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L’histoire (oubliée) de l’isolationnisme américain

Partie 2

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Article initialement publié dans l'atelier E&R

Malgré ses fondements peu susceptibles d’entraîner l’émergence d’un État diplomatiquement interventionniste, le changement dans la politique étrangère a bien eu lieu. Après les prémices des années 20 et 30, le tournant définitif s’opère en 1945.

Suite à la victoire des Alliés, les États-Unis sont la seule économie majeure à sortir renforcée de la guerre, n’ayant pas connu de destruction sur son propre territoire. Avec le Plan Marshall, les Guerres de Corée et du Vietnam, Les États-Unis vont devenir une « superpuissance » politique mondiale. Ces événements ont cependant lieu dans le cadre de la guerre froide. A l’avènement du monde unilatéral qui succède à l’écroulement du bloc soviétique, les interventions militaires américaines ont notablement continué, dans différentes opérations armées menées entres autres au Moyen-Orient, au nom, officiellement, d’un messianisme démocratique et de la sécurité nationale.

Nombreuses sont pourtant les voix qui se sont levées, dès les années 20, pour dénoncer un interventionnisme contraire à la nature et à l’intérêt profond du pays. Ces contestations ne sont pas le fait de pacifistes de la génération Woodstock, mais bien celle d’hommes politiques se réclamant d’un certain traditionalisme et conservatisme américain, et refusant le rôle leader militaire (et économique) des États-Unis, au nom même de la tradition nationale. Depuis les tenants de la Old Right jusqu’à Ron Paul, en passant par les « paléo-conservateurs », voici quelques illustrations de la constante résistance isolationniste se réclamant d’un patriotisme authentique.

Howard H Buffet, un congressiste républicain (anticommuniste) critiqua la pertinence et la moralité de l’interventionnisme militaire américain, en particulier au sujet de la guerre froide. Voici, traduit par mes soins, une de ses citations tirée d’un article du Québecois Libre écrit par Christ Leithner : « Nos idéaux chrétiens ne peuvent être exportés vers d’autres pays par les dollars et la force armée…. Nous ne pouvons utiliser la puissance et la force à l’étranger et conserver la liberté au niveau national. ». Fait très intéressant : Howard H Buffet fut connu pour être un virulent partisan du retour à l’étalon or… Les mêmes propos se retrouvent dans l’article The transformation of the American Right (paru dans la revue Continuum en 1964) de Murray Rothbard, célèbre économiste et politologue de « l’école Autrichienne ». Rothbard note par exemple qu’un pays basé sur les libertés individuelles se retrouve en pleine contraction en voulant « libérer » par la violence les peuples qui ont fait le choix du communisme. D’une manière générale, il identifie l’impérialisme américain comme le « problème essentiel de [son] temps ».

Les différentes générations d’isolationnistes qui se sont succédé ont aussi insisté sur le fait que l’interventionnisme militaire allait à l’encontre de l’intérêt du peuple américain. Durant la campagne présidentielle de 2000, Patrick J. Buchanan, un républicain rattaché au groupe des « paléo-conservateurs » lance : « n’a-t-on pas assez souffert, depuis PanAm 103, l’attentat à la bombe du WTC de 1993, jusqu’aux attentats des ambassades à Nairobi et Dar Es Salaam, pour comprendre que l’interventionnisme est l’incubateur du terrorisme ? ».

Le journaliste proche de la tendance Old Right Garet Garrett, en s’adressant aux défenseurs du « nouvel ordre mondial » dit : « Est-ce la sécurité que vous voulez ? Il n’y a pas de sécurité au sommet du monde ». Howard H Buffet semblait pour sa part avoir déjà compris que derrière l’impérialisme américain se cachait l’intérêt d’une oligarchie réduite. A propos du projet de construction d’un pipeline en Arabie Saoudite soutenu par le gouvernement américain, en 1944 (! !), il dit carrément qu’il s’agissait là d’une politique « garantissant pratiquement l’envoi des enfants [de la Nation] mourir dans un endroit éloigné, pour défendre les intérêts marchands de la Standard Oil ou les rêves mondialistes de nos planificateurs du monde unilatéral ». Une filiation directe est donc visible entre l’isolationnisme explicite que l’on retrouve dans les éléments fondateurs du pays (insistons encore une fois sur le contenu du discours de fin de mandat de Georges Washington) et les différentes générations d’opposants à l’interventionnisme militaire.

