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Moscou en roue libre

Il est des périodes bénies des Dieux où tout ou presque fonctionne, où les fondamentaux géopolitiques et l’événementiel concordent pour aller dans la direction voulue. C’est ce qu’est en train de vivre le Kremlin. Une flopée de bonnes nouvelles pour Moscou, soigneusement cachées par notre chère MSN, a en effet fleuri ces derniers temps...

 

En Ukraine, le rapprochement entre le nouveau président et la Russie, que nous avons évoqué à plusieurs reprises, inquiète les officines médiatiques occidentales. Le nom d’Igor Kolomoiski n’est pas inconnu des lecteurs de nos Chroniques : autrefois grand argentier des bataillons nationalistes, il avait au fil du temps mis de l’eau dans son bortsch, comme en mai dernier où, dans un discours remarqué, il se lâchait en diatribes contre le FMI et les Occidentaux : « C’est votre jeu, votre géopolitique. Vous n’en avez rien à faire de l’Ukraine. Vous voulez atteindre la Russie et l’Ukraine n’est qu’un prétexte. »

Il a remis ça il y a dix jours, au grand dam du New York Times, qui s’en étrangle de rage : « Les Russes sont plus forts, nous devons améliorer nos relations avec eux. Les gens veulent la paix et une bonne vie, ils ne veulent plus être en guerre. Et vous, Américains, vous nous forcez à être en guerre, sans même nous en donner les moyens. Vous [l’UE et l’OTAN] ne nous aurez pas, il n’y a aucun intérêt à perdre du temps en discussions vides. Les prêts du FMI pourraient facilement être remplacés par des prêts russes. Nous prendrons 100 milliards de dollars de la Russie, je pense qu’elle serait ravie de nous les donner aujourd’hui (...) S’ils sont intelligents avec nous, nous irons du côté des Russes. Leurs tanks seront positionnés près de Varsovie, votre OTAN chiera dans son froc et devra acheter des Pampers. » Clair et sans ambages...

On ne peut tout à fait exclure un coup de pression vis-à-vis de l’empire pour obtenir plus d’argent, mais le ton et le fait que ces sorties commencent à se répéter ne trompent pas. Le « paradis » post-maïdanite est un merdier sans fond qui en a dégrisé plus d’un. Aux Russes de faire effectivement preuve d’intelligence ; six ans après le putsch américain, ils disposent d’une fenêtre afin de récupérer l’Ukraine en douceur ou, du moins, de la neutraliser durablement. Les discussions actuelles sur l’or bleu entre Gazprom et Naftogaz pourraient éventuellement servir ce dessein.

Puisque l’on parle énergie, le moins que l’on puisse dire est que ça gaze pour Moscou. Le TurkStream en est aux derniers réglages et les premiers flux gaziers devraient circuler le mois prochain... au moment même où, de l’autre côté de l’Eurasie, le Sila Sibirii entrera en fonction. Deux gazoducs sinon rien, et c’est soudain l’échiquier de Brzezinski qui se met à trembler.

Il se passe des choses extrêmement intéressantes en Asie du Sud-Est, symbolisant à merveille la lente mais sûre passation de pouvoir entre l’empire américain déclinant et la multipolarité menée par la Russie. Sur l’exemple du Vietnam, le fougueux président philippin Duterte a profité de son voyage à Moscou, début octobre, pour inviter Rosneft à s’établir en mer de Chine méridionale afin d’y explorer les richesses énergétiques.

On connaît l’importance de ces zones maritimes dans le Grand Jeu :

En mer de Chine méridionale, la dispute tourne autour de deux archipels inhabités mais stratégiquement de la plus haute valeur : les Paracels et surtout les Spratleys, également revendiqués par le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, Brunei et le gouvernement chinois nationaliste de Taïwan. En mer de Chine orientale, on se rappelle la dangereuse querelle sino-japonaise des îles Senkaku/Dyaoshu, culminant en 2012-2013 mais toujours latente.

