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Séparatisme Catalan

Ou capitalisme décadent ?

Le Referendum confisqué

Or donc, lors du referendum catalan, il y aurait eu 90,18 % de OUI contre 7,83 % de NON, selon les chiffres donnés par le gouvernement de la Généralité de Catalogne.
Mais la participation n’a été que de 43 % des inscrits. Ça change pas mal la donne ! (C’est un peu comme ici ! Macron fut triomphalement plébiscité.... par 18% des français.)
Peut-on considérer ce refus de vote comme un Non implicite ?
Même en faisant sa part belle à la peur du gendarme, parmi les 57 % de Catalans qui ont obéi au Roi en n’allant pas urner, un certain nombre et un nombre certain doit être contre l’indépendance. L’énorme manifestation monarchiste de Dimanche 8 octobre semble en apporter la preuve visible.

La question posée était la suivante : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous forme de république ? » Oui ou M...., ou Non ?
Nous avons là étroitement enlacées deux aspirations contradictoires : la république et le provincialisme.
L’aspiration à l’indépendance est clairement celle la bourgeoisie catalane qui ne rêve que d’être le vingt-neuvième État de l’Europe de Bruxelles.
Peut-elle, et doit-elle être aussi, une espérance populaire ?
Voici l’avis de Léon Trotski dans La question nationale en Catalogne écrit en 1931 : [1]

Que signifie le programme du séparatisme ? Le démembrement économique et politique de l’Espagne ou, en d’autres termes, la transformation de la péninsule ibérique en une sorte de péninsule balkanique, avec des États indépendants, divisés par des barrières douanières, ayant des armées indépendantes et menant des guerres hispaniques "indépendantes".
Les ouvriers et les paysans des différentes parties de l’Espagne sont-ils intéressés au démembrement économique du pays ? En aucun cas.

Étonnant, non ?

Si la bourgeoisie catalane fait référence à la république dans le referendum c’est pour flatter la masse dans le sens du poil. Laisser entendre qu’on est contre la monarchie, contre l’héritage de Franco.
Parce-que, il faut le dire, le Caudillo n’a pas été renversé. Il est mort paisiblement dans son lit, chargé d’ans et d’honneurs. À sa mort beaucoup dans la gauche espagnole ont rugi de bonheur, mais pour cette race orgueilleuse, ce fut quand même une humiliation.
Non seulement le méchant fachismassassin ne fut pas balayé, comme chez Portugal son petit voisin, mais les institutions du Franquisme restèrent en place, et on avalisa le testament du Caudillo, l’héritage qu’il voulait laisser à l’Espagne : la monarchie.
Voilà qui est dur à avaler pour la gauche espagnole.

En Espagne, et plus particulièrement en Catalogne, l’Histoire ne passe pas. L’Histoire récente, et plus lointaine, reste en travers de la gorge

Récente, en 1975, quand en échange de l’abandon de révolution sociale on eût la révolution sociétale : la Movida.

La Movida

C’est le nom donné à « la transition démocratique espagnole », après la mort de Franco. Une « révolution culturelle » pour accoutumer les esprits à la démocratie, à la liberté. Liberté du libéralisme, sexe, drogue et rock and roll.

Le plus comique c’est que « le terme "movida" vient de l’espagnol hacer una movida qui signifiait quitter le centre de Madrid pour s’approvisionner en haschisch ou en drogues en tous genres et revenir le consommer dans la capitale. »  [2]

Dès la boîte de Pandore de toutes les joyeusetés des pays capitalistes post-modernes ouverte : Gay Pride, féminisme, pornographie, immigration et shoatisme s’abattirent sur la pauvre tête cléricale de la vielle Espagne.
La réaction cléricale suffoquait quand le capitalisme retrouvait un second souffle dans le marché mondial, mais le prolétariat n’en fut pas moins lui aussi étouffé sous une austérité redoublée.

Aujourd’hui sous le Bon Roi d’Espagne et les institutions héritées du franquisme, on a la Gay Pride, à Madrid, comme à Barcelone. Et le féminisme de Conchita est un des plus teigneux.

