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Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

En 2016 a pris fin une bataille judiciaire de plus de soixante ans à l’issue de laquelle la Bibliothèque nationale d’Israël a obtenu les droits de propriété des manuscrits de Franz Kafka. La valeur symbolique de cette acquisition est grande, car Kafka est considéré comme « the Jewish writer » par excellence, pour citer Harold Bloom [1]. Non pas en tant qu’exemple archétypal de la médiocrité portée au pinacle par sa communauté (bien que je sois d’accord sur ce point avec Hervé Ryssen) [2]. Non, Kafka est surtout le plus représentatif des écrivains juifs dont l’œuvre expose les déchirements névrotiques de la judéité, selon ses exégètes juifs comme Laurent Cohen (Variations autour de K. Pour une lecture juive de Franz Kafka).

 

Or, Kafka a fait de son œuvre une analyse toute différente, dans une longue lettre à son père écrite en 1919 (mais jamais remise au destinataire) : tous ses écrits, il les explique comme déterminés entièrement par les séquelles de sa relation à un père abusif, terrifiant et manipulateur : « Dans mes livres, lui confie Kafka, il s’agissait de toi, je ne faisais que m’y plaindre de ce dont je ne pouvais me plaindre sur ta poitrine [3]. » Dans ce texte ressort clairement l’effet dévastateur d’un père dont les « moyens les plus efficaces d’éducation orale […] étaient les injures, les menaces, l’ironie, un rire méchant et — chose remarquable — tes lamentations sur toi-même », et dont le « jugement négatif pesait dès le début sur toutes mes idées indépendantes de toi en apparence ». Ces éléments autobiographiques rendent transparentes la signification et la vertu cathartique des fantasmes exprimés par Kafka dans ses nouvelles les plus fameuses. Le psychanalyste Jean-Pierre Fresco n’a aucun mal à le démontrer, dans un texte intitulé « Kafka et le complexe d’Isaac [4] », où il définit le complexe d’Isaac comme : « l’ensemble des conséquences pour le psychisme du fils d’un père vécu comme psychiquement menaçant, destructeur ou meurtrier. »

Voilà donc un auteur dont les caractéristiques très marquées (Kafka est unique en son genre, et c’est heureux), peuvent s’expliquer aussi bien par sa judéité que par son père psychopathe. J’y vois une illustration (non pas une démonstration, bien entendu) du rapport étroit entre la judéité et ce que j’ai appelé le syndrome du père psychopathe, mais que l’expression « complexe d’Isaac » désigne d’autant mieux qu’elle puise son modèle dans l’épisode biblique fondateur de l’alliance abrahamique, lorsque Abraham, sur un ordre de Yahvé qu’il ne pense pas à contester, s’apprête à égorger son fils.

Il est vrai qu’en 1917, année de la Déclaration Balfour, Kafka écrit une courte nouvelle, Communication à une Académie, qui reflète sa préoccupation sur les questions de l’assimilation et du sionisme. Le narrateur est un singe qui a été enfermé par des humains dans une cage. Il comprend que le seul espoir pour sortir de la cage est de « singer » les humains. Il se met à parler. On le sort de sa cage et on l’emploie tout d’abord dans des cabarets. « J’ai acquis la culture moyenne d’un Européen [...] cela m’a aidé à sortir de la cage. » Il refoule de plus en plus sa nature simiesque pour ressembler aux humains et se faire accepter d’eux (mais il vit en ménage avec une guenon). « Mes exploits n’auraient pas été possibles, si j’avais voulu m’opiniâtrer à songer à mes origines [...] mes souvenirs s’effacèrent de plus en plus. » Les initiés voient dans cette histoire une expression du dilemme existentiel vécu par tout juif de la diaspora : la judéité est une cage (« la prison juive », dira Jean Daniel), mais le juif qui veut en sortir par l’assimilation n’est qu’un singe savant, car il ne peut cesser d’être juif. Il est donc impossible de vivre dans la cage, et impossible de vivre authentiquement hors de la cage (sauf en Afrique sauvage parmi les singes, comprendre en Israël).

