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Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

La dictature de la commune

De la convocation des États-généraux à la proclamation de la République, les étapes qui ont conduit de la monarchie chrétienne de Droit divin au monde qui est le nôtre.

 

 

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8 Commentaires

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  • #2143298
    Le 12 février à 14:31 par Julius G. Césarius
    Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

    Merci à Marion Sigaut pour tout cet excellent travail.
    C’est désormais une question de Santé publique.

     

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  • #2143345
    Le 12 février à 16:29 par martin dupont
    Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

    Comprendre la Révolution de 1789 :Quel est le langage de la représentation nationale ?
    Tout langage projette une représentation socio-politique ; toute représentation socio-politique appelle un langage.
    Comment fallait-il représenter la France aux États généraux en 1789 ? Par des ordres ou par des têtes ?

    Maintenir la représentation par ordre, c’était perpétuer la constitution traditionnelle de la royauté ; lui substituer la représentation par tête, c’était inverser l’ordre héréditaire du langage politique et de l’entendement ; c’était, nécessairement, faire la Révolution.
    C’est par l’inversion du langage politique que la Révolution s’enclenche, affirmant par là même, dès l’origine, qu’avant d’être un fait social ou politique, elle est un fait de langage.

    Cette révolution du langage politique s’est opérée d’une manière foudroyante : ouverte le 24 janvier 1789, elle s’accomplit en quinze jours, du 12 au 27 juin de la même année.

    Tout s’enclenche, en effet, par la lettre du roi Louis XVI qui, le 24 janvier 1789, convoque ses sujets pour les élections des États généraux. En doublant la représentation du tiers état, cette lettre sacralise de fait le langage du nombre tout en périmant le principe du langage des ordres.

    Doubler les têtes du tiers état tout en maintenant le principe du vote par ordre était, en effet, totalement contradictoire et presque suicidaire.

    C’était reconnaître implicitement que le pays légal (nominal) n’était pas le pays réel.
    Appeler à voter par ordre, c’est supposer que ce sont les trois ordres -le clergé, la noblesse et le tiers état- qui forment la représentation organisée du pays.

    C’est supposer que le langage politique doit être un débat qualitatif à trois voix.

    En revanche, doubler le nombre des voix du tiers état, c’est laisser entendre que ce sont des millions de têtes qui sont représentatives du pays réel.

    C’est supposer que le langage politique doit être une somme arithmétique de ces millions de voix.

    Du vote qualitatif par ordre au vote quantitatif par tête, l’inversion du langage politique est totale.

     

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  • #2143348
    Le 12 février à 16:31 par martin dupont
    Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

    Comprendre la Révolution de 1789 (2)

    Ainsi, dans la première hypothèse, les trois ordres doivent se réunir dans trois chambres séparées où elles produiront trois discours distincts. Mis en compétition sous l’arbitrage du Roi, ces trois discours devront conduire à une seule conclusion à ratifier en séance plénière.

    Dans la seconde hypothèse, tous les députés doivent se réunir dans une seule salle où ils produiront un seul discours qui se trouvera nécessairement en compétition avec l’opinion du Roi.

    De sa position d’arbitrage, le Roi tombera alors dans celle du veto.

    Ces deux modes de scrutin sont deux langages diamétralement opposés, deux manières contraires de sentir, de déduire et de décider : le langage des ordres et le langage du calcul. Et ils produisent, à eux seuls -nous le savons maintenant- deux mondes dont les valeurs de référence s’excluent totalement : celui de l’Ancien Régime, qui tient sa source du verbe, et celui de la Révolution, qui tient sa source du nombre.

    Il est capital de bien comprendre comment on peut faire produire à un même ensemble d’hommes autant de votes -de langages- différents qu’on leur impose de modes de scrutins différents. Tout comme, avec les mêmes pierres, on peut faire n’importe quelle forme de bâtiment.

    En soi, ce ne sont pas les hommes qui votent, mais le mode de scrutin, dans le même rapport que ce ne sont pas les pierres qui font le bâtiment, mais l’architecte.
    Au début de la Révolution, un incident exceptionnel a justement permis de montrer clairement comment la même assemblée peut produire deux votes opposés suivant qu’elle vote en masse ou par petits groupes.

    Quand la question des droits de l’homme fut mise en délibération dans les trente bureaux qui divisaient l’Assemblée, vingt-huit la rejetèrent.

    C’est à ce moment que le député-avocat Bouche proposa que la discussion fut faite par l’Assemblée réunie.

    Et cette même question qui avait été repoussée séparément, fut acceptée en masse. « Elle fut alors adoptée d’après les cris et les menaces des tribunes. » (Marquis de Bouille).

    Mais qui s’étonnera que l’attitude de l’homme soit différente dans l’intimité d’un groupe où il compte, et dans une vaste assemblée menaçante où il ne compte pas ?

     

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  • #2143353
    Le 12 février à 16:38 par martin dupont
    Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

    Comprendre la Révolution de 1789 (3) : L’Abbé Sieyés le magicien politique qui renversa en 3 ans une monarchie millénaire avec le choc du pourcentage et le poids du nombre

    L’assemblée n’est-elle pas le lieu de la peur et de la manipulation par excellence ?
    Il n’est donc pas exagéré de dire que c’est sur cette définition du langage de la représentativité que s’est jouée toute la Révolution de 1789 : est-ce la qualité ou le nombre qui doit compter ?

    Pour avoir compris cette question, Emmanuel Sieyès -dont Mirabeau disait qu’il était son maître- a droit au titre de père fondateur de la Révolution. C’est lui, en effet, qui est l’inventeur de la formule logico-mathématique qui a fait exploser le tonneau vermoulu de l’Ancien Régime.

