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Critique de Notre ennemi, le capital, le dernier livre de Jean-Claude Michéa

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Article initialement publié dans l'atelier E&R

Dans son avant-propos, Michéa nous prévient que le livre est composé par agencement arborescent de textes et de remarques (références, approfondissements, exemples, précisions...). Cela semble bizarrement organisé mais les multiples points de vue (historique, philosophique, sociologique, politique...) desquels Michéa cerne « notre ennemi le capital » forment une architecture rhétorique tridimensionnelle. Ce qui permet, nous dit-il, un mode d’expression plus « dialectique ».

 

Le discours ne se déroule pas de manière linéaire mais se déploie en figure fractale, à partir de quatre questions renvoyant à seize notes (scolies) renvoyant elles-mêmes à un troisième niveau de notes complémentaires. Néanmoins, une lecture linéaire reste possible (et profitable) mais on a souvent l’impression de revenir à des thèmes déjà évoqués. Les phrases mêmes sont longues, constellées de subordonnées (entre virgules, tirets – voire tirets entre tirets (le tout entre parenthèses) –, parenthèses...).

Ceci dit, l’accès à la pensée de Michéa mérite l’effort et l’attention. Il reste un des rares « penseurs politiques » intéressants de notre pays.

Voilà pour la forme.

Quant au fond, voici.

L’auteur conduit sa réflexion à partir de Marx bien compris c’est-à-dire comme un penseur de la société moderne dans sa réalité dynamique étant, par nature progressiste, changeante, innovante. Il s’agit donc de constamment remettre à jour la critique socialiste pour comprendre au plus près les mutations idéologiques et structurelles du capitalisme. C’est ce à quoi il s’emploie en prenant acte de sa totale dilution au sein de la « gauche » (fût-elle « extrême »). En bon dialecticien, Michéa revient donc à l’origine du socialisme pour en tirer une formulation qui convienne à notre temps. Il convoque d’autres grands penseurs socialistes (Proudhon, Luxemburg, Gramsci, Orwell, Debord...) et d’autres encore, moins fondamentaux, mais qui témoignent d’une culture universitaire solide ; peut-être un peu trop solide. Il rappelle la constante opposition, interne au socialisme, entre les « pôles » libertaire et autoritaire-centralisateur (typiquement, le Français Proudhon et l’Allemand Marx). Il montre comment la société socialiste autoritaire est en somme une continuation et même la réalisation intégrale du projet moderne.

L’actuelle (fausse) opposition gauche/droite est dénoncée comme une parodie bourgeoise de l’opposition politique entre socialisme et capitalisme et un détournement « spectaculaire » de la guerre sociale réelle que « ceux d’en haut » mènent à « ceux d’en bas ». Michéa a le mérite de la clarté sur la mission de Tartuffe des mouvements gauchistes et de leur mystique particulière opportunément compatible avec le projet capitaliste. Il identifie le piège qui annihile presque instantanément toute constitution politique anticapitaliste dans la glue « sociétale » et les psaumes antifascistes. Il propose non seulement de revenir au socialisme originel mais aussi de revenir au peuple non plus comme classe révolutionnaire mais comme étant dépositaire d’une common decency, d’une morale commune, d’un bon sens commun, d’évidences communes, et qui conserve une capacité de résistance interne à la transformation des gens en individus quantifiés, hommes nouveaux de l’utopie révolutionnaire capitaliste.

La première question posée par le site Le Comptoir porte sur la pertinence des notions de peuple et de common decency après cinquante ans d’uniformisation consumériste qui ont imprimé sur les gens une marque indélébile.

Michéa rappelle la contradiction logique entre la réalité d’un monde fini et le projet d’une croissance indéfinie (inhérent au libéralisme). La « guerre quotidienne de tous contre tous » n’en est pas seulement la traduction sociale (ou plutôt antisociale) mais « constitue l’essence même du libéralisme économique ». Malgré cela, il note la persistance de « valeurs traditionnelles d’entraide et de solidarité » entre les « gens ordinaires », sans toutefois penser le peuple après sa transformation par le monde moderne, c’est-à-dire comme masse dépourvue des liens organiques qui font une société mais branchée au « système » par mille tuyaux autour desquelles la chair s’est déjà refermée.

La deuxième question est de savoir si la phase « libertaire » du libéralisme est derrière nous.

Ce à quoi il répond que l’idée même d’une sortie de crise est devenue illusoire puisque la crise (ou l’enchaînement sans cesse accéléré de crises) est en réalité le fonctionnement même du libéralisme, qu’il appelle ironiquement « siliconiste ». L’utopie révolutionnaire libérale-libertaire s’actualise dans l’abolition de toutes les limites, pensées comme essentiellement fascistes (frontières, interdits moraux...).

La troisième question s’interroge sur les raisons de l’échec de la gauche. Michéa redit l’essence progressiste de l’idéologie de la croissance. Les classes populaires « ont déjà souvent compris que le libéralisme culturel ne constituait que le corollaire “sociétal” logique du libéralisme économique ». Dès lors, la stratégie de la gauche consiste à « changer de peuple », le point de départ étant le vote des étrangers.