C’est à la Moncloa que Le deal a eu lieu entre la Réaction et les partis de gauche PSOE et PCE, social-démocrate et stalinien.
C’est le Pacte de la Moncloa

Le Pacte de la Moncloa

 Franco meurt le 20 novembre 1975. Liesse. Les partis de gauche qui n’avaient pas cessé de gémir et d’enquiquinner la terre entière dans l’émigration, ressortent au plein jour comme des rats subitement éclairés sous des projecteurs. On allait voir ce qu’on allait voir !
On a vu le Pacte de la Moncloa ! (25 octobre 1977). 

Là, les fascistes d’ouverture prirent langue avec les staliniens de fermeture de gueule ( PCE), et avec l’apport minuscule de la la sociale-démocratie décomposée (PSOE) ont conclu un pacte.

PCE et PSOE renoncèrent à peu près à tout ce qu’ils avaient clamé durant des années, comme étant primordial : le socialisme, la république, son drapeau, et même le châtiment des coupables. On passa les souffrances endurées au profits et pertes, d’autant mieux que ce n’étaient pas eux, ces « chiens de politiciens » [3] qui les avaient endurées.
Il y eût donc la loi d’amnistie du 16 octobre 1977. Les victimes furent pardonnées d’avoir causé tant de tracas aux geôliers, et provoqué un surcroît de travail aux tortionnaires. Le bon Roi Juan Carlos pardonnait les offenses.

En échange de ce renoncement inouï on obtenait la légalisation du PCE (avant celle du haschisch). Le référendum constitutionnel du 6 décembre 1978 (87,8% de « oui ») paracheva ce consensus monarco-stalinien, ou stalino-royaliste.

En échange le PCE freinait les revendications pour ne pas gêner le processus de modernisation capitaliste en cours.

Bien sûr les vrais maîtres d’œuvre étaient dans la coulisse de la Moncloa. Il y avait Vernon Walters de la CIA et Kissinger, l’homme qui a eu la bonté d’installer Pinochet pour le plus grand agrément du Chili. Pour ces gens là l’important était que l’Espagne reste dans le giron de l’Empire. Ainsi, l’Espagne adhérera à l’OTAN en décembre 1981.

Cette transition en douceur, entre le fachimassassin et le libéralisme libertaire couronné, fut l’œuvre essentiellement du PCE. Le PSOE ne fut au début qu’un figurant. Bien sûr à ce petit jeu le PCE va s’anémier, et le PSOE engraisser. Mais qu’importe le Parti pourvu qu’on ait l’oseille.
Le PCE s’était toujours présenté, en parole, comme le grand parti antifasciste, le fer de lance organisé de l’anti-franquisme. En réalité il fut le meilleur outil de cette trahison populaire.
Comme il fut aussi, naguère, le principal artisan de la victoire de Franco !

La révolution trahie

On appelle parfois la guerre d’Espagne (1936-1939), la guerre civile espagnole, mais c’est une erreur. La vraie guerre civile fut une guerre dans la guerre, et dans le camp dit républicain. Guerre à mort menée par le gouvernement républicain bourgeois appuyé par le PCE et par Staline, contre le POUM [4], les anarchistes de la base [5], contre la classe ouvrière.
Et son épicentre fut Barcelone en 1937.
C’est là que la révolution fut brisée. Comme en Russie, on traqua, on tortura on extermina l’avant garde. [6]

Et, le 26 janvier 1939, le levantin Franco n’a eu qu’à se baisser pour ramasser avec sa troupe « d’arabes pouilleux », l’expression est de Bernanos, le pouvoir tombé des mains des ouvriers.

Que les rares que la vérité intéresse, et non pas les mensonges intéressés, lisent Hommage à la Catalogne (1938) de Georges Orwell.
Tout ce que je viens de dire y est. Explicitement développé. Orwell y était. Il combattit dans le POUM. Il considérait Hommage à la Catalogne comme son livre préféré, et même le plus important. Il l’est, parce qu’il est inaugural de toute son œuvre. 1984 est inspiré par le régime de Staline, et la soumission des intellectuels de gauche anglais au stalinisme. [7]

L’enjeu et le déroulement de cette tragédie ont également été bien exposés, dans leur mécanisme, par le film de Ken Loach, Land and Freedom.
Mais hélas il y a le casting. Les acteurs choisis pour tenir les rôles des militants du POUM ou de la CNT, ressemblaient à s’y méprendre à des membres du NPA et à des furies féministes ; à tel point que malgré soi, on se prend d’affection pour les gardes d’assaut staliniens, et on arrive à les trouver beaucoup trop patients et modérés à l’égard des premiers.
Heureusement il suffit de jeter un œil sur les photos des acteurs réels de ces événements dans la vraie vie, pour revenir à des sentiments de haine et d’exclusion plus justement placés.

