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Comment l’Allemagne, 50 ans après, a remis l’Europe de l’Est au travail forcé

« La dégradation de la balance commerciale de la France s’est accentuée en 2017, avec un déficit qui s’est établi à 62,3 milliards d’euros, le plus haut depuis 2012, contre 48,3 milliards un an plus tôt, selon les statistiques publiées mercredi par les Douanes. Le dernier excédent commercial de la France remonte à 2003. » (Source : Les Échos du 7 février 2018)

« Alors que la France voit son déficit commercial se creuser , l’Allemagne, à l’image des voitures qu’elle exporte par millions, trace sa route comme si de rien n’était. Selon l’Office des statistiques, la première économie européenne a enregistré en novembre des exportations en hausse de plus de 8 % par rapport à 2016, à 116,5 milliards d’euros. Sur onze mois, ses exportations ont atteint près de 1.280 milliards. A priori, le record de 2016 a été battu en 2017. » (Source : Les Échos du 10 janvier 2018)

Pas une journée sans que nos journaux économiques ne comparent les résultats de la France et de l’Allemagne et ne finissent par enfoncer l’économie nationale. Il est vrai que la France se trimballe un déficit du commerce extérieur grandissant quand son voisin bat des records d’excédent extérieur.

 

 

L’explication résiderait, selon nos économistes libéraux, dans un cahier des charges social trop lourd, un code du travail paralysant, des contraintes étatiques pesant sur nos pauvres entreprises. Ça, c’est le discours du MEDEF repris par les perroquets placés dans les grands médias, la plupart de ces oiseaux ne comprenant goutte à l’économie, ou ne s’intéressant qu’à son exploitabilité en termes de propagande. Si on peut enfoncer les lois sociales françaises et tout leur mettre sur le dos, autant y aller franco.

 

 

En réalité, pour ceux qui creusent un peu le sujet, sans même être surdiplômé en économie, de nombreux facteurs viennent contrebalancer ce complexe français. Par exemple, le chômage de masse tricolore est le résultat direct et indirect de notre balance des échanges déficitaire, pas du travailleur français qui serait vindicatif, tire-au-flanc et anti-patrons. Ceux qui ont regardé à la loupe les salaires horaires moyens voient bien que les pays d’Europe du Nord payent mieux avec parfois aussi une forte redistribution nationale.

L’explication ne réside donc pas à 100% dans le Français trop payé par rapport au Roumain ou à l’Espagnol. D’autres critères entrent en ligne de compte comme la formation, le niveau réel des diplômes, etc. Non, le travailleur français n’est pas trop cher, n’en déplaise au fils Gattaz et à ses larbins-relais des fenêtres de tir économique en radio, presse et télé. Les conclusions de la bande d’Acrimed sont à ce sujet sans appel : l’écrasante majorité des observateurs et commentaires économiques des médias de masse sont pro-libéraux. De communiste il n’y a plus, de souverainiste il n’y a point, ou si peu. Un Montebourg a bien tenté de faire passer l’idée du nationalisme à côté d’un socialisme économique, mais il a fini éjecté de son siège de ministre. À droite n’en parlons pas : c’est à celui qui sera le plus américanophile, le plus anglophile, le plus antifrançais.

 

 

Bref, l’économie française devrait plus regarder outre-Rhin et appliquer les solutions concrètes de la Grande Allemagne. Sauf que ça n’est pas possible. Et pourquoi ? Parce que le travailleur français est fondamentalement différent et inférieur au travailleur allemand, discipliné, précis, méticuleux ? Que nenni, l’ouvrier, le technicien ou l’ingénieur français sont aussi qualifiés que leurs cousins germains. Pour ne prendre que l’exemple de la finance, les jeunes diplômés de la finance française qui sortent des écoles et qui traversent le Channel ont une haute valeur ajoutée : ils sont supérieurs en théorie à leurs cousins britanniques. Mais la City est à Londres, pas à Paris. C’est une autre histoire...

Non, s’il y a une énorme différence industrielle entre la France et l’Allemagne, différence qui s’agrandit depuis un siècle, c’est à cause de politiques industrielles indignes, idiotes ou inexistantes. Sinon carrément traîtresses à la nation. La vente à la découpe des meilleurs morceaux de notre économie ne date pas d’hier et est le fait d’une élite transnationale, ou d’une soi-disant élite, qui fait passer ses intérêt avant ceux du peuple. C’est un fait et ça a été largement prouvé, ne serait-ce que par Henry Coston. La liste des entreprises ou des fleurons nationaux possédés en partie par des grandes banques ou des multinationales anglo-américaines, sans oublier la finance apatride, dépasse l’entendement. Mais c’est la réalité du libéralisme universel, et peu de pays y échappent. Sauf l’Allemagne, qui a bien géré sa barque et ses intérêts. Mais alors, comment fait-elle pour dégager cet excédent qui lui permet d’embaucher, alors que notre déficit nous « permet » seulement de débaucher ?

