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Freud et l’inceste : une histoire juive

Note de la rédaction

Laurent Guyénot dédie cet article à Hervé Ryssen, en témoignage de reconnaissance pour son travail et de soutien dans l’épreuve de sa persécution judiciaire.

« Nous sommes tous freudiens, aujourd’hui », disait-on déjà en 1939 [1]. Il n’est pas exagéré de parler d’une colonisation culturelle de la chrétienté par le freudisme. Or l’histoire de Freud, de la psychanalyse et de son succès récapitule toutes les problématiques de la judéité et de la goyitude. Après un demi-siècle de quasi monopole de ce discours pseudo-scientifique sur la psyché humaine, qu’en reste-t-il ? Freud, par exemple, nous a-t-il aidés à comprendre le refoulement des souvenirs traumatiques ? Tout dépend de quel Freud on parle.

 

Le premier Freud et sa théorie des abus sexuels

Il y a deux Freud : le premier a apporté une contribution significative à un débat en pleine ébullition. Le second, pour des raisons que nous allons tenter de comprendre, a saboté sa propre contribution au profit d’une imposture scientifique.

En 1895, Freud, médecin diplômé depuis 1881, acquiert la conviction que ses patientes hystériques, dans leur grande majorité, ont vécu une « relation sexuelle durant l’enfance ». Le 21 avril 1896, il donne une conférence intitulée Étiologie de l’hystérie, et déclare :

« Je pose donc l’affirmation qu’à la base de chaque cas d’hystérie, se trouvent – reproductibles par le travail analytique, malgré l’intervalle de temps embrassant des décennies – un ou plusieurs vécus d’expérience sexuelle prématurée, qui appartiennent à la jeunesse la plus précoce [2]. »

Pour la plupart des femmes hystériques, précise-t-il, le traumatisme initial est une violence sexuelle commise par le père avant la puberté. Par un euphémisme caractéristique de l’époque, on a nommé cette hypothèse étiologique la « théorie de la séduction ».

Dans leur état de conscience normal, les hystériques n’ont pas de souvenirs des événements traumatiques, mais les affects associés refont surface dans leurs crises hystériques. Ces derniers étant analogues à des transes hypnotiques, le travail analytique consiste à reproduire ces états par l’hypnose pour faire accéder les souvenirs à la pleine conscience. Cette « méthode cathartique », Freud l’a empruntée à son maître Joseph Breuer, avec qui il a déjà publié l’année précédente des Études sur l’hystérie [3]. Dans sa conférence, Freud se réfère à « la découverte capitale de Josef Breuer : les symptômes de l’hystérie (en dehors des stigmates) sont déterminés par certaines expériences du patient qui ont agi de façon traumatique et qui sont reproduites dans la vie psychique sous la forme de symboles mnésiques. »

Breuer ne mettait pas l’accent sur les abus sexuels. Mais Freud avait connaissance de la documentation médico-légale démontrant la fréquence des violences sexuelles sur les enfants. Cette littérature incluait les travaux du professeur Auguste Ambroise Tardieu (1818-1879), doyen de la faculté de médecine de Paris, et de son successeur Paul Brouardel (1837-1906), qui dirigeait à la morgue des autopsies publiques auxquelles Freud a assisté. Freud possédait le livre de Brouardel sur les viols d’enfants, ainsi que celui du docteur Paul Bernard titré Des Attentats à la pudeur sur les petites filles (1886). Cependant, alors que la réalité des violences sur les enfants étaient une évidence pour les médecins légistes, il en allait tout autrement chez les neurologues et psychiatres : chez eux, la tendance était au déni. Ils contestaient la validité des témoignages, qu’ils proviennent d’enfants ou de patients, et les mettaient sur le compte de l’imagination perverse des enfants ou des hystériques. La littérature médico-psychologique de cette école, représentée par des articles comme « Hystériques accusatrices », ou « Les enfants menteurs », était abondante dans les années 1880 [4].

On peut donc admettre avec Jeffrey Masson que, si Freud n’est pas le premier à prendre en compte la fréquence des abus sexuels, il « a été le premier neurologue à croire ses patientes ». « Avant Freud, les psychiatres qui entendaient de telles histoires accusaient leurs patientes d’être des menteuses hystériques et considéraient leurs récits comme de simples inventions. » On doit donc également reconnaître que Freud a fait preuve de courage en lisant sa conférence sur L’Étiologie de l’hystérie devant la Société de Psychiatrie et de Neurologie de Vienne en 1896, à l’occasion de sa première intervention publique. Et l’on comprend l’accueil glacial qui lui fut réservé. Son article, raconte Masson, « fut accueilli par un silence absolu. On lui enjoignit ensuite de ne surtout pas le publier, par souci de sa réputation. Plus s’épaississait le silence qui l’entourait, plus Freud était seul. Il trouva néanmoins le courage de braver ses pairs et de publier malgré tout "L’Étiologie de l’hystérie" [5]. »

 

