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Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

Pour que cette crise ne soit pas une énième adaptation de la société à la feuille de route du turbo-capitalisme, il faut une réponse concrète et radicale. Si la société est en voie d’éclatement, il ne faut rien attendre des gouvernants et trouver en nous-même ce qui servira à reconstruire. Il n’y a rien d’inévitable au triomphe du capitalisme et au chaos qu’il génère.

 

Car les anticorps naissent de la lutte contre la maladie. Si la société française ne change pas forcément en « bien », elle voit aussi émerger de nouvelles classes sociales qui ont désormais conscience de leur force et de leur intérêt. La convergence entre les classes moyennes et ouvrières, les nouveaux ruraux et les anciens paysans, l’existence d’une dynamique de « retour vers l’autonomie » portée par des écologistes authentiques au sein de la « France périphérique » sont des facteurs à prendre en compte. Une vaste recomposition culturelle s’opère. Certes elle est née du déclassement et de la relégation des classes populaires, mais elle fait naître une conscience collective face à ce danger.

 

Les questions sociales et identitaires sont liées

Les nouvelles classes populaires vont être dans l’obligation de résister face à un système qui les méprise et les domine. Leur force est d’abord leur enracinement dans un monde liquide et mouvant .

Le lien entre question sociale et question identitaire n’est plus tabou pour elles comme le remarque C. Guilluy dans son dernier livre [1] :

Ces questions identitaires sont d’autant plus fortes en milieu populaire que, contrairement aux classes supérieures, elles n’ont pas les moyens de la mise à distance. L’erreur serait de conclure à la primauté de la question identitaire sur la question sociale. La nature des nouvelles classes populaires est bien le produit de l’imbrication de ces deux notions. Si l’intensité de la question identitaire est corrélée au contexte social, la question sociale reste déterminante à l’intérieur de chaque groupe. Les « petits Blancs » ne se sentent pas plus représentés ou défendus par les « grands Blancs », que les « petits Maghrébins, Noirs, juifs ou musulmans » par la bourgeoisie « noire, juive ou musulmane »… Autrement dit, la distance culturelle n’invalide pas la distance sociale. (…)

C’est justement cette double rupture sociale et identitaire qui invalide tous les discours des universitaires indigénistes ou des bourgeois « libéral-identitaires ». C’est pour cela que les gens vont vers des solutions populistes ou participent à des mouvements comme les Gilets jaunes des origines :

Dans leur majorité, les classes populaires opteront toujours pour un environnement culturellement et socialement familier qui permet de maintenir les solidarités et de préserver un capital social et culturel protecteur. Des solidarités contraintes qui ne pourraient s’exercer avec des milieux qui ne vivent pas cette réalité. C’est pourquoi, sous réserve qu’il existe un socle de valeurs communes et que ce mode de vie ne soit pas déstabilisé par des changements démographiques permanents, les classes populaires autochtones auront toujours plus à partager avec des classes populaires immigrées qu’avec des classes supérieures. S’il partage ses valeurs et sa langue, un ouvrier européen se sentira toujours plus proche d’un ouvrier d’origine maghrébine ou africaine que d’un bobo parisien blanc. Quelles que soient leurs origines, les classes populaires ont en commun un mode de vie et un attachement aux valeurs traditionnelles qui les opposent en tout point à l’individualisme libéral des classes dominantes. Ce que les élites feignent de définir comme du racisme n’est en réalité que la volonté des plus modestes de vivre dans un environnement où leurs valeurs restent des références majoritaires.

Alors que le système mondialiste voulait généraliser un nomadisme universel, il se retrouve face à des gens qui veulent rester chez eux. Dans leur majorité, les gens n’aspirent pas à bouger mais à rester dans leur civilisation, leur pays, leur région. Surmédiatisée, présentée comme une évidence anthropologique, l’immigration internationale n’est plus un rêve. C’est une obligation ou une fuite, mais pas un idéal de finir livreur à vélo pour Uber.

Renverser la logique libérale, c’est mettre fin à une immigration sans contrôle et ouvrir de nouveaux rapports entre l’Europe et les autres aires de civilisations ( en particulier l’Afrique). C’est aussi fermer la vanne à la création de quartiers communautaires et au renouvellement de la main-d’œuvre des mafias et des trafics.