 

De l’Hitlerland à l’Hinterland

D’abord, la France et l’Allemagne n’ont pas le même passé industriel. La France était traditionnellement un pays d’agriculture où l’industrie s’est moins développée qu’en Allemagne qui a des climats moins favorables, et aussi moins de place, avec un pays qui s’est réuni tardivement (on parle des Länder, pas de la réunification post-1989). Et puis les deux grands de l’Europe des 27 n’ont pas la même politique économique, ni le même tissu d’entreprises. On ne va pas entrer dans les détails mais ce qui fait la puissance exportatrice de l’Allemagne, c’est son fameux Hinterland qui est sa chasse gardée.

Et à ce propos on peut se poser des questions rétroactives sur la balkanisation de l’ex-Yougoslavie au début des années 1990 sous l’influence du renseignement allemand... qui vise au bout du compte, à l’instar de la CIA ou de la NSA pour les États-Unis, à augmenter la puissance nationale. Le travail de sape du communisme à l’Est, qui a servi et l’Amérique et l’Allemagne, a recréé cet espace vital dont l’industrie (depuis toujours) et l’agriculture (depuis peu) allemandes ont besoin. Pour leur expansion, pour leurs débouchés, pour leur main-d’œuvre. Merkel a achevé par l’économie ce que Hitler a voulu imposer par la guerre.

Sans le dégel à l’Est, l’excédent commercial allemand ne serait pas aussi élevé. Car c’est avec son Hinterland (arrière-pays) que l’Allemagne fait ses grosses marges. En Asie aussi, et avec l’Europe de l’Ouest, mais là les échanges sont moins déséquilibrés. On peut dire qu’en moins de 30 ans, l’Allemagne a recolonisé l’Europe de l’Est, qui correspond au groupe de Visegrad. Elle a mondialisé son économie à sa porte, pas en Asie du Sud-Est comme de nombreux pays occidentaux. La relation qu’elle a avec ses voisins slaves est celle d’une dépendance réciproque forte, et très protégée. Ce que Stephen Gross, historien de l’économie, appelle la « délocalisation de proximité ». Pas la peine de faire construire ses voitures, ses machines-outils et pousser ses troupeaux au bout du monde, avec des porte-conteneurs qui mettent trois semaines à traverser les océans : les bas salaires et la haute technicité des ex-pays socialistes lui tendent les bras !

 

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1942-2018 : même combat !

 

L’Empire d’à côté

Pourtant, avant même l’effondrement du Mur et la levée du Rideau de fer (expression de Churchill), l’économie ouest-allemande sous-traitait déjà à l’Est, malgré toute la désolation qu’elle y avait semée en 40-45 ! Eh oui, l’économique passe avant l’histoire, il faut bien vivre. Les Polonais, les Tchèques, les Hongrois et les Slovaques, qui ont tous souffert d’un côté ou de l’autre de la machine de guerre germanique, se sont à nouveau pliés à sa loi. La loi de la survie, surtout. Dépouillés de leur économie étatisée, ils ont fini par être remodelés selon les besoins spécifiques de l’économie allemande, qui est très expansionniste dans l’âme. Si elle a une âme... On a ainsi pu parler de « colonisation » de l’Allemagne de l’Est après son absorption par sa grande voisine. Les usines vétustes ont été rasées, les machines modernes (ah, la machine-outil de couleur verte, d’un vert presque militaire, un vert-de-gris !) sont arrivées, et ce sont les grands patrons de Bonn qui ont refait le paysage industriel. Il s’en est suivi une montée terrible du chômage, qui a expliqué en partie le rejet des populations allogènes dans les années 90, les foyers turcs qui ont brûlé...

