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Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

À défaut de lire Rousseau, on aime le caricaturer. Ce doux rêveur aux illusions champêtres ne serait bon qu’à susciter des ferveurs prépubères. Au mieux, il serait un préromantique dont l’œuvre désuète moisit dans les rayons des bibliothèques. Au pire, un illuminé, un écorché vif, un psychopathe dont les principes funestes auraient engendré le totalitarisme. Vilipender ce manant, ce paria de la philosophie égaré dans un siècle de jouisseurs fortunés remonte à une longue tradition.

 

Perspicace, Henri Guillemin soulignait la profonde solitude de Jean-Jacques à l’ombre des Lumières.

« Rousseau, au XVIIIème siècle, c’est l’homme qui dit, ouvertement, sur la société telle qu’elle est, tout ce qu’on ne doit pas dire lorsqu’on est bien élevé et qu’on veut faire carrière. Il ne se contente pas d’exaspérer les Encyclopédistes avec ses propos sur l’âme, sur Dieu, sur la fin de l’homme, mais il les horrifie, en outre, et les épouvante, en parlant sans respect des grands et des riches. On n’est pas très porté, du côté philosophique, à des considérations de cette espèce. La secte, dira Robespierre, déclamait quelque fois contre le despotisme, mais ses membres s’employaient au mieux à se faire pensionner par les despotes. D’Holbach, Helvétius, appartiennent à la haute bourgeoisie financière ».

Les Encyclopédistes poursuivaient Rousseau de leur mépris. Mais Voltaire n’est pas en reste. « Il s’est glissé par ses spéculations, écrit Guillemin, dans la classe entretenue et n’entend pas qu’on touche au système. Pour lui, ouvriers et paysans constituent la populace, et le premier devoir des travailleurs est de rester muet dans cette servitude laborieuse qui nourrit les nantis ».

« Rousseau ? Pour Voltaire, c’est un gueux qui voudrait que les riches fussent volés par les pauvres. Ce que la bourgeoisie déteste, en lui, « c’est l’homme du Discours sur l’inégalité et du Contrat social, ce livre, écrit Mallet du Pan, qui fut le Coran des discoureurs de 1789. Il n’y a pas d’écrivain plus propre à rendre le pauvre superbe, note Joubert le 15 avril 1815. Et Brunetière d’insister, avec une grimace de dégoût, sur le pedigree nauséeux de Rousseau : les parents de Rousseau étaient peuple, au sens le plus fâcheux du mot ; la vulgarité de ses origines, c’est le premier trait de son caractère. Au point culminant de la réaction bourgeoise, après ces Journées de Juin 1848 qui l’ont jeté « dans des tremblements », Sainte-Beuve accable Rousseau de son mépris de classe. « Rousseau a été laquais, dit-il, et il ajoute finement : On s’en aperçoit. Taine, au lendemain de la Commune, ne voit dans toute la pensée de Rousseau qu’une rancune de plébéien, pauvre, aigri, et qui, entrant dans le monde, a trouvé la place prise et n’a pas su s’y faire la sienne ; il n’échappe à l’envie que par le dénigrement. » (Henri Gullemin, Du contrat social, Présentation, UGE, 1973)

Et si cette haine pour Rousseau témoignait en faveur de sa philosophie, montrant qu’il n’avait pas seulement une longueur d’avance sur son temps, mais aussi sur le nôtre, et qu’il ne pouvait échapper à son destin solitaire en attaquant l’injustice sur tous les fronts ? Ce n’est pas seulement sa psychologie singulière qui dressait Rousseau contre une société vermoulue, mais sa pensée profonde, son système philosophique. Il détestait la bourgeoisie pour son égoïsme rapace, pour ses mœurs dépravées : elle le haïssait, elle, pour ses idées. Son époque, il la définissait dans une lettre au Mercure comme « un siècle de charlatanerie où les plus grands fripons ont toujours l’intérêt public à la bouche ». Et dans l’Emile, il lançait cet avertissement : « Vous vous fiez à l’ordre actuel de la société sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables ». Sa philosophie, on le sait, préfigurait la Révolution française. Mais prenons garde à ne pas arrimer Rousseau au port de la bourgeoisie ascendante. La rigueur de sa pensée emportait le philosophe-paria fort loin de ces rivages rassurants. Et s’il a nourri de ses idées le processus révolutionnaire, il a surtout anticipé son usurpation par la bourgeoisie.

 

Une philosophie de la liberté

Quelle est sa philosophie ? Un principe en donne la ligne directrice : qu’il s’agisse d’éducation ou de gouvernement, il condamne comme contraire à la nature tout ce qui porte atteinte à la liberté humaine. La liberté est en effet la qualité native de l’homme, elle fait « la dignité de son être ». C’est encore ce qu’il veut dire lorsqu’il affirme dans le Contrat social que l’homme est « né libre » ou lorsqu’il écrit dans le Discours sur l’inégalité : « Ce n’est pas tant l’entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l’homme que sa qualité d’agent libre ». Mais commençons par le commencement. Découvrons l’homme de la nature enfoui sous l’homme de l’homme. Pour remonter au véritable état de nature, il faut faire abstraction de l’homme social, il faut se représenter l’homme dans son état natif, sorti des mains de la nature, nimbé de son innocence originelle. S’abandonnant à l’anthropologie-fiction, il faut imaginer les hommes dispersés, épars dans les forêts. Cet état d’isolement est une fiction, mais on ne peut s’en passer si l’on veut « bien juger de notre état présent ». Dans cet état d’isolement, l’homme jouit de l’indépendance la plus complète car il se suffit à lui-même. Rien ni personne ne saurait l’asservir. Aucun lien de dépendance ne lie l’homme à l’homme dans l’état de nature, et c’est dans ce sens que cet état est exemplaire.

Il faut bien comprendre que la fiction philosophique de l’état de nature ne décrit pas un état antérieur de l’humanité. Elle a pour fonction théorique de souligner la liberté naturelle : aucun homme n’est naturellement fait pour commander ou obéir. L’oppression qui caractérise les sociétés inégalitaires n’est pas une fatalité, mais un phénomène contingent. Que des hommes soumettent d’autres hommes est un fait historique, et non une nécessité propre à l’espèce. La description de l’état de nature souligne donc la servitude propre à l’état social. Mais l’homme civil n’est pas seulement soumis à la volonté d’autres hommes, le pauvre à la volonté du riche, l’esclave à celle du maître. Il y a en outre dans l’état civil une servitude morale, la soumission à l’opinion et au préjugé. Bien loin de juger par lui-même, l’homme civil n’a plus qu’une préoccupation, celle de se conformer à l’opinion des autres. Au sens strict du terme, l’état civil est synonyme d’aliénation : c’est du regard des autres, ce ferment de corruption, que l’individu tire le sentiment de sa propre existence.

C’est pourquoi le passage de l’état de nature à l’état civil se solde par la perte de la liberté. Ce passage de l’état naturel à l’état social n’était pas inéluctable, mais il est irréversible. Contrairement à ce qu’on dit parfois, il n’y a aucune nostalgie d’un âge d’or perdu chez Rousseau. Il sait bien que la culture a enveloppé la nature et que cette transformation a arraché l’humanité à l’animalité. En revanche, la perte de la liberté qui est la conséquence de l’état social n’est pas inéluctable. Si cette perte était définitive, ce serait une condamnation sans appel de la société civile. Mais société et liberté ne s’excluent pas irrémédiablement l’une l’autre. L’œuvre politique de Rousseau montre au contraire que l’homme, par des institutions appropriées, peut gagner l’équivalent de ce qu’il perd en quittant l’état de nature. Il peut s’unir à ses semblables sans faire le sacrifice de sa liberté, puisqu’il peut trouver dans la société l’équivalent civil de sa liberté native.

 

Le règne de la loi

Le problème posé par le contrat social est précisément d’instituer l’autorité politique sans que cette institution se fasse au préjudice de la liberté humaine. L’homme devenu citoyen doit rester « aussi libre qu’auparavant », dit Rousseau. Est-ce possible ? Oui, « si chacun fait par le pacte social l’échange de sa liberté naturelle contre la liberté civile et la liberté morale » (Contrat social, I, 8). Or ces deux formes de liberté sont forgées par l’éducation et la culture, ce sont des libertés reconquises à travers une forme de soumission. Pour Rousseau, la liberté n’est pas le caprice : elle n’est pas une fonction du désir, mais un effet de la loi, elle est exigence et non pas jouissance. Si la philosophie de Rousseau déplaît aux bourgeois, c’est parce qu’elle n’est pas libérale : la seule liberté qui nous soit accessible est celle du citoyen, et non de l’individu. Elle passe par la soumission à la loi commune, et non à l’intérêt privé. La liberté est une conquête de l’homme sur lui-même : elle met en œuvre ses plus nobles facultés et l’élève à la vertu.

