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Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

par Antoine S.

Si le progressiste est obsédé par l’avenir, le réactionnaire voue un culte au passé. La série James Bond a connu son apogée de scientisme avec l’acteur Pierce Brosnan. Gadgets improbables, cascades absurdes, technologies au centre de tout constituaient le cocktail un peu amer, à l’instar de la vodka martini, qui a fait décrocher tant de monde de la célèbre enseigne britannique.

Concurrencé par les très efficaces films sur l’espion amnésique Jason Bourne, 007 a dû revenir aux recettes anciennes afin de retrouver sa crédibilité originelle. Depuis Casino royale, Quantum of Solace et maintenant Skyfall, l’agent secret britannique a troqué les bagnoles invisibles et autres foutaises contre des kilos de muscles et son Walther PPK. La simplicité a remplacé la complexité de la technique. Le retour aux sources a été préféré à la confiance aveugle dans l’avancée scientifique.

Les James Bond incarnaient l’idéologie du progrès à merveille. Selon cette optique, se retourner équivaut à mourir à petit feu. Avec Roger Moore, James Bond était le type même de l’homme moderne. Sûr de sa domination technique, il pouvait se permettre une désinvolture et un certain mépris pour les prouesses physiques. Les blagues et la technologie ont pris le dessus sur la force morale et physique.

Dans les trois derniers épisodes de la série, on remarque un James Bond au bord du doute, à la recherche incessante de l’alliance nécessaire du corps et de l’esprit. Les méthodes simples, « à l’ancienne », sont privilégiées. Le dernier opus, Skyfall, joue parfaitement sur cette nostalgie du passé. Le MI6 a commis de nombreuses erreurs qui ont mis en danger la couverture de ses agents. Il faut donc faire appel à l’agent en bout de course Bond.

Là encore, le film va à l’encontre des codes contemporains qui déifient la jeunesse et méprise grassement la vieillesse, forcément décadente puisque n’ayant plus qu’un pied dans l’avenir. Victoire de Bond, l’ancien, sur les jeunes crétins de l’agence. Retour à l’enfance, aux racines du passé permettant seules de s’ancrer durablement dans l’avenir. C’est en puisant dans ses origines que Bond va réussir à terrasser son ennemi. Cette sanctification du passé est peut-être aussi le doux espoir britannique de rêver à nouveau à la gloire des années passée, au temps où l’Union Jack flottait sur tous les océans et continents du globe.

Le nouveau James Bond n’est plus un gamin prétentieux et insolent. Il a grandi et muri, rentrant ainsi sereinement dans l’âge adulte. Il assume clairement sa virilité à l’inverse de la promotion inquiétante et actuelle de la fiottasserie androgyne. Il n’hésite pas à recourir à la violence et à défier l’autorité contrairement aux petits kapos contemporains qui se baignent dans la compromission et dans le recours permanent à la violence indirecte.

Il a fait sienne la maxime de Buffon « Le style est l’homme même. » C’est pourquoi, on voit Daniel Craig arborant un style vestimentaire classique car indémodable. À la fin, accoutré de son Barbour, il dégaine un vieux fusil de chasse. Ce vieux chasseur qui défend sa terre ne correspond absolument pas à l’obsession moderne pour le déracinement et l’abolissement des frontières.

Au fond, James Bond trouve toujours son public parce que l’homme moderne rêve à travers lui de redevenir un homme au sens des philosophes grecs, du chevalier ou de l’honnête homme du XVIIème siècle. En clair, un homme alliant une maîtrise corporelle et morale, maniant aussi bien la force physique que la force de l’esprit et qui trouve dans la connaissance du passé la force de vivre le présent et d’affronter l’avenir.

Tout le contraire de la sensiblerie actuelle aboutissant à transformer l’homme contemporain en une demi-femme ne respectant ni les valeurs du passé, qui sont nécessairement réactionnaires, ni son corps, à travers l’apologie de l’androgynie, ni son esprit, le désir et sa satisfaction immédiate ayant remplacé tout effort de lecture et d’apprentissage du monde qui l’entoure. C’est en regardant le célèbre espion qui subit ces contraintes à sa place qu’il peut s’endormir tranquille dans les bras de Morphée à la recherche du rêve où il pourra enfin être l’homme qu’il ne sera jamais.

