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L’industrie agroalimentaire, partenaire officiel de la gastronomie mondialisée

AteliER
Article initialement publié dans l'atelier E&R

Depuis les récents scandales alimentaires, allant des lasagnes contenant du minerai de cheval déguisé en bœuf, aux tartes d’excréments d’Ikea, il serait intéressant de montrer les liens très étroits entre l’industrie agroalimentaire et la gastronomie, pour comprendre – comme l’a bien fait remarquer François Simon sur son blog – pourquoi on n’a pas entendu un seul grand chef s’exprimer sur ces sujets, mais aussi pourquoi leur discours culinaire n’est de toute façon pas en opposition avec celui de l’agroalimentaire, mais plutôt complémentaire.

L’industrie agroalimentaire comme vecteur de la gastronomie mondiale

1. Les guides culinaires

Les mêmes qui reprochaient hier, avec raison, au Michelin son élitisme, son manque d’ouverture sur les autres types de cuisines, son absence d’explications quand à ses choix de notations mais aussi le fait que ce dernier soit également le produit d’un fabriquant de pneumatiques dont le but a toujours été de promouvoir sa marque, sont ceux qui aujourd’hui s’émerveillent devant ce nouveau guide :The World’s 50 Best Restaurants, financé par le groupe Nestlé [1], qui se contente de noter seulement les cinquante meilleurs restaurants, en donnant encore moins d’explications que le Michelin – là où ce dernier faisait tout de même l’effort d’en répertorier des dizaines de milliers – et dont les vainqueurs pour le moment n’ont été que des cuisiniers utilisant des additifs issues de la gastronomie moléculaire !

2. Les salons et évènements culinaires

- La « semaine du goût » financée par le lobby du sucre [2].

- L’opération « Tous au Restaurant », montée par Alain Ducasse et dont deux des fournisseurs officiels ne sont autres que le groupe Unilever (qui ne veut fournir aucune garantie quand à l’utilisation d’OGM dans ses produits), mais aussi le groupe Lactalis (Président professionnel) [3].

- Le SIRHA (Salon mondial de la restauration et de l’hôtellerie) collectionne quand à lui à peu près tout ce que le circuit agroalimentaire peut produire de pire.

Il faut noter que se tiennent en marge du SIRHA deux grands événements : le Bocuse d’Or, sponsorisé par Nestlé, et le Sommet mondial de la gastronomie, où cette année ont été conviés pour parler de la restauration mondiale des grands chefs tels qu’Alain Ducasse, Joël Robuchon, Pierre Hermé et d’autres, tout aussi talentueux, mais aussi Carlo Petrini, président du mouvement Slow Food, Christine Lagarde que l’on ne présente plus, Franck Riboud, PDG de Danone, Dirk Van De Put, PDG du groupe Mc Cain, Olaf Koch, président directeur du groupe METRO, Bob O’ Brian du groupe NPD, mais surtout (cerise sur le gâteau) Jean-Pierre Petit, PDG de Mac Donald’s France !

Ne cherchez pas des petits producteurs ou des artisans, cela fait bien longtemps qu’on ne les consulte plus (puisque les grands chefs « parlent » maintenant en leur nom) [4].

- Emmanuel Rubin, co-auteur du Livre noir de la gastronomie, dans lequel il s’en prend aux chefs soumis aux diktats des géants de l’agroalimentaire, est aussi le co-fondateur du mouvement Fooding, dont le principal partenaire n’est autre que Nestlé (par l’intermédiaire de 3 marques : Haggen-Dazs, Nespresso et San Pellegrino) [5].

- Quand au magazine Omnivore, il organise ses « World Tour » avec l’aide de Danone, Lactalis, Nestlé, le Leaders Club (qui se définit comme un outil de veille et de promotion, une passerelle entre industriels et restauration avec effet de réseau), le CNIEL (lobby des produits laitiers), Unilever, et même une marque de soft drink du nom de Tumult, dont on découvre qu’elle est une marque déposée de The Coca Cola Company [6]…

- On peut rajouter aussi Madrid Fusion et Tokyo Taste, sponsorisés par des grands fabricants d’additifs. Cette liste est évidemment non exhaustive puisque on trouve l’industrie agroalimentaire dans quasiment tout ce qui touche aux salons culinaires [7]...

