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Adrien Sajous – Remarques complémentaires à propos du virtuel

Remarques complémentaires à propos des jeux vidéo, des univers virtuels en général et des absurdités diverses qui gravitent autour d’eux

Première fournée

 

1 - Des programmes

Certains espaces virtuels présents reproduisent si fidèlement notre réalité passée qu’on y trouve non seulement des reconstitutions de villes entières, mais également, simulées par des programmes, toutes les activités humaines dont ces villes étaient constituées.

Cependant, il serait bien idiot de s’extasier sur la puissance de calcul informatique autorisant de tels exploits, car c’est bien plutôt l’impuissance de l’homme à vivre selon ses propres volontés qui a fait que le moindre de ses comportements puisse être reproduit et simulé par de simples équations mathématiques.

Autrement dit, que l’homme puisse aujourd’hui exister dans des programmes ne s’explique que par la programmation déjà accomplie de toute son existence.

 

2 - Du lien social

Le mode de production capitaliste fait que les individus exploités ne peuvent quasiment plus compter que sur leur travail pour développer du lien social, mais il fait aussi que ce travail leur est constamment dérobé par des machines plus rapides et moins coûteuses. Le travail en général finit ainsi par perdre tout sens et toute raison d’être, les rapports sociaux meurent avec lui et la population se voit plongée dans une solitude folle en plus d’être abandonnée dans une misère noire.

C’est cette solitude et ce vide existentiel moderne en général dont le virtuel se nourrit en créant, ici et là, des richesses sociales et existentielles relatives.

Par ailleurs, et pour ne pas arranger les choses, l’impuissance du système politique devenant tout à fait visible, un grand sentiment d’abandon se répand partout et fait que tout le monde n’en a plus rien à foutre de personne.

 

3 - Du Japon et de ses produits

En France, on aura beau subir le triomphe de la modernité, on sera toujours mieux lotis que ces pauvres Japonais. Oubliés de Dieu, ils ne reçurent jamais la visite du Christ, leurs marchands ne furent jamais inquiétés et les lois du commerce purent s’étendre librement au Japon jusqu’à ce que le moindre des rapports humains soit asservi aux volontés de l’argent.

À présent, il règne chez eux une misère affective et sexuelle si inouïe que la pornographie en a fait un gigantesque marché, qu’elle s’est emparée de l’imaginaire érotique de toute la population et qu’elle a élevé son niveau de fétichisme au-delà de tout ce qui était humainement imaginable.

Remarquons aussi que les Japonais se construisent des robots humanoïdes toujours plus réalistes, sans craindre le moins du monde que cela ne se termine en Frankenstein, ou en enfer. De plus, voyant là une formidable issue aux problèmes affectifs et sexuels qui les touchent et dont nous parlions plus haut, ces avancées technologiques les réjouissent et les amusent tandis qu’elles produisent encore chez nous un vif sentiment de gêne et d’inquiétude.

Mais après tout, peut-être est-ce notre rapport au monde qui a toujours différé du leur, car si nous mangeons des animaux comme tous les Japonais, contrairement à eux, à l’exception de quelques coquillages, il ne nous viendrait pas à l’idée de les consommer vivants.

*

L’origine du trait simple et grossier qui caractérise le manga n’est pas attribuable à un artiste particulier qui aurait voulu produire une beauté nouvelle, mais à une économie particulière qui a voulu produire tout court, de tout, à tout prix, et tout cela le plus massivement et le plus rapidement possible.

Le style particulier de la culture manga n’est donc pas un style à proprement parler, mais seulement le signe visible d’une industrie culturelle produisant vite, en masse et à bas coût.

*

La culture japonaise de masse et la culture manga plus particulièrement est traversée par une véritable pédophilie qui finit par assumer pleinement son projet dans tout un ensemble de catégories fétiches comme celle du lolicon. Cependant, il n’est pas question d’accabler nos amis Japonais plus qu’ils ne le sont déjà, car cette pédophilie n’est pas issue d’un agencement particulier de leurs neurones, ni d’un segment spécifique de leur ADN, mais seulement de l’implacable concurrence à laquelle obéissent tous leurs objets et tous leurs rapports sociaux.

