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Pour quelques milliers de milliards de moins

3 000 milliards de dollars : c’est le montant des capitalisations boursières des entreprises chinoises parties en fumée à la suite des récentes décisions de politique économique de Pékin.

 

3 000 milliards, et alors ?

Comme dit Frédéric Lordon, de toutes façons la Bourse ne sert à rien.

Que des investisseurs assoiffés de pognon perdent des plumes, c’est le cadet des soucis du gouvernement chinois.

C’est la préoccupation majeure du peuple chinois ? Je n’en ai pas l’impression.

Faut-il s’en plaindre ? Si l’on est investisseur, peut-être, sinon certainement pas.

Car les grands groupes qui ont bu la tasse vont devoir respecter des règles, baisser leurs tarifs, mettre fin à des pratiques monopolistiques.

Ils vont aussi devoir réviser leurs relations avec leurs salariés, augmenter les salaires, diminuer la durée du travail, limiter les heures supplémentaires.

En dégonflant la baudruche financière, le gouvernement chinois montre de quel côté, désormais, penche la balance.

Le capitalisme a été réintroduit en Chine, il y a trente ans, pour attirer des capitaux et des technologies qui se trouvaient ailleurs.

Un socialisme autocentré aurait mis des dizaines d’années supplémentaires pour parvenir au même résultat.

Le choix de l’ouverture et de la réforme était un choix difficile, gros de contradictions, déstabilisant pour une société issue de la période maoïste.

Inutile de dire que son coût social fut énorme, et le peuple chinois soumis à rude épreuve. Mais ce qui est sûr, c’est que le formidable développement de l’économie procure aujourd’hui des ressources dont la grande majorité des Chinois bénéficient.

Avec des classes moyennes pléthoriques, la Chine représente depuis 20 ans l’essentiel de la réduction des inégalités dans le monde. Et tout récemment, l’objectif de suppression de la pauvreté absolue en Chine a été atteint.

Bien entendu, et c’est un phénomène que connaissent bien les économistes du développement, la croissance gigantesque des richesses produites a davantage enrichi les plus riches.

Il est clair que cette entropie du système va subir un coup d’arrêt, et que l’État chinois entend procéder à une redistribution généralisée entre les différentes couches de la population.

Cette nouvelle politique n’étonnera que ceux qui s’en tiennent aux idées reçues en Occident, et ne voient dans la Chine que le pire du capitalisme associé au pire du socialisme.

En réalité, cette politique reflète l’évolution des rapports de forces au sein de l’État chinois. Comme tous les États du monde, c’est un champ stratégique où s’affrontent des forces antagonistes. Parce qu’elles n’ont pas les mêmes intérêts, elles n’ont pas la même vision du développement du pays. Comme partout, les forces qui composent le bloc hégémonique au pouvoir en déterminent la politique.

Or ce que montrent les événements récents, et ils sont beaucoup plus importants qu’on ne le pense, c’est que la ligne Xi Jinping a clairement pris le dessus et que sa mise en œuvre passe la vitesse supérieure.

En quoi consiste aujourd’hui cette ligne politique ?

La régulation des opérations boursières des grands groupes chinois à l’étranger, l’imposition de normes contraignantes pour la collecte des données personnelles par les géants du net, la transformation du gigantesque secteur des cours privés en secteur à but non lucratif, l’invitation pressante faite aux grands groupes de contribuer généreusement au développement du pays, l’interdiction des pratiques monopolistiques et les amendes infligées pour le non-respect des règles élémentaires de la concurrence, les normes imposées aux sociétés de jeux vidéo et la limitation drastique de leur utilisation par les mineurs, l’édiction de nouvelles règles, beaucoup plus protectrices, en matière de durée du travail, l’appel à poursuivre l’augmentation des salaires, pourtant déjà très importante au cours des dernières années : toutes ces mesures vont dans le même sens.

À telle enseigne que même les esprits grincheux de la gauche occidentale seront contraints d’y voir un approfondissement des orientations socialistes du gouvernement chinois.

Dans un pays où l’État contrôle le secteur bancaire et détient 30 % de la richesse nationale, certes, la conduite de la politique économique et sociale n’a jamais été laissée entre les mains des détenteurs privés de capitaux qui ont bénéficié des réformes.