3. Les grands chefs, leurs entreprises et leurs associations

- Le groupe Alain Ducasse
Le cuisinier le plus emblématique de la gastronomie française, le chef Alain Ducasse, qui a abandonné sa nationalité il y a quelques années – celle-ci n’étant pas compatible avec la nationalité monégasque – est aussi depuis peu un adepte des dîners du Siècle. L’un des partenaires de son entreprise n’est autre que le géant Danone (Danone professionnel), sa filiale Châteaux et hôtels Collection est, elle, en partenariat avec le groupe Lactalis (Président professionnel) et son groupe travaille depuis peu en partenariat avec Sogeres (Sodexo) qui est aussi le propriétaire de son restaurant parisien dans la Tour Eiffel [8] .

- Marc Veyrat
Ce chef savoyard, qui a toujours dénoncé comme une « folie » les errances de l’agroalimentaire industriel, a récemment créé une fondation pour « lutter contre la criminalité culinaire ». Est-il vraiment le mieux placé pour parler de ce sujet, lui qui collectionne les partenaires de l’agroalimentaire tout autant que les macarons Michelin ? De la Sodexo, en passant par Pomona et récemment dans des publicités pour les jambons Madrange. Ajoutons qu’il a été condamné pour avoir essoré sa lingère. Cette dernière travaillait depuis 40 ans pour lui pour un salaire de 900 euros par mois (en fin de carrière) et presque 70 heures par semaine [9].

- Joël Robuchon
Franc-maçon affirmé (GLNF), membre, comme Alain Ducasse, du Club des Cent – une sorte de Club du Siècle de la bonne table, ou l’on rentre par cooptation et ou se côtoient grands chefs, patrons du CAC 40, industriels, banquiers, avocats, médecins et journalistes vedettes – et pionnier en matière de collaboration avec l’industrie agroalimentaire (Fleury-Michon et Ariake) [10].

- Cyril Lignac
Le gendre idéal de la cuisine télévisée, le Jamie Oliver français pour dire plus vrai. En effet, la productrice qui l’a lancé, Bibiane Godfroid, avait racheté les droits de l’émission Jamie’s Kitchen. Depuis, tout ce qui découle de ce personnage n’est rien d’autre que du sous-Jamie Oliver : du nom de son restaurant au concept de ses livres (Lagardère) jusqu’à la collaboration avec le groupe Findus [11].

- Mais aussi beaucoup d’autres, tout aussi intéressés au partenariat avec l’industrie agroalimentaire comme Paul Bocuse et les groupes Marie et William Saurin (dont on vient aussi de trouver du cheval dans ses conserves), les frères Pourcel chez Délifrance, Thierry Marx et Nestlé Waters, le chef pâtissier Christophe Adam avec Jean-François Piège chez Bongrain (Elle&Vire) comme Pierre Gagnaire avant eux. Outre-Manche, l’emblématique Marco Pierre White, premier Anglais à avoir reçu les 3 étoiles Michelin, est le représentant de Knorr (Groupe Unilever), et ainsi de suite…

Soumission idéologique et économique des grands chefs

Il apparait évident au vu de ces informations que l’industrie agroalimentaire a la main entièrement mise sur la gastronomie. La main qui donne étant au-dessus de celle qui reçoit, il n’est pas difficile de comprendre que celle-ci se sert à la fois du discours gastronomique et du capital culinaire des grands chefs pour faire avancer son marché.

L’industrie agroalimentaire soumet donc idéologiquement et économiquement les grands chefs par l’intermédiaire des guides et des médias :

- Une soumission à l’idéologie bourgeoise dans un premier temps en participant à la course aux étoiles (guides, distinctions…), qui leur confère un capital culinaire important.

