Pourquoi Trump va devenir un « fasciste »

C’est le Système qui distribue les points Godwin

Publié le : dimanche 13 mars 2016
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Le système démocratique a des limites, que la majorité des électeurs ne connaissent pas. Quand un candidat franchit les frontières invisibles du Système, ce dernier lance des rappels à l’ordre gradués. Et toute une série d’obstacles et d’empêchements viennent ralentir le parcours de l’impudent.

 

 

Lorsque Coluche a voulu se présenter aux élections présidentielles de 1981, cela a commencé comme un gag dans les vapeurs des fumées. Puis, devant les sondages affolants (16% d’intentions de vote), c’est devenu subitement sérieux, puis ça s’est terminé dans le sang, un peu plus tard.

En 2016, le candidat républicain Donald Trump, dans un autre système électoral et sur un autre continent, fait un peu le parcours de Coluche. À chaque grande crise économique et sociale qui frappe un pays, un leader populiste surgit et incarne le mécontentement. En France, dans les années 1970, c’étaient les exclus de la croissance, « les pédés, les putes et les camés », comme disait Coluche. Aujourd’hui, aux États-unis, c’est le petit Blanc coincé entre les deux façades du pays, la côte Est et la côte Ouest, qui sont tournées vers l’avenir et l’extérieur, qui souffre. Le redneck, la nuque rouge, le plouc, l’Américain moyen, qui garnit les gradins des meetings de Trump.

 

 

Trump a beau être milliardaire, ça ne change rien pour l’Américain du Middle West : c’est un héros, celui qui dit tout haut ce que cachent les autres candidats dits « du système », et surtout, bien loin de le plomber, sa fortune personnelle lui permet d’ouvrir sa gueule et de ne pas dépendre des lobbies. Il peut ainsi accuser Hillary Clinton d’être la marionnette des banques et d’Israël, regretter la liquidation de Kadhafi et de Saddam Hussein ainsi que de leurs pays respectifs, et toutes sortes de provocations à caractère sexiste. Trump, c’est l’Amérique profonde dans toute sa splendeur, qui n’a honte de rien, et qui ne se laisse pas abattre, ou moquer par les élites « progressistes » des deux côtes. Élites politiques et financières à l’Est, élites de la communication et des médias à l’Ouest. Entre Wall Street et Hollywood, il y a une Amérique qui bosse, se serre la ceinture, celle des petits Blancs qui en ont marre qu’on ne s’occupe que des victimes habituelles, les Noirs, les Juifs et les Femmes. C’est pas nous qui le disons, c’est eux.

 

« Go to Auschwitz, go to fuckin’ Auschwitz »

À cette poussée populiste le Système réagit toujours de la même façon : après une première phase d’étonnement (c’est toujours vendeur, au départ, le populisme, ça plaît aux médias, qui sautent dessus comme des vautours affamés sur une carcasse), vient la seconde phase, de destruction celle-là. Les ordres viennent d’en haut, et changent la donne. À partir d’un certain seuil, les flashs admiratifs se transforment en tirs groupés. Dès que le populisme peut « prendre », c’est-à-dire emporter la crédibilité des tenants du Système dans une vague incontrôlable, on lâche les chiens.
Concrètement, la presse commence à chercher noises, les meetings tournent mal, les associations interviennent, les provocations se font dangereuses. Aux États-Unis, les avancées « Kennedy » (1 et 2, en 1963 et 1968, ne l’oublions pas) et « Luther King » (1968), sont une frontière à ne pas franchir que tout le monde a bien intégrée, dans le monde politique qui suivra. On ne déconne pas éternellement et impunément avec l’État profond.

