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Gastronomie et diplomatie, une alliance au service de la domination bourgeoise

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Article initialement publié dans l'atelier E&R

Laurent Fabius a affirmé, lors d’une récente conférence de presse, son franc soutien à la défense de la gastronomie, du patrimoine culinaire et du secteur du tourisme français. Il confirme ainsi ses propos tenus quelques mois plus tôt lors de l’événement « Taste of France » à New York [1]. Le ministre des Affaires étrangères a ainsi annoncé vingt mesures en faveur de la gastronomie française comme le lancement, sous le parrainage d’Alain Ducasse, de l’opération Goût de France / Good France pour le mois d’avril 2015, ou encore l’adoption d’une circulaire facilitant la venue dans notre pays de stagiaires étrangers [2].

 

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Laurent Fabius et Alain Ducasse

 

Le rôle des grands chefs dans la société civile

Depuis quelques années déjà, la haute cuisine s’est transformée en chasse gardée des financiers de tout bord et des géants de l’agroalimentaire. Le grand chef est passé du statut de petit entrepreneur à celui d’homme d’affaires cherchant avant tout à monétiser un savoir-faire et une réputation obtenue par l’intermédiaire de guides, de critiques et de médias eux aussi dans les mains de ces mêmes spéculateurs. Le monde surfait du luxe et les travers de la mode sont quasiment devenus leurs seuls modèles de représentation [3].

Néanmoins, de nos jours, on n’attend plus seulement les grands chefs derrière les fourneaux, mais aussi et surtout sur le devant de la scène ! Le grand chef moderne est, au sein de la société civile, une courroie de transmission majeure du modèle culturel établissant et légitimant le pouvoir de l’élite dominante. Alain Ducasse est un parfait exemple : il est tout autant cuisinier expérimenté, qu’homme d’affaires averti ou encore porte-parole d’associations aussi variées que « Slow food » (écologie) [4], « Tous au restaurant », « Femmes en avenir » (social) et bien d’autres dans lesquelles il distille discrètement une idéologie puisée dans des « think tanks » mondialistes comme la « French-American Foundation » [5], le « Clinton Global Initiative » [6] (dont Fabius est aussi membre), mais aussi en tant qu’invité dans des organisations tel que le Medef [7], qu’il a certainement intégré par la logique de réseaux qu’il doit, en tant que membre du « Siècle » [8], parfaitement maîtriser.

Par conséquent, il n’y a rien d’étonnant à retrouver Ducasse présent aux côtés de Laurent Fabius pour le lancement de ce nouveau programme, puisque ces deux hommes côtoient les mêmes milieux et travaillent, chacun dans leur domaine, à veiller aux intérêts bien compris de la classe dominante. Notons au passage que Laurent Fabius souhaite que la diplomatie française porte l’ambition d’une « diplomatie démultipliée », « [une diplomatie qui] développe désormais et devra développer encore plus à l’avenir les relations avec les sociétés civiles [9] ».

Le concept « gatrono-diplomatie » que professent nos deux hommes n’est rien d’autre qu’un projet de l’administration Obama mis en place par Hillary Clinton, quelques temps auparavant, avec la collaboration de la James Beard Foundation, dont est proche Ducasse [10].

 

 

Le patrimoine culinaire français : muséification du haut et industrialisation du bas au profit du tourisme globalisé

Le modèle économique d’« Alain Ducasse entreprise » est à lui seul révélateur de l’avenir du patrimoine culinaire français. En effet, ce modèle repose sur deux piliers inséparables :

- La haute gastronomie pour une certaine élite mondialisée avec son appropriation — dans des versions bien plus luxueuses – des bistrots, auberges, cafés et autres sandwicheries d’antan.

- Le développement de l’industrie (y compris bio [11]) pour le reste de la société, c’est-à-dire des concepts quasiment identiques à ceux précédemment cités, dans des versions industrialisées de niveaux et de qualités différents en fonction des clientèles recherchées.