- Mais aussi une soumission économique dans un deuxième temps par les investissements et les endettements nécessaires pour conserver ce capital culinaire acquis, les obligeant donc à accepter bon gré mal gré des financements de l’industrie. En bref, les grands chefs payent par là où ils ont péché, c’est-à-dire leur ego ! On peut d’ailleurs constater que la starification à outrance du métier ces dernières années n’a fait qu’aggraver ce phénomène.

Le discours culinaire des grands chefs est donc double

Un premier discours totalement antilibéral, basé sur la rareté et la qualité du produit, la promotion d’une élite artisanale et paysanne, où le profit pour le profit ne fonctionne pas, car avant tout destructeur des traditions culinaires et malsain, mais servant aussi de faire-valoir au deuxième, quand à lui, totalement libéral, leur permettant de travailler à la promotion et au développement de produits pour l’industrie agroalimentaire afin que celle-ci continue d’étendre son marché (y compris dans des secteurs que les grands chefs prétendent défendre), où l’idéologie du progrès est constamment mise en avant et qui permet à un chef comme Alain Ducasse de déclarer :

« Dans la grande distribution la volonté d’améliorer la nourriture quotidienne des Français est claire, même évidente. »

Ou encore à propos des OGM :

« La question c’est de savoir si ces produits vont altérer notre santé de manière significative. Ensuite, je ferais le choix d’en consommer ou pas. Le plus important est d’être informé. Mais si les OGM permettent de nourrir tous les êtres sur cette planète je ne suis pas contre [12]. »

Comme nous l’explique Peter Naccarato et Kathleen Lebesco, à propos de la cuisine dans les médias, dans leur livre Culinary Capital :

« Bien que la cuisine et les pratiques alimentaires puissent être interprétées comme bouleversant la hiérarchie des classes en fournissant à leurs consommateurs l’accès à un monde normalement hors de portée du point de vue de leur position économique... Parce qu’un tel accès est limité et temporaire, en fin de compte il ne remet pas en cause les idéologies dominantes de classes. Au contraire, il les protège en offrant aux consommateurs l’illusion d’un accès qui est en contradiction avec la réalité de leur situation économique et sociale. »

Pour résumer, le riche se retrouve avec des produits de qualité issus de fermes agricoles, cuisinés par des grands chefs, alors que le pauvre, lui, n’a que les photos de ces mêmes fermes sur les emballages des produits de supermarché qu’il consomme (parfois à crédit).

Il faut bien comprendre que lorsque vous entendez un grand chef dans les médias vous parler de la sauvegarde des petits producteurs, son souci (consciemment ou inconsciemment) n’est pas de sauver la majorité des petits producteurs pour le bien de l’intérêt général, ce pour quoi il se bat ; c’est évidemment la défense d’une simple minorité de petits producteurs pour que lui et ses pairs continuent d’être abreuvés de produits de bonne qualité pour le plus grand plaisir de leurs clientèles, pendant que le reste d’entre nous devons nous contenter des produits bas de gamme de l’agroalimentaire avec laquelle ils collaborent sans scrupules.

Ce que défendent donc les grands chefs dans leur combat pour la sauvegarde des « petits », qu’ils soient producteurs, artisans ou autres, ce n’est pas – contrairement à ce que beaucoup d’entre eux prétendent – une lutte contre les méfaits de la mondialisation, de la macdonaldisation ou autres, mais seulement un accompagnement de ces dernières pour que celles-ci, dans leur élan globalisateur, ne détruisent pas certains particularismes gastronomiques servant avant tout au grand bien de leurs maîtres… ainsi que de leurs poches au passage !

