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Contre le fétichisme de la marchandise et le spectacle étatique du mensonge terroriste

Conférence de Francis Cousin à Lyon, 27 février 2015

Conférence de Francis Cousin donnée le 27 février 2015 à Lyon sur le thème : « Contre le fétichisme de la marchandise et le spectacle étatique du mensonge terroriste. »

 

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180 Commentaires

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  • L’argent et l’usure c’est quand même pas la même chose. Mettre l’argent au même niveau que l’usure c’est jeter le bébé avec l’eau du bain.

     

    • L’hybris de l’argent mène l’Homme à l’usure. C’est pour cela qu’il ne peut y avoir de capitalisme moral, que les protestants se trompent et que les juifs disent la vérité.


    • Qu’est ce que l’argent ?
      Comment est-il possible que des marchandises aussi diverses qu’un PC et quatre paires de chaussures puissent être échangeables avec la même quantité d’argent ?
      L’argent a donc un côté abstrait, comme n’importe quelle marchandise, il est le reflet d’une quantité de temps de travail.
      Grâce à la libéralisation des marchés et à l’abandon des obligations et du standard or, le capitalisme dans sa recherche de valorisation a engendré aujourd’hui, quatre-vingt-quinze pour cent de flux financiers transnationaux purement spéculatifs, on imagine sans difficulté le potentiel d’éclatement.
      L’argent dans un système d’aliénation, n’est pas un moyen d’échange mais une finalité un procès d’accumulation de valeur.
      A titre d’exemple un économiste Silvio Gesell avait introduit le système d’argent fondant pour résoudre la crise économique dans un canton en Autriche, les effets positifs n’ont pas tardé, en effet l’argent devient alors un moyen d’échange et non pas une finalité d’augmentation du compte en banque puisque les billets sont valable 4 mois, l’argent on le dépense donc.
      Il s’agit de comprendre que notre système n’a plus aucun avenir, on vit sur un volcan en gestation.
      L’état les partis politiques ne pourront pas nous sortir d’affaire, en effet, dans un système aliéné, les états les communes doivent émettre des titres des emprunts faire de la pub commerciale, afin de rendre leurs investissements crédibles, pour être ensuite absorbés par le marché spéculatif et sont dans une impasse totale en ce qui concernerait des solutions éventuelles de sortie de crise, puisque partie intégrante dudit système.
      Mais le tableau n’est pas encore assez négatif et comme cela n’est pas suffisant, dans un système ou le travail est le seul moyen de pouvoir assurer sa subsistance, celui-ci se raréfie du fait de l’intervention de plus en plus notable dans la production de la micro électronique,tout en tassant la valeur globale, le système condamne une masse de plus en plus importante de gens surnuméraire.
      Or ce n’est pas le travail qui est un problème, les sociétés humaines ont toujours travaillées on appelle cela la praxis, c’est une partie naturelle chez l’homme, contrairement au capitalisme qui n’existe que par un carcan de contraintes.
      C’est l’accumulation du capital en crise qui devient très problèmatique.
      Comme on le voit tout cela est très flippant.


    • Dans notre société , environ 98% de l’énergie dépensée en travail l’est par des machines.
      N’est il pas normal de penser que la proportion actuelle de " travail " humain est trop importante,
      On devrais séparer le travail nécessaire du travail-occupation-faux-boulot-pour-les-copains déjà,


    • C’est Bernard Friot qui fait une proposition qui va faire pousser des barrissement, a tous les anticomunisses primaires.
      Avec le salaire à vie.
      Ce n’est plus le poste mais la qualification qui est rémunérée, plus besoin d’aller te vendre sur un marché du travail saturé.
      Bien sûr tout le système de la propriété lucrative est a abolir, il n’est pas normal qu’un propriétaire touche une rente d’une propriété lucrative, c’est du parasitisme pur.
      Il faut voir en détail ses propositions, c’est assez interressant, d’autant qu’il faut comprendre, qu’à partir du moment ou le système s’effondre et il s’effondrera, il n’existe, plus de proprio, il reste que les Quartels et des locataires agressifs, hé va chercher ton loyer sur la colonne Vendôme !


    • camarade, l’argent fiduciaire est une dette, et pour payer le service de la dette (le service rendu par celui qui prete), des interets sont imposes.

      la monnaie metal (or argent etc) possede sa valeur intrinseque et est donc legitime comme valeur d’echange


    • L’or et l’argent sont une marchandise comme une autre (bijouterie, composants, électroniques, autres applications industrielles).
      L’or et l’argent peuvent être vendus comme n’importe quelle marchandise.
      D’ailleurs plus un bijoux est travaillé plus il prend de la valeur.
      L’or faut l’extraire, et le transformer, il comporte une valeur, d’usage et une valeur abstraite.
      Il représente dans sa valeur abstraite du travail accumulé.
      Sans travail humain il n’existe pas de valeur.
      La valeur fiduciaire de l’italien fiducia, confiance, est une représentation de valeur sous forme billets pièces de monnaie titres actions obligations, leurs érosion provient de la quantité émise qui n’est plus en proportion avec la valeur réelle le travail humain !


  • "Quand on est passé des communautés de l’être aux sociétés de l’avoir". Il va nous falloir revenir à l’être, c’est à dire à la vie alors que notre société est celle qui glorifie la survie donc le factice.

     

    • C’est magnifique ! Les propos de Marx, Engels, Jésus, Parménide, Héraclite transmis avec humilité par Francis Cousin sont d’une puissance telle qu’ils devraient nous faire vibrer pour sortir de la matrice capitaliste et penser humain.

      Radical car il va à la racine des choses, rien ne m’a plus touché jusqu’ici que les propos de ce gars.


  • La conférence dure plus de 2 heures. Je sens que j’aurai besoin de deux semaine pour la digérer o.o

     

  • Je sais bien qu’il me reprocherais d’être dans l’aliénation du spectacle permanent du fétichisme de la marchandise mais en dépit de ça il est dans mon Top10 (ou même carrément le Top5) de mes intellectuels préférés.

    Ce mec a fait un travail indispensable et permet de se réconcilier avec les travaux de Marx et d’Engels (un peu comme un révisionniste, c’est dire à quel point on peut lui être reconnaissant), travaux qu’au demeurant, soyons honnête, je n’ai pas eu le courage de lire, mais comme Francis le dit parfois lorsqu’on lui demande qu’es-ce que l’on doit lire pour s’émanciper : ne lisez pas, vivez.
    Message reçu cinq sur cinq, fort et clair, monsieur Cousin !

     

    • +1

      J’ai depuis lu ses livres, Marx, Orwell, et les pré-socratique. Mais comme toi après j’arrête car plus rien d’intéressant :) Cela donne un grille de lecture suffisante pour tout comprendre sans plus perdre de temps dans l’appauvrissement du commentaire (ce que je fais la ;).


    • les idées de Marx ont toujours finit en dictature et pauvreté
      l’histoire a parlé, le communisme n’est qu’une dictature comme une autre


    • La preuve, la sécurité sociale, les congés payés, les allocations chômage etc !


    • @liberteavantout Tu répète les mots du capitalisme.

      Si tu prends la peine de livre de Francis Cousin "L’être contre l’avoir", tu comprendra que le communisme de Marx (le vrai ! Et non le dévoyé du bolchevisme ou autre léninisme) n’est que le constat du système qui permet à l’homme sa pérenne reproduction. Marx n’est pas un dogmatique, il critique le capitalisme mais ne prône pas de "solution" pour le retour à la communauté organique. A l’homme de trouver.


    • En effet kirik000
      Et d’ailleurs le commentaire de l’intervenant auquel vous faites allusion démontre qu’il ne sait pas de quoi il parle dans la mesure où monsieur Cousin explique ceci expressément dans cette même conférence lors du passage qui commence par l’énoncé du fait que Marx se défendait lui-même, dans une formule aussi pertinente et drôle qu’ironique, d’être un marxiste. Comme quoi les gens se contentent malheureusement trop souvent d’étaler leurs opinions peu avisées plutôt que de réfléchir avec des gens plus instruits qu’eux. C’est dommage.