Nous assistons donc à la muséification du patrimoine culturel français, soit l’expropriation de celui-ci par une petite élite pour son seul plaisir en échange d’un modèle glocalisé (global qui s’adapte aux spécificités locales), dont le seul but est de tirer un maximum de profits.

La France, économiquement dans les choux, croit pouvoir trouver son salut par l’hyperdéveloppement du tourisme [12] et son gouvernement cherche à tout prix à mettre en avant cette industrie, qu’il présente comme non-délocalisable. Cette non-délocalisation est évidemment très contestable puisque le développement des chaînes de restaurants réduit considérablement le besoin de main-d’œuvre d’une entreprise mais également le niveau technique de ses employés, étant donné que la majeure partie du travail est parcellisée. Sans oublier que la restauration reste un secteur clé dans l’embauche d’immigrés, de sans-papiers et de travailleurs au noir, en toute cohérence avec la logique de dumping social constant sur les postes peu qualifiés. Un secteur qui reste de plus toujours très en retard sur le plan du droit du travail (surtout dans la haute gastronomie)…

 

 

L’éducation à deux vitesses : le « Lifelong learning » (l’éducation tout au long de la vie)

Il faut bien comprendre que si parmi les premières propositions du Goût de France/ Good France on retrouve l’adoption d’une circulaire facilitant le venue de stagiaires étrangers, c’est que le domaine de l’éducation est lui aussi grandement visé par ce programme. On avance ainsi vers un modèle éducatif lui aussi à deux vitesses et sournoisement vanté par nos grands chefs sur la base du « Lifelong learning » [13] :

- D’un côté, des formations et des stages de perfectionnement au sein d’universités culinaires de très haut standing aux tarifs exorbitants, incluant un cursus calqué sur le modèle universitaire anglo-saxon [14]. Ces formations auront pour but de former l’élite culinaire mondiale dans plusieurs domaines : cuisine, management, direction d’établissements, service et sommellerie mais aussi l’élite culinaire médiatique, etc.

- De l’autre, une formation accélérée, comme le fameux Thierry Marx (habitué des fauteuils du Medef) essaye d’installer en France afin de mettre sur le marché du travail des ouvriers « qualifiés » après seulement 8 semaines de formation [15]. Des formations rapides et relativement peu coûteuses – voir gratuites – ayant comme but de faciliter les reconversions dans les domaines où la main-d’œuvre est la plus nécessaire. Tout ceci, bien sûr, sous couvert d’humanisme dégoulinant.

Sans oublier les formes les plus récentes du « Lifelong learning », c’est-à-dire le E-Learning et le MOOC (cours en ligne ouvert aux masses), récemment lancés en France par Ducasse, répondant au nom d’Université du goût et implémentés en partenariat avec le groupe de médias en ligne Webedia [16]. Pour qu’enfin, cette forme de grand remplacement culturel entraîne une « fuite » totale de la main-d’œuvre qualifiée au profit exclusif de l’économie du luxe.

Comme nous pouvons le constater, derrière les allures frivoles et hédonistes du monde de la gastronomie peuvent souvent se cacher des sujets plus sérieux de politiques économiques. Il est donc nécessaire de s’interroger sur le rôle et le financement des principaux acteurs de ce milieu, de leurs liens avec ce même pouvoir. Sans négliger l’importance que celui-ci attache aux révolutions culturelles et à leurs rôles dans les modifications profondes de nos sociétés.