Mais ce que montrent les nouvelles mesures, c’est que le bloc hégémonique qui exerce le pouvoir en Chine, moins que jamais, n’est dépendant de ce groupe social ou assujetti à ses intérêts.

Si c’était le cas, il serait horrifié par les 3 000 milliards de dollars de pertes boursières infligées aux magnats du secteur privé.

Or, manifestement, il n’en a cure.

D’où cette question : si le pouvoir chinois est aux mains d’une classe d’affairistes estampillés communistes, comme le dit la doxa de droite et de gauche, comment se fait-il que cet État se soucie davantage de l’augmentation des salaires, des conditions de travail des salariés, du niveau des prix pratiqués par les groupes privés, sans parler de la santé et de l’éducation des enfants ? Un État qui, rappelons-le, a débarrassé le pays de la menace du coronavirus dans des conditions qui laissent pantois la plupart des commentateurs occidentaux.

Comment se fait-il que la poursuite de l’édification du socialisme aux caractéristiques chinoises, en somme, vaille quelques milliers de milliards de moins ?

Bruno Guigue

 

Bruno Guigue, sur E&R :

 
 






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26 Commentaires

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  • #2804024
    Le 8 septembre à 09:10 par Pixies33
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    Merci pour cet article brillant ! La Chine, un exemple à suivre de National Socialisme pour la France. Je me retourne dans l’hémicycle, je recherche notre Xi Jinping français...Un seul sort du lot : le député Jean Lassalle. Dans son futur gouvernement, je verrais bien Alain Soral, à l’Education Nationale, Monsieur K à la Culture, Xavier Poussard aux Renseignements, Nicolas Pezeril et Laurent le Paysan à l’Agriculture, le Général Dominique Delawarde à la Défense, Damien Viguier à la Justice, Jean-Pierre Petit à la Recherche et à la Science. Chiche ?

     

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  • #2804029
    Le 8 septembre à 09:29 par anonyme
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    Ce type doit lire et relire le petit livre rouge. le concept du socialisme de marché ne date pas d’hier ,avant de definitivement sombrer dans l’open society le pcf vendait ça sur les marchés le dimanche matin , c’etait juste apres l’effondrement de l’urss.
    Je ne crois pas un mot de cet article ,ce type n’est pas sur place , il ne fournit aucune preuve de ce qu’il affirme sur la hausse les salaires et l’amelioration des conditions de vie des travailleurs Mais surtout son argument sur le covid le trahit car le great reset avait prévu d’epargner la chine "usine du monde . Ce n’est pas la chine qui a su mieux que personne eradiquer cette pseudo pandemie ,ce sont les dirigeants des pays occidentaux aux ordres de quelques oligarques qui ont tout fait pour créer crise sanitaire et économique là ou il n’y en avait pas pour satisfaire aux demandes de shwabb and co qui sous nos yeux tentent de reorganiser selon leurs einterets l’économie mondiale. Bruno guigne ne doit pas rencontrer beaucoup de chinois de la rue pour parler et raisonner comme un garde rouge des années 60 . Bientot ,la bourgeoisie ,petite ,moyenne et grande que le pc chinois eleve et nourrit se retournera contre lui comme en france le tiers etat s’est retourné contre la monarchie

     

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    • #2804188
      Le 8 septembre à 13:54 par Patrie Haute
      Pour quelques milliers de milliards de moins

      " Mais surtout son argument sur le covid le trahit car le great reset avait prévu d’epargner la chine usine du monde ...
      Ce n’est pas la chine qui a su mieux que personne eradiquer cette pseudo pandemie"

      Bon, la Chine est épargnée d’une pseudo pandémie ? je ne comprends pas ce que vous racontez. Si ça n’est pas une vraie pandémie, la Chine n’a pas été épargnée.

      Et l’auteur n’est pas sur place et ne fournit aucune preuve sur ce qu’il affirme, soit, mais vous avez quelle preuve pour affirmer que le Great Reset avait prévu d’épargner la Chine ? Vous êtes copain avec ce Great Reset ?

       
    • #2822319
      Le 6 octobre à 22:33 par Perso
      Pour quelques milliers de milliards de moins

      Ayant habité et travaillé en Chine plusieures années, je peux vous confirmer que les propos dans cet article sont fondés et reflètent une bonne part de vérité de ce qui se passe en Chine actuellement. Vous jugez avec vos catégories mentales, ce qui est sans issue. La grille de lecture pour la Chine est toute autre.

