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La controverse Marx-Proudhon : drapeau rouge contre Gilets jaunes ?

La parution récente chez Kontre Kulture d’un ouvrage double, réunissant Philosophie de la Misère de Proudhon et Misère de la Philosophie de Marx permet de revenir sur une des polémiques les plus importantes de la modernité politique. Datant de 1846, elle sera déterminante dans la constitution de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT) à Londres, moins de 20 ans plus tard.

 

En première approche, partons du paradoxe : l’anonymat à peu près complet de la personne de Pierre-Joseph Proudhon dans la population française, contrastant avec le succès indéniable de ses idées (localisme, coopérative, réformisme bancaire…), au moins auprès de ceux intéressés à la résolution de la question sociale. L’époque est « proudhonienne ». Soit. Mais si malgré le proudhonisme ambiant le mouvement des Gilets jaunes a fini dans une impasse théorique et politique, ne serait-il pas délétère voire contre-productif de vouloir plus de proudhonisme ? Lorsque le remède ne fonctionne pas, augmente-t-on la dose ? Présent sur les ronds-points dès novembre 2018, j’ai pu constater dès le début du mouvement les effets négatifs et dévastateurs de l’idéologie écolo, anti-consommation et anti-étatiste.

Ce serait une erreur de croire à la possibilité pour les Gilets jaunes de sortir de l’impasse politique et théorique devant laquelle s’est trouvé le mouvement en réinvestissant la pensée de Proudhon. Il semble que malgré l’intérêt très légitime qu’il faut porter au génial et original penseur franc-comtois, c’est un retour urgent au mordant penseur allemand qui donnera les armes pour résoudre la question sociale actuelle. Comme Proudhon jadis, nous aussi avons besoin d’une bonne leçon de la part de Marx. Sur la production, sur le politique.

 

La production

L’auteur de Philosophie de la misère imagine une société de petits producteurs en relation harmonieuse. Il n’y a rien de la lubie ou du caprice dans la réfutation que fait Marx de cette invention. Pour le dire de manière très « dégrossie », Marx, génial penseur du matérialisme historique, adresse en substance cette critique à Proudhon : ton monde harmonieux de petits paysans et d’artisans ruraux propriétaires de leurs moyens de production arrive…trop tard ! C’est un rêve objectivement dépassé par l’évolution des forces productives (science, techniques, outils…) et la constitution massive de prolétaires urbains consécutive à l’écroulement du mode de production féodal.

Nulle morbidité donc dans l’intérêt que Marx porte aux ouvriers d’industrie moderne, il ne fait qu’étudier les transformations objectives du mode de production. Nulle possibilité d’une société équilibrée et juste à la campagne dans le mode de production capitaliste qui a…détruit la campagne en la vidant de ses producteurs propriétaires de leur outil de travail. Ceci, Marx le voyait alors que Proudhon n’envisageait les concepts (Justice, Équité, Morale…) que comme des essences indépassables indépendantes du processus historique.

Et ici notre erreur serait de croire qu’aujourd’hui, avec la désindustrialisation massive, la pollution dans les villes, les bouchons, les chemtrails… les Français retrouveraient leur vieille aspiration paysanne saine et durable ! Qu’ils réinvestiraient les campagnes pour enfin y réaliser le rêve proudhonien… Car nous voici en plein cœur de l’idéologie écolo-bobo-néotradi actuelle qui a trompé les Gilets jaunes. Du local, du raisonné, du bio ! Mais sans comprendre que cette aspiration localiste, au small is beautiful, au « point trop n’en faut », n’est possible que parce que des siècles d’accumulation du travail ont permis en amont la socialisation des conditions d’existence (énergie, médecine, armée/police, transport/communication, droit…) et ont réglé le problème (pour combien de temps encore ?) de sa reproduction.

Pour le dire de manière plus pragmatique : j’aime le local enraciné tant que j’ai un CHU ultra moderne proche de mon potager ou un supermarché en cas de récolte ratée. Alors seulement, je peux dialectiquement apprécier les plaisirs du « fait maison ». Comme un surplus, la distinction chère aux bourgeois. Au Moyen Âge, quand le « local » est l’unique horizon, c’est famine et épidémie. Sur les ronds-points je ne pouvais d’ailleurs m’empêcher de remarquer ce paradoxe : des hommes et des femmes descendus dans la rue révoltés par la précarité qu’ils subissaient expliquaient mot pour mot qu’« on consomme trop » !