Mais comment peut-on rester libre en obéissant à la volonté générale ? Ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit d’une soumission volontaire ou consentie. « Tout homme étant né libre est maître de lui-même, nul ne peut sous quelque prétexte que ce puisse être, l’assujettir sans son aveu ». C’est aussi – et surtout – parce que l’obéissance à la volonté générale garantit le citoyen de toute dépendance particulière. La loi libère le faible de la domination du puissant, elle interdit toute sujétion de l’homme par l’homme. « La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ». Dans l’état civil légitime, le citoyen « n’obéit qu’aux lois, et c’est par la force des lois qu’il n’obéit pas aux hommes ». Obéir à un homme, c’est avoir un maître, tandis qu’en obéissant à la volonté générale on se soumet à une autorité impersonnelle qui ne saurait supprimer la liberté.

Mais ne confondons pas le fait et le droit. « Dans les faits, les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien », rappelle Rousseau. L’histoire enseigne que les lois sont faites par les riches. Malédiction de l’état social, cette inégalité est-elle définitive ? Non, puisque, dans le Contrat social, Rousseau indique les conditions sous lesquelles la loi est vraiment la loi, c’est-à-dire l’expression de la volonté générale. La loi ainsi entendue est un idéal, bien entendu, dont les lois existantes sont des parodies grotesques. Mais la philosophie politique de Rousseau n’aurait aucun sens si elle n’envisageait la possibilité d’une autre société. Dans l’état civil légitime – qui reste à construire – la loi n’est plus l’instrument du riche : elle émane du peuple, elle incarne l’intérêt commun. En obéissant à la volonté générale, le citoyen n’obéit qu’à lui-même. Car la volonté générale n’est pas pour lui une volonté étrangère, mais sa propre volonté, sinon comme homme du moins comme citoyen, c’est-à-dire comme partie d’un tout. « La volonté constante de tous les membres de l’État est la volonté générale, c’est par elle qu’ils sont citoyens et libres » (Contrat social, IV, 2).

 

La loi du peuple

Mais pour que la loi soit une vraie loi, c’est-à-dire l’expression de l’intérêt commun, que faut-il faire ? La réponse de Rousseau est simple : il faut que le peuple fasse la loi.

« La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée, elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point (..) Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi. Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. » (Contrat social, III, 15).

La volonté générale est l’exercice même de la souveraineté, et c’est ce qui en interdit la représentation. Car que signifierait en réalité « représenter » la volonté ? Ce serait admettre que quelqu’un pourrait vouloir pour un autre. Or c’est philosophiquement impossible : la volonté est ce qui en tout homme n’appartient qu’à lui, elle est la manifestation irréductible de sa liberté. « Le principe de toute action est dans la volonté d’un être libre, on ne saurait remonter au-delà » (Emile, IV).

Le raisonnement est imparable : la souveraineté étant une volonté, et la volonté étant par essence irreprésentable, la souveraineté ne saurait légitimement être représentée. Soit le peuple veut, soit il ne veut pas, mais il n’y a pas de demi-mesure. Si des représentants pouvaient s’exprimer en son nom, cette représentation déformerait la volonté populaire. Elle introduirait des nuances qui en altéreraient la pureté, conformément à tel ou tel intérêt particulier. En réalité, la volonté des représentants se substituerait à celle des représentés. Mais si la souveraineté est irreprésentable, c’est aussi parce que la volonté est générale. Parce qu’elle est une volonté générale, la souveraineté dit la loi, mais ne l’applique pas. Pur vouloir, la volonté générale ne se délègue pas. Seul le pouvoir exécutif, chargé de l’exécution des lois, se délègue, car il détermine les conditions d’application de la loi aux cas particuliers.

C’est pourquoi les « députés du peuple », autrement dit ses représentants, ne peuvent être que « ses commissaires », des exécutants investis d’une mission strictement définie. « Ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi ». Seul le peuple est souverain, puisque la volonté générale est celle de tous les citoyens visant l’intérêt commun. Les représentants ne sauraient se substituer au peuple dans l’exercice d’une souveraineté dont il est le détenteur légitime. Mais s’il est exclu qu’ils aient le dernier mot, Rousseau suggère néanmoins qu’ils puissent participer à l’élaboration de la loi. Il ne dit pas, en effet, que toute loi que le peuple n’a pas votée est nulle. Il emploie au contraire le terme de « ratification » pour désigner l’acte souverain par lequel le peuple approuve une proposition de loi. Cette ratification, toutefois, est absolument requise. Une loi que le peuple entier n’a pas approuvée explicitement ne mérite pas ce nom. Toute législation sur laquelle chaque citoyen ne s’est pas personnellement prononcé est illégitime. Traduisons : une loi qui n’a pas été approuvée par référendum ne vaut rien.

Bruno Guigue

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73 Commentaires

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  • #2109926
    le 27/12/2018 par Henri
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Il aurait fallu un portrait cadré plus large et lui enfiler un gilet jaune... ;-)


  • #2109927
    le 27/12/2018 par Fabien
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Super article !
    Chouars ne dit pas autre chose quand il dit qu’on vote pour des gens qui nous briment et font des lois pour eux et contre nous qui les avons élu.
    Et qu’une loi devrait être écrite par un assemblée constituante populaire et ratifiée par le peuple.

    P.S:J’avais lu, il y a 20 ans, "Les rêveries du promeneur solitaire" de JJ Rousseau.
    Un petit livre qui devrait être apprécié par les lecteurs d’E.R.

     

    • #2109951

      Extraordinaire livre !!! Il y a tout dedans ; jusqu’au prémisse de l’hypnose !
      Merveilleux Jean Jacques !


    • #2110236
      le 27/12/2018 par Jah war
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Les rêveries c’est son dernier livre je crois, très bien écrit, intéressant, mais c’est loin d’être le plus important de son oeuvre. C’est plutôt une bonne intro à l’esprit romantique, mais on quitte les grands enjeux politiques de ses précédents essais.

      Il faut évidemment lire celui proposé sur Kontre Kulture : LE CONTRAT SOCIAL.

      (Et celui de Marion Sigaut sur l’imposteur Voltaire)


  • #2109943
    le 27/12/2018 par The Médiavengers Zionist War
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Ce système permettrait en outre de résoudre l’empilement et le foisonnement judiciaire.


  • #2109946
    le 27/12/2018 par vigile
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    " Les plaisirs qui s’achètent ne sont pas de bonne qualité " (Les Confessions) . Cette petite phrase fout en l’air toute notre société de consommation . Mais Harpagon pourrait aussi la faire graver en lettres d’or sur le manteau de sa cheminée .


  • #2109948
    le 27/12/2018 par observateur
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    JJ : " A prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie et il n’en existera jamais " . Quel pessimisme ! Dans les pays sérieux qui ont la proportionnelle (Allemagne, Israël) il y a bel et bien démocratie, c’est à dire discussion permanente, gouvernements de coalition, dissolutions, élections fréquentes : c’est le prix à payer, ça vaut mieux que ces dictatures grotesques aux législatives truquées comme la 5ème "république" .


  • #2109953
    le 27/12/2018 par Louis
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    JJ à d’Holbach : " Je ne vous aime pas car vous êtes trop riche ".


  • #2109959
    le 27/12/2018 par Riton
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Ce qui est admirable chez JJ c’est son désintéressement : s’il avait mis un an à écrire un livre, il demandait à son éditeur de lui verser le même salaire que s’il avait recopié de la musique pendant un an (à l’époque on n’imprimait pas les partitions) . Lu dans toute l’Europe il aurait pu devenir très riche, comme Voltaire .

     

    • #2110042

      "en écoutant les gens à qui on permet de parler en public, j’ai compris qu’ils n’osent ou ne veulent dire que ce qui convient à ceux qui commandent, et que payés par le fort pour prêcher le faible, ils ne savent parler au premier que de ses devoirs, et à l’autre que de ses droits"
      Propos concis, lucide et très moderne !


  • #2109961
    le 27/12/2018 par Gilles
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Rousseau ou la grande pensée francaise, autant pour le style, un des plus beaux de la langue, que pour le fond, intemporel.
    Les gauchistes n´y comprennent rien, et le fourrent dans les Lumieres qui ont apporté la Révolution. les droitards un peu fermés de l´orniere le pense communiste.

    Un indice pourtant montre sa qualité, le grand philosophe d´état Raphaël Enthoven loue La Profession de foi d´un vicaire savoyard -car on peut fare une lecture anti-chrétienne de l´ouvrage ; mais considere son grand texte, sur L´Origine et les fondements de l´inégalité parmi les hommes, comme du délire. Un des plus grands texte de la pensée. D´ailleurs dans cette machine a décérébrer de l´Éduc Nat, on se demande comment le texte est encore au programme.
    Rousseau y pose le probleme de la propriété, et affirme que tout a commencé le jour ou le premier homme-propriétaire disant ceci est a moi, a trouvé des hommes assez stupides pour acquiesser.