La quatrième question concerne la possibilité de surmonter cet échec. Réponse : « L’économie capitaliste mondiale est clairement entrée dans la phase terminale de sa crise structurelle. » Nous sommes déjà dans l’ère des catastrophes. Il ne s’agit plus tant de combattre le capitalisme que de « se soustraire à l’emprise destructrice du marché capitaliste mondial et de la bureaucratie européenne ».

La nouvelle critique du capitalisme doit prendre appui sur l’expérience des gens ordinaires, à savoir le clivage immédiatement saisissable entre « ceux d’en haut » et « ceux d’en bas ». Il réhabilite ainsi le populisme et voit dans le mouvement Podemos une intéressante tentative de construire cette alliance des gens ordinaires hors du clivage illusoire gauche/droite.

 

Critique impeccable du capitalisme, de la gauche républicaine, du socialisme autoritaire, de la collusion fatale entre ces variantes du progressisme et surtout de leur fusion dans l’idéologie libérale-libertaire, Michéa butte néanmoins sur leur principe commun : la modernité.

Il semble qu’il ne comprenne la modernité que dans son sens « axiologiquement neutre » de contemporanéité, d’histoire récente et non comme une idéologie s’opposant essentiellement à la tradition. Forcément, cette dernière notion lui échappe aussi à peu près entièrement ; c’est ce que révèle son emploi répété comme synonyme de coutume, d’usage, voire de simple habitude (jusqu’à parler de tradition libérale, alors même qu’il identifie bien son caractère moderne). Ce sont surtout les « valeurs traditionnelles » qui l’intéressent et on ne voit pas bien ce qu’il entend par là, si ce n’est ce bon sens commun qui est le concept sur lequel il s’appuie principalement. C’est aussi ce que signale l’usage fautif qu’il fait du terme de métaphysique pour parler simplement d’abstraction, voire de théologie. Symptomatique de cette incompréhension est sa vision du patriarcat et de la théocratie comme ennemis avérés des femmes et du peuple, et dont il célèbre l’abolition, sans se demander s’il n’y aurait pas un rapport avec l’augmentation des incivilités, l’explosion des « nouvelles sexualités », la mode narcissique du « développement personnel », l’inquiétant succès du « New Age » et ses billevesées occultistes... De la tradition, il ne veut que les fruits (l’entraide et la solidarité) sans l’arbre. Et s’il faut se résoudre à garder l’arbre, ce sera sans ses racines. Dommage pour une pensée radicale...

Au point où il est arrivé (une critique radicale du monde moderne), les notions floues d’Ancien Régime, de monde ancien... ne sont-elles pas insuffisantes pour comprendre vraiment ce à quoi s’oppose la modernité, à savoir justement, la transcendance, la métaphysique, la spiritualité, la hiérarchie, la société, l’homme... bref, la Tradition ?

Notre ennemi est bien le capital, mais quel est son principe idéologique ? Si le gauchisme est un masque du capital, capitalisme et socialisme ne sont-ils pas les deux faces d’un même projet moderne ? Le socialisme sans la modernité : n’est-ce pas la société traditionnelle ?

Michéa a un problème : il est féministe. Avec toutefois un argument de poids : le féminisme, dit-il, ne rentre pas dans le cadre de la défense d’une minorité du fait qu’il concerne une moitié de l’humanité. Cependant, cette lubie l’empêche de comprendre que la guerre des femmes contre les hommes n’est qu’une modalité de la guerre de tous contre tous et non la saine exigence de respect qui leur est dû (qui passe par de tout autres canaux que les performances vulgaires de quelques viragos hystériques, à poil ou en tailleur).

Il sacrifie à la coutume habituelle de la petite pique contre l’islam, au nom du droit des femmes donc, mais sans jamais le mettre en perspective en tant qu’épouvantail destiné à terroriser toute critique de la modernité ; une version « verte » du péril « jaune » et de la menace « rouge » contre « le monde libre ». Un obscur nabot forgea même le délicieux néologisme de « nazislamiste » qui est bien mieux hybridé que le trop allusif « rouge-brun ». Au lieu de cet approfondissement (politique s’entend ; on a bien compris que le domaine spirituel n’a pour lui aucune espèce d’intérêt et c’est bien son droit), Michéa renoue avec le politiquement correct en fustigeant « le retour aux formes les plus archaïques de l’asservissement des femmes (voile intégral, refus de la mixité, rejet de l’homosexualité féminine, assignation au foyer, virginité obligatoire avant le mariage, interdiction de montrer son corps à la plage, etc.) ».