 

Refaire vivre la France populaire

Terre de relégation, la France périphérique est touchée de plein fouet par les crises économiques.

Ces territoires, qui subissent depuis un demi-siècle les effets négatifs de la globalisation, mais aussi des crises conjoncturelles (comme la récession post-Covid), ne sortiront pas de l’impasse avec l’installation de quelques néoruraux ou réfugiés des grandes villes. Leur avenir dépend moins de l’arrivée de télétravailleurs que d’un changement de modèle. Si la relocalisation, les circuits courts et plus généralement le localisme apparaissent comme des pistes évidentes, elles butent fréquemment sur l’absence de volonté des pouvoirs publics mais surtout sur la réalité d’une société populaire fragilisée.

Devant le « désert rural » , certains idiots , gavés à Game of Thrones, délirent sur un retour au réduit survivaliste « néoféodal ». Outre que ce modèle n’est pas très réjouissant quand on considère la vie autrement qu’une simple survie, on notera qu’il est inopérant pour des espaces géographiques et sociologiques comme ceux de la France actuelle. Alors que faire dans les zones rurales ? Les faire renaître comme cadre de vie communautaire dans un espace fleurissant.

C’était un peu le modèle que nous avions avancé avec les Communautés Populaires Offensives. Mais ce n’était qu’un projet purement théorique car nous n’avions pas vraiment encore compris l’importance du rapport de force en cours. Les communautés locales doivent trouver leur place dans un ensemble plus vaste pour pouvoir vivre à leur échelle. Fervent partisan du localisme, du fédéralisme et du mutualisme depuis l’origine, nous savons qu’il faut des échelons supérieurs à ce cadre pour assurer son plein développement et sa protection.

Comme le rappelle Guilluy :

Souvent évoqué, le localisme économique est en fait plus déclaratif qu’associé à des pratiques réelles. Pour se concrétiser, il a besoin de se combiner avec une dose de protectionnisme. Or c’est précisément ce que rejette majoritairement la classe politique. En réalité, pour les classes dominantes et supérieures, le localisme se résume à transférer leur mode de vie à la campagne. Ce qui est visé est moins la relocalisation des activités industrielles que l’évolution d’un mode de vie dans lequel les gens ordinaires font à peine partie du décor. Dans leur majorité, les territoires périphériques restent d’ailleurs très dépendants des produits importés de l’autre bout du monde mais aussi des transferts sociaux directs ou indirects de l’État. (…)

Les Français populaires veulent consommer local, mais leur bourse ne le leur permet pas. Ils veulent vivre et travailler au pays, mais l’économie les prive de travail et l’État les réduit à l’assistanat. Dès lors, c’est pour que les campagnes ne soient plus une vaste zone périurbaine dégueulasse que les Français populaires vont désormais se révolter. C’est pour cela qu’ils veulent la liberté à la base et un État protecteur au sommet. Le modèle politique des prochaines années sera une synthèse de cette double demande.

Dans la crise du covid-19, nous avons vu les états libéraux ne pas savoir réagir à temps. Après 50 ans de libéralisation sans limite, il a fallu faire le choix de renforcer (timidement) les services publics, de limiter l’ouverture des frontières et de prendre des mesures de protection sociale fortes. Le régalien redevient une priorité dans l’urgence et on sent dans les hésitations des élites mondialistes leur désarroi face à leur échec historique.

C’est une leçon que le peuple va garder en tête. Le système est pris de court et se réveille incapable de gérer la situation. Comme nous l’avons dit, les classes populaires attendent de reprendre l’offensive. Le mouvement des Gilets jaunes étant épuisé, qui prendra la suite ? La contestation des mesures de confinement sera-t-elle le prochain incendie ? Même si les Français sont intelligents et acceptent les mesures sanitaires quand elles sont logiques et de bon sens, la multiplication des directives dans ce domaine risque bien d’énerver une part de la population déjà bien échaudée.

 

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Notes

[1] Christophe Guilluy, le Temps des Gens ordinaires, Flammarion, 208 pages.

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33 Commentaires

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  • #2594016
    Le 13 novembre à 03:49 par tout le monde est déjà pucé
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    C’est comme une partie d’échecs mais en partant avec que des pions pour défendre son roi face à un adversaire qui a toutes les pièces x 10 et une réserve quasiment inépuisable de pions...