    Jean-Jacques n´est pas Charlie.

     

    • #2110978
      le 29/12/2018 par Michelly58
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Rousseau comme Marx ont vu leur pensée dévoyée à des fin politiques et souvent instrumentalisé par des abrutis qui n’y comprennent pas grand chose.


  • #2109966
    le 27/12/2018 par deNNoch
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Le peuple est souverain. Le peuple est roi.
    Ne serait-ce pas là cet "homme providentiel" tant attendu ?
    Le voilà, ce nouveau roi de France qu’il faut placer sur le trône !

    Et à propos de la polémique du RIC/RIP, entre les mots populaire ou citoyen, on pourrait le remplacer par le mot commun. Ou Référendum d’Intérêt Commun...


  • #2109968
    le 27/12/2018 par Aristarque
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Je n’ai jamais bien compris pourquoi LF Céline n’aimait pas JJ, pourtant ils se ressemblent par leur désintéressement très aristocratique… et leur jeunesse passée à exercer des métiers bien improbables . Ecrivains géniaux et révolutionnaires, Céline a fini dans la misère et l’opprobre, Rousseau s’est retiré dans la pauvreté volontaire . Rousseau domine le 18ème siècle comme Céline domine le 20ème .

     

    • #2110239
      le 27/12/2018 par Gilles
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Céline n´aime pas Rousseau, référence ?
      Dans Le Voyage il fait une référence positive a jean-Jacques en une fin de chapítre, difficile de faire son petit Jean-Jacques...


    • #2110305
      le 27/12/2018 par aristarque
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Aristarque répond à Gilles : ce n’est pas "difficile de faire son petit JJ", c’est "difficile de faire son La Bruyère, tout l’inconscient se débine devant vous" . Céline trouvait que "l’homme naturellement bon" était la grande imposture" .


    • #2110572
      le 28/12/2018 par Gilles
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Oui belle erreur. Mais il me semble qu´il y a une allusion positive. En tout cas, pas de souvenirs de commentaires négatifs de Céline.
      Enfin, calviniste chassé de France qui revient pour imposer le regne du moi ca pourrait coller.


  • #2109974
    le 27/12/2018 par Kessie
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Le secret de Rousseau c’est qu’il était républicain, né dans la république de Genève, nourri de Plutarque, et qu’il a fait toute sa carrière dans la très décadente monarchie française de Louis XV .

     

    • #2110387
      le 28/12/2018 par ΠΕΡΙ ΠΑΙΔΩΝ ΑΓΩΓΗΣ
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      @Kessie
      quel rapport sur (l’ŒUVRES MORALES de) Plutarque sur l’éducation des enfants ??
      Je saisi pas tu peux développer ?
      Merci bien


    • #2110433
      le 28/12/2018 par Kessie
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Réponse à Peri… : Toute l’élite du XVIIIème lisait Plutarque car il met en valeur le courage et la vertu des hommes illustres de la République Romaine, Emile est élevé comme s’il était destiné à vivre dans une République . LF Céline fait remarquer que chez Plutarque les plus purs finissent presque toujours comme des taureaux de corrida .


    • #2110678
      le 28/12/2018 par ΠΕΡΙ ΠΑΙΔΩΝ ΑΓΩΓΗΣ
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      @Kessie
      Je vois toujours pas le rapport ,Plutarque donne une façon, un mode (et il est d’ailleurs excellent ) d’education
      Quand je dis je ne vois pas le rapport , c’est entre Plutarque et Rousseau
      Pour moi Rousseau (et ça n’engage que moi) est une mauvaise personne, qui va insuffler , de mauvaises choses dans la société et que l’on paye encore
      C’est pas parce-que tu es élevé correctement avec principe et valeur que tu va être bon
      Justement on a notre effort a faire (et un enfant élevé dans une famille de déjantés, peut par un travail personnel, spirituel, intellectuel devenir un saint)
      Non ?
      Quel rapport donc ?


  • #2109981
    le 27/12/2018 par Pépin
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Voltaire appréciait un repas luxueux, arrosé de vins exquis, Rousseau préférait manger des cerises cueillies avec des jeunes filles . Les Rousseauistes et les Voltairiens se reconnaîtront .

     

    • #2110034

      Ce passage auquel vous faites référence met en lumière ce qu’est le plaisir pour Rousseau : l’attente plutôt que la consommation immédiate, l’acte fantasmé plutôt que l’acte réalisé.


    • #2110081
      le 27/12/2018 par Pépin
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      à om : n’allons pas chercher si loin, il y a des gens qui préfèrent pique niquer dans la nature que s’enfermer dans un restaurant .


    • #2110111

      Ajoutons que Rousseau a écrit un traité d’éducation (L’Émile), tout en abandonnant ses propres enfants naturels.


    • #2110136

      Aux deux commentaires précédents :

      Un grand merci. J’ai appris ce soir grâce à vous !


    • #2110273

      @ole, concernant les enfants, rien n’a jamais été prouvé... Et pourtant, les registres des Enfants-Trouvés ont été inspectés de bout en bout !


    • #2110307
      le 28/12/2018 par pépin
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Pépin à ole : on a laissé entendre que les 6 enfants abandonnés n’étaient sans doute pas de lui . Avec 6 mômes à la maison comment aurait-il pu écrire, lui qui ne demandait à son éditeur qu’à être payé comme s’il était un copieur de musique ?


    • #2110430

      @pépin
      ces 5 enfants ont-ils seulement existé ? Les historiens qui ont fouillé les registres des Enfants-Trouvés n’ont trouvé trace que de l’aînée. Et encore, rien de moins sûr... Dans l’entourage de Rousseau, aucune lettre ne mentionne jamais les grossesses de Thérèse, ni les abandons. Derrière cette histoire se dissimule vraisemblablement un drame intime qui met en cause Rousseau, mais surtout sa compagne Thérèse. Bon courage à ceux qui creuseront ce sillon !


    • #2110445
      le 28/12/2018 par Pépin
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      A ole : la compagne de Rousseau Thérèse Levasseur n’était sans doute pas un modèle de vertu . Une rumeur terrible circule à propos de la mort du grand homme : il aurait été battu à mort par Thérèse et surtout par l’amant d’icelle, un PALEFRENIER de 36 ans ! Sur le masque mortuaire pris par le grand sculpteur Houdon on voit bien la trace de deux coups sur le front . Thérèse et le palefrenier aurait croqué paisiblement les maigres économies de JJ, et le palefrenier l’aurait quitté au bout d’un an quand il n’y avait plus d’argent . La Convention a nonobstant voté le versement d’une pension à vie pour la "veuve" (ils ne se sont jamais mariés) Levasseur . Quelle fin horrible pour cet homme extraordinaire, d’une grande bonté et d’un talent immense, dont nous avons encore beaucoup à apprendre .


    • #2110980
      le 29/12/2018 par Michelly58
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      @Pépin On est pas chez Stéphane Bern ici, se qui nous intéresse c’est la pensée de Rousseau et non ses histoires de caleçons. La télé a toujours su appuyer sur la sexualité des rois pour ne pas parler des côtés positifs de leurs politiques.


  • #2110107

    Je ne suis pas un grand fanatique de Rousseau mais je dois reconnaître que son talent d’écrivain reste pour moi inégalé, du moins dans la forme et la maîtrise de la langue française.


  • #2110120
    le 27/12/2018 par Miville-Dechêne
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Rousseau n’est malheureusement pas mieux que Voltaire. Ses idées sociales ont l’air beaucoup plus belles que celles des autres encyclopédistes, que celles de Voltaire en particulier. Sauf que, et c’est là le hic, Rousseau ne croyait manifestement pas aux siennes : la preuve patente, c’est le soin qu’il mit à rédiger l’Émile ou de l’éducation au moment précis même où il mettait ses propres enfants faits à qui mieux mieux à l’assistance publique. Une telle contradiction entre le faire et le dire ne peut avoir été que volontaire, et opérée dans un dessein rituel satanique pour accroître son pouvoir de séduction.

    En réalité Rousseau n’avait que mépris pour son propre public, comme plus tard en auraient les marxistes, et il obéissait aux mêmes forces bancaires que les autres encyclopédistes. Voltaire s’adressait aux riches sans scrupules, et Rousseau à un public plus modeste, mais les deux s’entendaient sur la nécessité d’instruire le peuple le moins possible même si c’était au nom d’arguments différents, et trouvaient que l’Église catholique de leur temps en faisait trop. Les deux s’entendaient sur la nécessité de bloquer toute ascension sociale par la culture.

    Rousseau, si on va au-delà de son classement officiel sur le spectre politique, était avant tout un obscurantiste déchaîné : sa première intervention en tant qu’intellectuel fut la fameuse dissertation sur les sciences et les arts et c’est un texte qui n’eût pas déplu aux maoïstes de la Révolution culturelle : l’envie envers le talent d’autrui comme motivation première de son existence en tant que personnage public.