Notes

[1] http://www.egaliteetreconciliation.fr/L-evenement-Taste-of-France-un-arriere-gout-de-marche-transatlantique-21366.html

[2] http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/2014/10/24/gastrono-diplomatie-laurent-fabius-simplique-a-defendre-la-gastronomie-gout-de-france-good-france-lance-officiellement-par-alain-ducasse/

[3] http://www.egaliteetreconciliation.fr/Haute-Couture-Haute-Cuisine-Un-partenariat-au-service-du-marche-16314.html

[4] http://lavieculinaire2.wordpress.com/2014/07/29/le-slow-food-une-ethique-a-deux-vitesses/

[5] ttp ://french-american.org/wp-content/uploads/2013/09/FAF_France_2013_web.pdf

[6] http://www.citizen-commitment.com/fr/citizen-commitment/news/408/femmes-en-avenir-temoignage-de-l-une-des-toutes-premieres-beneficiaires-du-programme

[7] http://replay.publicsenat.fr/emissions/evenements/universite-d-ete-du-medef-table-ronde-avec-la-presence-de-jacques-attali/bernard-devauchelle,alain-ducasse,la/66623

[8] http://fr.novopress.info/124395/faits-documents-n345-novembre-2012-%EF%BB%BFportrait-le-siecle-2/#more-124395

[9] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/partenariats-et-societe-civile/relations-avec-la-societe-civile/

[10] http://www.washingtonpost.com/lifestyle/food/chefs-are-the-new-diplomats/2012/08/31/d67b5714-ead3-11e1-b811-09036bcb182b_story.html

[11] http://www.egaliteetreconciliation.fr/Vers-une-industrialisation-de-l-agriculture-biologique-25932.html

[12] http://www.francetvinfo.fr/economie/la-france-se-fixe-le-prochain-objectif-daccueillir-100-millions-de-touristes-etrangers_626747.html

[13] http://www.enderunextension.com/, http://www.whartonparis13.com/paris/StaffDetails2220.html?Id=1489

[14] http://en.wikipedia.org/wiki/The_Culinary_Institute_of_America

[15] http://www.fplusd.org/fr/le-monde-du-travail/formation-professionnelle/lecole-de-la-deuxieme-chance-de-thierry-marx/?type=221

[16] http://www.archimag.com/article/Mooc-payant-Alain-Ducasse-cuisine-Webedia-Wikip%C3%A9dia-gastronomie-piment%C3%A9-addition , http://frenchweb.fr/webedia-et-alain-ducasse-vont-lancer-un-mooc-de-la-gastronomie/139613

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33 Commentaires

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  • Cela n’est pas nouveau. La gastronomie est un des "outils" de la diplomatie française depuis Napoléon voir même avant. Il me semble que c’est Talleyrand qui développa réellement la pratique. Si la France a favorisé la haute cuisine, surtout dans les cercles politiques et diplomatique, ce n’est pas seulement par amour du bien manger.

     

    • Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord


    • #1040475

      @ MaxdeCannes

      Rrrrrrhhh ! Ne venez pas salir nos colonnes par l’évocation de cet en... !


    • Heureux qui, comme Ulysse...

      J’ai quand même pas transformé une colonne Vendôme en plug... L’étude de ce personnage n’est pas plus avilissante que l’histoire enseignée jusqu’à la (phase) terminale.
      Il y a même un auteur très apprécié ici qui parle de lui sans nous polluer, question de talent et d’esprit que je n’ai, à l’évidence, pas à ce point.
      Googlez si m’en croyez Hilard Talleyrand.


    • Heureux qui, comme Ulysse...

      Je vous ai répondu par un comm qui ne passera peut-être pas. J’ajoute que, si de façon générale mes observations sur E&R déplaisent il suffit que quelques lecteurs laissent un message me conseillant d’aller jouer ailleurs. Je me ferai une raison et passerai plus de temps à essayer de me faire un physique et un moral à la Frazier. Vu ce qui se prépare depuis des lustres, ça ’sera pas d’trop !


    • #1040605

      @ anonyme

      C’était une boutade et une provocation sympathiques qui ne vous étaient d’ailleurs pas adressées. Constatez cependant que votre message est passé.
      Maintenant, et pour en revenir au personnage, il est probablement la pire crapule que cette époque ait portée, même Voltaire ferait figure d’amateur à côté. Pour durer à ce point longtemps en politique et sous tant de régimes différents, il faut effectivement beaucoup de "talent", mais je ne crois pas que cela ait quelque chose à voir avec le bien commun et le sens moral... mais je puis me tromper.