    • En effet kirik000
      Et d’ailleurs le commentaire de l’intervenant auquel vous faites allusion démontre qu’il ne sait pas de quoi il parle dans la mesure où monsieur Cousin explique ceci expressément dans cette même conférence lors du passage qui commence par l’énoncé du fait que Marx se défendait lui-même, dans une formule aussi pertinente et drôle qu’ironique, d’être un marxiste. Comme quoi les gens se contentent malheureusement trop souvent d’étaler leurs opinions peu avisées plutôt que de réfléchir avec des gens plus instruits qu’eux. C’est dommage.


    • Mine. Désolé pour le doublon :-)


    • @kirik000 @Eric ,



      « […] le communisme de Marx (le vrai ! Et non le dévoyé du bolchevisme ou autre léninisme) n’est que le constat […] Marx n’est pas un dogmatique, il critique le capitalisme mais ne prône pas de "solution" pour le retour à la communauté organique. »



      Marx n’est pas seulement un philosophe ou un économiste, c’est aussi un militant politique qui a participé à divers organisations révolutionnaires.

      Extrait d’une lettre de 1875 de Marx à un chef de parti révolutionnaire allemand (avec plusieurs importants révolutionnaires en copie) :



      « Entre la société capitaliste et la société communiste, se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci. A quoi correspond une période de transition politique où l’Etat ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat . »



      Les mouvements communistes qui ont pris le pouvoir n’ont pas prétendu avoir réalisé le communisme mais ils dis(ai)ent être dans la phase de transition vers le communisme. Le fait qu’ils ont tous établi une dictature n’est pas un hasard et c’est conforme à ce que Marx conseillait politiquement.
      Les mouvements communistes au pouvoir ont certainement essayé d’aller vers le communisme de Marx mais une société communiste efficace est extrêmement compliquée à mettre en place dans le monde réel. Aucun de ces mouvements n’a réussi à la mettre en place. Ils sont donc restés bloqués dans la transition, la dictature.
      Après des années ou des décennies, les mouvements communistes au pouvoir ont soit été renversés, soit ont inversé leur transition pour aller vers le capitalisme en gardant ou non la dictature.

      Contrairement à Mr Cousin, je pense que les mouvements communistes au pouvoir avaient bien compris Marx mais que la transposition des théories de Marx dans le monde réel est et était extrêmement délicate et dangereuse dans les situations passées et présentes.


    • Monsieur Cousin a trouvé son maître et va pouvoir en apprendre sur Marx en deux coups de cuillère à pot avec des " je pense que ... " :-)


  • on vois bien que le capital sait s’auto-mutilé (grece, Irak..) pour en quelques sorte mettre des terres en jachères, des parcelles de capitalisme achevé retourné à l’age de pierre... ainsi la naissance de la communauté universelle peut mettre longtemps à venir....
    Il faudrait une conférence jacques grimault + alain soral + Francis cousin, Grimault apportant a Soral sa comprehension du monde de Soral. A apportant à B la comprehension de A sur le monde de B

     

    • Oh la vache, ca ce serait la conference du siècle !


    • La philo de Cousin est une philo des profondeurs qui est une philo du renoncement.Il fait sa conf puis il retourne vivre et bosser comme philo analyste à 85 balles la séance d’une heure (tant mieux pour lui)
      Soral c’est une pensée de l’action quotidienne qui fait que des jeunes ont fait le déplacement vers Cousin pour l’écouter pendant deux heures passionnantes et motivantes.

      Cousin sans Soral, Radio Courtoisie, Editions Retour Aux Sources, Méridien Zéro, le message n’est pas transmis.

      Donc Soral se moque de faire une conférence avec Cousin, les deux ont raison mais ils se placent dans des dimensions différentes.


  • Merci infiniment à E&R pour cette magnifique video et cette INTELLIGENCE. Les plus de 2 heures en valait la peine. Cet homme a tout mes respects. Quand on a des sionistes acharnés déguisés en philosophe comme Finkielkraut, BHL et Michel Onfray on ne peut rien attendre de bon de nos jours.

     

  • Autre chose, la limite de ce qui est donné là (et qui est très précieux pour comprendre) et que la déconstruction intérieure dont il est question ne peut en rien être intellectuelle mais est bien de l’ordre de l’être et donc "spirituelle". C’est une expérience personnelle réelle de transcendance qui permet de passer de la compréhension intellectuelle du chemin décrit (en partie ici seulement) à une expérience sensualisée directe où tout sera laissé derrière soi. Le dépouillement doit être total pour atteindre à la joie de l’être. C’est le chemin montré par Jésus et d’autres mystiques.

     

    • Voilà qui devrait réconcilier les chrétiens et les païens, qui s’opposent trop souvent (division capitaliste). Les deux sont fait pour s’entendre. La preuve par une personnalité comme Alain de Benoist, dont la pensée et les écrits finissent par rejoindre l’essentiel, donc l’essence de l’être : écologie/décroissance, refus de plus en plus marqué du capitalisme et ses faux-semblants ne peut mener qu’à une communion (autre terme utilisant la même racine) réelle de groupes aujourd’hui encore séparés.
      On comprend mieux l’importance sous-estimée du travail d’Alain Soral au travers d’E&R mais qu’à mon avis, Francis Cousin a lui bien saisi, car il entre parfaitement dans cette démarche.


  • Cet homme est extraordinaire et passionnant., son livre est remarquable. Merci à vous Monsieur COUSIN

     

    • Un plaisir de lire ce message :)

      Francis Cousin atteint les limites de ce que peuvent comprendre le publique d’E&R (pas tous bien sur...). Mais un partie le renverra sans comprendre à l’image capitaliste du communisme (les dictatures de capitalisme d’état bolchevique ou autre). Marx dénonçait déjà la gauche qui dévoyait sa critique en dogme.

      Et pour ceux qui l’ignorent, AS se revendique souvent de Proudhon... Moins radical que Marx mais quand même.


  • Ah ces communistes... toujours à vouloir nous refourguer un Christ dédivinisé... et nous inventer une préhistoire fantasmée...

     

    • La preuve les Enclosures au XVI siècle en Angleterre !
      Les communautés villageoises dans l’évolution rurale britannique à la fin du XVIIIe siècle
      Lien http://www.persee.fr/web/revues/hom...


    • Tu as mal lu ou écouté Francis Cousin...


    • Voilà qui rejoint, à son tour, ce que j’ai posté plus haut.


    • " Ah ces communistes...", sans jugement aucun bien sûr ? "Christ de-divinisé" Où ça ? Un Christ fantasmé vaut bien une préhistoire fantasmée, non ? Combien de personnes savent réellement ( de tout leur être) Qui était Jésus ( " Je suis le chemin, la vérité, la vie" ) et là où il en était ? Pas beaucoup à mon avis...
      Sérieusement, je perçois plutôt dans son propos une compréhension de l’esprit humain, de sa psyché et de son fonctionnement dans tel ou tel type de milieu (comme on peut l’observer chez les peuples vivant encore dans des conditions "de nature’" (il y en a) ou chez les aborigènes d’Australie et ce qu’ils ont laissé, par exemple) qu’une tentative de revisite de la préhistoire "à sa façon". Il y a là à la fois la Pyramide de Maslow (pyramide des besoins), le bon sens philosophique et un certain senti de ce que peut être l’humilité (relative) face à ce qui nous échappe. Cousin ne manque pas de profondeur.
      Les anciens n’étaient pas des bêtes sans âmes pas plus que les modernes sont des êtres ayant tout compris sur l’homme et sa nature profonde.. On est loin du mythe du Bon Sauvage de Voltaire mais aussi de la demi-bête de nos livres d’histoire moderne.