Conclusion

Le discours culinaire des grands chefs est donc tout sauf un discours universaliste puisque celui-ci, bien que donnant souvent l’impression de s’appliquer et de s’adresser à tous, n’est en fait destiné qu’à une minorité bien définie. C’est donc à nous de nous réapproprier le discours culinaire français, plutôt que de laisser celui-ci entre les mains de gens que nous n’avons pas mandatés et qui plus est, qui l’utilisent pour très mal nous défendre. Peut-être devrions-nous rebaptiser le Bocuse d’Or le Nestlé d’Or et demander aux « Meilleurs Ouvriers de France » de mettre les logos de leurs sponsors sur leurs vestes à la place du fameux col Bleu, Blanc, Rouge, puisque cela fait bien longtemps que la France et ses traditions n’ont plus l’air d’être au cœur de leurs préoccupations.

Buvez et mangez en dehors des circuits mondialisés avec nos partenaires :

 

Notes

[1] « Les 50 meilleurs restaurants du monde ». Pour en savoir plus sur le World’s 50 Best Restaurants : http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/05/03/les-cuisines-de-l-anti-michelin_1695300_3238.html

[2] http://www.legout.com/index.php/partenaires/partenaires-semaine-du-gout

[3] http://www.tousaurestaurant.com/fr/levenement/partenaires/fournisseurs_5.html

[4] Site du SIRHA : http://www.sirha.com/

Partenaire du Bocuse d’Or : http://www.nestleprofessional.com/france/fr/Events/Concours_culinaires/Pages/Bocuse_Or_2013.aspx

Intervenants au Sommet mondial de la gastronomie : http://www.sirha-world-cuisine-summit.com/fr/programme-intervenants/intervenants

[5] http://www.lefooding.com/evenements/2010/fooding-premieres-bougies/partenaires.html

[6] http://www.omnivore.com/partenaires/partenaires-world-tour-paris

[7] http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/faut-il-se-mefier-de-ferran-adria_791120.html

[8] Partenaires du Groupe Alain Ducasse : http://www.alain-ducasse.com/fr/partenaires

Partenaires de Châteaux et Hôtels Collection : http://www.chateauxhotels.com/partenaires/

Alain Ducasse et SOGERES : http://www.lefigaro.fr/societes/2012/10/25/20005-20121025ARTFIG00730-quand-alain-ducasse-mitonne-les-repas-des-cantines-sogeres.php

http://www.lefigaro.fr/societes/2009/12/15/04015-20091215ARTFIG00418-sodexo-nathalie-szabo-mene-la-danse-au-lido-.php

Diner du Siècle : http://fr.novopress.info/124395/faits-documents-n345-novembre-2012-%EF%BB%BFportrait-le-siecle-2/

[9] Marc Veyrat et Madrange : http://www.ozap.com/photos-images/video-publicite-madrange-avec-marc-veyrat-4449169.html

Marc Veyrat et ses employés : http://www.lorgane.com/MORTS-POUR-LA-GRANDE-CUISINE_a258.html

[10] Joël Robuchon : http://www.fleurymichon.fr/joel-robuchon/l-histoire-dune-alliance.html

http://www.ariake-europe.com/fr/robuchon.php

Club des Cent : http://www.slate.fr/story/47291/club-cent-centenaire

[11] Cyril Lignac et Findus : http://www.e-marketing.fr/Marketing-Magazine/Article/Findus-mise-sur-Cyril-Lignac-pour-les-surgeles-individuels-18498-1.htm

Jamie Oliver et Young’s (Groupe Findus) : http://www.youngsseafood.co.uk/web/product-jamie-oliver.asp

[12] http://www.metrofrance.com/conso/alain-ducasse-on-n-a-jamais-aussi-bien-mange/mlkh !Pa6mEjjr0eZYk/

 
 



Article ancien.
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28 Commentaires

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  • Très bon article. Ce serait génial un livre du genre "L’effroyable imposture de la gastronomie française (actuelle)" façon Cardet ;)


  • Personnellement j’ai trouvé une petite solution modeste pour pouvoir s’émanciper de la servitude alimentaire dans laquelle on est entrain de nous enfermer.