D’abord, on ne voit pas ce qu’il y a d’archaïque (dans le sens où il l’entend dans ce contexte c’est-à-dire dans le sens progressiste-canal habituel) à ne pas aimer se dénuder en public (même à la plage). Cette pudeur corporelle n’est pas exclusive aux musulmanes et ne constitue aucune menace réelle pour quoi que ce soit. C’est une forme de respect singulière que de postuler que les femmes musulmanes ne sont que les femmes d’hommes musulmans et subissent forcément l’interdiction morale sans y participer. Il est indubitable que c’est le cas pour certaines d’entre elles mais il est certain aussi que d’autres ne le pensent pas ainsi. Où est le problème ? La common decency inclut-elle le nudisme obligatoire ? Les gens, en général, sont pudiques ; les musulmans aussi.

Quant au refus de la mixité, la question ne relève pas tant de l’archaïsme que des codes culturels. Comme le plus jeune frère du conte d’Andersen, Michéa a gardé quelques plumes progressistes et civilisatrices.

L’assignation des femmes au foyer est l’autre face de l’assignation des hommes au travail productif. Qu’on remette en cause ce quasi-invariant dans les sociétés traditionnelles, c’est toujours possible, mais qu’on en fasse un signe d’asservissement, au nom de l’égalité sexuelle bafouée, c’est méconnaître la nécessaire complémentarité des sexes, y compris dans l’ordre social. De plus, ce sont les bourgeoises oisives qui veulent travailler, les femmes des « gens ordinaires » (les « femmes ordinaires » ?) ont bien assez à faire chez elles (qui d’autre ? salariée ? esclave ? robot ?). Ce ne sont pas les Chiennes de gardes qui apprendront aux femmes du peuple à travailler ! Mais qu’on institue un salaire sanctionnant le travail domestique indispensable à la société et ces Chiennes crieront au pétainisme.

Il faut s’aveugler avec obstination pour ne pas voir l’évident projet capitaliste : d’abord les paysans savamment ruinés par la mécanisation, puis les femmes au nom du « droit au travail » (un comble), puis les Maghrébins ramenés à coups de pompes, puis les migrants au nom du « devoir de compassion » et du « droit d’asile »...

Pour ce qui est de l’homosexualité féminine, on ne voit pas en quoi elle constituerait une catégorie distincte de l’homosexualité en général. Or la condamnation de l’homosexualité est une autre constante non seulement de toute morale religieuse mais aussi de cette fameuse common decency dans les classes populaires. Si l’homosexualité en tant que pratique n’est pas exclusive d’une classe, la volonté de normalisation fait encore partie du projet moderne, porté par la classe bourgeoise et son hybris moral caractéristique. Une société traditionnelle peut (et devrait) s’abstenir de criminaliser ou même de tourmenter les homosexuels (les gens) mais une doctrine traditionnelle ne pourra jamais normaliser l’homosexualité. Nous sommes plutôt dans un renversement : c’est le discours normatif qui est criminalisé (et pas seulement les actes « homophobes »), tombant dans la grande marmite de « la haine » et la « phobie ».

Décidément, le féminisme de Michéa le fait butter sur une difficulté logique. Ce qu’il reproche ici aux musulmans (mais en fait à tous les tenants d’une morale traditionnelle) c’est de n’être pas assez modernes. Aporie.

D’autre part, mais c’est l’autre face de la même médaille, il néglige avec insistance le rôle de l’épouvantail antisémite dans la culpabilisation et la répression du peuple, rôle au moins aussi important que le racisme ordinaire (celui, moins grave, qui concerne les goys entre eux – sinon pourquoi distinguer racisme et antisémitisme ?). D’autant qu’il consacre tout une scolie (la n°K) à l’affaire Dreyfus comme point de départ de la fusion-acquisition du socialisme par la gauche républicaine ; le point d’arrivée se faisant « dans le cadre de la montée du fascisme des années 1930 »... On se demande d’ailleurs quel est le sens réel du « trouble » de Michéa lorsqu’il signale un obscur fonctionnaire de police vaguement anthropologue et « résolument moderne » (comme on dit sur France Culture pour dire « sans queue ni tête »). Citons Michéa citant Amselle (une « mise en abyme » comme on dit sur France Culture) :

« “Davantage que l’antisémitisme et l’islamophobie, me paraissent donc plus néfastes encore leurs figures symétriques et inverses : le philosémitisme et l’islamophilie.” Le fait que pour Jean-Loup Amselle l’antisémitisme soit ainsi moins “néfaste” que le souci de protéger les communautés juives ou l’intérêt de leur culture spécifique explique sans doute, au passage, l’incroyable popularité dont il jouit désormais dans une grande partie de l’extrême gauche française. »

Serait-ce à insinuer que l’extrême gauche française est minée par un antisémitisme latent (parfois dénommé antisionisme) n’attendant que M. Amselle pour s’exprimer ? Et peut-être donner quelques gages de conformité dans sa pensée non conformiste ? Sûrement afin qu’elle reste audible... Dans cette merveilleuse novlangue que pratique l’homme nouveau (le Charlie), on dit d’une pensée qu’elle n’est pas « audible » pour dire qu’elle n’est pas « autorisée ». On notera au passage que Michéa ne reproche à Amselle (qui, lui, prend bien garde d’évoquer ensemble juifs et musulmans) que la partie concernant les seuls juifs. L’étonnante absence de « la question juive » dans tout discours sur le capitalisme est ici renforcée par la non moins étonnante présence des musulmans, sauf quand il s’agit de proclamer son évident anti-antisémitisme et éventuellement détourner « l’œil de Sauron »...