 



Article ancien.
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45 Commentaires

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  • #250757
    le 30/10/2012 par Hype23
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Merci pour ce texte sublime !!

    J’avais beaucoup de mal à exprimer ce que je ressentais en voyant les derniers Bond, il me sera plus facile de le faire à présent. Je comprend mieux pourquoi quelques "jeunes" autour de moi ne l’ont pas appréciés, cette génération élevé à l’iphone et au sms ne peuvent pas vraiment appréhender, ni adhérer à ce vieil agent.

    Pourtant fan absolu de la première heure de la série bond (un peu moins l’époque R. Moore et Brosnan), je doit avouer que les 3 derniers sont pour moi de loin les meilleurs.

    Encore merci ;)

     

    • #251901
      le 01/11/2012 par SKARDEUS
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      vous savez je risque d’en choquer plus qu’un avec ce que je vais dire, mais j’ai jamais été james bond, Sean Connery, Roger Moore ou Timothy Dalton ... et pire avec Pierce Brosnan en vain ! et c’est grâce à Craig Daniel que j’ai commencé à apprécier le concept Bond ... sobre, efficace, terre à terre et sans artifices, Déjà Craig Daniel a cette espèce de virilité naturelle, brute et crue qui fait que Bond a pris une autre dimension, en tout en nettement "meilleure" que celle du pathétique Brosnan !!!


  • #250769

    Bel article, mais c’est un peu oublier l’idéologie géopolitique qui est exactement la même que celle de The Dark Knight...

    Un terrorisme destructeur, fou et malade (+ technologie qui le rend d’autant plus effroyable, insaissable) qu’il faut arrêter à tout prix "dans l’ombre"... ça reste les Services Secrets atlantistes...

    Mais Daniel Craig est magnifique, oui, quand il parvient à incarner d’un même regard la virilité et la sensibilité.

     

  • #250799

    Étonnant que cet article ne mentionne pas le passage ou Bond émet un doute quand à sa probable bisexualité, lorsqu’il se retrouve face au "méchant" qui lui est homosexuel.

     

    • #250997
      le 30/10/2012 par anonyme
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      il ne faut pas oublier que James Bond c’est l’intelligence, la virilité, la classe... mais aussi l’humour ; la scene de torture de casino royale en est la preuve, et cette scene est dans la continuité on imagine mal l’agent 007 dire "casse toi sale fiot**"


    • #251158
      le 30/10/2012 par Moi, Peter Sellers
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      De toute façon t’as toujours le clin d’oeil aux gros consommateurs de loisirs (sans enfant plein d’argent) des gens de la communauté rose pale, rose fuchsia.


  • #250842

    Plusieures critiques de cinéma ont relevé ces aspects, sans faire les liens nécessaires évidemment.
    La saga James Bond constitue un sujet de décryprtage privilégié par son sujet : l’espionnage et la géo-politique. Comme souvent, quand on laisse de côté la surface (=l’image) pour bidouiller l’intérieur, on découvre un autre univers.
    Dans cette saga, pourtant, il n’est pas besoin d’aller chercher bien loin. A travers un certain patriotisme britannique, l’agent déjà ringardisé après la chute de l’ex_URSS (Goldeneye) en 1995 lutte contre tous les maîtres du monde (mondialistes vendus au plus offrant ou psychopathes) qui tirent les ficelles. Si tout cela ne vous saute pas aux yeux comme le chat de Blofeld (hein, quoi ? BLOFELD ???), James ne peut plus rien pour vous.


  • #250849
    le 30/10/2012 par Nicolas Tesla
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Une prise de conscience dans “l’inconscient collectif” ?
    Il est évident que l’homme moderne et la femme moderne ne sont plus que l’ombre d’eux-même...
    Le Jour essaye de devenir la Nuit et la Nuit le Jour, le mélange des genres actuels est plus que contre nature et n’est certainement pas le futur.
    Le "réactionnaire" n’est peut être pas toujours dans le présent, mais il est a la fois dans le passé et l’avenir, il reconstruira la Civilisation au sens noble du terme.
    NT.