    Avec un bon copain on a décidé de mettre en place un rituel que l’on a baptisé "les samedi cuisine".

    En fait le principe est très simple : On s’organise un diner le samedi soir avec les règles suivantes :
    _Chaque semaine celui qui invite change,
    _Celui qui invite cuisine le plat principal,
    _Celui qui est invité cuisine un dessert,
    _Chaque fois on doit changer de recette,
    _Et chaque fois on doit cuisiner un plat que l’on a jamais cuisiné auparavant (ça c’est le plus gros chalenge).

    Et bien je peux vous assurer qu’après quelques semaines on s’y connait déjà vachement plus en terme de cuisine et en terme d’achats de produits au marché. Et surtout ça redonne confiance en soit et en ses propres capacités.

    Je ne dis pas que c’est facile, mais avec toutes les recettes qui sont dispo sur Internet on est quand même aujourd’hui vachement aidé.

    J’encourage tout le monde à se lancer dans ce type d’aventure... C’est super sympa, convivial, ça redonne le moral et confiance en ses propres compétences.

    Et surtout le plus important : Ca évite de rester isolé et à la merci du système pour quelque chose d’aussi primordial que la nourriture.

    Enfin il y a aussi un avantage qui est bien plus terre à terre : l’économie !
    Apprendre à faire la cuisine permet d’économiser beaucoup d’argent... Moins de bouffe pré-préparée, c’est ça de plus dans le porte-feuille... Sans compter qu’en plus comme ça on ne passe pas ses samedi soir à cramer son fric dans des soirée stériles en boite de nuit à essayer de tromper son manque de joie de vivre.


  • #369168

    Tout ce qui est gastronomique, est comme l’industrie du luxe, de la merde carabinée.
    Je n’ai jamais aimé manger au restaurant, luxe comme gastronomie sont des vices de riches, nourris par les femmes, d’où la promotion dictaturiale du féminisme, et de tout ce qui est féminin.
    D’ailleurs, il suffit de discuter avec la majorité des femmes, même celles qui seraient soi disant alternatives ( écolos, alter mondialistes, "dissidentes",...), pour réaliser la gravité de ces problèmes.

     

  • *De toutes façon il est evident que le citoyen moyen n’ira jamais manger chez un de ces "grands chefs" ou alors une fois dans sa vie... et il n’achetera jamais les produits de même qualité que ces "grands chefs" donc qui croit vraiment a leur discours contradictoire ?
    Ensuite la logique de l’argent n’epargne personne....par quel miracle ces "cuisiniers de luxe" auraient ils-pu echapper a la soumission ? L’indépendance se fait rare..dans tous les domaines.
    *Cela dit faut bien nourrir la masse croissante de gens et dans une logique de profit....on ne peut pas accuser sans cesse l industrie agroalimentaire..... les gens achetent bien ces lasagne congelés, pizzas,machin sous plastique,legumes plein d eau et autre substances douteuses.....et la surconsommation de viande a entrainé des pratiques bizarre(autant a l elevage,abattage,et conditionnement/transformation)
    *Les plats tout pret se vendent bien...alors que ca reviendrait moins cher de la faire soi même !!
    Les pratiques des consommateurs ont aussi un impact sur les pratiques de l’agro-alimentaire.
    LEs emission de cuisine ont la côte mais on ne cesse de consacrer de moins en moins de temps aux achats et a la preparation des repas.
    Y’a un moment on ne peut s en prendre qu’a soi-même !!
    *L industrie ne changera pas tant qu’elle fait du profit... C est au consommateur de changer...
    On ’est pas sans recours devant la publicité idiote quand même !!
    En plus c est un cercle vicieux, moins on veux payer cher, plus c’est douteux, et plus ca entraine les autres fabriquants a s aligner a la baisse.
    Oui c’est la crise,oui il n’y a plus d’argent mais a un moment faut se rendre compte que ce sont les habitudes de consommation qui faconnent l’industrie.
    Faire son jardin ou manger local..y a que ca...sinon c est du petrole transformé en nourriture....donc forcement ca sera de pire en pire et de plus en plus cher.