 

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Extrait du discours de Trump devant la Coalition juive républicaine le 3 décembre 2015. Il y critique, sous les sifflets, son rival Jeb Bush qui a, entre autres, accepté leur argent :«  Vous n’allez pas me soutenir car je ne veux pas de votre argent. [...] Voilà pourquoi vous ne voulez pas me donner d’argent. Mais c’est d’accord, vous voulez contrôler votre propre homme politique. Je comprends. »

 

Les vigiles du Système sont donc en train de décrédibiliser Trump, avec tous les moyens disponibles. Nous ne sommes pas en train de dire que Trump est le candidat idéal, mais il a touché la clôture, et cela suffit pour déclencher les premières alarmes, et les premières salves. En dépit du fait que Trump et Clinton iront se confronter à l’AIPAC, le puissant lobby pro-israélien, les 20 et 22 mars, le milliardaire est dans le viseur.
En guise d’avertissement, voici une petite vidéo qui permettra, au cas où, d’appliquer l’amalgame infamant d’antisémitisme au candidat, avec ce supporter de Trump qui sort d’un meeting au Kansas et qui dit un gros mot avec « Auschwitz » dedans :

 

Le vrai populisme est le contournement du Système, voir sur E&R :

"L’antiracisme" américain à l’assaut de Trump

Provocations et meeting annulé à Chicago
Vendredi 11 mars, Chicago. Le grand meeting de Donald Trump va avoir lieu. Dans la salle, des militants antiracistes principalement noirs et hispaniques ont pris place, et commencent leur agit-prop. Des bagarres éclatent, à l’intérieur et à l’extérieur de la salle, la police intervient. Le meeting est annulé, annonce Ted Cruz. En tête dans les sondages, Donald Trump se dit victime d’agitateurs (...)

Jean-Claude Van Damme terrorise le "Grand Journal" avec Rothschild et Rockefeller

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Extrait d’une interview donnée par Donald Trump à CNN et publiée le 25 octobre 2015 :
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Le 13 mars 2016 à 20:29 par Johnny boy
#1419290

Si Trump est élu, ce qui n’est pas impossible tout de même, on pourrait assister à un "regime change" sur le sol américain ce qui ne manquerait pas de pittoresque. Et vu la montagne d’armes que represente ce pays ca pourrait faire du bruit.

Le 14 mars 2016 à 06:34 par écarlate
#1419467

Trump, c’est visiblement l’impérialisme américain dé-sionisé... j’vois pas trop l’intérêt.

Pour certains il en faut peu, il suffit que le système diabolise un personnage pour qu’il soit aussitôt approuvé par les « rebelles », un peu comme ces ignares qui ne comprennent rien au sens de l’histoire et qui se jettent sur Poutine en pensant qu’il va restaurer une Europe spirituelle et traditionnelle...

Ce qu’il faut bien comprendre c’est qu’hillary représente les intérêts cosmopolites et les élites mondialistes tandis que Trump représente une version archaïque du capitalisme, c’est à dire une version nationaliste, autrement dit une forme antérieure de son developpement, voilà pourquoi le système le diabolise - qui ne peut tolérer aucun retour en arrière, progrès oblige -. Et l’un des derniers à avoir voulu figer le capital dans sa forme nationaliste, c’est bien Hitler, en effet ! donc la comparaison ne m’apparait pas si farfelue que ça. Trump est un has been il a perdu depuis longtemps, le nationalisme a été forcé de se suicider en 1945 dans un bunker, à l’abri des regards, masqué par le brouahah des obus...

Le 14 mars 2016 à 09:30 par becalme
#1419518

TRUMP se sera jamais élu pour la simple raison que devant son chemin trouvera bibi qui le fera changer d’avis, attentats et autres manifs colorées.

Le 14 mars 2016 à 12:52 par ph
#1419663

Trump se fera flinguer s’il gagne la primaire, pareil pour Bernie car le système ne peut laisser passer l’un ou l’autre. Si Bernie Sanders sera président s’il gagne la primaire démocrate c’est une évidence mais Trump pourrait très bien gagner face à Clinton car nombreux électeurs de Bernie voteront Trump si leur champion n’est pas choisi. Le prochain président du Système en revanche osera toucher au 2e amendement de la consitution en ordonnant la confiscation des armes à feu (après un énième massacre de masse, ayant lieu sans doute pendant un meeting politique), des citoyens résisteront, la police aura le droit de tirer -> début de la 2nde guerre civile des USA.