Aujourd’hui un autre genre d’immigration menace la paix sociale allemande, mais ce que le patronat veut, le politique le veut. Merkel travaille pour le MEDEF allemand (la fédération de l’industrie) et elle ne s’en cache pas. Les Allemands ne sont pas majoritairement contre puisque l’embauche suit, et même plus vite que la formation nationale qui ne fournit plus assez d’ouvriers et de cadres : la démographie allemande décline. L’Allemagne est à elle seule une Europe dans l’Europe : plus de 40 000 jeunes diplômés du supérieur espagnols ont fait le voyage pour gagner leur vie. C’est mieux que les 18 % de chômage du côté de Madrid ou Barcelone (50 % de chômage des moins de 25 ans en 2012)... Ceux qui veulent entrer dans les détails de cet appétit économique peuvent lire ou acheter l’article du Monde diplomatique sur le sujet, qui nous a bien inspirés. Nous allons en citer des morceaux, mais pas tout car nous sommes confraternels, pas comme les Allemands. Premier pâté de l’excellent papier de Pierre Rimbert :

« Il profite pour ce faire d’un vieux mécanisme de délocalisation aussi discret que méconnu : le trafic de perfectionnement passif. Cette procédure codifiée en droit européen en 1986 autorise l’exportation temporaire d’un bien intermédiaire (ou de pièces détachées) dans un pays non membre où il sera transformé, façonné – perfectionné – avant d’être réimporté dans son pays d’origine en bénéficiant d’une exemption partielle ou totale de droits de douane. Après l’effondrement du bloc de l’Est, l’élargissement des quotas d’importation en provenance des pays d’Europe centrale ouvre au patronat allemand des perspectives euphorisantes. Sous-traiter le chromage de robinets ou le polissage de baignoires à des ouvriers tchécoslovaques surqualifiés mais sous-revendicatifs ? Confier du tissu aux doigts agiles de Polonaises payées en złotys et récupérer des vestes qui seront vendues sous un nom de marque berlinois ? Faire décortiquer des crustacés dans le pays voisin ? C’est possible dès les années 1990, comme si les frontières de l’Union européenne étaient déjà effacées. »

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La Grande Allemagne (et son Hinterland) ne connaît pas la crise

 

Qui empêche la France de faire pareil avec ses voisins ? Disons que la France n’est pas pangermanique dans l’âme... Au bout du compte, historiquement et économiquement, les pays situés à l’Est de l’Allemagne sont devenus germano-dépendants. Ils produisent local pour pas cher et achètent... allemand plus cher ! Par la suite, les multinationales allemandes ont carrément investi pour installer des filiales chez ces voisins conciliants. Les dirigeants des pays est-européens ne se sont pas opposés à cette invasion car qui peut se permettre de refuser du travail en période de chômage de masse ? On rappelle que 24 millions d’Européens en âge de travailler ne le peuvent pas, dont 18 dans la zone euro.

Rimbert insiste sur l’exemple de l’industrie allemande florissante mais on peut aussi parler du boom relativement récent de l’agriculture allemande qui a de la même façon profité des grandes fermes (presque des « kolkhozes ») de l’ancienne Europe de l’Est. Il y avait des bras, de la qualification, de la place : Hongrie et Roumanie feront le succès des exportations de viande de bœuf made in Germany, sachant que les troupeaux sont élevés dans des conditions sanitaires douteuses et les morceaux, la partie la plus juteuse de ce business, revendus dans toute l’Europe. C’est ainsi que l’agriculture allemande a dépassé à l’export l’agriculture française. Pour donner un ordre d’idée, c’est comme si la production agricole espagnole se faisait sous pavillon français...

Est-ce de la triche ? Non, en économie, il n’y a pas de lois, pas de morale. C’est le plus fort, le plus tordu, qui gagne.

 

Pax germanica

« Ainsi l’Allemagne devient-elle au tournant du millénaire le premier partenaire commercial de la Pologne, de la République tchèque, de la Slovaquie et de la Hongrie. Lesquelles représentent pour Berlin un arrière-pays de soixante-quatre millions d’habitants transformé en plate-forme de production délocalisée. Bien sûr, Italiens, Français et Britanniques profitent eux aussi de ce commerce asymétrique. Mais à moindre échelle. Audi et Mercedes encombreraient peut-être moins les chaussées de New York et de Pékin si leur prix n’intégrait pas les bas salaires polonais et hongrois. »

On comprend mieux pourquoi, avec le recul, l’Allemagne a tout fait pour intégrer ses voisins de Visegrad dans l’UE en 2004 et aussi pourquoi elle a participé à l’implosion de la Yougoslavie, ce gros morceau bien nationaliste, bien slave, qui résistait à son rouleau compresseur. Comme il lui avait résisté très durement après le printemps 1941. On rappelle que la Yougoslavie s’est débarrassée toute seule de l’occupant nazi, et au prix de fleuves de sang. Finalement, 30 ans plus tard, elle finira par perdre sa souveraineté sous les coups de boutoir de l’OTAN, ce masque pour les intérêts américano-allemands. L’intégration européenne globale a donc fait, ou refait, la Grande Allemagne. Qui ne règne pas seulement sur son Est :