La bourgeoisie catalane vient de cette tradition de gauche anti-ouvrière, allié aux assassins staliniens. Voyez Valls, il est emblématique du bourgeois Catalan et pas seulement du bataclan.
On a tort de le dire franquiste. Il est de cette tradition de la bourgeoisie catalane, fanatiquement anti-ouvrière, mais tout autant anti catholique.

Le Saint Empire Romain Espagnol

En France pour ajouter de la confusion à la confusion catalane, l’ex Sénateur Mélenchon prend parti contre la sécession, cependant que les mélenchoniens de là bas sont pour !
Il semble craindre la métamorphose balkanique de l’Espagne, avec une multitude de petits états, redevenus miraculeusement féodaux : la baronnie Basque, le comté Castillan, la seigneurie Aragonaise, le fief Asturien, le duché d’Estrémadure, la vicomté des Baléares, la principauté Cantabrigianne etc, etc.
Puis par contamination il redoute la transformation de l’Union européenne en un nouvel Saint Empire romain Germanique.

« Il y en a qui ont cela en tête… Une Europe où l’on reviendrait à la période du Saint Empire Romain Germanique, avec des petites principautés, des duchés, des baronnies… »

clâme le Tribun suprême devant son auditoire terrifié.

Saint-Empire-Romain-Germanique ! Quatre mots, quatre monstruosités absolues ! Et rassemblés en une seule Entité cela forme une telle Horreur, une Abomination si ineffable, que le seul fait de l’entendre prononcer vous glace le sang, en fait. En fait, aucune des FIFIlles au Sénateur ne sait ce que c’est, mais elles sentent que c’est pire que tout, en fait. En fait, c’est l’horreur. En fait.
« En fait mes copines catalanes sont peut être abusées, en fait. En fait, Jean-Luc Premier a toujours raison. »

Tous les gauchistes non sénatoriaux voient en Catalogne se dessiner un mouvement libertin de gauche. Seul l’ex Sénateur Mélenchon renifle un mouvement partouzard de droite.

Certains éléments en notre possession semblent militer pour le premier point de vue :
Mardi 3 octobre une grève générale paralysait l’ensemble de la généralité. Une gigantesque manifestation populaire déferlait sur le pavé.
À Barcelone, à Tarragone, les dockers refusèrent d’approvisionner les bateaux à quai, chargés de policiers à ras-bord. Avant d’aller rejoindre la manifestation en gilets fluo.
Trains et métros étaient bloqués.
Des pompiers en uniformes se battaient avec la Gardia civil dans des bureaux de vote.

D’un autre côté, on rencontre à profusion à Barcelone de l’antifa local, en casquette castriste avec sa pouffe féministe tatouée.
Quant à la terrible répression policière, finalement elle ne renversa que les Zurnes, sacrilège ! et ne provoqua que des crises de nerf sur Touitter.
En réponse, les flics impitoyables touitaient des slogans d’amour « Estamos por ti  » (nous sommes là pour toi) !

Quelle farce !

Le bras de fer 

Le soir à la Télévision, le roi Felipe VI prononça un discours extrêmement menaçant. Rejetant catégoriquement l’offre de dialogue du gouvernement catalan, il l’intimait de revenir sur « le chemin de la légalité » .
En dessous, Rajoy rageait, littéralement. Il écumait dune rage à peine contenue, et menaça Puigdemont de « finir comme Companys », l’ancien premier ministre catalan séparatiste qui fut fusillé en 1940 par Franco.

D’aucuns même craignent l’installation d’une nouvelle dictature après un bain de sang.

Aussitôt les instances dirigeantes de l’UE, notre Micro président en tête, prennent le parti pour la rage du Roi et du Rajoy, ce qui renforce la conviction des gauchistes qu’il s’agit d’un mouvement progressiste de libération nationale.

Devant de telles menaces, Puigdemont, représentant de la bourgeoisie catalane, le 19 octobre se dégonflera-t-il ?
Ou va-t-il valider le referendum et crier de sa puissante voix de fausset : INDÉPENDANCE !

Junqueras, (N°2 du gouvernement catalan) a répondu à Rajoy qu’un éventuel dialogue avec l’État espagnol ne pourrait porter que sur l’indépendance de la Catalogne.