 

Réalisme politique

Je passe sur la présentation souvent faite d’un Marx, sorte de rabbin-magicien mystifiant les foules de prolétaires ébahis et leur promettant un néo paradis terrestre dénué de contradictions. D’abord, qu’on me prouve par les textes l’importance de ces thématiques dans l’œuvre du penseur rhénan. Ensuite, qu’on me propose un exemple d’initiative plus concrète, plus politique, plus pragmatique, que la formation en plein cœur du XIXe siècle industriel d’une Association Internationale des Travailleurs. Et munie d’un programme s’il vous plaît : le Manifeste.

Le socialisme proudhonien lui n’a pas eu la malchance de voir ses idées réalisées par une expérience politique concrète. L’union actuelle de l’extrême droite, des libéraux et des gauchistes (soit en langage politique le néo-conservatisme) pour cracher sur la tombe du socialisme réel est fort cocasse. Quel échec ! Quelle preuve éclatante ! Le totalitarisme c’est mal et il a été terrassé ! À bas l’État totalitaire ! Vive la liberté !

Les deux principales puissances qui résistent aujourd’hui au Nouvel Ordre mondial sont indéniablement la Russie et la Chine. L’une fut communiste pendant 70 ans et est actuellement dirigée par un ex membre du KGB. L’autre fonctionne avec un comité central et malgré des ajustements conséquents à l’économies de marché, continue de se dire guidée par le marxisme-léninisme (voir la Résolution du XIXeme congrès national du Parti communiste chinois d’octobre 2017). Quant à l’angoissante, l’immorale, la totalitaire « dictature du prolétariat », elle n’est que la réponse méritée de la dictature du capital (qui elle ne semble pas effrayer grand monde malgré ses méfaits).

Les défis scientifiques, techniques, sociaux du monde contemporain auraient-ils pu être relevés avec le proudhonisme ? Il semble qu’à la désindustrialisation opérée par le capital à partir des années 70 et du tournant de la crise dans laquelle nous nous empêtrons encore, doit répondre le combat pour la réindustrialisation. Et non pour la « sobriété heureuse » chère à Pierre Rabhi, qui en est l’acceptation et le marketing.

 

Revenir à Marx

Ce serait se fourvoyer que d’imaginer une opposition entre un Karl Marx plein d’utopies messianiques et de projets kabbalistico-eschatologiques et un Pierre-Joseph Proudhon sérieux, réaliste, enraciné, misogyne et même antisémite victime d’une injuste polémique ourdie par le penseur ashkénaze. Au-delà des « écarts de tempérament » des deux penseurs, force est de constater que contrairement aux apparences, c’est Pierre-Joseph Proudhon qui à l’instar de beaucoup de Gilets jaunes, nage en pleine utopie. Quant à passer Karl Marx au crible de la critique ethno-confessionnelle, je suggère simplement à ceux qui s’y aventure la lecture de La Question juive de 1843, dont certains passages vaudraient un an de prison par page en notre époque bénie de philosémitisme.

Si Marx a indéniablement plusieurs facettes comme cela a été souvent mis en avant, sa pensée a surtout évolué et connu plusieurs périodes. L’auteur du Capital n’est plus celui des Manuscrits de 44 et le jeune Marx disciple de Feuerbach, pas encore le poids lourd de la pensée qui fait marcher la dialectique hégélienne sur ses pieds. Si le marxisme doit être découplé de quelque chose, ce serait plutôt de ses acceptions structuralistes et gauchistes (soit celle d’Althusser et des freudo-marxistes) qui ont fini par avoir sa peau dans les années 70 à l’université où l’hégéliano-marxisme n’a quasiment jamais eu droit de cité.

René Perriot

 

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  • Les défis scientifiques, techniques, sociaux du monde contemporain auraient-ils pu être relevés avec le proudhonisme ?




    c’est la seule question importante : la réponse est non et c’est tant mieux. rien à foutre des défis, faut arrêter avec ce progressisme débile. Le rédacteur de cet article a oublié la révolution bolchévique et comment elle a logiquement terminé c’est du marxisme parfaitement appliqué : tout à la baston, un état totalitaire qui t’arrache la gueule pour ton bien (parce que c’est une avant garde autoproclamée du prolétariat qui pense et agit pour toi). quant à la soi disante dérive du marxisme (freudisme et structuralisme) elle est parfaitement raisonnée et logique puisque c’est inscrit dans ses gènes : c’est l’école de Franckfort le glissement dialectique qui suit l’echec du bolchévisme stalinien. le précurseur idéologique de cette école est georges Lukacs : stalinien repenti (?) mais hégélien farouche. il n’y a pas deux marxismes, mais un marxisme qui évolue (et c’est toujours pour le pire : propagande, triomphe des minorités, ingéniérie sociale behaviourisme normatif en psychologie, tout se relie).
    les GJs ne se sont pas planté parce qu’ils étaient proudhoniens plutôt que marxistes (ha ha ha) mais parce qu’ils n’ont pas osé prendre le pouvoir quand la fenêtre s’est ouverte un court moment.