Cependant, la plupart des nouvelles qui ont fait la renommée de Kafka, écrites entre 1912 et 1914, n’ont pas de lien évident avec la judéité. Elles se décryptent beaucoup plus naturellement à la lumière de la Lettre au père, « véritable clef de compréhension de l’extrême douleur psychique de Kafka face à son père », selon Jean-Pierre Fresco. « Il est impressionnant de constater à quel point la production littéraire de Kafka a suivi le fil rouge de la question de ses rapports avec son père et de leurs conséquences psychiques délétères ». Fresco s’attarde en particulier sur La Métamorphose et Le Verdict, deux nouvelles écrites en 1912 que Kafka avait prévu d’inclure dans un recueil intitulé Fils.

La Métamorphose, selon Fresco, traduit la « terrible régression narcissique » de Grégor Samsa, transformé en insecte repoussant. La connotation incestueuse de la violence paternelle transparaît dans la scène où le père attaque son fils par derrière muni d’une canne (« canne-phallus »), tapant des pieds et « poussant des sifflements de sauvage ». Après la mort de Gregor (dont le cadavre est balayé par la femme de ménage), apparaît sa sœur Grete, qui, avec la même initiale, est « son double dans l’autre sexe », soit le fils homosexualisé. « Ainsi lue, commente Fresco, la fin de La Métamorphose peut être considérée comme une forme d’opération de sauvegarde psychique inconsciente permettant la restauration narcissique, fût-ce au prix d’un changement imaginaire de sexe. »

Kafka a écrit Le Verdict deux jours après sa première lettre à Felice Bauer qu’il avait rencontrée un mois plus tôt. Le héros s’appelle Georg, anagramme de Gregor. Georg vient de se fiancer avec Frieda Brandenfeld (aux initiales identiques à Felice Bauer). Il annonce d’abord sa décision par une lettre à son meilleur ami, puis à son père qu’il va rejoindre dans sa chambre. Le père, résume Fresco, « va opposer un terrible interdit à ce projet de mariage, assorti d’une extrême violence narcissique, méprisante et écrasante, psychiquement meurtrière pour le fils ». Pour ridiculiser le désir de mariage de son fils, le père se met à singer une femme en train de retrousser ses jupes : « Il était là, debout, en toute liberté et il lançait ses jambes en l’air. Il rayonnait d’intelligence. » L’interdit paternel de s’émanciper par le mariage est lié à une domination incestueuse, qui ressort lorsque le fils observe son père de loin, « pour ne pas être pris à l’improviste par un geste détourné, venu de derrière ou d’en haut », ou mieux encore lorsque, soumis, il propose au père : « Nous allons échanger nos chambres, tu vas t’installer sur le devant et moi je viendrai ici […] tu coucheras provisoirement dans mon lit. » Le père dénie à son fils non seulement le droit d’avoir une fiancée, mais aussi celui d’avoir un ami, dans ces paroles terribles : « Il sait tout, pauvre imbécile, il sait tout. C’est moi qui lui écrivais, parce que tu as oublié de me prendre l’écritoire. C’est pour cela qu’il n’est pas venu depuis des années, il en sait cent fois plus que toi ; de la main gauche, il froisse tes lettres sans les ouvrir, en tenant de la main droite pour les lire les lettres que je lui écris ! » Ce passage est la transposition presque exacte d’une situation vécue que décrit Kafka dans sa Lettre au père. Et c’est une situation très révélatrice de la façon dont un père psychopathe ou sociopathe peut chercher à vampiriser la vie de son fils. J’écrivais dans Du Yahvisme au sionisme : « Le père sociopathe est un dieu jaloux : il doit s’assurer un contrôle sur toute relation que tisse son fils avec d’autres. S’il est suffisamment vigilant, son fils ne trouvera autour de lui aucun réconfort, aucune figure parentale de substitution, et donc aucun levier de résilience. »