L’Assemblée nationale catalane (ANC) déclare :
« Face au rejet par l’État espagnol de toute proposition de dialogue, maintenir la suspension de la déclaration d’indépendance n’a plus aucun sens. »

Déjà les capitalistes s’enfuient à tire d’aile. Deux grosse banques, CaixaBank et Banco de Sabadell ont transféré leur siège social hors de Catalogne. Même chose pour Gas Natural.

L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques Ibériques 

Ces masses mobilisées, comment réagiront elles ? Se laisseront-elles mener par le piercing nasal comme de vulgaires antifas ?
Question, qui ouvre aussitôt sur cette autre : quelle sera la classe sociale qui prendra la tête du mouvement populaire.

La classe ouvrière ?
Je lis dans La Tribune des Travailleurs, un appel à « la solidarité ouvrière » de soixante militants ouvriers d’Allemagne, de France et d’Italie.
Bravo ! Mais dès les premières lignes on condamne l’Europe d’avoir mis « des barbelés à ses frontières ». On se scandalise que ces frontières soient fermées aux « migrants, dont les cadavres reposent au fond de la Méditerranée ».
Que veulent-ils, à la fin, une Catalogne indépendante mais sans frontières ?
Alors indépendante de qui, de quoi ? Comment être indépendants sans frontières ?
La misère et la désolation causées par les guerres impérialistes au service de Sion chassent de leurs pays des foules innombrables. Faut-il les recevoir par millions, par centaines de millions ? Alors adieu antique idéal du socialisme et de la liberté. Exit l’espoir de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques Ibériques. Vive l’État islamique catalan !

Option qui plairait bien, finalement, à ceux qui étaient dans les coulisses de la Moncloa.

La bourgeoisie ?
Si la bourgeoisie catalane cherche l’affrontement, elle ne pourra le faire sans une très grande mobilisation populaire.
A-t-elle si peur d’une révolte sociale, après des années d’austérité, qu’elle préfère la déplacer sur une question pseudo-nationale ?
............ !

Au fond elle milite pour un vulgaire Brexit interne à l’Espagne. Mais l’Espagne n’est l’U.E mais une vieille nation.
L’accouplement de la bourgeoisie catalane avec le peuple sur la question du séparatisme na pourra mettre an monde qu’un avorton national et politique, n’en doutons pas.
Un avortement de plus dans la clinique gynécologique des vieilles nations d’Europe qui se délitent.
Mais un avortement ça saigne aussi.

 

Félix Niesche
Paris le 14 octobre 2017

 

Retrouvez Félix Niesche lors de l’étape parisienne du Tour anniversaire E&R !

Notes

[1] Cette citation nous expose à un virement de bord de la rédaction d’E&R au sujet du séparatisme catalan : mais je cours le risque.

[2] Magali Dumousseau-Lesquer : La Movida Au nom du père, des fils et du todo vale

[3] Les Brigandes

[4] Partido Obrero de Unificación Marxista

[5] Les dirigeants anarchistes ayant honteusement capitulés devant la bourgeoisie dès qu’ils furent revêtu du frac de ministre

[6] Sous le nom de lutte contre l’Hitlero-trotskisme.

[7] Hommage à la Catalogne eut 900 exemplaires vendus entre 1938 et 1950, car presque tous les éditeurs le refusent. C’est la secrétaire d’André Gide qui va le traduire en français à la demande du romancier qui poursuit son soutien aux révolutionnaires traqués par les staliniens

Retrouvez la plume de Félix Niesche chez Kontre Kulture :

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Article ancien.
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13 Commentaires

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  • #1819746
    le 15/10/2017 par Drago
    Séparatisme Catalan

    Hum.. Mélenchon soutient la monarchie... Wahou !!
    Les Jacobins soutiennent toutes les monarchies, Espagnole, Britannique, Qatarie, Saoudienne et leur mange dans la main... sauf celle de la France !!
    Re-Wahou !!
    L’Elysée déteste l’extrême-droite... sauf israelienne et ukrainienne !!
    Re-re-Wahou !!

     

    • #1819842
      le 15/10/2017 par Ned
      Séparatisme Catalan

      Hypocrisie, Escroquerie et Perversité, le slogan officiel de l’Empire.