En effet, cette concurrence fait que les nouveaux produits ne parviennent plus à s’imposer sur les marchés qu’en faisant croire qu’ils seraient meilleurs que leurs prédécesseurs. Le matraquage publicitaire de ce mensonge devient alors si violent que non seulement la foule de consommateurs finit par l’admettre, mais c’est aussi toute la société qui finit par fonctionner d’après ce postulat, faisant du progrès une idéologie et de l’avancée technologique une religion. Voila comment un nombre incalculable de produits parfaitement inutiles peuvent être vendus chaque jour à des gens qui les achètent sans même savoir pourquoi.

Bien que tout cela ne soit donc qu’une gigantesque tromperie publicitaire, les masses l’admettent bien volontiers, font de la nouveauté un gage de satisfaction et se mettent à considérer les produits comme d’autant plus désirables qu’ils sont neufs et qu’ils viennent de sortir. Les produits culturels et pornographiques japonais étant soumis à cette même concurrence, ils se font vendre en produisant le même mensonge, auquel les Japonais adhèrent de la même façon, et les corps sont ainsi transformés en objets d’autant plus désirables qu’ils sont jeunes. Adolescents et enfants sont alors vendus comme des produits sexuels de premier choix, et ce, sans que personne n’en soit dérangé, la concurrence et son mensonge publicitaire étant parfaitement admis par tout le monde dans ce pays.

Comprenons donc bien que la pédophilie japonaise n’est pas japonaise, mais que le Japon est simplement le lieu au sein duquel cette horreur inhérente au mode de production capitaliste put s’exprimer le plus tôt et le mieux.

*

Après s’être emparé des rapports sociaux, le virtuel tente maintenant de s’emparer des rapports sexuels en produisant des jeux vidéo pornographiques. Compte tenu des remarques formulées juste avant, nous comprenons bien pourquoi c’est au Japon que ces produits apparaissent le plus tôt et le mieux, mais aussi pourquoi, dès aujourd’hui, ces jeux vidéo pour adultes mettent en scène des enfants.

*

Malgré leur virtualité, ces produits pourraient légitimement être qualifiés de sataniques, mais encore faudrait-il pour cela que le satanisme ait un sens au Japon.

Peut-être sont-ils tout simplement inqualifiables.

 

4 - Du cosplay

De toutes les âneries du capital, la pratique du cosplay n’est certainement pas la pire mais elle en est une qui mérite tout de même d’être remarquée. Elle consiste à se déguiser en personnages de films, de mangas ou de jeux vidéo, pour participer à des regroupements de gens qui font la même chose. Cependant, ces personnages étant issus d’univers imaginaires, ils ne pourront être déportés dans notre réel que comme des étrangers, d’où l’étrangeté de l’ambiance qui plane autour d’eux lorsque des cosplayers les incarnent et les font s’agiter dans le vide.

Certains nous diront que les fêtes et les déguisements ont toujours existé, que le cosplay n’a rien de plus idiot que tous les carnavals du monde et que l’incarnation de ces personnages imaginaires ne peut sembler étrange qu’aux gens dénués d’imagination.

Pour leur répondre, faisons simplement remarquer qu’il ne faut aucune sorte d’imagination pour incarner des personnages de jeux vidéo, puisqu’il suffit pour cela de reproduire les quelques mouvements auxquels ils ont été programmés. À ce niveau, la pratique du cosplay ne consiste donc qu’à célébrer joyeusement la programmation de l’existence humaine dont nous parlions plus haut, en invitant des humains à imiter des programmes alors que ces programmes imitaient déjà des humains.

Ensuite, en ce qui concerne les personnages de mangas, on se demande bien comment ils peuvent fasciner autant alors qu’ils portent sur eux non seulement toute la laideur et la grossièreté de l’industrie culturelle japonaise qui les a produits en masse, mais aussi toute la sur-sexualisation pornographique de la société sous-sexualisée dont ils sont issus. À ce niveau, le cosplay n’est donc qu’une excuse parmi d’autres pour autoriser de très jeunes femmes à déambuler quasi nues au milieu d’une foule de jeunes hommes venus spécialement pour les admirer.

Chacun fait ce qu’il veut de ses weekends, mais qu’on ne vienne pas nous faire croire que la pratique du cosplay nécessiterait une imagination folle, qu’elle serait en mesure de produire un niveau de beauté remarquable et que tout cela constituerait une culture profonde et complexe. Il n’est pas question de vouloir interdire ceci ou cela, ni même de proposer mieux, mais d’admettre simplement que rien de révolutionnaire ne surgira du cosplay.

 

5 - Des jeux vidéo indépendants

Lorsqu’un jeu vidéo n’est pas produit et distribué par la gigantesque industrie du divertissement mais par des passionnés ou de petites entreprises, il est qualifié d’indépendant.

