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Je libère le peuple américain

Je suis un artiste de jazz, j’ai consacré toute ma vie d’adulte à l’étude de la musique et de la culture noires américaines. Le jazz est certainement la plus importante et peut-être la seule contribution américaine significative à la culture mondiale. Et la question suivante est : où en est le jazz noir américain aujourd’hui ? Pourquoi les Noirs américains ont-ils perdu tout intérêt pour leur propre création fantastique ?

 

Une réponse est que le jazz est né de la résistance. Il a été alimenté par le défi du « rêve américain » : au lieu de chercher Mammon, la richesse et le pouvoir, nos pères fondateurs artistiques noirs ont sacrifié leur vie au nom de la beauté. Ils se sont littéralement tués à la recherche de nouvelles voix, de nouveaux sons, de nouvelles couleurs. Ils nous ont laissé un grand héritage, mais leur progéniture s’est tournée vers de nouveaux domaines artistiques tels que le hip-hop et le rap.

Pour les personnes qui ont fait du jazz une forme d’art, la musique était un esprit révolutionnaire. Pour Bird, Now’s the Time signifiait que le temps était venu de procéder à des changements sociaux. Pour John Coltrane, l’Alabama était la réponse appropriée à l’attentat de l’église baptiste, par le Ku Klux Klan, qui avait tué quatre jeunes filles afro-américaines.

 

John Coltrane joue Alabama :

 

Quand Jazz signifiait quelque chose, ce n’était pas un langage de victime. Bien au contraire, Jazz était un message de défi : tout ce que vous pouvez faire, nous, les Noirs, pouvons le faire mieux. Et c’est la vérité, personne n’a réussi à le faire mieux que Trane, Bird, Miles, Elvin, Sonny, Blakey, Duke, Ella et bien d’autres. Ces artistes n’ont pas supplié Wall Street de les financer, ils n’ont pas demandé à d’autres de se joindre à leur combat : au contraire, ils ont fait supplier le reste d’entre nous pour que leur beauté, leur art et leur esprit nous illuminent et nous libèrent. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’élite américaine se rende compte que le jazz était le meilleur ambassadeur de l’Amérique dans le monde. Et tout cela s’est passé alors que les Noirs américains étaient soumis à l’apartheid, surtout dans le Sud. Il est raisonnable de penser que c’est la transformation du jazz en « voix de l’Amérique » qui a joué un rôle majeur dans la libération du Sud noir.

Malheureusement, le jazz a perdu son âme il y a une ou deux décennies. Il est passé de la voix de la résistance à ce qui a été progressivement réduit à une « question académique », un « système de connaissances ». Aujourd’hui, de nombreux jeunes musiciens de jazz sont « diplômés d’une école de musique ». Ils peuvent être très rapides et sophistiqués, mais ils ont très peu à dire et, dans la plupart des cas, ils préfèrent ne rien dire. Certains peuvent croire que dire quelque chose contrevient à leurs « objectifs artistiques » car cela brouille la distinction entre l’art et la politique. Je crains qu’ils ne se trompent. Pour que le jazz soit une forme d’art significative, il vaut mieux qu’il soit révolutionnaire jusqu’au bout. Le jazz est, avant tout, le son de la liberté.

Pendant un certain temps, nous avons vu le jazz contemporain se détériorer en un exercice technique dénué de sens. Le jazz, en gros, est mort sur nous. Cette disparition artistique a-t-elle anticipé l’effondrement de la civilisation américaine et de l’image que l’Amérique se fait d’elle-même en tant que « société libre » ?

Pourquoi le jazz est-il mort ? Parce que les Noirs américains ont perdu tout intérêt pour leur forme d’art originale. Pourquoi s’en sont-ils désintéressés ? En grande partie parce que leur art, comme tous les autres aspects de la culture américaine, de la finance, des médias, de l’esprit et du rêve, est devenu un « territoire occupé ».