     

    • Le manger local est la solution la plus viable et, le meilleur moyen de trouver les contacts est de se rapprocher au plus vite d’une AMAP. A défaut d’intégrer l’amap (souvent contraignant, sur les quantités et la fréquence de commande), elle permet de trouver les producteurs.
      En ce qui concerne mon petit foyer, "notre petite" révolution alimentaire concerne pour le moment l’ensemble des produits laitiers (+œufs, lapin, farine) et la viande de bœuf commandé directement chez les producteurs du coin. Les produits laitiers commandés chaque semaine et le bœuf tout les 2 mois environs. Les prix sont raisonnable vu la qualité des produits. Les 2 fermes sont en polyculture élevage et les exploitants super sympa
      Pour le moment on réussi à limiter de plus en plus les courses en grande surface (une fois toutes les 2 semaines) et à diminuer le cout des paniers de manière considérable. Ce n’est qu’un petit geste mais je réussi à "convertir" petit à petit la famille et les amis, c’est toujours ça de moins à prendre pour la grande distribution.

      La révolution passera par le frigo !


  • Si l’on veut bien manger,mieux vaut se rendre dans un restaurant de village,privilégiant les produits locaux ;c’est bon,copieux,servi "à la bonne franquette",et à un prix raisonnable par dessus le marché !


  • oui, on peut aussi citer Y. Aleno qui fait la pub de Nespresso,
    mais l’inverse est vrai aussi
    c’est grâce à la gastronomie, à de nombreux étoilés ou non que subsiste une horticulture traditionnelle de qualité. C’est vraiment les chefs qui font vivre les petits producteurs artisanaux, le dernier numéro de Yam magasine avec la description des fournisseurs de Thomas Keller (qui a lui-même son potager) est exemplaire. S’il n’y avait pas quelques chefs pour nous demander des fruits traditionnels avec du gout mais des rendements médiocre plus personne ne se donnerait la peine de les cultiver.
    Faut pas être systématique il y a dans cette profession des gens bien, des vrais créateurs, et des gens qui ont le soucis d’avoir des prix bas (c’est le cas dans la jeune génération de 3 étoiles espagnols) et ils font vivre tout un artisanat
    et puis il y a les autres dont la démarche est la même que les grandes entreprises du luxe : faire des marques et non faire une cuisine authentique, avec du gout


  • Sauf exception, et on aura beau dire, cette "gastronomie" des "grands chefs" demeure un microcosme réservé principalement à une certaine élite (ou alors une ou deux fois par an pour les + veinards)

    Il est souvent fait l’éloge de ces messieurs-dames dans les médias et à juste titre sans doute (savoir-faire français, produits du terroir, vivier d’emploi dans la restauration...) OK

    Mais c’est un trip assez bourgeois socialement parlant, avec un côté très artificiel où le but premier (qui est de passer un moment de convivialité entre amis par exemple) est ici de mettre la bouffe sur un piédestal souvent démesuré sinon grotesque (cuisine "moléculaire"(sic) et autres sottises pour bobos en mal de sensations).

    Le rituel de foutre les doigts dans l’assiette en particulier (sans mettre de gants bien sur) afin de transformer un plat en oeuvre d’art me déconcerte (en plus de me dégouter, j’ai horreur qu’on foute ses doigts nus dans ma bouffe, c’est une réaction humaine, hygiénique entre autres)

    La tenue des chefs cuisto également (sans parler de leur caractère pour avoir bossé en hôtellerie restauration^^), tout cela est un peu "out of reality" de notre monde global de français moyens.

    L’ampleur médiatique que cela a pris également au point d’en faire des feuilletons de télé-réalité ou comment allier avec brio grande cuisine et écervelés de la TV.