« L’ombre que projette sa puissance sur la carte du continent dessine un Saint Empire industriel dont le centre achète le travail plus ou moins qualifié de ses provinces. Au nord-ouest, les Pays-Bas (principale plate-forme logistique de l’industrie rhénane), la Belgique et le Danemark ont ce grand voisin pour premier débouché commercial ; mais leurs industries à forte valeur ajoutée et leurs États développés leur garantissent une relative autonomie. Tout comme l’Autriche, au sud, elle aussi intégrée aux chaînes productives et aux intérêts allemands, tout en possédant ses propres fleurons, notamment dans les services et les assurances. Mais à l’est, en position subalterne sinon coloniale, les industries polonaise, tchèque, slovaque, hongroise, roumaine et même bulgare dépendent de leur premier et principal client : Berlin. »

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2018 : le grand patronat allemand passe en revue les troupes de travailleurs de l’Est

 

Et c’est parce que le grand patronat allemand avait à sa porte ce réservoir de plus de 60 millions de travailleurs et consommateurs potentiels que les syndicats de travailleurs allemands ont dû accepter les nouvelles lois « sociales » de la fin des années 90 (la commission Hartz de « fluidification » du marché du travail est l’équivalent de notre commission Attali, ce chapeau d’où le petit lapin blanc Macron sortira) dont le patronat français dit le plus grand bien. Étonnant, non ? Qu’on ne s’y trompe pas : ce ne sont pas les baisses de salaires consenties et l’abrogation d’un salaire minimum qui ont produit ce second miracle allemand, mais bien les travailleurs semi-forcés derrière le Rideau de fer transparent ! La flexisécurité, elle a bon dos. Tout ça pour dire à nos donneurs de leçons libéraux placés à tous les points stratégiques de nos médias qu’il faut arrêter de nous couillonner avec le miracle allemand.

Et la France dans tout ça ? Elle s’est cognée son empire colonial du bout du monde pendant trop de décennies, pendant que l’Allemagne fondait le sien à sa porte. D’abord par les armes, puis par le travail. Forcé.

Il n’y a pas d’économie sans Histoire
ni d’Histoire sans économie,
lire sur Kontre Kulture

 

Sur l’économie politique franco-allemande, chez E&R :

 



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32 Commentaires

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  • Apres ce complet exposé, qui peut croire encore que macron et le reste de l’Europe ont voix au chapitre...
    Article à rediffuser pour les élections européennes de mai 2019.


  • "On rappelle que la Yougoslavie s’est débarrassée toute seule de l’occupant nazi".
    Nazis allemands et italiens.


  • Pour comprendre pourquoi l’Allemagne se développe alors que la France régresse, il suffit d’essayer de démarrer une PME en France.
    Evidemment, les collectivistes préfèrent toujours parler d’emploi plutôt que d’entreprise, en occultant le lien entre les deux.


  • si cela est, c’est avant tout parce-que certains ( a tout les niveaux )
    ont voulus qu’elle le devienne

    dès les années 50, le secteur de l’automobile fournit de nombreux exemples

    dans les années 60/70 ont été marquées par un régime de préférence
    manifeste se traduisant par l’ouverture de marchés aux uns et la fermeture
    aux autres
    pour exemple, les déboires au etat-unis de la renault dauphine face au succès de la vw coccinelle en sont l’illustration ( merci qui ? merci walt disney )
    il faudrait un livre pour expliciter tout cela

    la rfa s’est opposée, pendant de longues années, a l’importation de la dauphine
    au prétexte que ses vitrages (fabriqués par st gobain) étaient dangereux
    oubliant de préciser que la meme société ( st gobain ) fournissait des vitrages
    de qualité identique a vw pour sa coccinelle
    et hop un marché en moins pour renault, lorsqu’elle fut autorisée a l’importation
    elle était devenue obsolète

    concernant la qualité, proverbiale et légendaire des produits allemand il
    convient de l’analyser par rapport a son coût
    en 1972 un 504 gl coutait 16 000 NF et une mercedes 200 26 000 NF ( automobiles de même classe et de meme cylindrée , aux performances identiques )
    mais il y avait "l’etoile" , et a 10 000 / piece, en effet, cela changeait tout
    dans le chef lieu de canton

