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La semaine de tous les dangers pour les peuples d’Europe

La crise grecque est maintenant arrivée à son paroxysme. L’Allemagne traine des pieds, menaçant de mettre son veto à la décision de l’Eurogroupe si Athènes ne s’engage pas sur de nouvelles mesures d’austérité, et fait planer le doute d’une hypothétique exclusion de la Grèce de la zone euro.

Sortir de la zone euro serait d’ailleurs la meilleure solution pour les Grecs, plutôt que de céder, une fois encore, au chantage de l’Union européenne. Le pays pourrait alors se mettre en défaut de paiement en reconnaissant son impossibilité à rembourser et entrer dans une négociation pour rééchelonner sa dette sur 15, 20, 25 ans comme cela a été fait jadis pour l’Argentine.

C’est plus pour les créanciers que pour les Grecs que ce scénario serait douloureux , au premier rangs la France dont les les banques sont les plus exposées en Europe à la dette grecque (56,73 milliards d’euros). Mais ce scénario n’a aucune chance d’aboutir, d’une part parce que les banques allemandes sont aussi très fortement exposées (43,23 milliards d’euros) – ce qui revient quand même plus cher que les 8 milliards nécessaires au plan d’aide de l’UE à Athènes – et d’autre part parce qu’ils faudrait ensuite également exclure de la zone euro le Portugal, l’Espagne, l’Italie, etc. – ce qui, en on conviendra, ferait quand même un peu désordre.

Ces menaces ne sont donc pas sérieuses et s’inscivent, comme nous l’indiquions déjà il y a un peu plus d’un mois, dans un jeu de poker-menteur ou l’Allemagne, en plus de faire profiter de la baisse de l’euro à ses exportations, négocie son leadership sur le futur gouvernement économique qui sera, pour régler cette crise des Etats, inexorablement mis en place.

Les pays européens vont donc aider massivement Athènes, non pas pour 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici là du fait de ses déficits. Une aide qu’il faudra également apporter aux autres pays de la zone euro qui ne tarderont pas à se retrouver en difficulté.

Pour faire face, il n’y aura pas d’autre possibilité que de mettre l’ensemble des budgets des pays de l’Eurogroupe sous tutelle, et de former d’ici quelques mois une gouvernance économique, pour laquelle le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, s’est déjà proposé de modifier le Traité de Lisbonne.

D’Athènes à Madrid, en passant par Paris, la souveraineté économique des Etats n’est déjà plus qu’un souvenir. A moins que les Grecs, en manifestant leur colère dans la rue, arrivent à forcer le gouvernement Papandréou à la démission, et rendent ainsi possible un renversement de la situation.

Athènes se retrouve plus que jamais sous la pression des marchés. Ce matin, les taux grecs à 10 ans ont pour la première fois depuis 2001 dépassés les 9%, alors que le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, continuait à entretenir la mauvaise foi allemande en rejetant tout versement avant la présentation par le gouvernement grec d’un nouveau tour de vis sur ses finances publiques.

« Faire trop tôt des promesses d’aide concrète ne va que conduire à retirer la pression sur la Grèce », a estimé M. Westerwelle à son arrivée à Luxembourg à une réunion avec ses homologues européens. « Il faut avant tout que la consolidation du budget ait lieu en Grèce », a-t-il estimé.

Athènes à pourtant fait d’énormes concessions ces dernières semaines, en réalisant une hausse de deux points du principal coefficient de la TVA de 19% à 21% , en ajoutant des taxes spéciales sur la consommation : alcool (+20%), tabac (+63% à 65%) et carburants (+8 centimes d’euro par litre d’essence et +3 centimes par litre de diesel), en réduisant de 7% des revenus et des primes des entreprises publiques et organismes financés par l’Etat et en gelant les retraites des salariés des secteurs public et privé.

La patience des Grecs n’est pas infinie. Un sondage réalisé au début du mois de mars indiquait d’ailleurs que 20% de la population héllénique était en faveur d’un soulèvement général afin d’obtenir l’abolition de ces mesures d’austérité. Il se pourrait bien que, sous peu, ils soient majoritaires à partager cet avis.