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Un projet immobilier de plusieurs milliards menace Notre-Dame de Paris depuis 2016

D’aucuns de nos lecteurs rationnels et adeptes d’un complotisme sérieux (malheureusement bien entaché par les nombreux complotismes amateurs) se demandaient en quoi l’incendie d’un toit pouvait bien avoir quelque rapport avec la reconstruction d’un quartier, et quelles justifications tarabiscotées auraient pu faire le lien entre ces deux choses si peu liées.

La réponse est dans le présent article du site Katehon. Notons à ce propos que l’illustration de Notre-Dame avec un toit à ciel ouvert n’est pas du tout lié au projet de 2016 mais une proposition sans lendemain faite il y a quelques jours par un certain Marc Carbonare. L’article le précise en note de bas de page, mais trop discrètement, ce qui risquerait de laisser accroire que l’idée était déjà dans les projets il y a 3 ans.

Enfin, pour les plus sceptiques, une source non "conspirationniste" corrobore l’élément clé de l’article :

Le gouvernement prévoit également de se soustraire à quasiment toutes les réglementations applicables à ce type de chantier : normes encadrant la construction, celles pour la délivrance des autorisations de travaux, l’élaboration des documents de planification, l’urbanisme, la préservation du patrimoine, l’archéologie préventive, la voirie, les transports, celles définissant la commande publique et protégeant le domaine public. Enfin, les règles concernant l’évaluation environnementale et la protection de l’environnement.

Source : Le Figaro

Dont acte !

La Rédaction E&R


Et l’incendie de Notre-Dame est une véritable aubaine pour ses partisans...

 

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Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, Audrey Azoulay, ministre de la Culture, François Hollande, président de la République, Jean-Pierre Weiss, président de la Conférence, Anne Hidalgo, maire de Paris, et Dominique Perrault, architecte et membre de l’Académie des beaux-arts

 

En Décembre 2016, un projet de refonte globale de l’ile de la Cité a été présenté au président François Hollande. Ce rapport prévoit :

- 100.000 m² crées – (ayant une valeur foncière dépassant le milliard d’euros),
- La privatisation du patrimoine public (47% de foncier est détenu par le public) – (plusieurs centaines de millions d’euros),
- Monétisation du flux du premier site touristique de France – (plusieurs centaines de millions d’euros pour 15 millions de visiteurs annuels).

Comme le souligne le rapport dont vous allez lire quelques extraits, un tel projet « n’a aucune chance de voir le jour »… Cependant, depuis le drame du 15 avril au soir, où le monde entier à vu en quelques heures des poutres de 800 ans brûler comme de la paille, nous assistons à un véritable bal de coïncidences.

Avez-vous entendu parler du rapport Perrault et Bélaval ? Ce rapport a été commandé par François Hollande et Anne Hidalgo en décembre 2015. La lettre de mission dont nous produisons ici un extrait demande aux architectes Dominique Perrault (L’architecte de la BNF) et Philippe Belaval « une vision de l’île à l’horizon des vingt-cinq prochaines années ». Dans la lignée des grands projets présidentiels…

Le rapport est remis en décembre 2016 et fait les constats suivants :

- « centre névralgique au cœur de Paris – dans toutes les acceptions du terme : géographique, historique, administrative, patrimoniale, touristique, spirituelle – l’Île de la Cité ne parvient pourtant pas à incarner cette fonction de cœur battant de la ville, et encore moins de la métropole ». « L’île de la Cité n’est plus qu’un labyrinthe de citadelles administratives ».
- ce territoire insulaire de 22 hectares est le moins dense de Paris si on considère son nombre d’habitants. « Sur un millier d’habitants, à peine 300 sont des résidents permanents. Les autres sont des occupants de passage car l’effet AirBnb ici joue à plein », souligne Philippe Bélaval.
- « Notre-Dame de Paris reçoit aux alentours de 13 à 14 millions de visiteurs par an, ce qui fait par conséquent d’elle le monument le plus visité de Paris. Les tours de Notre-Dame et la Conciergerie avoisinent ou dépassent les 500 000 visiteurs annuels tandis que la Sainte Chapelle est découverte par plus d’un million de personnes chaque année ». L’architecte déplore surtout que les 14 millions de touristes qui visitent chaque année la cathédrale (non sans avoir fait la queue sur le parvis, mesures de sécurité obligent) ne soient pas véritablement accueillis.

Comprenez, ce flot humain échappe complètement à toute logique marchande… C’est moche !

- l’État est propriétaire de 57 % des espaces (notamment les locaux de la Préfecture de Police implantés dans le Palais, la Sainte-Chapelle et la Conciergerie, la Cour de cassation et la Cour d’appel) tandis que la Ville de Paris possède quant à elle 43 % du site (Principalement les juridictions du premier degré (Tribunal de Grande Instance et Cour d’Assises).
- « l’emplacement stratégique et la rareté des fonciers de l’île permettent d’envisager des projets uniques et ambitieux, capables de contenter si bien le privé que la personne publique ».

Aussi, les deux architectes proposent de « créer environ 100.000 m² nouveaux ayant une valeur foncière dépassant le milliard d’euros, sans transformation radicale ». Comment ? En construisant une dizaine de couvertures de verre et d’acier au-dessus des nombreuses cours intérieures.

Parmi les 35 propositions du rapport, ils avancent notamment un projet révolutionnaire. Une gigantesque dalle transparente à la place du parvis de Notre-Dame !

En effet, le parvis de Notre Dame, long de 135 m et large de 100 m, serait recouvert d’une immense dalle de verre au-dessus de la crypte archéologique ; aux pieds de la cathédrale, un débarcadère et des plates-formes flottantes accueillant piscine, cafés, restaurants, salles de concerts ; le long de la Seine, une longue promenade végétalisée, débarrassée des voitures, reliant les pointes aval et amont de l’île ; deux nouvelles passerelles qui franchissent le fleuve ; un peu partout, des verrières, des passages couverts, des galeries souterraines, des atriums en sous-sol…

Seulement voilà, l’Île de la Cité renferme une trentaine de biens protégés au titre des monuments historiques. De plus, ce site de 22 ha est classé au patrimoine mondial de l’Unesco…

Par conséquent, comme le souligne le rapport, un tel projet « n’a aucune chance de voir le jour » :

« Par conséquent, il faudrait vraiment un événement impromptu et très "volontariste" ou "inattendu et improbable" pour que des travaux d’une telle ampleur puissent être autorisés dans un des sites architecturaux les plus protégés de France… »

Mais le hasard fait parfois bien les choses ! Depuis le drame du 15 avril, le gouvernement a préparé une loi d’exception pour accélérer la reconstruction de Notre-Dame. Le texte permettrait notamment de déroger au code du patrimoine. En effet, le texte, rédigé en quelques heures, proposerait de s’affranchir des procédures en vigueur en matière de monuments historiques sur un site qui n’en compte pas moins de 35... Plus inquiétant, ce projet de loi autoriserait à déroger à un certain nombre de règles, comme le Code des marchés publics.

« Concernant le nouveau parvis de Notre-Dame, Philippe Bélaval précise : "Cette proposition fera peut-être débat [Ouvrir le sol sur le devant de Notre-Dame ne peut manquer également d’interroger sensiblement son assise…], mais nous sommes prêts à répondre aux éventuels détracteurs. En sous-sol, les millions de visiteurs qui patientent [aujourd’hui] sous la pluie ou la canicule disposeront de services indispensables, comme des toilettes ou une bagagerie." Ou encore des commerces… »

Lire l’article entier sur katehon.com

L’inadmissible incendie, sur E&R :

 






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