Or, ce n’est pas parce qu’une marchandise spécifique échappe à la production de masse qu’elle en devient indépendante, puisque c’est précisément par rapport à cette production de masse qu’elle peut se valoriser comme telle.

Contrairement à ce qu’il annonce, le jeu vidéo indépendant n’est donc pas plus indépendant de l’industrie du divertissement que la nourriture bio ne l’est de l’industrie agroalimentaire, et c’est d’ailleurs si vrai que les micromarchés de ce genre sont régulièrement absorbés par l’industrie pour être intégrés à la production de masse, faisant que de nouveaux micromarchés réapparaissent, pour être absorbés à leur tour, et ceci à l’infini tant qu’il y aura du capitalisme.

Le jeu vidéo « indépendant » est donc d’une meilleure qualité que le jeu vidéo industriel, mais les flatteries s’arrêtent là, puisqu’en dernière instance il s’intègre parfaitement au panel de marchandises virtuelles qui font le marché du divertissement et va même jusqu’à participer à son renouvellement régulier. Par ailleurs, le jeu vidéo indépendant produit la même médiation entre le joueur et sa propre existence que le jeu vidéo classique, il engendre la même passivité et les foules solitaires ainsi obtenues ne diffèrent en rien de toutes celles qui pouvaient exister avant lui.

 

6 - De la fin des haricots

Apparaître instantanément, se multiplier à l’infini, circuler librement puis disparaître sans laisser la moindre trace : voici ce dont la marchandise a toujours rêvé, ce que le réel lui a toujours interdit mais ce que le virtuel lui autorise enfin.

*

Les plus beaux rêves de la marchandise sont aussi les pires cauchemars de l’homme. Le virtuel synthétisant les uns, il faudra s’attendre à ce qu’il synthétise également les autres pour devenir le pire cauchemar qu’on ait jamais vu.

 

7 - Du renouveau

De la crise économique à la crise écologique en passant par la crise migratoire, on ne compte plus les catastrophes qui arrivent sur nous. Cependant, n’oublions pas d’observer le virtuel avec la même attention, car il pourrait bien devenir la catastrophe faisant que nos enfants seront incapables d’affronter toutes les autres.

Adrien Sajous

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Article ancien.
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19 Commentaires

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  • En ce qui concerne les mangas et le cosplay, vous avez vus que la partie émerger de l’iceberg et si vous creusez un peu vous trouverez de belle pépite ; et vous serez surpris qu’il faut de l’imagination pour fabriquer les costumes.

     

    • Du temps et des matériaux, peut être un peu de technique et quand même un brin de jugeote pour assembler certaines parties qui ne tiendrait pas autrement. Je suis pas particulièrement fan de ce type d’événement mais il y a du boulot derrière et une certaine concurrence à celui qui aura le plus beau, donc qui demande plus de travail à confectionner.


  • Excellente analyse .Dommage que certaines reflexions ne soient pas plus développées que cela.

     

    • Analyse fausse, orientée, et qui montre une méconnaissance totale du sujet. Que cela concerne le Jeu Vidéo, et les mangas (je ne réagirais pas à tout).

      Concernant les mangas, depuis bien des années, nous avons affaire à des oeuvres à part entière, qui traitent souvent de sujet de fond, avec beaucoup de subtilités. Dois-je citer Gunnm ou Nausicaa ? On a des animés récents tout aussi bons d’ailleurs, et qui souvent, véhiculent des valeurs très saines (non, le manga, ce n’est pas que du cul et de la violence). On ne peut hélas en dire autant des créations françaises entre autres, loin de ce qu’elles ont pu être dans les années 80 par exemple.

      Pour le Jeu vidéo, considérer que l’offre indépendante est meilleure que ce que l’on appelle par exemple les AAA (gros jeux éditeurs), c’est aussi une énorme blague. Je n’ai vu aucun jeu indé avoir l’ambition du dernier Zelda, ou d’un Bloodborne, avec des thématiques fortes, une directions artistique exceptionnelle, un gameplay transfiguré. Le jeu vidéo n’est pas qu’un passe temps. Ni un poison. Il n’y a pas que Call of et Fifa. Simplement, il faudrait aussi que les parents s’intéressent à ce que font leurs enfants.