    Et effectivement, cette alliance avec l’industrie alimentaire qui consiste juste à prêter son nom de cuisto reconnu sur un emballage de surgelé afin de nous faire bouffer de la merde, comme pour nous dire : tu mangeras jamais dans mon resto, alors contente-toi de ça en attendant misérable smicard !

    Et quand on connaît et étudie 2 secondes la marge bénéficiaire du cout réel d’un plat et son prix exorbitant qu’est prêt à payer le bobo ignorant dans un grand restaurant... ça laisse pantois !

    Ces mecs sont surtout des hommes d’affaires avisés sous couvert de "patrimoine et de savoir-faire made in France" et qui excuse suffisamment leur outrance pour qu’éloges leur soient faites dans l’inconscient collectif et les médias.

     

  • Ces "chefs" sont avant tout des stars et des chefs d’entreprise : ils évoluent dans un environnement de vedettes des médias, de patrons du CAC 40,de politiques , ils ne vont pas couper la branche qui leur sert de fauteuil, ils jouent le jeu , à la télé ils font rever le prolo , c’est un moyen de le brider !
    En ce qui concerne les restaurants, pour assurer le coup, privilégiez ceux dont la carte est réduite : 2 à 3 plats au choix par service, grand maximum. Les établissements qui vous présentent une carte de plusieurs pages ne cuisinent pas, ils réchauffent de l’alimentation industrielle.

     

  • Riches et pauvres, vous dites. Hum là, n’est pas le vrai problème. Le vrai problème : c’est d’être dépendant, et difficile de s’émanciper (et pas seulement sur la nourriture).
    Si on cuisine, on le fait avec ses moyens mais on cuisine, on n’attend pas des plats de grands chefs, ou des plats tout(s) prêts de la grande distribution (les supermarchés, etc.), mais se nourrir est question d’éducation voire de conscience, de volonté.. de possibilités ?

    La logique est simple et évidente, toujours le même nerf de la guerre qui soutient, suppose, les comportements : le profit.

    De plus, les esprits lobotomisés, illusionnés, n’ont qu’une vision tronquée, ou qu’une seule grille de lecture du monde (sens très large, englobant le matériel, le spirituel, etc.), et par conséquent sont facilement influencés, manipulés ; et n’allons pas croire que ce soit les esprits les moins éduqués, bien au contraire... et cela nous concerne tous.

    Bref, pour revenir sur le sujet, l’argent, le profit, l’égoïsme, le pouvoir, (etc.) sont la nourriture d’un système merdique, bête, inconscient. Tout est tourné dans ce sens, évident, non ? ;-)


  • Que signifie "minerai de cheval" ?
    Les gars gardez précieusement les vieux livres de recettes de vos grands-mères ! Car en cette époque dégénérée les livres de cuisine n’échappent pas non plus à la décadence ! Faîtes aussi les bouquinistes pour trouver de vieux livres de cuisines dans lesquels vous serez assurés de trouver des recettes authentiques et non pas leur variantes dégénérées ou je ne sais quelles "innovations" débiles d’aujourd’hui.
    A propos d’innovation j’ai une suggestion à faire pour nos camarades cuisiniers : pourquoi ne pas tenter d’élaborer un nouveau plat de quenelle. "Quenelles sauce chaud ananas". Je verrais bien une sauce à base de tomates, le tout bien relevé (chaud !), avec du poivron et bien sûr des morceaux d’ananas ! Le tout bien gratiné au four avec du fromage fondu...Cela demanderait les talents d’un cuisinier pour faire de la chose un plat agréable au palais, alors camarades je lance ce défi de mette au point ce plat et de mettre ça sur la carte menu de votre établissement ! "Quenelle chaud ananas" le plat de résistance de la dissidence !!!