Il ne faut pas prendre les enfants de Yahweh pour des canards sauvages !
Mais nous ne lui ferons certes pas reproche de cette élémentaire prudence en ces temps d’« état d’urgence », dans tous les sens du terme, où la pensée songe de plus en plus à se faire discrète (« Vouloir comprendre c’est déjà commencer à justifier », nous enseigna le giflé).

On se demande parfois si c’est par habileté psychologique ou par amour de la tranquillité qu’il ne mentionne jamais Soral et le mouvement pour la réconciliation nationale. Non pas que Soral doive être considéré comme le « pôle » de toute critique du gauchisme et il n’est certes pas le premier à la produire mais il est, dans les faits, aujourd’hui, la grande voix de cette critique (ne serait-ce qu’en terme d’audience et de résistance à l’oppression, sans parler de la cohérence synthétique de son discours). Il faut même saluer l’exploit de ne jamais signaler le slogan d’Égalité & Réconciliation (« gauche du travail et droite des valeurs » – on pourrait dire aussi « socialisme et tradition »), alors qu’il aurait pu être le sous-titre même de l’ouvrage. Pour une fois, il y a vraiment congruence.

Michéa serait-il alors, sur le chemin de la « malpensance », une sorte de moyen terme entre Onfray et Soral ; un passage souterrain ?

Les trois partagent une critique populiste du capitalisme, une dénonciation de l’imposture gauchiste et de son ultime réduction à l’antifascisme obsessionnel. Onfray s’arrête bien avant la ligne rouge (la question interdite...) en revendiquant à peu près toutes les sottises du discours sociétal (féminisme, anticléricalisme forcené, défense du droit des minorités les plus improbables...) en réservant à l’islam son encre la plus fielleuse et la plus mensongère et au sionisme sa plume la plus douce et la plus servile. Michéa s’arrête un peu avant.

Pour l’instant.

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31 Commentaires

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  • Merci pour ce rigoureux travail de critique constructive. On y trouve plein de biscuits pour réfléchir.

    M. Michéa, ce serait classe de votre part répondre à M. Chaussure !

     

  • Très bel article, mais le dernier paragraphe est ambigu :



    Les trois partagent une critique populiste du capitalisme, une dénonciation de l’imposture gauchiste et de son ultime réduction à l’antifascisme obsessionnel. Onfray s’arrête bien avant la ligne rouge (la question interdite...) en revendiquant à peu près toutes les sottises du discours sociétal (féminisme, anticléricalisme forcené, défense du droit des minorités les plus improbables...) en réservant à l’islam son encre la plus fielleuse et la plus mensongère et au sionisme sa plume la plus douce et la plus servile. Michéa s’arrête un peu avant.



    Si Onfray s’arrête bien avant la ligne rouge, Michéa va quand même plus loin qu’Onfray... dire que Michéa "s’arrête un peu avant" (les mensonges sur l’islam et la flagornerie envers le sionisme, j’imagine) est donc une tournure de phrase trompeuse qui demanderait à être réécrite.

    Mais à part ce détail technique, je suis en total accord avec l’auteur.

     

  • Une recension et une critique très claires. Bravo et merci à Monsieur Chaussure !

    Toutefois, je pense, comme Rectificateur ci-dessus, que la fin souffre d’un manque de cette clarté qui caractérise le reste du texte.


  • bon les grands penseurs socialistes du passé c’est bien mais c’est le passé, et si on reste à les ressasser on est dans un cul de sac.
    Il nous faut des penseurs socialistes du présent ! et heureusement maintenant en France on en a un - qui remue complètement et libère vachement les neurones ! - Bernard Friot ! pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore,regardez ses vidéos d’urgence. Et sur le site de Réseau-Salariat on peut télécharger ses brochures en pdf.
    Avec un gars comme ça la classe travailleuse peut enfin apprendre à se redresser sur ses jambes, intellectuellement déjà pour commencer.


  • Celui qui franchit "la ligne rouge" il sait qu’il va se ramasser des procès à n’en plus finir, des tentatives d’interdiction, etc.

    Et puis c’est tout ou rien, un mot de trop et c’est finit, alors ce serait bête de se retrouver dans ce combat par inadvertance, ou juste à cause d’une phrase un peu trop vraie.


  • Michéa se vante partout de sa lecture attentive des Essais d’Orwell, mais, en intellectuel bien dressé, il s’empare de la notion de "common decency" pour en faire un concept là où Orwell se contentait de décrire une réalité observable à son époque.

    La critique ci-dessus s’interroge donc à bon droit sur l’existence, autre qu’idéologique, d’un phénomène réel que serait encore aujourd’hui cette fameuse common decency.