Si les journaux ont narré l’événement, certains faisant même parfois un effort pour « comprendre » la situation, analysant la lutte pour le contrôle de l’une des routes maritimes les plus stratégiques du globe, la toile de fond est malheureusement totalement occultée. Elle explique pourtant tout...

 

 

Une carte vaut parfois tous les discours. Nous sommes évidemment en plein Grand Jeu, qui voit la tentative de containment du Heartland eurasien par la puissance maritime américaine. Les disputes territoriales autour des Spratleys, des Paracels ou des Senkaku/Dyaoshu ne concernent pas une quelconque volonté de mettre la main sur d’éventuelles ressources énergétiques ou routes stratégiques, ou alors seulement en deuxième instance. Il s’agit avant tout pour le Heartland, la Chine en l’occurrence, de briser l’encerclement américain et de s’ouvrir des routes vers le Rimland et vers l’océan, exactement comme la Russie le fait sur la partie ouest de l’échiquier avec ses pipelines et ses alliances de revers.

La lutte de Pékin contre Washington dans les mers de Chine a pour effet secondaire d’effrayer les autres pays riverains qui, s’ils n’ont pas d’appétence particulière pour l’aigle américain, ne veulent pas non plus voir le dragon débouler jusqu’à eux. C’est notamment le cas du Vietnam ou des Philippines, et nous en revenons à Duterte : ses appels du pied à Rosneft sont une manière de contrer la convoitise chinoise.

Mais là où les choses prennent une tournure étonnante, c’est que c’est désormais à la Russie et non plus aux États-Unis qu’on fait appel. Fut un temps pas si lointain où n’importe quel président philippin aurait encouragé Exxon ou une autre major anglo-saxonne à prospecter ces mers, avec l’US Navy pour sécuriser le tout. L’empire a vécu et c’est maintenant vers Moscou que les regards se tournent.

Les Russes engrangent les dividendes d’une politique qui, bien loin des effets de com’ à l’occidentale, ne transige ni sur ses valeurs ni sur ses alliés, tout en ne fermant la porte à personne (Iraniens, Saoudiens, Palestiniens ou Israéliens passent par exemple leur temps à Sotchi). Il y a quatre ans, nous résumions cette approche par une parabole quelque peu exotique :

La pensée russe en matière de stratégie extérieure fait penser à un rhinocéros qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit, avançant lentement mais fermement, inexorablement, et finissant par mettre tout le monde d’accord.

De fait, à l’opposé des simagrées américaines qui suscitent le doute y compris parmi les composantes impériales, l’inamovible ours russe inspire la confiance. On l’a vu en Syrie, on le voit maintenant jusqu’en Asie du Sud-est.

Reste à savoir quelle sera la réaction du Kremlin qui, assurément, prendra la chose avec des pincettes. Contrarier la Chine est en effet hors de question. La symbiose entre les deux poids-lourds eurasiatiques est telle que Stratfor va jusqu’à évoquer l’Entente cordiale du début du XXe siècle entre la France et l’Angleterre, assez solide pour survivre aux deux guerres mondiales. Début octobre, Poutine a même lâché une bombe lors de la seizième édition du toujours intéressant Club Valdaï : « Nous sommes en train d’aider nos collègues chinois à créer un système d’alerte précoce pour la défense antimissile. Cela va fondamentalement, drastiquement muscler la défense de la République populaire. Aujourd’hui, il n’y a que les États-Unis et la Russie qui disposent de ce type de système. »

De quoi mettre encore plus sur les nerfs les stratèges de Washington, déjà passablement inquiets du partenariat sino-russe. Les kriegspiel simulés du Pentagone se terminent invariablement par une déculottée américaine face à l’une ou l’autre de ses bêtes noires et Foreign Policy s’alarme : avec leurs nouvelles technologies (dont les fameux missiles hypersoniques), Russes et Chinois mettent fin à deux siècles d’American way of war, basé sur l’attaque à partir de points invulnérables.