      Je n’irais pas plus loin. Cet article ne fait que réciter ce que beaucoup veulent entendre ici. Sauf qu’en terme de créativité, on est très loin des japonais sur les deux domaines que je viens d’énoncer. Pour le reste, c’est de la critique facile. Inutile d’approfondir. mais de grâce, quand on ne connait pas un sujet, mieux vaut éviter d’en parler. De grâce ...


  • Malgré ses défauts, le Japon à une culture très intéressante et les japonais sont bien plus civilisés sur certains points que les Français ou les européens.

     

  • #1693136

    Je viens de terminer Sociologie du gamer, un vrai régal.
    Excellent complément ici, félicitations à Adrien Sajous pour la qualité de ses réflexions !


  • Etant auteur de bande dessinée/manga, je trouve cet auteur bien à côté de la plaque... désolé =/

     

    • Je serais ravis si vous pouviez développer votre point de vue .Quesqui vous semble faux dans les reflexions proposées ?


    • Effectivement, une partie des remarques d’Adrien Sajous ne sont pas sans fondements, tandis que l’autre dénote un certain nombre de lacunes.
      Concernant le manga entre autres : jamais la technique de dessin n’a été autant poussée et maîtrisée, s’agissant entre autre du mouvement et de l’action, que dans les mangas. En s’intéressant à la calligraphie japonaise on comprend que cela n’est probablement pas un hasard.
      La réflexion sur le sexe et la pornographie n’est pas très éloignée de la réalité.
      Quel pêché d’orgueil par contre, que de tirer vanité d’être issu d’un pays ayant été "choisi" par la religion du Christ, ça me rappelle une partie d’une certaine communauté s’enorgueillir d’être le "peuple élu".


    • il y a une énorme différence entre manga et lolicon le manga est une BD japonaise c’est de l’art, de la créativité.
      Il existe beaucoup de manga ou il y a beaucoup de moral et pas de relation sexuelle. D’autre manga sont destiné aux adultes mais rien a voir avec le lolicon. Le lolicon c’est directement orienté vers la pédophilie.

      C’est comme les films, c’est pas parce que certain ont créé les film porno que systématiquement tout les films seront jugé porno. c’est du n’importe quoi !! il faut savoir faire la différence entre l’art et l’horreur quand même !!!


    • Je n’adhère pas non-plus à ses propos sur les mangas car le fait d’en faire une généralité démontre la méconnaissance du milieu.
      Je vous invite a découvrir l’anime "Monster" qui pour moi est un chef d’œuvres
      En gros un thriller archi poussé plein de rebondissement qui détrônerais tout les NCIS et autres m... du genre

      malgré tout je trouve que sont propos est intéressant en ce qui concerne les jeux vidéos je n’ai pas lu le livre mais j’ai écouter son interview sur ERFM .

      j’entend bien qu’il a "décrocher" de l’univers des jeux vidéos mais je n’aime pas la façon qu’il as de culpabilisé le joueur


    • Pour répondre à Teltel,
      C’est que ce genre de réflexion sur le sexe et la violence du manga, soit disant, ça fait très Ségolène Royal et Famille de France, très années 80. Je n’étais pas né à l’époque mais je connais l’image du manga à ce moment là... C’est très cliché.
      D’abord de mon point de vue, le manga, au même titre que la BD européenne, le comics, tout comme le cinéma, c’est de l’art séquentiel. Le langage est le même et ce n’est pas une "catégorie" à part. C’est un ensemble avec des sensibilités différentes.
      _Il existe bien sur des oeuvres critiquables, comme énoncées dans l’article, en revanche comme dit le patron, c’est ne pas comprendre la ou les causes de l’existence de ces oeuvres (comme dit par un VDD, Lolicon, pornographie mettant en scène des personnages à apparence très juvéniles etc...- Au passage leur pornographie, même dans le manga, est souvent censurée contrairement à nos BD grivoises de "chez nous" ). C’est un peu demi-malhonnête pour reprendre les propos du Taulier à propos de Laurent Obertone.
      Il serait bon de comprendre les moeurs et l’hypocrisie ambiante du Japon pour comprendre l’existence de ses oeuvres. A noter que je ne les cautionne pas.
      Mais on est tellement loin de tout ça. Il existe des oeuvre riches comme Ghost in the Shell (1995 pour le film d’animation et un peu avant pour le manga originel) qui parle de transhumanisme. Après, il est évident qu’il y des histoires plus légères, ou plus profondes avec différents niveaux de lecture. C’est normal.
      Mais même pour des oeuvres de divertissement, on peut trouver des thrillers/Polars de Naoki Urasawa (Monster, Billy Bat) qui pour l’une d’entre elle aborde certaines théories du complot, je pense notamment à l’assassinat de JFK du point de vue de Oswald, la montée d’un "Walt Disney" faussaire/escroc, même de l’alunissage "filmé" avec des effets spéciaux en 1969 par un réalisateur très connu. Bien sur c’est une fiction, mais elle a beaucoup de mérite. Ou encore les bouquins d’inio Asano qui sont des tranches de vie/critiques sociales du Japon, Bonne Nuit Punpun, Solanine, La Fille de la Plage...
      Il pourrait être bon aussi de comprendre l’industrie du manga héritée de celle des comics d’après guerre. Le système éditorial est bien différent du notre par exemple.
      On pourrait en parler des heures, c’est mon métier, ça me passionne, j’essaie d’en vivre et justement d’élever le débat hors de ces clichés assez malhonnêtes. Après pas la place :p