Comme d’autres artistes de jazz et humanistes, je déteste le racisme sous toutes ses formes. Pourtant, je veux voir les gens célébrer leurs signes distinctifs, symptomatiques. Je fais partie de ceux qui veulent voir les Allemands écrire de nouveau de la philosophie et composer des symphonies. Je veux voir les gens célébrer leur propre culture unique, tant qu’ils ne le font pas aux dépens des autres. Plus que toute autre chose, je veux que les Noirs soient fiers de ce qu’ils sont. Je souhaite qu’ils nous ramènent, une fois de plus, sur le chemin de la beauté qu’ils nous ont, plus que tout autre peuple, fait découvrir à tous. J’espère que l’Amérique noire nous donnera un jeune Trane, un nouveau Bird, la prochaine Sarah Vaughan, un personnage à la Miles. Je veux voir les Noirs américains nous hypnotiser avec leurs talents, célébrer leur grandeur. Je veux qu’ils soient les ambassadeurs américains qu’ils ont été autrefois plutôt que les victimes des abus de l’Amérique. Et je me dis qu’au lieu d’envoyer des soldats américains pour libérer d’autres personnes dans des guerres néo-con criminelles, le temps est venu pour l’Amérique de se libérer elle-même.

Gilad Atzmon

 

Gilad Atzmon libère le peuple américain (1986) :

Voir aussi, sur E&R :

 
 



Article ancien.
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34 Commentaires

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  • #2481071
    le 10/06/2020 par JL29
    Je libère le peuple américain

    Le jazz est certainement la plus importante et peut-être la seule contribution américaine significative à la culture mondiale.
    C’est vrai mais il s’agit surtout d’une contribution africaine plus qu’américaine, au sens protestant de ce dernier terme.
    PS : pour une fois que la mixité culturelle produit quelque chose de génial, je ne vais pas bouder mon plaisir et dire finalement que la réconciliation culturelle est aussi importante que la réconciliation politique.


  • #2481079
    le 10/06/2020 par Jay
    Je libère le peuple américain

    Gilad est tombé dans le piège qui consiste à considérer les humains en tant que noirs, blancs, ...

    Les noirs ont été capables de ceci, mais pas de cela... A quoi servent ces considérations ? Ce n’est pas moins absurdes que de déclarer que les grands sont plus doués que les petits pour attraper la boite de petits pois sur l’étagère du haut mais moins à l’aise pour ramasser une pièce de monnaie tombée au sol

     

    • #2481209
      le 10/06/2020 par VaeVictis80
      Je libère le peuple américain

      Et pourtant c’est par ce que les humains sont noirs, blancs et tant d’autres choses qu’ils sont intéressants.
      Si vous ne voyez que des humains de manière indistincte, alors vous êtes un cosmopolite.


    • #2481258
      le 10/06/2020 par Jay
      Je libère le peuple américain

      Un cosmopolite n’est pas quelqu’un qui nie les différences mais quelqu’un qui s’accommode des différences et particularités. Dans la langue française du moins

      Et si vous me lisez vous verrez que je souligne bien les différences mais que le piège est d’attribuer à ces différences des qualités.


    • #2481312
      le 11/06/2020 par hargé
      Je libère le peuple américain

      @ Jay 2 vous reconnaissez des différences " sans leur associer de qualités" ; en sommes ces différence ne sont que superficielles , négligeables donc possiblement supprimables et donc supprimons - les , métissons , métissons sans trêve ; il n ’ y aura plus de différences , plus de ce blanc intolérable et de ce noir source de racisme et les" qualités " elles seront conservées ; rien de perdu et que du gain ! certains ( d ’une petite tribu jalouse de sa pureté et de son génome , qui ne pense nullement sa spécificité négligeable , tout le contraire !) poussent ce raisonnement jusqu ’au bout . . . mais pour les autres ; et fabriquent le " métis pour tous " , format qu ’ils imposent sans discussion ; "multiculturalisme ". Sauf qu ’il y a à craindre que bien des qualités se perdront bel et bien et qu ’il n ’en résulte une humanité moins inventive , d ’une indifférenciation par le bas , régressive et bien plus laide aussi physiquement , un détail ! . Certains l ’espèrent comme garantie de leur domination ; certains autres béats y voient la réalisation d ’une utopie , le cosmopolitisme .