Pour en finir sur les questions d’armement, Vladimirovitch vient de lever un (petit) coin du voile sur la mystérieuse explosion du 8 août sur une base militaire du grand Nord russe : les scientifiques tués travaillaient à une arme « sans équivalent ». Si l’hypothèse de plusieurs observateurs se révèle juste, il s’agit du développement d’un missile à propulsion nucléaire, c’est-à-dire un projectile à portée illimitée car mû par un moteur dit éternel. « Une autonomie qui pourrait lui permettre de prendre des trajectoires inattendues, de faire des détours et de sortir des schémas de déplacement prévisibles », comme l’explique un spécialiste de l’université de Princetown. Les Américains s’y étaient bien essayé dans les années 60 mais avaient, devant l’inextricable complexité de la chose, rapidement abandonné le projet...

En Iran, Moscou est également vue comme une planche de salut. Décision de se passer du SWIFT pour les échanges inter-bancaires en septembre, accords commerciaux avec l’Union économique eurasienne en octobre, prêt de quelques milliards à l’Iran en novembre. La Russie, dont la santé financière insolente ravit d’ailleurs jusqu’à Wall Street, fait tout pour maintenir son allié à flot et pourrait peut-être en être récompensée dans les énormes projets pétroliers du South Pars.

Or noir toujours au Venezuela, qui a vu sa production bondir de manière étonnante en octobre. Le Kremlin n’y est évidemment pas étranger, comme nous l’expliquions il y a deux mois :

Washington sanctionne les exportations de pétrole de Caracas ? Qu’à cela ne tienne : Rosneft est devenu le principal acquéreur d’or noir du Venezuela (40 % en juillet, 66 % en août) et fait office d’intermédiaire entre sa compagnie nationale (la PDVSA) et ses acheteurs internationaux, notamment indiens et chinois. Le géant russe abandonne de plus en plus le dollar, le monde continue d’acheter du pétrole vénézuélien, le gouvernement légal de Caracas continue de recevoir des dividendes ô combien précieux et les sanctions impériales sont contournées...

Le pauvre auto-proclamé en est tout retourné. Celui qui se voyait devenir président par la grâce de Bolton n’y arrive décidément plus, ses appels à manifester étant une suite de flops retentissants :

À peine une centaine de personnes ont manifesté lundi à Caracas contre le président socialiste Nicolas Maduro, à l’appel du chef de l’opposition Juan Guaido, qui peine à mobiliser. Malgré les drapeaux jaune, bleu et rouge du Venezuela, les slogans, ou les panneaux affichant des messages comme « Rue sans retour », le cœur n’y est plus. « On n’arrive à rien avec ça », se lamente Antonio Figueroa, en référence aux rassemblements contre le chef de l’État. Samedi, quelque 5000 personnes, selon l’AFP, ont manifesté dans les rues de Caracas, soit bien moins que les dizaines de milliers de personnes que Juan Guaido réunissait juste après s’être proclamé président par intérim le 23 janvier.

On imagine les dents grincer du côté de Washington, qui voit désormais ses manigances presque systématiquement et partout contrées par l’ours. Comme si cela ne suffisait pas, le sommet Russie-Afrique, le premier du genre, a marqué tous les esprits. Il y a un mois, quarante-trois chefs d’État et de gouvernement ont fait le déplacement de Sotchi, qui devient une véritable plaque-tournante mondiale. Si aucune annonce majeure n’a été faite, le sommet a été un succès diplomatique indéniable et symbolise l’entrisme russe sur le continent auquel on assiste depuis quelques années, y compris dans le pré carré français comme en Centrafrique.

Europe, Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Afrique... Défendant bec et ongles ses alliés, retournant ceux de l’empire, profitant de l’inexorable reflux américain, le provoquant parfois, jouant habilement de la diplomatie, de l’énergie ou de la guerre, Moscou donne le la de la politique internationale et se pose de plus en plus en patron.