Il est intéressant pour conclure de noter que la plupart des tendances de pensée isolationnistes, depuis le mouvement Old Right jusqu’aux années 2000, montreront clairement le lien entre l’aggravation de l’interventionnisme militaire extérieur et l’émergence de l’interventionnisme intérieur, économique ( sur-protectionnisme, poids croissant de la fiscalité et de la redistribution bancaire (centralisation bancaire privée, interdiction temporaire de détenir de l’or, politique de la FED…) et sociétale (Patriot Act, lois sur la régulation d’internet…) qui ensemble portent atteinte à la neutralité et à la précieuse liberté individuelle originelle du peuple américain.

Cette politique d’interventionnisme double est à présent nommée le « Welfare-Warfare ». Garet Garrett insiste sur les racines libérales du pays dans son ouvrage The American Story. Il s’oppose à la fois au New Deal et à l’implication américaine dans la Seconde Guerre Mondiale qui ensemble symbolisent le passage d’ « une république à un Empire », mettant à mort l’héritage américain le plus précieux : la liberté. Connu pour son opposition à l’interventionnisme militaire, Ron Paul est aussi connu pour son engagement contre l’oligarchie privée et étatique. Il fait d’ailleurs très clairement le lien entre le géopolitique et l’économique, dans cette célèbre et simple phrase extraite de son ouvrage End The Fed : « Ce n’est pas une coïncidence si le siècle de la guerre mondiale coïncide avec celui de la centralisation bancaire ».

Nous avons donc ici en quelques paragraphes rappelé que les États-Unis en tant que Nation sont basés en premier lieu sur la liberté individuelle, ce qui a pour conséquence directe l’affirmation d’une tradition de démocratie et d’économie locale, d’une défiance vis-à-vis d’institutions publiques ou privées fortes, et donc de tout type d’interventionnisme ou de centralisation du pouvoir. L’ensemble des évolutions interventionnistes de l’État américain en interne et en externe, tout comme l’hégémonie financière de Wall Street, sont en tous points exogènes à la Tradition américaine authentique. Les argumentations des patriotes refusant l’évolution qu’a connu la politique gouvernementale mettent en lumière le fait que le soutien populaire à ces politiques relèvent de la pure manipulation : sous le prétexte des menaces aux libertés individuelles venues de l’intérieur (communisme) et de l’extérieur (terrorisme) l’État s’est engagé dans un double interventionnisme, aux dépends finalement de ces mêmes valeurs cruciales de liberté.

Certainement avons-nous, par ces quelques paragraphes, enfoncé des portes ouvertes, mais il nous semble important aujourd’hui de bien montrer à quel point les Nations, au sens des peuples et de leurs valeurs, sont utilisées, à la fois comme fer de lance et comme bouc émissaire, dans un conflit de civilisations qui se profile. On s’étonnera facilement de cet acharnement des manifestants en Libye et ailleurs à s’attaquer aux symboles nationaux américains, suite à cet étrange film anti-Islam, fait par on-ne-sait-pas-vraiment-qui (l’identité du « réalisateur » ayant changé d’un jour à l’autre) et on s’étonnera encore plus de l’acharnement des médias occidentaux à parler de ces débordements et à nous montrer des images de drapeaux qui brulent.

