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Contre le nouveau puritanisme : entretien avec David l’Epée

Vous donnez le 19 mai à Bordeaux à l’invitation du Cercle Rébellion bordelais une conférence intitulée « Le nouvel ordre moral ». De quoi sera-t-il question ?

 

David l’Epée : Il sera question d’un phénomène très inquiétant qu’on voit à l’œuvre depuis quelques années et qui est en train de prendre un poids considérable : la mise en place, dans les mœurs et dans les lois, d’un nouveau puritanisme d’inspiration féministe. En rupture avec le féminisme historique et avec la tradition de progrès social dans laquelle il s’inscrivait jusqu’alors, cette nouvelle idéologie se présente comme un pur produit universitaire, une doctrine hors-sol qui a pris peu à peu le visage d’une espèce de jésuitisme laïcisé. Le nouvel ordre moral dont parle le titre est en quelque sorte un retour du refoulé victorien qui hante encore l’inconscient collectif des cultures anglo-saxonnes et scandinaves, qui sont précisément celles à qui nous devons cette offensive néo-féministe. Je tâcherai, dans le temps qui m’est imparti, de faire la généalogie de ce phénomène, d’expliquer sa cohérence et d’examiner quelles sont ses implications. J’ai rassemblé ces dernières années de nombreux exemples concrets et éloquents de ce raidissement des rapports entre les sexes voulu et promu par une partie de nos élites. Mais rassurez-vous, je ne vais pas livrer un discours complotiste ou décliniste, je crois fermement qu’une révolte du bon sens se prépare contre cette chape de plomb et nous sommes là pour nourrir la critique. C’est une causerie où, je l’espère, nous aurons aussi l’occasion de rire : les méfaits des nouveaux flics de la pensée sont souvent si ubuesques et si surréalistes qu’ils inspirent forcément la rigolade, et cette rigolade pourrait bien, face à ce système qui se méfie de l’humour comme de la peste, s’avérer un instrument de résistance.

 

 

Ce que vous dîtes est étonnant car les opposants qu’on a entendu au moment de réformes telles que l’introduction de l’idéologie du genre à l’école ou le « mariage pour tous » parlaient peu de puritanisme : au contraire ils étaient souvent accusés, par leurs adversaires ou par les médias, de faire eux-mêmes preuve de puritanisme !

C’est vrai, mais vous aurez remarqué que dans tous ces mouvements de contestation, les médias ont bien pris soin de ne donner la parole qu’à des représentants de mouvements religieux (catholiques la plupart du temps, musulmans parfois) et si possible en tendant leurs micros aux plus fondamentalistes et aux plus caricaturaux d’entre eux, et ce dans le but de pouvoir les décrédibiliser auprès de l’opinion publique. S’il faut reconnaître que les mouvements catholiques ont effectivement joué un rôle de poids dans cette opposition (et on peut les en remercier), ils n’étaient pas les seuls, et les raisons qui ont poussé tant de Français à tenter de faire barrage aux savants fous du gouvernement n’étaient pas toutes d’ordre religieux ou moral. Si je ne me retrouve pas dans le combat de ces gens-là, c’est parce que – outre le fait, somme toute anecdotique, que je ne suis pas croyant – leur critique est incomplète, elle ne tire pas toutes les conséquences qu’elle devrait de cette contestation du néo-féminisme. Je ne vais pas me faire des amis en disant cela mais il me semble depuis un moment qu’un chrétien qui s’en prend à l’idéologie du genre, c’est comme un gauchiste (ou un droitard) qui s’en prend au libéralisme : il ne fait le boulot qu’à moitié, il botte en touche rapidement et se prend tôt ou tard les pieds dans le tapis. Le problème n’est pas tant qu’ils aient été traités de puritains mais que, bien souvent, ils l’étaient en effet. On a vu les partisans de la vieille Église descendre dans la rue pour chahuter les représentants de la nouvelle Église, celle qui occupe actuellement le pouvoir. Certains croyaient en Dieu quand d’autres croyaient au progrès, ils n’étaient certes pas d’accord sur tout mais beaucoup d’entre eux, des deux côtés de la barricade, se situaient dans un rapport conflictuel avec des notions aussi centrales que la nature, le corps, le sexe. Aux calotins indignés et aux prêcheurs mahométans qui vocifèrent contre les jupes trop courtes, la nudité au cinéma et la gauloiserie, j’ai envie de dire : pas la peine de gueuler les gars, pas la peine d’aller manifester sur les grands boulevards, les féministes font le boulot à votre place dans les ministères, il vous suffit de patienter encore un peu et d’attendre que les choses se fassent !