    • #2481392
      le 11/06/2020 par Jay
      Je libère le peuple américain

      Vous extrapolez Que ce que vous décrivez soit le projet de certains, très probablement.

      Mais encore une fois comprenons le français Une qualité c’est ce qui donne une valeur aux choses. Pour ma part je considère que les différences entre humains sont de l’ordre de la quantité : plus grand, plus petit, plus foncé, plus clair, plus intelligent, moins intelligent.... C’est la réalité que j’observe. Donner une valeur à ces choses, voire une vertu, c’est précisément ce qui alimente le discours des anti racistes métisseurs

      Les choses sont simplement qu’elles sont


    • #2481716
      le 11/06/2020 par VaeVictis80
      Je libère le peuple américain

      @Jay

      "S’accommoder des différences"dans un monde mélangé. C’est à dire supporter des voisins même si l’on a pas envie de vivre avec. Des individus forcés de vivre les uns avec les autres, en faisant"comme si" pour rester dans le camp désigné comme celui du bien.

      Ce qui mène au final au lissage et à l’indifférenciation de toutes les cultures. Restent des individus qui "s’accommodent" les uns des autres.

      Si vous ne comprenez pas que c’est la longue distillation d’une origine biologique, géographique, spirituelle qui crée un particularisme culturel. Et que si on abrase l’une de ces composantes, alors la particularité disparaît, je ne peux que vous souhaiter un joyeux métissage, Netflix, Starbucks, MacDo.


  • #2481082
    le 10/06/2020 par take five
    Je libère le peuple américain

    quand on voit ce qu’on appelle "jazz" aujourd’hui voyez la programmation des derniers festivals de jazz " Nancy Jazz Pulsations" et autres aussi célèbres en France...où 80% des intervenants sont des purs produits issus de la variété et du show bizz...no comment...


  • #2481083
    le 10/06/2020 par lemecnormal n°174
    Je libère le peuple américain

    Comme d’hab’,bel article Gilad !


  • #2481094
    le 10/06/2020 par Aleata
    Je libère le peuple américain

    « Je souhaite qu’ils nous ramènent, une fois de plus, sur le chemin de la beauté qu’ils nous ont, plus que tout autre peuple, fait découvrir à tous. »
    D’accord avec tout le reste de l’article mais là ça me semble un peu exagéré. « Chemin de la beauté [...] plus que tout autre peuple ». Personnellement, le jazz n’est pas la musique que je préfère. Pianiste et mélomane (mélopathe), mes goûts sont larges, de la musique classique indienne au black métal, en passant par la musique traditionnelle d’Asie mineure jusqu’au Tibet, retranscrite par Gurdjieff, adaptée au piano par De Hartmann et interprétée par Alain Kremski (une pure merveille que je recommande du fond du cœur à ceux qui ne connaîtraient pas) ; les chants cosaques, l’électro du Turc Akin Sevgör, les variations sur les Folies d’Espagne (Marin Marais, Corelli, Joan Joansson, ...), etc. Toutes musiques que j’aime également. Le jazz est une contribution majeure à la musique universelle, inutile de le dire. Cependant de là à faire des noirs d’Amérique (d’Afrique ?) *un* peuple qui *nous* (occidentaux ?) aurait fait découvrir plus de beauté que tout autre peuple, cela me semble absolument faux, prétentieux et ridicule. De quels noirs parle-t-il ? De quels artistes ? De quelles œuvres ?

    _


  • #2481105
    le 10/06/2020 par la bêbête qui remonte
    Je libère le peuple américain

    Je suis pour l’instant hermétique au jazz. Ses rythmes syncopés et sa dysharmonie me gênent plutôt qu’autre chose. Je suis peut-être trop habitué au phrasé mélodique.