Il semblerait que, d’un coté comme de l’autre, on monte de toutes pièces une haine réciproque, qui amènera inexorablement les conflits armés prochains, au travers desquels coulera le sang des peuples laborieux. Pour trouver qui sont les fauteurs de troubles, peut-être devrions nous commencer par chercher qui, en fin de compte, en tirera profit…

 
 



Article ancien.
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18 Commentaires

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  • L’article analyse bien la schizophrénie américaine. N’oublions pas un point important : l’expansionnisme était nécessaire au maintien et au développement de cette puissance montante. Puisque jeune, l’absence de volonté "impériale" (conséquence de la nécessité de sa survie) s’explique aisément. Les premiers Pilgrims, après avoir "fuit le monde", se sont empressés d’y retourner porter la bonne parole, emportés par la fougue de leur jeunesse ET de leur idéologie, à mon avis, déjà présente dans "l’ADN psychologique" des américains.
    Vous avez dit terre de contrastes ?


  • J’attire votre attention sur l’image du drapeau qui sert d’illustration à l’article.
    Quels sont les symboles des Etats-Unis ?
    Les symboles !
    Symboles= icones. Religion, enluminures...
    Qu’ont-ils "inventé" ? L’ordinateur et Internet, une succession de symboles et d’icônes (langage binaire et hiéroglyphes virtuels).
    L’Anglais, langue coloniale, devient elle-même une icône de la modernité, aidée par la guerre il est vrai, l’unique moyen d’arriver à cette fin : on/off, reset, play, stop, parking..... Une sorte de langage iconique robotisé.
    C’était écrit à l’insu de leur plein gré....


  • L’Amérique est une nation expansionniste et dominatrice par nature (comme l’occident en général). Descendants de colons britanniques (marchands ou bagnards), ils ont décimés les indiens d’Amérique : pour voler leurs terres, si ce n’est pas une preuve d’expansionnisme et de bellicisme, faut me le dire.

    Ensuite, ils font venir une main d’œuvre bon marché grâce à l’esclavage et donc, ils déportent une partie d’un peuple pour l’asservir, lui retirer ses noms, ses religions (musulmane dans la majorité car venant d’Afrique de l’ouest) : si ce n’est pas la preuve d’une nation expansionniste, faut me le dire.

    Dans certains villages, on s’amusait à pendre des gens au teint assez foncé (noirs ou amérindiens) et donc, qu’on n’hésitent pas à me dire si ce n’est pas du bellicisme. Selon moi, ce sont pas les oligarchies basées à New York qui ordonnaient à une foule de fermiers de l’Alabama de pendre cette population basanée, c’était dans la culture car ce noir ou cet amérindien est l’ennemi. Donc, on peut tout se permettre envers cet ennemi.

    Les USA ont développer la "destinée manifeste", l’esprit de l’ouest. A l’époque du 19ème, il faut étendre la "démocratie" (et tuer des indiens en passant) vers l’ouest : n’est-ce pas de l’expansionnisme ? Cette même "destinée manifeste" est appliquée dans le monde entier : d’abord en Amérique du sud (grâce à la doctrine Monroe) puis, au reste du monde (théorie des droits de l’homme), ce qui logique car les européens ont commencer à "découvrir" des terres en 1492, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

    Je comprends bien que E&R cherche à défendre les petits peuples à travers le monde mais je sais aussi que ce site croit en la justice immanente. En toute logique, tout homme ayant mal agi sera puni et donc, pourquoi ne pas accepter le fait qu’un peuple ayant mal agi peut être châtié (car ceci arrivera) ? Car ces petits propriétaires ont profité de terres qui ne leurs appartenaient pas, ils ont utilisé des hommes qui ne leurs appartenaient pas, comme un peuple khazar au Moyen-Orient...

    NB : l’isolationnisme américain est une chimère. C’est la nation la plus interventionniste de l’histoire (avec la France et le Royaume-Uni). Voici une liste des interventions américaines : http://fr.wikipedia.org/wiki/Interv...

    Ça commence tôt...

     

    • Je me joins a toi et te soutien dans ce que tu décris ici. L’auteur de l’article semble oublier toute l’histoire américaine qui s’étend en gros de 1500 à 1900 ou effectivement l’esprit belliqueux américain (hérité de l’Europe) se repend pour ne retenir que la partie qui l’intéresse pour sa thèse (1900 à 1945), ce qui est tout de même très orienté...