Fresco distingue encore la trace psychique du père dans la nouvelle Le Procès (1914), dont le narrateur Joseph K. (un K. qui est comme la « cicatrice-initiale » du père) a été arrêté sans savoir ni qui l’a calomnié, ni qui va le juger. « La question essentielle est de savoir par qui je suis accusé. Quelle est l’autorité qui dirige le procès ? » « Où était le juge qu’il n’avait jamais vu ? Où était la haute cour à laquelle il n’était jamais parvenu ? » Selon Fresco, s’appuyant toujours sur la Lettre au père, ce calomniateur-accusateur-juge, qui apparaît comme une toute-puissance d’autant plus oppressante qu’elle est totalement incompréhensible, est une projection psychologique du père de Kafka. « Cet ennemi sans nom, sans visage et au masque de Loi n’est en fait le plus souvent que le palimpseste d’un père archaïque abrahamien inconsciemment introjecté sous forme d’un Surmoi archaïque et sadique, et qui s’est transformé en persécuteur interne. »

Mais on remarquera que cette toute-puissance invisible et oppressante peut tout aussi bien symboliser le Dieu du judaïsme. Les deux interprétations sont d’autant moins contradictoires que, dans la Lettre au père, le père abusif se confond avec une divinité irascible et cruelle, dont les lois arbitraires ne souffrent aucune contestation :

« pour l’enfant que j’étais, tout ce que tu me criais était positivement un commandement du ciel. »

« De ton fauteuil, tu gouvernais le monde. Ton opinion était juste, toute autre était folle, extravagante, meschugge, anormale. Et avec cela, ta confiance en toi-même était si grande que tu n’avais pas besoin de rester conséquent pour continuer à avoir raison. […] Tu pris à mes yeux ce caractère énigmatique qu’ont les tyrans dont le droit ne se fonde pas sur la réflexion, mais sur leur propre personne. »

« Il s’ensuivit que le monde se trouva partagé en trois parties : l’une, celle où je vivais en esclave, soumis à des lois qui n’avaient été inventées que pour moi et auxquelles par-dessus le marché je ne pouvais jamais satisfaire entièrement, sans savoir pourquoi ; une autre, qui m’était infiniment lointaine, dans laquelle tu vivais, occupé à gouverner, à donner des ordres, et à t’irriter parce qu’ils n’étaient pas suivis ; une troisième, enfin, où le reste des gens vivaient heureux, exempt d’ordres et d’obéissance. J’étais constamment plongé dans la honte, car, ou bien j’obéissais à tes ordres et c’était honteux puisqu’ils n’étaient valables que pour moi ; ou bien je te défiais et c’était encore honteux, car comment pouvais-je me permettre de te défier ! ou bien je ne pouvais pas obéir parce que je ne possédais ni ta force, ni ton appétit, ni ton adresse — et c’était là en vérité la pire des hontes. C’est ainsi que se mouvaient, non pas les réflexions, mais les sentiments de l’enfant. »

Selon le psychanalyste Jean-Pierre Fresco, le père qui ressort de la Lettre au père aussi bien que des fictions de Kafka, « est un géant invincible, immortel, dressé entre ciel et terre comme un dieu antique ayant tout pouvoir de destruction sur sa créature. » Il est donc une divinité malfaisante. Et c’est bien normal, puisque, du point de vue de Freud, Dieu n’est qu’une projection mentale du père intériorisé en tant que « surmoi ». Mais on sait aussi que le génie de Freud se limite à sa compréhension du psychisme juif, et que c’est par un défaut ataviquement juif qu’il a universalisé son modèle, confondant judéité et humanité, et prenant l’idée juive de Dieu pour la seule idée possible de Dieu [5]. En réalité, le Dieu biblique est un dieu « abrahamien », au sens où Fresco parle du « père abrahamien » de Kafka. Et ce n’est pas seulement dans le sacrifice rituel d’Isaac, mais aussi dans le commandement abrahamique de la circoncision au huitième jour, que se confondent le mieux le père abrahamien et le Dieu juif. Freud voyait dans la circoncision « un substitut symbolique de la castration que le père primitif et omnipotent avait jadis infligée à ses fils [6]. »

Le père « abrahamien » castre son fils et le pénètre psychiquement, pour l’empêcher de s’individualiser, c’est-à-dire qu’il le dévirilise ou le féminise. Et c’est peut-être là que ce trouve la cause profonde de cette absence de virilité qu’Otto Weininger associait à la judéité dans le chapitre treize de Sexe et caractère, peut-être les pages les plus profondes jamais écrites par un juif sur les juifs [7].

