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Ma candidature aux élections législatives, par Germain Gaiffe-Cohen

L’édito des directeurs de la publication d’E&R

GAIFFE Germain
15144 / A210
Maison centrale
« La Caserne »
17410 Saint-Martin-de-Ré

Monsieur ROUVIERE
Juge de l’application des peines
Tribunal de grande instance
10, rue du Palais
17028 LA ROCHELLE

 

Objet : permission de sortie sous escorte

 

 

Saint-Martin-de-Ré, le 23 mars 2017

 

 

Monsieur le Juge de l’application des peines,

 

Je sollicite de votre bienveillance, une permission de sortie sous escorte, aux fins de pouvoir me rendre à la préfecture de la Charente-Maritime, à La Rochelle, donc, à votre convenance et selon la disponibilité des agents de la force publique ou de l’administration pénitentiaire, n’importe quel jour ouvré de la première semaine de mai 2017, ou au plus tard le jeudi de sa troisième semaine, afin d’y déposer ma déclaration de candidature à l’élection législative, et m’en voir donner reçu, ayant choisi de me présenter dans la circonscription du lieu de mon domicile.

En effet, l’article L. 157 du Code électoral est ainsi rédigé :

« Les déclarations de candidature doivent être déposées, en double exemplaire, à la préfecture au plus tard à 18 heures le quatrième vendredi précédent le jour du scrutin [1].

La déclaration de candidature EST remise personnellement par le candidat ou son suppléant.

Un reçu provisoire de déclaration est donné au déposant. »

Cette rédaction exclut la possibilité d’expédier la déclaration par la Poste, email ou tout autre moyen de communication, et la remise par une personne mandatée par le candidat ou son suppléant, celle-ci fût-elle assermentée, comme par exemple un huissier, un notaire ou un avocat.

Cette interprétation a été consacrée à l’exhaustif, dirais-je, par le Conseil constitutionnel, celui-ci ayant spécifié ceci à ce sujet :

« La remise personnelle de la déclaration de candidature par le candidat ou son suppléant est une formalité substantielle dont le non respect entache de nullité la candidature. »

En théorie, mon suppléant, Alfredo STRANIERI, pourrait procéder à la remise personnelle de la déclaration de candidature. Hélas, il se trouve qu’il est également détenu, et en exécution, lui, d’une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. Ceci fait que, pire encore que pour moi, sa date actuelle prévisible de libération est très postérieure au deuxième vendredi de mai 2017.

Alors étant donné que c’est à la Maison centrale de Poissy (78) qu’il est incarcéré, il semble plus logique, et surtout plus arrangeant pour tout le monde, que ça soit moi qui m’y colle.

Derechef, le nombre des « petits » tracas médicaux dont il souffre, le bougre, est si grand, que son bulletin de santé est presque aussi long que son casier judiciaire, à ce point que je dirais, pour reprendre de façon légèrement allongée, adaptée pour l’occasion, la formule de Patrick Timsit, qu’il me coûte plus cher en médicaments qu’en bijoux, cailloux, genoux, hiboux, choux, époux.

« Époux » (pardon Laure Tograf), car mon suppléant n’est autre que mon conjoint.

Oui, nous, la politique, on fait ça en famille, un peu comme chez les De Gaulle.

Non pas que je sois son Charles et lui ma Yvonne (ou inversement) – pas de ça chez nous ! – mais parce que, premièrement, nous sommes, mon conjoint et moi, tous les deux de sexe masculin, et deuxièmement, faire de la politique ensemble, ça nous excite. D’où, donc, les 2 gaules.

À cet égard, je vous saurais infiniment gré de prendre éminemment au sérieux notre action.

En effet, déjà l’exercice des droits civiques est un devoir intrinsèque carrément indispensable à la notion même de citoyenneté, mais c’est aussi et surtout le gage de réinsertion par excellence pour tout détenu à qui une décision de justice judiciaire, administrative ou du Conseil constitutionnel ne les a pas retirés. Et tel est le cas de mon suppléant et de moi-même.

Ensuite, nulle part dans la norme ; pas davantage dans la Constitution et le Code électoral qu’ailleurs ; il n’existe de dispositions qui définissent que le fait d’être détenu interdit à un citoyen qui est titulaire de ses droits civiques, ni de se présenter aux élections législatives, ni, s’il est élu, d’exercer les fonctions de député.

Et il n’en existe pas non plus qui définissent que le fait d’avoir un casier judiciaire non-vierge le lui interdit. Si tel n’était pas le cas, le Parlement ne serait pas en train de débattre actuellement, justement, du sujet, dans le cadre du projet de loi dit « de la moralisation de la vie publique » : députés et sénateurs tentent d’introduire dans la norme une interdiction de se présenter à tout scrutin public, faite à tout citoyen dont le casier judiciaire présente une condamnation à une peine de prison ferme supérieure ou égale à un an.