     

    • Haha bien vu pour la quenelle !! Il faudrait soumettre l’idée à top chef, ou qu’un candidat ose "réinventer la quenelle" sur cette base lors d’une émission, on rigolerait bien. En attendant je vais soumettre l’idée à ma femme. Qui n’est pas la dernière à récupérer les vieux livres dont tu parles, effectivement la différence avec aujourd’hui est incroyable. Bon, malheureusement, on ne trouve plus le quart des ingrédients dans le commerce...


  • LA question : depuis que l’agro-alimentaire collabore avec la Gastronomie, la gastronomie a-t-elle déclinée ? Non . Le reste on s’en fout . La gastronomie ne peut pas se développer, se vulgariser sans l’agro-alimentaire . Mis à part les pauvres et les radins, les Français mangent de mieux et mieux, et des plats de plus en plus variés, tout en consacrant à leur alimentation une part toujours décroissante de leur budget . Pour ma part je déteste le restaurant, n’aimant pas payer ma bouffe cinq fois le prix, et n’aimant pas etre servi, je ne suis pas une gonzesse . De plus, dans neuf dixième des restaurants on ne vous sert plus aujourd’hui que des plats surgelés passés au micro-onde . Tachez aussi de ne pas vous poser la question de savoir si le "cuistot" s’est lavé les mains en sortant des gogues ... Perso l’idée de me rincer la bouche avec les colibacilles fécaux du chef ne stimule pas mes papilles . Bon appétit tout de meme !


  • Petite anecdote historique pour remettre les choses à leur place. Lorsque Michelin à fait son guide le seul et unique but etait de faire faire des km aux automobilistes pour leur faire user les pneus qui à l epoque avait une durée beaucoup plus courte qu aujourd hui. Sur le plan marketing c etait un coup de genie, sur le plan culinaire là on peut discuter...


  • PETIT ÉCART DE MA PART PAR RAPPORT AU SUJET DE L’ARTICLE

    En tant qu’électricien, cette année j’ai eu l’occasion de travailler sur le démontage du salon du SIRHA... je connaissais pas vraiment, juste le "Bocuse D’Or".

    Ce salon est énorme et il occupe quasiment tous les halls d’exposition d’Eurexpo (soit 120 km²)... 90% de mes collègues étaient intérimaires (comme moi). On a été écœuré par tout le gaspillage de nourriture : viande, œufs, farine, beurre, semoule, huitres, chocolat, boissons, pain, etc... Je parle pas de paquets d’1 kg, on est bien sur des proportions industrielles ! Le démontage ressemblait vraiment à une porcherie !!!


  • Qu’on utilise le mot « gastronomie » c’est déjà mauvais signe... Le mot « cuisine » suffit ! La cuisine romaine pendant la décadence était aussi d’un raffinement extrême (souvenez-vous d’Astérix. On y voit les Romains se délecter de « gencives de cancrelats à la graisse d’urus » ou de « compote de poulpe », en référence aux recettes d’Apicius). Comme a dit Alain Soral, « un art qui se chie est un art mineur »...

    Justement, les gens ne cuisinent plus. Mais c’est pourtant de son peuple que la France tient son incroyable richesse culinaire. De Gaulle ne l’appelait-elle pas le « pays aux 400 fromages » ? Hélas, manger des « produits du terroir » est aujourd’hui un luxe réservé à quelques bobos.


  • Quand on voit des chinois qui commencent à racheter des charcuteries franchouillardes pour vendre avec l’accent chintok, des andouillettes ou du museau de porc, ça fait un peu tâche sur les marchés français !
    "euh excuzzeu moi, euhhh l’andouillette avec sau’ce aigeuuhh doussse ?"


  • A quand Périco Légasse sur E&R ?

     

  • Même les études de consommateurs sont truquées, les escroqueries sont légions. Suffit des fois de financer "produits élus saveur de l’année" pour être accrédité !!! AUCUNE VALEUR REELLE


  • Un signe ne trompe pas : la langue anglaise ...

    - L’Anglais est la langue de l’Empire, et c’est, demain la langue qui portera la marque de la honte.


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