       
  • #2804034
    Le 8 septembre à 09:42 par sam
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    ’’Inutile de dire que son coût social fut énorme, et le peuple chinois soumis à rude épreuve’’...
    C’est le moins qui se puisse dire, et il paie encore. Que le parti au pouvoir commence à prendre la réalité en compte quant à la véritable situation de la population est juste vital pour lui, car l’écart entre la doxa et le réel est tel qu’il devient intolérable. Aux confins, loin des retombées du pouvoir, même les plus petites miettes de la table des bénéficiaires n’arrivent jamais jusqu’à des habitants abrutis par la misère chronique à laquelle ils sont réduits par le régime qui les vampirise. Le parti communiste chinois a créé une catégorie d’individus intégralement dénués, réduits à la stupidité par la profonde absurdité de leur existences dans l’hypercontrainte par hyperviolence. Quelque chose qui n’est supportable qu’à condition de renoncer à certains aspects de la Condition Humaine. Quel taux de suicides en Chine.. ?

     

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    • #2804156
      Le 8 septembre à 12:43 par paramesh
      Pour quelques milliers de milliards de moins

      le pc chinois a fait sortir la Chine de la misère, il faut se rappeler que la Chine d’avant Mao ce sont des famines gigantesques à répétition.
      qu’on apprécie ou non l’idéologie communiste, le fait est qu’à même population même superficie et mêmes qualités :dur au travail et docile ( mais jusqu’à un certain point) , la Chine s’en sort mille fois mieux que l’Inde qui est devenue une ruine au niveau social.

       
  • #2804050
    Le 8 septembre à 10:07 par GIL
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    Les élites considèrent parfois qu’elles ont besoin de leur peuple, en voici la démonstration.
    par contre ce n’est plus le cas en occident

     

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    • #2804106
      Le 8 septembre à 11:37 par VIVACHAVEZ
      Pour quelques milliers de milliards de moins

      Au lieu "d’’élites", il serait plus juste de dire "junte au pouvoir". Ces gens sont tout sauf des élites.

       
    • #2804271
      Le 8 septembre à 16:16 par jules
      Pour quelques milliers de milliards de moins

      Les écoliers passent de tests de QI en Chine dans les plus petits villages et les plus intelligents vont dans des classes accélérées pour hyperdoués . Plus tard, ils seront engagés dans le Parti .. C’est une méritocratie, pas une mafia comme chez nous

       
  • #2804056
    Le 8 septembre à 10:19 par Lyseann
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    Dans quelques temps et rapidement l’éradication de la misère sera la priorité planétaire.
    L’humain sera remis au coeur de tout.
    Les bourses devront se plier planétairement à de plus en plus d’éthique ...
    Et ceux qui ne sont pas d’accord avec ce programme, vont dégager de la planète, pour le coup, ça n’a rien de dictatorial, c’est juste de l’autorité Divine, retour à l’éthique Divine.
    Alors pour les réclamations, vous savez où ça se trouve ... :)

     

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    • #2804203
      Le 8 septembre à 14:34 par Sedetiam
      Pour quelques milliers de milliards de moins

      La première phase d’éradication de la misère sera d’éradiquer les miséreux, si tant est qu’ils viennent à coûter plus cher que l’entretien de la machine en milieu hostile, puis ensuite les couteux inutiles (sachant que l’élite auto-proclamée se croit utile ; nécessaire, même).

       
    • #2804347
      Le 8 septembre à 17:48 par Eugénie
      Pour quelques milliers de milliards de moins

      Donc tu acceptes une gestion planétaire ? Les miséreux du tier monde n’ont pas vocation à utiliser l’argent de mes impôts ou de celui d’un entrepreneur qui a réussi.

       
  • #2804057
    Le 8 septembre à 10:21 par nla
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    Comme d’habitude, l’auteur montre sa méconnaissance de la Chine.

    La Chine n’a pas fait la guerre à rhume 19, elle a fait la guerre à quelques factions, une principalement, dans la province de Wuhan. Elle l’a confiné de manière atroce, mais la cible réelle était bien le pouvoir politique local.

