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Chronique du Petit dictionnaire maurrassien de Stéphane Blanchonnet : le présent de l’intelligence

« Vous existez encore !? », raillerie bien connue de ceux qui se sont essayés à la vente à la criée de l’Action française. En ce début d’année 2018, malgré un hiatus malheureux et temporaire de ce journal, son plus célèbre directeur de publication Charles Maurras existe plus que jamais, et le mouvement politique homonyme se porte comme un charme.

 

Les invectives geignardes à son encontre perdent un peu de leur force à chaque répétition ; des sections éclosent et croissent un peu partout ; entre respect et ressourcement, la tradition de la plus ancienne institution nationaliste française reste vivante.

Dans ce contexte, il faut bien instruire les nombreux jeunes militants. L’AF n’a jamais lésiné sur la formation. Hélas, quiconque a pu jeter un œil sur les archives du mouvement aura constaté que l’abêtissement généralisé de la population touche aussi les royalistes : les cercles de formation des années 20 portaient sur Bergson, Hegel ou Poincarré, aujourd’hui on annone la liste des rois de France. Merci mai 68 !

 

 

C’est tout l’intérêt du petit livre de Stéphane Blanchonnet que de s’adresser à la génération des réseaux sociaux et de la dyslexie acquise. Professeur en lycée, il constate sans doute au quotidien cette baisse du niveau qui rend plus difficile d’accès la « cure d’altitude mentale » (selon le mot célèbre de Proust) constituée par l’AF à ses grandes heures. Plutôt que d’abandonner les jeunes à la médiocrité hanounesque, Blanchonnet se met à leur niveau et propose un résumé succinct de la doctrine. Le militant confirmé et l’historien des idées, ceux qui en sont déjà aux commentaires des commentaires de Pierre Boutang, n’y apprendront pas grand-chose, c’est entendu. Mais petit royco deviendra grand, à condition de commencer quelque part.

Si la forme de l’abécédaire permet d’ouvrir l’ouvrage à n’importe quelle page, une sorte de plan s’impose néanmoins, qui commence logiquement par l’Action française elle-même et des thèmes rassembleurs comme le « Compromis nationaliste », pour sur la fin aborder le sujet épineux des « Quatre États confédérés » et la question du « Roman national ». Chez Blanchonnet aussi, l’empirisme organise !

Trois annexes continuent et achèvent ce travail pédagogique : une courte chronologie de l’AF, un texte sur la nécessité d’actualiser Maurras tout en revenant toujours à lui, et des conseils de lecture. Blanchonnet y rappelle que « le maurrassisme est un humanisme » et que la familiarité avec le canon européen demeure le meilleur viatique pour une plongée dans l’œuvre du Maître.

À vos cannes et à vos livres, freluquets !

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1 Commentaire

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  • Je n’aime pas trop le terme "Intelligence". Bien sûr Maurras était intelligent et les maurrassiens très intelligents, mais on ne peut pas faire grand chose de l’intelligence politiquement parlant, étant donné que sur ce terrain, les imbéciles ont très souvent raison face aux "intelligents".

    Le 6 février, Maurras corrigeait des vers grecs. On peut difficilement être plus bête.

    Le problème de l’AF dans l’entre-deux guerres, c’est qu’elle avait le culte très français du "Chef", culte militariste et bonapartiste (pas mal d’ailleurs) qui allait trouver sa conclusion dans la pétainisme ! Culte gérontocratique, disons-le. . Leurs chefs à eux, le "Comte de Paris" et le "Maréchal", le Grand Soldat", de plus de 80 ans, se sont révélés lamentables. Mais lire un Journal de l’AF, c’est une cure inépuisable d’intelligence et de lucidité.

    Pourquoi, "intelligent" comme il était, Maurras n’a pas dit : "le Chef, c’est moi", comme l’a fait plus tard De Gaulle, maurrassien s’il en fût ?