     

    • Le prolétariat NE VEUT PAS le pouvoir.
      Seuls les aliénés comme Trosky et Hitler veulent le pouvoir.

      Le prolétariat veut vivre la vraie vie humaine, sans état, sans marchandise, sans salariat et sans argent.

      En QUOI un ouvrier nazi était il différemment loti qu’un ouvrier soviétique ?
      La voila, l’imposture du bolchevisme ET du nazisme : réformer le capitalisme en capitalisme d’état

      Ce qu’il y a de bien avec TOUTES les impostures, c’est qu’elles se terminent un jour.
      Le capitalisme d’état soviétique est mort.
      Le capitalisme semi étatique nazi est mort.

      Bientôt le capitalisme TOUT COURT sera mort.
      Et avec lui les gauchistes ET les droitards réformistes sponsorisés.

      Vive les gaulois réfractaires du Christ contre les marchands du temple capitalistes réformistes !



  • Quant à l’angoissante, l’immorale, la totalitaire « dictature du prolétariat », elle n’est que la réponse méritée de la dictature du capital (qui elle ne semble pas effrayer grand monde malgré ses méfaits).




    hé hé, le problème c’est que cette dictature a surtout flingué son propre peuple plutôt que ses ennemis qui ne se sont jamais porté aussi bien. les victimes du bolchevisme de Lénine trotsky ou Staline ce sont à 99% des petites gens, pas des vilains capitalistes (l’URSS a toujours bien sagement remboursé ses emprunts).

     

    • @paramesh
      ...à 99% des petites gens catholiques orthodoxes.
      Les deux ennemis identifiés de l’époque étaient :
      - les nationalismes ;
      - les religions (et donc, par conséquent, le christianisme orthodoxe)...

      Bon les gars d’E&R, plus généralement, un "mandonné" entre Proudhon et Marx va falloir choisir...
      Pour faire le lien entre la dernière intervenir d’A.S. consistant à désigner clairement l’ennemi, il va bien falloir désigné clairement l’ami !
      Sinon, les bonnes volontés vont finir par l’épuiser...


    • Le peuple victime de Staline ? Non propagande mondialiste. Mettre Trotsky et Staline dans le même sac, c’est de l’inculture et/ou de la soumission à la propagande mondialiste. Le peuple russe dans son ensemble a toujours été fier de Staline. Les nationalistes français se sont toujours lourdement trompés à son sujet lobotomisés par la propagande occidentale (soljenitsyne) qui l’a d’ailleurs considéré comme un antisémite. Poutine a toujours défendu le patriote Staline qui a fait de son pays une grande puissance.


    • @mougeon dissident
      Staline à découvert le patriotisme en 1942 en constatant la déconfiture de l’armée rouge...
      L’expression mère-patrie revenait après plusieurs décennies d’oubli !
      Quant à Trotsky, les banquiers de Wall-Street vous en parlerai mieux que moi...


    • @yul Arrêtez de répéter bétement la propagande occidentale. Faites marcher votre cerveau. Jamais Staline n’aurait pu mobiliser son peuple et vaincre la meilleure armée du monde si ce dernier ne l’estimait pas un minimum (en comparaison c’est un peu pareil aujourd’hui avec Bachar). Pour gagner une guerre, il faut avoir une confiance totale en son chef, c’est la base. Et je ne parle même pas de la propagande qui stipule que des chefs tiraient sur leurs soldats qui ne voulaient pas avancer au front... Du pur délire, en tant qu’ancien militaire, je peux te dire que ce serait plutôt l’inverse qui pourrait se passer si le chef s’avérait être un tortionnaire incompétent. Bref, on peut critiquer le régime (surtout si on est un bourgeois) mais j’affirme que la majorité du peuple aimait Staline, rien ne me fera changer d’avis à ce sujet.