 

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23 Commentaires

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  • #2329574
    le 25/11/2019 par Scalpel
    Moscou en roue libre

    Je suis ravi de voir Observatus Geopoliticus relayé par E&R. Ses chroniques du Grand jeu sont toujours un plaisir de lecture de par son style et sa façon à la fois décontractée et super pertinente dans ses excellents compte-rendus. Ici le plaisir est encore augmenté par le fait de voir la prodigieuse diplomatie russe récompensée de ses efforts. Et surtout de la voir damer le pion à l’ultra sanguinaire et décadent empire agonisant. Vive les Russes !

     

    • #2329607
      le 25/11/2019 par Igor Meiev
      Moscou en roue libre

      VIve le Chist surtout.

      Les séjours de Poutine en monastère ne sont pas étrangers à sa réussite, au contraire.

      La France reconnectée au Christ jouirait de la même ascension, et c’est justement pour cela que l’oligarchie a mis à sa tête des adorateurs de Satan.


    • #2330153
      le 26/11/2019 par H. K. Daghlian
      Moscou en roue libre

      à Igor Meiev

      D’un point de vu strictement religieux, il ne peut y avoir une force d’opposition qui écrase et domine la tribu qui a renié le Christ en dehors de ceux qui lui sont restés fidèles.
      La Russie orthodoxe, lorsqu’elle s’est égarée de sa vocation pendant les années communistes est tombée bien bas et l’a très cher payé, le fait qu’elle ait renoué ouvertement avec ses origines et ses dogmes a eu un impact spectaculaire sur sa force, et en quelques années, Poutine qui affiche volontairement sa religiosité a réussi à inverser la vapeur, seule une intervention divine a permis cela car objectivement, rien dans la Russie de Eltsine n’en laissait le présage.

      La France, aussi mal barrée qu’elle puisse paraitre n’est pas une exception pour un tel retour aux sources, ce n’est qu’après que le miracle à la russe surviendra.

      Posez-vous la simple question suivante : qui a intérêt à supprimer le christianisme non protestant ? (qui a mon avis devrait s’éloigner le plus possible de l’ancien testament, juste une intuition), et surtout, en dehors d’une haine affichée et considérée naïvement par certains comme la cause principale, quel objectif est poursuivi ? La Russie contemporaine apporte un élément de réponse fondamental à cette question.


  • #2329589
    le 25/11/2019 par Le Malicieux
    Moscou en roue libre

    " Leurs tanks seront positionnés près de Varsovie, votre OTAN chiera dans son froc et devra acheter des Pampers. "

    Connais pas ce type, mais je l’aime déjà. Les russes emploient souvent un langage plutôt robuste, bien loin du parler tapette de nos contrées...

    Faudrait surtout pas choquer personne...

     

    • #2329716
      le 26/11/2019 par rectificateur
      Moscou en roue libre

      Connais pas ce type, mais je l’aime déjà.



      Faut surtout pas vous emballer. Kholomoïski est un oligarque juif ukraino-israélo-chypriote à tendance mafieuse qui a largement financé les bataillons d’ukronazis de triste mémoire qui ont permis le changement de régime en 2014 ; Xavier Moreau en a parlé ici :

      https://www.egaliteetreconciliation...

      C’est un opportuniste de la pire espèce, qui se vend à tout le monde pour être sûr de miser sur le bon cheval, dans la grande tradition de beaucoup de ses coreligionaires. Son langage fleuri est entièrement déterminé par le sens du vent.

      Contentez-vous d’aimer Poutine, ce sera plus raisonnable.


    • #2329892
      le 26/11/2019 par Le Malicieux
      Moscou en roue libre

      Rectification acceptée.

      Connais pas ce type, mais je le méprise déjà ! :-)

      Merci pour l’info. Si je comprends bien, il s’agit la d’un des "survivant" épargné par Poutine lors de la purge ?


  • #2329595
    le 25/11/2019 par obs
    Moscou en roue libre

    D’après DP le sioniste Kolomoïski est l’homme le plus riche d’Ukraine et cherche à vendre l’Ukraine aux Russes pour 100 milliards de dollars...