    • @Heureux qui comme Ulysse

      Je crois que Napoléon était d’accord avec vous étant donné qu’il a traité Talleyrand de "merde dans un bas de soie".


  • Fréquentant Alain Ducasse depuis une décennie de manière irrégulière, je peux vous affirmer qu’il se fou de la politique, ça ne l’intéresse pas ; il change de sujet. Ne le voyez pas au service du PS. Il collaborerait avec n’importe quel gouvernement français. Il est prêt a travailler avec n’importe qui, du moment que cela représente un chalenge, du prestige ou plus de notoriété. Il a travaillé pour Medvedev / Poutine en tant que traiteur de luxe, a ouvert un resto à Saint-Pétersbourg, et en même temps a plusieurs resto aux USA. Et pourtant la communauté des élues de New-york, via la presse lui a pourris la vie pendant les 2 premières années, durant lesquelles il a fait le dos rond et attendu qu’ils se lassent.
    Il n’a pas d’amis ( c’est lui qui l’a dit), bien que la femme de Valls crois en être (héhé, ça c’était drôle quand je l’ai appris) ; il n’a que des collaborateurs et des courtisans.
    Je n’ai plus aucun respect pour lui...mais il est faux de prétendre qu’il ne défend pas la gastronomie française. Il lui arrive d’intégrer tout ce qui est bon dans la cuisine exotique, avec son esprit franchouillard certe, mais avec le génie français comme dit AS.
    Je vous affirme qu’il fait travailler de nombreuse pme française, auprès desquelles il se fournis.
    "Facilité la venue de stagiaires étranger", ça me fait bien rire : c’est pour les journalistes. Il déteste le monde journalistique, il adore quand ils se font baiser. Les stagiaires étrangers (s’il y en a pour la photo) ont interret à s’accrocher : ils seront dévoré par l’ogre.
    Pour finir, si Ducasse fait partie de tel ou tel cercle, il doit pas y être souvent : il passe plus de temps dans les avions que sur terre pour rallier/vérifier les resto qu’il a aux 4 coins du monde !

     

    • Du...Casse... un collabo de première. Se remplir le cornet et brasser du fric. Un lobbyiste quoi !


    • Oh oui ! Ce grand cuisinier qui ne cuisine plus ! Du spectacle que cette " cuisine" éloignée de la cuisine Escoffier, Raymond oliver, etc...
      La cuisine actuelle flatte l’oeil avant l’estomac .et devient un support pub pour l’industrie alimentaire, qui se camoufle derrière l’image du Chef pour vous faire gober leur soupe. Où est le goût ? Où se situe notre art culinaire ? À wall street ? À la télé ?
      Ces cuisiniers télévisuels masquent parfaitement l’appauvrissement de notre identité culinaire.


  • Céline : " Les français ils ne sont plus raffinés que de la gueule " (dans une interview donnée à la fin de sa vie) .


  • Ahurissant le nombre d’émissions de gastronomie et de cuisine . " Français mangez bien et beaucoup, vous passerez votre vie à digérer, à somnoler, ce qui nous permettra de vous faire facilement les poches " .

     

  • Brilliant. Je na sais pas qui ecrit ce genre de trucs mais si je trouvais ca dans la presse je l’ acheterais ( je n’achete plus la presse depuis longtemps).
    Brillantissime. Vraiment.
    Merci.


  • j’apporte mon témoignage, étant très impliqué dans ce milieu, comme gérant associé d’un restaurant milieu de gamme plutôt qualitatif. Je pratique ce métier depuis 20 ans et j’ai gravit tous les échelons pour être aujourd’hui à mon compte dans une structure de ma création avec 10 emplois créés.

    Je m’efforce d’être un "bon" patron, mes employés sont satisfaits de leur sort,l’ambiance est bonne et ils ne changent pas de maison. Cela fait parti des clés de ma réussite managériale et commerciale. Ceci étant dit, je ne cautionne absolument pas l’argument "dumping social" de cet article. Ma "vérité" est malheureusement toute autre.