Le cas de Kafka a le mérite de rendre tout cela limpide : le Dieu juif est un père psychopathe, et le père psychopathe est un Dieu juif. Ce que le romancier Philip Roth résume dans cette citation lumineuse, que j’emprunte à l’indispensable Psychanalyse du judaïsme d’Hervé Ryssen : « S’en remettre à un père fou et violent, et depuis trois mille ans, voilà ce que c’est que d’être un fou de Juif [8] ! »

Notes

[1] « Foreword » dans Yosef Hayim Yerushalmi, Zakhor : Jewish History and Jewish Memory (1982), University of Washington Press, 2011.

[2] https://herveryssen.wordpress.com/2...

[3] Franz Kafka, Lettre au père (1919), Folio/Gallimard, 2016.

[4] Jean-Pierre Fresco, « Kafka et le complexe d’Isaac », Le Coq-Héron, 2003/2 (n° 173), p. 108-120, sur www.cairn.info/revue-le-coq-...

[5] Lire à ce sujet Hervé Ryssen, Psychanalyse du judaïsme, Éditions Baskerville, 2006.

[6] Mon article https://www.egaliteetreconciliation...

[7] Otto Weininger, Sexe et caractère (1903), Kontre Kulture, p. 411-453.

[8] Philip Roth, Opération Shylock. Une confession, Gallimard, 1995, p. 122-123, cité par Hervé Ryssen dans Psychanalyse du judaïsme, Éditions Baskerville, 2006, p. 268.

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  • #1959110
    Le 5 mai à 19:42 par 1977
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    ce que vous dites de Communication à une Académie rejoint ma lecture de la planète des singes de Pierre Boulle et de l’épisode des Bandar-Log dans le livre de la jungle de Rudyard Kipling.

    "ils ne savaient jamais à quel usage avaient été destinés les édifices ni comment y habiter. Ils s’asseyaient en cercles dans le vestibule menant à la chambre du conseil royal, grattaient leurs puces et faisaient semblant d’être des hommes"

    "ils erraient ainsi au hasard, un à un, deux à deux, ou par groupes, en se félicitant l’un l’autre d’agir tellement comme des hommes"

    "[ils] s’élançaient tous ensemble en masses compactes et criaient : - Il n’y a personne dans la Jungle d’aussi sage, d’aussi bon, d’aussi intelligent, d’aussi fort et d’aussi doux que les Bandar-log."

     

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    • #1959229
      Le 5 mai à 23:08 par Florian Geyer
      Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

      Germaniste à Heidelberg en 1975 , j’ai lu Kafka dans le texte. C’est aussi mal écrit que "Mein Kampf" : Des phrases interminables avec une syntaxe désarticulée ... des barbarismes , des bribes d’ idiomes purement locaux .De l’allemand à l’usage des "Volksdeutschen" qui ont été éduqués hors du Reich : Hitler en Autriche et Kafka en Bohème avec cette circonstance aggravante que Kafka originellement avait aussi été éduqué en tchèque et en yiddich , un patois mâtiné d’allemand et d’hébreux de la rue . En plus , à l’oral leur allemand a un accent du style de ce que l’on constate chez nous par rapport aux gens du Québec ( Voir Hitler comparé à Goebbels) .
      Pour ceux qui veulent du bon allemand limpide , je recommande pour commencer "Scènes de la vie d’un propre à rien ( Aus dem Leben eines Taugenichts) de Eichendorff puis de passer aux classiques Goethe et Schiller et pourquoi pas à la lecture du journal de Goebbels . A fuir : les magazines allemands aussi mal écrits que les nôtres . Kafka et Hitler dans leurs écritures ne faisaient en tout cas pas le complexe du plouc . Ce n’est pas pour rien que vieux Hindenburg surnommait Hitler "le caporal bohémien". On ne sait pas ce qu’il pensait de Kafka mais je suppose qu’un haussement d’épaules devait suffire .