    Les dernières spécimen de prolos, de petits paysans voire de petits et grands bourgeois à qui se terme aurait encore pu se rapporter se trouvent dans des hospices et mangent des aliments gélifiés. Et Orwel est bien mort.

    Il est donc pertinent de s’interroger sur le refus de critique de la modernité que veulent cacher l’appropriation et la revendication (à l’origine par une critique gauchiste du gauchisme) de cette notion intraduisible.


  • Très bon texte qui dit exactement ce je pense de l’angle d’attaque de Michéa, on sent qu’il peut faire sauter l’édifice (dont l’architecture d’ensemble est attaqué, en mâchoire, par le fameux slogan "Gauche du travail, Droite des valeurs") mais se retient d’appuyer sur le bouton. A titre d’exemple, il cite Proudhon et même Sorel, tout en laissant dans l’ombre leur critique radicale du judaïsme et des fadaises sociétales (féminisme...).

    Je le trouve de plus en plus pénible, c’est souvent une répétition, de livre en livre, d’idées qu’il a mis en place depuis déjà un bon bout de temps. Qui plus est sa forme en "arborescence" est très lourde et manque de fluidité, ça se veut une alternative aux notes de bas de pages, mais ça n’arrange pas les choses, de mon point de vue.

    Bon et puis quelqu’un que dit fournir une critique radicale du "système" et qui passe partout, c’est un poil SUSPECT qui comme disait Coluche est pire que LÈCHE-CUL.

     

    • Cher Stormhorse

      Allez donc vivre (pas y passer 2 jours) dans un village rural (pas st paul de vence...) et vous trouverez des gens qui ne sont pas des saints mais qui pratiquent chaque jour cette common decency.

      Cordialement


    • Stormhorse, un peu de retenue, s’il vous plaît.
      Sans vouloir être condescendant hein.
      Mais imaginez-vous à sa place : exposé comme il est. Vous voudriez perdre tout ce que vous avez construit ? Avez-vous conscience de la violence que c’est ?
      On a certes notre Alain qui est courageux de placer la vérité au-dessus de la reconnaissance, bien que celle-là à fini par lui faire gagner celle-ci...
      Mais tout le monde n’en est pas capable.

      Et puis surtout, Michéa est un peu un infiltré, l’homme qui permet de glisser un peu de radicalité dans les media.
      Il nous faut des intermédiaires, et il fait bien son job.


    • Je ne doute pas de votre expérience, Lucho, et même si j’en doutais je voudrais encore croire à l’existence de foyers de reconstruction d’un monde humain. Faute de quoi...

      Mais selon votre propre description, ces havres de bon sens s’arrêteraient en banlieue de Saint Paul-de-Vence et constitueraient donc bien une "exceptional decency".

      En revenant à un mode ironique on pourrait malgré tout se demander si ces braves gens préfèrent regarder Hanouna ou Nagui.


    • Cher Lucho,

      Loin de moi la volonté de remettre en cause une quelconque "décence commune" (dont j’avoue, j’ai peine à voir à l’œuvre qu’en de, plus en plus, rares occasions, malheureusement) qui, comme le disait justement un autre commentaire ici même, était plus une observation et un constat chez Orwell, qu’une véritable production conceptuelle comme chez Michéa. Et le constat aujourd’hui est malheureusement d’un autre ordre, les appendices technologiques, la surenchère réglementaire, la tentation du confort à tous prix, la publicité des plus vils instincts, tout concourt à raboter et faire disparaitre le moindre décence commune même dans le petit peuple, dont, sans me gargariser, je fais partie, habitant, je tiens à le préciser un village de 1000 âmes en milieu viticole (je ne sais pas si ça rentre dans vos critères d’approbation). Relisez ce que j’ai écris, il n’y a aucune pointes acerbes sur ce plan orwelien de la pensée de Michéa, dont je lis régulièrement les livres depuis une petite dizaine d’années.

      Bien cordialement.


  • "Il semble qu’il ne comprenne la modernité que dans son sens « axiologiquement neutre » de contemporanéité, d’histoire récente et non comme une idéologie s’opposant essentiellement à la tradition."

    M. Michéa ferait bien de visionner la deuxième conférence que l’abbé Billecocq a consacré aux papes et à la franc-maçonnerie : https://www.youtube.com/watch?v=Xwz...

    Il prendra peut-être conscience de la part irrationnelle de son discours.


  • Brillante critique !! Merci pour cette intéressante introduction. Je vous propose une définition de la Common decency : ’Résidus de traditions et coutumes qui distingue l’homme du crapaud. Et que l’on nomme parfois sous certaines latitudes Religion, Tradition voire Croyances.’ Il est évident qu’une critique moderne de la modernité de même qu’une critique marxiste du marxisme finira par se mordre la queue ou débouchera sur une impasse tôt ou tard. Sauf si elle remet à plat ses prémisses ’métaphysiques’. Mais reconnaissons la noblesse de la tentative et un certain courage dans les positions. Et ne boudons pas les rares voix françaises audibles et charpentées qui ont encore un siège dans le système. Soutenons et lisons Michea.