  • Félicitation et merci à E&R* pour cette démystification et analyse magistrale de Marx, Engels et des situs ; ce qui prouve et démontre bien au-delà des divers quolibets, insultes et dénigrements qu’E&R et Alain Soral font un véritable travail de ré-information et d’émancipation intellectuel.
    à noter, en complément, au-delà des chapelles politicardes sclérosantes, de toutes convictions et de toutes idées reçues :
    - "la société contre l’état" Pierre Clastres
    - "l’état dans l’histoire" Gaston Leval
    - "futur primitif" John Zerzan

    *sans oublier Francis Cousin, le conférencier


  • Francis Cousin est, avec Gabriele Adinolfi, l’analyste le plus pointu de notre époque...alors que Adrien Abauzit et tant d’autres croient pouvoir sauver le système et se nourrissent d’espoir, Francis Cousin explique très calmement que ce système n’est pas réformable et que toute tentative de réforme renforce le dit système...en somme, l’espoir est une illusion...


  • Conférence de haute volée qui fait du bien au cerveau, merci !


  • Concernant les 50 premières minutes :

    (1)

    L’analyse faite en préambule sur le passage de la « communauté de l’être » à la « société de l’avoir » est très pertinente, tout comme celle de la lente décadence de la pensée philosophique occidentale d’Aristote à Hegel, mais on ne voit pas très bien en quoi ce que propose Karl Marx permettrait de remettre les choses dans le bon ordre, voire mieux : les restaurer dans leur sacralité initiale.
    Pour qu’une restauration de la « communauté de l’être » soit possible, il n’y a pas d’autre moyen que de réintroduire le principe de transcendance comme Règle de fonctionnement du monde, car c’est le seul qui puisse garantir l’unité d’un tout qui se vive véritablement comme indivisible et dont les parties soient authentiquement interdépendantes.
    A quel moment de la conférence le moyen d’une telle restauration est-il nommé ? A quel moment ce brillant conférencier prononce-t-il le distinctement le mot de « transcendance » ? A aucun moment, car il est visiblement tout aussi « immanentiste » et « naturaliste » que les systèmes qu’il critique.
    La pensée de Karl Marx est tout autant « individualiste » (ou … sortie de son cerveau – 27.33) et privée de perspective transcendante que celle des penseurs ou philosophes qui l’ont précédé. Elle n’est rien de plus qu’une enième cogitation personnelle sur l’état du monde auquel se livre, par des moyens rationnels, un individu isolé à un moment historique « t ». On peut évidemment dresser un bilan critique de l’état du monde dans lequel on vit par des moyens rationnels, mais il est une contradiction dans les termes de vouloir le « réunifier » sans rattacher sa pensée à une « parole révélée » – sans cela, on passe vite du Logos à la logorrhée ou du Verbe au verbiage… -, ce que ne fait évidemment pas Karl Marx, pour qui Dieu n’est rien d’autre qu’une projection de la psyché humaine, c’est-à-dire un concept abstrait, et les textes sacrés son « précipité » fantasmé sous une forme matérielle. N’est ce pas Marx qui qualifiait la religion d’ « opium du peuple », comme si la religion était plus aliénante pour l’homme que ne le sont l’argent, l’exercice du pouvoir, la jacasse philosophique ou quelque autre objet d’attachement ?

     

    • Nul besoin d’immanence c’est la ou tu t’égares dés le départ. De plus, le Capital de Marx (sous titré "Critique de l’économie politique") est la nécrologie du capitalisme. Je penses que ceux qui voit en lui un dogmatique se trompent. En étudiant le sujet, tout laisse penser que l’homme doit trouver les solutions par lui même et pour lui même, point de prêt à penser.

      Marx parlait de "L’opium.." qui n’est pas un poison mais une drogue permettant de supporter l’inhumain marchand et sa dictature démocratique imposée.

      Je pense que tu à grand besoin de la religion, ce qui m’émerveille car, en terme Marxiste, cela tendrai à penser que tu ne supporte pas ta condition et à besoin de consolation. Ce qui est plutôt rassurant dans l’ IM monde ou nous vivons.


    • Sors un instant des aprioris idéologiques.
      L’opium du temps de Marx est un médicament (une drogue au sens traditionnel) qui soulage.
      Pour Marx, les religions actuelles sont un reliquat de la religion primordiale de l’être où tout est sacré, où il y a unité de l’être.
      elles soulagent peut-être encore,mais elles ne réparent plus
      la fusion du multiple dans l’un, l’unique. de l’individu dans le groupe, dans l’univers, dans un tout sacral . c’est le non dualisme et il n’y a pas plus transcendant comme concept puisque la notion même d’immanence (le monde profane) n’existe pas. tout est sacré et tout participe du divin (la voie des mystiques de toutes les religions).
      le monde profane EST le monde économique. l’homo oeconomicus est l’homme de l’avoir.
      le communisme primordial lui est sacral , il participe de l’esprit divin.
      Marx n’est matérialiste que pour expliquer le capitalisme puisque le capitalisme est purement matériel. je le trouve même hautement spiritualiste quand il traite d’anthropologie historique (avec Engels). son idée de communisme primitif est un âge d’or.
      alors, pourra-t-on y revenir ?
      dans un temps linéaire, cela semble impossible de revenir en arrière.ou cela implique politiquement une révolution totale qui casse même le mental.
      dans la pratique cela donne le lavage de cerveau et la propagande. donc à éviter
      Par contre dans un temps cyclique, chaque nouveau cycle repart de zéro, il faut juste qu’il y ait eu destruction totale au cycle précédent pour qu’il puisse y avoir renaissance.
      Dans un temps cyclique, l’âge d’or est premier et parfait, c’est l’acte de naissance du cycle et, pratiquement, c’est le retour au principe même de la civilisation : l’entraide.
      ça je pense que l’homme peut y arriver. par contre le retour à la fusion parfaite du divin et de sa création. cela ne pourra se faire qu’individuellement et donc petit à petit.
      En fait Marx nous dit que le capitalisme mécaniquement, implosera. et à ce moment là seulement , il faudra être près à repartir de zéro (ça nous laisse du temps pour nous préparer)


    • Cher Paramesh,

      Les religions ne sont pas un « reliquat » de la religion primordiale, elles en sont une adaptation à un moment cyclique donné, ce qui en fait des substituts parfaitement valides. Un « reliquat », c’est quelque chose d’éteint.

      C’est très beau de « proclamer » amphigouriquement, comme vous le faite, que le relatif et l’absolu ne font qu’un, mais il ne s’agit pas uniquement de le dire, il s’agit de le « réaliser », c’est-à-dire d’en faire l’expérience personnelle, car cette identité n’est pas une donnée immédiate de notre conscience.

      Dans la mesure où il n’est pas donné à l’homme de se libérer du mental (c’est vous qui en parlez) par le biais du mental, l’intervention d’un principe de nature supérieure à l’activité mentale devient indispensable – n’en déplaise à Karl Marx.

      Principe que n’envisage ni Marx, ni monsieur Cousin à sa suite, pour qui la seule activité mécanique - consciente ou inconsciente - de l’homme-prolétarien, mue par un obscur « automouvement » (dont on se demande vraiment de quelle nature il peut être et par quoi il est généré) suffisent à mener à l’émancipation finale de l’Humanité et au retour de l’Âge d’Or.

      Il s’agit bel et bien d’une pseudo-mystique qui s’efforce de faire « descendre » des concepts de nature métaphysique au niveau d’une nature en devenir automotrice, c’est-à-dire déifiée (car seul Dieu se suffit à lui-même).

      Hegel avait déjà fait basculer le statut de l’Être dans le domaine de l’Etant, pour le dire de manière heideggerienne, Marx le fait descendre encore plus bas, en le ramenant au niveau des « antagonismes de classe ».

      Jusqu’où la raison peut-elle encore se fourvoyer ?