    M Drac dans ses notes de lectures analyse un ouvrage demontrant par le détail que
    l’économie allemande marche sur un tapis de roses qui lui cache l’abyme
    ( cf sa chaine youtube )

    alors l’allemagne ceci, l’allemagne cela .... l’allemagne est (re)devenue ce que nous avons bien voulu ce qu’elle (re)devienne

     

    • La tôle, les pare-chocs des Dauphines étaient trop fins pour résister aux coups de butoirs des énormes Américaines dans les stationnements. La tôle des VW et ses pare-chocs étaient aux normes américaines. Résultat, la petite VW tenait le coup. Idem pour la mécanique rudimentaire (refroidissement à air) mais increvable de la VW. D’ailleurs, comment expliquer le succès des Japonaises aux USA. Le manque de sérieux des Français (les gauchistes factophobiques qui préfèrent l’incantatoire à la réalité des faits) les coule aux yeux du monde. Le cynisme est une qualité mentale extraordinaire que les Français qualifient bêtement de vice monstrueux. Le problème de la France, c’est dans la tête que ça se passe. Goethe disait fort justement : "Les Français ont le ’génie’ (il est trop poli ce brave homme) de prouver que ce qui est vrai est faux et que ce qui est faux est vrai." Le Français-type adore les idées fausses qui on l’air d’être vraies. Mauvaise pioche. De toute façon, la France est morte... et depuis pas mal de temps.


    • @dixi

      1euro =2 marks


  • après ce joli exposé , voir les salaires des ouvriers Allemands , COMPETENTS , c’est du 4000 € net ......
    compétents .... il faut le voir pour le croire !
    on en a ici aussi environ 20% des ouvriers ..
    et 50%de boulets

     

    • Vos salaires doivent être ceux de vieux contrats de travail. Les nouveaux sont nettement moins généreux et plus restrictifs. Temps plein à 40h par semaine et 12 mois... Votre description c’était avant le socialo Schröder et ses mesures Hartz IV....
      A vous touchez le chômage pdt 1 an plafonné, pdt ce temps vous avez 20 jours de vacances et vous devez obligatoirement demander l’autorisation 1 semaine avant le départ.... et ils peuvent vous le refuser. Sympa si vous avez de la famille à visiter en avion ou train. C’est connu que le chômeur a les moyens de se payer les tarifs les plus chers. Ce ne sont que mesquineries et tout est excuse pour vous baisser vos droits.

      De bons emplois sont occupés par des cohortes de stagiaires payés au lance-pierre, comme en France. Sans parler des mini-jobs qui n’ouvrent droit à rien, ni retraite mais pas d’assurance maladie non plus, si jamais vous êtes sans conjoint il vous faudra payer vous-même sur votre maigre salaire de 450 eur par mois.
      Le mirage allemand permet d’attirer les jeunes talents étrangers, et de ce fait léser leurs pays d’origine (surtout les autres pays de l’UE car de là viennent les plus diplômés). Ils ont au début l’impression de faire fortune mais tout cela est un leurre, le temps venant ils s’apercevront avoir contribué à l’enrichissement de l’Allemagne (du business) en payant bcp d’impôts (ici c’est le salarié qui est pressé) et lui n’a presque rien, et surtout pas de retraite.

      Et cerise sur le gâteau, après 30 ans de luttes acharnées sur leurs enfants, les féministes ont gagné : tout bon allemand pisse assis !!!!


    • je vais rester dans le domaine de " l’exposé", celui de l’industrie automobile.

      si j ai choisi ce secteur c’est qu’il représente 13 % du PIB allemand et près d’un cinquième des exportations du pays, cette branche est donc représentative

      Un carrossier gagne en Allemagne 2.689 euros bruts contre 2.250 euros en France.
      Pour un mécanicien l’écart est encore plus important : 2.006 euros en France contre 2.689 euros en Allemagne.

      la productivité moyenne, en France est de 55 e par heure travaillée, soit quasiment identique a celle de l’allemagne, et si on compare les chiffres depuis 1970 il n’y a aucune différence significative.

      la compétitivité allemande repose surtout sur la forte disparité de ses salaires
      - d’un côté des salaires très faibles permettant une maîtrise des coûts,
      - de l’autre des rémunérations élevées pour les postes les plus qualifiés, en particulier dans le secteur industriel.

      alors arrêtons de tout mettre sur le dos de l’ouvrier Francais, les dirigeants et les politiques ont leurs parts de responsabilités

      regardons aussi cette analyse :