    En cela Rousseau ne faisait que faire écho à la mentalité calviniste de la république genevoise dont il provenait, qui n’est pas sans rappeler la mentalité puritaine américaine et le discours dont le capitalisme américain séduit le petit peuple en exaltant les bienfaits pour l’âme d’une vie d’austérité matérielle et culturelle au bénéfice des grands bourgeois. Donc ce n’est pas un hasard que l’éducation républicaine française ait favorisé ce type autant que Voltaire.

    Les idées d’apparence plus sociale de Rousseau sonnnent plus généreux mais sont grossièrement fausses et ont donc contribué à la défaite de ceux qui les adoptèrent. Un exemple est l’idée du contrat social ou de la genèse de la propriété : manque de chance, l’instinct de propriété est aussi fort chez l’animal que chez l’homme, et la tyrannie est au départ des sociétés primitives.

     

    • #2110249

      Je n’aurais pas pu mieux exprimer le fond de ma pensée concernant Rousseau.


    • #2110362
      le 28/12/2018 par Aymard de Chartres
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      @ Miville-Dechêne

      Vous n’avez de toute évidence peu lu les ouvrages de Rousseau car il ne suffit pas de picorer quelques morceaux ci et là pour s’élever en critique de la pensée rousseauiste et se mettre à déblatérer en se projetant dans la peau de l’érudit qui a passé le plus farouche de son temps à étudier Rousseau sous toutes ses coutures, à savoir ses productions intellectuelles, sa personnalité, les mœurs de son temps et toute la vie politique, militaire, religieuse, artistique et mondaine qui constituèrent le substratum de son existence publique. S’il eût effectivement placé les cinq enfants qu’il aurait eu de ses relations avec une servante d’auberge, Thérèse Levasseur, il en exprimera plus tard des remords sincères. Il ne faut pas omettre de se rappeler qu’un tiers des enfants nés à Paris en 1772 ont été placés aux Enfants Trouvés - auspice publique que nous connaissons sous le nom d’assistance publique - et que Rousseau vécut dans la misère durant la moitié de sa vie et reçut hébergement et accueil assez régulièrement quand il ne dormait pas à la belle étoile.

      Le génie de Rousseau est sans pareil et d’aucune commune mesure. Il doit presque tout à sa seule intelligence et à ses habiletés dans l’art de raisonner et de penser.

      Rien ne tient dans ce que vous dites à propos de Rousseau et qui s’assimile à de la crasse ignorance mêlée à la bêtise que leur dispute le désir de claironner tout en ayant l’air subtil, cultivé et savant.

      Qui mieux que Rousseau incarnat l’esprit de liberté et de raison ? Je ne tiens pas à m’attarder plus que de raison à disputer de Rousseau avec un gougnafier de votre envergure et préfère désormais vous laisser avec la compagnie de votre goitre surdimensionné jouant le rôle d’une boussole désignant le chemin menant à votre sacré nombril.


    • #2110421
      le 28/12/2018 par Mouarf
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Vous racontez absolument n’importe quoi.
      Son discours sur les sciences et les arts n’a rien à voir avec l’envie.

      Entendre des guignols critiquer x ou y, alors qu’ils n’arrivent pas intellectuellement à ne serait-ce que concevoir l’effort conceptuel prodigieux qu’il a fallu pour accoucher de telles pensées (ca vaut pour Thomas d’Aquin et beaucoup d’autres), au motif que X ou Y a fait ceci ou cela ou vécu comme ceci ou comme cela est une absurdité.
      Rousseau est manifestement HP et a de nombreux traits autistiques (en celà il n’est pas du tout singulier : ils sont tous pareils). Ne vous attendez pas à ce qu’un HP/autiste à 140 de QI voie la vie comme nous autres.

      Sur le fond : l’idée de contrat social n’a pas de prétention à exister reellement. C’est un procédé heuristique de représentation !
      "instinct de propriété" ne veut rien dire. Il y a de l’éthologique dans la territorialité animale. Et nous avons ça en nous. Mais ça n’a rien à voir avec la propriété, qui relève de l’ordre de l’institution, du symbolique. Faute de distinguer les deux, on raconte n’importe quoi.
      Il y a une définition précise de la tyrannie. Du reste, pour les penseurs classiques, il vaut mieux un bon tyran (illégitime) qu’un mauvais roi (légitime). La légitimité, quand on est rationnel, on n’en a rien à f..., tant que la Cité est bien gouvernée. Même au sens "moderne", les sociétés de lignage, les sociétés de caste, les sociétés "traditionnelles" ne sont pas des tyrannies, loin s’en faut. Pas plus que les sociétés de caste.

      Mais Rousseau, qui a cassé en deux l’histoire de la pensée occidentale (et a découvert le premier la théorie des jeux, ceci soit dit en passant), qui a complètement (ré)inventé la Loi et la Souveraineté, est un imbécile qui ne vous arrive pas à la cheville c’est évident.


    • #2110581
      le 28/12/2018 par Fabien
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Quelle érudition !Quelle plaisir de vous lire !
      Il n’y a que sur E.R que l’on trouve des commentaires aussi éclairant et cet esprit de contradiction un peu viril mais toujours correct !
      On est loin du : -"Wesh ma gueule, c’est du lourd, zobi sur la vie d’ma grand-mère !" de nos chances pour la France.


    • #2110720

      l’idée de contrat social n’a pas de prétention à exister réellement.



      Alors pourquoi perdre notre temps avec une utopie ?
      Et pourquoi perdez-vous le vôtre à répondre à ceux qui font remarquer qu’il s’agit d’une utopie ?

      Si Rousseau vous plait littérairement, soit. Mais ce ne sont pas ses qualités littéraires qui sont mises en question ici.


    • #2112900
      le 01/01/2019 par Miville
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Je n’ai pas lu toute la production de Rousseau, loin de là, mais j’ai lu deux ou trois fois dans les années 1970 tout le discours sur les Sciences et les Arts en annotant les passages les plus révélateurs en vue d’un mémoire universitaire, ainsi aussi que l’Émile ou de l’Éducation dans le cadre d’un cours d’histoire des mentalités donné par les historiens Robert Mandrou et Louise Dechêne. La seule chose que vous puissiez me reprocher c’est un brin de parti-pris marxiste tel qu’il était alors d’usage presque partout dans le monde universitaire. Pour les autres ouvrages de Rousseau je me suis contenté de passages choisis par des biographes qui ne sont quand même pas de dernier ordre, comme Philippe Ariès et Paul Johnson.

      Malheureusement l’Émile ou de l’Éducation est un texte dont on voit assez vite qu’il ne repose sur aucune expérience personnelle de l’auteur même ou de son proche milieu en matière de pédagogie : Rousseau ne fait que mettre au goût du jour des principes tirés de certains auteurs antiques dont le culte faisait alors rage, comme Plutarque et Lycurge : on a affaire à un idéologue et non à un praticien. La valeur de ce traité en matière d’art d’élevage et d’éducation des enfants n’est pas nulle, elle est négative. La longue expérience pédagogique décrite par Rousseau est un pur roman, on est en plein dans la tradition bien franco-décadentiste des corps professoraux qui soudain perdent de vue les élèves réels pour mettre en oeuvre des programmes au libellé pédant mais dont le but est la destruction de traditions ayant fait leurs preuves éclatantes en vue de l’abêtissement des générations à venir, et Rousseau était l’émissaire d’une ville bancaire calviniste reconnue alors pour sa haine de la culture intellectuelle trop élaborée ou créative, à la manière exacte dont le système d’enseignement à l’américaine a fini par se conformer : non plus instruire les gens mais les formatter en vue du fonctionnement dans un monde qui n’a besoin que de très rares savants et surtout d’aucun regard lucide.

      Dans Rousseau il y a beaucoup d cet esprit qui plus tard s’est manifesté dans le sillage de Mai 1968 et qui a fait que le système scolaire forme des illettrés, entre autres l’idéal de l’apprentissage spontané de la lecture sur le tas ou par des méthodes purement informelles ou intuitives comme la méthode globale. La perversité de ce type d’argumentation est de se réclamer de la spontanéité, de la nature, alors qu’on manipule l’émotion.


  • #2110138
    le 27/12/2018 par Boulevard J.-J. Rousseau
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Incroyable ! Le Peuple est rousseauiste mais sans le savoir !

    Forcément puisque l’école de la République ne lui a toujours parlé que de l’imposteur Voltaire !

    Aux chiottes Voltaire ! Vive Jean-Jacques Rousseau !


  • #2110139

    Quel galimatias...



    il condamne comme contraire à la nature tout ce qui porte atteinte à la liberté humaine.



    Qu’est-ce que la liberté ? Est-on libre de tout faire ? Est-on libre de voler, de violer, d’assassiner ? Non. On est libre que de faire le bien.
    La liberté n’est donc pas un principe absolu. Elle est au contraire bornée par le bien et le mal, c’est à dire la morale.