  • #250859
    le 30/10/2012 par James Bond girl
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Casino royale est le premier JB de Ian fleming écrit en 1953, quantum of solace inspiré de bons baisers de paris écrit en 1960. Comment peut on dire "les trois derniers JB" ? Cinématographiquement correct mais non littérairement...

     

    • #250979
      le 30/10/2012 par THISISTHEZODIACSPEAKING
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      Elles sont pas si pinailleuses que ça d’habitude, les James Bond girls, plutôt pinées...
      Allez, une étude "gender" de la James Bond Girl... rien que l’appelation..
      Les symboles cachés dans les James Bond... c’est toi Bouvard ? Pécuchet ?


  • #250916
    le 30/10/2012 par THISISTHEZODIACSPEAKING
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    La "fiotasserie androgyne", éh bien, je me suis rendu à la banque récemment, et j’ai été frappé par l’apparence des employés "hommes", c’est assez ça effectivement, et parmi les clients, aussi. C’est à dire qu’il y avait une file d’attente, et j’ai eu le temps d’observer, n’étant pas employé dans un "bureau", c’est un univers auquel je n’avais jamais fait attention. Mais j’avais très envie de demander à la petite qui m’a servi au guichet ce qu’elle en pensait... Je crois que les femmes hétéros en ont un peu marre malgré tout...
    Pour en revenir à Bond, Daniel Craig a beaucoup moins de prestance que Mads Mikkelsen, dans Casino Royale, à la table de poker. On s’en fout, mon préféré demeure Charles Bronson !! qui n’a jamais Bondé !!!

     

    • #251056
      le 30/10/2012 par Piri Reis
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      « Je crois que les femmes hétéros en ont un peu marre malgré tout. »
      Qu’est ce que tu en sais ?Peut être aiment t elles ces hommes aux physiques qui correspondent à l’air du temps et aux revues de beauté ?
      Ps : je suis d’accord avec toi surCharles Bronson,c’est un grand du cinéma
      Amicalement


    • #251145
      le 30/10/2012 par THISISTHEZODIACSPEAKING
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      @ Piri Reis
      Cher Grand Amiral, je crois qu’il faut faire la distinction entre les conventions sociales, surtout dans "le monde du travail" et ce qui se passe réellement dans l’intimité des petites culottes. On peut matraquer, orienter, contraindre jusqu’à un certain point, en dernière instance, c’est le corps qui décide...
      Pour ma part, je n’ai jamais adhéré aux canons de beauté vendus aux hommes hétéros, j’ai toujours su qu’il y avait mieux ailleurs, ne serait-ce que concrètement, dans la rue... Une gourde photoshopée ne transpire pas !


  • #250965
    le 30/10/2012 par maximebossis
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Merci pour ce très bel article !

    Toujours bon pied bon oeil le James Bond ! Même si, bon, les années et les comédiens passent, aucun ne réussit à faire oublier l’irremplaçable Sean !
    Je trouve personnellement que D.Craig manque cruellement de présence et de magnétisme. Il est très peu expressif (à la Chuck Norris) et manque singulièrement de profondeur. Ce n’est que mon avis personnel....

    Un James Blond, quelle belle Connery ! :)) (D’accord je sors....)

     

  • #250972

    Je serai un peu plus optimiste que cet article concernant le dernier paragraphe : oui, en s’identifiant au héros, le spectateur oublie ses tares ; cependant, présenter un héros auquel le spectateur désire s’identifier lui permet également de l’ériger en modèle.

     

    • #251118
      le 30/10/2012 par Moi, Peter Sellers
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      En modéle inégalable c’est bien là le problème... Enfin, c’est peut être moi. Je préfère le réalisme c’est vrai. Comment croire le dépassement héroïque ou même se fixer dans l’attitude exemplaire si le modèle est si improbable ? Peut être la catharsis ? Je me demande des fois si ces héros improbables ne sont pas des anesthésiants devant l’action, le militantisme ? Bon à la fois les contes, légendes, récits héroïques, ont de nombreux héros sur-humains... Enfin, je crois que l’émulation fonctionne mieux dans le réalisme voire le naturalisme.