    Pour moi c’est ça aujourd’hui , le peuple face au système "concrètement".

    Et d’ailleurs le peuple n’ayant pas de roi capable de diriger tout ses pions, la question ne se pose même pas. Il ne peut y avoir match.
    Il ne peut y avoir qu’une diminution totale et écrasante du système sur chaque composante du peuple, élites y compris. Car aujourd’hui tout est interconnecté par les réseaux d’influences des gafam.
    Exemple plus personne ne peut travailler sauf ceux qui bossent uniquement avec internet. Internet est contrôlé par les gafam et tout monde a signé légalement avec Google pour ça.

    Les lois de hommes auxquels on a tous signé bon grés mal grés nous ont dépossédés de tout pouvoir de changer les choses, Attali le grand prêtre en avait parlé.

    Aujourd’hui tout le monde pourrait bien se réveiller, le mal est déjà fait nous sommes déjà tous dans un bateau prévu uniquement pour nous couler avec lui, c’est a dire que la réalité partagée ne peut plus avoir aucune cohérence partagée par tous. Les gens ont signé google et le monde virtuel et ils veulent leur part d’argent sans rien foutre grâce au pubs. Tout le monde est déjà marqué et a déjà signé avec la Bête.

     

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    • #2594445
      Le 13 novembre à 16:55 par Aldébaran
      Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

      Le problème est que vous cherchez à resoudre une équation en faisant une erreur fondamentale dans l’écriture de l’équation. Réfléchissez

       
    • #2594886
      Le 14 novembre à 04:51 par tout le monde est déjà pucé
      Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

      C’est peut être dans votre perception de ma résolution de l’équation que vous voyez une erreure où il n’y en a pas, j’essaye juste d’expliquer les causes profondes de nos souffrances actuelles et de notre impossibilité à nous mettre d’accord sur un paradigme qui nous réunirait tous. Je pourrais aussi dire que tout humain est crée pour être capable de produire chaque jour sa propre réalité lumineuse dans ce monde de ténèbres, qu’il a tout pouvoir de partager avec autrui pour s’éclairer lui même et son propre chemin, sauf qu’aujourd’hui la majorité des humains vit dans une réalité virtuelle où les ténèbres sont prisent pour des lanternes par les esclaves du net que nous sommes tous devenus, nous vautrant en pensant avoir encore la moindre liberté de choisir notre destinée commune . Si vous voyez le moindre espoir pour la collectivité donnez vos arguments, mais ne me dites pas de réfléchir si vous ne me donnez pas l’impression que vous comprenez ce que je fais l’effort de vous exprimer. Nous sommes tous dans la même équation et on en détient tous une part pour la résoudre, ou bien vous êtes comme je suis une part de la résolution pour retrouver ce pour quoi nous sommes fait de cette terre de ce ciel et de cette eau, . Nous sommes aujourd’hui tous contrôlés par des mages informaticiens qui se prennent pour nos dieux , pourtant ils ne contrôleront jamais la destinée de l’univers, et l’univers c’est toi et moi. Si ca peut t’aider à résoudre tes propres équations non résolues tant mieux, comme celles qui permettent de garder conscience que nous sommes toujours des humains et non simplement des suites de chiffres manipulables par des technologies totalitaires. Ne voyez vous pas a quel point on se fait mettre par l’informatique et ses équations mises en place par le prince de ce monde ne prend pas de repos pour nous la mettre... 666 et l’œil d’Horus il est entre mes mains et les tiennes pour qu’on puisse communiquer, tu crois encore au père Noël mon ami ou bien tu veux encore que je fasse des efforts à ta place pour que tu fasses semblant de pas comprendre ? Cet outil de communication a fait de nous des marchandises et des marchand de sables incapables de s’entendre sur la réalité partagée... Qui n’est autre que nous sommes toujours sous le joug de Pharaon depuis 5000 ans qui a juste changé de forme avec le temps, tel notre ennemi dans le jardin d’Eden...ne soyez donc pas distrait par la forme mais préfèrez donc voir le fond mon ami.

       
  • #2594020
    Le 13 novembre à 04:08 par tout le monde est déjà pucé
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    Ce que je veux dire c’est pas que nous ne devons pas nous rebeller, c’est que quoi qu’il arrivera nous seront forcément perdants, car on a signé dans lire pour des règles qui nous lient tous à la perte de toutes nos libertés individuelles.