    Il faut bien comprendre que la fiction philosophique de l’état de nature ne décrit pas un état antérieur de l’humanité. Elle a pour fonction théorique de souligner la liberté naturelle : aucun homme n’est naturellement fait pour commander ou obéir.



    On se sert donc explicitement d’une fiction pour établir un fait ?!
    Depuis quand use-t-on de fiction en philosophie, qui se veut précisément la science de l’être, de ce qui est, c’est à dire de la vérité ?



    L’oppression qui caractérise les sociétés inégalitaires n’est pas une fatalité, mais un phénomène contingent.



    Si l’état de nature n’est qu’une fiction et que seul a jamais existé l’état social, alors l’état social n’est pas contingent, il est bien une fatalité.
    D’ailleurs pour s’en convaincre, il suffit de considérer que l’homme ne nait pas par génération spontanée : il nait de deux parents, formant dès l’origine une petite société hiérarchique. Pour l’homme, l’état social est l’état de nature.



    Que des hommes soumettent d’autres hommes est un fait historique, et non une nécessité propre à l’espèce.



    L’enfant n’est-il pas nécessairement et naturellement soumis à ses parents ? Doit-on attendre le consentement du nouveau-né pour le soigner ?
    On retrouve ici le travers habituel des humanistes qui consiste à penser l’autorité comme nécessairement tyrannique, alors qu’en réalité, l’autorité est une responsabilité. Elle n’est tyrannie que lorsqu’elle est dévoyée.
    C’est vrai du maitre envers l’élève, du patron envers l’ouvrier, du gouvernant envers ses sujets, mais nulle part cela ne ressort d’avantage qu’entre parent et enfant : le nouveau-né ne saurait exercer sa liberté, il est donc pris en charge par les adultes qui ont naturellement cette mission à son égard. L’autorité des parents est un service rendu à l’enfant et il est dans son intérêt de se soumettre à leur autorité.

    En résumé : prémisses fictives et définitions erronées, menant à de fausses conclusions. Je m’arrête là, mais le reste est du même acabit.

    Non, Rousseau n’était pas un grand penseur.

     

    • #2110356

      Pouvez-vous m’expliquer par quel étrange miracle biologiques deux adultes du même âge, peuvent se retrouver dans un rapport de domination adulte-enfant ? Y aurait-il une race des seigneurs ?

      Fiction et Réalité ? La Vérité ne peut être atteinte que par la fiction, puisque notre Réalité n’est qu’une image définitivement et irrémédiablement déformée de la Vérité. Les mots des philosophes, aussi subtiles soient-ils, ne sont eux aussi que des véhicules déformés de cette Vérité. Nous n’avons qu’un moyen bien ténu d’accéder à cette Vérité : l’imagination. Et la fiction est justement le langage de l’imagination.

      L’OPPRESSION est contingente à l’état social. Cette oppression naît de l’incapacité technique et spirituelle de l’homme à se torcher le cul proprement. Comme les égouts à ciel ouvert ou les pot de merde vidés par les fenêtres, elle disparaîtra quand notre évolution spirituelle et technologique nous donnera les moyens hygiéniques de nous en passer.

      Rousseau a raison. Mais comme Cousin, il vise trop haut, trop loin, trop vite.


    • #2110366
      le 28/12/2018 par Aymard de Chartres
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Bruno Guigue est un ancien élève de Normale Sup et vous prétendez lui tenir la leçon et la dragée haute en philosophie comme en littérature alors que vous possédez à peine le niveau scolaire d’un jouvenceau prépubère à peine sorti de l’œuf, tout frais émoulu et encore bien vert.


    • #2110376
      le 28/12/2018 par Miville
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Face à tout ce concert de louanges je vous sais gré d’émettre un autre son de cloche : non, Rousseau ne fut ni un grand penseur, ni encore moins un grand coeur tel qu’il prétendait être.

      Les deux idées de Rousseau les plus connues sont la condamnation de l’instinct de propriété en tant que premier artifice à l’origine du mal de la civilisation, et celle du contrat social selon laquelle l’homme serait né libre dans l’état de nature avant que de tomber dans le fer de l’état civilisationnel par la délégation de son pouvoir à un chef. L’une et l’autre sont des contre-vérités manifestes que lee bon sens d’un simple paysan peut contredire en quelques mots suite à quelques observations des plus directes.

      L’instinct de propriété s’observe chez tous les êtres vivants et notamment chez tous les animaux dont l’homme est compagnon, chez les chiens tout particulièrement, de même que chez les chats et tous les félidés qui ont leurs territoires de chasse faisant l’objet d’âpres et perpétuelles négociations. La contre-vérité de Rousseau à cet effet est-elle imputable à la déconnexion de ce bobo avant l’heure de toute vie dans la vraie campagne ? Non, je ne crois pas, Rousseau aimait les balades sous les bois parmi les bêtes au point de préférer ces dernières aux humains, et il s’entretenait avec les plus grands naturalistes de son temps, tels que Buffon. Rousseau mentait donc en pleine connaissance de cause pour séduire et pour détruire le dogme de la foi catholique aux ordres de qui le payait : la haute banque genevoise dont il faisait les volontés dans le paysage médiatique parisien.

      De la même manière Rousseau ne pouvait pas ne pas voir que l’homme naît au sein de rapports de pouvoir et d’autorité déterminés par la biologie bien avant l’intrusion de toute activité cérébrale consciente, et que les sociétés dites primitives sont les plus totalitaires et contraignantes en moyenne, avec là comme toujours quelques très rares exceptions où c’est justement le primat de la conscience à même de concevoir entre autres des contrats qui met la nature au second plan. Tout s’explique si on songe que Rousseau était mû par l’ambition de venir à bout du dogme du péché originel de manière à sortir les masses françaises de l’aire de la civilisation chrétienne pour les rendre à nouveau semblables aux masses romaines ou mieux encore spartiates, puisque c’est ces dernières que Rousseau disait admirer le plus. C’était pire qu’un piètre penseur : c’était un penseur à gages.


    • #2110385
      le 28/12/2018 par Marion Sigaut
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      "L’homme est né libre et partout il est dans les fer".
      Que des contrevérités dans cette assertion qui sert de base au reste. L’homme en effet est né dépendant et rien moins que libre. "Partout il est dans les fers" est une insulte à la condition terrifiante des esclaves qu’il est indécent de comparer à celle du peuple français qui, justement à l’époque de Rousseau, se battait becs et ongles pour résister à l’influence destructrice des Lumières.
      Le grand théoricien de l’éducation a mis ses cinq enfants à la poubelle et, alors que l’usage voulait que le parent éploré obligé d’abandonner un bébé qu’il ne pouvait nourrir, laissait tous renseignements permettant de le retrouver, Rousseau s’est arrangé pour qu’on ne puisse en aucune manière retrouver sa trace. Des chercheurs ont littéralement essoré les archives des enfants abandonnés et n’ont rien trouvé. Rousseau s’est débrouillé pour qu’on ne puisse jamais venir le rechercher pour assumer ses responsabilités : la cause de l’abandon, dans son cas, ne pouvait être le prix du pain, comme c’était le cas pour les autres. La courbe des abandons suit très précisément celle du prix des céréales.
      Tout désintéressé qu’il ait pu être, Rousseau a toujours eu de quoi remplir son assiette. Son geste est de l’égoïsme et de l’irresponsabilité poussés à son paroxysme.
      J’aimerais avoir l’avis de Mme Rousseau sur ces crimes.
      Merci pour votre commentaire.Il fait du bien...


    • #2110425
      le 28/12/2018 par Mouarf
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Je ne vais pas reprendre vos âneries une par une, qui soit attribuent à Rousseau des thèses qui ne sont pas les siennes, soit font des objections qui n’en sont pas.
      Le point 1 est déjà stupide.
      "Personne n’a jamais "établi un fait". Les faits "ne sont pas dans la nature" ! Fait n’est jamais qu’un "label".
      Pour ce qui est du statut des fictions en philosophie, il y en a un paquet (ainsi qu’en Droit d’ailleurs : la "personne morale" est une fiction juridique) ! Les nombres ne sont pas dans la nature, et vous auriez du mal à la décrire sans eux. La fiction ménage un accès au réel, soit à titre épistémique, soit à titre pédagogique.
      " Pour l’homme, l’état social est l’état de nature". Rousseau n’a jamais dit autre chose.
      Vous ne comprenez pas ce que Rousseau appelle "social" ou "nature", visiblement.

