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Pourquoi les séries françaises sont moins bonnes que les séries américaines

Vous nous connaissez, on n’est pas du genre à dénigrer la maison France [1] comme le font ces traîtres des médias que tout le monde connaît désormais. Il est un domaine où notre pays pourrait briller, grâce à sa culture et à sa créativité, c’est celui des séries TV, qui sont une industrie à la fois rentable, populaire et exportable. Peu à peu, un public de plus en plus averti abandonne le cinéma – trop cher, trop manichéen, trop communautarisé – pour les séries, qui vont plus loin dans le scénario, le réalisme, la crédibilité. Important, la crédibilité. Alors que la France a inventé le cinéma, qu’elle s’est fait piquer par les Américains au lendemain du premier conflit mondial, elle a aujourd’hui un retard quasi irrattrapable en Série, cet enfant du Cinéma et de la Télé. Pourquoi, alors qu’on sait faire du cinéma et de la télé, ne sait-on pas faire de bonnes séries ?

 

 

Pourtant, la France produit des séries depuis toujours, qu’on pense aux Saintes chéries ou à Magui, ces feuilletons familiaux basés sur des scénarios divertissants et des acteurs populaires. Oui mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, le téléspectateur veut de la série de haut niveau, bien jouée, bien ficelée, bien haletante. De la série quasi documentaire (merci Godard), de la fiction-vérité, de la fiction-information. Et si la France a connu certains succès avec des productions légères du type Caméra Café, elle ne peut même pas s’aligner sur la ligne de départ de la finale du 100 mètres en Série dramatique. Celle qui passionne les publics du monde entier (marché mondial), qui se vend à prix d’or au Mip TV à Cannes, et qui réhausse le prestige d’une télé tombée dans la fange de la pseudo-réalité et de l’info ronronnante.

 

 

Alors, pourquoi ce handicap en matière de série dramatique ? On va vous le dire. Et pour ça, on va entrer dans les détails de la fabrication d’une série et du fonctionnement interne de la télé. Souvent, quand la technique est bonne, ce sont les hommes ou les principes d’organisation qui ne le sont pas. Et inversement. Pour le dire plus prosaïquement, la télé française est de haute qualité technique, mais les hommes ne sont pas au niveau. Ils ont d’autres priorités que la qualité. Produire une série, c’est facile. Il faut un scénariste (une idée), un producteur (de l’argent), et un diffuseur (une chaîne). L’idée, c’est ce qu’on appelle la « bible » dans le métier : un dossier manuscrit qui détaille tout, le principe de la série, sa cible (les familles, les enfants, les hommes, les femmes, les adultes), son positionnement (dramatique, comique), ses personnages, leurs relations, la dramaturgie, l’évolution de la trame, etc. Tout figure dans la bible, que le réalisateur de la série – souvent son créateur – va suivre épisode par épisode, chaque épisode étant écrit, évidemment.

 

 

On a donc des tranches de 52 minutes, en général (le format 26’, pas assez addictif, semble en voie d’être abandonné), qui sont écrites et tournées comme un film de cinéma. La chaîne, ou le diffuseur, achète donc une saison sur la base du premier épisode – le pilote – qui donne le goût du reste de la saison, et en fonction de cet épisode, visionné par les gros pontes de la chaîne en question, ces derniers achètent ou pas. Un épisode peut coûter à la prod (la boîte qui tourne les épisodes et qui les vend au diffuseur) 200, 300, 500 000 ou un million d’euros. Sachant que si le premier épisode cartonne à la diffusion, et que la qualité suit dans les suivants, le public sera au rendez-vous, et les annonceurs avec.

L’épisode vendu à la chaîne tant d’euros revient en général à 80% de son prix de vente, la prod encaissant le reste en marge, ce qui lui permet de développer des épisodes suivants, une saison suivante, ou une autre série. En général, la chaîne signe pour une première saison, et la prod touche 10 à 12 fois le prix d’un épisode. Les épisodes sont donc pré-vendus, les producteurs (extérieurs) n’ayant pas toujours la ressource pour financer le projet de A à Z.

Nous voilà en 2011 avec une série dramatique française dans sa deuxième saison, Braquo. Braquo part d’une idée de base, apportée par un auteur-scénariste-réalisateur connu de la place de Paris qui truste les projets « polar », Olivier Marchal, l’ex-flic passé derrière et devant la caméra. Il essaye de faire coïncider l’esprit français en la matière (la noirceur « Melville ») avec la patte américaine (la violence, le sexe, mais surtout le rythme).

 

 

Deux ans auparavant, pour le lancement de la saison 1, Canal+ avait consenti à mettre un bon million par épisode (11 millions pour 8 unités), la presse fut arrosée du dossier de presse, avec les noms qui claquent, Anglade en premier rôle, Duvauchelle en lieutenant. Les journalistes furent invités à visionner l’épisode 1 et à apprécier. En fonction de leur papier en retour, les invitations se poursuivent. Ou pas. C’est pareil pour les accréditations à l’Élysée ou Matignon pour un journaliste politique : on ne crache pas dans son assiette si l’on veut continuer à goûter la bonne soupe.

Pour la production de fictions, si le journaliste accrédité « série » trouve l’idée faible, ou pompée sur une série américaine (The Shield, diffusée en 2002, pour Braquo), alors sa direction lui fait comprendre qu’elle n’a pas envie de perdre sa place dans les raouts de Canal (depuis, ça a un peu changé, Bolloré mettant un terme aux dépenses folles). Heureusement, la chose se présente rarement puisque les journalistes de presse écrite sont non seulement prudents, mais ils ont presque tous envie de bosser à la télé, où les salaires et l’exposition médiatique sont sans commune mesure. Voilà pourquoi la presse ne crache pas sur la télé, enfin celle-ci. L’autre, celle de Nabilla ou d’Hanouna et de leur public prétendument demeuré, sert de défouloir à la déontologie des journalistes.

 

The Shield ou l’histoire d’un flic de Los Angeles – « Mackey n’est pas un flic, c’est Al Capone avec un badge » – qui ne s’embarrasse ni de règles ni de bien-pensance :

 

Maintenant qu’on a cerné le cadre économique et médiatique de la fabrication d’une série, entrons dans sa fabrication technique, humaine. En général, celui qui apporte l’idée à un producteur est un auteur. Et souvent, l’auteur du scénario originel – la bible – devient le réalisateur de la série (aux États-Unis les rôles sont beaucoup moins fondus, il y a un nombre de postes hallucinant). Cela lui permet de toucher deux fois : en tant qu’auteur – il a des droits sur la diffusion de chaque épisode – et en tant que réalisateur, ces deux professions qui encaissent à chaque passage télé à travers les sociétés d’auteurs (SCAM, SACD, SACEM). Pour vous donner un ordre d’idée, l’auteur d’une fiction (en général ils sont deux à se partager le magot) de 90 minutes diffusée en prime time sur TF1 touche 300 euros par minute, soit 27 000 euros. Pour France 2 on est à 230 la minute, et 100 environ pour Canal+.

Les autres, les monteurs, les acteurs, les techniciens, les assistants, ne touchent que leur cachet classique. Ils peuvent être intermittents, ce qui leur permet de voir venir entre deux épisodes ou deux projets. En gros, ils récupèrent de l’argent (les jours de carence) quand ils ne travaillent pas mais ce, à partir d’un certain nombre d’heures – 507 heures ou 43 cachets – assuré dans l’année.

Benji (un prénom exemple) a écrit une bible pour Canal, un producteur de sa connaissance a « adoré » le projet, un épisode court de 5’ a été tourné, le principe de la série y figure, la chose est apportée à Canal+, qui accepte de cofinancer avec le producteur un épisode pilote. On ne lésine pas sur les moyens dans un pilote (l’épisode zéro de Game of Thrones coûtera... 18 millions d’euros), car il décide de la vie et de la mort d’une série à venir, et des rentrées qui vont avec. Le pilote est riche, soigné, rebondissant, tentant. C’est cette tentation qui va donner envie au producteur délégué par la chaîne de dire « banco, on met un million par épisode, on y croit, c’est le move, y a de la violence, du sexe, du suspense, des personnages déchirés », tout ce que le public haut de gamme recherche.

Pour le bas de gamme, il y a Plus belle la vie. Vite écrit, vite tourné, vite regardé et encore plus vite oublié. Derrière ce succès populaire qui fait la joie de France 3, une chaîne en chute libre, la production a organisé, sur le modèle américain, un pool d’écriture. Il faut en effet cracher un « 26 minutes » par jour, chaque ouvrier-auteur touchant entre 1 200 et 1 700 euros la semaine plus un petit pourcentage de droits par épisode (4 à 8%). TF1 a aussi son « atelier d’écriture », qui ne donne rien, celui de Canal+ étant dédié au cinéma, et un cinéma plutôt léger.