    • mais j’affirme que la majorité du peuple aimait Staline, rien ne me fera changer d’avis à ce sujet.




      oui oui et 66% des français ont voté Macron et beaucoup revoteront pour lui. et oui tu oublies la propagande qui produit le mouton.
      D’ailleurs on ne parle pas de la personnalité préférée des soviétiques mais de la réalité des purges et "assainissements" contre la population
      Enfin vouloir faire passer un Soljenitsyne pour un libéral ouille ouille ouille ça pique.


    • @Mougeon dissident
      Le volte face de Staline n’est pas de la propagande.
      Regarde l’histoire de l’Ukraine avant la deuxième GM, la derussification de l’Ukraine à été organisée par Staline.
      Le martyre du peuple ukrainien démontre bien cette duplicité, mais elle est généralement passée sous silence en raison du rôle de la communauté invisible


    • @mougeon dissident
      Prenez connaissance du rôle des commissaires politiques dans l’armée rouge... et plus généralement du rôle des apparatchiks vis-à-vis du reste de la population.
      Je suis russophile... mais pas très friand de cette période soviétique à connotation communautaire !


  • Une seule question à l’auteur qui d’ailleurs ne demande aucune réponse :
    Et pourquoi donc connaissons-nous tous Marx (allemand et juif) et que Proudhon (français, catholique) ne dit plus rien à personne ?

     

  • Magnifique article !
    Sans pour autant jeter à la poubelle Proudhon qui reste un penseur puissant, cet article remet à leur place tous ces antimarxistes primaires qui ne font que relayer le discours des Glucksman, BHL, néoconservateurs américains, etc... pour faire couler le PC de Marchais et le contrepoids à l’Empire néolibéral qu’étaient l’URSS et les démocraties populaires. J’y retrouve la fine analyse de Monsieur Soral, que malheureusement beaucoup de patriote (sincères au demeurant) devraient réécouter et mieux comprendre, parce que jeter Marx sous prétexte qu’il est juif et que l’Europe de l’Est c’était pas gentil et pas bien (raisonnement digne d’un J.M.Apathique ou de Patrick liste noire Cohen) cela me parait très léger...

     

  • On se doute bien que les marxiens, Marx autrement, et tenants de la modernité de Marx ne lâcheront jamais l’affaire.

    Marx a tort quand il découvre le matérialisme, qui est une pure contre-initiation, tort pour avoir confondu un angle de narration - la lutte des classes - avec la découverte du moteur unique de l’histoire, ce qui le ferme à toute autre modalité de pensée.
    Il a encore tort quand il fait des petits calculs pour voir comment le capital s’accumule, parce qu’il croira toute sa vie que la valeur est une chose tangible et pas une convention sociale.
    Il a tort comme classique, qui ne sait rien de l’épargne, des stocks et de la manière réelle dont on comptabilise la valeur. Qui voit dans toute baisse de prix comme les soldes l’écroulement définitif de la phase capitaliste de l’histoire, le taux de profit étant effondré pour toujours. Qui croit que les machines ne permettent pas de faire de profit (la productivité est le drame des industriels c’est bien connu).

    A croire que personne n’a rien pensé d’intéressant depuis.

     

    • Prenez au moins le temps de développer en quelques phrases chacun de vos "il a tort", quitte à poster trois commentaires.
      Contre-initiation ? Angle de narration-matérialisme historique ?
      Marx n’étant pas au courant que la valeur est une convention sociale, vous blaguez :) ?
      Marx croit que les machines ne permettent pas de faire de profit ?
      Quand au Marx dans son impatience narcissique (pour faire du Cousin), voyant l’écroulement du capitalisme, ben oui, il s’est planté, il devait être humain finalement.

      En tout cas l’histoire des commentaires d’ER retiendra à tout jamais cette glorieuse citation :

      "Il a encore tort quand il fait des petits calculs pour voir comment le capital s’accumule"
      Mike, 36ième jour de l’an 1 du confinement


    • Il va falloir lire un minimum, avant de faire tes anaphores "Marx a tort"...
      Tu n’as pas lu, ou pas bien compris Marx.


    • Je ne suis pas Marxiste, loin de là. Mais je l’ai lu attentivement.
      Et sa définition de la valeur est valide. Il distingue la valeur intrinsèque d’un kilo de blé par exemple et qui là n’est pas une convention sociale, d’un kilo d’or qui en est clairement une.
      Il distingue aussi le principe de valeur ajoutée, la valeur d’un kilo de farine étant supérieure à celle d’un kilo de blé en raison du travail humain investi dans sa transformation.