    Ces dernières années,les acteurs de nos métiers se sont beaucoup remis en question et la grande majorité des professionnels du secteur applique une politique sociale et salariale sérieuse aujourd’hui. c’est loin d’etre parfait mais il faut persévérer.

    Le choix pour de plus en plus de restaurateurs,de choisir de la main d’oeuvre étrangère, hormis le poids excessif des charges patronales sur les salaires, est lié au fait qu’il n’y a plus de main d’oeuvre française pour faire tourner nos restaurants

    Mon analyse plus profonde est que la plupart des "nationaux" que je croise pour combler une offre d’emploi n’ont plus les capacités mentales,physiques,morales pour affronter un travail nécessitant des efforts dans un contexte de pénibilité relative.

    Nous ne parlons plus de producteurs-consommateurs mais d’une génération qui ne connait que la consommation et ne concoit absolument plus le courage nécéssaire au travail.

    Il y a 5/6 ans, j’avais encore beaucoup de scrupules à envisager l’embauche de travailleurs étrangers,mais face à l’angoisse récurente de ne trouver personne à embaucher, je procède à ce genre de recrutement par pragmatisme et lucidité.

    maintenant 25 % de mes effectifs sont "hors france" et qualifiés.Ils bénéficient de tous les avantages du système social français et profitent de la différence de niveau de salaire avec leur pays d’origine pour rentrer chez eux et profiter de revenus là bas confortables

    sans faire de généralité,Je retrouve chez la plupart de ces gens, la mentalité qui me tient : Respect de la valeur travail, sens de la hiérarchie, aptitude à l’effort physique, volonté de bien faire assez proche finalement des valeurs de la génération de français ayant construit ce pays durant les 30 glorieuses.

    Ce sont des réalités plutot triste à avouer, je le regrette

     

    • Quelle hypocrisie !
      Tu parles de qualités mentales, physiques et morales face à la pénibilité, en négligeant juste de préciser que chez le français, justement ces qualités ont un coût (ou plutôt, que la motivation est obtenue par un salaire plus élevé). Et le français n’a pas de pays d’origine pauvre où son SMIC (+x%) puisse paraître être un bon salaire.

      Profiter de la moindre exigence salariale à compétence/qualité égale des immigrés, c’est du dumping social. Profiter du différentiel de pouvoir d’achat entre leur pays d’origine et leur pays de rémunération, pour leur donner l’impression qu’ils sont rémunérés équitablement par rapport au travail qu’ils fournissent, c’est du dumping social.

      Le courage au travail, ça se paye, mais ça c’est la donnée inenvisageable pour un employeur, le facteur sorti de l’équation, le tabou.


    • Relis attentivement mon commentaire avant de me postillonner ta diatribe gauchiste et d’évoquer mon "hypocrisie" d’exploiteur, je reprécise donc à ton encontre marx gotlib :ce n’est pas une question de salaire, mais d’offre ! Au meilleur salaire, aux meilleurs conditions, la plupart des nationaux ne veulent plus ou ne sont plus capable de bosser !
      C’est une réalité qu’il va falloir enfin assumer dans ce pays.

      Ceux qui le souhaitent malgré tout évoluent vite socialement et tant mieux pour eux ! Dans mon cas, 75 % de mon équipe est française pour rappel, plutot heureuse et "s’amusent" -si j’ose dire- de voir nos compatriotes se plaindre du chomage. Et les 25 % non nationaux sont bien payés et hallucinent en observant l’esprit démissionaire des gens dans notre pays.

      Je fais tout dans ma vie pour incarner l’ esprit "gauche du travail et droite des valeurs", le projet soralien de réconciliation aussi noble soit il, semble bien vain à en juger par la véhémence et l’immaturité de ton commentaire.