 

 

Le producteur et le créateur de la série future sont ravis, les tournages vont bientôt commencer, un tous les 10 jours, une date est fixée, des acteurs approchés, un casting se dessine, personne ou presque ne refuse une série. C’est l’assurance de tourner beaucoup, et longtemps. Avant, pour un acteur ou un comédien, accepter de jouer dans une série télé, devenir récurrent et gratuit, c’était renoncer au cinéma, à jamais. Car le public cinéma paye pour la rareté. Même Benoît Magimel, la star française numéro un, a accepté de jouer dans une série, Marseille, diffusée en exclusivité sur Netflix. Avec ce calcul que son public cinéma ne croisait pas le public Netflix, qui préfère regarder des films et des séries bien au chaud, chez soi, pour 11 ou 12 euros par mois. Soit un peu plus que le prix d’une seule place de cinoche !

Si le créateur de la série a imaginé la bible, ce n’est pas forcément lui qui va écrire tous les épisodes. On va lui adjoindre une équipe d’auteurs, que la chaîne ou le producteur utilise par ailleurs, internalisés ou externalisés. Ceux-là se partageront le travail qui sera supervisé par le créateur de la série, qui deviendra directeur de création ou directeur artistique du projet. C’est lui qui commande, qui donne le « la », sous la contrainte financière du producteur et du producteur délégué. Si un tournage en extérieur sur le périphérique coûte cher, on le fait quand même, comme dans une scène très impressionnante de Braquo, avec un braquage en pleine voie rapide. Bloquer le périph ou un boulevard extérieur parisien pour une scène, c’est du lourd, mais ça marque. Ça apporte un crédit inestimable à un épisode, à une série. Ça muscle et ça rend « addict », accro, pour parler français. Une série réussie est une drogue. Et comme toutes les drogues, elle coûte cher, mais rapporte encore plus.

Alors qu’est-ce qui différencie la série américaine réussie de la série française ? On y vient. D’abord, l’argent. On ne s’adresse pas avec les mêmes moyens à un public de 300 millions d’âmes avec une ouverture mondiale qu’à un public de 60 millions de pékins. L’échelle de production n’est pas la même : certains épisodes US approchent les 5 millions, soit le tarif moyen du long métrage français. Mais l’argument ne tient plus trop, car il y a des films français chers, voire très chers (200 millions pour le dernier Valérian de Besson), et la plupart des séries « prestige » sont amorties grâce à l’exportation. Depuis, la tendance est à la série française exportable chère, avec cofinancement européen.

Voici une petite idée du niveau d’écriture, de réalisation et de jeu dans The Wire, l’histoire politico-médiatique du deal dans la ville socialement sinistrée de Baltimore :

 

Une scène parfaite, aussi simple que symbolique, qui n’a pas besoin de beaucoup de dollars. Le critère financier n’est donc pas fondamental. De plus, une série avec un bon potentiel est un investissement. Et c’est cette prise de risque que les Américains ont l’habitude d’entretenir, à l’inverse des producteurs indépendants ou travaillant dans les chaînes en France. Chez nous, on n’a pas la culture de l’audace, on suit la tendance et on copie ce qui marche. Mal, évidemment, parce qu’on injecte moins de moyens humains, organisationnels et matériels dans du semi-plagiat.

Mais le pire ne réside pas là : il est dans la bien-pensance des projets et des réalisations. Même un bon projet, c’est-à-dire mal-pensant, c’est-à-dire réaliste, peut virer au fade entre les mains des « hommes en gris » du marketing qui ne pensent qu’à une chose : ne pas froisser le public. C’est le cas de France Télévisions, qui fait de la pédagogie plutôt que du réalisme dans ses fictions. La peur paralysante d’être jugé « populiste »...

Or le public veut être froissé, le nouveau public s’entend, celui qui a fait le succès de Breaking Bad, The Wire, House of Cards… Il veut se faire retourner la tête par des dialogues et des actions crus, qui sortent de l’ordinaire et le sortent de son ordinaire. Malheureusement, en France, l’abêtissement programmé du public a produit un téléspectateur lambda faux, que les producteurs imaginent friand de plomb, alors qu’il attend de l’or. Cette façon de voir a aussi permis de produire de la « merde » pendant des décennies en se disant que c’était bien assez pour ce « tas de cons ». Et les directions pensent exactement comme ça, ne vous leurrez pas. La machine à fric ne s’embarrasse pas de nuances.

Le scénariste Abdel Raouf Dafri s’est fait un nom sur Un Prophète de Jacques Audiard. Même s’il profite de cette interview pour régler quelques comptes, ces derniers sont éloquents. Et quand il aborde la problématique de la timidité suicidaire des séries françaises, Dafri est dans le vrai (si la vidéo ne se déclenche pas, vous pouvez la visionner ici).

 

On a donc moins d’argent (mais ça change), moins d’audace, et moins d’idées originales, ce qui est un pléonasme. Le syndrome de la série télé française se rapproche du syndrome Luc Besson au cinéma : pour ne pas perdre son investissement, ne faisant pas confiance à l’originalité ou au talent national, on est prêt à copier tout ce qui marche ou a marché aux États-Unis, et à proposer au grand public un patchwork boursouflé des recettes composées de morceaux déjà vus ailleurs. L’impression générale est déplorable, infantilisante, surtout pour le public cultivé, cinéphile, sériel. Qu’on ne peut plus tromper comme on le trompait avant...

Mais le pire est encore à venir : la direction d’auteurs, comme il y a la direction d’acteurs. En France, on ne travaille pas collégialement, mais individuellement ou en binôme. Et ceux qui tiennent l’écriture d’une série ne veulent pas la partager, sous aucun prétexte. Car partager l’écriture c’est partager les droits. La voracité a raison de la pluralité, et donc de la qualité finale du scénario. Ce mode de fonctionnement radin arrange le producteur, qui n’est pas obligé de nourrir toute une écurie d’auteurs...
De plus, le choix des auteurs est notoirement basé sur la cooptation, plutôt que sur la compétence. On est auteur, à Paris, parce qu’on connaît un producteur. Ensuite toute la chaîne de cooptation se met en branle. Un auteur mauvais ou moyen peut donc cachetonner régulièrement parce qu’il est entré dans le métier par le biais d’un producteur – qui peut être l’un de ses proches, ou coreligionnaire – qui a validé son entrée, et sa place ne sera alors plus jamais remise en cause. Et comme on apprend à être auteur, même un médiocre finit par devenir récurrent.

Ainsi, un noyau d’auteurs communautaires et/ou bien-pensants voit passer entre ses mains la plupart des bibles qui tournent dans le métier. Ils sont l’élite de la profession, à l’image des gros pontes du doublage qui sont tous inscrits à la CGT Spectacle. Ils ne partagent pas les gros cachets générés par les projets et réalisations. Un auteur peut gagner jusqu’à entre 25 000 et 40 000 euros par épisode écrit. Pourquoi partager ?

Pour finir sur l’argent des auteurs, même quand une série est signée, que le créateur/directeur artistique vous a (co-)choisi pour développer ses 10-12 épisodes par saison, le cachet n’est jamais automatique, complet et sûr : il faut partager avec un ou deux autres auteurs (jamais beaucoup plus en France, pays de la concurrence destructrice et non du travail collégial constructif), souvent avec un « proche » du réalisateur ou du producteur, laisser 10% à ce dernier (qui ponctionne sur chaque épisode comme Ruquier sur chaque ONPC), éventuellement une part à votre agent (10% en moyenne), qui vous trouve du boulot et entretient votre nom dans le métier, sans oublier les aléas du métier (directeur de production qui vous entube, diffusion qui s’arrête brutalement pour cause d’audience, producteur qui place sa poule ou son giton)… En France, un auteur a plus de chances de se faire voler son travail que de se faire payer. Il n’y a pas de CDI, pas de protection sociale, tout est trouble, quasiment au black. Fiscalement, les auteurs s’en sortent en déclarant ce qu’ils veulent.

 

 

Du fait que la caste des producteurs est très communautarisée en France, les auteurs vont logiquement dans le même sens – politique – et proviennent du même marigot. En gros, on est de gauche, pro-sioniste, féministe et gay friendly. C’est le minimum pour durer dans le métier. On ne fait pas d’écart en disant qu’on apprécie l’humour de Dieudonné ou que Le Bureau des légendes, la série de Canal+ sur la DGSE, s’en prend à tous les services, sauf au Mossad.

 

 

On travaille donc entre « potes », qui savent très bien ce que ça recouvre. Il n’y a pas un auteur antigay ou antisioniste dans la place, pour tout dire. C’est impossible. La charte non écrite des producteurs l’interdit. Et pourtant, c’est de sortir des rails de la bien-pensance qui fait le succès public d’une série, car le public raffole de la transgression des interdits ! Cela ne veut pas dire qu’une série doit être nazie ou qu’on doive y « casser du pédé », mais à trop respecter les statues de la bien-pensance, les séries françaises s’enfoncent dans l’insipide et finissent par devenir des vecteurs de la propagande habituelle, à l’inverse des séries US à succès.
Vous savez maintenant pourquoi la série française dramatique (ça fonctionne aussi pour l’humoristique) est de faible niveau : ce n’est pas une question d’argent, elle est simplement pleutre et copieuse.