      Cordialement,


    • cher LG, les religions actuelles:reliquat ou adaptation, je n’en discuterai pas, c’est secondaire. par contre, dans le domaine de l’expérience mystique, vous avez raison : ce n’est que par l’expérience, par la pratique que l’on peut accéder à un niveau de conscience supérieur. Je suis shivaïte (hindou) et je prétends que cette expérience est à la portée de tout un chacun. il suffit de le vouloir et de se donner les moyens d’y arriver. Alors peut être que mes textes sacrés sont plus ouverts à cette technique car ma religion est très anciene, mais en cherchant bien vous trouverez des techniques similaires par exemple chez maître Eckhart (christianisme) Sorawardhi (Islam) ou Ba’al Shem Tov (judaïsme).
      Marx n’est pas un gourou. il ne se proclame pas restaurateur de religion, mais donne une explication de l’histoire matérialiste du capitalisme et seulement une piste sur le futur : le renversement dialectique de l’histoire.
      Si vous avez un minimum de souplesse intellectuelle vous comprendrez aisément que cette fin programmée de l’histoire nous ramène à une temporalité cyclique et que ce que Marx et vous appelez "conscience de classe" doit être en fait un dépassement de la conscience (et donc une transcendance).
      Le fait de prendre conscience qu’on est englué dans des catégories purement matérialistes (les rapports économiques de classe) implique justement de chercher à en sortir. or le matériel (l’immanent) est tellement totalitaire que la seule solution possible reste la transcendance, sortir du moule. et ça c’est une démarche personnelle, pas un mouvement de foule.
      Marx a tellement été trahi qu’il est impossible de comprendre véritablement sa pensée sans revenir aux textes et seulement aux textes


    • Cher paramesh, comment allez-vous cher ami ?

      Je viens de faire juste en dessous une réponse à kirik000 qui devrait vous ravir, voire vous intéresser.

      Ceci étant dit, si vous êtes de l’Advaïta (votre pseudo aurait dû attiré mon attention), il ne vous aura pas échappé qu’aucune cogitation d’aucune nature n’a jamais permis à qui que ce soit de s’émanciper de la racine (mula) et mère de toutes les illusions, à savoir Maya, d’une part. D’autre part, l’Advaïta a beau être non-dualiste, il n’en postule pas moins la parfaite transcendance du Soi. On est bien loin du panthéisme à peine voilé de Mr. Cousin.

      Quant à Marx, je ne pourrais que répéter ce que j’ai déjà dis : une interprétation du monde qui fait de l’« économique » le moteur fondamental de la destinée de l’homme, le tout plaqué sur anthropologie de type darwiniste, ne peut que déboucher sur une représentation faussée et mutilée de la réalité et générer des catastrophes sur le plan des applications.

      Cordialement vôtre,


  • (2)

    De plus, l’interprétation du monde par Marx se fonde sur une anthropologie de type strictement darwinienne, ce qui la disqualifie d’emblée en tant que moyen de réelle émancipation : l’homme darwinien ne peut, par définition, pas avoir accès à la connaissance de ce qui dépasse les limites de son individualité.
    De même l’ « automouvement » (32.40) évoqué avec grandiloquence à propos de l’émancipation du prolétariat : un mouvement « autosuffisant », contenant en lui-même (…l’œuvre des prolétaires eux-mêmes… 32.48) sa propre raison d’être et les clefs de son salut, ce qui est une fois de plus la négation même de toute transcendance. Logiquement, si une telle humanité est habitée par une sorte de mystérieuse force autorégulatrice se suffisant à elle-même, elle n’aura pas besoin d’un « chef » (33.00) (dont l’étymologie veut dire « tête », c’est-à-dire « origine », soit dit en passant…) et toute forme de hiérarchie doit être rejetée : Ni Dieu, ni Maître… ni Etat etc. ! Cqfd !
    Les « communautés » d’origine dont il est parlé ici étaient non-scindées ou non-clivées car l’origine transcendante du monde leur apparaissait de manière parfaitement transparente dans l’immanence de leur existence (et non pas seulement, selon les vues réductrices de Mr. Cousin, comme : … le vivre immanent dans sa réalité cosmique… – 10.49). Leur conscience immédiate d’une telle présence du surnaturel dans le naturel interdisait qu’ils « voient » le monde comme un « objet » séparé de Dieu, à diviser, à s’approprier ou à se partager à l’intérieur d’une unité chimérique (11.22).
    Croire que la lutte sans cesse reconduite d’une sorte de prolétariat éternel (totalement idéalisé et inventé de toute pièce de manière rétroactive par Marx) à travers l’histoire constitue le mouvement réel qui conduira l’Humanité à l’émancipation finale, c’est de la mystique ramenée au niveau du « plancher des vaches » en faisant des antagonismes sociaux (c’est-à-dire de l’ « économique ») le seul moteur de l’Histoire.
    L’émancipation pleine et définitive de l’homme de peut s’opérer que « verticalement », c’est-à-dire par le canal de la Transcendance, ce qui n’a évidemment rien à voir avec ce proposait Marx.

    Cordialement,

     

    • Cher kirik000

      les religions ne répondent pas au besoin psychologique chez l’homme d’être consolé, elles font écho à une exigence intérieure bien plus profonde et qui précède l’expression religieuse elle-même (et pour cause), ce qui est tout à fait différent. De la même manière, la foi chez un vrai croyant ne repose pas sur une "hypothèse" ni n’oscille entre les deux termes d’une alternative rationnelle (l’existence ou la non existence de Dieu), contrairement à ce que s’imagine logiquement un athée, ni même sur une conviction de type personnel, mais sur une certitude de nature absolue. Absolue, car ayant sa source en Dieu même.

      S’il n’est nul besoin d’"immanence", pourquoi Mr. Cousin ne peut-il s’empêcher d’utiliser ce terme toutes les deux à trois minutes afin de nous le servir et reservir à toutes les sauces.. ?

      N’aurait il rien d’autre à proposer ?

      Cordialement,


    • Bonjour LG,

      Au fond et à te relire, je pense qu’il peut y avoir un lien entre transcendance/immanence que tu revendique et le divin terrestre que je revendique. La différence qui séparerait nos conceptions serait si tu envoyais ce divin au delà de "la terre" (ce qui est consubstantiel aux religions du livre - mis à part jésus).

      Ce qui me désole (mais que je comprends bien) est que les religions ont difficultés à admettre être à l’origine de la division du sacral en sacré et profane, créant par la le terreau de l’exploitation du profane. Si la religion est à l’origine de cette rupture, elle crée également la condition de sa propre destruction (Ce que l’on constate depuis des siècles et perdure aujourd’hui).

      Nulle volonté chez moi de remettre en question ton jugement, je l’accueil en toute sincérité, je cherche sans doute comme toi à comprendre un peu plus loin.

      Bien à toi LG


    • Cher Kirik00,

      je vois ce que vous voulez dire, mais il y a un malentendu.

      Les religions ne nient pas la sacralité du cosmos, du monde, de la nature ou de l’homme. Elles affirment simplement que le cosmos etc. ne sont sacrés que dans leur relation à un principe de nature supérieure. Ce qu’infirment les religions, c’est la sacralité d’une nature réduite à elle-même, c’est-à-dire automotrice, n’ayant d’autre raison suffisante que sa propre existence ou son seul devenir. Sacraliser la nature en tant que telle, c’est cela le « naturalisme ».

      Si je prends le cas du Christianisme, la valeur numérique d’ « Emmanuel » (c’est-à-dire « Dieu avec nous » - expression de la présence immanente de la divinité dans le monde et en nous) est identique à celle d’ « El Elyon » (c’est-à-dire le « Dieu Très Haut » - expression de la totale transcendance divine). Dieu est à la fois radicalement immanent et radicalement transcendant. Le problème est que nous sommes face à deux réalités qui s’opposent dans notre conscience et donc dans notre vécu, car comment l’homme pourrait-elle faire simultanément l’expérience d’une chose et de son contraire, à savoir : la vie et ce qui dépasse les limites de la vie… ? ;-)

      Mais pour en revenir à votre objection de départ, il est vrai que, du fait d’être « créationnistes », les religions du Livre (Judaïsme, Christianisme, Islam) partent d’un postulat dualiste, celui d’un Dieu créateur extérieur à sa création. Fracture dans/de l’Être paradoxale qu’aucune théologie n’est jamais parvenue à résoudre de manière convaincante, assurément.

      Mais le point de vue créationniste ne serait-il pas lui-même qu’une « vérité de premier ordre » (pour parler hégélien), qu’il faudrait un moment savoir dépasser (non pas en le niant, ce que s’empressent de faire les immanentistes de tous poils, mais en l’intégrant dans une perspective plus large qui permette d’opérer véritablement la synthèse organique des oppositions que je viens d’énumérer - ce qui est en somme ce dont parle Mr. Cousin), pour se diriger vers la métaphysique d’un Nicolas de Cues ou d’un Maître Eckhart … ?