    Si le jazz a périclité c’est sans doute dû au rock où la puissance électrique a supplanté les instruments acoustiques parce qu’il fallait une musique entraînante, capable de réveiller les bas instincts de la nouvelle génération d’après-guerre et lui donner envie de consommer les nouveaux standards de la production américaine !
    Lire Clouscard "Le capitalisme de la séduction" !

     

    • #2481336
      le 11/06/2020 par Fac73R
      Je libère le peuple américain

      Cela dépend quel jazz tu écoutes ou que tu as écouté.

      Le jazz, c’est comme le métal. C’est un genre qui par des greffes (je préfère ce terme à métissage car c’est comme en botanique, ça peut ne pas prendre) a donné énormément de styles.

      C’est sur qu’li est moins dur d’écouter Ascenseur pour l’échafaud que Bitches Brew de Miles Davis ou Blue Train que Olé Coltrane de John Coltrane.

      Tu peux t’y remettre avec Stan Getz ou João Gilberto. C’est ce qu’il y a de plus simple à écouter avec des grands classiques.

      Mais c’est aussi une très grande discographie où tu choisis d’abord ton style, puis tu peux creuser dans des artistes plus obscures.
      Je découvre par exemple The Modern Jazz Quartet ou même le français Camille Savage interprété par Frank Peters. C’est ma came, mais d’autres préfèrent d’autres genres.

      T’as des performances à couper le souffle comme celle d’Art Blackey à la battrie dans Mosaic (à partir de 4:11). Le mec était pianiste à la base !

      Bien que je sois un fou de rock, le jazz, c’est comme si tu habillais de musique ta pièce avec quelque chose de plus classe.

      Et puis côté air entraînant, tu n’as probablement jamais écouté du Bizet !

      On ne peut pas passer ses journées à écouter des trucs comme le Stabat mater de Pergolesi, même si c’est vraiment très beau !

      Et tu n’as probablement jamais entendu parler des zazous non plus (peut-être de Boris Vian) qui dansaient dans les caves pendant la guerre. Ils n’ont pas attendu la fin de la guerre comme tu le prétends.

      Le rock est devenu une musique connaisseur comme l’est devenu le jazz.
      4 248 798 références selon Discogs.com !!! C’est énorme !
      De voir une étudiante avec un vinyl de The Cure avec des badges du Pink Floyd dans une Fnac (comme j’ai vu), ce n’est pas comme s’abrutir à repasser pour la énième fois le dernier tube du Top 10 sur You Tube sur des enceintes JBL.
      L’accès même au son tel que le souhaitait Roger Waters est devenu un privilège culturel car il est toujours possible d’acheter de la hi-fi décente de seconde main avec un minimum d’investissement (et ainsi aussi écouter du jazz ou de la musique savante avec un son fidèle).

      Sinon, très bon papier de Guilad.


    • #2481397
      le 11/06/2020 par Daniel
      Je libère le peuple américain

      Les rythmes syncopés et la dysharmonie sont les définitions des béotiens en jazz et on les comprend aisément, pour une approche douce du jazz commencez par les "jazz suites" de Chostakovitch, continuez par Léonard Bernstein "in the town", "West side story" etc... puis passez à l’album du siècle ( pour moi) "Time out de Dave Brubeck ", avec le morceau "unsquare dance " vous aborderez la rythmique bien tempérée comme le clavier du même nom... vous comprendrez alors toute la subtilité des rythmes de "Take five " et surtout de "Blue rondo à la turk" qui sont de vrais équations mathématiques le reste viendra tout seul par la suite...bon voyage !


  • #2481120
    le 10/06/2020 par tintin
    Je libère le peuple américain

    Et je me dis qu’au lieu d’envoyer des soldats américains pour libérer d’autres personnes dans des guerres néo-con criminelles, le temps est venu pour l’Amérique de se libérer elle-même.
    Gilad Atzmon



    Pas facile, puisqu’il ne s’agit pas uniquement pour l’Amérique de se libérer elle-même, mais de se libérer d’elle-même.