  • #2329611
    le 25/11/2019 par Zgegma
    Moscou en roue libre

    C’est marrant la photo d’illustration en Ukrainien. Ça fait contre balance à l’article. A moins que ce soit les femmes ukrainiennes les canons... pas compris l’affiche


  • #2329619
    le 25/11/2019 par sundance
    Moscou en roue libre

    Poutine me laisse pantois d"intelligence, de fermeté,de diplomatie, il a su jouer et contourner tout les bâtons qu’on lui a collé dans les pattes ! En 8 ans il a réussi à relancer les sanctions d’import de céréales et devient un des plus grand exportateur, le Venezuela lui doit sa survie, en Syrie n’en parlons pas, maintenant un retour en force contre la manipulation avec l’Ukraine, j’en passe et des meilleures... C’est sûr que nous avec notre pauvre Macron on fait triste mine. S’il y avait un Poutine Français qu’il se déclare je vote pour lui illico !!!


  • #2329623
    le 25/11/2019 par Kroutoy
    Moscou en roue libre

    Y a un nouveau sherif en ville !!

    Le missile avantgarde est un boulversement integral des regles du jeu martial. (Il m’a scotché pour le coup).

    A voir si le bourivestnik aussi aboutira.


  • #2329644
    le 25/11/2019 par le moine vengeur
    Moscou en roue libre

    La politique belliqueuse ne paie plus,et c’est tant mieux.
    Et la France dans tout çà ?
    Elle a eu le tort d’épouser une politique pro-sioniste qui a fini par nous discréditer,c’était prévisible,hélas.Dire que nous étions aimés dans tous les pays où nous faisons aujourd’hui la guerre.Aimés et respectés parce que nous avions une politique d’équilibre entre les deux grands blocs d’une part,comme avec la Chine dont nous avions reconnu et pressenti l’éveil...Nous nous sommes écartés de notre position géo-politique en oubliant notre histoire,notre respect mutuel et notre amitié avec le peuple russe, avec la Russie.Nous avons depuis 20 ans tout faux.
    Mais la France ne peut exister et rayonner qu’en étant elle-même,nous le voyons bien de nos jours,et n’en doutons pas,elle redeviendra un jour ce qu’elle a toujours été,il nous manque l’homme providentiel,celui de la rencontre avec le peuple...
    Vive la France,blanche,de philosophie gréco-romaine et de confession chrétienne !

     

    • #2329666
      le 25/11/2019 par SC31
      Moscou en roue libre

      Mais la France ne peut exister et rayonner qu’en étant elle-même



      Certes, mais n’y a t-il pas quelque chose d’incompatible avec les intérêts de la Russie qui a de conséquentes réserves d’or de Forex en euros et a intérêt à ce que la France perdure dans l’UE, outil de domination américaine où la France ne peut exister et rayonner en étant elle-même ?
      Pardon pour cette question naïve et merci de m’éclairer là-dessus.


    • #2329673
      le 25/11/2019 par sankara
      Moscou en roue libre

      La France est prisonnière de l’UE et de l’Otan. Elle ne fait plus qu’obéir à Bruxelles, Washington et Tel Aviv contre tous ses intérêts.
      Désobéir aux traités ne suffira pas...Il faut sortir de ce traquenard !


    • #2329693
      le 25/11/2019 par Igor Meiev
      Moscou en roue libre

      Tout sera remboursé par la souffrance consentie afin de nous libérer des ploutocrates.


    • #2329700
      le 25/11/2019 par SC31
      Moscou en roue libre

      C’est génial. J’ai comme le sentiment que non seulement nous ne sommes plus souverains au niveau national mais qu’il faudrait de plus complaire aux intérêts des US et de la Russie, via l’UE ? Elle est magnifique notre démocratie.


