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Marine Le Pen se pose en « meilleure ennemie » de Sarkozy

La vice-présidente du parti parie sur une fin prochaine de l’« état de grâce » du président de la République.

Début août, le satisfecit décerné par Jean-Marie Le Pen à Nicolas Sarkozy avait surpris. « Il fait une chose, qui est moralement positive, c’est qu’il tient un certain nombre de ses promesses », avait-il déclaré sur RTL, en jugeant que chacune des actions du président était « mûrement réfléchie, pesée, très bien informée et jusqu’ici assez bien réalisée ».

Changement de stratégie au Front national, après une campagne présidentielle très dure contre l’ancien président de l’UMP ? Le ton du président du parti, en tout cas ne fait pas l’unanimité. À commencer auprès de sa fille, Marine Le Pen qui, interrogée par Le Figaro, s’affirme « beaucoup plus sévère ».

La vice-présidente du Front national juge même que les cent premiers jours de Nicolas Sarkozy à l’Élysée sont « dans la même veine que ce que Jacques Chirac a toujours fait : des promesses, des effets d’annonce, mais lorsqu’on y regarde de plus près, rien est fait, ou presque ».

Et de pointer notamment du doigt les silences du gouvernement en matière d’immigration. « Le problème n’est pas réglé en profondeur. Il n’est pas réglé du tout. On nous parle d’immigration choisie, c’est une immigration supplémentaire », argue-t-elle, rappelant que le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale n’est jamais qu’une « coquille vide, sans moyen ». Les efforts de Nicolas Sarkozy pour relancer la construction européenne ? « Il semble ne pas avoir entendu le message des Français qui ont dit non au traité européen et mène une politique ultra-européenne. »

Préparer la « reconquista » du FN

En matière internationale, « c’est pire », poursuit Marine Le Pen. « Je ne suis pas sûre que les claques de Nicolas Sarkozy dans le dos de George Bush servent l’image de la France dans le monde. »

Quant à l’ouverture, la vice-présidente du FN y voit ni plus ni moins qu’une « foutaise », d’autant plus que quelques débauchages à gauche ne compense pas le fait que « quatre millions d’électeurs du Front national ne sont toujours pas représentés à l’Assemblée nationale ». Le contraste est fort entre le ton de Jean-Marie Le Pen qui, reçu à deux reprises à l’Élysée par Nicolas Sarkozy, ne s’est jamais montré aussi conciliant envers l’actuel chef de l’État, et sa fille qui semble vouloir reprendre l’étendard de la contestation de la droite au pouvoir.

Durant douze ans, le finaliste de 2002 avait fait de Jacques Chirac son « meilleur ennemi », selon sa propre formule. Possible successeur de son père, Marine Le Pen reprend à son compte la formule en l’appliquant au successeur de Chirac.

Pariant sur une fin prochaine de l’« état de grâce », elle entend déjà préparer la « reconquista » du FN sur la lassitude des Français devant « les futures promesses non tenues du président ».

Ses 41,7 % au second tour des législatives à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) ont dopé son moral, et conforté sa stratégie, très critiquée à l’intérieur du FN après le revers de son père à la présidentielle (10,44 %)

Elle rêve de créer la surprise aux municipales en 2008 et réfléchit au congrès d’octobre. Dans l’immédiat, son rival Bruno Gollnisch n’est pas en mesure de lui disputer la vedette. Victime d’un malaise cardiaque, le délégué général du FN a été hospitalisé en urgence la semaine dernière et a subi un quadruple pontage.


Raphaël Stainville

Source : http://www.lefigaro.fr