     

    • #2481985
      le 12/06/2020 par VaeVictis80
      Je libère le peuple américain

      C’est même encore plus dur, la bête du mondialisme ne peut mourir et laisser un peuple en paix que si elle meurt dans tous les pays du monde.


  • #2481137
    le 10/06/2020 par nico
    Je libère le peuple américain

    Le jazz est une musique inventée par les noirs éduqués, des instrumentistes devenus virtuoses par leur travail acharnée et passionné.
    Les jazzman noirs ont apporté une superbe contribution artistique et culturelle a l’occident et ont contribué a l’ élévation des noirs américains dans la société américaine. Soit tout l’inverse du rap et de la pseudo culture de rue.

     

    • #2481256
      le 10/06/2020 par Question
      Je libère le peuple américain

      Et les instruments utilisés par les instrumentalistes, ils ont été inventé par qui ?
      Pourquoi le jazz ne s’est pas développé en Afrique ?


    • #2481671
      le 11/06/2020 par nico
      Je libère le peuple américain

      Les noirs américains ne sont pas des Africains , ce sont des américains de couleur noir et le jazz est une musique crée par ces américains noirs qui n’ont plus rien a voir avec l’Afrique depuis des générations .
      il n’y a que les théoriciens blancs du jazz pour vouloir absolument attribuer des racines africaines au jazz . Les noirs ont des racines Africaines donc le jazz aussi ?

      Le jazz est une musique complexe qui demande un apprentissage complexe c’est en quelque sorite une musique" intellectuelle" née d’une certaine élite afro américaine.
      L’ Afrique n’avaient pas de virtuoses du piano ni du saxophone a l’époque de l’invention du jazz parce que cette virtuosité ne s’acquière que par l’apprentissage dans une école de musique occidentale.

      Certes les noirs n’ont pas inventé les instruments sur lesquels ils jouent,mais le systeme tonale sur lequel le jazz comme la quasi totalité des musiques du monde sont contruites non plus .

      De plus , cela n’enlève strictement rien au fait que le jazz soit une musique noire américaine elle a plus avoir avec la rigueur théorique et technique du classique qu’avec l’Afrique.


    • #2482095
      le 12/06/2020 par Aldébaran
      Je libère le peuple américain

      À question, il me semble que la batterie est l’unique instrument du jazz inventé en Amérique. Bon je concède le fait qu’il y a surement un crétin qui s’est pointé dans un club avec un banjo mais j’en doute. De plus, la batterie est un ensemble d’instruments, les cymbales nous arrivant d’Orient, la caisse claire de France (armée napoléonienne), la grosse caisse du classique, et les toms d’Afrique. Pour trouver des racines africaines dans le jazz je recommande d’écouter les batteurs Art Blakey et Elvin Jones avec sa polyrythmie. Mais pour trouver de l’africain dans la trompette, le saxophone, le piano ou la contrebasse, il faut avoir pris beaucoup beaucoup de drogue à mon avis !! C’est donc peut-être pour ça que beaucoup pensent que le jazz vient d’Afrique.


  • #2481161
    le 10/06/2020 par difuk
    Je libère le peuple américain

    "je souhaite voir les peuples garder leurs signes distinctifs " : c ’est justement ce que Jérusalem leur refuse se réservant ce privilège qu ’elle prétend refuser à tout autre peuple sommé de renoncer à son identité , culture , patrimoine génétique ( qui est aussi une richesse inaliénable résultats de millénaires et qui est saccagé par le multi-culturalisme qui dissimule sous la trompeuse formule le métissage total , sans culture aucune et la barbarie ) . Le triomphe du judaisme selon le Talmud et le Tanack passe par l ’épanouissement d ’une nation aux dépend de autres en vertu d ’une élection auto proclamée qu ’elle fait primer au travers d ’une domination financière omnipotente et par la réussite exceptionnelle en occident d ’une minorité infime obtenue par la solidarité tribale primant toute autre solidarité et la méritocratie , les deux s ’épaulant l ’une l ’autre avec redoutable efficacité . Ainsi le sort des noirs étasuniens déculturés , anéantis par une abyssale pauvreté matérielle , intellectuelle et spirituelle qui en fait une masse malléable pour les manipulateurs , préfigure t il l ’avenir de nos nations européennes . Gilad Atzmon nous montre ici le génie de la race noire et que le faux anti - racisme est un vrai racisme visant à animaliser l ’humanité et la conduire à la guerre civile par la montée des instincts les plus primaires et auto -destructeurs .