    • #2329712
      le 26/11/2019 par 6lv1
      Moscou en roue libre

      La France est la bête noire de la bête, de par sa culture et son esprit profondément athée mais tout aussi profondément chrétien, la lumière de la France est puissantissime et n’a jamais brillé comme elle le fera dans l’avenir, à cause de cette saleté de monothéisme qui a toujours été sale, pervers et tout à fait opposé à la vibration profonde de son peuple qui conserve un certain celtisme, ou gauloiserie ce qui est, à mon sens, tout à fait cohérent avec l’idée du Christ, comme le disait Dieudo dans son spectacle "rendez nous Jésus" : "Jésus c’était le prophète des athées", c’est l’esprit français et c’est pour ça que la tempête sioniste s’évertue à le dépecer et à l’humilier méthodiquement depuis des siècles.
      Le dieu unique du livre est une saleté juive tribale du nom de moloch et le Christ est le putain de grain de sable qui, à la fin des temps, grippera totalement cette machine de mort.
      Le Christ est la conscience du vrai créateur de toute chose en l’univers : la lumière, le reste n’est que mortifère escroquerie...


    • #2329726
      le 26/11/2019 par le moine vengeur
      Moscou en roue libre

      @SC31 :
      Et ne serait-ce pas le contraire l’intérêt de la Russie ?Détacher la France de l’Otan et affaiblir l’Europe d’une manière générale plutôt ?
      Attirer la France vers la Russie,favoriser son souverainisme,etc..peuvent s’avérer être un contrepoids à l’influence des pays centraux comme à celle des pays anglo-saxons.
      Nous pouvons avoir,jusqu’à un certain point ,et en respectant le point d’équilibre avec nos partenaires européens,des intérêts géo-politiques convergents en effet.
      De par notre situation géographique,de par notre histoire,nous sommes idéalement placés pour promouvoir cette politique,et nous devons être ami avec ce pays.


    • #2330109
      le 26/11/2019 par SC31
      Moscou en roue libre

      @lemoine vengeur : merci pour votre réponse, qui va en partie dans mon sens car oui, nous avons intérêt à sortir de l’OTAN pour des raisons de terrorisme(s), de financement, de neutralité vis à vis de la Russie, à nous défaire de l’ingérence US qui n’a pas d’égale ailleurs, mais nous avons aussi intérêt à sortir de l’UE pour retrouver le souverainisme dont il n’est pas si sûr qu’il soit validé par la Russie. Poutine l’a lui même déclaré récemment "la Russie a intérêt à ce que l’UE se maintienne" ce qui n’est pas compatible avec la souveraineté de la France, et à mon humble avis ce pourrait être pour la raison suivante : les réserves d’or et de Forex de la Russie en euros sont considérables. Entre mars et juin 2018, les sommes investies dans les réserves de la Banque Centrale de Russie en dollars ont été redistribuées pour augmenter la part en euros à 32% et celle du Yuan à 14.7 %. La GBP (6.3 %), Yen (4.5), Canada (2.3). Que se passerait-il si l’euro s’effondrait ou si la France quittait l’UE sachant qu’elle est le 2è contributeur après l’Allemagne ? La Russie a tout intérêt à ce que la France reste dans l’UE, mais je peux me tromper.


  • #2329695
    le 25/11/2019 par 6lv1
    Moscou en roue libre

    Dans toute cette histoire, et au final, le grand gagnant qui se frottera les mains ce sera
    panpairs... déjà avec issraelle c’était champagne et féréro rochés aux truffes tous les soirs mais maintenant, avec lotan...avec l’explosion de la demande à venir, ils vont résorber 25% du chômage européen à eux seuls...


  • #2329786
    le 26/11/2019 par Labelette
    Moscou en roue libre

    Je ferai apprendre le russe à ma fille l’an prochain (elle aura 7 ans). Dans la ville bretonne où j’habite les collèges et lycées (pamis les +côtés) proposent (en +de l’habituel anglais +Alleman) l’enseignement du chinois, russe, portugais. Un signe que les pays des BRICS sont perçus comme des langues d’avenir !

