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Le snacking des grands chefs

Pour continuer notre série d’articles sur les grands chefs et l’industrie agroalimentaire, nous allons tenter d’expliquer pourquoi et en quoi la gastronomie (et sa médiatisation) est aujourd’hui au service des intérêts des grands groupes industriels et financiers. Cette fois ci nous prendrons comme fil rouge un phénomène qui a commencé il y a maintenant une bonne décennie, à savoir l’intérêt des grands chefs pour le snacking, le fast food et tout ce qui s’y réfère.

Quelques acteurs majeurs du snacking

Toute nouvelle tendance ayant besoin de salons pour se développer, nous aborderons ici le « Sandwich and snack show » qui appartient au premier organisateur mondial de salons, la compagnie anglaise Reed Expositions. On retrouve parmi les partenaires notables de ce salon :

- Daniel Majonchi, fondateur du Leaders Club et président de sa branche internationale. Ce réseau se définit comme un outil de veille et de promotion, assurant les échanges et les interactions entre les restaurateurs et leurs partenaires industriels, équipementiers et prestataires de service [1]. Majonchi est aussi un membre fondateur, avec Corinne Ménégaux – directrice pôle chez Reed Expositions ainsi que du salon Equip’hotel – du Street Food en mouvement que parraine Thierry Marx et dont le but est de promouvoir la « cuisine nomade ». Notons que l’association communique largement sur tous ses membres fondateurs sauf un, Franck Trouet, directeur générale du Synhorcat (organisation patronale), qui en est le trésorier [2]. Daniel Majonchi est par ailleurs vice-président de Restaurants sans frontières, parrainé par Thierry Marx et Michel Boujenah [3].

- Bernard Boutboul, directeur général du Gira Conseil, cabinet de conseil spécialisé dans le marketing et la stratégie de développement dans le domaine de la restauration et dont les principaux clients sont des groupes du secteur agroalimentaire ou des chaines de restaurants et de boulangeries-pâtisseries. Il est lui aussi vice-président de Restaurants sans frontières. Pour mieux saisir en quoi consiste son travail, voici une de ses récentes déclarations à un journal algérien :

« Nous avons des clients qui souhaitaient rentrer en Algérie, il a été dit par les autorités locales qu’il n’y a pas de problèmes pour ouvrir une franchise de chaînes de restaurants, à une seule condition, qu’on fabrique tout sur place et qu’on utilise la main-d’œuvre locale. Cela peut poser des problèmes à de gros réseaux qui ont des laboratoires et des usines de production en Europe, au Moyen-Orient ou ailleurs [4]. »

- Rémy Lucas, « psycho-sociologue culinaire » (sic), directeur associé chez Cate Marketing, spécialisé dans la consommation hors domicile, également membre fondateur du Street Food en mouvement [5].

- Sans oublier le mondain du groupe, Sébastien Ripari, qui a commencé sa carrière comme écrivain avec son livre Genevadown, puis s’est fait connaître comme l’ami de Gad Elmaleh, avant de devenir « l’ami des chefs » par l’intermédiaire de son « Bureau d’études gastronomiques », bureau de consulting développant des produits pour le groupe Alain Ducasse, dont nous avons déjà parlé dans nos précédents articles, ou encore l’Exposition universelle de Shanghai, dont nous parlerons plus bas. Il est lui aussi membre fondateur du Street Food en mouvement et, entre autres, conseiller de Reed Expositions, pour lequel il a développé le Snacking des chefs qui se tient en marge du salon. Le Snacking des chefs est défini ainsi :

« Des chefs réalisent des démonstrations gastronomiques autour du sandwich suivant les spécificités actuelles du marché [6]. »

Il œuvre aussi, à travers l’association Tous à table, pour permettre à des personnes défavorisées de bénéficier d’une « mixité sociale à travers la gastronomie [7] ».