       
    • #1959350
      Le 6 mai à 10:55 par PL
      Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

      Le style de Kafka en allemand est probablement affreux dans les versions originales, mais il se trouve que la traduction en français a été faite pour Galllimard par Alexandre Vialatte qui en a fait des livres bien écrits.

      Il arrive que le traducteur valorise considérablement une oeuvre, comme ce fut le cas pour Edgar Poe traduit par Charles Baudelaire.

      Du coup, le Procès et le Château version française, sont devenus des oeuvres de grande valeur.

       
  • #1959263
    Le 6 mai à 01:31 par LE YOUGOSLAVE
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    Je ne savais pour quelle raison, je détestais et je déteste toujours Kafka. Ses livres me rendaient malade. Il n’a jamais réussi à me passer, via ses livres, ses ondes maladives et malsaines. Le pauvre, il avait une vie familiale de merde et faite des transgressions. Et je ne souhaite pas cela à personne.



    "Et ce n’est pas seulement dans le sacrifice rituel d’Isaac, mais aussi dans le commandement abrahamique de la circoncision au huitième jour, que se confondent le mieux le père abrahamien et le Dieu juif."



    Sur votre site il y a un excellent article sur la raison de la névrose psychopathique juive :

    ..... " Selon le Professeur Roger Dommergue de Ménasce, qui se fonde sur les travaux de l’endocrinologue Jean Gautier, la circoncision juive provoque « de graves déséquilibres psycho-endocriniens », car au huitième jour précisément commence un moment capital de l’équilibrage hormonal qu’on nomme la « première puberté », et qui dure vingt-et-un jours. Juif lui-même, Roger Dommergue estime que cette pratique reproduite depuis des centaines de générations a joué un rôle déterminant dans la psychologie collective juive.

    « Si, au moment précis où doit s’effectuer notre équilibration glandulaire, un traumatisme comme la circoncision vient provoquer des phénomènes métaboliques de cicatrisation, d’excitation, sur un organe sexuel primordial comme la verge, les secrétions destinées à mettre en activité la génitale interne, sont détournées de leur objet vers la sexualité, c’est-à-dire vers la reproduction et la jouissance sexuelle, qui recevront désormais la plus grande part des activités hormonales, et qui maintiendront la génitale interstitielle dans un état plus ou moins accusé d’hypofonction. […] Les autres endocrines organiques, thyroïde, hypophyse, surrénales, génitale reproductrice, seront d’autant plus puissantes et plus vivaces que la génitale interne sera en hypofonction [5]. »
    Le pire c’est qu’ils se considèrent pour des normaux !

    https://www.egaliteetreconciliation...

     

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    • #1959343
      Le 6 mai à 10:33 par H.M.
      Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

      Tout ça ( article et commentaires ) est très sérieux et, ma foi, ça se défend.

      Pour ma part, j’ai juste envie d’ajouter un commentaire de psychanalyse de comptoir qui m’est venu après lecture de l’article. Juste de la psychanalyse de comptoir, donc. Comme ça, pour le plaisir.

      Et si cette rage révolutionnaire à détruire la culture des autres ( suivez mon regard ) venait précisément de cette incapacité, liée à la culpabilité écrasante instilée par "le père juif", et son équivalent structurel dans la communauté ( les "élites" et autres "représentants des institutions juives" ) à le faire ( à "tuer le père" ) à l’intérieur de la tribu et la communauté ?
      Autrement dit, chez moi, je ne peux pas le faire, alors, pour me sentir mieux ( parce que, dans une structure aussi étouffante, j’ai besoin, malgré tout, de m’échapper par tous les moyens ) je vais aller le faire systématiquement dans les autres structures où je m’installe.
      Je vais tuer tous les autres pères parce que, pour ce qui concerne le mien, je ne pourrais pas vivre avec cette culpabilité. Ainsi, je reste ad vitam aeternam sous la domination de mon père, mais je peux malgré tout continuer à vivre, parce que je me soulage dans toutes les autres structures hierarchiques où je vis. Je ne fais que ça : tuer le père des autres parce que, le mien, je ne peux pas ( "on est que 15 millions", "shoah", loyauté envers les ancêtres, etc ).

