques et calomnies anti-catholiques, mais elles existeront toujours. Satan ne déteste que la sainte église, les autres sont ces oeuvres pour détourner les hommes. Il faut s’habituer et serrer les dents, ça ne peut pas être autrement.


    • #1751255
      le 22/06/2017 par Heureux qui, comme Ulysse...
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      @ Philippot, vite !

      Oui, effectivement, c’est parce que j’ai lu ce fatras indescriptible sans queue ni tête et qu’on ne pourrait proprement démolir en 2500 caractères que j’envoie au fil de l’eau toutes ces vérités sans pouvoir leur donner une cohérence apparente.
      Rien que celle-là “Le 8 juin, il présidait à une grande fête nationale dédiée au Créateur, qui fut suivie avec enthousiasme à Paris et en province." constitue déjà une perle ! Croyez-vous que tous ceux qui furent obligés à participer à cette mascarade seraient du même avis ?
      Maintenant, si vous en voulez plus, lisez Paul et Pierrette Girault de Coursac, vous saurez qui était Robespierre !
      Marre de devoir en permanence affronter des imposteurs et ignorants qui ne savent rien ni de notre nation ni de sa nature profonde mais prétendent être légitimes pour nous en parler. Je me contrefiche de leurs états d’âme et de tout le psychologisme propre aux "adulescents" qu’ils sont en réalité. Si notre espèce a engendré bon nombre de tarés, le rôle des lucides n’est pas d’expliquer le cheminement qui les a mis dans cet état mais bien de permettre à chacun de les identifier par le prisme du réel. Robespierre me fait penser à ces mathématiciens contemporains qui n’utilisent pas leur science pour modéliser le réel mais tentent de faire entrer le réel dans leurs abstractions ! Du pur délire en fait, une inversion qui démontre seulement que la question gnoséologique n’est pas comprise car oui, sur le papier, toutes les grandes idées jugées humanistes de Robespierre se tiennent... Mais sur le papier seulement.
      Amusez-vous autant que vous voudrez (par coquetterie ou indigence intellectuelle) avec ceux qui affirment qu’un mathématicien juif ukrainien a raison de faire disparaître la période qui constitue pour nous un apogée spirituel, je n’ai pour ma part pas de temps à consacrer à ces conneries.


    • #1751468

      @Heureux qui, comme Ulysse..

      Respect total pour votre point de vue. Vous me prenez vraiment au dépourvu par la pertinence de votre argumentation. Tout est dit. Chapeau !


  • #1751078
    le 22/06/2017 par Philippot, vite !
    Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

    Très bon ! Un article qui fera date, tant il reste d’actualité.


  • #1751873

    Croire que seule la connaissance permet à l’homme de se survivre à lui-même tout en admettant que les forces du mal agissent pour aveugler le quidam conduit inévitablement à accepter (et donc provoquer) la fin de l’espèce humaine.
    Sans une transcendance vécue dans la chaire par une pratique à minima, il me parait illusoire d’imaginer que la foi en ce qui nous dépasse puisse perdurer.
    Un modèle commun dont découlerait une pratique discrète de dogmes encadrés dans un nombre fini de pratiques "religieuses", serait le bienvenue pour réduire les risques d’un conflit lié aux surenchères communautaristes. Bonne chance à ceux qui le théoriseront pour qu’il soit accepté de tous.
    Pour l’heure les esprits ne sont ni assez apaisés ni assez costauds pour ne pas y voir la main du malin. Où celle de conspirateurs bassement humains.


  • Voilà une tentative de réhabilitation de Robespierre. Il a cherché comme tous, mais de façon bien plus honnête, à ménager la chèvre et le chou, qui a conduit le monde à ce qu’il est aujourd’hui : un immense foutoir où les pires contradictions se côtoient sous une énorme couche d’hypocrisie, ou carrément par manque de courage. Par contre, il a raison dans le sens où l’humanité est par essence spirituelle, donc son redressement ne se fera que par un retour réel de cette spiritualité. Mais cela ne se fera pas avant 1 ou 2 catastrophes ’humanitaires’, car oui, quand je vois l’état du monde, je me dis qu’il y a de quoi être pessimiste.


  • La non-croyance des uns doit-elle être l’insécurité de tous ?

     

    • #1753681
      le 25/06/2017 par L’Incorruptible
      Religion, laïcité, théisme : le vrai débat français

      L’universel est-il absolu ou relatif ? Statique ou dynamique ? Si tout est un, pourquoi nous faire suer avec le un, uniquement, quand on peut s’extasier de tout, totalement, pour finir par trouver l’universel et tendre à ne faire qu’un ?
      .
      Votre croyance en un monde meilleur après la mort n’alimente-t-elle pas l’Armée du Mordor ?
      Ces esclaves aliénés qui demandent du travail ou lieu de l’émancipation ... Il n’y a qu’une vie, qu’un monde, et ce sont ceux-là dans lesquels nous devons tout faire.


    • Pourquoi le monde serait-il forcément meilleurs après la mort ?
      Chacun est libre d’aller ou il veut. Tout existe. Pour le pire et le meilleurs n’appartenons nous pas, par notre filiation, à l’infini et à l’éternité, au moins pour ceux qui savent encore écouté le cœur et l’intuition. Donc, oui, libre à toi de visiter l’ombre ou la lumière, et si il y a un Dieu ou un grand Esprit ou encore un Père* du sein duquel tout est sorti et auquel personnellement mon instinct et mon intuition croient* alors sachez que celui-ci ne puni jamais, en réalité, après cette vie, chacun va là ou son cœur l’emporte, en résonance avec ses œuvres, rien de plus, rien de moins. Eh oui, nous sommes entièrement libre, quoique en PARTIE conditionné par notre karma. La liberté ! Le plus beaux des cadeau mais aussi le plus terrible que le Père nous ai donné.

      * Un Père. En réalité la source n’a pas de genre, elle transcende les opposées. Elle n’est père ici que par rapport à nous. Elle est le pôle radiant, émetteur, alors que nous, nous sommes la polarité réceptrice.
      *’j’ai la foi, du latin fides = avoir confiance, se fier... en la vie. En voici d’autres déclinaisons : être fier = avoir confiance en soi. Fidèle... etc


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