Ce n’est certainement pas un hasard si cette année le palmarès de la restauration (organisé par le Leaders Club) a été remporté par « le camion qui fume », food truck servant des burgers et des frites… Concept qui, comme attendu, va s’étendre dans d’autres villes [8]…

Il n’y a rien d’étonnant non plus à entendre nos grands chefs plaider, d’une part, pour une réforme de l’apprentissage, par la diminution de sa durée – jugée inadaptée au monde moderne – et par l’intégration du snacking dans les programmes officiels de formation des écoles hôtelières, et d’autre part commencer à promouvoir le système éducatif anglo-saxon – par l’intermédiaire de leurs instituts culinaires, dans lesquels figure déjà le snacking – avec notamment l’intégration du lifelong learning (l’éducation-tout-au-long-de-la-vie), comme nous le confirme la prochaine participation d’Alain Ducasse au Wharton Global Forum les 10 et 11 octobre a Paris. L’idée de fond : adapter les formations selon les demandes du marché [9].

 

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Rémy Lucas, Thierry Marx et Sébastien Ripari en compagnie de David Weber, président de la Food Truck Association de la ville de New York

 

Les grands chefs et le partenariat-écran  

Fonctionnant sur le même principe que la société-écran (société fictive, créée pour dissimuler les transactions financières d’une ou de plusieurs autres sociétés), le partenariat-écran est un partenariat – de grands chefs dans notre cas – souvent mis en avant pour dissimuler des transactions financières entre des sociétés et des groupes de l’agroalimentaire.

Prenons ici le cas assez troublant des frères Jacques et Laurent Pourcel. En plus d’être eux aussi dans la mouvance du snacking – Jacques Pourcel étant le parrain du Snacking des chefs [10] – ils investissent maintenant l’univers du petit déjeuner en signant un accord majeur avec le groupe hôtelier Park & Suites. Ce partenariat nous promet « un buffet qui sera notamment composé de confitures artisanales Lucien Georgelin cuites au chaudron et fabriquées localement… de fruits frais et de saison, ainsi qu’ un assortiment de bouchées sucrées et pâtisseries atypiques revisitant ainsi muffins, brioches, bägels, galettes de riz soufflé [11] »...

 

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Les frères Pourcel lors de la conférence de presse organisée à l’hôtel Park & Suites de Paris Bercy situé à quelques pas de la Grande Bibliothèque

 

Ce qui paraît étrange dans cet énoncé, c’est que bien que la compagnie mette fièrement en avant le nom de l’artisan qui prépare les confitures pour l’hôtel, elle reste étonnamment vague quand à l’origine des pâtisseries et des viennoiseries. Étonnant, puisque dès que des hôteliers ou des restaurateurs travaillent avec des artisans, ils s’empressent de nous faire savoir qui sont ces derniers avec photos, vidéos et interviews à l’appui (comme nous l’atteste la mention de l’artisan confiturier ainsi que la publicité de l’hôtel autour du partenariat avec les frères Pourcel). Il se pourrait que pour comprendre l’éventuelle provenance de ces produits il nous faille faire un léger retour en arrière dans la carrière de nos deux grands chefs.

En 2010, les frères Pourcel sont choisis pour s’occuper du Pavillon France à l’Exposition universelle de Shanghai. Ils prennent alors comme partenaire pour les accompagner dans cette aventure la marque Délifrance – fabriquant industriel de pains, de viennoiseries et de pâtisseries « fraîches », filiale du groupe Nutrixo – avec qui ils avaient commencé, quelques mois auparavant, une étroite collaboration [12]…

 

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Les chefs Pourcels et le boulanger industriel Délifrance, un partenariat prolifique

 

Notons que parmi les partenaires de Park & Suites se trouve une entreprise du nom de class’croute, chaine de restaurants vainqueur du prix du meilleur sandwich au Concours de France du sandwich, organisé par Délifrance, à l’occasion du European Sandwich and Snack Show et que la coupe du monde Délifrance du sandwich se fait en partenariat avec ce même salon [13]… Sommes-nous donc ici dans une collaboration de même nature, où l’utilisation du prestige du grand chef sert avant tout à donner une image artisanale aux avancées de l’industrie ? La question reste ouverte.