Le second Freud et sa théorie de la sexualité infantile

Durant l’été 1897, cependant, Freud fait volte-face : il renonce subitement à croire aux souvenirs d’agression sexuelle émergeant à la mémoire de ses patientes hystériques, et prétend que ces agressions n’avaient été que fantasmées. De là naît et évoluera la théorie psychanalytique de la sexualité infantile, qui, dans ses élaborations ultérieures, s’épanouira du stade oral au stade anal en passant par le stade sadique-anal, avant d’atteindre le stade phallique entre trois et cinq ans. Du point de vue de son hypothèse antérieure, on peut parler d’ « inversion accusatoire » : ce sont maintenant les enfants, ces « pervers polymorphes », qui sont déclarés éprouver spontanément du désir sexuel et de l’hostilité envers leurs parents. Ces désirs refoulés généreraient par la suite des fantasmes d’inceste « destinés à dissimuler l’activité auto-érotique des premières années de l’enfance » (Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique, 1914). Les névroses découleraient de traumatismes engendrés, non par des agressions sexuelles, mais par les fantasmes des malades, qui se transformeraient, chez les hystériques, en faux souvenirs d’abus sexuel. Dès lors, Freud n’aura de cesse de corriger ses premiers travaux par des notes de bas de page, en déclarant avoir depuis lors « surmonté son erreur », faisant de cette victoire sur les mensonges des hystériques sa découverte héroïque. Il écrit dans son Étude autobiographique (1925) :

« Avant d’explorer plus avant la question de la sexualité infantile, je dois mentionner une erreur que j’ai commise pendant un certain temps et qui aurait pu avoir des conséquences fatales pour l’ensemble de mes travaux. Sous l’influence d’une procédure technique que j’utilisais alors, la majorité de mes patients ont reproduit des scènes de l’enfance impliquant une séduction sexuelle de la part d’adultes. Chez les patientes, le père jouait presque toujours le rôle du séducteur. J’ai cru à ces histoires, et en conséquence, j’ai supposé que j’avais découvert les racines des névroses subséquentes dans ces expériences de séductions sexuelles au cours de l’enfance. Ma confiance a été renforcée par quelque cas pour lesquels les relations de ce type avec un père, un oncle ou un frère aîné avaient perduré jusqu’à un âge pour lequel les souvenirs sont fiables. Si le lecteur se sent enclin à hocher la tête devant ma crédulité, je ne peux vraiment pas le lui reprocher. »

À propos de ce qu’il prenait auparavant pour les traces mnésiques d’incestes réels, il précise :

« La parcelle de vérité contenue dans ce fantasme réside dans ce que le père, par ses innocentes caresses dans la toute petite enfance, a en fait éveillé la sexualité de la petite fille (la même chose se produit entre le petit garçon et sa mère). Ce sont ces mêmes tendres pères qui ensuite s’efforcent de faire cesser chez l’enfant l’habitude de la masturbation, habitude dont ils sont alors eux-mêmes involontairement à l’origine. »

Freud est particulièrement désireux d’exonérer les pères. Il écrit dans son Introduction à la psychanalyse :

« Si dans le cas des filles qui racontent un tel événement dans l’histoire de leur enfance, leur père figure assez souvent comme le séducteur, il ne peut y avoir aucun doute quant à la nature imaginaire de l’accusation [6]. »

Pour être juste, Freud n’a jamais nié que certaines de ses patients et patientes aient subi des agressions sexuelles. Comment l’aurait-il pu ? Dans bien des cas qu’il avait documentés, l’abus était avéré. Mais il n’en a presque plus parlé, car pour lui, tout se passe dans l’inconscient : c’est le fantasme de l’enfant qui crée la culpabilité, le refoulement et la névrose, et il est indifférent qu’il y ait eu ou non un acte réel.

Pour les freudiens, l’abandon de la théorie de la séduction au profit de la théorie des pulsions est l’acte fondateur de la psychanalyse. Mais depuis les années 1980 s’est développée une saine recherche révisionniste tendant à montrer qu’en réalité, Freud a renoncé à une vérité dérangeante, dont l’énoncé lui avait valu l’ostracisme de la profession psychiatrique, au profit d’une théorie qui présentait, entre autres avantages, celui de préserver et même renforcer l’omerta sur la fréquence des abus sexuels d’enfants. Ainsi la psychanalyse est-elle devenue une violence supplémentaire faite à toutes les victimes d’abus sexuels, accusées de fantasmer.

L’ouvrage qui documente de la façon la plus approfondie le revirement de Freud est celui de Jeffrey Masson, Le Réel escamoté (Aubier, 1984), récemment revu et augmenté sous le titre Enquête aux archives Freud. Des abus réels aux pseudo-fantasmes (L’Instant Présent, 2012). Masson avait auparavant dirigé l’édition non expurgée des 284 lettres écrites par Freud à son ami et confident Wilhelm Fliess entre 1887 et 1902, une source d’informations inestimable sur les motivations de Freud [7].