    • #1040549
      le 26/11/2014 par ex-esclave de brigade dégoûté
      Gastronomie et diplomatie, une alliance au service de la domination (...)

      On appelle l’organisation d’une cuisine pro une BRIGADE. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’il faut y faire preuve du même esprit de soumission à l’autorité qu’à l’Armée, le même esprit d’abnégation, ne pas compter ses heures ni ses efforts, faire preuve d’un esprit de cohésion, accepter de se faire traiter comme un chien quand on est commis ou même chef de partie...
      Bref, je ne connais pas plus ingrat comme travail que de travailler dans une cuisine, en particulier une cuisine gastro...
      Et cette pénibilité devrait être rémunérée à sa juste valeur, pas avec à peine plus que le smic, ce qui ne permet même plus de se loger dans 20m2 aujourd’hui... Dans les "gastro", on explique aux gogos qui acceptent d’y travailler (souvent pour des journées de 10-12h payées 8h) que c’est une véritable chance de travailler en ces lieux, que ça va représenter un vrai tremplin pour leur carrière, etc, et tout le tralala....Il s’agit ni plus ni moins que d’esclavagisme moderne !!

      Alors monsieur, en tant que chef d’entreprise, vous avez un pied dans le monde du travail certes, mais aussi un pied dans le monde dégueu du capital. Je vous recommande de faire attention de ne pas choisir le "côté obscur de la Force" avec vos pratiques moralement douteuses, et OUI, vous pratiquez le dumping social comme l’explique Godfried, donc gaffe à votre karma... Je sais que les banques n’acceptent que des business-plan sur 7 ans, et qu’il s’agit de rentabiliser à mort pour s’en sortir, mais comprenez que tant que vous n’accepterez pas de partager la richesse de manière plus équitable, vous êtes condamné à travailler avec des étrangers qui tirent les salaires toujours plus vers le bas, donc vous participez de l’entreprise d’appauvrissement général voulu par nos maîtres de Wall-Street. Je répète, faites gaffe à votre Karma : le destin de son âme vaut bien, je vous assure, qu’on s’y penche un peu dessus...


    • #1040568
      le 26/11/2014 par ex-esclave de brigade dégoûté
      Gastronomie et diplomatie, une alliance au service de la domination (...)

      Quel est ton CA ? Quel est ton résultat annuel net ? Quelle est la part de ton CA que tu consacres aux salaires ? Et enfin, dis moi combien payes-tu en moyenne tes salariés...
      Seulement après avoir connaissance de ces infos, on pourra évaluer si tu incarnes si bien "Gauche du travail et Droite des valeurs" comme tu dis...


    • J’apporte mon soutien total à ce restaurateur.

      Il est vrai que la restauration est un domaine particulier, mais parler de "pénibilité" est un grand mot et est tout à fait relatif, Si on veut avoir des heures fixes, il suffit de travailler en collectivité. C’est avant tout un métier qui se fait par passion et qui compense le fait de travailler le weekend-end. Et, oui il y a des abus dans les grands étoilés et dans les palaces, mais pas dans le resto du coin car soyez sûr qu’ils se font très souvent contrôlés.

      Par ailleurs, comparer les brigades de cuisine à l’armée est également obsolète. Bien entendu, dans certain établissement c’est le cas, mais la plus part des restaurants aujourd’hui sont des PME familiales, à partir de là tout dépend sur quel patron on tombe, mais ça c’est comme dans tout métier...