Lire la suite de l’entretien sur rebellion-sre.fr

David L’Epée, sur E&R :

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5 Commentaires

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  • #1965161

    1 - le hommes au QI de moule qui sifflent les femmes dans la rue devrait faire de la prison, histoire de leur apprendre la vie. Prison ou camp de rééducation par le travail aux champs...

    2 - Les femmes qui se baladent à moitié nues dans la rue devraient faire de la prison, histoire de leur apprendre la modestie. Prison ou camp de rééducation par le travail aux champs...

     

    • Récemment, une Anglaise a été poursuivie pour avoir poussé, l’air de rien, au meurtre d’un bonhomme qu’elle se sortait sans l’aimer, par-dessus un régulier.
      Elle a envoyé une photo porno d’elle et du gus au régulier, qui avait un caractère de cochon et une patience d’étourneau. Elle a de plus fourni au régulier tous les renseignements sur la position géographique du gus au moment où elle touitait sa vilaine photo.
      Illico, le régulier est allé poignarder le gus, et s’est fait boucler pour longtemps. Madame est partie en Australie. A son retour, surprise ! Menottes. Une arrestation, pour incitation au meurtre.
      Ces dames devraient lire les niouzes.
      Quant à l’article de David l’Epée, il semble que le problème ne soit pas le puritanisme mais la pornographie. Celle-ci est une industrie (qu’on peut donc supprimer ou modérer sévérement) sonnante et trébuchante, responsable de crimes réels et de ravages de la psyché.


    • Qu’en est-il de la pornographie , de la mentalité prostitutionnelle et de toute cette décadence généralisée qui se propage à grande échelle depuis les mouvements libertaires de la fin des années 60 ? Il ne faut pas se faire de grandes illusions .
      Quand le moyen-âge était centré sur l’amour de Dieu (peut-être souvent jusqu’à la nausée , certes) , l’abomination du pêché de la chair et autres puritanismes exacerbés , notre société nouvelle fonctionne totalement à l’envers et exhorte l’être humain moderne à tenir Dieu et la religion le plus loin possible pour pouvoir consommer absolument tout ce qu’il est possible de consommer . Aussi bien les rapports humains que la nature . Et qui dit consommation abusive dit addiction , souffrance et destruction , aussi bien intérieure qu’extérieure . Le monde occidental à goûté au pêché et Il en a pris goût , le mal est bien trop profond à mon sens . Il est préférable d’aller se reconstruire spirituellement dans un pays qui porte encore ses valeurs en étendard , Je pense notamment à un pays comme la Russie ou certains pays asiatiques ...

      Paix


    • @ Hams,

      Lorsque vous ferez votre tour en Asie en passant par les contreforts de l’Inde et que l’on vous effleurera les bijoux de famille au sens tantrique du terme, additionné des saveurs propres aux aphorismes de Vātsyāyana, loin de toute (notion de) concupiscence occidentale, alors vous reviendrez nous voir en demandant : « Mais quel est le crétin qui a dit que la chair était un pêché ?! »
      C’est plus subtil que cela, l’ami.
      Aussi, avant même votre périple vers l’Orient, tentez de pratiquer l’autre culte chrétien propre aux sectes adamites des premiers temps d’avant la Chute. C’est un juste préambule avant la découverte, quand bien même vous n’atteindriez pas le Nirvana.

      Pour ce qui est des Russes, celles qui musent au vent sur la Riviera ne sont pas du tout - mais alors « du tout ! » - dans le délire que vous évoquez... Nous sommes même dans le matérialisme le plus exacerbé, celui au sens paroxystique du terme. Mieux vaut que vous ayez carte blanche si vous voulez pécho avant même de pêcher. À 10 000 lieues de l’orthodoxie, donc.


  • C’est tout à fait vrai et c’est à mon avis une tendance de fond qui va main dans la main avec le classisme (tout à fait victorien lui aussi) ; on dit que tout en restant absolument hédoniste la scène "gay" de la capitale a vu un rejet progressif des types plus prolos et "bizarres" d’hier au profit du "clone gay" international propret se déclinant dans les diverses étiquettes du prêt-à-baiser pornographique homo - "twink", "bear" etc. - et partageant tous le dogme LGBT "néo-traditionnel" du mariage et de la normalisation petit-bourgeoise (n’y voyez-là aucune nostalgie... !). Ce qui ressort de tout ça c’est la nature très mécanique, froide et affreusement triste que semble acquérir la sexualité de beaucoup d’hommes et de femmes (je pense notamment au "polyamour"), on est bien loin d’une "libération sexuelle" ! On a plutôt l’impression que la société ennuyée est prête pour le transhumanisme...