      Mais l’article a tout de même le mérite de soulever des point intéressants et de montrer qu’effectivement il y a bien eu a un moment donné aux USA une "conscience" ethnocentré qui allait a l’encontre des volonté d’une certaine élite dirigeante.

      Merci Camarades et longue vie à E&R


    • Ca ne tient pas... Les "indiens" d’Amérique du sud ont péri en très grand nombre suite aux conquêtes espagnole et portugaise. Aujourd’hui ils ne sont encore majoritaires qu’en Bolivie et au Pérou. Pourtant tu ne dis pas que le Brésil ou l’Argentine, par exemple, sont des nations impérialistes par essence destinées à agresser le monde ntier.
      Ce qui prouve bien que les Etats-Unis, malgré le "péché originel" du génocide des autochtones, auraient pu suivre une autre voie par la suite.


    • J’adhère assez à ce commentaire, qui me semble être très bien complété par le début de cette conférence d’Asselineau. Il y montre assez bien les velléités impériales des dirigeants américains qui ont suivi la Révolution américaine. J’aimerais avoir l’avis de l’auteur si possible, car ses 2 articles sont tout de même très intéressants.

      http://www.dailymotion.com/video/xb...


    • @ Piccolo,

      Avec des "si", les guerres n’auraient jamais lieu. J’ai dit que les Etats-Unis ont mis en place la "doctrine Monroe" qui consiste à dire que ce qu’il se passe sur le continent américain ne concerne que les Etats-Unis et en conséquence, les puissances qui s’y aventurent seront considérer comme les ennemis des Etats de l’union.

      Après avoir bouter les portugais, les français, les espagnols et les anglais, l’Amérique latine (du détroit de Bering au sud de l’Argentine) est LA zone d’influence des Etats-Unis. Conséquence : seul Etat dominateur, il soumet tout le reste du continent. Va voir le lien avec les interventions américaines, tu verras qu’ils envoient des troupes en Argentine, pas pour aller danser le tango.

      Donc, comment des nations soumises à la nouvelle puissance américaine peuvent eux-même être impérialiste ? Ils auraient surement voulu le faire mais n’en avaient pas les moyens (et peut-être la mentalité anglo-saxone nécessaire).

      NB : je sais que l’Argentine a fait disparaître sa population noire et que ses dirigeants étaient racialistes, comme les dirigeants du Brésil. Quelle épopée coloniale qui débouche sur la naissance d’une nation n’est pas racialiste et exterminatrice ? L’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du sud, Israël et j’en passe.

      Le destin a voulu que ce soit les USA et si ce n’avait pas été eux, t’inquiètes pas qu’il y aurait quelqu’un d’autre. Pour répendre le mal, on se bouscule pour la place mais pour l’instant, les Etats-Unis en ont la responsabilité.


    • Et voila je sais de nouveau plus quoi penser.
      Du coup je vais de nouveau me retrancher dans ma sphère privé
      pour ne pas sombrer dans la haine et m’assurer que ma famille américaine
      et brésilienne soit à l’abri avant qu’on ne vienne les agresser alors qu’ils n’ont jamais fait de
      mal à quiconque.


    • Permettez moi juste de vous dire qu’avant "les" américains il y eu beaucoup de nations ou peuples bellicistes et impérialistes. Motivés par la domination économique, ethnique ou religieuse, les peuples du monde ont très largement eu recours aux armes pour étendre leur "espace vital", et malgré le fait que cela n’était , dans tout les cas, jamais justifé par des raisons sanitaires ou humanitaires. Les dirigeants américains (et pas forcément le peuple, qui lui aussi est manipulé par le Jean Pierre Pernaut local) sont simplement les derniers en date.

      Votre propos me gène, car il tend a stigmatiser une population. Pour reprendre une des idées d’Alain Soral, il ne faut pas parler d’un peuple si on ne l’a pas rencontré. Je suis allé rencontrer deux fois les ricains, certes c’est peu mais de toute évidence les gens avec qui j’ai pu parler semblaient se sentir bien peu concernés par la politique internationale de leur gouvernement.