Cependant, le projet de loi en question précise que les modifications qu’elle apportera, n’entreront en vigueur qu’à compter du 1er janvier 2018.
Ainsi, jusque là, les seules interdictions qui sont faites par la loi, s’agissant d’être candidat aux élections législatives, procèdent, d’une part du fait d’exercer telles autres fonctions publiques, listées aux articles L. 130 à L. 134 du Code électoral, et d’autre part du fait de ne pas remplir les conditions pour être électeur. Cette règle générale est posée par l’article L. 127 dudit Code :

« TOUTE PERSONNE qui, à la date du premier tour de scrutin, remplit les conditions pour être électeur et n’entre dans aucun des cas d’inéligibilité prévus par le présent livre peut être élu à l’Assemblée nationale. »

Or, mon suppléant et moi-même, nous remplissons toutes les conditions pour être électeurs : nous sommes citoyens français, âgés de plus de 18 ans, titulaires de nos droits civiques, et inscrits sur les listes électorales depuis très avant le 31 décembre 2016 ; nous y figurons depuis 2011.

Et bien entendu, ni lui ni moi n’est placé sous tutelle ou curatelle.

En conséquence, tout acte public s’opposant à ce que ma candidature puisse être effective, au simple motif que mon suppléant et moi sommes détenus, caractériserait autant que faire se peut le délit de mise en échec de l’exécution de la loi, en l’occurrence les dispositions législatives évoquées ici, l’article premier de la Constitution et son article 5 déterminant respectivement que :

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. »

et

« Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché. »

Et pour en finir concernant notre pleine et entière satisfaction aux conditions pour pouvoir postuler à être candidat, nous avons l’un et l’autre accompli notre service militaire.

Quant au fait que mon suppléant est inscrit sur les listes électorales de la Mairie de Poissy, il n’est nullement non plus défini par la loi comme étant incompatible avec une candidature faite dans une circonscription autre que celle de Poissy, bien au contraire, puisqu’elle détermine, la loi, d’une part, que « le candidat peut faire acte de candidature dans la circonscription de son choix », et d’autre part, que toute règle qui vaut pour le candidat, vaut pareillement pour son suppléant.

Enfin, et j’en terminerai là pour ce qui est du caractère éminemment sérieux de notre initiative, en ces temps ô combien délicats, difficiles au regard de la crise institutionnelle, politique notamment, que traverse notre pays, et spécialement les attaques virulentes incessantes dont la population pénale est la cible, il est doublement de notre devoir de citoyen de nous mêler hardis à la joute électorale qui va accoucher de la prochaine Assemblée nationale : premièrement en raison du fait qu’en toute objectivité – et la modestie qui m’habite est énorme ! – j’ai de très grandes idées pour la France, et deuxièmement, il faut bien que quelqu’un fasse entendre la voix des citoyens détenus, que diable !

Et concernant la décision de prendre Alfredo STRANIERI, et il a immédiatement accepté, en tant que mon suppléant, et non pas un citoyen non-détenu, ce qui, je vous le concède, aurait fait l’économie d’une permission de sortie sous escorte, ce choix s’est imposé à moi, en premier lieu parce que j’ai pleine et entière confiance en lui : quels que soient les assauts, dénigrements, injures, quolibets et autres calomnies que nous subirons dans les médias, de nos adversaires, des journalistes et compagnie (ne vous inquiétez pas : nous y sommes préparés et 100% rompus à l’exercice) je sais qu’il me restera fidèle (ce n’est pas pour rien que je l’ai choisi pour époux). Et en second lieu parce qu’il m’est apparu logique, pour un candidat à la représentation nationale, qui se présente néanmoins comme étant accessoirement le porte-parole des citoyens détenus, d’avoir pour suppléant un détenu : c’est une question de crédibilité.

La recevabilité et le bien fondé de ma candidature étant démontrés de manière incontestable, je vous saurais infiniment gré de donner droit à ma demande de permission de sortie sous escorte : il en va à la fois du respect de l’exécution de la loi, et du respect de la démocratie.

Et Vive la France !

Je vous en remercie à l’avance.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Juge de l’application des peines, l’expression de mes salutations respectueuses, distinguées et citoyennes.

Germain GAIFFE

 

Voir aussi :

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Pornographie judiciaire
L’édito des directeurs de la publication d’E&R
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24 octobre
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25 septembre
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L’édito des directeurs de la publication d’E&R
14
15 août
Le "Père Pistolet" mexicain ou La Bataille de San Sebastian
L’édito des directeurs de la publication d’E&R
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23 juin
Affaire de la chanson anti-Valls : Germain Gaiffe avait raison !
L’édito des directeurs de la publication d’E&R
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19 mai
Germain Gaiffe privé de législatives : une incitation à l’évasion !
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Notes

[1] En l’occurrence le vendredi de la deuxième semaine du mois de mai, la date du premier tour de scrutin ayant été fixée au 11 juin 2017.

Sur la justice française, chez Kontre Kulture :

 



Article ancien.
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22 Commentaires

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  • Là on est en terrasse,
    distribution de quenelles comme on aime, merci pour cette belle tranche de rigolade et bonne fin de semaine camarades.


  • Excellent !