Ici, le Nouvel Obs dézingue Versailles (2015), la superproduction tape-à-l’oeil de Canal + (27 millions pour 10 épisodes), épinglée entre autres pour sa légèreté historique, qui a majestueusement floppé en France, même si elle a été vendue en Amérique du Nord :

Le sentiment ne quitte jamais, alors, le (télé)spectateur d’assister à un vaste exercice d’épate-bourgeois planétaire : les intentions sont tellement visibles à l’écran que cela en devient balourd. Tous les ingrédients des succès à la HBO, Starz, Showtime ou à la Netflix sont là. Le kitsch est dans le détail ou plutôt dans l’accumulation des détails : l’hystérie sexuelle et les partouses bisexuelles, le sang qui gicle, les scènes de torture de l’homme de main du roi, les trahisons en guise de cliffhangers, les regards torves et les sourires pervers, les apartés cinglants, la critique postcoloniale, les allusions queer et gender friendly, le rôle éminent des femmes dans l’ombre de la cour du Roi, etc., etc.

 

Chez nous, la consanguinité idéologique qui dégouline du scénario stérilise le renouvellement et la pluralité des idées, des dialogues et de l’action. Elle éloigne du réel et détruit la crédibilité. La France étouffe sous ses « propres » interdits, et le fait de charger les séries en sexe et en violence (voir Versailles, Marseille ou Braquo) n’est pas un signe de liberté créative mais au contraire d’alignement sur l’idéologie dominante, le sexe et la violence ne remettant pas la structure profonde du pouvoir en cause. L’audace, quant à elle, est gratuite. Elle renverse les mentalités, ouvre des horizons, et fructifie sur le long terme.

 

L’analyse d’Alain Soral sur les séries américaines (extrait de l’émission Soral répond ! du 6 septembre 2015) :

Notes

[1] Malgré leur indécrottable bien-pensance, et même si la chaîne cryptée louche trop souvent sur HBO, les séries estampillées Canal+ restent les plus regardables du PAF.

Trois idées de séries pour les scénaristes, entre humour, réalisme et politique,
à voir sur Kontre Kulture

 

Voir aussi, sur E&R :

 
 



Article ancien.
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88 Commentaires

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  • Personnellement je préfère encore regarder des animés japonais aux séries "françaises" ou américaines, en général ils sont beaucoup plus intéressant en terme de divertissement voir même dans certains cas sur un plan intellectuel et cela ils ne contiennent pas de contenu bien pensant.

    Le divertissement occidental a été ruiné par le conformisme gauchiste culturel et n’est rien de plus que de la propagande diversitaire et queer-friendly, il suffit de voir l’évolution des franchises Marvel ( qui a par exemple transformé Spiderman en un héro latino, noir et homosexuel), des jeux Bioware ( qui place des NPC transexuels et des personnages secondaires dont toute l’histoire est centré sur leurs homosexualité/bisexualité), de la transformation des jeux Ubisoft en propagande multiculturaliste, sans oublier le cinéma français qui cumule tout cela à la fois.

    Pourtant il est encore préférable de s’intéresser aux productions américaines aux françaises car celle-ci sont plus originale et que l’on ressent moins de conformisme idéologique au sein des séries à succès tels que Game Of Thrones ou Breaking Bad( même si on pourrait parler de la transformation de The Walking Dead en de la propagande métissolatre...) que dans des navets comme Plus belle la vie.


  • pourtant j’ai vu Profilages sur TF1, à vomir à tout niveau !!!!


  • Netflix... les deux premières séries étaient très bien (True detective - la 3e saison arrive), Strange things aussi pour l’ambiance... mais sinon c’est très sociétal, voire malsain, y’a de l’idéologie derrière...

    Y’a une bonne série à regarder en ce moment ?

     

    • The Sinner, Mr Mercedes, sont mes séries du moment, excellents thrillers psychologiques un brin malsain mais très forte car comme souvent tiré de livres.
      Les rares séries françaises que j’ai adoré sont Platane, Bureau des légendes et les revenants S1


    • La meilleure série du moment est pour moi Westworld.
      Sinon Broadwalk Empire, Fringe, Viking, The Expance.


    • Narcos, Ray Donovan, Peaky Blinders. Mais pour moi la meilleur reste Californication !


    • Black mirror, série britannique de 2011. La seule production valable depuis the twilight zone.

       

      • En effet Black Mirror est excellent et chaudement recommandé. Sinon à par ca en scifi c’est la dèche, Westworld passe encore mais derrière c’est le grand neant intersideral.

        BSG récent etait pas trop mal cela-dit, il y a de la propagande par moment, ainsi que quelques longueurs dans l’intrigue, mais c’est quand une (re)production sympa dans l’ensemble, et le final est gigantesque même si la fin-fin peut en decevoir certains. Sinon le personnage de Gaius Baltar est fantastique de complexité et impeccablement joué, rien que pour cette performance la série vaut le détour.


    • A quand une serie de la maison de prod E&R ? Dieudo s’y est essayé, malheureusement soyons honnetes, les films ne sont pas super super.. surement manque de budget. Mais pourquoi pas chercher des fonds et monter une serie E&R..

      Si Bernamej me lit, pourquoi ne pas faire un financement participatif pour faire une serie sur Marlon Branleux etc, c’etait d’une enorme qualité !

       

    • Plusieurs choses :

      1) Je ne savais pas qu’il puisse y avoir des journalistes (surtout au Nouvel Obs) capables de parler aussi franchement et de casser le politiquement correct d’une façon bien pire que ne l’aurait fait un gars de la dissidence, bravo joli papier fait sur une série que je n’ai pas vu et que je serai heureux de ne jamais voir.

      2) Est-on vraiment sûr que les séries U.S. soient mieux ? The Wire ou The Shield sont des séries des années 2000, or, je trouve les séries des années 2010 bien plus consensuelles et politiquement correctes que celles faites il y a 10 ou 15 ans.
      Perso, je regarde Games of Throne pour être un tant soit peu dans le coup, néanmoins, je suis désolé, je ne peux pas ignorer le discours politique soutenu par ce (joli) feuilleton : les minorités sont la voie de la raison (nains, enfants-rois, femmes, lesbiennes, homosexuels...) les hommes blancs hétérosexuels ont pratiquement tous les défauts du monde ou ne peuvent trouver le salut qu’en se soumettant aux "minorités" ; en se castrant symboliquement ou concrètement.
      Ou pire que GoT : regardez donc American Horror Story si vous voulez avoir du pathos en barre.

      3) Dans la conclusion de ce très bon article, vous semblez dire que le monde de la série TV française est en crise. Je suis bien d’accord mais je pense que vous avez oublié un point qui fait froid dans le dos : la capacité des choses qui ne marchent pas à résister longtemps en France.
      Dans les 70’s, le cinéma très populaire des Charlots a prouvé qu’en faisant des petits films à petit scénario faits pour public fidélisé restreint : il était possible de multiplier des produits, sympathiques, mais de qualité faible, en grand nombre assez longtemps.
      Le cinéma français moyen (du drame parisien à la comédie navrante) fonctionne là-dessus. On sait que ça ne marche pas, que c’est nul, ridicule et pourtant, ce "grand" cinéma français continue encore et encore, vivant sur les deniers publics et sur les critique positive de la seule France valable à leurs yeux, celle des non-périphériques.
      Ne faut-il pas craindre la même chose pour les séries TV ? L’assurance que, soutenues par les dépenses de l’état-papa (à l’heure où on supprime les CUI pour chômeurs longues durées), on doive, jusqu’en 2050-60 ou 70, étouffer sous une pluie de Versailles / Poubelle la vie / Inquisitio / Bureau des Légendes ?


    • En ce qui me concerne côté séries françaises j’en suis resté aux "Brigades du Tigre" que j’adorais !

       

      • CHUUUTTTT !!!
        Moi aussi .......... mais sommes quadras et quinquas, on va passer pour des vioques.... rires


      • ah oui "les brigades du tigre"...avec Jean Claude Bouillon et les entrainements au combat de savate en pyjama ! une serie bien de chez nous.
        Une tres bonne serie us a regarder : "la caravane de l’etrange" ou "carnivale", deux saisons sublimes mais ecourte car trop chere a produire.


      • Pour ma part, ma série préféré reste "Jamais 2 sans toi". Le niveau d’écriture est sans pareil. Les dialogues sont très riches et c’est plein d’humour. J’ai beaucoup appris sur la façon de parler des français, et surtout l’esprit français et toute sa finesse. Ca m’a beaucoup fait aimer le France


      • #1800245
        le 13/09/2017 par L’atlantéen du mois d’août !
        Pourquoi les séries françaises sont moins bonnes que les séries (...)

        Rome de HBO reste selon moi un petit bijoux. Ok, il y a de la violence et du sexe, mais en dehors de ça, ce qui était le plus admirable, c’était la capacité de cette série à montrer les romains de l’antiquité dans leurs mœurs et leur façon de penser sans les juger.


    • Heureusement qu’il nous restent la lecture...avec des livres comme "la télévision malade du sionisme"...