      Tout comme moi, français blanc de culture catholique, j’ai du mal a me sentir responsable des "tortures" de la guerre d’Algérie, ou de la traite négrière, lorsque je me lève le matin pour aller bosser. Et je ne pense pas qu’un innocent blanc américain mérite plus de mourir qu’un innocent palestinien.

      Je vous suggère de revoir votre argumentaire en évitant les mots "ils" et "on".


    • pardonnez moi si je me trompe mais vouloir faire "payer" aujourd’hui des américains pour les crimes évident et reconnus d’autres américains et d’américains morts depuis longtemps n’est-il pas du tribalisme ? Sentiment préféré des sioniste ?


    • @ Eric,

      Autre citation d’Alain Soral : "quand je dis les juifs, je ne dis pas tous les juifs. Je ne prends pas mon téléphone pour les appeler et leur dire, non pas toi, non pas toi non plus. Sinon, on ne s’en sort plus".

      Je ne vous demande pas de penser aux autres et même, ils ne demandent pas que vous pensez à eux. Je dis que tout se paie, un jour ou l’autre.

      Exemple  : un gangster fait vivre sa famille à l’aide de l’argent gagner salement (exemple : meurtre, trafic de drogue, d’êtres humains, jeux d’argent,racket,...) Ils vivent confortablement que lorsqu’ils avaient cet argent sale, ils profitent de l’argent d’un mort, peut-être d’un homme dont on a menacé sa famille de mort s’il ne donnait pas son argent (beaux bijoux, belles voitures, beaux vêtements, belle maison,...). Donc, cet homme a propagé le mal pour son propre bien et celui de sa famille.

      Mais au bout d’un moment, le père de famille est arrêté et mis en prison. Donc, tous ses biens sont saisis, le niveau de vie décline, chômage, manque d’argent et peut-être, cette famille se brisera : c’est le prix à payer pour son métier, cette famille le sait dans un coin de sa tête mais elle se dit que ce jour n’arrivera jamais (ou très tard).

      Cette famille n’a pas été assassinée, elle n’est pas tombée dans la drogue => elle a été punie économiquement et cette sanction, elle l’a sentie passée. Elle aurait peut-être préférer mourir que de vivre dans la pauvreté mais dans un autre coin de son esprit, elle sait pourquoi elle est sanctionnée : sa mauvaise conduite antérieure, elle profitait du malheur des autres.

      Vous vous imaginez que ces peuples seront exterminés, d’autres punitions peuvent exister. Réfléchissez à ce qui se passe en ce moment en Occident (au niveau économique). Si vous pensez que la mort est la seule possibilité de punition, Dieu a d’autres atouts dans sa poche. Vous le savez surement en tant que bon catholique, non ?

      Donc, est-ce que les USA (le gangster) profitaient (et profite) du malheur des autres pour son propre bonheur ? La réponse est oui. Va-t-elle payer cette conduite ? Oui car tout se paie, un jour ou l’autre. Est-ce que le peuple (les enfants et la femme) ayant profité du malheur des autres va se voir sanctionner ? Évidement mais pas de la même manière que l’État, elle prend de plein fouet la crise économique.


    • @ someone,

      Justement, il ne s’agit pas "faire payer" quelqu’un mais ce quelqu’un va payer de lui-même, de ses propres actes. Vous me parlez de sionisme. Mais quand le président iranien dit : "Israël va disparaître de la page du temps", il ne dit pas que "Israël va être rayer de la carte" => ça, ce sont ceux qui ne comprennent pas le message.

      Mahmoud dit qu’avec son histoire, ses actes à travers les décennies, Israël se disloquera de lui-même. État d’Israël et non son peuple. Comme l’URSS, à travers sa conduite, ses millions et millions de morts, ce pays a disparu des pages du temps.

      Je vous renvoie la question : avec ses millions et millions de morts, pourquoi les USA n’auraient pas droit à disparaître des pages de l’histoire ? Est-ce que le peuple américain disparaîtra ?