    Pourtant quelque chose me dit que cette requête ne va pas susciter la suite espérée,
    lorqu’une telle decsion appartient à un seul (le jap en question).
    Un malencontreux retard dans l’acheminement de la demande, ne lui aura pas permis d’acquiescer à cette demande ou quelqu’autre contingence pratique, dont le commun des mortels subit invariablement les conséquences lorsqu’il s’agit de "justice".


  • si ce gars est vraiment un assassin il aurait du etre guillotine donc je trouve pas tres marrant ce genre de truc

     

    • #1689942
      le 24/03/2017 par Palm Beach Post : "Cult !"
      Ma candidature aux élections législatives, par Germain Gaiffe-Cohen

      Allons bon, parle-nous donc plutôt des trucs que tu trouves marrants, dav !

      Ou encore mieux : fais-nous marrer !
      T’as l’air d’un rigolo, ça tombe bien !


    • Il s’agit de montrer les contradictions du système, voire sa débilité profonde et qui de mieux que deux repris de justice facétieux qui, depuis leurs cellules, font œuvre de salut public en se mouillant pour pas cher. Le meilleur moyen de payer pour leurs crimes à la société. De plus, là où ils sont et pour perpette, vous ne risquez plus rien, alors que les plus grands criminels sont au gouvernement, dans les institutions, les merdias, les ligues, les officines, les conseils, les banques...


    • @ Palm beach
      effectivement, le poste de DP d’E&R par un criminel n’est pas une situation si facile à expliquer, il faut faire le lien Carlos( donc expliquer qui est Carlos) Dieudonné, l’atelier de chansons potaches,Germain Gaiffe-cohen, Dieudonné/Alain Soral ; et combien c’est une quenelle au système d’occupation et à la kommandantur.


    • Peut être, mais il n’a pas été guillotiné,alors après ?
      Si on se refuse à tuer les gens,qu’ on les met en prison, il faudrait en plus les empêcher de vivre ?


    • Un député capable d’écrire lui-même ses courriers, il n’y en a pas tant que ça en fait...


  • ah ah ah !!! Je trouve les lettres de ce Germain extremement bien écrites ! (et d’ailleurs je soupçonne parfois ce cher Félix de les écrire ... Mais c’est sans doute ma tendance psychopatique au conspirationnisme qui me fait penser ça ... Et peut-etre aussi son style ...)
    Cela a beau etre un assassin et un enfoiré toutes ses publications me font bien rigoler ! (bien que ...Sans doute toujours ce complotisme ! Je doute très sérieusement que ce soit lui qui les écrive ! )

     

  • Assassinat, prison, juif, PD, votre candidature serait acceptable si votre CV mentionnait un doctorat, une agrégation universitaire, un prix d’économie.

     

  • J’adore la nouvelle vie de ces deux criminels.

    Deux tueurs qui se marient en prison pour en suite se présenter à l’élection... Pourquoi pas, c’est légal ! Ne sommes nous pas dans un système égalitaire ? Peut être trop égalitaire...

    Si deux PD peuvent détourner le socle de la famille pour se marier et aller en lune de miel en Isräel pour se rouler des galoches dans une genre de Gay Prid améliorée et permanente (cf : le premier mariage gay en France) alors deux détenus hétéro doivent aussi avoir le droit de se marier, il en va de la république !

    De la même façon que ces deux criminels doivent avoir le droit de se présenter à la législative, il en va encore une fois des valeurs de la république !

    Vive la république !

     

  • Excellent ! De Gaulle a dû rigoler un bon coup de là où il est. Quant aux délinquants, comme chacun le sait maintenant, les plus grnads ne sont évidemment pas en prison !


  • excellente Publication Monsieur le Directeur .
    Un candidat sérieux à la Quenelle d’Or , mais pourra t’il y assister ? une dispense pour bonne conduite peut etre …MDR

     

    • Bien sûr que si : immunité parlementaire oblige, Germain élu député est immédiatement libérable dès opérée la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel.
      En fait, nous sommes en train d’assister à une tentative d’évasion électoral et 100% légale !
      Encore une première mondiale à mettre au crédit de nos codirecteurs de la publication.


    • @e&r
      Vous êtes mal renseigné. D’une part vous confondez immunité et inviolabilité et, d’autre part, l’exercice d’un mandat de député est rigoureusement incompatible avec une condamnation pénale définitive dont la sanction d’emprisonnement est en cours d’exécution, faisant de fait obstacle à toute libération en cas d’election. En aucun cas l’élection ne vaut amnistie d’une condamnation pénale définitive pour laquelle toutes les voies de recours sont éteintes et dont la peine de prison est en cours d’exécution, a fortiori lorsque cette peine était déjà en train d’être purgée avant et pendant l’élection.


  • "Ceci fait que, pire encore que pour moi, sa date actuelle prévisible de libération est très postérieure au deuxième vendredi de mai 2017."

    Là, il m’a tué ! Merci pour les larmes de rire ! ! !


  • C’est un coup de maître ! Le fait de mettre le doigt là où ça fait mal, à savoir pointer le paradoxe qu’un homme condamné peut représenter l’Etat dans ses plus hautes fonctions. Et par ce fait se (re)présenter comme si de rien n’était.