    Ailleurs en Chine, la vaccination est vaguement suivie, les gens en ont globalement plutôt rien à foutre (moins qu’en France en tout cas), et le confinement a été très succinct, juste histoire de faire quelques gros titres dans les médias.
    ps : en Chine vous pouvez choisir les antibiotiques habituels à la place de la vaccination ...

    Concernant le reste ; les réformes a priori pro-sociale vs gros friqués, on attend de voir.
    Pour le moment, le pouvoir fait toujours le minimum pour éviter trop de contestation sociale -toutes passées sous silence mais bien réelles... - et permettre à l’économie de continuer de tourner en engraissant bien toujours les même.

    Que le pays soit mieux géré que la poubelle US ou macronnienne, évidemment c’est un fait. Pas de dépotoir à shoot en Chine, par exemple. Mais ce n’est pas bien difficile à faire.

    Pour le moment, le pays compte toujours plus de milliardaires et autre "super riche" que les USA.
    Donc pour le côté redistribution, on repassera.

     

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  • #2804066
    Le 8 septembre à 10:43 par anonyme
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    #Une série d’enquêtes minutieuses, publiées par des journalistes américains au grand dam des autorités chinoises, ont révélé les énormes fortunes constituées par les familles de plusieurs dirigeants de premier plan, dont Xi Jinping. En 2012, une équipe de Bloomberg dirigée par Michael Forsythe établissait que sa sœur aînée, Qi Qiaqiao, son mari Deng Jiagui et leur fille avaient amassé une fortune estimée à plus de 2 milliards de dollars, répartis en parts dans diverses sociétés et en biens immobiliers à Hongkong. Le mari d’une autre sœur du président, An’an, était à la tête d’une société de télécommunications possédée par des membres plus éloignés de la famille, qui a bénéficié de gros contrats de la part de l’énorme société publique China Mobile Communications. Passé depuis lors au New York Times, Michael Forsythe a poursuivi ses investigations avec une autre équipe et publié au printemps 2015 une nouvelle enquête. Elle décrit une sorte de toile d’araignée tissée par l’homme d’affaires le plus riche d’Asie, Wang Jianglin, qui est parvenu à attirer comme actionnaires plusieurs familles de dirigeants chinois de premier plan – dont celle de Xi Jinping. Fils d’un soldat de la Longue Marche, Wang, 60 ans, est aujourd’hui à la tête d’un empire. Sa fortune est estimée à 35 milliards de dollars. Il a percé dans l’immobilier en obtenant des dirigeants chinois des terrains à bas prix en échange d’avantages divers. Aujourd’hui, son groupe Wanda construit des gratte-ciel à Chicago, possède plus de 100 complexes commerciaux et de loisirs en Chine et a racheté la deuxième chaîne de cinémas aux États-Unis. La sœur aînée de Xi Jinping et son mari ont été parmi les premiers à prendre des parts de Wanda. C’était en 2009. En six ans, leur valeur est passée de 28,6 millions de dollars à 240 millions. En octobre 2013, pour donner le change, ils ont cédé ces parts à un associé et se sont délestés d’autres investissements à partir de 2012, au moment où Xi Jinping a lancé sa grande campagne anticorruption. Les enquêtes de Michael Forsythe n’établissent pas d’intérêt personnel direct du président dans ces affaires.#
    La vérité est surement

     

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  • #2804080
    Le 8 septembre à 11:06 par ...
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    lol, la mongolfiere.

     

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  • #2804112
    Le 8 septembre à 11:51 par Bonjour chez vous
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    Pas mal de socialistes Français ignorent que leurs cotisations de retraite et leurs cotisations de sécurité sociale sont placées en bourse et non pas en or physique et dans des entreprises fournissant des produits ou services vitaux. Mais, rassurez-vous, dans quelques années, ils le sauront.

     

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  • #2805316
    Le 10 septembre à 02:47 par Audois
    Pour quelques milliers de milliards de moins

    selon mon experience personnelle en chine en 2016-2018 je peux dire que les chinois sont pour le moins arrogants, racialistes et haineux envers les non-nationaux, peu importe que l’on soit blanc ou noir, du moment que c’est pas chinois ils insultent et rabaissent a chaque occasion. J’ai l’impression que leur gouvernement les poussent dans ce sens, puisque cela aide a leur patriotisme et futur colonialisme. Consternant...

     

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