  • Cet addendum semble démontrer que le livre mérite d’être complété. Ce champ de réflexion est encore en évolution, voire en expansion.
    Peut-être Sociologie du Geek ?


  • Commentaire 1/3

    On dirait du Zemmour, un mélange de vérités et de raisonnements logiques couplés à des sorties inattendues et complètements péremptoires, comme disait le Professeur Choron "c’est des mots de ma mère, c’est des mots de ma grand mère".

    Déjà non, les japonais n’ont pas eu besoin de Jésus pour se forger des valeurs humaines qui allaient à l’encontre des lois du capitalisme. La preuve en est la mafia japonaise, les yakuzas, qui sont d’un haut niveau moral comparé aux autres mafias du monde, et maintiennent ainsi un certain niveau dans le monde de la criminalité japonaise. D’ailleurs la perte des valeurs est un problème auquel ils ne font face qu’actuellement, à cause de la mondialisation.

    C’est justement parce que les japonais ont un grand sens de l’honneur et qu’ils s’adaptent mal au changement que la misère sexuelle est née, suivis de l’explosion du porno. Les japonais, comme les sociétés asiatiques en général, sont portés sur l’idée de devoir et de communauté, à l’opposé des communautés occidentales portées sur les droits et l’individualisme. Ils sont pris dans la tenaille entre le code d’honneur de la tradition écrasante, inamovible, la pression sociale des anciens qui sont impitoyables avec l’honneur, qui veut que l’homme soit responsable de la sécurité économique de la famille et que la femme reste au foyer s’occuper des enfants ; et l’autre morceau de la mâchoire qui est la vie sous le capitalisme qui devient extrêmement difficile même avec deux salaire encore plus au Japon qu’ici, le japon ne se portant pas très bien d’un point de vu guerre économique. Les jeunes japonais plutôt que de se satisfaire dans le plaisir de la chair ou de fonder une famille en faisant travailler les femmes pour élever difficilement un gosse, sont bloqués, on ne se met pas en couple aussi facilement au Japon qu’on le fait dans nos pays latin.

    Quand à la création de masse et l’utilisation des bas instincts dans le culturel, il y a une grosse critique de ce mercantilisme amoral, de l’automatisation de la création culturelle, de la consommation abrutissante et nihiliste, venant des pontes de la japanimation (Miyazaki, Anno). C’est malhonnête, ou sincèrement faux, de dire que le japon ne produit que de l’abrutissement de masse comme le fond les américains. Au contraire les japonais sont des perfectionnistes, produisent de la qualité. Ils se renseignent, eux, pour parler d’un sujet de manière très précise.


  • Commentaire 2/3

    Les mangakas bossent avec leur maison d’édition et ont donc une ligne directrice qui inculque forcément des limites et de la morale. D’où l’impossibilité pour les réseaux LGBT de pénétrer le Japon actuellement à l’inverse de la création culturelle américaine. Les japonais ne prennent pas leurs clients pour des vaches à lait comme le font les américains, ils ont un respect profond qui découle encore une fois d’une certaine tradition. Le manga a émergé durant l’après guerre et avait pour but de donner des héros, de remoraliser les très jeunes japonais après les catastrophes causés par la guerre, c’est ça l’origine du manga, Astro Boy. Donc dire que les personnages de manga portent sur eux toute la laideur et la grossièreté de l’industrie culturelle japonaise, c’est moyen.