Les modèles de la chaine et de la franchise comme destruction des PME/PMI

Thierry Marx prétend que cette nouvelle tendance est une alternative à la malbouffe et que ce modèle va aider le petit artisanat des métiers de bouches à s’intégrer de façon économiquement viable dans la rue [14]. Pourtant, comme nous pouvons le constater, ce modèle économique n’a pas été créé dans le but d’aider l’artisanat mais dans celui de développer les modèles de la chaine et de la franchise qui permettront à moyen terme à la grande industrie – qui est entre les mains des banques et des financiers – de s’accaparer entièrement l’ensemble du tissu économique des PME-PMI, car comme nous pouvons déjà le constater, chaque entreprise acceptant d’entrer dans ce système se doit d’aller toujours de l’avant en se développant sans cesse – souvent de manière trop rapide – et doit, pour se faire, chercher des financements, et fini indéniablement entre les mains des géants de l’industrie et des banques.

Nous pouvons citer comme exemple la compagnie britannique Pret A Manger qui a du vendre une partie de ses parts à McDonald’s en 2001 afin de pouvoir continuer son développement. Pret A Manger a finalement été racheté par la société d’investissements Bridgepoint dans le but d’accélérer son implantation mondiale. D’ailleurs, l’enseigne essaye de s’implanter en France avec l’aide du Gira Conseil de Bernard Boutboul [15].

Un autre exemple probant serait le groupe de distribution britannique Tesco – ayant comme principaux actionnaires des banques et des sociétés d’investissement –, rachetant petit à petit des cafés et des boulangeries de quartier afin de les développer sur ce même modèle [16].

Autre exemple en France, la chaine de restaurants Sushi Shop – pour laquelle Thierry Marx est intervenu en 2012 comme consultant – est maintenant détenue à 25 % par Naxicap Partners, une société de gestion de structures d’investissements [17].

Alain Soral dans Comprendre l’Empire. Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations ?, décrit parfaitement la situation :

« Cette destruction finale de la classe moyenne – productive, lucide et enracinée – correspondant au projet impérial de liquidation de toute insoumission au Capital, par essence apatride, pour que rien ne subsiste enfin de liberté, de conscience et d’indépendance entre le pouvoir impérial de la Banque et la masse salariée [18]… »

Que veulent donc dire nos grands chefs quand ils nous parlent d’« artisanat », puisque juridiquement l’artisan est un chef d’entreprise qui doit être économiquement indépendant et que son entreprise doit intervenir pour son propre compte et non pour celui d’une autre personne morale ou physique ?

En fait, c’est la définition même de l’artisanat qui est en train de changer sous nos yeux et c’est exactement cela que nos grands chefs nous empêchent de voir. Interrogé en 2002, lors du Salon du sandwich, sur la différence entre un sandwich artisanal et industriel, le groupe Compass, présent en France via les marques Eurest, Medirest et Scolarest, et ayant comme actionnaires la banque UBS, des groupes specialisée dans les services financiers ainsi qu’une société de placements, nous a donné une définition plus honnête de ce qu’on attend de l’artisan de demain. Pour le groupe Compass, la différence entre un sandwich artisanal et industriel ne se situe pas dans les produits en eux-mêmes, mais simplement dans le fait que le sandwich dit artisanal se fera sous vos yeux :

« Pour illustrer le sandwich fait sur place – il s’agit en fait d’un sandwich d’assemblage, élaboré avec des bases – Simon Stenning a pris l’exemple d’Upper Crust, l’autre marque de sandwichs de Compass. Tout l’intérêt de ce sandwich dit artisanal réside dans sa fraîcheur. Idéalement, il est consommé au maximum dans les trois heures de temps qui suivent sa fabrication. Pour arriver à tenir ces délais, il faudra ajuster la production et la consommation en permanence [19]… »

Remarquons que l’industrie du luxe – qui reste une industrie avant tout – utilise de plus en plus, elle aussi, les méthodes proprement industrielles : la transformation des pâtisseries de luxe comme Lenotre, Ladurée et Pierre Hermé en usine à production intense doit satisfaire une demande internationale avec, dans le cas de Ladurée, l’utilisation de conservateurs permettant de garder les macarons pendant un an ! Ajoutons à cela l’utilisation de plus en plus assumée par des grandes tables gastronomiques de coulis ainsi que de purée de fruits et de légumes surgelées d’industriels, comme celle de la marque Vergers Boiron, sans oublier leur engouement pour le café Nespresso (Nestlé) [20].

 

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Jamie Olivier est il un véritable pourfendeur de la malbouffe ?