       

    • Article excellent.
      J’ai toujours dit qu’une bonne série ce n’est pas les moyens mais le scénario les dialogues la complexité des personnages.

      Excellent extrait de thé wire qui résume tout.

      De la même manière twin peaks saison 3 qui vient de sortir sublime et les effets spéciaux sont faisable avec 1 an d’expérience sur after effect.

      Vraiment aux états unis la culture est différente c’est clair. Il y a de grands noms.

      Pour comparer ce qui est comparable on pourrait parler des sériés anglaises comme blackmiror ou utopia même si le marché anglais peut déborder sur le marché mondial, les épisodes dutopia n’ont pas couté grand chose pour un résultat excellent.

      En France l’audiovisuel est sclérosé, les meilleurs partent a l’étranger.

       

      • "Vraiment aux états unis la culture est différente c’est clair. Il y a de grands noms."

        Mais oui mais c’est bien sûr !!! hors des EU, rien ! La culture et l’intelligence viennent bien entendu des EU. Les scénarii "à l’américaine", indigent, dialogues courts exigés (faut pas fatiguer l’hypnotisé, n’s’pas ?), effets de cadrages, filtres lumières, bande-son faites pour maintenir la tension, sexe, violence (toujours), acteurs qui (sur)jouent "à l’américaine) etc etc... Ben oui, vous avez raison, hors des "grands" auteurs et réalisateurs américains... RIEN. Pauvres européens, asiatiques, africains qui n’ont aucun "grands noms"....


    • j’ai connu les rois maudits,rocambole etc.Aujoudr’hui ce sont hannibal,american gods pour les amerloques,penny dreadfull ,broadchuch pour les rosbifs que je regarde.(le duo dancy et gillian anderson a tomber par terre.)l’équivalent en france ?l’affaire des poisons et meme l’amitié entre jeanne d’arc et gilles de rais.Oui une série sur gilles de rais......imaginez ce que bryan fuller(au hasard) pourrai en faire..........


    • Acteurs médiocres, manque de budget, propagande politique, mauvaise mise en scène, scénarios bidons, musiques inexistantes...
      Par contre, les séries d’animation françaises sont d’excellente qualité et certaines s’exportent même aux USA. Dommage que vous n’en parliez pas dans l’article.

       

    • Olivier Marchal est aujourd’hui l’un des"trop" rare créateur voir inspirateur de séries policières qualitatives en France,avant son arrivée on était obligé de se taper des feuilletons hyper chiants ou il n’y a pas un pet de travers comme Julie Lescaut et Navarro.

      Sur la non propagande des séries US je serais prudent,les américains ont toujours mis de la propagande dans leurs séries mais ils le faisaient de manière habile,cependant aujourd’hui ils sont entrain de rattraper le niveau des séries françaises(how to get away with murder pour ne citer que cet exemple est plutôt pas mal dans le genre).


    • Le problème français est multi-factoriel et pour tout dire, un système pourri jusqu’à la moelle. Rien de bon ne peut en sortir. Depuis les auteurs, qui cherchent plus à plaire ou à copier, qu’à créer du nouveau, au producteur incompétent (pas de flair, pas de compétence cinématographique..) en passant par les chaînes, remplis de fonctionnaires de flics idéologiques, de sournois. Bref, un vrai cloaque. Tout est dit dans l’article.
      Entres nous et eux, les Américains, il y a un océan...
      Par où commencer ?
      - Les horaires et conditions de travail. Je ne vous fais pas un dessin... Ils ne sont pas aux 35 heures et R.T.T.
      - Les projets/idées/sujets : rien qu’en racontant le pitch d’une série US, tu vois défiler le compteur avec les zéros.
      - La créativité : les américains osent tout sur tous les thèmes, savent rendre l’incroyable croyable.
      - L’efficacité : l’usine à rêves tourne comme une horloge, les mecs sont motivés, ils ont du talent à revendre, ils savent où est leur place, ils sont d’une souplesse inégalable, le milieu ne pardonne pas mais il sait donner sa chance à tout le monde. Les américains possèdent une culture de l’image quasi-innée ET et....n’ont pas peur ni honte de se vendre, ils savent le faire mieux que personne.
      Ils sont surdoués aussi bien dans les grosses machineries que les projets fauchés. Simple exemple : les séries cultes (Game of Thrones n’est pas une série culte). Star Trek (vous faites la même chose dans votre garage), X-Files (un bureau, deux imperméables, du latex), K2000 (une simili-corvette, 3 led, et une voix-off). Faut-il parler de Columbo ?
      Pour les séries, seul le travail d’équipe donne de bons résultats : le créateur de la série, les scénaristes, les producteurs travaillent tous dans le même sens. D’ailleurs les projets ne se font pas si il persiste une quelconque mésentente dans l’équipe. Soit le réalisateur est éjecté, soit le projet est ré-écrit, soit il change de producteur. Jamais d’état d’âme.
      De plus, les mecs n’hésitent jamais à donner des coups de mains aux uns et aux autres : des producteurs ré-ecrivent des scripts ou réalisent des épisodes, des scénaristes passent derrière la caméra, même certaines vedettes de la série peuvent avoir "leur" épisode. Mais tout au mérite, jamais par piston. Incroyable, leur succès tient au fait qu’ils jouent "collectif".
      En France ? C’est tout le contraire...

       

      • @The Mediavengers

        Votre analyse est juste, et j’aime beaucoup votre formule : "le milieu ne pardonne pas mais il sait donner sa chance à tout le monde", qui est à nuancer un peu, à mon sens, mais c’est très bien formulé !

        Je reviens sur votre autre phrase : "Les américains possèdent une culture de l’image quasi-innée ET et....n’ont pas peur ni honte de se vendre, ils savent le faire mieux que personne. " Cela est assez vrai, et c’est à la fois leur plus grande force et leur plus grande faiblesse ; ils sont totalement sous la tyrannie de l’image, ils ne l’avoueront jamais, mais ils se soucient énormément de ce que le reste du monde pense d’eux ! C’est pourquoi dans leurs films, les Américains sont systématiquement les "gentils", et si un Américain est un "méchant", c’est vraiment pour dire "Nous savons tuer les brebis galeuses !"

        Je n’ai pour ma part jamais tellement apprécié le manichéisme ambiant dans la culture américaine ; à présent, comme le dit l’article, ils essayent de diversifier, de complexifier les personnages, mais ceci reste une part inaliénable de leur culture WASP, qui fait que pour ma part, je ne me sentirais pas de vivre aux Etats-Unis.

        Et enfin "La créativité : les américains osent tout sur tous les thèmes" => J’ai envie de vous répondre : "Oui, c’est même à cela qu’on les reconnaît !" ;-)


    • Les acteurs francais, sauf exception , mais surtout ceux des series , jouent tres mal...

       

    • #1800052

      faire coïncider l’esprit français en la matière (la noirceur « Melville »)

      Jean-Pierre Melville, ce n’est ni de la "noiceur", ni "l’esprit français".

      C’est Melville, tout simplement.
      La scène du braquage, qui ouvre "Un Flic", n’a aucun équivalent.
      J’aime beaucoup la poésie de Michael Mann, mais Melville, c’est d’une beauté absolue.
      Il y a une conscience du temps vécu des hommes duquel ils s’abstraient, qui n’a rien à voir avec le rythme commercial imposé d’une série.
      Le rythme est lent, il n’attend aucun spectateur, c’est zéro tapin.

      Chez Melville, y’a pas de héros auquel on pourrait s’identifier, y’a pas de meuf, de glamour, les personnages atteignent leur destin éventuellement.

      On contemple la mise en scène des actes, qui deviennent plus importants que les actes eux-mêmes.
      C’est une mise en abyme d’office.


    • Aucune série ne pourra atteindre le génie créatif et le jeu d’acteurs de Joséphine Ange gardien.

       

    • Si le cinema est une invention française, il en est de même pour les séries. Les premières séries à succès, histoires au long cours, faites d’un foisonnement d’intrigues et d’une multitude de protagonistes, sont nées dans la presse. Elles se nommaient feuilleton. Ses feuilletons avaient pour décor les grandes pages de l’Histoire ou le contexte contemporain - essentiellement urbain - , ses feuilletons abordèrent avec génie tous les genres, du fantastique au policier, du drame à la peinture sociale. Leurs auteurs se nommaient Alexandre Dumas, Victor Hugo, Eugène Sue, Paul Féval, etc... Notre salut comme notre avenir est dans le retour aux sources : ré-enracinement culturel et sprituel. Déterrons les trésors du passé, nourrisons-nous de leurs richesses, retrouvons notre hérédité pour revivifier notre âme et notre imagination et nous aurons de nouveaux auteurs dignes de ce nom.


    • Analyse très très intéressante. Du lourd, comme souvent.


    • La médiocrité est à l’oeuvre dans tous les domaines...encore plus à la télé et dans les médias. C’est le règne de Lobbies, du politiquement correct, des hypocrites et des décadents...