      Cordialement,


    • @ LG
      "..« créationnistes », les religions du Livre (Judaïsme, Christianisme, Islam) partent d’un postulat dualiste, celui d’un Dieu créateur extérieur à sa création. Fracture dans/de l’Être paradoxale qu’aucune théologie n’est jamais parvenue à résoudre de manière convaincante, assurément."

      Autant je vous suivais jusque là, autant je ne vois pas ce qui vous permet d’affirmer une telle ineptie. Le dogme de l’unité suffirait à lui seul pour vous contredire, encore faut il le comprendre ; partout est proclamé dans le monothéisme l’unique cause, la sainte unité (le propre du monothéisme) et l’état illusoire de la séparation, "chute" ou "extérieur" comme vous dites, qui impliquerait un espace entre deux choses finies, l’une créatrice et l’autre création.. des conceptions qui sont irréconciliables à jamais, se contredisant et s’excluant l’une l’autre ; "nous sommes plus proche de vous que votre propre veine jugulaire" (coran), le messie est le fils de Dieu parce qu’il en est l’extension..en Lui, partageant Ses attributs ; Dieu ne créer pas des "choses" vivantes dont Lui seul aurait le pouvoir ou le secret.
      Ce n’est QUE parce que nous vivons en Lui (et non pas l’inverse) qu’Il peut être omnipotent & omniscient.
      un parallèle ; Les parents donnent naissance à leurs enfants, mais les enfants ne donnent pas naissance à leurs parents. Toutefois, ils donnent naissance à leurs propres enfants ; ainsi ils donnent naissance comme leurs parents l’ont fait. Bref la notion d’unité est tellement transcendante que ça nous mènerait très loin, mais en tous cas il ne faut pas vous étonner de ne pas trouver de réponse "convaincante" à un problème imaginaire. La fracture est en vous, en nous (qui ne se parle pas à lui même !?), il ne faut pas vous attendre à ce que la vérité vous prouve que l’illusion est fausse !!..ou que Dieu vous rejoigne dans l’insanité pour vous prouvez que vous faites erreur !


    • (1)
      Oulàlà cher habl, minute papillon. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

      L’Unité de la Divinité et l’unicité du divin sont bien entendu les principes centraux des monothéismes juif, chrétien et musulman. Mais en théologie, pour pouvoir assumer pleinement son rôle de principe Créateur, Dieu doit être déclaré autre que sa création qui, elle-même, pour pouvoir assumer pleinement son rôle d’effet créé, doit être déclarée autre que son Créateur. Sans cette distinction préliminaire, vous serez à juste titre qualifié de « panthéiste ». Théologiquement, le créé ne se confond pas avec l’incrée.

      Et cela, que vous le vouliez ou non, débouche sur une représentation des choses de type paradoxale, où nous sommes face à un Créateur conçu comme extérieur à sa création et une création conçue extérieure à son Créateur.

      Je pense que vous me suivez…

      Il ne suffit donc pas de proclamer très « dogmatiquement » que Dieu est Un, cause unique etc. Il faut ensuite se donner les moyens de réaliser cette unité sur le plan pratique, et c’est là que le point de vue théologique atteint ses limites car, comme le terme même l’indique (théo-logie), une telle discipline n’envisage pas ce qui se situe par-delà les limites de Dieu conçu en tant que « Créateur ». La théologie a beau déclarer (parce qu’elle ne peut pas faire autrement) que rien n’existe en dehors de Dieu, elle déclare également (car elle ne peut pas faire autrement non plus !) que la créature reste infiniment éloignée de son Créateur. La distance n’est jamais résorbée, et si une distance entre deux choses n’est jamais résorbée, c’est qu’il y a hétérogénéité et donc « dualité », quels que soit les artifices conceptuels que l’on utilise « après coup » pour essayer de mastiquer l’ensemble.

      Là encore, que vous le vouliez ou non, ce sont des affirmations paradoxales.

      Pour résumer les choses en des termes spécialisés : si l’esse divin (ou incréé) et l’esse créé subsistent, éternellement juxtaposés, c’est que toute trace de « dualisme » n’a pas été totalement effacée.


    • (2)
      Si je cite Maître Eckhart, ce n’est pas par hasard, car chez lui, le point de vue créationniste est – très certainement et de manière très chrétienne - dépassé, ce qui lui a précisément valu d’être taxé de « panthéiste » par les théologiens de son époque. Cqfd.

      « Nous sommes plus proche de vous que votre propre veine jugulaire », dit le Coran. Certes, mais cela n’a pas empêché qu’Al Hallaj soit condamné à la crucifixion par les théologiens de son temps pour avoir déclaré publiquement : « Ana al haqq », c’est-à-dire « je suis la Vérité ». « Al haqq » étant précisément – selon l’Islam – un des 99 attributs divins dont vous parlez.

      On voit donc très bien par ces deux exemples que la théologie « monothéiste » a énormément de mal à surmonter les contradictions internes que son propre point de vue génère, et que cette difficulté ne se limite pas au terrain théorique, elle produit des effets sur le plan pratique : le bûcher pour Eckhart et la croix pour Al Hallaj.

      Vous déclarez avec beaucoup d’appoint : «  Ce n’est QUE parce que nous vivons en Lui (et non pas l’inverse) qu’Il peut être omnipotent & omniscient ». N’est-ce pas précisément l’inverse de ce que dit le passage coranique que vous citez… ?

      Amicalement,


    • LG
      "N’est-ce pas précisément l’inverse de ce que dit le passage coranique que vous citez… ?"
      D’un point de vue matériel, dualiste (celui là même que vous reprochez aux religions monothéistes), effectivement c’est "l’inverse", c’est aussi l’inverse de "très éloigné".. sauf que la vérité n’à pas "d’opposé"..

      Ce que vous ne comprenez pas c’est que ni la religion, ni la théologie, ni la métaphysique ne vous apporteront une vérité finie, saisissable ; la vérité n’est pas une théorie intellectuelle ou conceptuelle, c’est une expérience de totalité, d’unité, c’est pourquoi on dit qu’elle est auprès de Dieu.
      Que ce soit le panthéisme, le naturalisme ou je ne sais quoi, il n’y à pas de résolution à la contradiction que vous soulevez pour une raison simple ; vous ne pouvez pas vous dissociez de la vie et "l’analyser" de façon "neutre" car alors ce que vous projetez (mécanisme perceptuel depuis longtemps décrit scientifiquement, notamment la vue) est la séparation et la perception ne témoigne que de cela et jamais de la réalité !
      La connaissance et la perception sont à jamais contradictoire ; soit vous rêver, soit vous êtes éveillé, il n’y à rien entre les deux, encore moins l’explication d’un état par l’autre, c’est pas pour rien qu’on parle de paradis, de sainte unité ou de royaume des cieux.
      Seul l’ésprit est créateur et indivisible, le/se percevoir comme seul avec lui même, enfermé dans un corps et séparé des autres esprit induit une forme de "mal création", justement parce qu’il n’y en a qu’un et que sa puissance est illimité. Bref je vous avais dit que ça mène loin.
      Mais pour finir l’intransigeance des religions est justifiée ; on fait des interdits aux enfants, on attend pas qu’ils aient la maturité suffisante pour en saisir toute la portée, c’est pareil pour le salut et les hommes, l’influence que nous avons les uns sur les autres est sans limite. Et ce que M.Cousin ne comprend pas c’est que les religions instaure ou restaure un ordre hiérarchique "traditionnel" dans lequel l’élite est "clairvoyante comme il dit.


    • ..et ce n’est QUE dans la voie de laquelle il s’est coupé que finalement l’être et l’avoir sont finalement réconcilié, fusionné..


    • Bonsoir habl,

      « La connaissance et la perception sont à jamais contradictoire  ». Je vous trouve bien affirmatif.