       
    • #1959430
      Le 6 mai à 13:00 par Laurent Guyénot
      Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

      @ H.M
      ça me paraît très valide et même très fécond comme analyse.
      "Tuer le père" est vraiment le complexe juif par excellence.

       
    • #1960325
      Le 7 mai à 18:27 par Palm Beach Post : "Cult !"
      Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

      Oui, c’est bien observé, @ H.M.

      c’est cette impuissance qui se rêve...

      En super héros, en shoah...
      en leader de l’humanité...
      en escrocs, surtout

       
  • #1959574
    Le 6 mai à 16:04 par A leur image
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    Ce monde est indubitablement kafkaïen (définition populaire) !

     

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  • #1959627
    Le 6 mai à 17:44 par Shlomohamed
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    Bravo, encore un article très intéressant et bien argumenté.

    Que de chemin parcouru !

    A quand une conférence commune avec hervé ryssen ?
    (vous êtes deux de mes auteurs préférés)

     

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    • #1959752
      Le 6 mai à 20:56 par Florian Geyer
      Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

      L’univers de Kafka est tout simplement celui de la folie morbide , genre docteur Cagliari ou Mabuse ( contrairement à Gogol )

       
  • #1959843
    Le 6 mai à 23:36 par machin
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    La théorie de la séduction de Sigmund Freud où la pratique de l’inceste dans la communauté juive.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3...

    Le cas Emma Eckstein, patiente de Sigmund Freud, révélateur de l’hystérie, symptôme de l’inceste.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Emma_...

     

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  • #1959878
    Le 7 mai à 01:10 par Cidrolin
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    Merci M. Guyénot.
    Je vais juste exposer mon sentiment de lecteur.

    J’ai lu "La métamorphose" à 11 ou 12 ans. C’était dans la bibliothèque familiale. Ma mère, infirmière, était très fière de le dire à ses amis. Moi, je croyais lire un roman de "science-fiction" (dans mes catégories de l’époque : je découvrais Barjavel, et les classiques d’Orwell, Huxley, Bradbury, etc.). C’était un livre triste et sans espoir, et pas très science-fictionnel ; j’ai été très déçu, et n’y ai rien compris, disons-le tout net.

    Comme, ainsi que vous le soulignez, je lisais (essentiellement par Télérama) que Kakka (pardon, j’ai oublié le -f) était un auteur majeur, j’ai ouvert "Le Château" et "Le Procès" (je ne sais plus dans quel ordre).

    Bref. Par réel désir de m’instruire et immense respect a priori de la chose imprimée, je me faisais un devoir de terminer tous les livres que j’entamais, même les plus abominablement ennuyeux (pour rester poli).

    Mais, les deux premiers livres qui me sont tombés des mains dans ma carrière de brave petit lecteur adolescent ont précisément été "Le Château" et "Le Procès". Une fois adulte, je n’ai plus eu envie de les ouvrir.
    Je les conserve par sentimentalité pour les couvertures de la collection du "Livre de Poche", années 60 (si certains en croisent encore chez les bouquinistes)

    (Si certains vont encore chez les bouquinistes).

    Merci M. Guyénot, pour votre analyse de ces œuvres (et tout votre travail).

     

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  • #1959882
    Le 7 mai à 01:35 par Gilles
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    Marrant on m´avait pas sorti cette théorie à la fac.
    Je crois que c´est Steiner, dans son délire shoatique qui disait que Kafka avait inventé l´univers concentrationnaire ; dés les années 1910. On sort plus con de la fac à la sortie qu´à l´entrée. J´ai même vu sa tombe -à Kafka-, au cimetière juif de Prague, on filait une kippa en papier à l´époque pour entrer. J´en ai donc mis une dans ma vie ! Ce que je trouve admirable c´est sa correspondance, le reste je dois être trop con pour comprendre, même si j´ai toujours dit que c´était un génie comme tout le monde le dit. Monsieur K était enfermé, condamné, maltraité. C´est donc ca le génie.