    • Arrêtez en terme de série, en tout cas de "saga" il y en a une de masse qui n’est pas passée inaperçue en France, c’est bel et bien Kaamelott.
      Certes on peut reprocher des inexactitudes historiques, pinailler la conformité avec les romans de la table ronde etc...mais franchement chaque saison était attendue, et les films promis se font attendre...

      Pareil, on peut critiquer la production française, néanmoins il est incroyable ce que "Une famille formidable" rassemble encore comme audience y compris chez un public "jeune".
      Alors oui ca n’arrive pas à la hauteur des multiples série policière type "New York unité spéciale" "section d’elite" ou je ne sais quoi qui finalement sont des copiés-collés les uns sur les autres mais en nombre incalculable ! En même temps les scénarios ne volent pas haut...je préfére un Columbo, Arabesque vieillot...

      On a pas cette fibre du policier en France, les saga type Navaro, Julie Lescaut, etc...démarraient bien mais dégoulinaient immédiatement dans le cliché de la mère ou du père célibataire modèle héros incarnant la réussite du parent isolé en foutant plein la gueule de pouvoir.

      A la rigueur celui qui se distingue est le "bœuf-carotte" (et encore...), en France, il n’est produit que le "bien pensant", facile à produire, pas complexe à construire, pas difficile à comprendre, donc pas cher et pas si difficile que ça à interpréter...


    • L’extrait de The Wire mis en illlustration m’a fait penser à un duo de personnages au début de la série. Je ne sais plus s’il s’agissait de la saison 1 ou 2. On y suivait entre autre les tribulations de deux amis toxicos jusqu’à la moelle et qui pour essayer de s’en sortir se rendaient à un cercle équivalent à celui des alcooliques anonymes. A un moment donné l’un des deux se confiait au groupe (peut-être après avoir rechuté, je ne sais plus) dans un long monologue filmé face caméra. Un truc incroyable. Je ne sais pas quelles ont été les récompenses obtenues par cette série mais en tous les cas rien que le jeu d’acteurs méritait à lui seul une pluie de récompenses. Sans parler de l’écriture, en béton armé. C’est de très très loin la meilleure série qu’il m’ait été donné de voir.


    • Le bureau des légendes est une très bonne série française d’espionnage et qui me semble assez juste sur l’aspect politique de ce qui se passe en ce moment en Syrie.
      Sinon The Wire, meilleure série du monde,Omar Little ,Marlo Stanfield,Stringer Bell, quelle galerie de personnages.Du caviar.


    • Je ne regarde pas les séries, à part une seule américaine que j’ ai bien aimée "True detectives" saison 1, avec Woody Harrelson et McConaughey.
      "Braquo" aussi j’ avais aimé la 1ère saison quand ce fut Olivier Marchal qui s’ y était collé. Les saisons suivantes partaient dans tous les sens.
      A part cela. rien vu.


    • En fait les séries françaises sont à l’image de ce que sont devenus les Français : fades, sans substance, émasculés, infantiles, sans aucune forme d’autonomie de pensée, inhibés, honteux de leur nation, fonctionnant mentalement par mimétisme pur et psittacisme tout en étant arrogant et sur d’être dans le vrai. A l’époque de ces films avec Lino Ventura, Jean Gabin...on aurait encore pu faire de bonnes séries télévisées, plus maintenant.
      Vous me rétorquerez avec justesse que ces hordes de Yankee obèses morbides, adeptes du McDo et des donuts, se faufilant en scooter électrique entre les rayons de Walmart, vivotant grâce à une pension handicap sur le dos du contribuable américain encore productif...cela n’est pas mieux...certes...toutefois ils subsiste encore dans le monde anglo-saxon quelque chose qui a complètement disparu notamment au sein de l’élite intellectuel, politique et économique française : l’orgueil ethnique et national. Les anglo-saxons ont encore cette vigueur de la "race", cet orgueil.


    • Quelqu’un dans les commentaires parlait de séries anglaises. Je ne saurais que trop vous conseiller "This is England 86". La série date du début des années 2010 je crois et elle parle des groupes skinheads dans les années 80.
      La série n’est pas manichéenne : Les méchants skins et les gentils immigrés (ou l’inverse).
      C’est une série coup de poing avec comme acteur l’excellent Steven Graham qui joue aussi le jeune Al Capone dans Boardwalk Empire (très bonne série américaine).

       

      • Les trois saisons (86, 88 et 90) et film dont la série est une suite étaient vraiment très bons. Casting assez incroyable, dont Joseph Gilgun, alias Cassidy dans le complètement déjanté "Preacher"


      • Il y a une chose à bien comprendre.. La BBC a promus dès le début de sa création un service de qualité avec des programmes qui devaient ressembler à la diversité du royaume unis... Il n’y a pas eu le centralisme parisien... De ce fait, les radios comme les télévisions même en région ont produit des programmes nationaux.

        Les séries télévisée (feuilletons, en vieux François) ou les films sont profondément ancrés dans les régions... Il y a les accents, les expressions et l’argot qui sont toujours spectifiques à la région.. C’est un élément essentiel lorsqu’on désire raconter des histoires que cela paraisse vrai... Impossible, d’avoir dans un environnement londonien un personnage du nord véhiculant des clichés ou des idées-toute-faites...

        Cette télévision nationale émanant des régions se divise historiquement en quatre : BBC North, BBC Midlands and East Anglia, BBC South and West.. Ça, c’est rien que pour l’Angleterre.. il faut ajouter : BBC Scotland, BBC Wales and BBC Northern Ireland... Il y avait en plus BBC1 et BBC2, ensuite Channel 4 créer pour produire des programmes à la marge dont la télévision mainstream se désintéressait...

        Toutes ces antennes produisaient des programmes nationaux depuis le début de la télévision.. Il y avait donc en régions les moyens techniques, les techniciens et les talents pour produire de la qualité ET DE L’AUTHENTICITÉ...

        La redevance télé y était bien plus élevé qu’en France, ils avaient donc des moyens conséquents.
        « Plus belle la vie », est notre premier production faite hors de Paris.. ça ne date pas de longtemps en plus.. Ce qu’il y a de bien dans cette série réalisée dans la cité Phocéenne, c’est qu’ils ont tous des putains d’accents parisiens.. Va savoir..

        Les gens bouffent de la m**de, non pas qu’ils l’apprécient plus qu’autre chose... ils bouffent tout simplement ce qu’on leur sert...


    • On a quand même d’après moi une des série policière les plus réalistes qui est Engrenage, elle a été vendue dans des dizaines de pays. Elle fait partie de mon top 3 des meilleures séries. Après, il est sûr qu’en général les américains ont plus de moyens et font de la bien meilleure qualité, je pense à Homeland, Breaking Bad, The Wire, The Shield, True Detective, House of Card même Dr House bref ils nous surpassent c’est clair.


    • Les séries françaises, les films français en général et tous ceux qui gravitent autour de ce business en France, producteurs, réalisateurs et acteurs sont au 7e art ce que l’art contemporain est à l’art en général. Il faudrait arrêter de se prendre pour des grands intellectuels chargés de la mission d’éducation des peuples et commencer à réaliser des produits destinés au "grand public".


    • "Pourquoi les séries françaises sont moins bonnes que les séries américaines "

      La réponse est toute simple, c’est parce que l’on ne sait plus écrire un scénario.
      On pense que mettre 1 million d’€ par épisode est le gage de succès d’une bonne série.
      La preuve la série "L’Hôpital" produit en 2007 qui se voulait être la version française (avec 1M€/Episode) de Grey Anatomy, n’a eu qu’une saison de 6 épisodes.


    • Piston, copinages, Boboité, de + en + filles et fils de, ... les acteurs aujourd’hui ont des vies lisses, relativement protégées, vivent loin du "peuple" et de la vraie vie. Pour avoir de la PRESENCE, il faut avoir de la PERSONNALITE. Bertolucci disait que la caméra ne filme pas seulement ce qui est apparent mais aussi l’intensité d’une atmosphère. Que faire de bon avec des personnages inconsistants qui n’impriment que très superficiellement la pellicule ?.

      Quel gâchis. À en pleurer de dépit et de rage.

      Dégagez.


    • #1800307

      Les séries françaises sont moins bonnes que les séries américaines mais nos cassoulets, nos magrets, nos saucissons et nos quenelles sont bien plus bonnes que tous vos filets au fish, vos dounuts ou vos maxi bigmac , alors venez pas nous emmerder ?
      Moi aussi j’ai la coulante et des gaz, quand je regarde vos merdes, pas besoin de les manger !
      Bande de nazes « US go home » aux chiottes !


    • Ça fait des années que je ne suis pas branché séries... pourtant j’ai 30 ans.

      J’ai essayé Heroes... au bout de plusieurs épisodes j’ai trouvé que ça devenait ennuyeux.

      J’ai essayé Dexter en vo... Les 2 premières saisons sont supers !!! Les autres un ton en dessous mais ça se laissait regarder.

      J’ai vraiment accroché à Platane (Eric Judor) : série drôle avec énormément de rebondissements... et le côté très réaliste me plaît beaucoup ! A conseiller pour ceux qui aiment l’humour et les personnages qui mentent sans foi ni loi lol.

