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Le rockeur Hervé Forneri, alias Dick Rivers, disparaît le jour de ses 74 ans

Il avait commencé à 15 ans avec Les Chats Sauvages

Communiqué de son manager sur la page Facebook de Dick Rivers : « J’ai la grande tristesse de vous annoncer que Dick Rivers est décédé cette nuit des suites d’un cancer. Nos très affectueuses pensées à sa femme Babette, son fils Pascal et toute sa famille ». Dick Riers est mort le jour de son 74e anniversaire.

« À 15 ans, il monte avec ses copains Jean-Claude et Gérard Roboly et Jack Regard un groupe qu’ils baptiseront les Chats sauvages, dans lequel Hervé Forneri devient Dick Rivers. Après des concerts dans les cafés et les fêtes de la région, le groupe monte à Paris pour tenter de percer. » (Source : francetvinfo.fr)

La version 1961 :

 

La version 1995 :

 

Hervé Forneri, alias Dick Rivers, pourtant tombé dans la marmite du rock alors qu’il était très jeune – il a 15 ans lorsqu’il forme son premier groupe et 16 quand il sort son premier disque –, n’a pas fait la carrière d’un Johnny ou même d’un Eddy Mitchell.

 

Un peu d’histoire du rock (français)

Il aura pourtant eu une carrière, celle d’un rockeur devenu crooner, après des hauts et des bas en matière de production de disques et de tournées. Devant lui les intouchables Eddy et Johnny, tous avec des prénoms empruntés aux Américains, les dieux de l’époque, et derrière lui les Vince Taylor et autres oubliés du rock tricolore.

 

 

Un rock yéyé 100% copié au départ, avec un niveau musical, parolier et scénique à la limite de l’indécence, mais cela suffisait pour une jeunesse française qui avait envie de s’éclater et de sortir de la pénombre de l’après-guerre.

 

 

Le rock allait balayer le mouvement zazou qui était né dans les caves de Saint-Germain-des-Prés, et qui ne concernait qu’une jeunesse parisienne dorée. Il fallait quelque chose de moins jazz, de plus simple, pour les nouveaux teenagers nationaux. Ce sera le rock d’Elvis et des Beatles, péniblement traduits en français par des exploitants bien avisés.

Le démarrage de ces groupes, les Chats sauvages et les Chaussettes Noires, pourtant très amateurs, sera fulgurant. Et le mérite de leurs chanteurs respectifs, Dick & Eddy, aura été de travailler et de s’améliorer. C’est ainsi qu’Eddy Mitchel sortira un excellent EP (double 45 tours) en 1966 inspiré musicalement par la british invasion d’outre-Manche (Animals, Beatles, Stones, Kinks, Yardbirds), et avec des paroles plutôt osées pour l’époque. Disons moins connes que ce que le milieu refourguait à la jeunesse habituellement.

 

 

Dans ce milieu, dès que le succès arrive, on est tenté par une carrière solo. C’est ce que fera Dick, qui adaptera les tubes anglo-saxons, tout en glissant doucement vers un tempo moins rock, plus rythm and blues, mais celui de l’époque, c’est-à-dire la musique noire à l’origine du rock, pas la soupe « R&B » actuelle.

 

 

Dick & Elvis

Fan d’Elvis, à qui il a consacré cette chanson, Dick rencontre enfin son idole en 1969, au moment où le King tente un come back mondial (1968), après avoir lâché le rock pour le cinéma, un cinéma plutôt indigent. Le King aura préféré les filles à la musique... Mais quand on voit Ann-Margret, on peut le comprendre :

 

 

Dick arrive donc à voir Presley, pour prendre ensuite son virage country, comme tout bon rockeur qui vieillit bien.

 

 

Malgré une carrière en dents de scie, Dick continuera à sortir ses albums (30 en 58 ans), remontera sur scène de temps à autre, fera un détour par le cinéma de Mocky, et se plaindra de ses rares apparitions télévisuelles. Il en voudra à Michel Drucker – qui présente sa première émission de variétés en 1966, Tilt – de ne jamais l’avoir invité :

« Je n’existe pas pour [lui]. Il m’ignore. C’est un phénomène que je ne comprendrai jamais. Parfois, je lis dans des journaux télé que Michel Drucker consacre un “Vivement dimanche” à tel ou tel artiste. […] Mais qui en aucun cas ne méritent un tel honneur. Je me dis que je dois être la dernière merde du monde pour que jamais on ne me le propose à moi. » (Dick Rivers dans son autobiographie sortie en 2011, Mister D)

Même traitement pour Hugues Aufray qui en voudra aux patrons de Canal+ de l’avoir ignoré dans les émissions musicales de la chaîne cryptée.
Ces deux-là n’avaient décidément pas la carte...

 

Bonus : Dick Rivers en radio avec Soral !

Malgré cette discrétion médiatique, Dick Rivers reste populaire et son public ne l’oublie pas. Ce Niçois d’origine a fait de la radio sur RMC et on a retrouvé une émission de 2004 dans laquelle il partage l’antenne avec... Alain Soral.

C’était le tout début des Grandes Gueules (le 3 décembre 2004 pour être précis), RMC n’avait pas encore refait son chemin sur les autres stations, et on y pratiquait encore la libre expression. Alain Soral y était chroniqueur, mais oui !, comme Dick Rivers, une voix reconnaissable entre toutes et depuis, le casting a bien changé... Il a même carrément changé de bord, pourrait-on dire. Le trio des GG du jour est formé par Alain Marshall, Jacques Maillot et Alain Soral.

Rappelons le contexte : en 2004, deux ans après la surprise du 21 avril 2002, Soral se rapproche de Jean-Marie Le Pen dont il deviendra ensuite le conseiller officiel au Front national... Son évolution politique n’a pas l’air de scandaliser les autres permanents de l’émission. Cela changera. Alain Soral sera rapidement viré par le producteur de l’émission pour son soutien à Dieudonné (le sketch de Dieudonné chez Fogiel a eu lieu le 1er décembre 2003).

 

Une génération disparaît, sur E&R :

 






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