 

Pour conclure tout en restant dans le sandwich, intéressons-nous à la dernière campagne de Jamie Oliver, dans laquelle il se vante d’avoir gagné la bataille contre le géant américain McDonald’s en l’ayant convaincu d’enlever l’hydroxyde d’ammonium de ses hamburgers. Pourtant, ce que Jamie oublie de nous révéler, c’est qu’en tant que consultant pour la marque Findus (comme son sosie Cyril Lignac), il n’avait pas entièrement réussi à les convaincre quand à l’importance de la qualité des matières premières [21]...

Quel est le but de ce genre d’articles, si ce n’est de vouloir nous convaincre de continuer à consommer dans ce temple de la malbouffe, puisque maintenant, Jamie himself s’occupe de faire en sorte que la viande de bœuf ne contienne plus de produits dangereux ? Après le greenwashing [22], il se pourrait que nous soyons maintenant dans l’ère du « chefwashing » et que ces derniers aient trouvé une nouvelle manière bien plus subtile et plus performante de promouvoir la malbouffe pour (presque) tous, en devenant tout simplement la bonne conscience de ces multinationales.

Pour vérifier cela, il suffit simplement d’écouter le nouveau lieu commun de nos gastronomes, qu’ils répètent tous en chœur aussitôt qu’un micro leur est tendu : « Il y a de très bons plats surgelés, faits par des industriels alors que des artisans en font de moins bien »... faisant évidemment abstraction du fait que la comparaison de la qualité entre des plats artisanaux et industriels ne peut se baser uniquement sur leur goût !

Cultiver son potager, afin de consommer des produits sains, avec notre partenaire :

Notes

[1] http://leadersclub.fr/wp/

[2] http://www.streetfoodenmouvement.fr/wp-content/uploads/communique-presse.pdf

[3] http://www.restaurants-sans-frontieres.org/le-bureau-michel-boujenah-thierry-marx.html

[4] http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:MOf4d0QnbjoJ:www.elwatan.com/economie/la-restauration-de-franchise-a-de-beaux-jours-devant-elle-01-07-2013-219461_111.php+&cd=1&hl=en&ct=clnk&gl=uk&client=firefox-a

[5] http://www.catemarketing.com/

[6] Genevadown : http://www.amazon.co.uk/Genevadown-French-Edition-ebook/dp/B0087GZ464

Snacking des chefs : http://www.lebureaudetude.com/33-2/

[7] http://www.tousatable.org/

[8] http://www.ouvrirmafranchise-restauration.com/Le-Palmares-de-la-Restauration-2013---Les-8-concepts-nomines-,98-actualite.html

[9] Thierry Marx et l’apprentissage : http://blog.lefigaro.fr/legales/2012/10/thierry-marx.html

Le snacking au programme des écoles hôtelières : http://www.snacking.fr/news-42-Thierry-Marx—pour-un-snacking-au-programme-des-ecoles-hotelieres-.php

Alain Ducasse au Wharton Global Forum : http://www.whartonparis13.com/paris/StaffDetails.aspx?Id=1489

Institut ducasse et le « lifelong education » : http://enderunextension.com/about/partners/

Institut Bocuse et le « lifelong education » : http://www.lifelong-learning.lu/Contenu/Evenement/Accueil/proposition-2013-05-23-15-17-16/fr

http://www.institutpaulbocuse.com/media/phototeque/ecole-management/Charte_ERASMUS.pdf

[10] http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/2012/02/03/sandwich-snack-show-le-snacking-des-chefs-by-jacques-pourcel/

[11] http://www.parkandsuites.com/fr/theme/pourcel.php

[12] http://www.nutrixo.com/?Delifrance-choisi-pour-le-Pavillon

[13] Partenaires de Park et Suites : http://www.parkandsuites.com/en/partenaires-suite-appart-hotels

http://www.observatoiredelafranchise.fr/communiques-classcroute/le-sardin-de-class-croute-grand-gagnant-du-concours-de-france-du-sandwich-delifrance-175-1718.htm

[14] http://www.dailymotion.com/video/xrjgvq_createen-addict-communication-audiovisuelle_lifestyle#.Ubjiw5zFYdU

[15] http://www.marketingweek.co.uk/pret-a-manger-aims-to-dispel-mcdonalds-myth/3022565.article

