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Plats industriels : en manger peut nuire à la santé

C’est une sorte de "Super size me" à la française. Si aux Etats-Unis, Morgan Spurlock s’était goinfré de burgers pendant un mois (et avait pris 11 kilos au passage), en France c’est la cuisine industrielle qui a été testée.

L’émission "Pièces à conviction" a mis au régime trois de ses journalistes : l’un au bio, un autre aux plats préparés bas de gamme et un troisième à une alimentation classique, mélange de cuisine familiale et de repas tout faits. Le tout sous l’oeil du laboratoire aixois de l’Association Santé Environnement France, un réseau de 2500 médecins, mené par Patrice Halimi et Pierre Souvet.

Deux semaines après, les résultats sont édifiants : le cobaye à la cuisine "hard-discount" a pris 1,5 kilo et multiplié par trois les acides gras dans ses urines, ce qui se traduit chez l’adulte par une augmentation des risques cardio-vasculaires.

Autre augmentation notable, celle de l’acide hippurique, multipliée par quatre pour le journaliste nourri de plats préparés. Or, l’acide hippurique est le marqueur du fameux E210, un conservateur utilisé dans les sodas, pâtes à tartiner, plats tout faits, bonbons… Pas vraiment un ami puisqu’il est régulièrement mis en cause dans les atteintes du développement neurologique de l’enfant, notamment l’hyperactivité et peut provoquer des réactions de type urticaire.

Si la conclusion n’a rien d’étonnant : mieux vaut manger bio et frais que pas cher et en boîte, l’étude a le mérite de montrer que l’impact sur la santé est très rapide. Dans un sens comme dans l’autre. Et que comme souvent, ce sont les plus précaires qui en souffrent. Ce sont eux qui font leurs courses dans les enseignes hard-discount et privilégient plutôt la nourriture industrielle que les produits frais.

Pour Pierre Souvet, président de l’ASEF, la question - et la lutte - est donc avant tout sociale : "On voulait montrer qu’un changement d’alimentation avait un impact fort sur la santé. Il est donc urgent d’aider les plus précaires à accéder à une alimentation de qualité. Cela nécessité de l’éducation, de l’information et donc une vraie volonté politique".

Quand on voit la difficulté qu’ont eu les politiques à imposer le remplacement des barres chocolatées par des pommes dans les distributeurs des collèges et lycées, on se dit qu’une émission comme celle-ci n’est pas de trop pour changer la donne.