      Tout dépend « qui » est le sujet qui perçoit. Il n’y a plus contradiction à partir du moment où il y a extinction du « moi » et des mécanismes de perception qui vont avec, c’est une tautologie de le dire. Une telle connaissance ne se polarise plus en « sujet » qui perçoit et « objet » perçu : « Le Père et moi nous sommes Un » (Jean 10 :30). L’être « déifié » (c’est-à-dire spiritualisé) s’identifie alors pleinement à ce qu’il connait et la perception ne se fait plus en mode duel. Après avoir déclaré son identité avec le Père, Jésus Christ avait toujours des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, des mains pour toucher etc. et il n’était pourtant pas devenu schizophrène. Alors, rêvait-il ou était-il éveillé, à moins qu’il ne dormisse éveillé ou veillasse endormi ? :-)

      Ceci étant dit, exprimer théoriquement les choses de manière non contradictoire ne signifie nullement qu’on s’attende à en réaliser le contenu sur le plan théorique. Quelle étrange remarque que vous me faites-là… Par contre, ce qui est plus que probable, c’est que toute pratique subit l’influence de la préparation théorique nécessaire qui l’accompagne. Si le mental est insuffisamment ou incorrectement « dépoussiéré », la pratique en sera affectée et « gauchie » en conséquence. Je n’ose pas imaginer que ce soit votre cas…

      Amicalement,


    • @ LG
      "Bien affirmatif" ? pourtant soit il y’à séparation, soit l’unité, les 2 ne peuvent pas être vrais, songez y !

      le "moi" est une construction, si ce qu’il l’a "construit" peut se doter d’un tel mécanisme perceptuel, je vous laisse entrevoir les possibilités que ça implique ; la mort ne répond à rien, la réponse est dans la vie, la réponse EST la vie !

      Bien à vous..(c un débat tellement de fond qu’il vaut mieux ne pas l’étayer plus, ce n’est pas le sujet)


  • Un seul mot : merci à E&R de nous diffuser cette conférence toujours très intéressante de Francis Cousis, dont l’enseignement est réellement un bain de jouvence ! Même si on peut et doit avoir des questionnements voire des désaccords, cela nous permet au moins de réfléchir, de comprendre, de constater ce qui nous entoure, de nous donner des arguments pour nous battre ou pour espérer en l’être humain...ou pas, bref c’est de la vraie culture qui nous est offerte.


  • Ce qui est frappant c’est qu’il est extrêmement performant dans l’analyse de "l’erreur originel" et sa logique infondée, illusoire et destructrice chaotique mais je pense qu’il lui reste également une part d’aliénation quant à la religion ; il ne la voit, comme le reste d’ailleurs qu’extérieurement, l’inscrivant dans un processus historique de domination institutionnalisé. Il ne renvoie donc qu’à des causes extérieures et à des principes insaisissables or la religion non seulement explique tout cela mais va encore plus loin et renvoie à LA cause qui est intérieure !..et qui explique les interdits qu’il considère comme une autre forme d’aliénation mais qui pourtant empêchent le développement extérieur (justement) d’une identité individuelle illusoire, dissociée de l’unité, aliénante et dont la source est intérieure et cause de tout ce qu’il dénonce. Le diable EST cette idée généralisée et en mouvement justement parce que l’esprit n’est pas séparé (l’identité Christique qui rejoint Dieu). La religion l’explique d’autant mieux qu’elle n’est pas circonstanciée et remet en contact l’homme intérieurement avec sa source réelle de pouvoir. La cause est intemporelle et son remède également et on peut voir l’histoire que comme la répétition de cette erreur.

    Faut juste qu’il sache que "se concentrer sur l’erreur n’est qu’une erreur de plus, Quelle que soit la façon dont on traite l’erreur, il n’en résulte rien. Plus les résultats deviennent compliqués, plus il peut être difficile d’en reconnaître la nullité". Je l’invite donc à se désaliéner de son analyse bancale des religions et du Christ et d’approfondir les notions d’égo, de pardon, de soumission, d’unité surtout, bref de ne pas projeter sur la religion sa propre défense qu’il l’oblige à déshumaniser les idées, en faire des concepts autonomes insaisissables et rater sa cible !

     

    • Ceci rejoint parfaitement ce que j’ai posté un peu plus haut.


    • Oui et je ne confondrais pas religion, église et spiritualité ? Tant qu’il y aura des saints ( des personnes qui montrent) une église continuera, sinon... Je crois que Cousin cherche à montrer que la structure sociale d’une religion (au sens large) peut être sclérosante, aveugle et rater sa cible elle aussi.
      Regardons ce qui s’est passé avec l’église catholique et Vatican II par exemple ? Ce qui ne veut pas dire qu’en son sein, il n’existe pas des personnes vivant la vraie foi ou même en dehors d’elle. Il existe une spiritualité laïc qui a de la valeur au même titre qu’il existe une religion collaboratrice de l’erreur. Rien n’est si simple.
      Oui il y a soumission, pardon et unité fondamentale à découvrir. Pour celui qui vit une vraie foi, il ne peut en être autrement, quelque soit sa religion ou son absence de religion.


    • @LG
      oui !..et vous le faite bien mieux que moi !

      @Paskl
      C’est très Français et plus largement, à moindre mesure européen que de généraliser l’expérience catholique sur toutes les formes de religion, partout et tout le temps, qui rend même a-religieux, les plus religieux !..et ceux qui se confortent dans de tels concepts qu’ils ont eux même vider ne démontre rien et font concurrence à la religion en empruntant sa terminologie sans même s’en rendre compte !


    • @Hbl,
      Je l’ai fait sciemment. J’aurais pu dire sage, homme de sagesse, maître, ami spirituel à la place de saint. Et église est utilisé de bien des façons, j’aurais pu utiliser communauté de croyants, ce qu’il veut dire. Il se trouve que mon itinéraire est multiforme. N’ayons pas peur des mots et de leur étymologie ? Nous sommes en France.


  • On peut donc avoir une lecture historique tout aussi performante et cohérente de l’histoire qui ne s’arrêterait pas avant la cause, comme ici ; elle peut inscrire l’histoire des institutions religieuses comme d’une extrême nécessité et pertinence puisque je cite "s’il y’à un seul & bon côté à la marchandisation c’est l’universalisation", soit tendre vers l’unité qu’implique de fait le monothéisme ; pertinence qui renforce la foi en l’omniscience et à la confiance que tout concoure au bien, si on considère l’envoi du message miséricordieux et non pas comment les hommes (tjrs dans l’erreur) l’ont réceptionné et organisé, sinon la religion ne serait qu’un concept inssaisissable de plus ; le retour à "l’unité globalisée", retour du Christ qu’il appel de ses voeux de façon a-religieuse, lui démontrera que le communisme aussi est mort !

     

    • Vous vous payez de mots ! Ce que dit précisément monsieur Cousin, c’est que, avant l’avènement des stockages, tout était divin - cueillir une fleur, faire l’amour, tuer un bison, le manger ( pour les indiens d’Amérique ) etc...tout cela est divin et le diivin est le tout du monde. Ensuite, après que l’avènement des stockages, du troc puis de l’argent eut déréglé les sociétés d’alors, celles-ci eurent besoin de créer des Dieux qui justifient le monde en transformation...expliquer le monde comme le fait monsieur Cousin, c’est une chose ; vivre d’espoirs comme vous le faites en est une autre..et l’espoir est une illusion - comme les religions, d’ailleurs...


    • La pythie,

      Et donc ce maléfique stockage, d’où sort-il ? N’est-il pas le fait de l’homme, celui-là même qui vivait en parfaite harmonie ? Quelle mouche l’a piqué ?

      Toute conception immanentiste pose problème, car si tout est divin et initialement parfait, d’où sort donc l’imperfection qui conduit à la chute puisqu’en dehors de Dieu rien ne peut exister ?
      Il y a là un problème logique insurmontable. Seule conclusion possible : l’immanentisme est faux.