    • Votre triste expérience dans ces brigades "gastro" ne vous permet pas de préjuger de quoique ce soit à mon encontre.
      J’ai "pratiqué" comme ouvrier ce genre d’ etablissement et j’abonde plutôt dans votre sens !
      j’appartiens à ce monde de petites entreprises ou le climat social est sain, ou les gens sont payés pour leurs heures supplémentaires (quand il y en a et plutôt rarement ! ) et les démissions sont rares. Ne vous en déplaise.
      Le ton inquisitoire sur mon CA et votre propos très idéologique reflète un ressentiment dont je ne suis pas responsable. Vos histoires de dumping social ne me concerne pas quoique vous en pensiez. Et de tout coeur , soyez rassuré pour mon Karma cité à 2 reprises, cela semble avoir de l’importance à vos yeux. Etant de culture chrétienne, ces choses m’importe peu et je pense être vraiment droit dans mes bottes.
      cordialement


    • C’est beau comme un poème et c’est très fort : se cacher derrière la gauche du travail et la droite des valeurs pour défendre son dumping-social (modéré ?), c’est une première récupération qui pourra figurer à la prou du vaisseaux capitaliste qui récupère tout à son profit.
      .
      Décidément, les accointances de la gastronomie avec les autres facettes du système n’ont pas fini de nous surprendre.
      .
      PS : Les Français te remercient d’apprendre qu’ils sont inaptes au travail, même bien rémunérés, ce qui, évidemment est une connerie monumentale. Simplement, nous ne sommes pas un peuple aussi moutonnier qu’on veut bien le croire ; ce qui est une bonne nouvelle. J’attends que tu répondes à ex-esclave de brigade dans le détail (C.A., etc.) pour me faire un avis définitif. Parions que tu déclines l’offre et fasse la vierge effarouchée agressée par le méchant gaucho.
      .
      PS2 : Merci quand même de condescendre à faire travailler quelques-uns de tes concitoyens. On en est là.


    • étant cuisinier , diplomer , j’ai travailler dans plein de resto , et perso je suis dégouter de ce metier ..

      souvent a cause de patron comme toi qui engage plein d’immigré pour faire baisser les salaires ..
      le metier de cuisinier est une passion qui nous dévore..faire 2 service , ne pas avoir de vie ..avoir des pause en plein millieu de la journée , (faut vivre a coté pour pas que ca te coute un bras et vive la fatigue..) pour un salaire minable le smic..

      comment avoir une vie de famille avec ca ? comment ne pas devenir fou ?..
      Comment garder la passion pour ce metier quand , chaque restaurant dans lesquel j’ai travailler je me retrouve avec 50 % d’immigré qui ne connaisse rien a regle d’hygiene ect...
      a c’est sur a eux tu peux leur demander de conserver des produit périmé , de changer les dates ect..
      Moi a chaque fois qu’un patron ma demander de faire ca , j’ai enlever ma tenu , j’ai pris ma malette et je suis parti .

      bref tu m’a bien fait rire avec ta gauche du travail et droite des valeurs ..


    • @ex-esclave de brigade dégoûté

      ...Tout à fait d’accord avec votre commentaire, il n’y a pas plus malsain qu’un restaurant gastronomique...sans parler du nombre incroyable de chefs étoilés qui se dopent à la coke...


    • #1041437
      le 27/11/2014 par ex-esclave de brigade dégoûté
      Gastronomie et diplomatie, une alliance au service de la domination (...)

      @sonmi 452
      Le ton n’était pas si inquisitoire que ça... Je vous proposais de démontrer par les chiffres que vous ne pratiquez pas le dumping social , mais visiblement vous préférez vous abriter derrière des mots...Et derrière votre morale chrétienne aussi...
      Désolé mais ça ne me convainc pas. Droit dans vos bottes dites-vous ? Prouvez-le...


    • #1041451
      le 27/11/2014 par ex-esclave de brigade dégoûté
      Gastronomie et diplomatie, une alliance au service de la domination (...)

      @ Juan
      J’ai été militaire, et j’ai trainé mes guêtres dans pas mal de gastro. Je sais de quoi je parle en comparant l’Armée et les gastro.


    • Somni, on s’en fout de ta vision du salarié en or. La cuisine est un métier de passionné, sinon tu tiens pas. Et encore, il faut un jour pouvoir se mettre à son compte. Quant aux discussions des êtres dont tu te sers, destinées à lécher le boule du patron en général, dis leur bien qu’ils attendent un peu, c’est bientôt leur tour. Va ouvrir une affaire dans un endroit où les gens sont nés pour te servir et nous emmerde plus avec tes commentaires affligeants.