  • Critique limpide et sagace dont la lecture me fut des plus agréables. Merci pour votre concision et votre justesse d’analyse.

    Texte intelligent dépourvu de sophistication intellectuelle, donc vraiment intelligent — d’autant plus que le style ne manque pas de mordant et de rythme.

    Forme et fond sont là.

    Merci encore ;)


  • #1656173

    Michéa s’arrête un peu avant quoi ? Exactement ?

    Excellent texte sinon, merci à son auteur.


  • Très bon article qui synthétise toutes les " tares" de synthèse de Michéa que je n’avais pas le temps de faire ( donc j’aurai fait mal). Ce résumé me fait gagner beaucoup d etemps par son intelligence qui n’oublie aucun point cher à E.R mais au début, quand j’ai lu qu’il prenait par exemple Podemos, j’ai commencé à frémir !
    Podemos ne veut même pas sortir de l’europe et a des analyses foires sur l’international.
    PS j’avais lu deux bouquins de Michea et vive la métaphysique logique , rationnelle et non fondée sur des dogmes invérifiables !


  • "Le socialisme sans la modernité : n’est-ce pas la société traditionnelle ?"

    Bien définir le problème c’est déjà le résoudre à moitié. ER est le seul intellectuel collectif qui sait fomuler les équations que nous avons à résoudre :
    - socialisme - modernité = société traditionnelle.

    Corrolaires :
    - socialisme = société traditionnelle + modernité
    - socialisme + modernité = société traditionnelle + 2 x modernité = société atraditionnelle


  • Reprocher à Michéa d’avoir une culture universitaire un peu trop solide...

    Puis ensuite de ne pas croire en la Tradition, bref le fatras ésotérico-guénonien...

    Ben moi cette lecture a renforcé l’ a priori positif que j’avais pour cet auteur.

     

    • Ce n’était pas tant un reproche qu’une remarque "en passant" qui pourrait expliquer l’habitude (universitaire) d’alourdir le propos par de nombreuses citations, de renvoyer souvent à des études "détaillées". C’est un style. Touffu.
      Il ne s’agit pas de "croire en la Tradition" mais de comprendre (si tu as bien fouiner dans le fatras...).
      Je n’ai pas d’a priori négatif sur la personne (que je ne connais pas) et il ne me semble pas avoir "dézingué" le personnage. Sa pensée est, je l’ai écrit, une des plus intéressantes du moment.


  • #1659572

    L’auteur de cette critique est un parfait soralien, c’est à dire porteur d’une vision binaire : le Mal contre le Bien, la "Modernité" contre la "Tradition". Or Michéa, dans d’autres livres, s’efforce d’expliquer que ce choix est trompeur.

    On nous propose en effet soit le libéralisme (philosophique- culturel-politique), qui tel le code de la route cherche à éviter les collisions aux carrefours mais ne dit pas où il faut aller, laissant à chaque individu la liberté de ses actes qui ne nuisent pas à autrui (c’est la "neutralité axiologique") ; soit des "idéologies du Bien", religieuses ou non (comme par exemple le communisme réellement existant), qui imposent à tout le monde une voie unique à suivre et persécutent les déviants.

    Michéa comme Orwell ne veulent ni de ce libéralisme (liberté totale sans limites) ni de ces totalitarismes (d’abord au sens philosophique de "pensées uniques" expliquant tout, prétendant solutionner tout et imposées à tous ; puis débouchant inévitablement sur des absolutismes politiques). Et ils pensent avoir trouvé une sortie de secours, une voie étroite entre ces deux récifs : la décence ordinaire.

    Il est donc clair que pour Michéa, la "Tradition" ou le "front de la foi" dont se réclament les soraliens n’ont rien à voir avec la "décence ordinaire" mais tout d’une "idéologie du Bien" parmi d’autres (et susceptible d’aboutir au même résultat que les autres...).

    Ceux qui ont choisi cette voie en ont le droit mais doivent reconnaître à Michéa celui de ne pas être des leurs. Et donc de continuer par exemple à défendre l’égalité des droits (par exemple entre femmes et hommes, homosexuels et hétérosexuels).

    Tout en mettant au premier plan la question de l’extension du domaine de la marchandise, puisque le premier ennemi des peuples n’est pas tel ou tel "lobby" (comme les affectionnent les soraliens) mais, comme l’indique le titre de son dernier ouvrage : le Capital.

    Si donc il y a bien non pas deux mais trois pôles (le libéralisme, les idéologies du Bien et entre les deux la décence ordinaire), tous les opposants au libéralisme ne sont pas à ranger dans le même panier. Un gouffre sépare Soral et Michéa, parfaitement infranchissable.

     

    • Parfait peut-être pas mais soralien c’est sûr. En tout cas merci du compliment.