 

La faute cachée du père

C’est à Fliess que Freud fait part pour la première fois de sa théorie de la séduction, dans une lettre datée du 8 octobre 1895 :

« Sache qu’entre autres choses, je soupçonne le fait suivant : l’hystérie est déterminée par un incident sexuel primaire survenu avant la puberté et qui a été accompagné de dégoût et d’effroi. Pour l’obsédé [névrose obsessionnelle], ce même incident a été accompagné de plaisir [8]. »

Un an plus tard, son père Jakob décède, le 23 octobre 1896. « Tout le passé resurgit », écrit-il peu après à son ami, à qui il rapporte également un rêve fait le lendemain de l’enterrement, dans lequel il lisait sur un écriteau l’inscription : « ON EST PRIÉ DE FERMER LES YEUX. »

En juillet 1897, il commence son auto-analyse (il y fait sa première allusion en août 1897). En septembre, en anticipation du premier anniversaire de la mort de son père, il retourne à Vienne s’occuper de la pierre tombale. Il traverse alors une grave crise, qui le paralyse intellectuellement : « Celui de mes malades qui me préoccupe le plus, c’est moi-même [9] », écrit-il à son ami. Enfin, dans une lettre fameuse du 21 septembre 1897, il lui annonce l’abandon de sa théorie de la séduction :

« Et maintenant je veux tout de suite te confier le grand secret de quelque chose qui m’est progressivement venu à l’esprit ces derniers mois. Je ne crois plus à ma neurotica [sa théorie de la séduction] [10]. »

Dans un livre très remarqué intitulé L’Homme aux statues. Freud et la faute cachée du père (Grasset, 1997), Marie Balmary pose l’hypothèse que le revirement de Freud est intimement lié à sa relation à son père. Dans une lettre à Fliess du 8 février 1897, soit deux mois et demi après la mort du père, il évoque les troubles hystériques de son propre frère et conclut :

« Malheureusement, mon propre père était l’un de ces pervers, et est responsable de l’hystérie de mon frère (dont tous les symptômes sont des identifications) et de celles de plusieurs de mes jeunes sœurs. La fréquence de ces circonstances me laisse souvent songeur. En tout cas, j’aurai beaucoup de matériaux à te soumettre à Prague [11]. »

Or, dans sa lettre du 21 septembre, parmi ses raisons d’abandonner sa neurotica, il écrit :

« Puis, aussi, la surprise de constater que, dans chacun des cas, il fallait accuser le père de perversion, y compris le mien. »

Dans la même lettre, il évoque l’immense soulagement que lui procure ce renoncement :

« Si j’étais déprimé, confus, épuisé, de tels doutes devraient sûrement être interprétés comme des signes de faiblesse. Puisque je suis dans l’état contraire, je dois les reconnaître comme le résultat d’un travail intellectuel honnête et vigoureux et dois être fier qu’après être allé si loin, je sois encore capable d’une telle critique [12]. »

Deux semaine plus tard (3 octobre 1897), il écrit, à propos de sa propre névrose :

« Dans mon cas, le père n’a joué aucun rôle actif [13]. »

Tout porte donc à croire, selon Balmary, qu’à l’issue d’une intense lutte intérieure, Freud a reculé devant une vérité qui détruisait l’image idéale de son père qu’il était en train d’élaborer par le deuil. Il ne pouvait se résoudre à accuser son père, une fois celui-ci mort. Il s’est soumis à l’ordre envoyé par ce père défunt de « fermer les yeux ». C’est pour justifier cette reculade qu’il inventa la théorie du complexe d’Œdipe, dont il fait part à Fliess pour la première fois le 15 octobre 1897.

Balmary fait d’ailleurs remarquer que Freud a tronqué le mythe grec de tout ce qui concerne la double faute du père d’Œdipe, le roi de Thèbes Laïos : pédérastie et infanticide. Laïos fut en effet maudit par les dieux pour avoir séduit un jeune adolescent et entraîné son suicide, puis, effrayé par l’oracle annonçant qu’il serait tué par son propre fils, fit abandonner le nourrisson dans la forêt « les chevilles transpercées par le milieu avec des pointes de fer » (Euripide, Les Phéniciennes). Ainsi, dans le mythe complet, le destin d’Œdipe n’est pas déterminé par ses propres pulsions, mais par les fautes de son père, ces fautes que Freud a voulu, au fond, maintenir refoulées dans le secret de l’inconscient.

À ce dossier, Balmary ajoute encore des éléments biographiques évoquant un secret de famille qui n’est pas sans évoquer la faute du père d’Œdipe : on découvrit en 1968, dans le registre de la population juive de Freiberg, que Jakob Freud n’avait pas été marié deux fois, comme tout le monde l’assurait, mais trois, et que Sigmund était né deux mois plus tôt qu’il le croyait. Sa mère Amalia, âgé de 20 ans, était enceinte de deux mois lorsque son père, âgé de 40 ans, l’avait épousée le 29 juillet 1855, alors qu’en 1852, il était marié à une certaine Rebecca, dont la trace se perd. Sur la base de conjectures, Balmary fait l’hypothèse du suicide de la femme abandonnée.

Jeffrey Masson s’est intéressé également à l’étrange Wilhelm Fliess et à son influence encore plus étrange sur Freud. Dans ses lettres à Fliess, Freud fait preuve à son égard d’une admiration et d’un désir de validation qu’on a qualifié de « transfert paternel [14] ».

Pourtant, Fliess est un oto-rhino-laryngologiste pour le moins farfelu, inventeur de la « névrose nasale réflexe » et auteur en 1897 d’un livre intitulé La Connexion entre le nez et les organes sexuels féminins. Persuadé que les femmes peuvent être guéries de l’habitude de la masturbation par une opération du nez, il faillit faire mourir l’une des patientes que Freud lui avait confiée, Emma Eckstein, lorsqu’il oublia cinquante centimètres de gaze dans son sinus après l’avoir opéré pour la guérir de son hystérie. L’indulgence de Freud à son égard est alors stupéfiante. Non seulement il l’excuse totalement : « On ne peut rien te reprocher ! » mais il attribue les saignements d’Emma après son opération à son hystérie : « Il n’y a aucun doute que ses hémorragies étaient dues à des désirs. » Ce ne peut être un hasard, estime Masson, si Freud abandonne l’hypothèse de la séduction précisément au moment où il innocente Fliess, qu’il idéalise comme un père, de sa criminelle incompétence dont faillit mourir sa patiente [15].