    Dieu n’est pas injuste. Il ne peut pas nous laisser pactiser avec le diable sans nous en faire payer le prix pour nous faire comprendre que c’est bien lui et personne d’autre qui gere toutes les affaires des hommes.
    Google et Microsoft les chartes sont accessibles par tous depuis que nous utilisons internet, le prix à payer c’était obligatoirement perdre toute liberté individuelle pour les offrir aux nouveaux dieux de l’informatique. Nous sommes tous devenus polythéistes, avides de consommation instantanée de toute ressource que la réalité peut offrir , confiant notre destinée à la toute puissance des dieux de la bande passante qui connecte les hommes par les ondes 666....

    Partant de là, nous payer le prix de notre propre pact avec le diable, individuellement et collectivement. Chacun au niveau de sa propre conscience de sa faute.

     

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  • #2594021
    Le 13 novembre à 04:17 par tout le monde est déjà pucé
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    https://youtu.be/FwoQ11eF7gc

    Un rap passé inaperçu, mais peut-être le plus proche de notre réalité commune.

     

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  • #2594044
    Le 13 novembre à 06:53 par Mich
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    « Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour acheter un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté ni la sécurité. »

    On n’arrête pas de la sortir cette phrase de B. Franklin, mais il n’y a pas plus sourd...

     

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  • #2594067
    Le 13 novembre à 08:28 par dixi
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    Il faudrait que les gens comprennent que nos dirigeants et oligarques veulent faire crever les plus fragiles dans un premier temps .C’est incontestable .

     

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  • #2594309
    Le 13 novembre à 13:48 par Enki
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    Ils ont manigancé une guerre civile, ils auront une Guerre civique .. juste retour du boomerang Co&Vide

     

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  • #2594742
    Le 13 novembre à 22:53 par Enrico Machiasse
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    Bon les gars on s’y met quand la !! Il nous faut un meneur pour aller déloger tout ces salopards, il faut être combien 200, 300 1000, je sais pas moi, personnes ici n’a envie de se faire entuber par un Macron, Veran etc... Tin ce sont des gonzesses, ont attend quoi au lieu de pleurnicher comme des gonzesses, ce vaccin obligatoire va quand même nous tuer donc qu’avons nous a perdre mourir en ce battant ou a genoux avec une piqûre dans l’cul c’est au choix.

     

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  • #2595071

    Nous sommes actuellement entre les mains d’un conseil de Défense, où Macron peut décider sans avoir le moindre contrôle et dont les réunions sont couvertes par le secret défense, 7 ans de prison pour celui qui parle.
    Ce qui se passe en ce moment ferait passer le reste des privations de liberté pour une aimable plaisanterie. A n’importe quel moment maintenant ça va tourner cauchemar encore pire que ce qu’on connait.
    Et il faut reconnaître qu’ils ont su déployer des ressources impressionnantes pour que ce truc énorme passe. Ça me fait penser à l’analyse de Meyssan sur la finalité du 11 septembre, créer l’intervalle de temps pour que "la continuité du gouvernement" permette l’adoption de mesures impossible à faire passer autrement.
    Ce que nous vivons, mais ici ça ira plus loin puisqu’il n’est pas prévu de fin à ce régime d’exception.
    Les mesures de restriction de liberté ne sont qu’un début. Le temps dans lequel nous rentrons est étrange.

     

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  • #2595802
    Le 15 novembre à 05:13 par Albert
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    En fait c’est plutot vous n’aurez ni la sante ni la securite. Il y a une tres belle phrase qui dit : "Celui qui accepte beaucoup moins de liberte pour un peu de securite ne merite ni l’un ni l’autre." Tres justement dit, et cela reflette parfaitement notre situation actuelle et tous les moutons qui suivent les ordres du gouvernement.

     

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  • #2601699
    Le 22 novembre à 14:37 par Lavrov
    Pour sortir de la crise, le peuple a le remède en lui

    Camarades de E&R

    L’extinction de nos provinces est surtout due à la désindustrialisation de la France.

    Vous remarquerez que les deux statistiquement sont directement liés.

    Ce n’est pas que le vieillissement de la population qui explique la fuite des

    campagnes mais bien les industries à proximité de ces régions qui ont disparues.

    Ne varietur

    Lavrov

     

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