      Il faudrait m’expliquer ce que peut être le mal s’il ne s’oppose pas au bien ! et vice versa...
      Tu opposes le libéralisme aux idéologies du Bien (les totalitarismes) ; mais le libéralisme n’envisage-t-il pas la liberté comme un bien ? et même un suprême bien ?

      Tu vas un peu vite pour extraire cette notion de "décence ordinaire" de la tradition, de la foi. D’où provient-elle sinon d’évidences profondément ancrées dans le cœur des hommes et qui résistent encore et toujours aux ruses idéologiques qui appellent un mal un bien ?

      Le Front de la Foi est une notion stratégique de lutte contre des ennemis communs trouvant tout intérêt à diviser Chrétiens et Musulmans ; c’est une réponse, en aucun cas un projet social "positif". Je ne sache pas que "les soraliens" aient jamais proposé un quelconque modèle social (même totalitaire) élaboré. Nous n’en sommes pas là que diantre !

      Je ne sais pas quelle idée tu te fais du "soralien" mais tout ceux qui combattent REELLEMENT et RADICALEMENT le capital et la guerre de tous contre tous sont "des nôtres". Quelque différence secondaire qu’il y ait. Le titre même de ce livre de Michéa en fait pour nous, peut-être pas un frère (quoique pour ma part j’ai la fraternité TRES large) mais du moins un "compagnon d’arme". Personne ne lui demande de "nous" rejoindre. Quant au caractère "infranchissable" du "gouffre"... une bonne paire d’ailes et hop !


    • #1660362

      Des ailes supersoniques alors ! Certes, si "les ennemis de mes ennemis sont mes amis", alors oui, Soral et Michéa sont tous deux anti-libéraux. Mais ils ont aussi des oppositions majeures, que ton article indique bien, mais de ton point de vue (de soralien presque parfait...).

      Le mien (de michéen très imparfait) est différent et se résume à : pensée binaire versus pensée ternaire.

      Ecoutons Soral. Sur tout sujet qu’il traite, sa réflexion aboutit toujours à une opposition binaire tranchée, telle que : Bien-Mal, Blanc-Noir, Normal-Déviant, Beau-Laid, Jeune-Vieux, De souche-De branche, Divin-Diabolique, Homme-Femme, Viril-Fiotte (et plus récemment Yin-Yang).

      Cette représentation séduit ceux qui comme lui voient le noir et le blanc mais pas les différents gris. Et aboutit en pratique à la position de Georges Walker Bush : "Ou bien vous êtes AVEC moi, ou bien vous êtes CONTRE moi, et dans ce dernier cas, je suis fondé à vous casser la gueule !"). D’où le sentiment de trahison lorsqu’un "faux-frère" s’avère ne pas être strictement sur la même ligne.

      Michéa a au contraire une pensée ternaire. En morale, il décrit 3 pôles : le libéralisme (grande liberté individuelle) qui conduit à l’ubris destructeur ; les "idéologies du Bien" (religieuses ou non) qui conduisent à un totalitarisme destructeur ; et la décence ordinaire. Pour comprendre ce qui distingue les 2 derniers, mieux vaut le lire directement.

      En politique, il récuse aussi l’opposition binaire "Droite-Gauche", et pas pour la remplacer par une autre (comme "Patriotes-Mondialistes" de Marine Le Pen, qui semble pourtant assez pertinente).

      En plus de la "Droite" (réactionnaire, monarchiste au moins dans l’âme, bigote) et de la "Gauche" (progressiste, révolutionnaire, laïque), il affirme qu’il y a un "En-bas" : le vrai "socialisme" (au sens du XIXème siècle pas de Hollande-Valls-Macron), qui refuse autant l’absolutisme de l’ancien régime reposant sur la propriété terrienne que la dictature industrielle puis financière issue des "Lumières" et du culte du "Progrès".

      Pour un soralien, le rejet du libéralisme et de la gauche implique forcément le retour à une idéologie du Bien et à une société mystique, hiérarchisée, aristocratique. Ce gouvernement par les "meilleurs" étant de fait celui des plus forts (plutôt que des plus riches ou des plus rusés).

      Pour un michéen, le choix entre dictature libérale et dictature militaro-religieuse est celui de Charybde ou Scylla. Ben..., non merci !


    • Je suis bien embêté : à part deux, trois choses (dues certainement à ta vision caricaturale et monolithique d’E&R), je suis plutôt d’accord avec tout ce que tu as écrit, y compris sur le caractère tranché agaçant de Soral. Il a certainement ses groupies : je n’en suis pas. Mais il formule, à mon avis, la meilleure analyse politique en France.
      Tu opposes (je te taquine) pensée binaire et pensée ternaire mais qu’est ce qu’une pensée ternaire sinon une pensée binaire dépassée dialectiquement en s’élevant au niveau supérieur ?Opposition - complémentarité - unité. Question de niveau du point de vue.
      L’imminence de l’implosion capitaliste ne justifie-t-elle pas qu’on parle des concepts, des idées, des notions...plutôt que décréter des "murs" idéologiques ?