      Là où vous avez raison, et c’est l’incohérence de Marx, c’est de vouloir une société de l’être radicale, mais basée sur une conception du monde radicalement matérialiste.


  • Le système capitaliste induit la rhétorique utopiste, finalement tout ce qui ne valorise pas le capital est utopiste.
    On peut penser à Michéa. Suite aux guerres de religions, la double pensée libérale fleurit sur la philosophie de Hobbes (l’homme est un loup pour l’homme), le marché nous sauve de l’humanité par essence mauvaise et le contentement des intérêts égoïstes des protagonistes assure la bonne entente (main invisible).
    Le triomphe libéral, s’incarnant logiquement dans l’évolution du capitalisme, semble utiliser la même rhétorique, invalidant d’entrée de jeu tout alternative à la marchandise.

    Partant de ce constat, il est dur de qualifier quelle utopie est la plus utopiste entre les deux auteurs dans une perspective contemporaine au vu du matraquage idéologique qui n’a cessé de suivre le marché.

    Mon point de vue là dessus, au stade où j’en suis et en gardant bien en tête que les petites "opinions" personnelles ne sont pas gage de solution collective, finir ma vie en me disant qu’échanger ma force de travail et ma production de valeur pour pouvoir simplement vivre en société me semble être d’une tristesse anti-humaine.
    Nos relations avec les êtres que l’on affectionne sont gratuite, dans un rapport de don contre-don.
    Regarder n’importe quelle bande de copains dans un bistro et les disputes entre ceux qui veulent absolument offrir un coup, les relations familiales où l’argent n’a pas lieu d’être.
    Peut-être est-ce un confort de petit bourgeois qui nous est accessible en 2020 comme le dit l’auteur.

    Puis de l’autre côté, le pouvoir s’exerce et sera de plus en plus violent.
    Dur d’imaginer lutter contre l’Empire en montant des coopératives communales.

    Qu’est-ce qui fera le basculement, où la police et l’armée seront en conscience de leur statut de prolo ?
    La perspective d’une communauté universelle face à un système insoutenable ? Ou la foi en la nation et à la culture historique de la patrie ?

    Alain Soral soulignait dans une vidéo (1001 vie je crois) qu’avant d’arriver à un socialisme universel, aimer son pays serait un bon début.
    Le national comme première étape ou finalité ?


  • Je préfère dans l’ordre :
    1-anarchisme (Proudhon)
    2-capitalisme (amazon)
    3-communisme. (Marx)

     

  • C’est article est revelateur d’une situation sérieuse.
    C’est comme si commençait à se dessiner une ligne de fracture dans la dissidence entre les rouges et les gilets jaunes. Pour ma part, je rattache les gilets jaunes au refus du pouvoir, à l’aspiration d’un monde moins hierarchisé. Le communisme est quant-à lui dans l’entretien du vertical mais avec un horizontal moins inégalitaire. J’ai comme l’impression que le communisme est l’ami du capitalisme, pour empêcher les peuples de détruite les oligarques, ce qui explique pourquoi les communistes espagnols tiraient sur les anarchistes avant de tirer sur les franquistes. C’est flippant en fait....

     

    • Tout comme certains se disent bienfaiteurs sans l’être, certains se disent communistes sans l’être. Le communisme étant une prise de position politique ayant pour destination l’abolition du politique, L’URSS ne fut pas capitaliste. C’est là une des grandes croyances à faire tomber : le communisme urssien ne fut qu’un capitalisme déguisé en communisme, une sorte de pédophile déguisé en protecteur des enfants. Le communisme ne peut pas être ce que le capitalisme dit qu’il est, il est moyen d’émancipation humaine du salariat, grand temple de la prostitution, de l’Argent, puissance aliénée et aliénante du monde, et de l’État Institution aux rouages faisant pâlir les dites plus grandes mafias de l’histoire humaine. Cessons d’avoir peur de voir la réalité en face, voyons que le communisme, communionisme, est le seul pôle véritablement antagoniste au capitalisme, à l’Empire de l’oppression marchande.


  • Très bien cet article, en écho selon moi à celui de Damien Viguier sur Etienne Chouard, la Constitution et les GJ.
    L’auteur ne va pas assez loin pour moi, car le marxisme-léninisme n’a jamais cherché à abolir l’Argent (avec un grand A comme disait de Gaulle), empêche sans doute actuellement les jeunes et les GJ de s’intéresser sérieusement à Marx. Lénine est en fait une espèce de Proudhon des steppes, le goulag en plus et l’artisanat jurassien en moins.