Cela en dit long sur l’état mental de Freud dans cette période. Que Fliess ait quelque chose à voir avec la crise morale d’où sortira le renoncement à la théorie de la séduction, Freud lui-même en a le sentiment, lorsqu’il lui écrit le 21 septembre 1897 :

« Quelque chose venu des profondeurs abyssales de ma propre névrose s’est opposé à ce que j’avance encore dans la compréhension des névroses et tu y étais, j’ignore pourquoi, impliqué. L’impossibilité d’écrire qui m’affecte semble avoir pour but de gêner nos relations [16]. »

Freud ayant détruit toutes les lettres de Fliess, nous ne savons pas exactement comment ce dernier l’influença. Mais Jeffrey Masson a mis à jour un autre aspect intéressant du dossier : Robert Fliess (1895-1970), le fils de Wilhelm Fliess, a témoigné avoir été agressé sexuellement par son père, précisément pendant la période qui nous occupe ici. Et selon Eleonor Fliess, qui consacra une courte biographie à son époux Robert Fliess, Wilhelm Fliess « procédait à des études psychosexuelles sur ses enfants ». Fliess aurait même confié à Freud qu’il avait observé des érections chez son fils âgé de 18 mois, stimulée par la nudité de sa femme (mère de Robert).

Tout porte donc à croire que Freud s’est rangé à une théorie qui innocente tous les pères abuseurs, sous l’influence d’un père abuseur. En renonçant à attribuer les névroses à des abus sexuels et en inventant l’ « auto-érotisme » infantile, Freud, consciemment ou inconsciemment, protégeait son propre père, d’une part, et la figure paternelle de Fliess, d’autre part [17].

 

Le facteur juif

Le retournement de Freud et ses probables causes dérisoires n’auraient qu’un intérêt anecdotique si la psychanalyse n’avait pas eu l’influence qu’elle a eu en Occident. Pour expliquer celle-ci, il est nécessaire de traiter un autre aspect du dossier, que ni Masson ni Balmary n’intègre dans leur analyse : le facteur juif.

Dans l’avant-propos de la traduction en hébreu de Totem et Tabou, Freud écrivait, parlant de lui-même à la troisième personne :

« Si on lui demandait : qu’y a-t-il encore de juif en toi, alors que tu as abandonné tout ce que tu avais là en commun avec ceux de ton peuple ? il répondrait : encore beaucoup de choses, probablement le principal. Mais cet essentiel, il ne pourrait pas présentement le formuler en termes clairs. Assurément un jour viendra ou cela sera accessible à l’intelligence scientifique [18]. »

Comment interpréter cet aveu cryptique ? Clin d’œil ironique à sa communauté (on rappelle que Freud était membre du B’Naï B’Rith) ? Si son auto-analyse s’est vraiment arrêtée au seuil de sa judéité, que peut bien signifier sa dernière phrase ? Quoi qu’il en soit, mes recherches psychologiques sur la judéité me convainquent que le déni de l’inceste par la théorie freudienne de la sexualité infantile ne saurait être étrangère à la judéité de Freud. On remarquera d’ailleurs que si l’on considère le mythe d’Œdipe dans sa totalité, en y restituant la violence du père, le complexe d’Œdipe rejoint le complexe d’Isaac, autrement dit le syndrome du fils du psychopathe, dans lequel je vois l’essence de la judéité. La faute du père juif, c’est d’abord et avant tout la circoncision, qui n’est pas sans rappeler le percement des chevilles du nourrisson (d’où le héros grec tire son nom, Oidi-pous, Pied-Enflé).

Dans les années 1890 durant lesquelles Freud jette les bases de sa théorie, presque toute sa clientèle est juive (tout comme celle de Breuer, fils de rabbin). Le mouvement qui se constitue autour de sa théorie de la sexualité infantile, qui protège les pères et les oncles incestueux (juifs), est lui aussi composé presque exclusivement de juifs [19]. Mais pour Freud, qui possède une ambition sans limite, sa théorie est une révélation qui doit guider le monde entier. C’est dans cette optique qu’en 1910 il nomme Carl Jung, le seul non-juif à l’avoir rejoint, président de l’Association psychanalytique internationale : « La plupart d’entre vous sont juifs, et par là, vous êtes incompétents pour gagner des amis à la nouvelle science », explique-t-il aux protestataires [20]. Lorsque Jung prendra ses distances avec la notion de sexualité infantile en 1912, Freud nommera un « comité secret » composé de cinq juifs, Karl Abraham, Sándor Ferenczi, Ernest Jones, Otto Rank, et Hans Sachs, pour protéger le dogme. Abraham succèdera à Jung après s’être distingué par un article intitulé Les traumatismes sexuels comme forme d’activité sexuelle infantile, qualifié par Freud de « dernier mot sur le sujet de l’étiologie traumatique » (Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique) [21].