      Je ne comprend pas le succès de Walking Dead : vu que des extraits mais j’en ai t’as le bol des zombies lol.

      Et c’est vrai qu’il y a quelques séries "canal" qui ont l’air pas mal... mais je n’ai pas le temps.

       

    • Toujours accroc à Zorro et Barnaby, question de classe pour le premier et d’ambiance inégalable pour le second. Gardez vos quolibets, je m’en fiche.

      On a vraiment de quoi faire des super séries, rien qu’avec le terreau historique. Les gaulois (le rapport avec la Rome impériale serait intéressant à exploiter par exemple) ou les chouans par exemple. On se les fera peut être piquer un jour par les ricains, qui sait.


    • Je ne regarde pas de série américaine, mais par contre je dois dire que Kaamelot d’Alexandre Astier est une série que j’adore.

      Sinon pour moi séries animées japonaises, j’ai beaucoup aimé récemment Young Black Jack (chirurgie), Silver Spoon (agriculture) et Assassination Classroom (pédagogie).
      Aux plus de cinquante ans qui penseraient que les manga/anime c’est seulement pour les enfants, je conseille vivement en one-shots La Grande Pagaille du Diletta d’Osamu Tezuka ou L’Homme Sans Talent de Yoshiharu Tsuge ! Emouvants sans pathos lourdingue à l’américaine.

      Et si je devais conseiller quelquechose à Soral en personne ce serait GTO, en anime et en vf ! ^_^

       

    • 1 - Quoi qu’on en dise dans Game of Throne il y a une critique fine de la Finance internationale et apatride qui m’a surpris !

      2 - La qualité du jeux d’acteur de cette série et des plans sont à la hauteur des grands films de cinéma de masse aux budgets délirants

      3 - Elle a bien évidement des défauts et véhicule aussi le message anglosaxon de son temps mais moins que nos merdes françaises socialosionistes de 2017.

       

    • Une série ( saison 7 pour octobre) qui m’éclate et ce doit être la seule :
      SHAMLESS (US),tirée d’une série Anglaise mais en 100 fois plus ’’trash’’ en version US (une fois n’est pas coutume...)
      La vie d’une famille avec un père épave,une mère absente,une fille ainée (un peu saute au paf) qui gère le tout et 5 autres mômes de 1,6,11,13 et 15 ans dans la 1ère saison ,qui ont tous leur "petit quelque chose’’,impossible d’en dire plus sans donner des détails et gâcher la surprise.
      Ajoutez à cela un Q.G sous forme de bar avec ses clients magnifiques et des amis(es) ,voisins du même genre,saupoudrez le tout d’humour noir où il n’y a aucune morale ou bonne conscience et vous avez là une comédie hors du commun.


    • Pourquoi les séries ou le cinéma français (d’auteur ou pas) est merdique comparé aux séries et au cinéma anglo-saxon ?
      Parce que les producteurs en France ne veulent pas du cinéma de genre que ce soit la Science Fiction ou Fantastique ou Horreur, Action .....
      Non ils ne veulent que la petits communauté d’acteurs qui viennent de la télévision et du divertissement, ou traditionnellement pour faire un scénario à la française il faut des couples qui s’engueulent, se trahissent, bref qui fassent du blablabla permanent sur tout et n’importe quoi !
      Aviez vous déjà vu une série française comme The Walking Dead ? Lost ? Game Of Throne ? The 100 ? que nenni !
      QUant aux question de privilèges de la communauté organisée, elle est toute autant présente dans les série américaines (et cinema) que française, il suffit juste regarder les signatures dans les génériques et la provenance des acteurs ! Mais il n’empêche qu’aux States c’est à 10000 lieux d’être meilleur qu’en France, simplement parce qu’en France on n’interdit les séries de genre tout comme le cinéma de genre !


    • tv poubelle, ici comme ailleurs, fictions française, américaines ou pas.
      la tv un formidable outil de conditionnement, en plus, que nous payons et finançons. Fabuleux !!


    • Très bon et très grand article vraiment, un grand remerciement à toute la rédaction E&R. J’ai appris beaucoup de choses.
      Je pense néanmoins que le sexe n’est pas un élément fondamental pour la réussite d’une série ; je prends pour exemple les séries américaines que j’ai appréciées : Fringe et Person of interest ; dans ces deux séries l’on peut raisonnablement dire que le sexe n’était pas du tout la tasse de thé des auteurs. Je n’ai pas vu une seule vraie scène de sexe dans ces deux séries. Même Dexter que j’ai aussi aimé, il y avait certes de temps à autre un peu de sexe, mais ce n’est pas ce qui a fait son succès ; pareil pour Blacklist et Mentalist. Par contre une série comme Game of thrones est saturée des scènes de cul, c’est même à mon avis ce qui attire beaucoup. Je n’ai vu que deux épisodes, je voulais comprendre pourquoi les gens en parlaient autant ; je n’y ai vu que de la violence gratuite et du sexe ou la débauche pour être plus précis.

       

      • « "une série comme Game of thrones est saturée des scènes de cul, c’est même à mon avis ce qui attire beaucoup. Je n’ai vu que deux épisodes, je voulais comprendre pourquoi les gens en parlaient autant ; je n’y ai vu que de la violence gratuite et du sexe ou la débauche pour être plus précis." »

        Merci, tout pareil (sauf que je me suis arrêté au premier épisode)
        Les gens qui regardent ça sont à mon avis des narcissiques qui n’ont pas conscience du poids de leur égo ni de la possibilité de s’en séparer. Et souvent, des gens qui ne sont même pas amateurs de fantasy (et encore moins de culture médiévale authentique...)

        Comme le résume si bien cet article :
        « "le fait de charger les séries en sexe et en violence (voir Versailles, Marseille ou Braquo) n’est pas un signe de liberté créative mais au contraire d’alignement sur l’idéologie dominante" »


      • @prout
        "Les gens qui regardent ça sont à mon avis des narcissiques qui n’ont pas conscience du poids de leur égo ni de la possibilité de s’en séparer."
        Vous pourriez développer ? Aucun procès dans cette question, juste de la curiosité. Je ne vois pas le rapport.


      • "Les gens qui regardent ça sont à mon avis des narcissiques qui n’ont pas conscience du poids de leur égo ni de la possibilité de s’en séparer. Et souvent, des gens qui ne sont même pas amateurs de fantasy (et encore moins de culture médiévale authentique...)"

        Toujours des pères la morale ou des freudiens de comptoir pour dire aux gens ce qu’ils doivent faire ou pas...


    • Il y eut d’excellentes séries françaises, ambitieuses : Les Beaux Messieurs de Bois doré, Les Brigades du Tigre, La Dame de Monsoreau (version 72), Les Compagnons de Jéhu, Les Fiancées de l’Empire, Le Chevalier de Maison Rouge, Vidocq et quelques épisodes de Burma sombres (avec Marchand, Tornade). Depuis, rien ou presque. L’article donne de bonnes explications. Pour ma part, quelques séries auront retenu mon attention : les deux Borgia(s), les Médicis, Rome, Boardwalk Empire, mais je suis surtout un lecteur (poésie, romans, essais). Quant à GOT, bof. Mes collègues ne parlent que de ça, jamais de livres. Twin Peaks , Le Prisonnier, Amicalement vôtre restent mes favorites.


    • #1800528

      Au service de la France... série arte. Dommage que pour le moment il n’y ai qu’une seule saison mais ca se regarde vraiment bien. Série humoristique.


    • Bonjour,

      Il n’y a qu’une seule série qui relève le niveau toutes générations confondues, c’est Derrick.
      Tout le reste, c’est de la bouse.

       

      • Et Salut les muscles, on en parle ?


      • Alors là : j’approuve :D "Salut les musclés"...

        Bon sang à la fois le génie de produire à partir de rien sur plusieurs années et de marquer les esprits d’une génération (sans parler des parents qui en avait ras le bol des Musclés !).

        Le pire c’est qu’ils sont souvent regrettés juste pour le niveau qu’on savait pourtant laver le cerveau mais parce que cette bande finalement rassurait qu’être potes bien soudés pouvait faire vivre pas mal de délires....

        Débile à 100% mais ces enfoirés ont fait une sacrée tambouille avec ce concept. Je suis même pas sûr qu’eux mêmes aient réalisé à l’époque de ce qu’ils faisaient.

        Et ho ! pas de mensonges : allez soyez honnête qui n’a jamais tenté d’aller revoir ne serait-ce qu’un épisode des Musclés juste pour se souvenir ? Allez ne soyez pas honteux, levez la main ;)


    • Donc en résumé, si les séries et le cinéma "francais" sont si médiocres, c’est parce qu’on fait de l’économie coloniale, en plagiant plus ou moins en effet les séries américaines pour régurgiter ca chez nous.


