"OK. Donc ce monsieur qui plait bien ici à confirmer les pires psychoses des uns et des autres nous dit grosso modo que "les agences ne le déranges pas"."
Vous avez mal compris son message.
Le monde d’Olivier Delamarche, c’est celui de clients dont la fortune se situe au bas du spectre de la richesse : ils ne veulent pas perdre le fric qu’ils lui on confié, car ils comptent là dessus pour leur retraite.
A l’autre extrémité du spectre, dans l’univers des Méga-riches, il n’y a pas ce type de contrainte. Quand la BCE prête des dizaines de milliards aux banques d’affaires, c’est l’argent des contribuables qui est investi, pas celui de clients de la banque ou des banquiers eux-même. Si la banque fait faillite, le banquier ne perd pas sa chemise et les contribuables ne viendront pas frapper à sa porte.
Lorsqu’une banque d’affaire se fout de perdre l’argent des autres, qu’elle pense pouvoir emprunter indéfiniment à la BCE, et qu’elle se trouve dans un environnement commercial où ses concurents agissent comme elle, ses stratégies d’investissement diffèrent de celles qu’applique Olivier Delemarche.
Pour une telle banque d’affaire, le fric devient alors un instrument de conquête, qu’on fait couler comme le sang des soldats en premières ligne d’autrefois. Même si la banque perd ce fric à coup de milliards, cela en vaut la peine si elle conquiert une terre, un peuple, un pays.
Cette différence de point de vue entre les investisseurs est parfaitement illustrée par le discours de Delamarche, lorsqu’il dit que "les agences de notation ne font pas leur boulot".
Un gestionnaire comme Delamarche aurait besoin d’agences de notation permettant de mesuer objectivement le risque associé aux placement qu’il envisage pour ses clients. Comme elle ne font pas ce boulot, il doit le faire lui-même (et ça demande énormément de travail).
Un gestionnaire de banque d’affaire se réjouit de l’aveuglement réel ou dirigé des agences de notations, s’il est bénéfique à sa stratégie de prédation.
L’opposition que fait A. Soral entre le "patron de bistrot" et "la banque d’affaire de la city" est ici très utile. Le "patron de bistrot" c’est le client d’Olivier Delamarche (ou Olivier Delamarche lui même), qui se désole du travail des agences de notation. "La banque d’affaire de la city", c’est celle qui se réjouit des prédictions girouettes de ces agences, qui oriente le vent, et qui tente de conquérir des pays par la dette.