Gira Conseil et Pret A Manger : http://www.dailymotion.com/video/xprfkq_interview-de-bernard-boutboul-cabinet-gira-conseil_news#.UevMQG3FYdU

« The alarming truth about your ’fresh and healthy’ Pret A Manger lunch » : http://www.dailymail.co.uk/femail/article-1375525/Pret-A-Manger-The-alarming-truth-fresh-healthy-lunch.html

[16] http://realbusiness.co.uk/article/18783-tesco-king-of-small-retailers

[17] http://www.financierecambon.com/nos-references/liste-des-transactions/financiere-cambon-conseille-sushi-shop-sur-sa-levee-de-fonds-aupres-de-naxicap-partners

[18] http://www.kontrekulture.com/achats-livres-subversifs/26-comprendre-empire-alain-soral.html

[19] http://www.cuisinecollective.fr/dossier/resto/print.asp?id=7

[20] Macarons Ladurée et additifs alimentaire : http://blogs.rue89.com/dessous-assiette/2009/10/30/macarons-laduree-une-recette-industrielle-et-un-luxe-dadditifs

Les vergers Boiron : http://www.lemondedusurgele.fr/Actualites/Industrie/Fiche/1561/Le-Bocuse-d%2592Or—2013-en-visite-chez-Les-vergers-Boiron

Usine Pierre Hermé : http://www.usinenouvelle.com/article/le-patissier-pierre-herme-inaugure-une-manufacture-en-alsace.N26752

Usine Lenotre : http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/sodexo-leader-des-cantines-s-offre-lenotre-vitrine-de-la-gastronomie_1017735.html

Nespresso : http://www.lhotellerie-restauration.fr/journal/produit-boisson/2012-05/Nespresso-desormais-partenaire-des-Grandes-Tables-du-Monde.htm

[21] http://documentarylovers.com/news/jamie-oliver-campaign-makes-mcdonalds-change-recipe/

Findus et Jamie Oliver : http://www.youngsseafood.co.uk/

[22] http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89...

 
 



Article ancien.
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12 Commentaires

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  • #501290
    le 24/08/2013 par Julien82
    Le snacking des grands chefs

    Bon article.Un exemple concret dans le genre sont les "boulangeries"Paul,où tout est industriel à 100%.Ces franchises foutent un bordel pas possible au détriment des vrais artisans(il en reste,même si beaucoup trichent aussi).
    L’évolution de la malbouffe suit le reste,et s’adresse à une population de moutons de panurges grouillant dans les galeries marchandes d’Auchan,tout en désertant les centres villes.
    Quoiqu’il en soit pour ma part j’ai un excellent boulanger dans un village près du mien,le mec gratte seul,sa production est très restreinte en choix(du basique:pain,baguettes tradition,viennoiseries),mais le goût des produits est indéniable:du fait maison pur jus.
    Ce n’est pas dur en fait:plus la gamme de produits est variée,moins il y a de chances que ces derniers soient faits maison.


  • #501402
    le 24/08/2013 par noname
    Le snacking des grands chefs

    J’aimerais en savoir plus, est ce que marx et olivier sont vraiment malhonnête ? Pour le premier je pense qu’il s’agit de naïveté, remplacer de la malbouffe industriel par des produits moins pourris mais réalité de façon industriel c’est pas une si mauvaise idée si ? Après que ca tombe dans les mains des banques etc il a peut être pas vu cet aspect (on est pas beaucoup a le voir...). Dans une documentaire sur les trucks food marx disait qu’il était très intéresse par le concept...ca m’avait un peu déçu parce que j’avais vu un documentaire sur lui et il m’avait parru être quelqu’un de saint...

    Pour le second, je me souviens qu’il avait fait campagne il y a 10 ans en arrière contre la malbouffe dans la cantine, il a fait ce que norbet et jean ont fait dans l’épisode ou ils vont dans une cuisine pour repenser la nourriture. Alors est ce que c’est pas de la bonne intention naïve ou est ce que c’est vraiment planifié pour être malsain ?