      Rarement lu autant de niaiseries. Vous confondez autorité et souveraineté. Justement, le lien gouvernant gouvernés n’est pas du tout du même type que le lien pater familias/enfants ou medecin/patient, voire même patron-employés. Ce vieil argument moisi des médiévaux avait déjà été réduit à néant bien avant Rousseau, ce que l’anthropologie a confirmé depuis.
      Avant Rousseau, souveraineté = ordre donné par un supérieur à un inférieur. Après Rousseau, souveraineté = expression de la volonté générale = Loi (c’est à dire tout autre chose, qui a à voir avec l’idée de liberté au sens où on est libre quand on n’est pas dominé).


    • #2110450
      le 28/12/2018 par Jojoyoyo
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Comme dirait l’autre, "Tout est bon chez Rousseau, sauf ses systèmes !"


    • #2110459
      le 28/12/2018 par Marion Sigaut
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      @Mouarf



      Avant Rousseau, souveraineté = ordre donné par un supérieur à un inférieur.




      De quoi parlez-vous ?


    • #2110464
      le 28/12/2018 par Marion Sigaut
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      @Mouarf



      Avant Rousseau, souveraineté = ordre donné par un supérieur à un inférieur.




      De quoi parlez-vous ?


    • #2110555
      le 28/12/2018 par Jojoyoyo
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      @Mouarf :
      Vous ne saississez pas bien la critique de ole.
      le postulat est "Il faut bien comprendre que la fiction philosophique de l’état de nature ne décrit pas un état antérieur de l’humanité. Elle a pour fonction théorique de souligner la liberté naturelle : aucun homme n’est naturellement fait pour commander ou obéir."
      Or cette définition de la liberté naturelle, parce que fictive, amène forcément à une conclusion erronée : il y a bien des gens fait pour diriger et d’autres fait pour obéir.

      Ce qui de fait amène à poser la question de la souveraineté différemment, du point de vue de la légitimité. Sans cette définition de la liberté naturelle, la souveraineté n’est pas légitime qu’en cas de ratification des lois par le peuple.
      L faut reconnaitre que ce point là, qui est une extrapolation de Rousseau sur la nature humaine, est un point faible de son raisonnement.


    • #2110686

      Pouvez-vous m’expliquer par quel étrange miracle biologiques deux adultes du même âge, peuvent se retrouver dans un rapport de domination adulte-enfant ?



      Le mot "nature" est équivoque et ne se réduit pas forcément au biologique.
      Cela étant, il n’y a qu’à constater qu’aucun individu humain ne concentre tous les biens, compétences, qualités, vertus, savoirs... Il y a entre nous des inégalités naturelles, spontanées, de fait.

      De là, celui qui a, transmets à celui qui n’a pas, et des relations de sujétion se créent inévitablement entre les hommes.
      Ainsi, vous pourriez vous mettre sous l’autorité de quelqu’un, même de votre âge, pour apprendre un savoir qu’il dispense et qui vous manque.
      L’ouvrier se met au service du patron qui fournit l’investissement et la direction manquants à l’ouvrier mais nécessaire à l’entreprise. Etc.

      Ces rapports sont naturels, dans le sens où ils découlent des limitations inhérentes à notre nature humaine. On ne peut pas tout être, tout avoir, tout savoir.

      L’erreur serait de considérer ces inégalités comme autant d’injustices à corriger.
      L’inégalité n’est pas en soi injuste, comme l’autorité n’est pas en soi opprimante. Elles peuvent le devenir, mais ce sera par défaut de vertu du supérieur vis-à-vis de l’inférieur.

      Rousseau, Marx, Cousin... rêvent l’homme autre qu’il n’est et se perdent dans des utopies qui conduisent à la catastrophe lorsqu’on les applique de force au réel.

      On ne changera jamais le fait que les enfants ont besoin d’être torchés, comme vous dites, à moins de transformer l’homme en quelque chose qu’il n’est pas, le détruisant au passage (ce qui constitue précisément le danger du transhumanisme et de cette foi aveugle au dieu Progrès).


    • #2110689

      Bruno Guigue est un ancien élève de Normale Sup et vous prétendez lui tenir la leçon et la dragée haute en philosophie comme en littérature




      L’argument d’autorité est le plus faible de tous.
      Je n’ai aucune prétention littéraire, mais pour ce qui est de la philosophie, je prétend utiliser ma raison pour pointer les faiblesses, équivoques et contradictions qui me sautent aux yeux en lisant ce texte (et qui, honnêtement, devraient sauter aux yeux de toute personne de bon sens).

      Si j’ai tort, qu’on m’apporte la contradiction.
      Est-ce ma faute si le monde moderne se passionne pour des mythes ?


    • #2110715

      Mouarf,

      Démontrez, plutôt que d’affirmer.

      Si "un fait n’est qu’un label" (? !), alors de quoi au juste est-on en train de parler ?
      Un philosophe qui fait de la fiction, c’est un mauvais philosophe, car sa tâche est de conformer sa pensée au réel, non l’inverse.
      Or le point de départ avoué du raisonnement présenté dans l’article est une fiction : c’est au départ d’un postulat imaginaire que s’enchainent les affirmations sur le réel.
      Autant "philosopher" sur le Père Noël !

      Les nombres appartiennent aux mathématiques, qui ne sont pas la philosophie. Et abstraction n’est pas fiction.

      Je critique l’article. Si je n’ai rien compris ou s’il représente mal la pensée de Rousseau, éclairez-moi donc.

      Vous écrivez :



      Après Rousseau, souveraineté = expression de la volonté générale = Loi (c’est à dire tout autre chose, qui a à voir avec l’idée de liberté au sens où on est libre quand on n’est pas dominé).



      Je réponds que cette idée de liberté est fausse, que quand bien même vous seriez indépendant de toute contingence matérielle et humaine, vivant seul au milieu de nulle part, sans besoin de manger ou de respirer, ni de personne pour vous instruire, vous soigner ou vous guider, vous seriez encore soumis aux impératifs moraux, c’est à dire que votre liberté ne pourrait s’exercer à faire le mal.

      Le seul être qui soit parfaitement autonome, souverainement libre, c’est Dieu par définition, car Il est le Bien. C’est précisément le grand tort des humanistes de rêver à l’homme libre absolument, au sens où Dieu l’est, alors qu’il ne peut l’être que relativement, dans le cadre objectif posé par le Bien.

      "L’argument moisi" des médiévaux est intelligible, contrairement au vôtre.


    • #2110756

      @ole

      Pourquoi toujours revenir aux besoins primaires de l’enfant pour justifier les rapports de domination entre adultes (là où il ne devrait y avoir que des rapports de complémentarité) ?

      Ce simple point de vue rend tout votre raisonnement caduque. Vous ne faites que défendre le droit du plus fort, sous prétexte que l’enfant a besoin de ses parents pour manger (ce qui est vrai vu qu’il en serait incapable seul, même si la nourriture était disponible devant lui).

      L’adulte n’est pas un enfant, s’il fallait le préciser.



      L’enfant n’est-il pas nécessairement et naturellement soumis à ses parents ? Doit-on attendre le consentement du nouveau-né pour le soigner ?



      Très bonne question, à laquelle je réponds OUI et NON.
      Les parents ont créé l’enfant à partir de leur chair.
      Il est "eux" jusqu’à ce qu’il ne le soit plus, et n’a donc pas à consentir de manière individuelle.

      Pourquoi ne continuez-vous pas ? Voici la suite que vous auriez pu écrire :



      L’ouvrier n’est-il pas nécessairement et naturellement soumis à ses patrons ? Doit-on attendre le consentement de l’ouvrier pour le soigner ?



      Les réponses s’inversent : NON et OUI.
      Le patron n’a pas créé l’ouvrier à partir de sa chair.
      Le consentement de l’ouvrier ne peut-être, ne doit être que le résultat d’un enseignement, d’une information, justes et non biaisés. Le patron ne dispose que d’un avantage par rapport à l’ouvrier : l’information.

      La propriété capitaliste individuelle est une tare temporaire de notre organisation sociale, née du fait que l’argent n’est pas un moyen d’échange énergétique, mais un moyen de domination direct rendu possible par des stratégies de domination informationnelles. Nulle surprise donc qu’Internet viennent chambouler tout ça : les ouvriers sont en train d’acquérir les moyens de domination fondamentaux de leurs patrons, mais sans les moyens d’expression pratique de cette domination (l’argent).

      Quant au fait que certains parasites prospèrent dans ce système, ce n’est pas une injustice, mais le message bienveillant de la Nature qui, par cette maladie, indique à notre corps social qu’il doit rectifier son fonctionnement.
      La rectification est d’ailleurs en cours, vu le niveau d’affolement des parasites, ces derniers temps.

      En bref, cessons donc de confondre "état de nature" et état temporaire d’un système social qui pourrait très bien être "autre" : changer de société n’implique donc pas obligatoirement le transhumanisme.


    • #2111078
      le 29/12/2018 par Filou84
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      @grz
      J’aime beaucoup votre opinion sur la réalité et la fiction, est ce que cela vient de vous, ou d’un penseur en particulier ? Si oui lequel ?
      Merci


    • #2111214

      Grz,

      Le lien parent-enfant est indéniable, c’est pourquoi je l’utilise pour montrer, contre Rousseau, que l’homme est social par nature, non par consentement.