    • #1660938

      En effet, je ne veux pas dresser de "mur" :

      - Jusqu’ici, je me suis affirmé michéen plutôt que soralien, parce que je veux croire que la "décence ordinaire" n’est pas une "idéologie du Bien". Et je désapprouve par exemple les attaques continuelles de Soral contre les femmes, les homosexuels, les handicapés, qui n’auraient pas à demander les mêmes droits que ceux du mâle viril hétérosexuel bagarreur et devraient plutôt "se cacher" (ou retourner à l’église, à la cuisine et aux enfants...).

      - Mais en même temps, je sais bien que si l’Etat et le Marché protègent et cajolent les catégories les plus faibles de la société, ce n’est pas par grandeur d’âme mais pour (dans la "démocratie de marché") acheter leurs voix et leurs consommations. A la manière d’une mafia qui offre sa protection en échange d’un impôt.

      - Et en même temps, quand je discute avec un copain identitaire, je m’efforce de le convaincre que c’est Soral qui a raison et non Conversano. Et que la guerre civile, voulue et organisée par les spécialistes de la triangulation, n’est pas un bon projet pour les gens ordinaires.

      - En même temps, je pense que Soral a eu tort de frapper Conversano parce qu’il a ainsi montré qu’il ne se contrôlait pas, qu’il n’était pas capable de rester dans le logos face à certaines provocations et qu’il a finalement fait une grosse publicité à cet agent (conscient ou non) de "l’élite sûre d’elle-même et dominatrice".

      - En même temps, je sais qu’il est facile de critiquer de derrière son écran, et que je ne suis pas moi-même sous le feu des projecteurs et des attaques judiciaires ou physiques.

      - En même temps, je suis certain que pour Soral, la vie sans adrénaline serait terriblement ennuyeuse et que c’est chez lui une tendance psychologique profonde de rechercher la bagarre.

      Au total, je ne suis donc ni "soralien" ni "anti-soralien" (vision binaire). Je dirais plutôt "soralien partiel et critique", catégorie qu’il doit mépriser parce que ne voulant pas aller "jusqu’au bout" (comme il le dit de Michéa, Onfray ou Todd). Je suis au contraire fier de ne pas tomber dans une pensée binaire ou un manichéisme.

      Je ne peux donc pas adhérer à E&R, mais ferais volontier partie d’un "Deuxième cercle", de "soraliens partiels et critiques", dont la seule condition serait de ne pas travailler pour une puissance étrangère (on se comprend).


    • J’accorde peu d’importance aux étiquettes : "soralien", "michéen", "onfrayiste"... mais énormément aux paroles et aux actes. Je préfèrerai toujours un gauchiste honnête et droit (si, si : ça existe !) à un "soralien" pervers et menteur. Musulman, je n’ai pas d’idole et n’adore que Dieu. Mais j’ai de l’estime de la reconnaissance pour Soral et son combat. Avec ce qu’il se prend dans le museau, on ne peut pas le soupçonner de malhonnêteté intellectuelle.
      Je pense que c’est un homme à l’ego puissant mais à l’intelligence et au courage maintes fois prouvé... La ferveur parfois caricaturale autour de lui n’est que l’envers de la haine (la vraie) qui déferle sur lui : une sorte d’économie psychique compensatoire entre un groupe et son chef.
      C’est un punk et la forme de son discours (peu universitaire et parfois même franchement vulgaire) a pour moi deux vertus. La première est d’avoir libéré la parole et affranchi nombre d’entre nous de l’autocensure. La deuxième est de décrire la réalité de l’oppression capitaliste avec les termes adéquats à la vulgarité du système. Est-il vraiment outrancier de décrire les journalistes comme des putes ?
      Mais justement, tu ne l’entendras pas s’attaquer aux faibles. C’est ce qui m’a plu : quand il dénonce le pouvoir aberrant de le "communauté organisée", il ne vise jamais LES Juifs. Contrairement à ce que tu crois, il n’exprime (ni n’éprouve : j’en suis sûr !) pas de mépris envers les infirmes mais démonte le spectacle compassionnel dégoûtant qui est la façade du véritable mépris de l’Etat pour les infirmes dans leur vie quotidienne. Il ne confond pas l’homosexualité et les homosexuels (les gens). Ce n’est pas parmi les "soraliens" que l’Etat totalitaire recrutera ses ratonneurs.
      Pour ce qui est de ce petit arrogant de Conversano, qui se prend pour un "warrior", Soral lui a rappelé la différence entre l’écran et le réel. Si ce jeune homme avait deux sous d’intelligence il aurait énormément appris de cette "conversation".
      Pour finir, je te dirai que notre but est bien plus orgueilleux que de "faire des adhésions" : c’est de submerger le mensonge sous des flots de vérité et d’imposer la vertu sur le museau du vice.
      Je sais : tu te dis "c’est ça l’idéologie du bien eh ! nigaud !". J’ai bien compris. Mais je persiste à croire que pour atteindre la cible il faut viser le centre.
      Merci pour tes critiques intelligentes en tout cas. A bientôt.


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