    • #251570
      le 31/10/2012 par Guy LuXXX
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      Dans "PUSHER III - I’m the Angel of Death", le personnage de chef mafieux local vendeur de drogue Milo, interprété par Zlatko Buric fait la cuisine. Et c’est à ce moment-là que je me suis dit : putain ! c’est cooool de faire la cuisine ! Pourtant, c’est un personnage assez peu recommandable selon la norme actuelle, bref, c’est un être humain. Depuis, je fais tout un tas de bons ptits gueuletons, pas toujours complètement réussis (j’expérimente),
      mais enfin, jamais eu de gastro, contrairement au film...


  • #251020
    le 30/10/2012 par Martin
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    C’est moi ou Daniel Craig a un petit côté Vladimir Poutine ? Il a vraiment une gueule d’agent du KGB. C’est quand même mieux que Brosnan avec son brushing, cet acteur avait vraiment une tête à claques, bien le genre à utiliser des gagdets de fillette plutôt que se battre à la loyale.


  • #251055

    J’ai vu Skyfall Dimanche dernier ... je ne savais pas trop quoi en penser ... en fait, j’avais impression d’avoir vu un film " pas mal ", mais pas un James Bond. J’étais plutôt déçu ( pourtant j’avais tenté de décrypter les messages ). Finalement, à la lecture de cet article, je comprends certaines choses ... j’irai peut être revoir le film pour me faire une opinion définitive.

    Sinon, je pense que James Bond a toujours eu un petit côté subversif ( qui trouve son apogée dans " Bons baisers de Russie ", où les occidentaux comme les soviétiques sont bernés par une association qui porte le nom de " SPECTRE " ... ah ah ! )

    J’ai également aimé les 2 opus joués par Timothy Dalton, ainsi que Casino Royale et Quantum of Solace ( ce dernier pour la subversion pour ceux qui auront remarqué ! ).

    Le plus détestable d’entre tous étant pour moi " Meurs un autre jour ", le dernier de Brosnan, où on a des gadgets délirants, une JB girl métisse etc etc ...

     

    • #251139
      le 30/10/2012 par Moi, Peter Sellers
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      Une JB girl métisse ? T’as essayé de te faire remboursé ton ticket j’espère ?
      En faite ce qui te branche c’est le nouveau James Blond ? Mieux que les bruns ?
      Je me demande si James blond en bi-sexuel ça te révolterais plus que la brunette bronzée ? Mais t’as raison va revoir le film cela t’aideras à te faire une opinion plus "définitive" sur ce que tu voit, ce que tu entends, et ce que tu comprends... voir deux fois permets aussi de voire se qu’on à louper la première fois lors des clignement des yeux (fractions de secondes).
      Ps : si tu m’as pas compris, t’es libre de me relire deux fois...


    • #251372

      L’utilité de ton commentaire ? Encore une chose que je ne comprends pas mince ...


    • #251459

      Ah et j’avais oublié ... " relire deux fois " c’est un pléonasme ... avant de donner des leçons ...


    • #251646

      @moi peter selers

      Au fil de vos commentaires je ne comprend pas pourquoi vous avez ce tic de toujours finir vos phrases par ...


  • #251063
    le 30/10/2012 par le bleuet
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    euh traditionnellement james bond c’est l’homme qui a la quarantaine grand athlétique, flegmatique, séducteur et chevaleresque avec toutefois un soupçon de mesquinerie afin de rester imprévisible.

    là je suis désolé mais avec daniel craig on a droit a terminator 007, je me rappelle plus dans quel film il fonce dans le tas avec un M249, mais ça c’est pas james bond du tout.

    pour moi le meilleur james bond reste roger moore.

     

    • #251148
      le 30/10/2012 par Moi, Peter Sellers
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      On devrais ajouter l’utilisation constante de l’ironie. Le recours à l’humour noir et au sarcasme balancé par une dose d’autodérision et ce soucis constant de l’anglais (homme réservé) qui est de ne pas offenser...