    Le calcul de Sieyès -qu’il expose, en janvier 1789, dans son célèbre Qu’est-ce que le Tiers État ?- est simple.

    Si les États généraux votent par ordre, les « ordres privilégiés » qui ont deux voix sur trois domineront les États.

    Pour que le tiers état triomphe, il faut donc qu’il ait au moins autant de voix que les deux autres ordres réunis, et que l’on vote par tête.

    Tel est le point d’Archimède de la prise du pouvoir par le tiers état : une simple formule d’arithmétique.

    L’abbé Sieyès peut être alors certain du succès, car la plupart des membres du bas clergé sont proches du tiers état par leurs origines sociales et leur philosophie. Lui-même, d’ailleurs, se fera élire par le tiers état et non par le clergé.

    L’Abbé Sieyès dessine une vision quantitative d’une nouvelle société pour remplacer la vision héréditaire qualitative des trois ordres constitutifs de l’ancienne France.

    En 1789
    Le clergé représente 160.000 têtes (0,7 %)
    La Noblesse 140.000 têtes (0,6 %)
    Le Tiers Etat 23.700.000 (98,7 %) (dont 515.000 bourgeois (2,1%))

    L’Abbé Sieyès par un tour de passe-passe, par un tour de magie politique en additionnant la "bourgeoisie" aux paysans, artisans, domestiques, manoeuvres et journaliers crée la fiction "démocratique" du "peuple" qui représente plus de 98 % des Français

    En fait en 1789 la Bourgeoisie représente 2,1 % des Français mais elle PARLE (et agit) au NOM de 98 % d’entre eux.

    Si le Roi Louis XVI n’avait pas pris les "bourgeois" pour le "peuple", aurait pu parler lui AUSSI au NOM de 98 % des Français.

    Comme disait Staline " Ce ne sont pas les votes qui comptent, c’est QUI compte les votes"

     

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    • #2143907
      Le 13 février à 17:54 par Marion Sigaut
      Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

      Très intéressante analyse. Le nombre a remplacé l’ordre, dormez bonnes gens, votez et dormez, on s’occupe de vous.
      En fait l’effondrement du régime tient beaucoup à la disparition des corporations qui étaient vraiment le peuple travailleur écouté du roi.
      L’inexorable rachat des seigneuries campagnardes par la bourgeoisie a fait le reste.
      Reste qu’il me manque encore quelque chose pour comprendre les Etats-généraux, je n’en ai pas fini encore, il y a autre chose qui cloche.
      J’y reviendrai.
      Bien à vous

       
    • #2144241
      Le 14 février à 09:02 par Un François
      Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

      Vous maîtrisez votre sujet et en connaissez donc toutes les arcanes . Si je reduis cet épisode de l’histoire par la prise du pouvoir de la franc-maçonnerie apatride par essence , regroupant la plus grosse partie de la bourgeoisie ,quelques nobles félons aigris ou ruinés , des ecclésiastiques en quête de pouvoirs temporels , ... tout ce petit " Monde " représentant à peine quelques pour cents de la population , mais financés par ceux qui avaient une revanche à prendre sur leur isolement millénaire forcé de par l’engagement catholique de l’état , nécessitant cet état de fait . ( je parle évidemment de la communauté argentée ) : me tromperais je ? Ou serais je trop réducteur ? ( en tout cas , avec le temps , c’est mon point de vue ) .

       
    • #2144317
      Le 14 février à 11:08 par Crux Fidelis
      Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

      " Depuis deux mois (écrit au Premier Ministre Necker le marquis de Fodoas, commandant militaire de l’Armagnac) les juges inférieurs, les avocats dont toutes les villes et campagnes fourmillent, en vue de se faire élire aux Etats-Généraux, se sont mis après les gens du Tiers-Etat, sous prétexte de les soutenir et d’aider leur ignorance. Ils se sont efforcés de leur persuader qu’aux Etats-Généraux ils seraient les maîtres à eux seuls de régler toutes les affaires du Royaume, que le Tiers en choisissant ses députés parmi les gens de robe, aurait le droit et la force de primer, d’abolir la Noblesse, de détruire tous ses droits et privilèges, qu’elle ne serait plus, héréditaire… ; que si le peuple les députait, ils feraient accorder au Tiers-Etat tout ce qu’il voudrait, parce que les curés, gens du Tiers, étant convenus de se détacher du Haut Clergé, et de s’unir à eux, la Noblesse et le Clergé unis ensemble ne feraient qu’une voix contre deux du Tiers… Si le Tiers avait choisi de sages bourgeois ou négociants, ils se seraient unis sans difficultés aux deux autres ordres. Mais les assemblées de bailliages et de sénéchaussées ont été farcies de gens de robe qui absorbaient les opinions et voulaient primer sur tout le monde… " (Lettre du Marquis de Fodoas, à Necker, 29 mai 1789 ; citée par Taine, L’Ancien Régime, pp. 518, 519.)

      Cela fait parti d’une enquête de M.Cochin et M.Charpentier qui se sont concentrés sur les loges de Bretagne et de Bourgogne. J’espère que cela vous aidera...
      https://royalistes.net/histoire/cah...

       
  • #2143629
    Le 13 février à 09:38 par Elle
    Marion Sigaut – La naissance de la République (5/8)

    Bonjour Marion, A propos du drapeau républicain à l’école, Éric Ciotti ce matin sur FI dit qu’il symbolise l’amour pour la France et place tt suite cette question dans l’évocation des attentats : suivez mon regard vers qui vous savez.
    Et pendant le temps que vous regardez ailleurs, lui et ses amis s’emparent des biens et richesses des français.

    Merci de nous éclairer sur la véritable nature de l’"esprit républicain".

    Bien à vous.

     

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