  • #2481181
    le 10/06/2020 par Tetar 1er
    Je libère le peuple américain

    Malheureusement, le jazz a perdu son âme




    Peut-être parce que les conditions de sa création sont mortes ? Le jazz vient du blues, et comme lui, il exprime une souffrance acceptée dans sa sublimation. L’idéologie moderne pousse à l’arrogance et la revendication. Elle pousse donc vers le rap.

    Gilad est un antiraciste authentique, de combat et de révolution (le logiciel juif ?)
    Je n’ai pas besoin de citer Bossuet, tout le monde a compris...

     

    • #2482051
      le 12/06/2020 par 2564h64h
      Je libère le peuple américain

      mouais, d’apres moi le jazz vient surtout du classique, c’est son evolution naturelle, l’apport du blues se limite au swing, non pas que ca soit pas important vu qu’il est omnipresent mais il y a tout de meme plus racines dans le classique


  • #2481207
    le 10/06/2020 par Aldébaran
    Je libère le peuple américain

    "Pourquoi le jazz est mort ? " Car il s’est institutionnalisé. Il n’y a jamais eu autant d’écoles de jazz ! Même dans mon patelin il y a un atelier jazz ! Les bons musiciens (aucun dans mon patelin !) d’aujourd’hui ont un niveau technique bien plus élevé qu’hier, mais le probème est qu’ils n’ont plus rien à dire. Il en est de même de la musique classique, du blues et du rock’n roll... Tout ça est déjà entendu. Par contre Gilad, je préfèrerais vous voir défendre les palestiniens en ce moment.


  • #2481210
    le 10/06/2020 par Elvin’s Mambo (part1)
    Je libère le peuple américain

    Je ne suis pas d’accord avec Gilad Atzmon lorsqu’il dit qu’en le jazz est mort en se réduisant à sa recette technique formelle.

    Dire cela, c’est donner carte blanche au premier ignare qui voudrait juger sans faire l’effort de comprendre. « Que de la technique sans âme... »

    Que pense-t-il de Wynton Marsalis, considéré comme un fasciste pour avoir exclu les métissages progressistes du programme dispensé dans son école afin de sauver le jazz d’une mort certaine dans les années 80 ?

    La question d’un décalage entre la technique et la valeur artistique est pertinente mais a été savamment détournée par les producteurs de pop musique et mécènes d’art contemporain : dès que l’on maîtrise une technique ignorée du grand public, ce que l’on fait est considéré comme un exercice de technicien qui n’a aucune âme et aucune valeur artistique.

    C’est cette idée qui a détruit le jazz, indiquant au public (mais aussi aux musiciens) que pour rester dans la dynamique de l’évolution, il fallait absolument s’adapter aux codes des modes populaires successives.

    Les mouvements hippie, punk, rap, etc ont chacun joué sur une appartenance idéologique affichée par un style vestimentaire, faisant chaque fois chuter le niveau musical tout en prétendant l’élever.

    La conséquence de tout cela est qu’un auditeur lambda se sent mis de côté par des musiques plus approfondies, ne peut s’y identifier par aucun code vestimentaire ou social, ni dans une complexité qu’on ne lui a pas appris à appréhender.

    (Suite...)


