C’est sûr que c’est toujours mieux que d’avoir à ronger le bois avec ses dents !
Pour autant, les dos scie des machettes sont généralement vraiment mauvais. Schématiquement, il y a deux types de scies : les avoyées, et les non-avoyées. Les scies avoyées se caractérisent par le fait que les dents sont légèrement pliées d’un coté ou de l’autre de la lame, qui est alors réalisés généralement dans une tôle assez mince et d’épaisseur constante. Les scies non-avoyées, pour ne pas être freinées dans le bois, doivent s’amincir constamment de la pointe des dents jusqu’à l’arrête du dos.
Tu regarderas la scie de ton couteau suisse, elle n’a pas les flancs parallèles et plats, mais ils sont biseautés vers l’intérieur. Sans la voie ou le biseautage, il peut devenir très difficile de couper à plus de 3cm de profondeur, car la lame frotte sur toute la surface de la coupe, ce qui nécessite de fournir un effort sans cesse croissant pour couper généralement de plus en plus lentement (à cause de la rotondité de la branche). Malgré leur petite taille, les scies des couteaux suisses sont de bonne scies.
L’intérêt de la machette à dos scie est le faible poids pour l’apparente multi-fonctionnalité. Mais maintenant qu’on sait que la scie est quasiment inutilisable (mauvaise ergonomie, problème de l’avoyage, mauvaise denture), examinons ce qui reste, à savoir la machette. La machette est particulièrement indiquée, à cause de son allonge et de son faible poids, pour la coupe de végétaux relativement tendres, même en masses compactes, en particulier sur d’assez longues périodes de temps. A vrai dire, en Europe, ce cas de figure se pose rarement. Pour être clair : on a pas de jungle, ici.
Par contre, on a beaucoup de bois, et ça tombe bien, parce qu’avec du bois on peut faire du feu et poser les bases d’un abri rudimentaire pour se protéger du froid, qui n’est pas un gros soucis dans les régions d’utilisation de la machette. On a donc intérêt à mettre l’accent sur l’exploitation du bois. Même si la machette "peut faire", est toujours mieux que rien, etc, il est plus sage de s’orienter vers la serpe, la scie "full size", ou la hache ou hachette. Bref, les outils qu’on a développé depuis des siècle pour l’exploitation du bois sous nos latitudes. Ca parait presque tautologique.
A mon sens, ce genre de réflexion d’optimisation basé sur l’usage est primordial dans la "survie". Elle est à mener à titre individuel, pour être adapté au mieux aux risques que l’ont craint de rencontrer.