    • Mettre de côté l’égo et son cortège de cupidités puis mettre en place un système qui fait d’un commis assidu, sérieux et doué, un partenaire associé au capital de l’entreprise sur une base de part égale entre tout ce qui constitue la brigade, serait bien plus respectueux et humain, voyez-vous ? Or, la plus part des « toqués » gèrent leurs restaurants sur un modèle ne profitant finalement qu’à eux mêmes, se targuant de leurs propres réussites mais dépendants entre autre de l’équipe qu’ils ont respectivement créé. Les modèles d’entreprises existant sont de facto obsolètes si l’on considère la notion d’égalité sur les revenus dans l’action commune. Ceci est probablement valable pour un bon nombre d’entreprises et ce, dans le monde entier. Le problème ici n’est pas particulièrement français. Ce système participe à la dynamique de la recherche de l’excellence et de l’inutile, au développement syncrétique du maître autonome et de l’esclave dépendant, à l’assise du système marchand ou la première marchandise est l’humain devenu objet multipliant à l’infini les objets marchands. Voilà la folie à l’état pur de l’humanité à se laisser entrainer dans cette danse de mort et à mort.


  • #1040487

    Ducasse croûte pendant que Marx file en première classe vers la Palestine occupée... cela me rappelle quelque chose, mais quoi ?
    http://servicetlv.wordpress.com/201...


  • Ce ne sont pas des "gastronomes" qui sauveront la France, mais des ascètes .


  • Tout de même , la restauration demeure un milieu très dur...humiliations et brimades demeurent monnaie courante (plus les horaires décalés).En se renseigenant sur le net, c’est facile à trouver. Robuchon et Ducasse sont des millionaires qui ne sont plus dans leurs cuisines depuis longtemps.Après, la seule vraie question est celle qu’a posée soral dans un des entretiens ; la vocation de notre pays totalement désindustrialisé en 15 ans, est-elle de se rabattre de façon obsessionelle sur le tertiaire, ce qui ne masquera pas le communautarisme et la pauvreté qui sont les vrais dangers pour notre nation. En gros, plus d’ingénieurs mais une armée de gens payés au lance pierre pour servir du café ou expliquer le vin à des touristes quataris ou chinois...


  • Ça a toujours été ainsi mais sans tambour ni trompette et moins de bling bling qu’aujourd’hui, malheureusement aucun domaine ne peut plus échapper au capitalisme-usurier (la France n’est-elle pas un hôtel -dixit MM. Jacques Attali et BHL ?) et c’est toujours ceux d’en haut, “la bourgeoisie avec ou sans noblesse”, qui en profite goulument... tant mieux pour elle ! Encore que du point de vue bourgeoisie celle d’aujourd’hui est, pour la plupart, “la bourgeoisie sans aucune noblesse” étant donné que “la bourgeoisie française d’antan avec noblesse” a presque totalement disparue aux lendemains de la révolution française de 1789 suite aux coupages de tête ici et là...
    Par ailleurs, bientôt il n’existera plus de la nourriture sans OGM, donc même ceux d’en haut ne pourront plus y échapper... à la malbouffe pour tous ! sauf s’ils arrivent à s’installer sur une autre planète... où malheureusement la mort les rattrapera tôt ou tard. Ainsi va la vie !


  • #1041248

    nous les mamies on sait encore faire la cuisine !
    avec nos légumes du jardin...
    et on transmet vaille que vaille à nos enfants...
    et en plus, comme on est très politisées et intelligentes, on a appris à déjouer tous les pièges de la bouffe industrielle, du sucre ou du sel, du lait, des hormones, de la viande ; on a appris le curcuma, le gingembre, redécouvert la sauge, et on cultive quantités d’herbes de nos terroirs, amoureusement...
    alors la grande cuisine pour empaffés de la Finance, pffff...
    M/


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