      Le lien qui unit patron et ouvrier n’est pas identique mais analogue au lien parent-enfant, comme vous le remarquez vous-même (l’ouvrier n’est pas issu de la chair du patron !). Je ne pouvais donc pas écrire que la prérogative du patron est de soigner l’ouvrier. Elle est de fournir une direction à son activité.

      Pourtant, dans les deux cas, il y a rapport de sujétion.
      Il y a le supérieur et l’inférieur, le directeur et le dirigé. Et lorsque vous parlez de "droit du plus fort", vous répétez l’erreur qui est de considérer de facto l’autorité comme une violence et une injustice, alors qu’elle est une responsabilité.

      Je pense que vous vous trompez aussi en disant que l’avantage du patron se résume à l’information. Ce qui me parait évident, c’est que le patron amène un patrimoine, mobilier ou immobilier, et un projet qu’il est prêt à mener à ses propres risques.
      L’ouvrier n’a pas nécessairement ces moyens et cet esprit d’entreprise (s’il les a, il peut toujours être indépendant, mais l’entreprise d’un seul homme est forcément plus limitée).

      La hiérarchie n’a pas vocation à être injuste. Le patron n’a pas vocation à être un oppresseur. L’argent n’a pas vocation à être un moyen de domination. C’est par perversion qu’ils le deviennent.

      Il y a dans votre raisonnement, beaucoup d’apriori de type marxistes, ni évidents, ni démontrés.



      En bref, cessons donc de confondre "état de nature" et état temporaire d’un système social qui pourrait très bien être "autre"



      Cet autre système, longtemps rêvé, on l’attend toujours. Je me répète, mais l’erreur est de confondre la perversion des acteurs du système et le système lui-même.
      La solution, pour les individus comme pour les sociétés, c’est la vertu.



      changer de société n’implique donc pas obligatoirement le transhumanisme.



      Si la société est connaturelle à l’homme, alors la seule façon d’en changer, c’est de changer l’homme.

      Le transhumanisme n’est que l’aboutissement de la logique humaniste et révolutionnaire qui revendique la liberté de (re)définir la nature humaine.
      Nous sommes nombreux à penser que cette logique est fausse et mortifère, et j’espère que mes arguments vous permettent d’entrevoir pourquoi.


    • #2111451

      @ole

      Votre vœu de voir le retour de la vertu comme la solution à la perversion du système est une utopie au moins aussi grande et dangereuse que la dernière tentative en matière de communisme.
      En effet, vous demandez à l’homme de changer.
      Laissez-moi le temps de rédiger une réponse, elle risque d’être un peu longue.


  • #2110166

    Jean-Jacques Rousseau amène évidemment l’idée de l’injustice en comparant la vie enchaînée par le travail (économie) et la Vie en rapport avec la Nature (prospérité). Il a à son époque planté une graine importante, une base de réflexion essentielle, sans pour autant avoir les moyens de faire émerger ’’un système plus juste et vraiment égalitaire’’ au sein de la Société. Pourquoi ? Quel était son plus grand manque en tant qu’ensemenceur ? Nous pouvons le constater actuellement dans cette répétition de révolte... Cependant, la situation aujourd’hui est différente. Les évènements vont nous obliger à aller encore plus loin dans nos réflexions sur la Vie et ses Lois. Lois qu’il va falloir définir et mettre réellement en application, car elles représentent l’unique socle de la Conscience du Collectif.


  • #2110396
    le 28/12/2018 par Marion Sigaut
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Jean-Jacques Rousseau, le "Gilet jaune" criminel.
    Pour ceux qui doutent encore, un travail sérieux et sourcé :
    http://www.espace-rousseau.ch/pdf/F...
    Désolée, les Gilets jaunes sont la plupart du temps parents ou grand-parents qui se battent pour leur progéniture.

     

    • #2110468
      le 28/12/2018 par Pitchou
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Marion Sigaut
      Merci pour ce rappel madame,
      je suis gilet jaune, j’ai occupé un rond point(ça sonne con dit comme ça) pour des raisons claires et simples.
      Rendre le pouvoir usurpé par la finance au peuple et ne plus être escroquer par des soi disant représentant à tous les étages. Cette exigence n’a pour but qu’une France libérée source d’ un avenir prometteur pour nos enfants.
      Rousseau a quitté ses enfants pour une raison x ou y, peu importe. De nos jours il existe de par ce monde de nombreux parents qui se saignent pour élever au mieux leurs enfants, un devoir qui élève à une dignité en soi, pour certains, ils sont analphabète. Et je ne pense pas que la conjoncture ou l’époque serait à elle seule justifier l’abandon à autrui de son enfant, inconcevable. A mon sens, abandonner l’être dont vous êtes responsable de sa venue au monde par la grâce de Dieu est la plus grande des lâcheté, après on émet les concept que l’on veut...
      Je préfère des parents qui se trompent, à ceux qui abandonnent.


    • #2111210
      le 29/12/2018 par Paule C.
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Mme Sigaut
      Effectivement, Rousseau a abandonné ses 5 enfants à la naissance en obligeant sa femme Thérèse , malgré ses plaintes, à les déposer au bureau des Enfants Trouvés où ils étaient voués à une mort certaine.
      Voilà donc l’auteur du traité sur l’éducation, le théoricien de la nouvelle pédagogie, l’apôtre de l’allaitement maternel (P. Yonnet) qui refuse même l’adoption de ses propres enfants par ses proches ! Quel magnifique exemple d’individualisme et de cynisme qui m’interdit de succomber à ses belles théories de liberté et d’épanouissement de l’individu grâce à la nature.


  • #2110404
    le 28/12/2018 par goy pride
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    L’état naturel de l’homme est purement mythique et n’a jamais existé. Ce qui pourrait s’en rapprocher ce sont les sociétés pré-agricoles de faible densité humaine. Et encore ! L’humain est si vulnérable qu’il ne peut survivre qu’en communautés solidaires avec forcément ses lois, tabous, coutumes...régissant et garantissant la survie de l’organisme social.

    L’agriculture et ses corollaires inévitables que sont l’accumulation de richesses et l’augmentation sensible des densités humaines rendent nécessaire les systèmes d’organisations sociale hiérarchisés ainsi que la spécialisation des fonctions. Au départ une société agricole primitive disposant de vastes espaces peut se contenter d’un système d’organisation simple où chacun est libre et souverain un peu comme au début de Rome où chaque paysan était aussi un guerrier souverain et responsable de sa propre sécurité. Mais ensuite les espaces vitaux claniques finissent par s’étendre, se rapprocher des uns et des autres...et puis face l’augmentation numériques des membres du clan le besoin d’agrandir son espace vital se fait ressentir et là commence les emmerdes ! On va empiéter sur le territoire des autres...de plus en plus de gens se retrouvent sans terre...ces gens sans terre peuvent devenir des prédateurs...pour faire court l’augmentation des densités humaines dans un monde fini impose la nécessité d’une organisation sociale plus coercitive où chacun pourra y trouver sa place et vivre pour éviter massacres continuels et chaos mais à la condition d’accepter certaines règles.
    On notera aussi que l’accumulation des richesses inhérent aux sociétés agricoles attire les convoitises des peuples des régions aux conditions climatiques peu favorables au développement humain. Face à ces attaques, razzia de peuples barbares les sociétés agricoles finissent par produire une caste spécialisée de guerriers, or ces guerriers qui sont prêt à sacrifier leur vie pour la communauté ne le font pas sans contre-partie, ils prennent une position de plus en plus dominante dans la société...et puis vient le commerçant, l’intermédiaire nécessaire mais qui très tôt devient le parasite par excellence et qui une fois délivrée des tabous de la morale traditionnelle et du contrôle qu’ont sur lui les oratores et bellatores...devient le maître du monde. Et enfin, au stade final du pourrissement, le commerçant déguise sa cupidité maladive sous des oripeaux messianiques et philosophiques délirants menant le monde et la civilisation à la ruine.


  • #2110456
    le 28/12/2018 par Ifuckcharlie
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Je ne suis pas du tout d’accord avec Rousseau , le concept de l’homme "né libre " est une vue de l’esprit , dans la réalité tous les êtres sont conditionnés . Ensuite l’idée d’égalité est un non sens , rien n’est égal a rien , toutes les formes de vie sont variées et c’est par opposition que tout fonctionne , la différence entre les choses et les êtres est plus marquée et évidente que la ressemblance , grace a Dieu . La naissance est déterminante, le contexte , la richesse , les tares héréditaires, la religion, la culture etc . La division de la société en castes avec des doits et des devoirs spécifiques est nécessaire et souhaitable , si cette société est centrée sur Dieu et que tous y puissent progresser spirituellement . Certainement pas en faisant de la politique . Le devoir premier du dirigeant est d’assurer la sécurité des biens et des personnes , et la sécurité alimentaire , pour le reste il faut de la democratie au niveau local , et quand aux grandes lignes de la nation surtout pour le sociétal, la population doit être consultée par référendum et son avis suivi , mais on ne peut pas transférer le pouvoir au peuple , il en sera vite dégoutté , les gens se battront , le communautarisme , les clans , etc , pour en arriver toujours au principe des partis politiques et du lobbysme inhérent a la démocratie , peut être pas dans le concept , mais dans les faits., sauf dans un cadre restreint et local . A 50 c’est facile, mais a 60 millions la democratie est un non sens .

