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Les Philippines enclenchent la rupture d’un pacte militaire historique avec les États-Unis

Manille a annoncé le 11 février sa volonté d’abroger le Visiting Forces Agreement, entente juridique permettant le stationnement des forces armées américaines aux Philippines et l’organisation d’exercices militaires conjoints.

 

Les Philippines ont annoncé le 11 février leur décision de rompre le pacte militaire majeur qui liait l’archipel et les États-Unis au sein d’une alliance historique, déclenchant un compte à rebours de six mois avant la résiliation effective de l’accord.

Le Visiting Forces Agreement (ou VFA, accord sur les forces étrangères), signé en 1998, offre un cadre légal à la présence aux Philippines de troupes, ici américaines, ainsi qu’à l’organisation d’exercices militaires conjoints.

« La résiliation du Visiting Forces Agreement a été notifiée au chef de mission adjoint à l’ambassade des États-Unis » à Manille, a indiqué sur Twitter le ministre philippin des Affaires étrangères Teodoro Locsin. Précisant ensuite : « Par courtoisie diplomatique, il n’y aura pas d’autre annonce factuelle suite à cette évolution qui s’explique d’elle-même. »

Le président philippin Rodrigo Duterte, connu pour ses provocations, a régulièrement menacé depuis son élection en 2016 de mettre fin à l’alliance de son pays avec les États-Unis, au profit de la Russie ou de la Chine.

Il avait spécifiquement menacé de résilier le pacte militaire VFA en 2016, puis de nouveau en janvier dernier, après l’annulation par les États-Unis d’un visa pour l’ancien chef de la police du pays Ronald Dela Rosa, aujourd’hui sénateur. Washington n’avait pas justifié sa décision, mais Manille y avait vu une sanction contre la sanglante guerre contre le narcotrafic engagée par Rodrigo Duterte dans l’archipel, très critiquée à l’étranger.

En réaction, Rodrigo Duterte a déjà refusé l’invitation du président américain Donald Trump à se rendre à un sommet États-Unis-Asean (Association des nations d’Asie du sud-est) en mars.

 

Une décision qui divise le pays

Le Visiting Forces Agreement divise aux Philippines, la gauche et les militants nationalistes dénonçant de longue date le traitement spécifique réservé aux militaires américains accusés de crimes.

Ses défenseurs, au contraire, font valoir que sa résiliation compromettrait la capacité de l’archipel à se défendre par ses propres moyens et déstabiliserait les efforts des États-Unis visant à contenir les ambitions de Pékin en mer de Chine méridionale.

Un porte-parole du président philippin a confirmé l’envoi de la notification aux États-Unis. Le pacte prévoit une période de 180 jours avant la résiliation effective de l’accord, laissant la porte ouverte à de possibles négociations entre les deux parties. L’ambassade américaine à Manille n’avait pas réagi dans l’immédiat, le 11 février.

Ancienne colonie américaine (1898-1946), les Philippines ont des relations culturelles et économiques très fortes avec les États-Unis : les deux pays sont notamment liés par un traité de défense mutuelle et les forces américaines assistent depuis des années les Philippins dans diverses tâches liées à la sécurité de l’archipel.

 

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