    Merci en tout cas à E et R pour cette qualité du débat, et de m’avoir fait découvrir vraiment Marx, grâce à Francis Cousin notamment.


  • On pourrait dire la même chose de Tierry Casanova, et c’est quoi le pire, vivre à la campagne loin des supers-marchés et être moqué par les citadins ou être ce citadin qui passe son temps à se droguer, à jouer aux jeux vidéo pour s’oublier et à faire des séjours fréquent en hôpital psychiatrique, à se branler sur youporn, etc etc

    Encore un mensonge sur le moyen-âge, ou sois disant il y’avait des famines et des maladies tout le temps

    Faut pas se mentir, les seules choses belles c’est les vieilles maisons à la campagne et les vieilles villes, le reste est à gerber, on vit dans un monde impossible et je vois pas pourquoi on devrait dire merci au progrès

     

    • je rejoins ton constat Sam. Et je suis bien content de trouver un autre fervent partisan des vielles pierres. Est il possible de refuter en bloc cette societe hideuse dans laquelle nous vivons, sans pour autant, se faire traiter de ceci ou cela.
      En tous les cas, c’est la 1ere fois que j’ecris ici et je souhaite rencontrer des batisseurs en herbe ou experimentes qui souhaitraient creer a nouveau de la beaute. Je suis par ailleurs partisan d’une construction qui, dans la mesure du possible, se fait a plusieurs et sans electrecite.


  • Franchement, il suffit de ne rien lire, d’user de son bon sens et d’accepter que l’humain, parce que grégaire, doit, pour vivre en paix avec ses semblables, disposer ni plus ni moins de ce qu’ils disposent. Seul la mise en commun des moyens de productions peut permettre de parvenir à ce but. Autrement, l’homme reste un loup pour l’homme, et la survie du plus fort (le modèle et le rêve américains reposenr sur la théoprie du "survival of the fittest") conduit inéluctablement vers la guerre ... dans toutes ses acceptions. Pour exemple, mon voisin, qui fait 1,90 m de muscles pourrait entrer chez moi, me tuer et me voler tous mes biens, femme et enfants compris. Heureusement, il y a des lois, mais ces lois ne concernent que les plus forts. On le constate tous les jours à l’ONU, où seuls les 5 membres du Conseil de sécurité ont droit de décision sur les 187 autres membres d’une assemblée qui se dit "démocratique" ! L’homme survivra par le communisme ou mourra par le capitalisme. Il n’y a pas d’économie politique intermédiaire !


  • #2442645

    Il fût un temps dans notre jeunesse où nous étions nombreux des idôlateurs de Marx .
    E.R. m’a fait découvrir Proudhon. Merci Alain , merci Laurent .
    Tout d’abord comme princept primordial agissons de la manière " tu vois le brin de paille dans l’oeil de ton proche mais ne voit pas la poutre dans ton proche oeil".
    Revenons donc à un peu de pragmatisme et arrêtons donc ce blablabla-isme interminable qui nous fige la pensée.
    Le débat est extrèmement passionnant mais gardons nous de s’entrequereller .
    Où en est-on chers camarades après 104 ans d’Octobre 1916 de ce fameux Déterminisme Historique si cher à Marx ? , du Socialisme Scientifique (sic) étape primordiale vers ce promis triomphe historique et inéluctable d’un communisme égalitaire éradiquant les inégalités sociales ? .
    Comment ce fait-t-il que Marx se retrouvent avec les 40 paires de sa communauté
    (la bande des 40) à Londres après l’échec de sa Révolution (coup d’état) en Allemagne ? . Relisons attentivement sa lettre à Engels concernant la primauté allemande de la lutte universelle des travailleurs.
    Des 23 membres en URSS du 1er Politburo , 17 étaient de la communauté sélectionnée , n’est ce pas un peu bizarre pour vous ? voir les rapports des ambassadeurs occidentaux de l’époque à St Petersbourg .
    Le "Camarade Staline, petit ami des peuples" a indiscutablement piloté le triomphe sur le Nationalsocialisme Racialiste Allemand au prix de 20 millions de martyrs Russes , mais n’oublions pas ses massacres en Ukraine (6 millions) lors de la collectivisation des années 30. N’était ce pas Wallstreet derrière le programme Lansome lui permettant de mettre debout son industrie militaire
    Les Aparatchiks de l’Etat en URSS avaient leurs magasins spéciaux et ne faisaient jamais la queue devant les magasins où des files interminables de "travailleurs" faisaient la queue pour quelques bananes ou quelques oranges comme me l’on si bien rapporté ceux ayant fait leurs études supérieures en URSS, imaginez vous un instant des magasins à Paris dans lesquels n’entreraient que les potes de Macron et ceux de son système ?.
    Depuis la fameuse Révolution d’Octobre qu’on attend cette égalité planétaire !
    Comment Lénine dans un train sous scellé et avec un trésor d’or aurait pût partir de la Suisse sans l’aval de la finance internationale vers l’Allemagne (en guerre à l’époque avec la Russie) puis vers le Danemark , la Suède , la Finlande puis Petersbourg où il fomonta sa fameuse Révolution Coup d’Etat de 1916 ?