  • #501448
    le 24/08/2013 par QCU
    Le snacking des grands chefs

    Détruire le pays par la production agricole et la cuisine.
    Les français sont poussés de force à cette américanisation.
    Par les émissions de télé culinaires suivies de publicités.
    Mais aussi par internet et les vrais faux site de comparatifs.
    Les modes de production et de distribution changent.
    Les français font de moins de en moins la cuisine.
    Ils mangent des surgelées ou des plats à emporter.
    Le marché de la restauration se resserre sur quelques acteurs.
    La franchise est un autre mot pour l’entrepreneuriat.
    Les chefs sont des vitrines, des vendeurs, des produits.
    Quelle banque va donner un crédit si ce n’est pas une franchise.
    Les multinationales décident du produit à consommer.
    l’agro-alimentaire est avec les médias et la distribution.
    Les organismes internationaux sont des agents de pression.
    La loi du marché c’est la loi de l’ouest, la loi du plus fort.
    la mafia mondiale
    Seuls les riches ("les élus") et esclaves seront pris en compte.
    Leur gros problème : la surpopulation, le manque de ressources.
    Et trouver un abri anti atomique avant les prochaines bombes.

     

    • #505937
      le 28/08/2013 par Grindsel Tirédunevi
      Le snacking des grands chefs

      La cuisine française est morte et enterrée : elle est au patrimoine de l’Unesco. C’est un truc de musée. De riche.
      Alors que toutes les françaises du temps de nos grand mères valaient largement voir bien mieux que nos chefs étoilés d’aujourd’hui. Et le fait-maison voulait dire : même la matière première, avec la plupart du temps au moins un potager tenu par la mère de famille, et c’était pas un luxe. Le féminisme libérateur est passé par là...
      Je ne pleure pas le passé, mais je relativise pas mal tous ces mecs style Jamie Oliver and co qui nous réinventent le fil à couper le beurre.
      Très bonne série d’articles au demeurant, très perspicace.
      J’ai moi même travaillé dans ce genre de snack franchisé pseudo gastronomique qui surf sur la vague bobo-bio et pète plus haut que son cul.


  • #501537
    le 24/08/2013 par Matthieu01
    Le snacking des grands chefs

    Très bon article, sur un sujet bien plus important qu’il n’y parait (surtout pour des français ^^)
    Règle de base : dès que les gars commencent à rajouter des "-ing" à la fin des mots ou qu’ils parlent de ’street ceci’ ou ’street celà’, c’est que le niveau va baisser, fortement, et quel que soit le domaine. Alors il faut au moins que la déchéance ait l’air assez ’trendy’ et ’glamour’ pour que les pousseurs de caddies que nous sommes l’acceptent. Voilà donc le jambon-beurre moribond ressuscité en "création culinairo-culturelle nomade favorisant la mixité sociale"...


  • #501613
    le 24/08/2013 par seber
    Le snacking des grands chefs

    Un grand merci à l’auteur de cette série d’analyses économico-gastronomiques, essentielle mais escamotée par les discours fallacieux décrits ci-dessus.
    On ne peut que constater une standardisation et un formatage ultra-rapide dans ce domaine :
    - Les boulangeries ne sont plus que des marques : Banette, Marie Blachère, Ronde des Pains... qui finiront dans une situation monopolistique.
    - Les franchises du bas de gamme jusqu’au "haut de Gamme" : Mac Do, Flunch, Buffalo Grill, Léon de Lyon, Hippopotamus....
    - Les Kebab, où l’on voit poindre les premières chaines, y compris Halal (la mondialisation islamique, il fallait y penser !).
    - Les cafés : Starbucks et autres coffee shop
    - Sushi shops, ice-cream shop.....................
    A noter, le concept du sandwich "artisanal" est déjà superbement représenté par l’enseigne "Subway", un nom vraiment bien trouvé pour résumer la démarche mondialiste.
    Cela rejoint les analyses sur les zones péri-urbaines hideuses où l’on trouve de tout, c’est-à-dire la même chose...partout.
    L’artisan qui resterait au milieu serait comme un chimpanzé dans une capsule spatiale et phagocyté par les tumeurs cancéreuses qui métastasent dans tout le pays/ la planète.
    Pour l’origine, pas besoin de faire un dessin, ce n’est certainement pas l’islam qui nous envahit à la lecture de la terminologie marketeuse employée.