Que Freud ait estimé que sa théorie méritait d’être connue au-delà de la bourgeoisie juive viennoise n’est évidemment pas condamnable en soi. La question qui se pose est de savoir si elle aurait eu le succès planétaire qu’on lui connaît sans la propension et la capacité des juifs influents dans la sphère intellectuelle et culturelle de porter au pinacle les membres de leur propre communauté. Beaucoup s’étonnent depuis toujours de la disproportion entre les mérites scientifiques et thérapeutiques du freudisme et son aura auprès du grand public, mais bien peu se risquent à évoquer cette explication qui crève les yeux. Le freudisme a été et demeure, disons-le, un aspect majeur du pouvoir culturel juif en Occident. Et nul ne semble mieux correspondre à la remarque d’Otto Weininger :

« La tendance juive en science consiste à regarder la science comme un moyen destiné à servir une fin, laquelle est l’exclusion de toute transcendance [22]. »

Cela étant dit, le mouvement psychanalytique n’a pas manqué de praticiens honnêtes, et bien des développements théoriques intéressants y ont pris racine : je pense en particulier aux approches systémique et transgénérationnelle, qui replacent l’individu au centre des dynamiques familiales, sociales et historiques, ou encore aux travaux de Paul-Claude Racamier sur la perversion narcissique. Je pense que tous ces développements auraient vu le jour sans Freud. Car en réalité, Freud a beaucoup moins innové que l’on croit ; se doute-t-on par exemple aujourd’hui que la notion d’inconscient avait suscité avant lui un grand nombre de questionnements (comme le montre Henri Ellenberger dans sa très remarquée Histoire de la découverte de l’inconscient, Fayard, 1994) [23] ? Le concept diagnostique qui a le mieux survécu au freudisme, le narcissisme, a été modélisé avant que Freud ne s’en empare [24]. Par conséquent, le fait que toute cette recherche ait été en quelque sorte annexée par la psychanalyse est regrettable, mais cela ne lui ôte pas tout intérêt.

 

Sándor Ferenczi et le nouveau débat sur les souvenirs refoulés

Les psychanalystes les plus intéressants se sont émancipés de l’orthodoxie freudienne, pour revenir aux intuitions initiales de Freud. Le premier à le faire ouvertement fut Sándor Ferenczi (1873-1933). Freud le considérait comme son disciple le plus doué, jusqu’à ce qu’il réaffirme la réalité des abus sexuels subis par ses patients et patientes. Dans son journal écrit de juillet à octobre 1932, on lit (24 juillet 1932), que le complexe d’Œdipe pourrait bien être « le résultat d’actes réels commis par des adultes, à savoir de violentes passions à l’égard de l’enfant, qui développe alors une fixation, non pas par désir mais par peur. » Quelques jours plus tard (30 juillet 1932), Ferenczi écrit :

« De mes analyses, j’ai appris qu’une partie de notre être peut "mourir". Alors que l’autre partie de notre soi peut survivre au traumatisme, elle en émerge avec un trou de mémoire. En fait, c’est même un trou de personnalité, puisque non seulement les souvenirs de cette lutte à mort sont effacés, mais également tous les souvenirs qui y sont associés… peut-être pour toujours. »

Le dernier article de Ferenczi, intitulé Confusion de langue, fut présenté au 12e Congrès International de Psychanalyse en 1932. On y lit :

« Tout d’abord, j’ai pu à nouveau confirmer l’hypothèse, que j’avais déjà énoncée, qu’on est loin de mettre assez en avant le traumatisme comme facteur pathogène, particulièrement le traumatisme sexuel. Même des enfants de familles honorables, puritaines, ayant des principes, sont victimes de viol avéré, bien plus fréquemment qu’on oserait le penser. Soit les parents eux-mêmes cherchent un substitut à leur insatisfaction sexuelle de cette façon pathologique, soit des personnes de confiance, membres de la famille (oncles, tantes, grands-parents), précepteurs, domestiques, abusent de l’ignorance et de l’innocence des enfants. L’objection courante, à savoir que nous aurions affaire à des fantasmes de l’enfant lui-même, c’est-à-dire à des mensonges hystériques, est malheureusement anéantie par la multitude de confessions, de la part de patients en analyse, d’agressions qu’ils ont commises sur des enfants. »

La réaction des psychanalystes à cette communication fut unanimement négative. Ferenczi mourut peu après, et son article ne fut ni commenté publiquement, ni traduit en anglais. Freud et son mouvement, constituée en une véritable église, reproduisaient ainsi la réaction négative à laquelle Freud avait lui-même dû faire face après sa conférence sur l’Étiologie de l’hystérie [25].

Ferenczi ne fut pas le seul dissident tenté par l’hérésie. Robert Fliess, le fils de Wilhelm Fliess déjà mentionné, après toute une collection de livres sur la psychanalyse, publia un livre intitulé Symbol, Dream and Psychosis (1973), que Jeffrey Masson décrit comme « un plaidoyer, aussi intelligent qu’éloquent, en faveur de la réhabilitation dans la pratique psychanalytique moderne de la première théorie de Freud sur la séduction [26]. »