    • J’avais compris je vous remercie, seulement la force d’un tel discours est dans la dénonciation, encore une fois insaisissable mais très performant et éloquent quant à ces conséquences, mais passé la dénonciation, je peux vous retourner le compliment que de vous satisfaire d’une vision poétique qui passe un peu vite sur les "conflictualités" ; sont elles aussi sacrales que le reste ? Un lion qui mange ses petits, vous trouvez ça sacral ? défendre ses territoires telles des animaux, sacral ? dépendre des aléas naturels, de morts "sauvages", prêt à l’accepter ?
      L’évolution de l’homme est tout à fait logique, compréhensible et inévitable, certes nous nous rendons compte que le confort ne peut pas être un but en soi, ne répondant pas à nos aspirations profondes, nous dissociant de la vie, des autres et pouvant même aller jusqu’à l’autodestruction, mais la religion aussi rappelle que la réalité est une et indivisible, elle ne serait dépendre de formes changeantes et éphémères pour être elle même, ce qui nous unifie donc est "au delà" des formes, donc de la perception, "le néant" dirait un sceptique, un athée de votre trempe, l’esprit dirait un sage. Vous n’avez pas créer l’intelligence qui vous fait faire des concepts en vous l’appropriant et un concept "globalisant" est tout aussi chimérique ; il ne répond pas aux questions existentiels et l’interprétation faussée de la réalité plus profonde encore que les "tripes" ou les instincts et n’emportera donc pas le consentement général requis.

      Enfin, sachez que ce que vous dénommez "espoir" avec le mépris due à une futilité, n’est qu’une ouverture de l’ésprit au délà du "fait" de sa réalité relative, dont vous faite vous une généralité spécieuse. La remise en question dans la voie religieuse est dans son rapport direct à la vie, rien ne serait être plus concret, la vie est dans le présent et pas dans des concepts de projection d’un passé poétisé ou d’un futur idéalisé..l’au delà n’est que celui des apparences, je vous retourne donc vos remarques, vous semblez en avoir plus besoin.


    • ..de plus du point de vue religieux, il est limpide que le "capitalisme" n’est que le moyen pour consolider et affirmer cet état d’esprit "athée", le généraliser et l’imposer, ils s’accommodent parfaitement l’un de l’autre...envers et contre tout et tous...pour lui donner "réalité"
      Votre rêve dépend du capitalisme !..il est totalement inscris dans le profane, en vous en dépouillant vous devrez affronter ce à quoi il servait à couvrir et donc, vous nous proposez juste de recommencez l’histoire, mais il le dit lui même, ce qui est mort....est mort !


    • Il ne s’agit nullement de revenir en arrière, c’est totalement forclos de penser cela.
      Il s’agit de comprendre à quel point l’être humain est aliéné au tout marchand, puisque l’être humain lui même est une marchandise.
      D’ailleurs il l’explique correctement le système est une structure de domination qui sur-détermine l’ensemble.
      Un PDG n’est pas le propriétaire il est simple un salarié interchangeable d’une domination presque sans-sujet, seul les actionnaires comptent.
      Le tour de force c’est d’essayer d’imaginer une sortie.


    • La pythie
      Effectivement, c’est aussi pour comprendre comment ils conquièrent notre consentement, car il est indispensable ; qu’est ce qui, en nous nous arrange tant pour que de telles conséquences ne nous induisent pas à changer, ce n’était pas du prosélytisme gratuit.. la remise en cause ne peut pas être que des structures extérieures


  • Formidable conférence, c’est toujours passionnant avec Francis Cousin. Ca donne une autre vision de la vie. Merci Francis et merci E&R Rhône-Alpes !


  • Sur la fin des terrain communaux, et les débuts de l’expulsion des paysans pour devenir des ouvriers, en Angleterre lire " la grande transformation" de Karl Polanyi , ouvrage fondamental (je conseille ce livre aux éventuels étudiants en économie )


  • Merci à ER

    Et merci à M. Francis COUSIN.

    J’adhère totalement... Ça fait rêver. Personnellement j’oeuvre quotidiennement, à mon petit niveau, pour que ce rêve devienne réalité !

    Encore merci

     

  • Excellente vidéo, Très proche de ma philosophie personnelle (à mon niveau, j’ai pas de bouquin prévu), mais Qui n’a jamais réalisé que c’est aux moments où l’on est le plus pauvre que l’on est le plus heureux ?

    Si si , cherchez, une panne d’électricité chez lune famille qui se redécouvre, un groupe de jeunes dans des conditions si précaires qu’ils peuvent en rire car c’est la vie... les exemples sont infinis.

    Malheureusement actuellement entre ces courtes tranches de vie dans la communauté de l’être ou l’argent n’existe plus, chacun revient forcé à société de l’avoir, le capitalisme et la non-vie, la survie, la mort prochaine quoi :)

    Vraiment EXCELLENTE vidéo, VIVE E&R, mille mercis pour cette sublime découverte. J’avais peur après le coup des pyramides, merci de relever le niveau Francis !

     

  • La perspective d’un basculement vers les communautés de l’être a de quoi laisser septique tout de même.

    Pour résumer au maximum : (i) le matérialisme historique développé brillamment par Marx est un déterminisme dont le moteur est la baisse tendancielle du taux de profit : ok validé par l’Histoire ; (ii) le Capital, arrivé a son stade ultime de domination réelle, n’est plus en mesure de résoudre ses contradictions et est sur le point de s’effondrer : tangible, en cours de vérification ; (iii) et ensuite ?... un retour à la communauté de l’être générique suivant la « négation de la négation » hégélienne ?

    On ne demande pas mieux que d’y croire, mais qu’est-ce qu’un groupe humain sur cette terre sinon, du point de vue matériel, un mode de production en puissance ? Autrement dit, qu’est ce qui empêche la réémergence de l’échange, de la marchandise et du fétichisme ?
    Pourquoi, comme le remarquait Simone Weil, le matérialisme historique aurait-il au fond une aspiration au mieux ?

    Merci beaucoup Francis Cousin.
    C’est toujours un plaisir d’écouter vos conférences.


  • Francis Cousin est une espèce de paléo-marxiste dont l’idéologie est une apologie de l’inaction puisqu’il n’y a qu’a attendre que la formation capitaliste succombe à ses contradictions dont la principale est la célébre diminution du taux de profit. Il n’y a rien à attendre des hommes mais tout des lois d’une histoire réifiée dont le théoricien est le gourou . Le prolétaire chez Cousin est comme une hyène qui attend que le capitaliste ne sache plus quoi faire devant la baisse tendantielle des de ses profits. Bien évidemment il n’y a rien comme cette baisse dans l’histoire et quand bien même l’histoire des bourgeois est justement d’inventer des issues aux crises qu’ils soulèvent depuis toujours dans le monde.
    L’eau a coulé sous les ponts depuis les situs et maintenant l’on sait que Marx s’il eut beaucoup de mérites eut aussi le malheur de reprendre aux économistes bourgeois l’idéologie economique nouveau loup-garou conceptuel. Marx n’a jamais critiqué l’économie mais au contraire a rationaliser un pur mensonge. il n’y a rien qui existe dans le monde comme une Economie sauf dans les médias. Le premier besoin de l’homme n’est pas de manger mais de communiquer et les choses qu’il produit servent non pas à le nourrir mais à communiquer. il faut être un économiste pour penser que les hommes ont comme les animaux pour seul but de reproduire leur existence animale... comme le dit Marx. Au contraire les hommes ont pour seul et unique but de communiquer, de faire un moyen de ce qui est pour les animaux un but. L’économie est cette idéologie au sens de Marx qui invente une nécessité qui n’est en fait qu’un résultat.
    Bie sûr tout cela est bien mieux démontrer par un critique du situationnisme et du marxisme comme Jean-Pierre Voyer mais aussi par un critique de la Valeur comme Jorion qui démontre que le salaire est un rapport de force et non le résultat d’une pseudo-force de travail

     

    • l’eau a coulé sous les ponts depuis Marx et les situs ?
      D’autant plus rigolo quand on avance pour preuve les réfutations des sieurs Jorion et Voyer. j’encourage les sceptiques à visiter le site de Jorion où ces deux messieurs font de l’économisme social démocrate le plus indigeste et le plus inutile.
      donc si je comprends bien : Marx est dépassé mais on attend toujours par quoi on le remplace.