    • Malheureusement le problème est beaucoup plus profond, et peut être étendu à toutes les productions artistiques. Déjà dans les années 60 pendant que les anglo-saxons développaient des musiques innovantes, expérimentales, sophistiquées et viscérales, nous on avait les putains de yéyés !
      On faisait encore un peu illusion grâce au prestige ancien et quelques trucs intellos comme le cinéma nouvelle vague mais c’était fondamentalement baisé.
      Je ne saurai pas expliquer précisément mais je pense que c’est le même principe : en France les élites se font par copinage, relations, mondanité, soutien de l’Etat. Il n’y a pas de montée par le seul talent, chacun tient à sa place et ne veut surtout pas prendre de risque pour ne pas lâcher le gâteau. C’est comme sous la cour de Louis XIV sauf qu’on a perdu l’orgueil national et qu’il n’y a plus de rêve de grandeur. Résultat on gâche des talents qui n’ont pas leur chance et sont tout le temps en train de se refreiner pour rentrer dans les cases. Au final on a une culture molle, conformiste et suiveuse. C’est la "France pays de caste" dont parle Delavier.
      On parle souvent du politiquement correct anglo-saxon, mais ils ont gardé un esprit d’innovation et de découverte. En France on a toujours notre esprit de petit fonctionnaire et en plus on a perdu notre impertinence gauloise. Quelles sont les œuvres françaises qui comptent depuis les 50 dernières années ? Je me pose vraiment la question.

       

      • C’est pas faux...

        Pourtant réfléchissons à la production musicale de l’autre côté de la manche.. Premièrement, l’enseignement musical dès la primaire est une tradition.. c’est sous l’ère Thatcher, qu’on a vu la musique plus ou moins disparaître des programmes scolaires au début des années 1980, pour revenir par la suite lors du changement de gouvernement.. Il y a également de nombreuses infracstructes extra-scolaires et un tissus associatif important.

        Deuxièmement, il y a à travers le pays de nombreux lieux pour se produire toutes les villes ont des pubs ou les jeunes tout juste sortis de leur garages peuvent tester leur talent face à un public.. ou leur manque de talent d’ailleurs. La préserverance c’est bien, mais ça sert surtout quant on est bien informé ?

        Troisièment, les immeubles.. C’est un détail qui a de l’importance.. Il est difficile de répéter dans un immeuble.. Là-bas même l’habitat sociale des prolos ou des classes moyennes est différent, vu qu’il s’agit en général de maison de plein pied..

        L’esprit était surtout de faire de l’argent.. et beaucoup d’argent... vu qu’un bon disque pouvait directement se vendre à travers tous les pays anglophones.. Hors de question de pistonner des nullards.. Y a de l’argent à se faire.. loads of money.. loadsAmoney (attention travaillez votre prononciation..) https://m.youtube.com/watch?v=ON-7v...

        Concrètement, l’industrie musicale était ouvert à tous les petits génies prêts à offrir le nouveau son.. Personne était assez stupide pour se tirer une balle dans le pied.. La radio BBC jouait elle aussi un rôle prépondérant en région puisqu’elles (ses radios) mettaient en avant les talents locaux qui perçaient sur la scène musicale ou les radios pirates.. Pour finir éventuellement sur l’émission musicale de la BBC, Top of the pops, qui était une véritable institution, basée justement sur le hit parade britannique. Fair play (all the way) ?!

        C’est marrant qu’un service public de qualité et un esprit libéral puisse avoir poussé le plus souvent vers de la qualité (le renouvèlement en tout cas !!) et pas un gros formatage des maisons de disque.. et des producteurs montant des coups.. En tout cas, moins qu’en France..

        Il faut dire que le piston y est sans commune mesure. Le paradoxe c’est l’impressionante qualité de notre public !!! Public qui consomme principalement des productions extra-nationales : la boucle est bouclée René !!! Sans la culture, sans l’agriculture t’es mort.


      • En complément, la chanson du clip est bien évidemment une chanson satirique concernant le libéralisme économique.. Libéralisme assez tentant lorsque on voit les blocages qui existent en France ?

        Méfiance car tout devient possible : le beurre, l’argent du beurre, le cul de la crémière en plus du patron qui te fait un bébé dans le dos.. C’est la partouze économique... bien sale... dogs eat dogs..

        D-D-Doin up the house is my bread and butter (...) une des paroles clé... en plus des maisons alignées qui défilent dans le fond..
        C’est comme en France à la même époque, la même décennie : les années 80.. L’argent, l’argent, l’argent..

        Saut qu’on y voit un prolo faire un paquet de thunes en retapant les maisons achetés pour une bouchée de pain car Tatcher avait décidée de revendre le parc locatif des logements sociaux.. Ça a profité (en dehors des entre-preneur$$$) à quelques locataires chanceux, d’avoir la possibilité de refaire leur maison pour la revendre afin d’acheter dans un meilleur quartier (meilleure écoles, plus de sécurité, meilleure chances de revendre à profit plus tard..) ; un système de classe...

        Bref, ça a dynamisé l’économie et il suffisait de se relever les manches pour faire des profits... Bon vous êtes au courant de la bulle spéculative immobilière qui suivit et la précarité des classes ouvrières et des sous-prolétaires recevant toujours moins de protection.. Ou une protection (à la marge) indispensable pour les plus démunis ne pouvant plus se loger facilement... les ghettosisants durablement dans des quartiers sans avenir et un cercle vicieux d’assitanat.

        Résultat, encore plus de pauvres... Après, toute cette merde ça fait aussi des chansons à texte.. ce qui est traditionnellement plus rare dans la chanson anglo-saxonne...


      • Putain c’est quoi cette horreur début 90’s que tu m’as sortie ?? Bon c’est marrant au niveau de l’idée mais ça pique les oreilles et les yeux ;)
        Tout ça est un vaste sujet très interessant.
        Les chansons à texte même ça on l’a perdu. Et surtout ceux qui soi-disant font des textes ont généralement la sale manie de chantonner avec une voix pseudo-dépressive, un espèce de prégnance maudite de Gainsbourg. Sinon le rap a remplacé Brassens pour les chansons à texte...

        J’avais vu une reportage très intéressant sur la musique des Beatles qui avait une analyse intéressante. A la fin des années 50 la musique d’avant garde "officielle" avait décrété la fin de l’harmonie, destructurait toutes les règles et se perdait dans des musique concrètes, atonales etc, inaudibles. Tandis que la musique "pop" s’enfonçait dans des tubes formatés à la chaine. Le génie des beatles a été d’alier l’harmonie classique provenant de la Renaissance, la musique populaire rock’n’roll avec des aspect expérimentaux d’avant-garde.
        https://www.youtube.com/watch?v=ZQS... à partir de 5mn35
        Donc tandis qu’ici l’état subventionnait des trucs chiants à la Boulez que personne n’écoutait, les anglo-saxons ont vraiment innové tout en gardant une qualité musicale et résultat plus personne n’écoute de chanson française dans le monde. Et comme tu disais ce n’est pas que grâce au business qu’ils y sont parvenus, c’est aussi par la qualité artistique.

        Le plus irritant (moins en musique plus en cinéma) c’est que les Français ont perdu leurs couilles mais pas leur côté hautain, leur mondanité parisienne. Putain il faut être fiers de soi, mais on ne peut plus se permettre de se sentir supérieurs, on n’est plus sous le Roi Soleil !
        Même la musique québécoise est plus créative alors qu’ils sont 10x moins nombreux !
        Bon on a peut être jamais été un très grand pays de musique mais il y avait un certain niveau.

        Le côté centralisateur de l’Etat français a beaucoup joué. Frédéric Delavier a fait une vidéo là-dessus qui expliquait que l’Italie, L’Allemagne était constitué de villes indépendantes qui se faisaient concurrence et favorisaient les artistes pour améliorer leur prestige. Tandis qu’en France tout se passait à Paris, donc courtisanerie mais pas émulation artistique. C’est ce qui d’après lui explique le nombre de compositeurs Allemands et Italiens à la Renaissance.


      • (suite)
        Je viens justement de lire un article sur les Goths, un des premiers groupes français qui a fait du vrai rock à l’anglo-saxonne dans les années 60, pas de la soupe yéyé. Un de leurs rares morceaux a été intégré à de nombreuses compils américaines, sauf qu’en France aucune maison de disque de les as soutenus, au contraire comme ils ne passaient pas assez à la radio leur disque ne s’est pas assez vendu et a été pilonné et ils ont arrêté la musique. C’est juste maintenant qu’ils ont gaché depuis longtemps leur carrière qu’ils sont redécouverts. D’ailleurs dans une entrevue un membre du groupe parle bien de l’attitude des élites qui a fait régresser la France en matère de culture.
        http://fuzzine.over-blog.com/articl...

        Même en littérature on se fait supplanter pendant que le petit monde littéraire parisien tourne en circuit fermé et distribue des prix uniquement sur des critères de copinage et d’idéologie...
        En culture il nous reste plus que la haute couture et la haute cuisine. Tout un symbole...


      • C’était des comédiens du genre "les inconnus".. Il reprenaient en 88 dans un clip, un de leur gag récurrent "loadsAmoney".. Les anglais sont connus pour la satire sociale et politique acerbe, l’étude des mœurs. Je trouve cela intéressant car c’est un « prolo » faisant du fric qui était critiqué... À côté ça en France en 91.. t’as la chanson "Auteuil, Neuilly, Passy : c’est pas du gâteau"... Go figure, allez comprendre...