  • #2481211
    le 10/06/2020 par Elvin’s Mambo (part2)
    Je libère le peuple américain

    (Suite...)
    De plus, le virtuose le fait passer pour un benêt devant sa meuf, d’où l’intérêt de plutôt amener cette dernière voire un DJ que personne ne regarde et dont la prestation s’apparente à celle d’un vulgaire projectionniste. D’où le succès des rappeurs illettrés, et des « street artistes » qui donnent (à raison) aux collégiens l’impression d’en être aussi.

    Parallèlement, les festivals de jazz et récompenses académiques ont systématiquement mis à l’honneur des fusions de plus en plus fades, à tel point que le jazz semble lui même exclu de sa propre catégorie.

    Récemment, Maes au Montreux jazz festival (!)

    Le jazz n’est pas mort, d’excellents musiciens parcourent encore le monde. C’est son public qui est mort, sous les salves de propagande abrutissante.

    Un « grand remplacement » qui, ironiquement, ne date pas d’hier (en 45 le jazz avait remplacé les valses musette, comme l’accordéon avait signé l’arrêt de mort des cornemuses et autres vielles à roue à la fin du XXIe siècle...)

    J’ai 30 ans, passionné de jazz, ce qui agace tout le monde y compris les sexagénaires, qui ont grandi avec les Beatles et vomissent tout ce qui leur est antérieur.


  • #2481255
    le 10/06/2020 par spirit
    Je libère le peuple américain

    Sur les ondes en France,c’était le jazz dans les 50’s, les caves,les concerts...le bebop comme danse...grande époque sans concurrence !!

    la pop/rock/varietoche dans les 60’s (Satchmo et son "hello Dolly" qui s’est plus vendu que toute sa production précédente )
    et déjà on programmait une émission "Pour ceux qui aiment le jazz"...la réserve aborigène musicale.. !!

    Dans les 70’s..une tentative de reconquête avec le free jazz,des métissages variées avec l’Afrique, avec le rock....pas plus de succès !! Le jazz est accessoire qu’on sollicite pour d’autres morceaux musicaux..éclectisme de façade !

    Dans les 80’s...le Jazz est élitiste,on ne l’entend que comme B.O de films nostalgiques,comédies sentimentales...subventionné et bien courtisan...plus du tout révolutionnaire !

    Le jazz plaisait aux blancs mais quand ceux ci se sont tournés vers la pop,les noirs musicos ont suivis (soul,RnB,blues,funk...) et ont largués le saxophone...loi du marché...Le rap est un bidouillage de mélodies déjà éditées sans droits d’auteurs excessifs...et y’à pas besoin de savoir chanter...un genre bien écolo d’appropriation qui plait aux producteurs...enfin,là ;c’est le texte qui prime par rapport à la musique !

    On est bien content que des grands jazzmen,fuyant le maccarthysme, soient venus se réfugier en France...la société de consommation y a mis un terme plus que l’anticommunisme primaire !

    Opinion tranchée...rapide...perso....on peut toujours la critiquer..j’en suis conscient !


  • #2481418
    le 11/06/2020 par CaVaJazzer
    Je libère le peuple américain

    Commentaires intéressants. Après, Noir, Blanc, Juif (pour Gilad), le talent n’a pas de « couleur ». Mon option est toutefois le Jazz « Noir » et « Français ».
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mario...
    Écoutez Punch en Musique et autres albums plus « pur Jazz »...


  • #2481430
    le 11/06/2020 par Geoffrey
    Je libère le peuple américain

    c’est la Belgique qui libère le peuple US, vu que le saxophone est belge

    pas de saxo’, pas de jazz...CQFD

    on dit merci qui ?