  • #251230
    le 31/10/2012 par Yannick
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    C’est marrant, à la lecture de cet article, j’ai eu envie d’aller voir le film. Je sors tout juste de la séance.
    Effectivement, Bond va chercher dans ses racines de quoi lutter contre son ennemie. Enfin, on peut voir la chose comme ça. Mais il faut bien noter qu’il survit en sacrifiant ses racines, justement. Son patrimoine, qui d’ailleurs ne lui appartient même plus car il a été vendu suite à sa disparition momentanée, est totalement détruit par le feu et les explosions. Et il faut noter aussi que s’il survit et supprime son ennemie, il échoue tout de même dans sa mission première qui est de protéger M, qui elle, ne s’en sort pas. Au fond, ça, c’est marrant que cette femme succombe dans le travail d’homme qui lui est dévolue et qu’elle a accomplit comme un homme. Et elle est remplacée par un homme qui, lui, est présenté comme un anglais viril ayant de la bouteille sur le terrain en rapport à la lutte contre l’IRA. En réalité, dans ce film, c’est justement les racines et le patrimoine qui est sacrifié ainsi que la femme dans une fonction masculine. Et le fait que la belle métisse décide de ne pas reprendre un service actif à la fin du film et se retrouve à l’entrée du bureau du nouveau patron comme secrétaire n’est pas anodin non plus. Cela enfonce le clou.
    En vérité, j’ai l’impression que dans ce Bond, tout le monde l’a dans le cul mais ne s’en rend pas compte. Et le héros lui même, de son propre aveu, ne voit pas d’inconvénient à ce qu’on lui mette bien profond de temps en temps ...

     

    • #251304

      Effectivement, 007 déclare n’avoir jamais aimé l’endroit qui l’a vu grandir.

      C’est conclure hâtivement que d’affirmer que Skyfall est une glorification des racines et du patrimoine...


    • #251352
      le 31/10/2012 par AtropoS
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      Bonjour,

      Voilà le commentaire que j’attendais. Je pense que JB comprend qu’il ne faut plus s’attacher au passé, il voit tous les symboles de sa carrière disparaître sans cilller (Skyfall, la DB 7, le siège du MI6, M). Il voit son monde s’écrouler et ses proches remplacés par des personnages homos (le méchant, Silva) ou limite fiottasse (Q). La force physique ne compte plus dans ce monde où on pousse des boutons pour controler les gens. Il attend de la modernité qu’elle soit utile et pas seulement nouvelle.

      Le monde et lui sont à un tournant et vont peut-être disparaître. Il déclare d’ailleurs que la résurrection est son hobby. Dans ce nouveau monde (brave new world, comme il dit), il n’y a plus de valeur. Il ne reste plus alors à l’homme libre que son nom, ses poings et sa renomée. La très belle jeune femme, quand à elle reste dans la maison et attend que l’homme la protège. Le monde apocalyptique de demain ne se fera qu’avec des valeurs restées en l’homme qui n’a plus possesions matérielles.


  • #251409
    le 31/10/2012 par anonyme
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Certes les James Bond de Roger Moore et autre Sean Connery sont anthologique mais si on lit les livres de Ian Fleming Daniel Craig est celui qui correspond le mieux a l’agent secret britannique. Froid, torturé, franc du collier, bref réaliste. Les trois derniers épisodes, d’après moi, sont plus fidèle aux ouvrages de Fleming, oublié les gadgets improbable et le flegme so british qui permet à 007 de se sortir des situations les plus dangereuses. J’ai adoré les films avec Sir Connery en adéquation avec son époque, comme il est dit dans le très bon texte du dessus, mais Craig a brillamment repris le flambeaux et m’a fait renouer avec cette mythique série.


  • #251623
    le 31/10/2012 par neribu
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    J’ai vu tous les j.Bond de DrNO à Skyfall... j’avoue que l’un de mes préféré est le premier avec Sir Connery.

    Je me suis retrouvé ces dernières années à préférer les méchants à JB que je trouvais de plus en plus "sophistiqué" pour ne pas dire maniéré.

    Dans le film "meurs un autre jour" avec Brosnan la scène dans le club londonien où il retrouve l’acteur Toby Stephen (le méchant) est une de mes préférées, c’est très physique, pas de coups de feu, d’explosions mais le sabre, les chutes et j’ai dailleurs trouvé que Brosnan ne faisait pas le poids face à son rival, taillé en athlète, mais bon, c’était lui le gentil.

    quant à Daniel Graig, je me suis fait la même réflexion : il aurait fait merveille comme espion du KGB...

    Malgré tout, pour avoir lu 3 ouvrages de Flemming, je trouve que c’est lui qui s’approche le plus du Bond de ses romans.