     

    • #2110593
      le 28/12/2018 par Aymard de Chartres
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Lorsque Rousseau affirme que "l’homme est né libre et que partout il est dans les fers", il n’entend pas autre chose que de soutenir la simultanéité d’un fait contradictoire en apparence et qui pourtant est exact quand on juxtapose le plan de la nature à celui de la société. L’homme est effectivement libre à la naissance (l est tout neuf, sans rien sur lui, hormis ses besoins naturels de l’ordre du primitif), puis les pesanteurs de la société dans laquelle il est né projetteront sur lui toutes sortes de croyances, de pensées, de besoins, de désirs et de répressions serviles, à tel point qu’il en deviendra prisonnier ou dépendant. Cette citation est à la fois juste, vraie et admirable.


    • #2111206
      le 29/12/2018 par lincredule2
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Parfaitement, très bien dit !

      Merci pour ce commentaire plein de bon sens, et sans compromis (compromis induit compromission, donc dénaturation).


  • #2110461
    le 28/12/2018 par L’après Macron
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    "Vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous libérera".

    Or, la Vérité comprend la notion de pêché originel, c’est-à-dire que l’homme ne naît pas libre mais emprisonné dans le pêché, que seule une pratique spirituelle peut aider à comprendre et à combattre. Plus précisément : on n’est jamais libre lorsqu’on vit sous l’emprise de ses passions, de ses défauts ou de ses bas instincts. Et l’homme a besoin de Dieu pour réaliser cela, comprendre les conséquences des choix de vie qu’il fait sur lui-même et sur les autres, et lui donner la force nécessaire de s’élever. Tout comme il a besoin de Lui pour comprendre sa propre nature et accéder à la Connaissance : on ne peut être libre lorsqu’on vit dans l’ignorance, le mensonge ou l’illusion.

    En postulant de manière utopique et idéologique que l’homme naîtrait libre, Rousseau a littéralement flingué le rapport de l’homme à Dieu et le rapport que l’homme entretenait avec lui-même, promouvant ainsi l’ignorance, le mensonge et la méconnaissance du genre humain, tout en introduisant de manière féroce le mythe égalitariste dans les esprits, mythe qui justifie aujourd’hui la mort lente mais certaine de notre pays, par l’égalité homme-femme, l’égalité parent-enfant, l’égalité français-étranger et même l’égalité homme-animal pour les plus extravagants.

    Et on retrouve, bien sûr, ce mythe à la source même du principe de l’élection républicaine, où le vote d’un étudiant de dix huit ans sans expérience équivaut au vote d’un salarié de cinquante ans, où tout le monde décide du sort de tout le monde sans rien véritablement connaitre des sujets concernés, à savoir, la politique, l’économie, la défense, car la connaissance s’acquière également par l’expérience dans ces domaines.
    Et comme des votes fondés sur l’inexpérience et l’ignorance ne sauraient déboucher sur des choix éclairés, nous ne cessons de nous embourber dans les mêmes problèmes, que nous traitons en suivant les recommandations de Rousseau : l’homme est bon, la société corrompt, la société seule est donc à réformer, comme si celle-ci au final n’émanait pas directement des choix et comportements des hommes qui la composent...

    Marcher sur la tête, voilà tout ce que nous aura appris à faire cet homme.

    Combien de temps nous faudra-t-il encore boire de ce poison pour en comprendre la nocivité ? Nous faudra-t-il donc en crever ?

     

    • #2110491
      le 28/12/2018 par gratounette
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Un très grand merci pour votre message salutaire.

      Amicalement


    • #2110922
      le 28/12/2018 par Crux Fidelis
      Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

      Je ne le dirai jamais assez, vous êtes génial ! Et le fil de commentaires aussi !
      Vous me rappellez toujours la profondeur et la simplicité des Pères de l’église, des Saints Prêtres que la terre a porté. Immense dans les écrits et qu’un jeune enfant peut aisément comprendre.
      En plus, je sais que nous avons un peu le même parcours.
      L’abbé Lemann explique bien cette sensation dans son magnifique livre : " La religion de combat " avec l’allégorie de Platon et des prisonniers de la caverne. Comme la pensée des rationalistes et des incrédules. Raison solitaire, raison froide ! Ils peuvent être des très grands savants mais seront toujours incomplets.
      On le voit avec les rousseauistes des commentaires, très cultivés et en même temps si profondément dans l’erreur. Puis élitistes et vite insultants.
      Que Dieu vous bénisse !


  • #2110474
    le 28/12/2018 par Adolfo Stalini
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Plutôt que de chercher à voter des lois, que ce soit directement ou indirectement (par l’intermédiaire de représentants élus), ne vaudrait-il pas mieux procéder de façon scientifique ? Non pas voter des lois mais démontrer scientifiquement la validité de ces lois quant à leur utilité pratique sur le plan social, économique, politique voire géopolitique, en procédant de la même façon que les scientifiques procèdent pour mettre en évidence et démontrer les lois de la nature. Etant donné la difficulté de la tâche, ne pourrait-on pas, en attendant, supprimer les lois en leur substituant une jurisprudence au sens large : les juges seraient alors élus pour mettons trois ans et seraient tenus de prononcer leurs jugements en les accompagnant de motivations se basant sur une jurisprudence quelconque, n’importe quelle jurisprudence du moment que celle-ci est clairement mentionnée. Ces motivations devraient être claires, sincères et exhaustives. Je veux dire par là que les juges devraient mentionner tous les arguments et tous les raisonnements qui les ont conduit à poser une conclusion. Ceci dans un esprit de franchise (on dit tout ce qu’on pense), mais aussi dans un esprit de sincérité (on pense tout ce qu’on dit) et enfin dans un esprit d’honnêteté (dans un respect absolu de la vérité). Etant donné que le juge peux se tromper, il devrait indiquer les sources d’erreurs possibles, mentionner ses moindres doutes et ne pas hésiter à se déclarer incompétent lorsque les faits portés à sa connaissance ne lui permettraient pas de conclure d’une façon susceptible de satisfaire aux conditions mentionnées plus haut. Quant à l’Etat, il pourrait établir des réglementations administratives qui n’auraient pas valeur de loi, c’est à dire qu’il serait toujours loisible à l’individu de s’opposer ) une réglementation en portant l’affaire devant la justice. Par exemple, ayant grillé un feu rouge à trois heures du matin, je pourrais faire valoir auprès d’un tribunal le fait que la circulation étant nulle à cette heure tardive, la réglementation perdait beaucoup de son intérêt social.


  • #2110554

    Sacré Jean-Jacques. 250 ans, bientôt, après sa mort. Il agite toujours autant les passions !


  • #2110697
    le 28/12/2018 par Politzer
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Rousseau fut un grd penseur utopique, c est pourquoi nul part on a pu appliquer avec succès ses théories, y compris ds la minuscule Suisse où le pouvoir, qui corrompt les masses grâce à son statut de refuge à fric, les laisse jouer à la démocratie.
    Pour Voltaire représentant littéraire de la bourgeoisie révolutionnaire, son réalisme froid lui a fait déclarer :" je me méfie de la démocratie, car il faut une plume pour 300 bras". En dépit de ce que ses détracteurs considèrent ce jugement plutôt cynique,je ne suis pas sûr qu il fut moins important que Rousseau ds l avênement de 89.
    Cela dit Rousseau est très actuel quand il ecrit
    _ :"Défiez-vous de ces cosmopolites ....Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins." N est ce pas messieurs les immigrationistes ? De ce point de vue Guigue a raison , Rousseau est gilet jaune.


  • #2110984
    le 29/12/2018 par Michelly58
    Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

    Il suffit de régarder qui l’éducation nationale ne fait pas l’éloge pour voir qui étaient les vrais révolutionnaires.


  • #2111087

    « C’est pourquoi les “députés du peuple”, autrement dit ses représentants, ne peuvent être que “ses commissaires”, des exécutants investis d’une mission strictement définie. Ils ne peuvent rien conclure définitivement. »

    C’est précisément ce qu’étaient les députés des États Généraux sous l’Ancien Régime, avec leurs cahiers de doléance auxquels ils étaient strictement attachés.

    Une fois encore, la Monarchie reposait sur une philosophie politique bien plus saine !


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