    Certaines personnes apprennent la couture et la conception de vêtements grâce au cosplay, et quand certains cherchent l’authenticité, d’autres au contraire sont très imaginatifs, décalés et originaux, rejoignant bien le déguisement. C’est une activité très sociale, festive, culturelle, de communion autour de passions partagés. Donc dans pas mal d’aspects plutôt sain et vivifiant. C’est voir les choses par le petit bout de la lorgnette de réduire ça à un truc d’allumeuses et de pervers, même s’il ne faut pas nier ce courant minoritaire, qui plus est au japon, c’est quand même plus subtil que ça. Les japonais se servent de ses moments de détente, comme l’évasion que procure les mangas, pour oublier leur vie pragmatique et rude. C’est le complément indispensable aux impératifs capitalistes très violent, au bon fonctionnement de la société, comme disait Marx, l’opium du peuple.

    La critique du jeu indé pourrait être elle aussi intéressante si elle ne se finissait pas sur une injonction arbitraire et grossière. Que dire des jeux vidéo vraiment indépendants, càd ceux dont les créateurs se moquent plus ou moins de le vendre à terme, voir de le finir, qui crée des communautés de contributeurs qui participent donc à la création et a la vie du jeu. J’ai du mal à voir la passivité ? Que dire des mods d’ailleurs ? Que dire des mecs qui prennent les modèles 3D des jeux vidéos pour faire des vidéos 3D ?
    Sinon, cette phrase aussi est un peu bizarre : "Le jeu vidéo « indépendant » est donc d’une meilleure qualité que le jeu vidéo industriel", moi j’ai toujours vu l’inverse, je ne connais pas de film indépendant d’une meilleure qualité qu’Avatar.


  • Commentaire 3/3

    Encore une autre question subtile, le problème de la pédophilie au Japon. Rappelons déjà que le niveau de criminalité est très bas au Japon, d’où un certain laxisme sur le culturel. Ensuite dissocions les jeunes filles à fortes poitrines mises en avant dans les mangas / anime / jeu vidéo / mannequin, pour des raisons bassement commerciales effectivement, sans parler d’un autre sujet qui est la prostitution de jeunes écolières au delà de 14 ans qui nous rappelle notre affaire des ballets roses ; dissocions cela des fétichismes en tout genre et donc du lolicon qui est le porno ou la représentation sexué d’enfants en bas age. Rappelons déjà qu’être fan de manga est mal vu au Japon, donc le lolicon et tout autre déviance extrême sont à fortiori vraiment mal vu en dehors du monde des otakus, la vie japonaise normale.

    Les japonais étant effectivement des bourreaux de productivité, que ce soit dans le travail comme dans leurs loisirs ou passions, il est logique que de toute cette productivité effréné découle le meilleur comme le pire : de la créativité musicale, culturelle, artistique, Tokyo qui est devenu la ville de la mode loin devant Paris ; comme une dégénérescence extrême dans le porno, une exacerbation des déviances et des fétichismes qui n’est jamais que le corollaire d’un jusqu’au boutisme et d’une grande productivité.

    Donc il faudrait savoir, les gamers, les japonais, sont ils trop passifs, où sont ils trop productifs ? Alors ?

    Moi j’ai surtout l’impression que juger trop vite c’est donner le bâton pour se faire battre et surtout s’antagoniser la communauté "geek" qui représente notre avenir et les forces vives, d’autant plus sur internet, et à qui il faudrait au contraire parler de manière autrement plus sensé, plutôt que de systématiquement les insulter, comme le fait déjà très bien le système d’ailleurs. Venant d’un ancien no-life qui semble n’avoir vu et jouer qu’aux jeux vidéos les plus abrutissants, c’est d’autant plus immonde et insultant. Ça me fait penser aux mecs qui changent de camp et deviennent les plus radicaux, les anti, détracteurs jusqu’à l’absurde, comme pour essayer de se purifier.

    Essayons de faire monter le niveau, merci.

     

    • Je ne suis pas d’accord avec le passage sur la qualité de production des mangas, le système éditorial japonais est, hélas, en grande partie un système de vache à lait.
      Cependant, c’est le sens de mes précédents messages. Il faut élever la réflexion sur ce sujet !


  • Le manga "Ushijima" parle, à travers l’histoire d’un yamikin, de l’endettement et de la déchéance du Japon, de l’argent-dette, etc.

    Ghost in the Shell (pas le film américain merdique, l’animé japonais de 1995), s’interroge sur les méfaits du virtuel, le transhumanisme, la définition de la conscience, etc.

    Quand on cherche des oeuvres intéressantes, on les trouve.