  • #251949

    Se préoccuper de la virilité dans le monde réel est certes louable, mais quand on en fait un critère systématique d’évaluation des œuvres de divertissement cela peut vite tourner à l’absurde.

    Le James Bond d’avant était là pour le fun, avec ses sites de luxe, ses filles faciles, ses gadgets improbables, ses cascades vertigineuses, ses méchants de pacotille. Le nouveau James Bond en comparaison, incarné par James Craig, est sinistre, vulgaire, dénué d’humour ou de classe, et à vrai dire il ressemble à un assassin des James Bond d’avant.

    S’il faut abandonner sa virilité et donner dans la "fiottasserie androgyne" pour s’affaler dans le canapé et se marrer devant un bon James Bond d’avant, et bien soit. Au moins lui il se tapait des filles féminines, il se foutait des règlements écolo-sanitaires et se tapait Martini et cigares allègrement.

    Donc à Daniel Craig la virilité (si on veut appeler ça la virilité), à l’ancien James Bond le sourire et la bonne humeur.


  • #252277
    le 01/11/2012 par Romain
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Merci pour cet article. Il laisse cependant penser que le nouveau JB est réactionnaire alors qu’à mon très humble avis, il n’est que le miroir de l’époque qui le produit et de ce fait dans la norme. Les films de ce type étant à la fois, c’est juste, produit de constances et de tradition (l’homme viril) mais aussi issu d’une société qui le produit (avant d’être projeté les films hollywoodiens passent par des audiences avec choix entre plusieurs scènes pour atteindre le meilleur impact commercial). Le temps de la "fiottasserie androgyne" me semble être dépassé depuis longtemps (début 2000) et les costauds bien présents, du moins dans la filmographie américaine (Casino Royale, The Shield, Fast and furious, Transporter, etc...). Mais comme disait l’autre, l’Amérique a souvent 20 ans d’avance... en attendant le retour de la roue...


  • #253754
    le 03/11/2012 par loulou
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    bof
    comme dit Soral, j’ai arrêté de donner de l’argent à Mamon (i.e Hollywood)


  • #254234

    @THISISTHEZODIACSPEAKING
    N’empêche elle a raison la p’tite dame... :)
    Si les trois derniers JB du ciméma sont en fait les premiers écrit par Ian Fleming, alors cette analyse du héros réactionnaire tombe à l’eau. Ce nouveau JB ne cherche pas à renouer avec le passé, il faut voir en lui ce qu’il était à l’époque.
    Même si on adhère au style de D. Craig, le film ne concurrence pas ceux d’aujourd’hui en matière d’espionnage, ne revient pas aux anciennes recettes, JB n’est pas revenu à la simplicité, le retour aux sources n’est pas là...
    Normal qu’il soit au bord du doute, qu’il emploi des méthodes simples, il débute dans son métier ; pas de victoire sur les jeunes de l’agence donc ; il ne peut être nostalgique de son passé, il n’en a pas ; pas plus que de style vestimentaire.
    Les codes contemporains ne sont pas défiés, à son époque le respect de la vieillesse et la tenue de la jeunesse étaient de mise.
    Pire, le nouveau JB qui n’était pas un gamin insolent et prétentieux alors l’est devenu ; n’a pas grandi mais régressé.
    "Au fond JB trouve son public" parce que ce public est lui, nostalgique et réactionnaire des valeurs de l’époque de ces trois derniers JB : honnêteté, chevalerie, honneur, morale, esprit et contrôle de soi.
    Le dernier paragraphe est cependant très juste :
    "Tout le contraire de la sensiblerie actuelle aboutissant à transformer l’homme contemporain en une demi-femme ne respectant ni les valeurs du passé, qui sont nécessairement réactionnaires, ni son corps, à travers l’apologie de l’androgynie, ni son esprit, le désir et sa satisfaction immédiate ayant remplacé tout effort de lecture et d’apprentissage du monde qui l’entoure."
    Qu’en pensez vous ? :)


  • #254665

    Ce qu’il faudrait inventer, c’est un James Bond russe, un peu inspiré par le héros des SAS, c’est à dire de vieille aristocratie russe, profondément orthodoxe, fanatiquement dévoué à la cause de la Russie éternelle incarnée par Vladimir Poutine, pour le reste, bien sûr, grand sportif, grand buveur, grand amateur de cigares, de caviar et de jolies filles (métissées ou pas, on s’en fiche, il y a de sacrées bombes dans le Caucase et au Moyen-Orient, sans compter évidemment et avant tout ses blondes compatriotes).
    Un héros auquel on pourrait s’identifier, car le service de l’axe Wall-Street-City, ça craint tout de même.