  • #501643
    le 24/08/2013 par emmapeel
    Le snacking des grands chefs

    Bravo Romain ! article formidable comme d’habitude ou la fumisterie de cette societe degeneree est completement demontee par des arguments clairs et references.


  • #501926
    le 25/08/2013 par Treize
    Le snacking des grands chefs

    Tout ça me fait bien rire, quand je pense que l’on a plus le droit de faire une mayonnaise maison ou encore un fond de veau.


  • #502020
    le 25/08/2013 par solaine
    Le snacking des grands chefs

    Aucun secteur ne peut échapper à l’Empire (Banque) surtout pas l’agroalimentaire qui doit continuer à tourner à plein régime car l’Homme ne peut vivre sans manger, s’il faut piétiner quelques artisans au passage afin d’imposer à tous (ou presque) la malbouffe, les industriels (qui sont de connivence avec les Banques donc l’Empire) ne s’en privent pas, tant que c’est rentable ils s’en frottent les mains... Les conséquences de cette malbouffe les industriels s’en fichent comme de l’an 14...

    J’ai lu "Comprendre l’Empire" d’Alain Soral et ce livre m’a ouvert les yeux.

    Heureusement qu’on n’est pas obligé de manger cette merde, il y a encore de la marge, il y a moyen d’y échapper... il suffit d’acheter des produits frais et sains et de les préparer soi-même...

    "Au Bon Sens" est un exemple pour cela.

    Merci E&R !


  • #502112
    le 25/08/2013 par K. Markale
    Le snacking des grands chefs

    Article et sujet toujours aussi passionnant. Contrairement à une idée reçue, le "snacking" n’est pas forcément mauvais. Il fait aussi partie de la cuisine classique mais il s’agit de produire frais et local ce qui est possible, rentable mais jamais le cas dans les réseaux qui sont soumis à la normalisation des produits, au surgelé, au sous vide, au pasteurisé... Le produit artisanal est il toujours meilleur pour cela ? Non car bien des artisans se lancent sur ce marché porteur sans aucune formation ou connaissances héritées et ne respectent pas les bases de l’hygiène (les contrôles sanitaires sont très rares) ni le contrôle de leurs matières premières. Des matières premières qu’il devient parfois difficile de se procurer en raison de la législation européenne. Il est vrai que pour le petit artisan l’hygiène a un coût bien plus élevé que pour une chaîne. Cela se retrouve sur le prix du snack qui ne peut rivaliser avec celui proposé par un réseau surtout en période de crise.
    Alors le lieu commun : « Il y a de très bons plats surgelés, faits par des industriels alors que des artisans en font de moins bien » et même si on va au delà du goût n’est en rien un mensonge mais aussi une réalité triste du terrain. Quand on forme de plus en plus vite, de plus en plus mal les gens en école ou chez l’artisan en les payant de plus au lance pierre, il est évident que l’on tue l’artisanat c’est à dire ce qui devrait permettre au client de comparer avec la production industriel. Sans production étalon artisanale la comparaison devient une tromperie et la qualité s’effondre.
    Un mot sur Jamie Oliver dont les intentions sont sans nul doute sincères. On a vu l’échec de sa lutte contre les nuggets-burger-frites-soda dans le système scolaire anglais. Deux raisons à cela. Le rejet d’une alternative par les enfants drogués par cette alimentation en raison d’une scolarisation précoce (cantine) et d’une alimentation du même type à domicile (pas cher et rapide). La seconde raison est le refus administratif de la moindre prise en charge d’une légère hausse de coûts alimentaires. La santé des enfants et une priorité politique au budget illimité pour les campagnes publicitaires mais au budget zéro quand il s’agit de la mettre en pratique. Sans doute un moins bon rapport électoral...


  • #502636
    le 25/08/2013 par Kalcifer (le chateau ambulant)
    Le snacking des grands chefs

    Au vu de la définition donnée de l’artisanat, on peut à présent considérer la chaîne Subway comme étant de l’artisanat. Ouf, je suis soulagé ! Moi qui me sentais coupable de consommer de la malbouffe industrielle ^^


  • #503090
    le 26/08/2013 par you
    Le snacking des grands chefs

    On a enfin trouvé le second mec en France à s’appeler Jamie. Je croyais que l’existence de deux Jamie étaient une légende...


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