        Ça correspond à une époque... si l’on veut comprendre la production musicale en Grande Bretagne, il ne faut pas oublier que des petits entrepreneurs par rapport aux profits qu’ils gêneraient pouvaient avoir un soutien des banques...

        C’est un peu la philosophie (néo-)libéral : les petits acteurs du marché sont les mieux placés pour savoir comment faire du fric.. Le revers de la médaille c’est qu’ils participent à la destruction ou l’érosion des infrastructures financés par la collectivité ; puisque la logique est libérale, individualiste.

        Le succès commercial de la production culturelle (musicale) au royaume unis était lié aux infrastructures (éducation + promotion, diffusion, distribution) et à la politique économique... Une production culturelle peut être impressionnante et pourtant en déclin ; l’anthropophagie vient à l’esprit car il s’agit aussi (libéralisme outrancier) de démantèlement de ces infrastructures...

        C’est intéressant ces croisements pour mieux comprendre la situation de la France...


    • En Europe les allemands mais surtout les anglais sont performants en la matière. Dick Wolf qui produit Law & Order aux states propose l’équivalent très british Law & Order : UK. Des enquêtes de la police judiciaire extrêmement bien ficelées menées par des équipes d’acteurs et actrices pour certains (certaines) fort séduisants. Pourtant leur vie privée n’est que très peu évoquée (pas le temps), mine de rien c’est tout l’intérêt du concept.


    • A lire les commentaires on dirait que les gens passent leur vie devant la Tv ou au cinéma , C’ est le gout immodéré des hommes faibles pour le divertissement et la frivolité qui est au cœur du système . Ca n’est exclusivement que de la propagande et de la banalisation du mal , ca rend les gens passifs et indolents, les maintient dans l’ignorance et étouffe leur conscience en les soumettant a l’idéologie satanique . Même s’il se trouve quelques produits semblant sains il vaut mieux jeter sa Tv .Une seule goute de venin de serpent dans un bidon de lait et celui-ci devient empoisonné , personne n’irait en boire .

       

      • Voilà 30 ans que j’ai jeté la TV aux ordures...et pourtant sur internet j’ai découvert de bonnes séries, bien françaises qui parlent de la France, des terroirs, comme "les gabardiers de la Dordogne" "dans un grand vent de fleurs" "la chambre des dames" et l’incontournable "Louis la brocante".
        Dans les séries anglaises : Barnaby, Murdock, et surtout ce chef d’oeuvre qu’est la série Downton Abbey.
        Lorsque j appréhende la vie des gens dans ces séries, j’essaie de trouver leurs forces et leurs faiblesses, reconnaître quelle situation les met en difficultés, en fait, à travers elles, découvrir qu’elle aurait été l’attitude juste par rapport aux lois divines. Voila quelle est ma recherche lorsque j’observe la vie des gens...


    • Question : le film Blood Ties de Guillaume Canet était si mauvais pour que les USA et la France lui tournent le dos ? Il a récolté 40000 euros environ aux USA...

      Le talent ne suffit pas... Guillaume Canet, si passionné pour ce projet, a fait plusieurs erreurs. Mon hypothèse : il a produit le film et s’est attaqué à la pute anglaise, Ridley Scott.

       

      • Aux US le réalisateur est souvent qu’un technicien qui peut être remplacé au pied levé.. C’est le modèle de Luc Besson qui a commencé comme stagiaire outre-Atlantique dans les grands studios, je crois.

        C’est le producteur le véritable maître aux manettes.. Après, sauf si c’est un réalisateur qui lève des fonds en son nom.. Là, c’est le star système qui s’applique et les contrats sont à mon avis légèrement différent... Kasowitch a également fait une excursion à Hollywood... c’est vrai que son film la Haine l’a un petit peu fait remarqué dans les festivals mais c’est pas sur ce critère qu’il lui ont filé du boulot. C’est juste un bon chef d’équipe qu’ils recherchent ; capable de tennir un planning et se tenir à un budget, voir être créatif pour imaginer rapidement un plan B en cas de couacs.. À mon avis ils doivent tous suivre un storyboard et le truc doit être contractuel... Hitchcock, se couvrait en empêchant que les scènes soient montées différemment en filmant le strict nécessaire... interdisant de ce fait les alternatives... Devine..

        Hollywood c’est une industrie.. il ne faut pas se laisser induire en erreur par les libertés que prennent les Scorsese et autres... D’ailleurs même eux... obtiennent le director’s cut uniquement si il est possible de ré-exploiter le film lors d’une réédition DVD,ou exceptionnel une rediffusion en salles ? Quels sont les possibilités pour un francophone de tennir des équipes expérimentés qui s’en fouttent du mec employé à la tâche ?

        Les équipes sont tous syndiqués et ont des prérogatives.... il faut à mon avis avoir de la bouteille (américaine) pour les carreser dans le sans du poil et les prendre à rebrousse-poil avec tact lorsque c’est nécessaire.... Faut pas deconner, c’est parfois des batailles d’égo pas forcément avec les sous-titres en français....


    • Treès bon article, je dirais simplement aussi que son auteur oublie de mentionner un detail :
      Suite à la création des abonnements dans les salles de ciné, le niveau du scénar moyen au ciné à chuté pour laisser la place à la licence, puisque le spectateur ne paie plus sa place mais le droit de voir des films. Ca a mécaniquement conduit à la baisse de qualité du produit, passant d’une production artistique à un produit de grande conso.
      Exit inception place à Avengers.
      De fait, les scénaristes sont partis sur les series, ce qui en a fait le bonheur pendant les années 2000. Mais honnêtement, aujourd’hui c’est finit, le meilleur exemple est la chute de niveau chez HBO, la chaine qui a fait les meilleures series.
      Quand on compare The Wire et/ou Les Sopranos, et qu’on voit Games Of Thrones ou Sillicon Valley à côté, on comprends bien ou je veux en venir. Je parle meme pas des séries Netflix qui sont simplement... mauvaises, et pleines de licences Marvel.
      D’ailleurs, True Detective, série policière de haut niveau, ne fonctionne pas, alors que tous les ingredient y sont.

      Le niveau des auteurs mais aussi du public baisse à vue d’oeil.

      Pour conclure, on dira que la France souffre certes de la consanguinité idéologique (un village Français en est un exemple criant), mais que les US, malheureusement, suivent le meme chemin vers la médiocrité.

      Pour ceux qui ne regardent pas de séries, je vous conseille tout de meme quelques productions HBO, qui sont de loin les meilleures :

      Les Sopranos, Sex in the City et The Wire : formidable description de la société urbaine américaine

      Rome : magnifique peinture, bien que romancé, de l’empire Romain

      True Detective : si vous aimez les polars, là, vous êtes sur du très haut niveau, en particulier la saison 2

      En France, je n’ai vu que la saison 1 mais Engrenage m’avait fait bonne impression.

       

      • Ce n’est pas Engrenage mais Entourage et en effet c’est excellent tout au long des 9 saisons. Superbe satire avec ses personnages horribles qui peuvent rebuter si on a pas pris le sens de la critique qu’ils portent en eux...


      • Non, non, c’est bien Engrenage... la série qui m’a donnée l’impression que ça pouvait changer en matière de production en France. Qu’on aurait enfin le droit à des trucs intéressants... Colombo, Kojak etc... c’était dans les années 70.....
        Ça fait « méchamment » penser aux témoignages (désormais archivés) des enfants du juge Roche... « True Detective » étant l’aboutissement en quelque sorte ?...

        The Wire, n’étant pas étranger au US à cette tendance ? La part du documentaire d’investigation dans ce renouvellement scenaristique ?

        « Entourage » c’est une comédie, une série télévisée au sujet d’un acteur Hollywoodien son agent, son entourage.. bref, un microcosme... qui n’est pas dénué d’intérêt de part là aussi son authenticité...


    • Bravo, beau boulot pour cet article.


    • Les séries françaises sont moins bonnes que les séries américaines, certes, mais encore infiniment moins bonnes que les séries britanniques, scandinaves etc... Pourquoi ? Il y a plusieurs raisons : des scénarios ineptes, indigents, truffés d’erreurs logiques, bourrées de stéréotypes , de clichés, qui ne rendent même pas compte de la réalité de la vie en France...., et des acteurs sans réelle formation, donc très mauvais. Le pire navet britannique a un certain cachet grâce aux prestations éblouissantes des comédiens british, qui ne sont pas des amateurs, des fils et filles de... des partenaires sexuels de.....En France c’est le règne de la consanguinité, du piston , du trafic d’influence ... et ce sont toujours les mêmes qui s’imposent... je ne vous fais pas un dessin.


    • Très bon article, bravo à l’auteur !

      Tout à fait d’accord pour dire que les séries françaises sont idéologiques et cherchent à influencer le monde réel tandis que les séries US cherchent à coller à la réalité de la société.


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