      D’autres questions : le peuple soviétique a-t-il disparu (physiquement) lorsque l’État soviétique s’est disloqué ?

      NB : c’est pour cela que je considère le président iranien comme une personne exceptionnelle. Louis Farrakhan a le même raisonnement, ils ne me font que m’inspirer. Rien d’autre et je suis loin d’être juif ;-).


    • Primo juste pour précisé je suis tout ce qu’il y a de plus athé et emplie de valeurs et de désir de justice pour tous.
      Ensuite cela voudrait dire que le peuple est entrain de payé pour ces crimes avec
      la crise où la punition est encore à venir ?
      Quant à l’extermination, cela arrivera de toute façon pour nous tous,
      que se soit par l’éffondrement dont parle Pierro San Giorgio
      ou l’extinction de l’humanité vers 2100 :
      http://ecologie.blog.lemonde.fr/201...
      http://ecologie.blog.lemonde.fr/201...



    • Ensuite cela voudrait dire que le peuple est entrain de payé pour ces crimes avec
      la crise où la punition est encore à venir ?



      C’est ce qui est très possible. Cela ne m’étonnerait pas car un cycle se termine, celui de la domination d’un occident par la guerre et la conquête. Maintenant, ça passe ou ça casse : soit ils arrivent à déclencher leur guerre pour se sortir de la crise (comme d’habitude en somme, 2ème guerre mondiale) soit, il n’y arrive pas et la récré est terminée.

      NB : c’est bizarre mais depuis que l’occident décline, les gens sont plus enclins à croire aux théories de catastrophes naturelles, de réchauffement climatique et même les prédictions maya lol. Un sentiment fait pour se dire que si on tombe, on ne sera pas seul. On y croit dur comme fer, comme une religion...


  • Merci pour ce rappel.


  • #244322

    Le "libéralisme américain originel" est à l’image de tout les libéralismes et de tout les anti-cléricalismes, qui depuis la fin du 18éme siècle et au travers d’une multitude d’ideologies politiques, n’ont finalement jamais cessés de se plaindre et de dénoncer les conséquences dont leurs système de pensée emprunté à la secte des illuminés jacobins en tablier, est lui même LA CAUSE.

    Qu’ont le veuille ou non, l’impérialisme américain prend bel et bien racine dans ce "libéralisme originel", qui lui même n’est qu’un des nombreux enfants bâtards du schisme protestant. (ont juge l’arbre à ses fruits..)

    Schisme, qui en pleine "renaissance" et bien avant la révolution anti-cléricale de 89, inaugura non seulement l’affaiblissement de l’autorité morale de l’Eglise sur le pouvoir temporel des "princes de ce monde", mais également le sacrifice des peuples et de la liberté sur l’autel d’une imposture "religieuse" puis "philosophique", que l’histoire n’a par ailleurs jamais cesser de révéler comme tel, et continuera de le faire aussi longtemps que nos Eglises seront laissés à l’abandon au profit des temples de la consommation, qui pour ces derniers constituent la partie visible et perceptible, d’une forme de religiosité inversé en quéte d’un "paradis" immédiat déchaînant toutes les avidités et toutes les immoralités jamais assouvis.

     

    • #245031
      le 22/10/2012 par Léon Saint-Quay ( Auteur de l’article)
      L’histoire (oubliée) de l’isolationnisme américain

      Bonjour,

      Votre vision du schisme protestant, qui aurait fait naitre une foi plus porter vers le bonheur “ici bas” et donc ayant (relativement) prédisposé le monde occidental à tendre vers la recherche du plaisir immédiat et individuelle me parait juste.

      Si d’ailleurs votre point de vue sur la question est détaillé dans un ouvrage donné, n’hésitez pas à m’en faire part.

      Je vous rejoins bien sûr quant à l’intérêt que représenterait un retour à la foi chrétienne aujourd’hui, dans un monde désacralisé ou règne les plaisirs immoraux et négatifs du consumérisme (et les rapports de domination qu’il cache).