    La question est de savoir si tout ces génies pragois, viennois, allemands du début du XXème ont vraiment une grande valeur littéraire. J´ai plus qu´un doute. Déjà le plus grand des génies qui te dit que " l´enfant est un pervers polymorphe ". Le goy est vraiment un trou de connerie sans fond pour bouffer ca, et tout les plats avariés .

    Merci Hervé Ryssen. Faudrait que les étudiants lisent ces analyses pour laver les ecuries d´Augias. Dans un monde à l´endroit.

     

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    • #1959966
      Le 7 mai à 10:28 par Que Toute Chair Fasse Silence
      Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

      "J ai toujours dit que c était un génie comme tout le monde le dit"
      C est exactement ça. Tout est là !
      Et encore vous, vous l aviez lu !
      Je n ose même pas imaginer le nombre de gens qui répètent que Kafka est un génie sans même l avoir lu !
      Demandez aux gens qui est leur poète préféré, ils vous répondront invariablement : Baudelaire ou Rimbaud. Demandez leur alors de n en citer ne serait-ce qu un vers !

       
  • #1959977
    Le 7 mai à 10:46 par kafkaïo
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    Rubrique : je fais du Kafka :
    "Lorsque la France s’éveilla un matin, au sortir de rêves agités, elle se trouva dans le lit de la Seine, métamorphosée en femme-poisson. Elle reposait sur son dos qui était couvert d’écailles, et, en soulevant un peu sa tête hameçonnée, apercevait son ventre bombé, brun, au-dessus duquel un tunnel, sur le point de dégringoler, faisait pression. D’impuissance, sa queue de poisson, d’une taille comparable à l’insignifiance du reste, fit quelques embardées.
    "Qu’est-il advenu de moi ?" pensa-t-elle. Ce n’était pas un rêve. Sa chambre, une vraie chambre des députés, était là, paisible et grotesque entre les deux rives familières...
    "Mes chers parents, déclara le frère en frappant de la main sur la table par manière d’introduction, cette situation ne peut pas durer. Si vous ne vous en rendez pas compte, moi je le sens.
    Je ne veux pas prononcer le nom de la France en parlant de cette république qu’il y a ici-bas, je vous dirai donc simplement : il faut chercher à nous débarrasser de ça.
    Nous avons fait tout ce qui était humainement possible pour la piquer et la crever ; je crois que la Finance ne pourra nous adresser le moindre reproche."

     

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  • #1962690
    Le 10 mai à 16:42 par Prune
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    WOW !

    Excellentissime article empli de références qui me sont désormais incontournables et à découvrir. Grand merci à vous, M. Guyénot, vous ne manquez pas de conséquence pour continuer à avoir raison.

    Je n’émettrai que quelques réserves sur les mots "meschugge" mot allemand quasi inconnu issu du Yiddish, et "ataviquement" qui, semble-t-il, n’existerait pas. Mais rien ne vaut le partage et l’invention, rien.

    BRAVO !

     

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  • #1966928
    Le 16 mai à 16:12 par damien
    Kafka, la judéité et le complexe d’Isaac

    Plutôt que le point de vue psychanalytique, qui, parce que psychanalytique, rate forcément sa cible, la psychanalyse ratant tout ce qu’elle fait depuis qu’elle existe, lisez plutôt le beau livre de Gilles Deleuze sur Kafka (Gilles Deleuze peu soupçonnable de judéophilie excessive ou encore moins de sionisme) qui met très bien en lumière ce qu’il y a d’original et de bon à prendre chez cet écrivain, qui se retrouve malheureusement ici à l’état de drôle d’objet d’étude piétinante-jetable-détestable. Une lecture recommandée en sus de celle-ci.

     

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