      " N’oublions pas que la vitesse est libre sur une bonne partie des autoroutes allemandes, ce qui favorise la vente de gros véhicules puissants, lesquels font la renommée de l’industrie auto germanique dans le monde entier. Enfin, la politique fiscale des gouvernements allemands successifs n’est pas dissuassive vis-à-vis des voitures de forte cylindrée. Celle-là même qui génèrent les marges" ... je compléterai avec la gratuité des autoroutes

      les pouvoirs publics ont tués cette industrie, a petit feu

      enfin, pour citer le magazine l’Automobile : "la qualité de fabrication allemande – qui est réelle – n’empêche pas de vrais problèmes, de fiabilité, à l’usage", c’est pour cela qu’une dacia sandero se classe parmi les 1ere en terme fiabilité


    • Pour 4 000 € net je veux bien retourner à l’esclavage de masse ! (le salariat)

      Moi on m’achète pas !


    • 4000€ par mois, en Bavière ? J’ai plusieurs amis ouvriers en Allemagne. Après 12 en poste, en pleine force de l’âge et avec d’excellents résultats, ils plafonnent à 2300 avec les heures sup. Sachant au’en Allemagne, un "CDI" est révocable en un mois de préavis et que la perte d’emploi entraîne la perte immédiate des droits à l’assurance maladie. Ajoutez à cela le fait que les banques prêtent très facilement (pour gonfler les prix de l’immobilier et faire tourner la conso inutile- grosse crise des CDS en vue) et l’âge de la retraite à un âge avancé, je vous laisse imaginer la misère qui règne dans ce pays. En France, ce n’est pas mirobolant, mais au moins, les français peuvent encore se soigner et manger correctement, sans être obligés de changer de de voiture tous les dix ans à cause des normes "antipollution". Et pour info, les cadres ne sont pas mieux payés non plus en Allemagne.


    • @Charly
      Je complèterai votre commentaire en ajoutant qu’en France, les charges patronales et salariales sont plus élevées et que le salaire est sur la base de 35 heures. L’objectif des élites allemandes est en effet de prendre les forces vives et de détruire les autres économies de la CEE ; nous sommes bel et bien en guerre contre ce pays et l’Europe est un cheval de Troyes. Encore un thème que jmlp avait dénoncé. Mais heureusement, les allemands pissent assis et leur féminisme s’exporte bien.


  • Ayant vécu une quinzaine d’années en ALLEMAGNE dans les années 75/80 , j’ai très vite compris que le mythe de l’allemand travailleur était du flan.Il suffisait de voir les horaires de prise du travail et de départ, de voir que tout est fermé très tot dans la soirée, que les magasins n’ouvrent pas deux samedis par mois , etc....Et pour ceux qui critiquent les arcanes de l’administration française , je dirai qu’ils sont infiniment plus diligents et ouverts que les germains , ou l’on se heurte immédiatement à la paperasse et à une multitude de tampons et de réglements .
    Le problème français ne se situe pas au niveau du travail, il est dans la gabegie, les dépenses somptuaires, le puits sans fond des subventions, des ONG, des partis, des détournements, magouilles etc...

     

    • Jamais les Allemands n’auraient bradé toute leur sidérurgie à un Mittal comme l’ont fait ces c... de Français en lui vendant Arcelor . En Allemagne l’intérêt national n’est pas un vain mot . Jamais les Allemands n’auraient bradé Péchiney aux US, ou Alstom Energie à General Electric . Par contre les Allemands de Siemens ont racheté les TGV d’Alstom, c’est à dire les meilleurs trains du monde ! Tous ces scandales s’expliquent par les retro commissions palpées au moment des ventes, et le mépris des "élus" pour les entreprises françaises qui ne sont pour ces voyous que des occasions de s’enrichir .


  • A part la vieille 403 de Colombo il n’y a pas une seule voiture française aux USA . Pourquoi ? Parce que ce ne sont plus que des copies médiocres, avec plusieurs années de retard, des voitures allemandes, elles très présentes sur le marché US . Pas fous les US préfèrent l’original à la copie plus ou moins ratée . La force de l’Allemagne c’est le prestige mérité du Made in Germany .


  • Édifiant !
    Mais est-ce qu’une âme charitable peut m’expliquer à quel moment et pourquoi ils risquent de se vautrer ? Je ne comprend pas comment ce serait possible étant donné que tout le monde y trouve son compte, excepté l’ouest...

     

    • Si jamais un pays comme l’Italie ou l’Espagne sors de l’euro, il va y avoir un énorme manque à gagner et une perte colossale pour l’Allemagne. Or, l’économie allemande marche sur des œufs : au moindre problème, ça sera une crise CDS x1000. Le pays explosera bien plus violemment que tous les autres pays UE. Il sont donc content avec Micron.