  • #256743

    N’ayant pas vu les derniers suite au dégout des épisodes avec Brosnan, je remarque que le traitement est similaire à Dark Knight et autres productions actuelles : plus froid, peu d’humour et noir, plus "réaliste" avec des détonations qui t’éclatent les oreilles comme si tu tenais le flingue toi-même, et effectivement un retour à des dispositifs meurtriers "communs" (explosifs, informatique, radio ?! etc...).

    Encore une fois, pas besoin du rayon de la mort pour mettre la nation en danger - Joker dans Dark Knight fait part de son amour pour l’essence et les allumettes en raison de leur faible coût.

    James est fatigué, et après l’échec de sa collègue, s’isole sur une ile et se laisse aller à l’alcool et à la drogue qui lui laissera des séquelles - encore une fois tristement réaliste.

    Le retranchement dans le bunker de Churchill, la capture du méchant dans une prison à "verres opaques sur commande", et son évasion par les souterrains du métro - déguisé en flic rappelent des épisodes sombres de l’histoire récente.

    Bref, si j’ai passé un bon moment en famille, j’évite depuis un moment de soutenir les productions hollywoodiennes qui sont comme calquées sur la même recette, avec en commun un méli-mélo blasant même si cela correspond quelque part à l’époque actuelle (Batman géant du complexe militaro-industriel le jour / défenseur en collant suréquipé de la veuve et de l’orphelin la nuit). En gros, la schizophrénie des états du monde.

    La morale est floue, James n’est finalement qu’un bon soldat, qui a le seul mérite si s’en est un d’obéir aux ordres de la nation.

    Et je ne supporte plus les montages "cinema chaos" comme ils disent, où les plans ne peuvent durer plus d’une seconde par peur d’endormir le spectateur soi-disant en demande d’expériences cinématographiques stroboscopiques.


  • #259652
    le 12/11/2012 par Georges Smith patton
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Excusez moi mais là je dois intervenir, dire que Roger Moore est le meilleur Bond est une abbération. Revenons au sources avec Sean Connery qui imposait le respect, image d’un homme viril et limite misogyne, dans cette période là on a eu un excellent goldfinger et James bond contre dr.no, ensuite on a eu le george lazenby qui aurait pu faire plus de James Bond. Après la catastrophe arrive avec Roger Moore qui dit sans hésister "Je ne sais pas jouer les assassin, j’ai préféré jouer avec beaucoup d’humour" c’est à ce moment là qu’on a pu caricaturer le James Bond. Je lui concède que Vivre et laissez mourir, L’homme au pistolet d’or sont potable sauf après c’est une débande générale !
    Voyant un acteur vieillissant, Dans dangereusement votre il avait presque 60 ans !.

    Ensuite on a eu Timothy Dalton qui a pu remettre un peu de dignité dans ce james Bond et surtout avec l’excellent Permis de tuer ; un film rare ou on pouvait voir james bond un peu plus expressif.

    Après ce fut le tour de Pierce Brosnan qui a réussit la transition après la chute du mur de berlin avec Goldneye sauf Demain ne meurt Jamais qui a un très bon méchant le reste on voit un acteur s’autocaricaturé avec la bousasse "Meurs un autres jours"

    Enfin Daniel Craig qui a su pour moi changer la donne en installant un autre genre de personnage. Je ne suis pas d’accord Daniel Craig n’a pas le physique d’un terminator, dans Quantum of solace (Qui est la suite de casino royale mais dont les trou scénaristique sont nombreux avec Skyfall) je peux être d’accord je n’aime pas Marc Forster adepte de la caméra Nerveuse.
    Daniel Craig est je crois un des rares acteurs qui respire la virilité, qui inspire une crainte, qui a la classe, le style de l’homme lui même,
    Mais le bleuet Daniel Craig dans les trois derniers film il n’a pas de M249

     

    • #263750
      le 17/11/2012 par joseph
      Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

      daniel craig est de loin le plus viril, mais Sean Connery est le meilleur acteur de tous !
      les James Bond des années 60 étaient bien meilleurs- à tous points de vues : Skyfall est vide du point de vue scénaristique et la mise en scène est des plus plates...oui, décidément, les années 60 respirent un classicisme et une mise en scène épurés, à la différence des Bond des années 90 et 2000 ; on a l’impression que les cinéastes actuels ne peuvent plus filmer correctement, en dépit de moyens financiers colossaux !!!