  • #1819977
    le 16/10/2017 par bonno
    Séparatisme Catalan

    Et l’indépendance du Congo ? Et pourquoi, pas l’indépendance face à la dominance ? Ceux qui veulent détruire en créant l’indépendance des catalans en pensant détruire nos valeurs ne font à leur insu que créer la liberté qui les détruira


  • #1819998
    le 16/10/2017 par looping31
    Séparatisme Catalan

    "Se laisseront-elles mener par le piercing nasal comme de vulgaires antifas ? "

    Excellent ! Du pur Felix !


  • #1820004
    le 16/10/2017 par awrassi
    Séparatisme Catalan

    On attribue tous les maux du monde à Staline ... On lui reproche, en fait, ce que nous voulons construire : une nation patriote, forte, travailleuse et morale. Il faudrait savoir ce que l’on veut. Staline a essayé, mais il a perdu parce que le capital a profité de la seconde guerre mondiale pour libéraliser le monde et les esprits ! On ne change pas des esprits corrompus en moins de 40 ans (1917 - 1953) !!!!

     

    • #1820516
      le 16/10/2017 par Eric
      Séparatisme Catalan

      Sans vouloir vous offenser, je crois que vous devriez lire Douglas Reed, histoire de redescendre un peu. Si Staline n’est pas responsable de tous les maux, il en a plus que sa part.


  • #1820491
    le 16/10/2017 par goydrake
    Séparatisme Catalan

    Si cette indépendance pouvait conduire à l’éclatement de l’UE et de l’euro, à bien y considérer, je ne dis pas non. Je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs les Euro-sceptiques ne se soient pas saisi de la perche, sans tomber dans l’ingérence évidemment. Tôt ou tard il faudra qu’un groupe mène la barque de la sécession pour mettre fin au notre mort lente. L’Otan ne vaut rien sur les terrains d’opérations, si ce n’est se reposer sur des groupes mercenaires pour asseoir le pouvoir de l’empire.

     

    • #1820623
      le 16/10/2017 par Diego_Alatriste
      Séparatisme Catalan

      Tant que la Nation qui se décompose n’est pas la sienne, tout va bien... Le jour où la Corse, la Bretagne, l’Alsace ou le Roussillon commenceront à faire chier et déclareront leur indépendance et que l’UE s’adapte au nouveau cadre, car c’est le business qui compte, on en reparlera.


    • #1820885
      le 17/10/2017 par Eric
      Séparatisme Catalan

      Moi ce que je ne comprends pas, c’est que l’on puisse être naïf à ce point, d’autant que des gens comme Hillard et d’autres ont fait le boulot sur ce sujet. Sans parler même du fait que le simple bon sens devrait nous mettre en alerte. Sinon, merci à Félix pour ses articles toujours drôles et son style qui n’appartient qu’a lui (ce qui n’est pas la moindre des qualités littéraire, si ce n’est même la principale). Mention spéciale au piercing nasal d’antifa qui m’a fait rire tout seul.


  • #1820890
    le 17/10/2017 par Diego_Alatriste
    Séparatisme Catalan

    Oui. Le nationalisme catalan a toujours été le délire d’une bourgeoisie industrielle dont le secteur d’activité principal était le textile. Secteur financé par le reste de l’Espagne grâce à la mesure protectionniste d’une taxe douanière intérieure (« l’arancel »). Au moment où leurs usines ont commencé à souffrir du chaos révolutionnaire, cette bourgeoisie s’est tournée vers Franco afin qu’il sauve leur gagne pain parce que « la peseta es la peseta » (« pecunia non olet »). En gros : le nationalisme catalan est une invention bourgeoise du XIX siècle aidée par l’idéologie antifa contemporaine : sans-frontierisme, droits LGBT, féminisme, etc. Ce n’est pas pour rien que la Catalogne est le laboratoire parfait des libéraux-libertaires... La haine de l’Espagne et une vision historique délirante y est enseignée sans aucune honte. Rajoutez à cela une éducation sexuelle débridée et le reste de lubies de l’idéologie dominante.