  • #2481444
    le 11/06/2020 par Jacques
    Je libère le peuple américain

    C’est un grand résistant, en plus musicien de jazz donc bien sûr de parti pris mais il ne connait rien aux USA et se contente alors d’abuser d’images d’Epinal y compris des relents racialistes.
    Par exemple le klan est issu du parti démocrate et de la FM, il est absolument indispensable de le signaler.
    Le jazz n’est pas seulement une musique "noire", le cas de Bill Evans venant immédiatement à l’esprit (Miroslav Vitouš, John Mc Laughlin etc aussi).
    Pour bien la ressentir car à l’écoute ça ressemble à du grand n’importe quoi, il faut comme ses interprètes, connaitre les vertiges de la drogue que tous consommaient abondamment tels Charlie Parker (le ’bird’), Coltrane etc etc.
    Mais ce n’est pas une arme politique. ML King ou Malcolm X n’étaient pas jazzmen.
    En plus effectivement ses adeptes se réfugient volontiers derrière la technique qui n’est qu’un moyen, un musicien classique citera l’oeuvre et l’interprétation (pas forcément dans cet ordre) car lui sait jouer.
    Le jazz actuel a tout dit et ne peut que se répéter.


  • #2481446
    le 11/06/2020 par Fab
    Je libère le peuple américain

    Des faits que des faits, expurgés de toutes opinions. Trump premier président US depuis plus d’un siècle qui n’ fait aucune guerre. Homme diabolisé par tous les médias mainstream occidentaux. Obama, homme qui a déclenché 7 guerres, fait des milliers de morts et des millions d’orphelins. Il est prix Nobel de la paix. Aujourd’hui juste dire la vérité est devenu un acte révolutionnaire.

     

    • #2481982
      le 12/06/2020 par VaeVictis80
      Je libère le peuple américain

      "Aujourd’hui juste dire la vérité est un acte révolutionnaire"
      Ça l’a toujours été !
      C’est l’omniprésence du mensonge qui donne cette impression.


  • #2482046
    le 12/06/2020 par 3g654g64
    Je libère le peuple américain

    >est devenu un « territoire occupé »

    O combien vrai, regardez les line ups des grands festivals de jazz, il y a de plus en plus de blancs non-chrétiens, si vous voyez ce que je veux dire... malheureusement, ils n’ont pas tous le talent de Gilad, qui par ailleurs ne singe pas les noirs, c’est tres moyen-oriental son style de jazz.


  • #2482425
    le 12/06/2020 par Kelt
    Je libère le peuple américain

    Je lis toujours Mr Atzmon avec gourmandise, son style est bon, son point de vue frais et inclassifiable, ses analyses profondes.
    En revanche je pense que lui et les gens de plus de 60 ans font ce que j’estime être une erreur, constamment, et ceci par conditionnement generationnel.
    Les noirs des années 50-60 n’étaient pas meilleurs, mais ils avaient (comme les blancs d’ailleurs) été éduqués dans une Amérique puritaine, avec des socles moraux forts, socles moraux hérités du protestantisme blanc. Cette éducation, blanche, cette discipline, leur permettait de tirer de leurs capacités innées, musicales notamment, le meilleur d’eux mêmes.
    Une fois la discipline la rigueur et l’éducation anéanties, chassez le naturel et il revient au galop.
    Ainsi de mon point de vue c’est le corset-blanc- de l’éducation, de la rigueur et de la discipline, conjuguées au segregationisme de l’époque qui les a amenés à choisir une voie d’expression au travers de contraintes importantes.
    Une fois les contraintes abolie, la nature reprend ses droits.


  • #2483264
    le 13/06/2020 par the gate of bills
    Je libère le peuple américain

    Ca serait interessant de voir ER parler de musique "de blanc" juste histoire de lire les commentaires. Il est claire que la musique "de noir" divise et apporte toujours un lot de "scientifiques" et "experts" qui ne produisent rien et qui ont une facheuse tendance a politiser, socialiser ou racialiser un domaine qui a pour principal but de divertir et reveiller les sens des gens. C’est a croire que lorsqu’ils boient, mangent ou se soulagent(ou ecoutent meme de la nusique), ils ont pour principale "idee" de sauver ou combattre je ne sais qu’elle "race", "culture" ou "ideologie". La musique tout comme n’importe quel art est subjective, il n’y a pas besoin d’y chercher ou trouver a chaque fois une soit disante moral.


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