    • #265745

      Viril parce que torse-nu, usant du rasoir à la manière d’une pub Gillette, balafré, sombre et laconique ?
      Ce James Bond est une caricature symbolique de ce monde déchéant qui canonise à outrance les stéréotypes consuméristes. Daniel Craig n’a aucune classe, aucun charisme, il ne sourit jamais, froid comme du marbre, insensible.

      Votre conception de la virilité semble totalement superficielle, idéalisée.


  • #263451
    le 17/11/2012 par Stalker
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Oui, les commentaires de Yannick, IRS et Atropos vont dans le bon sens.
    Cet article révèle une compréhension totalement à l’envers du film.

    Le message du film est pourtant assez clair : il s’agit de la mort de la mère patrie, l’Angleterre (M incarne on ne peut mieux, que ce soit par son propre nom, M comme mother, ou la manière dont c’est très largement souligné symboliquement dans le film). Et c’est bien d’ailleurs le méchant qui considère effectivement M comme sa mère.

    Tout dans ce film montre bien la disparition de la nation, et la nécessité, pour qu’il y ait un renouveau ("résurrection" comme le dit James Bond après avoir expérimenter la mort), de tirer un trait sur tout ce qui nous rattache au passé : la maison familiale (James Bond la faisant lui-même sauter en déclarant que de toutes façons il ne l’a jamais aimée), les valeurs affectives accordées aux objets et nous reliant au passé (la destruction de la voiture, du fusil paternel), K remplacé par un jeune geek surdoué, Moneypenny remplacée par une métisse (on peut y voir la nécessité du métissage de la monnaie, l’Angleterre devant enfin abandonner sa livre, pour une monnaie métisse, donc mondialisée), la destruction du lieu de travail, etc etc... James Bond tire un trait sur ce qu’il était, sur ce qu’il représentait. C’est la mise à mort de son identité. Il est marrant que ce soit cet acteur au physique typiquement américain (et qui n’a plus d’aucune façon le flegme britannique) qui interprète ce nouveau James Bond... Le film n’a d’ailleurs plus rien d’anglais (perdant la touche d’humour caractéristique des James Bond), mais est bien, totalement, un film américain.

    Le message me semble très clair : l’Angleterre doit disparaître en tant que nation. Sa mort est de toute façon inévitable. Elle restera dans nos coeurs, mais il faut se faire à l’idée que c’est terminé.

    On pourra sourire quant à la touche d’extralucidité du réalisateur (très certainement inconsciente, mais révélatrice), qui confie les clés de la nouvelle "région" britannique (car de nation il n’est plus question), à un bras cassé...


  • #263468
    le 17/11/2012 par Stalker
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    PS : il semblerait d’ailleurs que le prochain James Bond sera interprété par l’acteur Idris Elba (acteur charismatique d’ailleurs). Un James Bond noir donc.


  • #268208
    le 23/11/2012 par Ypo-polemarchos
    Skyfall : James Bond, réactionnaire ?

    Pour moi depuis que j’ai vu l’acteur Daniel Craig (c’était dans le JB précisement) j’ai pensé qu’il ressemblait beaucoup à Poutine.
    Tant par son style son expression sa froideur sa manière de regarder etc.

    Au fait je n’ai pas vu le film encore mais j’ai lu un compte rendu un peu "mystique" comme pour chaque filme de JB...et il parraît que le premier méchant qu’il elimine dans le film il s’appelle Patris.
    Si c’est comme ça cela, veut dire que la première victime (devinez de qui) sera la Patrie (patris en grec)
    Après il y a tout un tableau symbolique sur le chateau qui est son lieu de naissance ne serait ce que le nom pour commencer : skyfall
    Mais tout ça c’est une autre (et longue) histoire.


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