     

    • Si, déjà, dés le départ, tu commences à te tromper d’un an, c’est mal parti Camarade Achab...
      1916, c’est la bataille de la Somme.
      1917, la Révolution Russe, à laquelle tu fais référence.
      Si tu es incapable de dater correctement cette période, ô combien si importante, quand on veut faire de l’anticommunisme, tu n’es pas crédible pour le reste de ton argumentation.


    • @Gyl
      Dans un argumentaire ou tu identifies 100 problèmes si tu te trompes sur 1 seul, ton argumentaire est faux ?
      Je ne voudrais pas être insultant, mais cela ressemble à la façon qu’à une certaine communauté pour discréditer toute attaque...


  • Enfin ! Voilà un situationniste du réel et pas un "situ de l’histoire" à la Francis Cousin ( c’est bien l’histoire des idées, mais il faut qu’elles se déploient ) ! Merci


  • Comment Marx a-t-il été incapable de prévoir que le communisme allait fatalement amené à la création d’une nouvelle classe d’oppresseur : les
    bureaucrates ? Cela révèle d’une ignorance confondante de l’animal humain et de son instinct de domination.
    L’étatisme n’est jamais que la résultante à travers l’histoire de l’absolutisme fossoyeur de la féodalité chrétienne, de la création de la fausse noblesse de robe via la vénalité des charges, de la militarisation de l’économie au profit d’une seconde classe bourgeoise non marchande : les hommes d’état.
    Nationalisme et Mondialisme sont les deux faces d’une même médaille bourgeoise. Seul le Moyen-âge chrétien a durant ses premiers siècles sut créer une société un tant soit peu harmonieuse (noblesse d’épée, église, peuple) . Depuis, c’est le règne de la bourgeoisie, marchande ou d’Etat, lesquelles se font une guerre fratricide dont un chrétien n’a rien à attendre.
    Priez Jésus et Marie, efforcez-vous d’appliquer vraiment l’évangile dans vos vies, et dans votre sphère la plus proche et non pas en croyant révolutionner ce monde. Les temps derniers s’accompliront comme cela a été écrit avec le règne des robots, à moins que nos prières hâte la venue de notre unique Sauveur.
    Fraternité à tous

     

    • Merci à tout ceux qui pensent que leur travail peut aider les autres.
      J’ai suivi les différents interprétations de l histoire entre Proudhon et Marx mais pas saisi clairement ce que le premier avait négligé et pas le second.
      Ceux qui ont fait le travail de lecture ne peuvent ils pas faire une synthèse en soulignant cela ? Ou peut être cela est déjà disponible en ligne ?


    • Marx a une vision purement économique des classes sociales ce qui fait qu’il ne peut pas appliquer sa théorie sur la sociologie sans créer de nouveaux concepts plus adaptés aux réalités sociologiques. ce sont donc des intellectuels marxistes le plus souvent sociologues qui ont inventé le structuralisme pour combler cette carence conceptuelle. Marx ne pouvait pas prévoir l’apparition d’ une classe sociale nouvelle (les apparatchiks) puisqu’elle coïncide parfaitement avec la fameuse avant garde du prolétariat sensée n’être qu’un instrument politique puisque là on sort de l’économie pour rentrer dans le concret (le rapport au pouvoir dans le domaine de la sociologie et de la psychologie). Freud n’était pas marxiste mais tous les marxistes sont devenus freudiens parce que le freudisme validait la vision marxiste de la psychologie tout comme le structuralisme validait la vision marxiste de la sociologie. Proudhon n’a rien à voir avec toutes ces constructions théoriques, c’est un pragmatique à l’écoute du concret dont la pensée est fluctuante certains diront contradictoire en tous les cas en perpétuelle construction, un situationniste avant l’heure et sans tout ce barda idéologique


  • Quel abîme sépare ce texte d’une exemplaire justesse et clarté de la majorité des commentaires qui exhibent une pitoyable indigence de pensée . Le premier pense les autres jacassent . Quand l auteur cite la déformation structuraliste du marxisme ça nous remet en mémoire les formidables débats théoriques de cette époque révolue comparés au niveau intellectuel de la nôtre. Oui , revenir à Marx !