     

    • #2329858
      le 26/11/2019 par Bayinnaung
      Moscou en roue libre

      Faites lui apprendre plutôt le Français classique (celui de Balzac ou Baudelaire). La victoire de la Russie face aux USA ne donnera pas un nouvel impérialisme culturel à la place de l’ancien, le rouble remplaçant le dollar, le franglais remplacé par le franrusse ou Mickey Mouse remplacé par Masha & Mishka, mais bien une libération et un retour de notre primauté culturelle chez nous. Poutine a compris que c’est ce qui est souhaité par les peuples lassés de la décadence morale et culturelle américano-occidentale. De toute façon, la Russie n’a pas les moyens d’un soft-power à l’américaine, même si elle le voulait, elle n’a pas de Hollywood, elle n’a pas l’équivalent de Disneyland.
      Les élites politiques en ce moment à la tête de la Russie ont compris que ce que veut le monde, ce n’est pas forcément une Russie toute-puissante et mono-polaire : mais juste des USA moins puissants et moins menaçants ; les peuples du monde entier accueilleront toujours à bras ouverts les Russes si ceux-ci se montrent moins arrogants et ne commettent pas les mêmes erreurs que les américains. Ce n’est pas très difficile à comprendre.


    • #2330128
      le 26/11/2019 par SC31
      Moscou en roue libre

      @labelette : malheureusement c’est l’inverse qui est vrai, l’enseignement du russe est en net déclin depuis le début des années 80, de 60%, mais cette chute serait stabilisée. L’abandon du latin un peu similaire par ses déclinaisons (5 en latin, 4 en allemand, 6 en russe) ne facilite pas la compréhension grammaticale nécessaire à cet apprentissage. Je ne sais ce qui a amorcé ce déclin. Une volonté politique, un contexte politique (communisme) ou des besoins économiques décroissants ?


  • #2330066
    le 26/11/2019 par nicolasjaisson
    Moscou en roue libre

    On voyage encore et toujours dans le village Potemkine où s’agitent des poupées de chiffon derrière des décors en carton pâte aptes à faire sourire les plus blasés des Occidentaux. Tous ont les yeux rivés sur les contours de la silhouette du Sauveur des Nations accourant sur son destrier dans son armure scintillante, tel la résurrection d’Alexandre Nevski, après la bataille de Tannenberg contre les chevaliers teutoniques. C’est du moins la version stalinienne. Rien ne vaut la mise en scène du "grand jeu" entre les "puissances" pour faire avaler la propagande institutionnelle qui adore mettre en scène les nouveaux joujoux dernier cri du complexe militaro-industriel avec force départ de missiles ou figures acrobatiques des chasseurs de cinquième génération pourtant destinés à disparaître des écrans radar. Mais du Russe lambda, il n’en est jamais question. Ca n’intéresse personne. Tout comme les détails ô combien ennuyeux de la politique nationale dans l’éducation, l’économie, les nouvelles technologies, l’automobile, la santé, les retraites, l’urbanisation, l’habitat, etc. Et pourtant les patriotes de tout poil devraient au premier chef scruter les innovations dans un des pays leader du Nouvel Ordre Mondial multipolaire qui remet le bien-être des peuples au coeur des préoccupations politiques, bien loin de la finance, des sommets internationaux et des défilés militaires où paradent les "élites" ; A l’instar du gouvernement Merkel, les technocrates du Kremlin raffolent toujours autant des rapports vendus par les "big four" où s’exprime la parole divine du "grand horloger" ordonnateur de l’Univers. Medvedev ferait presque de la concurrence à Ursula . Non le Russe est prié de la "fermer", car par définition, il est "heureux" depuis que l’Etat a été restauré dans la plénitude des ses prérogatives régaliennes et au-delà. Le dogme se doit d’être honoré dans la personne de ses gardiens "illuminés". Donc on ne parlera des chiffres qui fâchent en matière de natalité, d’aide au logement, de pauvreté, de niveau de vie, des conditions d’existence, de l’immigration et de l’émigration, de l’investissement dans les régions, du rail et de l’aviation civile, du développement des entreprises privées, de la pression fiscale, etc. Les séries télévisées mimant les conflits géopolitiques sont bien plus distrayantes. On est jamais aussi heureux qu’assis derrière un jeu vidéo 3D à jouer les mercenaires de Wagner ou de Black Water Ltd, quelque part en Syrie ou en Mer de Chine.