La dissidence de Ferenczi, que Masson contribua grandement à faire connaître, est revendiquée par un courant psychothérapeutique très influent aux États-Unis dans les années 1980, celui des « psychothérapies régressives », qui prétendent faire remonter à la surface des souvenirs traumatiques refoulés, par l’usage de techniques hypnotiques. Malheureusement, ces thérapies se fondent sur une compréhension beaucoup trop simpliste des phénomènes de refoulement, qui néglige, d’une part, l’élaboration des affects refoulés dans l’inconscient, d’autre part, les parasitages possibles durant l’hypnose. La facilité avec laquelle on peut fabriquer des faux souvenirs sous hypnose (souvenirs de vies antérieures ou d’abduction par des extra-terrestres, par exemple) n’est plus à démontrer, et un certain nombre d’affaires judiciaires retentissantes fondées sur des « souvenirs retrouvés » (recovered memory) en thérapie, dans les années 1980, ont fini par discréditer grandement cette pratique. J’ai publié il y a vingt ans l’un des meilleurs livres sur la controverse [27]. On m’a reproché d’avoir écrit à cette occasion dans un article : « Les personnes qui ont vraiment subi un abus sexuel l’ont rarement oublié, même si leur souvenir de l’incident peut être déformé ou présenter des lacunes [28]. » C’était imprudent. Les choses sont complexes, et le débat est loin d’être clos, comme on peut le voir par exemple dans cette courte vidéo.

Ce qui est certain, c’est que le dogmatisme psychanalytique n’a pas contribué à éclaircir le sujet, mais a fait perdre au contraire un demi-siècle à la recherche sur ces questions, en évinçant du débat les chercheurs les plus honnêtes et les plus talentueux. Je pense en particulier au psychologue et médecin français Pierre Janet (1859-1947), dont les travaux font l’objet d’un intérêt grandissant depuis les années 1980 aux États-Unis, et avec dix ans de retard en Europe. Janet a modélisé les « troubles dissociatifs » entre 1885 à 1887. La « dissociation » constitue un mécanisme de défense psychologique contre le débordement provoqué par une expérience traumatique. Dans Les névroses, paru en 1909, il déclare :

« De même que la synthèse et l’association sont les grands caractères de toutes les opérations psychologiques normales, de même la dissociation est le caractère essentiel de toutes les maladies de l’esprit. »

Le modèle de la « dissociation » a une valeur explicative supérieure à celle du « refoulement » dont s’est contenté Freud. Il permet de rendre compte de l’évolution des mnésies traumatiques, que Janet nomme « idées fixes », et qui sont composées de vécus physiologiques, sensoriels, affectifs et cognitifs. Ces aspects fragmentés de l’expérience ne permettent pas à un réel souvenir de s’élaborer et de s’intégrer dans la biographie du sujet. Isolés de la personnalité habituelle (ou conscience personnelle), ils ne sont pas pour autant figés, mais évoluent à la manière d’un parasite, de sorte qu’un « souvenir retrouvé » n’est jamais tel qu’il a été « encrypté ». Janet avalise l’hypothèse de la coexistence de deux personnalités chez l’hystérique, émise par le pédagogue et psychologue français Alfred Binet dans Les Altérations de la personnalité publié en 1892 (encore un grand savant occulté par l’imposture freudienne).

Laurent Guyénot

Notes

[1] Le poète britannique W. H. Auden, dans son éloge funèbre de Sigmund Freud

[2] Texte complet dans Jeffrey Masson, Enquête aux archives Freud. Des abus réels aux pseudo-fantasmes, L’Instant Présent, 2012, p. 335-357 (passage cité p. 337).

[3] En ligne sur http://psycha.ru/fr/freud/1895/hyst...

[4] Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit., p. 63-101.

[5] Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit., p. 42-43.

[6] Cité dans Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit., p. 57, 268, 190.

[7] The Complete Letters of Sigmund Freud to Wilhelm Fliess, Harvard University Press, 1985.

[8] Cité dans Marie Balmary, L’Homme aux statues. Freud et la faute cachée du père, Grasset, 1997, p. 181.

[9] Balmary, L’Homme aux statues, op. cit., p. 113, 137, 214-215.

[10] Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit., p. 165.

[11] Cité dans Michel Onfray, Le Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, Grasset, 2010, p. 280

[12] Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit., p. 166.

[13] Balmary, L’Homme aux statues, op. cit., p. 244.

[14] Gilbert Diatkine, « La passion d’un père », dans Les Secrets de la séduction, Libres cahiers pour la psychanalyse, Automne 2002, n°6, sur https://www.cairn.info/revue-libres...

[15] Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit.,, p. 154, 157, 163.

[16] Balmary, L’Homme aux statues, op. cit., p. 214-215.

[17] Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit.,, p. 196-202, s’appuyant sur Franck Sulloway, Freud, biologiste de l’esprit, Fayard, 1981.

[18] Œuvres complètes, XI, 195, cité dans Michel Onfray, Le Crépuscule d’une idole, op. cit., p. 217-218.

[19] Andrew Heinze, Jews and the American Soul : Human Nature in the Twentieth Century, Princeton University Press, 2004.

[20] Cité dans Hervé Ryssen, Psychanalyse du judaïsme, Éditions Baskerville, 2006, p. 379, d’après Emmanuel Ratier, Mystère et secrets du B’Naï B’Rith, Facta, 1993, p. 149.

[21] Cité dans Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit., p. 189.

[22] Otto Weininger, Sexe et caractère (1903), Kontre Kulture, p. 428.

[23] Lire aussi l’ouvrage en deux tomes de Bertrand Méheust sur le somnanbulisme, le magnétisme, la médiumnité et la métapsychique : Somnambulisme et médiumnité, 2 tomes, Les Empêcheurs de Penser en Rond, 1998-1999.