  • L’Allemagne ceci, l’Allemagne cela...
    Et si on allait également reluquer du côté de la monnaie ?
    Une monnaie c’est un pays, un peuple, une économie...
    L’euro qui n’est pas une monnaie unique mais un ensemble de monnaies homonymes (subsistance des banques centrales nationales) gomme toutes les monnaies nationales ayant chacune leur propre taux de change par rapport au cours pivot de l’USD.
    De fait l’euro-mark est très favorable à l’Allemagne et booste ses exportations et son économie (l’euro est en quelque sorte un mark bis taillé sur mesure).
    Pour la France c’est le contraire, l’euro-franc est trop fort et cela handicape nos exportations et donc vicie notre économie.
    Idem pour l’euro-lire, l’euro-pesetas et l’euro-drachme...

     

    • Oui, je pense que vous avez raison , car le nerf de la guerre dans un pays , c’est bien sa monnaie, et c’est peut-être le plus important .L’euro a sacrifié tous les pays de cette zone sauf bien sûr l’Allemagne, puisque : 1 euro=1 mark, ce qui n’est pas la même chose pour les autres pays .L’Allemagne était déjà un pays exportateur de par sa qualité et sa machine-outil ainsi que son acier , mais, les autres pays comme la France était en excédant d’exportation avant l’euro, parce qu’elle compensait par sa monnaie . Chaque pays avait sa propre monnaie et sa propre économie. C’est l’euro qui est à l’origine de la perte de compétitivité des pays entourant l’Allemagne. Conclusion, l’euro a été bâti pour l’Allemagne afin d’affaiblir les autres pays pour les assouvir .


  • Après s’être tapée l’Europe de l’Est, l’Allemagne va sans doute se taper l’Europe de l’Ouest, à commencer par la France qui est sur la pente descendante . Alors se réalisera la prophétie d’Hitler : " L’Allemagne c’est l’Europe ou ce n’est rien du tout " .

     

  • Les pays de l’est, comme la Grece, ont recu et recoivent des subventions faramineuses de la part de l’Allemagne. Sans les boches ils ne peuvent presque pas survivre. L’ UE est un instrument avec laquelle on saigne l’Allemagne à blanc. C’est aussi, comme l’Euro, Versailles sans guerre.


  • A l’ouverture en 1991, la France avait une aura fantastique auprès des populations d’Europe Centrale. Les Allemands étaient très mal vus mais faisaient preuve de bon sens et de pragmatisme, les entreprises françaises envoyaient des incompétents qui pensaient en Parisiens incapables de s’adapter aux réalités locales. Je parle en connaissance de cause, j’ai assisté impuissant à ce carnage.


  • La bonne explication/conclusion est dure à admettre : on est plus cons que les allemands qui ne brillent que grâce à notre incompétente bêtise.
    Pendant que les Allemands réfléchissent et travaillent, nous on ressasse le nazisme 24h/24h, 7 jours sur 7, 365 jour par an. Cherchez l’erreur...


  • Que les préoccupations sociales soient foulées du pied sur le territoire national ou à l’etranger, c’est pareil. In fine il s’agit du dilemme productivité/ droit social.
    c’est la plus value sur la misère salariale qui fait la richesse du capital et ce n’est pas parce que l’Allemagne fait jouer la concurrence avec des travailleurs de l’Est que c’est plus vertueux. D’ailleurs elle le fait surement aussi sur son propre territoire grâce ou à cause du million de "migrant" qu’elle a fait entrer sur son territoire. Faire du dumping social sur le territoire ou l’extérieur revient mécaniquement et moralement au même.


  • Il serait bien d’etudier plus profondément quelques chiffres pour connaitre la réalité des conditions sociales actuelles que l’auteur décrit comme bonnes. Quid des redistributions de richesses sur les allemands avec 62 millions de concurrents de l’Hinterland. On connait surtout la redistribution de sous marins à l’entité sioniste et les réparations post shoatique.

    Que ça soit par la diplomatie ou par la guerre l’Allemagne cet impératif d’espace vital. Que ces pays du Višegrad se prémunissent de cet impérialisme et c’est les conditions des années 30 qui se reformulent. Alors doit on se réjouir de l’impérialisme allemand ou doit on souhaiter l’émancipation économique ( donc politique) du Višegrad ? Que ces peuples se hissent à des conditions sociales acceptables et qu’ils se protègent des ravages des société occidentales. Doit on en finir encore une fois avec l’Allemagne ou faire semblant de ne pas comprendre le ressort de cette suprématie ? Doit on imiter les allemands ou se résigner à la fatalité du sort que nous réservent l’histoire et aux destinés sans doute différentes de ces deux peuples et à l’accélération de l’histoire ?