    Ils parlent aux gosses de l’invasion romaine de la Catalogne alors que c’était l’Hispania et non pas la Catalogne qui existait déjà à l’époque. Il faudra attendre la fin de la protection carolingienne (« Marca Hispánica ») et l’épanouissement de la Couronne d’Aragon (issue du Royaume de Navarre) au XIII et XIV siècles pour voir les comtés catalans apparaître avec le Royaume de Majorque, Valence et etc. Le rois d’Aragon, en cas d’épuisement de leur lignée, souhaitaient que leurs possessions passaient à la famille régnante de Castille : les Trastamara dont la mère de St. Louis en faisait partie. Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille se sont mariés et hop ! L’un des premiers État-Nation européens est né.

    On ne va pas parler à nouveau de la guerre de Sucession où la Catalogne, et d’autres régions espagnoles, ont soutenu l’Archiduc Carlos de Habsbourg au lieu du candidat Bourbon (Philippe V qui ne fut pas un mauvais roi). Leur défaite n’a rien à voir avec le désir brisé d’une Catalogne indépendante.

    Bref, on pourrait parler de leur Parlement (les Corts), de la révolte des « segadors » au XVII, des décrets de Philippe V, de la « semaine tragique » et de tout ce que vous voulez. Malgré un patois et des traditions qui leur sont propres, de leur réalité historique ne découle aucun droit d’indépendance ou d’autodétermination, réservé seulement aux colonies !

    C’est la « Démocratie » et le fait de ne pas vouloir regarder les choses en face qui a créé deux générations d’ignares radicalisés.

     

    • #1821654
      le 18/10/2017 par Azt
      Séparatisme Catalan

      Tout à fait !
      Vous mettez au clair deux points volontairement passés sous silence dans les médias et où le flou est entretenu :
      1)La Catalogne n’est effectivement pas une colonie. Il suit ce que vous dîtes.
      2) Avec cette affaire catalane les gens ont un raisonnement binaire : une langue, un pays, un peuple. (Tiens ça me rappelle les heures les plus sombres... mais là c’est autorisé ?)
      Or c’est l’histoire qui est juge.
      Il y a des pays avec une seule langue, d’autres avec deux langues ou encore deux pays séparés avec la même langue.
      Tout n’est pas axiomatique et mathématique comme ils veulent nous le faire croire, en rabotant les frontières à leur guise.


  • #1822172
    le 18/10/2017 par ludo72
    Séparatisme Catalan

    Merci de sortir cette photo magnifique du Caudillo et de son héritier, qui symbolise le temps où l’Espagne avait encore un Etat qui tenait la route, que cela plaise ou non ! Au fond, peu importe que la dictature soit de "droite" ou de "gauche" ; l’essentiel est qu’elle tire sa légitimité à la fois de l’histoire et de la tradition politique du pays, et surtout qu’elle soit garante du bien commun et du bien être du peuple. Mais ce type de régime étant par essence temporaire, Franco a eu le génie de le faire perdurer -au moins dans certaines formes- par la restauration de la monarchie, seul régime vraiment national et vraiment légitime. Ce que n’a pas su ou voulu faire De Gaulle en France, et aujourd’hui on ne peut que s’en mordre les doigts...


  • #1822420
    le 19/10/2017 par Morticia
    Séparatisme Catalan

    La Catalogne très industrialisée, a subi une très forte immigration interne (notamment en provenance d’andalucia), et également une immigration externe de moindre ampleur (Magrebh, Amérique latine,).

    Je ne connais pas les chiffres exacts, mais je pense que plus de la moitié de la population de Catalogne n’est pas Catalane "de souche". Dans ce contexte 43 % (de la population présente en catalogne) signifie que pratiquement 100 % des Catalans veulent l’indépendante. Les autres ne devraient pas avoir le droit de s’exprimer sur ce sujet.

    Le même probléme a eu lieu en Corse. Lors du référendun pour la supression des 2 départements, le Non a gagné car "les continnentaux" ont voté non (ils n’avaient pas à donner leur avis), les Corses ont votés Oui, mais ils sont minoritaires chez eux.

    En Kanakie, en 2018, il y aura un référendum pour ou contre l’indépendance. On sait d’avance que les Caldoches qui ne sont pas chez eux, et qui sont les plus nombreux, vont votés pour le non, au détriment des Kanaks qui sont chez eux.

    Idem au Tibet... Et la liste est longue, puisque pourtout la puissance coloniale s’acharne à déplacer les populations afin que les peuples conquis deviennenet minorotaires chez eux.

    Mais dans la république colonniale de france, le système médiatique se garde bien d’évoquer une telle réalité. La pensée unique est la norme.