[24] Freud n’en parle qu’à partir de 1914, alors que le terme est déjà employé par le psychiatre et criminologue allemand Paul Näcke en 1899, dans une étude sur les perversions sexuelles

[25] Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit., p. 209-254.

[26] Masson, Enquête aux archives Freud, op. cit., p. 197.

[27] Elizabeth Loftus et Katherine Ketcham, Le Syndrome des faux souvenirs et le mythe des souvenirs refoulés, Exergue, 1997.

[28] http://www.signesetsens.com/psycho-...

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62 Commentaires

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  • #1973069
    Le 25 mai à 15:58 par Pitchou
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    Merci pour cet article M. Laurent Guyénot et à E&R, sur un autre article on parle de la future école de celle qui ne veut plus se faire nommer Le Pen, ça veut dire qu’avant elle prenait les gens pour des cons. En matière d’intellectuel pour éveiller ses élèves, elle aura beaucoup de mal à trouver des gens de la qualité M. Laurent Guyénot ou M. Alain Soral, et pour cause...

     

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  • #1973081
    Le 25 mai à 16:10 par Laurent Guyénot
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    Complément n°3 : Clement Freud, petit-fils de Sigmund, a été accusé par trois femmes d’abus sexuel sur enfants.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Cleme...
    Son nom apparaît parmi les suspects dans la disparition de la petite Madeleine McCann au Portugal, en lien avec les frères Podesta à qui il a loué sa maison, à 500 mètres du lieu de l’enlèvement.
    https://arrestpodestanow.wixsite.co...

     

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    • #1973154
      Le 25 mai à 17:39 par Le Malicieux
      Freud et l’inceste : une histoire juive

      les podesta sont coupables, il n’y a aucun doute la dessus. il suffit de voir les portraits robots des suspects pour s’en convaincre.

       
    • #1973414
      Le 26 mai à 00:19 par Eric
      Freud et l’inceste : une histoire juive

      En effet @Le malicieux, les portraits robots sont d’une ressemblance hallucinante. Quand j’ai vu ça j’en étais sur le cul.

       
  • #1973152
    Le 25 mai à 17:38 par yul
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    Le "freudisme" est responsable, en grande partie, de la déliquescence de la morale (déresponsabilisation, rejet de la faute sur l’autre, victimisation, culpabilisation... des autres,...) et c’est une raison suffisante pour le condamner (au-delà de ses vérités et de ses mensonges)...
    Vous savez, la locution concernant l’arbre et ses fruits !
    Maxime qui, d’ailleurs, devrait guider notre perception des choses...

     

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  • #1973362
    Le 25 mai à 22:17 par H. K. Daghlian
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    A l’âge de 12 ans je suis tombé sur un livre intitulé "Les Prodigieuses Victoires de la psychologie moderne", de Pierre Daco. J’ai lu le livre d’un trait, en cachette (j’avais mis à peu près deux semaines) tant il m’inspirait une curiosité morbide et l’espoir de le voir se terminer autrement que ce que j’en pensais. J’y avais découvert à quel point je "désirais ma mère" et "voulais tuer mon père", tout comme la notion de parties de mon être qui ne m’appartiennent pas, ainsi que la catégorisation des personnalités. J’en passe car je n’en ai qu’un vague souvenir malsain(certainement un traumatisme), je rappelle que j’étais gamin.

    Ce livre m’a chamboulé et à certainement façonné d’une manière ou d’une autre ma personnalité, car à l’époque je n’avais pas assez de recul pour objectiver ce que je lisais. J’ai mis très longtemps avant de me remettre du malaise profond qu’il a encré en moi, ce n’est que bien plus tard que j’ai su à quel point ce livre était empreint des travaux de Freud et d’un trait, d’un seul tout le malaise s’est dissipé et j’ai commencé à chercher après Freud et l’origine de sa manière de voir les autres. Je ne suis jamais tombé sur les aspects de sa vie personnelle mis en lumière ici, mais avec le recul, je peine à croire que certains le citent comme référence.

     

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  • #1973941
    Le 26 mai à 23:49 par michel amm
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    Pour savoir qui était vraiment Freud lisez le livre de Benesteau ;

    Mensonges freudiens : Histoire d’une désinformation séculaire.

    C’est le premier livre à écrite la vérité sur Freud. Il est le resultat de recherches universitaires et il est extrêmenemt bien documenté, avec toutes les sources.

    https://www.amazon.fr/Mensonges-fre...

    Le livre de Onfray ecrit bien après n’en est que le pale reflet destiné à cacher la vérité aux lecteurs.

    Les héritiers de Freud empêchent encore aujourd’hui l’édition des lettres de Freud tellement elles sont explosives.

     

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  • #1974643
    Le 28 mai à 09:14 par Auri
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    Freud est un pervers on ne peut plus banal et dont malheureusement on n’explique l’incroyable popularite que par une presence massive de ses semblables dans notre societe.

