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Tir de missile : la Corée du Nord teste la nouvelle administration sud-coréenne

Le 14 mai 2017, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) a effectué un nouveau tir de missile – apparemment de moyenne portée. Plus que l’initiative elle-même (le précédent tir nord-coréen de ce type avait eu lieu il y a moins d’un mois, déjà un dimanche, le 16 avril dernier), dans un contexte marqué par les exercices de guerre américano-sud-coréens qui conduisent chaque partie à riposter, c’est le moment choisi par Pyongyang qui retient l’attention : la RPD de Corée a procédé à ce tir quelques jours seulement après l’élection et l’investiture du nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, démocrate qui privilégie le dialogue plutôt que les sanctions pour aborder les relations Nord-Sud.

Une fois encore, ce sont les Américains et les États-Unis qui ont donné leur version de la dernière initiative sud-coréenne – même si lors des précédents tirs de missiles nord-coréens, les données factuelles apportées par Washington et Séoul se sont avérées globalement fiables.

Le tir – selon toute vraisemblance celui d’un missile balistique de portée intermédiaire – a eu lieu le dimanche 14 mai 2017 à 5h27 heure locale, depuis Kusong dans la province du Pyongan du Nord, en direction de la mer de l’Est. Le missile aurait parcouru 700 km, suivant un angle de tir pratiquement vertical.

Les condamnations les plus vives sont venues, comme d’habitude, des États-Unis et du Japon. Cependant, Donald Trump est apparu plutôt isolé à ce stade lorsqu’il a évoqué la nécessité selon lui de nouvelles sanctions contre la RPD de Corée. Ferme dans sa condamnation (en déclarant que « les autorités militaires doivent rester prêtes à répondre à n’importe quelle provocation militaire de la Coré du Nord » et en mentionnant « l’accélération du processus de conception du bouclier antimissile sud-coréen Korean Air and Missile Defense (KAMD) »), le Sud-Coréen Moon Jae-in n’a pas appelé à renforcer les sanctions contre Pyongyang, tout comme d’ailleurs l’Union européenne.

La position du nouveau président démocrate de la République de Corée est conforme à celle de ses prédécesseurs démocrates de la décennie du « rayon de soleil » de dialogue avec Pyongyang (1998-2008) : discuter avec la RPDC, certes, mais tout en maintenant l’alliance militaire avec les États-Unis et en condamnant la poursuite des programmes balistique et nucléaire nord-coréens. La vraie question est de savoir si Moon Jae-in liera ce sujet et celui des relations intercoréennes (comme les administrations conservatrices de Lee Myung-bak et Park Geun-hye), ou s’il tendra à les dissocier (à l’instar de Kim Dae-jung et Roh Moo-hyun). Manifestement, le tir de missile de Pyongyang teste l’administration Moon Jae-in.

Si la Chine a également déclaré s’opposer aux violations par la Corée du Nord de ses obligations résultant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, Pékin est de longue date favorable, de concert avec la Russie, à un règlement global de la question, en dénonçant également les initiatives américano-sud-coréennes.

Par ailleurs, au moment où les différentes parties (notamment Pyongyang et Washington) ont parlé de la possibilité de renouer le dialogue sous certaines conditions (restant à préciser), il ne fait guère de doutes que tant la RPDC que les États-Unis font monter les enchères pour aborder d’éventuelles négociations dans la meilleure position possible – même si les initiatives prises de part et d’autre n’encouragent pas de retour au dialogue, tout du moins à court terme. Pour ce faire, sans doute faudra-t-il au moins attendre la fin des manœuvres militaires en cours conduites par Washington et Séoul.

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