    L’article ne dit pas pourquoi l’industrie allemandes n’a pas été vendue à la découpe comme l’industrie française. Les traites à la nation sont pourtant de tout les pays et surtout en Allemagne qui est une pièce maitresse de l’axe américano sioniste ( héritage des année 30 et de la 2eme guerre mondiale). S’il y a un intérêt à démanteler l’industrie française et un surinvestissement ( national et supranational) sur l’industrie allemande, c’est qu’il devrait bien y avoir des raisons objectives sur le plan socio économique et géopolitique. (Cela dit l’économie allemande est parfois frappée par la toute puissante "justice" américaine comme dans l’affaire VW.)


  • L’Allemagne a certes bénéficié de la loi 1986 sur le "trafic de perfectionnement passif" qui permettait de sous traiter à les taches à faibles plus-value aux ateliers de l’Europe de l’Est. L’Allemagne a travaillé ensuite à l’intégration en 2004 du Groupe de Višegrad au risque de l’amélioration du niveau de vie et de l’inflation sur les salaires. Mais la question est pourquoi la France en a pas fait autant ?

    Autre exemple de contradiction au prix d’une mutation complète de notre économie, et le marqueur en est l’attente des effets du Brexit pour recevoir à Paris la première place boursière européenne, est la politique de formation de très bons traders français, cités dans l’article en substance, partis à Londres jouer sur les marchés financier au détriment souvent du secteur primaire. D’où la baisse en partie des prix sur les matières premières, soit atteinte direct à notre modèle agricole de ferme familiale à taille humaine.

    L’article ne dit pas non plus les conséquences économiques et commerciales rapportées à l’Allemagne à la suite des luttes yougoslaves lors de la 2eme guerre mondiale te le bombardement otanesque des année 90.


  • Et on va encore nous bassiner avec le "couple" franco-allemand.... Face à ce mastodonte industriel, il est EVIDENT qu’il nous faut rétablir des frontières - pas hermétiques, simplement un filtrage. Le bon sens même pour notre économie !


  • Les allemands sont entrain de se construire un cercueil en or. C’est certes un grand peuple à l’apparence mais ce n’est que des pures machines à produire. Castrés depuis l’episode nazi, il ne leur reste que le productivisme et le pragmatisme economique. Ils ont su négocié une Europe à leur mesure et se sont élevés tres haut selon les standards modernes mais leurs chutes pourraient etre brutales.

    Car l’Allemagne C est le pays de la consommation démesurée à l’americaine. Ils ont peu de considération pour l’environnement, la preuve en est le retour au charbon et l’illusion et l’arnaque de l’eolien. Tout cela n’est pas preuve d’une grande intelligence ou d’un grand sens patriotique.


  • Ce qui faut tirer de ce comparatif France Allemagne, c’est peut être une réflexion sur la place que nous voulons occuper car on ne pas etre partout :
    . On se réjouit d’être le premier pays touristique mais le destin des français n’est pas de servir des cafés aux touristes.
    . On ne veut pas trop d’infrastructures parce que notre environnement est trop beau pour le défigurer.
    . On ne peut pas trop s’industrialiser pour ne pas perdre l’artisanat et nos traditions.
    . On ne veut pas de la société de consommation qui cause depression et nevrose.

    Tout ce que l’on ne veut pas être ou faire, les allemands en sont peut être volontaires.

    Le miracle allemand ne pouvait se faire sans laisser du monde sur le carreau.

    La grandeur se fait forcement aux détriments des petits.
    La richesse au détriment des des pauvres et la réussite ici bas souvent au détriment de l’au delà.

    Que ce commentaire puisse servir de reflexion globale aux orientations qu’ils nous seront salutaires.
    Ce n’est sûrement pas des questions que se posera le monde diplomatique.


  • J’aurais bien aimé que l’article aborde ce que cacherait le petit rappel à l’ordre américain concernant les voitures Volkswagen et aussi, pourquoi dans une Europe "Forte et unie", il n’y ait finalement que les Allemands qui bénéficient d’une quasi immunité de leur industrie au regarde de l’hémorragie qui touche les autres pays ?
    L’asservissement consenti explique une grande partie mais pas la totalité du succès Allemand.


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