     

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  • #1974802
    Le 28 mai à 13:54 par Laurent Guyénot
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    Complément n°4 : Freud est initié au B’nai B’rith en septembre 1897, soit exactement au moment de son changement radical de théorie. On lit dans le résumé du livre Freud franc-maçon de Jean Fourton (lui-même membre du BB et du GOF), que Freud « est, à l’époque, un médecin isolé et dépressif, bridé dans sa carrière hospitalo-universitaire et dans ses recherches. C’est aussi, en cette fin du 19e siècle, un homme sans illusions : il estime que l’assimilation des Juifs n’est plus possible dans son pays, où se répand à nouveau un climat d’antisémitisme. » Il entre au BB, précise un autre auteur, Farbrice Lorin, « pour contrer son isolement et supporter le « fardeau de l’ostracisme ». Freud fut un membre très actif du BB : il ne manque aucune tenue les dix premières années, participe au Bureau exécutif de sa loge de Vienne, y présente souvent ses travaux avant de les publier, et prononce au minimum une intervention par an sur les orientations du BB. De 1900 à 1902, il est un recruteur très actif et contribue à fonder une seconde loge à Vienne.
    D’où l’hypothèse raisonnable que l’invention de sa théorie de la sexualité infantile est liée aux buts du B’nai B’rith. Quant à savoir quel est ce but, peut-être Freud lui-même l’a-t-il indiqué lorsque, en septembre 1909, invité à donner une série de conférences aux USA, il fit à quelques disciples cette confidence célèbre : « Ils ne savent pas que nous leur apportons la peste » (cité dans James Jackson Putnam, L’Introduction de la psychanalyse aux Etats-Unis, Gallimard, 1978)
    Sources :
    http://freudfrancmacon.com/medias/L...
    https://www.psychiatriemed.com/text...
    https://www.bbfrance.org/Freud-1856...

     

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    • #1975014
      Le 28 mai à 20:49 par H.M.
      Freud et l’inceste : une histoire juive

      Hi hi hi... Il lui manquait plus que ça, au Sigmund ! Franc-mac ? Non... Du B’naih B’rith ? Oh, la honte...
      Il manque plus que socialiste et pédophile, et c’est le strike !

       
  • #1974907
    Le 28 mai à 17:21 par Athena
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    Les ouvrages de Philip Roth, qui vient de décéder, sembleraient bien confirmer la thèse !

     

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  • #1975332
    Le 29 mai à 11:35 par Psychologue2018
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    Cet article est très intéressant toutefois quelques documentations gagneraient à être ajoutées. Tout d’abord la notion de névrose post traumatique (évoquée dans la vidéo sans citer Freud qui pour le coup à inventé cette théorie) : il s’agit d’une étude réalisée sur la fin de l’oeuvre de Freud. Un événement violent (il étudie la guerre mais valable aussi pour un viol) peut dépasser les capacités de traitement cognitif de l’information et déclencher des troubles ou pathologie. C’est à dire que si la charge émotionnelle (l’affect en terme psy) est trop importante et risque de détruire une partie des représentations que nous nous sommes construit au fil de notre vie, pour se protéger le cerveau refuse d’enregistrer l’information. Il peut alors choisir de faire revivre la scène jusqu’à ce quelle perde en charge affective ou bien choisir le refoulement (non exhaustif). Le refoulement peut tenir des années et un jour une stimulation quelquonque va faire un lien neuronal avec le souvenir refoulé et libérer le vécu traumatique qui avait été oublié. Freud a beaucoup travaillé la dessus et c’est ce qu’on retrouve dans la vidéo. Une violence sexuelle va donc provoquer une névrose post traumatique. Celle-ci peut s’exprimer de diverses manières comme par exemple par une névrose hystérique ou bien une névrose obsessionnelle. Les symptômes seront différents chez chaque individu. De plus il est important de rappeler qu’au début de l’oeuvre de Freud le contexte social était à une libération des moeurs, ce qui renforce l’explication données quant au refus de sa théorie et la prépondérance de symptômes mettant en jeu la sexualité. Plusieurs auteurs ont étudié la variation d’une pathologie psychique en fonction du contexte social mais cela pourrait faire l’objet d’un article à lui seul.

     

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  • #1975334
    Le 29 mai à 11:44 par Psychologue2018
    Freud et l’inceste : une histoire juive

    (Suite de mon premier commentaire) Pour en revenir à la corrélation entre viol/inceste et hystérie, il ne faut pas négliger que certaines personnes seront très impacter par le vécu psychique de leur viol et pour d’autre cela sera beaucoup moins perceptible. Il faut donc faire attention à ne pas tomber dans le versant opposé qui affirme que s’il n’y a pas de pathologie psychique il n’y a pas eu violence. Ou que toute personne ayant une névrose post traumatique a subit des violences importantes. Je m’explique : la notion de violence évolue avec le développement des capacités de traitement de l’information de l’enfant , pour un nourrisson un retard important dans le nourrissage peut être vécu comme violent tandis qu’à 2ans ce ne sera plus le cas. Et à 2 ans être témoin de certaines scènes d’intimité parentale n’est pas analysable par le cerveau de l’enfant et peut faire traumatisme, scène qui n’aura pas le même effet à 5 ans. Etc. Cela dépend du développement individuel donc ne peut pas être généralisé mais on voit par ces exemples que des maltraitances de type "faits divers" peuvent avoir le même poids qu’un acte d’agression, selon l’âge et les capacités de la victime. Pour conclure ne limitons pas la psychanalyse à Freud car Lacan par exemple a lui aussi développé des théories qui méritent de s’y attarder et qui de plus ne se situent pas dans le même contexte socioculturel.

     

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