      Attention cependant à ne pas nier la réalité historique du christianisme, avant le « schiste » ou ensuite à travers le catholicisme. Comme le note De Benoist (in Comment peut-on être païen  ?) le christianisme, en particulier dans sa forme initiale qui perdurera à travers le catholicisme, est la seule des trois religions abrahamiques à concevoir un universalisme véritable. Ceci expose à un risque de prosélytisme agressif qui a d’ailleurs bien eu lieu, et je ne parle pas stupidement de l’utilisation de l’Eglise comme institution lors des conflits tribaux moyenâgeux. Je parle par exemple de la violente christianisation de l’Europe – avant le schisme donc- (voir la chronologie dans B.A BA du néo-paganisme, C. Boucher) ou la façon avec laquelle l’Eglise a « marché » dans les conquêtes coloniales du XIXeme.

      Je vous suppose Catholique, j’entends votre message et le supporte mais attention à ne pas caricaturer l’histoire – et la foi - protestante.

      Quand à « l’idéologie » consumériste, nommons la chose ainsi, je veux bien accepter l’idée que le protestantisme s’est montré plus « adapté » à son déploiement que l’a été la foi chrétienne (surtout, il est vrai, si on la considère dans son authenticité) ; Une autre question importante est d’après moi quelle confession, de part ses fondements, ses principes et son eschatologie, est susceptible d’avoir souhaité le consumérisme et ce qu’il suppose en terme de division, soumission et déchéance. A en discuter…

      L. S.


  • #244766
    le 21/10/2012 par Léon Saint-quay (l’auteur)
    L’histoire (oubliée) de l’isolationnisme américain

    Bonjour,

    Merci à tous pour vos réactions.

    A la vue des premiers commentaires, j’ai eu peur d’avoir raté en partie l’objectif de mon article.
    Le but n’était pas de montrer que la nation Américaine n’avait pas, ou disons peu, fait preuve d’expansionnisme relativement aux autres nations (ce qui d’ailleurs pourrait, contrairement à ce que certains ont affirmés, tout à fait être défendu : pour répondre très brièvement à certaines de vos remarques, la France, sous l’ancien régime comme sous les systèmes ’post-revolutionnaires’, n’a cessé d’être en conflit d’expansion, en Europe comme ailleurs. En ce qui concerne l’esclavage, il n’est en rien un fait typiquement américain, ni même occidental. Je vous invite à vous porter en profondeur sur la question...)

    Le 1er but de l’article était de rappeler la période isolationniste Américaine d’avant 1914, et surtout de prouver la persistance d’une dissidence intellectuelle se réclamant, à raison, d’un certain traditionalisme Américain.

    Mais le 2nd but, et le plus important, était finalement de conclure que l’antagonisme ’nations contre nations’, tout comme l’antagonisme de ’civilisation contre civilisation’, n’était qu’un feu allumé artificiellement et inutilement, pour camoufler un autre antagonisme, lui bien réel et déterminant : le capital apatride contre le travail enraciné, ou disons le mondialisme hégémonique et totalitaire contre les traditionalismes locaux, pacifistes et auto-centrés.

    Notez que les premiers prémices de cet antagonisme commençaient à apparaitre, du fait des aberrations destructives du mondialisme, à la fin des année 90. Si les aspects politiques ou confessionnels n’avaient pas encore été soulevés sur la place publique, diverses organisations assez solides, les "altermondialistes", agitaient au grand jour les aspects économiques.

    Ensuite sont venus le 11 septembre, les guerres d’Afghanistan et d’Irak, et tout un ensemble de petites et moyennes "affaires" internationales ou nationales.
    Aujourd’hui, les média de masses et ses spectateurs ne parlent plus que de conflits Occident/Orient, sur les plans géopolitiques, religieux ou même ethniques...

    Voila donc une évolution des problématiques traitées très significatives.

    Soyez indulgent avec le peuple Américain. Et n’hésitez pas à regarder de près leur culture profonde et les enseignements que l’on peut en tirer. A. Soral l’a d’ailleurs bien signalé, lors de l’AG de E&R ce 20 Octobre.

    L. S.