Le 14 mars 2016 à 13:57 par listener
#1419719

Raz le bol des "I have a dream !". Le beau visage de l’Amérique et des américains que voilà. Même phénomène qu’en France ( populiste ! populiste ! populiste !), France au fond assez en avance sur le plan politique. Les petit marquis, assez ! Les américains parlent très savamment et sérieusement du "Pi-Ci" (le politically correct"). Nous on en rigole, mais pas eux !

L’autocensure a là-bas une dimension énorme qui se déverse sur les médias européens, bêtasses et conformistes qui croient naïvement que l’Amérique, c’est la "terre classique de la liberté", comme le disait Fenouillard. Tu parles ! Liberté surveillée par les investisseurs et les fonds de pension qui financent des journaux. Combien d’officiels américains le 7 janvier dans les rues de Paris ? : une secrétaire d’ambassade au vingtième rang.. On ne dit pas de mal du prophète non pas qu’on ait pas le "droit" mais cela risque de faire perdre la clientèle des "muslims"... Ils sont comme cela, les américains. Aucune honte. Pragmatisme.

Le grands dadais prétentieux de Washington, snob et arrogant, est en fait dans le viseur. Trump s’adresse (malgré lui d’ailleurs car il est assez con) à une population majoritaire blanche mais en perte de vitesse, écrasée sous les culpabilisations et les "I have a dream !".

Raz-le-bol des "I have au dream !" Cela vaut pour les européens aussi. Moi aussi j’ai un "dream" et si ce n’est pas le même que le tien, je t’emmerde.

Le 14 mars 2016 à 15:36 par LK2
#1419787

J’espère qu’il gagnera, il est la promesse d’une amérique moins présente, moins guerriere et recentrée sur sa politique intérieure. On veut (qu’ils nous foutent) la paix, on veut Trump !

Le 14 mars 2016 à 21:01 par Advi
#1419965

A mon humble avis Trump c ’est le parfait adversaire.

D’un coté Trump (un peu déjanté je suis ok) de l’autre coté clinton financée par GS et JPM ...

Aucune chance .

Ça me fait pense "Front républicain" contre FN ... Pour le peuple je parle TV tout ça

Sans parler des intérêts geostrat et éco surtout.

Le 15 mars 2016 à 07:53 par sev
#1420184

Cessons de nous emballer sur un épiphénomène assez récurrent à chaque grande crise politique et économique. Si Trump devait monter vers le trône (de la soumission totale) il serait pris en main par les tenailles redoutables du Système mondialiste. Au mieux il serait pris par les c......., au pire il serait éliminé en peu de temps (Lincoln, Kennedy, King, Malcom....). Dans l’énorme bourbier mafieux mis en place par une poignée de grands délirants, une seule solution : les éliminer les uns après les autres. Seul hic....cela exigerait une alliance mondiale choisie, solide, organisée et solidaire. Un "rêve" difficile à concrétiser vu que la lutte de tous contre tous foctionne à merveille et que le niveau de pensée est majoritairement abrasé....

Le 15 mars 2016 à 12:32 par Ruskov
#1420346

Moi je l’aime bien, je pense juste qu’il s’éclate pour voir jusqu’où il irait, tout en étant utilisé comme une sorte de Marine. De toute façon, j’ai pas vu qu’il ait déjà été sénateur (j’ai pas le temps de bien chercher), mais aux US il y a une réglé tacite qui stipule qu’on ne devient pas président avant d’avoir été au moins une fois sénateur.

Le 16 mars 2016 à 18:06 par Sedetiam
#1421439

Ça y est, c’est fait : Bacharan, chez C dans l’air du 16/03, distribue les points Godwin, parle de néo-fascisme, fais la comparaison avec G. Wallace (Alabama), mais, selon la "cacique", cela serait quand même un ton en dessous du Menhir. C’est à suivre pour bien (continuer de) comprendre le langage...de la Bête.