     

    • parles pour toi, le débat entre structuralisme et marxisme n’a jamais eu lieu puisque que le structuralisme est une solution pratique de sociologues marxistes confrontés à une doxa qui excluait toute permanence non dialectique dans les activités humaines et donc toute analyse sérieuse en sciences humaines : exemple matri et patrilinéarité, deux structures non opposables dialectiquement il n’y a pas de passage dialectique de l’une à l’autre mais une conception organique du problème.
      ce texte est partial et Marx n’est qu’un des protagonistes du débat. la théorie politique marxiste n’a réussi dans le concret qu’à produire un capitalisme d’état fondé sur un état totalitaire et donc n’a fait qu’empirer les choses, du coup on a non seulement le capital mais en plus l’état sur le dos (que l’on vive dans un ex état communiste ou un état libéral : marxisme politique et libéralisme vont de paire, cela nous donne le néolibéralisme : un état de plus en plus dictatorial avec un capitalisme qui socialise les dettes : bravo Marx.


  • Le but de commenter est de s’entraider il me semble. En matière de politique les explications de Moeller Van Den Bruck m’ont permis d’y voir clair. Dans son livre que je recommande vivement, Le Troisième Reich, à ne pas confondre avec celui d’Hitler qui lui a volé le titre en quelque sorte, il déploie une vision claire de ce qu’est le socialisme -Marx y est décrypté !-, la révolution, le libéralisme, la démocratie, le prolétariat, la réaction, le conservatisme. C’est son explication qui me permet de relier ce que j’observe au niveau du spirituel, c’est à dire la Loi des Affinités se réalisant par les corporations. Autrement dit, non pas une lutte des classes en les hiérarchisant, mais une collaboration des classes les unes à côté des autres ! Actuellement nous pouvons voir à quel point nous avons également besoin des caissières, des livreurs etc.


  • "Pour M. Bakounine, la doctrine (son fatras mendigoté chez Proudhon, Saint-Simon, etc.) était et est toujours chose accessoire — simple moyen de se faire personnellement valoir. Si comme théoricien il est zéro, comme intrigant il est dans son élément."

    Lettre à F. Bolte – Karl Marx
    Londres, le 23 novembre 1871

    A méditer

     

  • Marx ne propose rien tandis que Proudhon une société alternative par le fédéralisme
    Si seulement les gilets jaunes avaient pu se fédéraliser mais il n’en est rien sans l’éducation populaire inexistante dans notre pays depuis la dissolution du ministere de l’éducation populaire à l’époque des années 50 de malraux et de
    sa clique de bras cassés !

     

    • Marx propose la dictature du prolétariat dont le bolchévisme léniniste est l’application pratique :
      dictature fondée sur un parti unique avec une ligne unique et servie par une vision totalitaire de l’état. dictature prévue pour ne durer que jusqu’à ce que l’état disparaisse de lui même en enfantant le communisme sans état et sans argent (on l’a attendu longtemps depuis 1917 ce communisme idéal). le marxisme est donc une vision politique élitiste (l’avant garde auto proclamée du prolétariat) où une minorité agissante et toute puissante impose de force sa vision des choses. ce qui n’est pas révolutionnaire (dans la doxa) est contre révolutionnaire et doit être ANIHILE par tous les moyens : le marxisme politique est mortifère au moins autant que le capitalisme.


    • à paramesh,

      Marx ne "propose" pas la dictature du prolétariat, c’est selon lui la destination de la lutte des classes. En cela ce n’est pas un programme qu’il faudrait appliquer mais une nécessité historique qui adviendra. Ça n’a donc rien à voir avec le léninisme où une nouvelle classe dirigeante minoritaire doit prendre le pouvoir au nom du prolétariat pour pouvoir le guider. Ce sont deux choses différentes qui ne conduisent pas aux même résultat.


    • @ anonyme, cela s’appelle passer de la théorie à la pratique (Que faire ?)


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