    • paramesh
      Les positions politiques de Jorion n’empêchent la validité de ses critiques de la valeur chez Marx. Il y démontre et cela seul devrait lui apporter la célébrité entre autre que Marx a mal lu Aristote et qu’il n’est nulle trace chez celui-ci d’un concept comme la "valeur d’usage" qui a tant fait gloser depuis deux cent ans chez les marxistes les bons comme les mauvais. Jorion d’autre part y développe des idées sur la valeur qui la détache du temps de travail pour y découvrir que celle-ci marque plutôt une rénumération du "statut social" qu’une loi historique.
      Quant à Voyer ses positions politiques sont très loin de celles de Jorion et sa sympathie pour Soral - qui le cite dans une préface d’un de ses bouquins - et Dieudonné n’est nullement cachée.Voyer fut un camarade des situationnistes et même plusieurs fois édité chez "champ libre" avant que ses critiques des dérives théoriques et pratiques des situationnistes ne lui aliènent le gourou DEBORD celui a qui Gaston Gallimard rabattît le caquet.
      Chez Voyer on peut trouver la plus complète critique du marxisme et de son descendant récent le situationnisme dont il découvre les racines dans la théorie économique de Marx. Il démontre que Marx fut aussi un économiste et que sa soit-disant critique de l’économie fut avant tout une tentative désespérée - peut-être par la défaite desouvriers en 1848- de rationnaliser un mensonge proféré par les idéologues économistes des Lumières. Voyer critique non pas Marx mais ses insuffisances qui furent toutefois le principal de ce qu’a retenu l’histoire contemporaine. Une de ses affirmations les plus surprenantes est que l’économie dont Marx fit le centre de sa théorie et dont on entend parler sans arrêt dans les merdias n’existe tout simplement pas. Que cette économie est tout simplement une IDEOLOGIE c’est à dire une pensée fausse et justificative du système bourgeois. Jamais les hommes n’ont chercher à manger à s’habiller etc...ou n’ont été prisonniers de leur besoins comme l’affirme Marx dans l’idéologie allemande mais bien au contraire l’humanité sort de l’animalité parce que ces besoins sont utilisés à communiquer à dépasser notre animalité pour sortir d’une préhistoire sociale que Marx a certes entrevu mais n’a pas su dégager de la gangue des idées des LUMIERES.


    • @ kabouli
      Robert Kurz fondateur de la Wertkritik,"critique de la valeur" commence son travail dans les années 1980
      notamment par ses livres, La crise de la valeur d’échange, Contributions à la critique de la société marchande, L’effondrement de la modernisation
      Les faits historiques valident totalement, les recherches de Robert Kurz, Anselm Jappe et du groupe krisis, notamment la courte fenêtre de prospérité des 30 glorieuses, attribuées pour une large part au fordisme, dont l’auto-valorisation se termine avec l’introduction de l’automaton micro-électronique.
      L’éviction du travail vivant, dans le processus de valorisation.
      La montée en puissance des marchés, la recherche, d’auto valorisation fictive.
      A noter que cela n’a que très peu de rapport avec la baisse tendancielle des taux de profit, dont votre "rapport de force semble s’inscrire’.


    • a paramesh

      Crisis ne sort pas de la théorie de la valeur travail alors qu’il ne s’agit pas de calculer la Valeur mais de savoir pourquoi les choses VALENT. Pourquoi ce qui étaient les valeurs jadis privilège des hommes émigre dans les choses que les hommes s’échangent. Que veulent se dire les hommes qui échangent. La valeur n’est pas une loi comme l’écrit Marx mais un FAIT d’ailleurs il n’y a pas de loi sociale a part le "célèbre malheur au vaincu". C’est tout le travail d’économiste de Marx de trouver des lois là il y a des luttes. " Tu achèteras" n’est pas une loi mais un ordre proféré par des hommes. Un fait social. La valeur est le sens d’une étiquette accolée aux marchandises. Comment se fait-il que jamais les économistes ne parlent des étiquettes qui sont omniprésentes dans leur vie de salarié de maison et dans la vie des hommes ordinaires.


    • @ Kabouli, j’ai fui l’université il y a plus de 40 ans justement à cause de ce genre de discussions d’enculeurs de mouches, donc je ne rentrerai pas dans le débat de la valeur d’usage ou s’il y a pertinence ou non de parler de lois sociales ou si Marx a fait un contresens sur Aristote ou si Debord est un ersatz d’André Breton c’est peut être passionnant pour certains mais je préfère faire la fête.
      de la part d’un vieux situ qui se marre bien en vous voyant essayer de justifier votre aliénation en triturant des boutons.
      une seule solution : coupez le courant
      cordialement


    • Votre vie privée ne m’intéresse pas que vous ayez quitté l’université ou que vous fassiez la fête n’a rien à voir avec " le fétichisme de la marchandise ..." Je remarque qu’au lieu de discuter sur un forum ou de vous abstenir coutoisement vous venez nous livrer votre misère.
      Sur un post plus bas vous insister encore une fois sur le fait que vous aimez faire la fête. Mais franchement qu’est ce qu’on en a a foutre. Ce n’est pas moi qui ait entrepris une discussion mais vous qui avez répondu à une de mes réflexion .Une fois puis deux. Relisez vous ! ce n’est donc pas moi qui ait commencé d’enculer les mouches avec vous
      Je ne suis pas sur un forum pour parler de ma vie privée surtout que vous réclamant de Vaneigem on peut supposer que la fête doit rester pour vous comme pour lui une énigme ou un simple concept du moins si l’on en croit DEBORD et ses réflexions sur l’auteur du Traité. A part ça vous importez sur ce forum les mauvaises manières et la suffisance pro-situs. Les situs pouvaient avoir quelques illusions sur leurs capacités, l’IS fut une chose intéressante. Je ne pense pas que CRISIS puisse prétendre à la même importance.
      Et puisque que vous parlez de boutons ce n’est pas le fait de manœuvrer des boutons qui est une aliénation mais bien plutôt d’en faire un mauvais usage.C’est de l’usage d’internet dont se réclament Soral et Dieudonné comme la première internationale se réclamait de l’usage du chemin de fer.


  • Conférence passionnante.

    Cependant j’aurais l’outrecuidance de signifier que je ne partage pas l’analyse de M. Cousin. En étant bref, je pense que la société apaisée de l’être n’a de sens que si l’avoir coule de source ; c’est à dire dans un environnement d’abondance où chaque flèche fait tomber un oiseau et chaque arbre donne un fruit.

    Dans un environnement qui fait connaître à l’homme la réalité de la pénurie, tous les mécanismes de survie qu’on retrouve même chez les animaux se mettent en branle : domination, pillage, combat. L’homme, en plus, a inventé l’échange et donc le commerce en partie pour ne pas avoir à se battre (Madame des Cavernes n’apréciait pas tous les jours de voir rentrer Monsieur des Cavernes avec une hache plantée au milieu du crâne).

    Le capital dans son acception la plus large est sans doute le produit de la pénurie. Chercher à en dépasser la réalité me paraît, désolé pour le mot, quelque peu utopique.

     

    • "tous les mécanismes de survie qu’on retrouve même chez les animaux se mettent en branle : domination, pillage, combat" :
      Peux tu donner des ex ????? Parce que moi à part l’homme je ne connais aucune autre espece vivante qui pratique le pillage et la domination au sens exploitation.....


    • @ Francky +1 :) Ce qui m’étonne lorsque l’on aborde le Communisme non dévoyé, soit probablement le mode de vie le plus rationnel permettant la reproduction saine de l’espèce, c’est la résistance à penser exprimée par le prisme du langage capitaliste. C’est bien la que l’on constate que nos esprits sont colonisés.


    • Bonjour,

      Effectivement, conférence passionnante. D’accord avec votre remarque (cependant, les hommes des cavernes n’avaient pas de hache :). J’ajouterai que M. Cousin se contredit lorsqu’il affirme vouloir revenir à la "société de l’être" tout en considérant un peu plus loin que l’histoire est irréversible (concernant notamment le retour, illusoire d’après lui, à la nation).

      @franky

      Il suffit d’observer des fourmis pour voir la domination, le pillage et le combat dans la nature.



    • Le capital dans son acception la plus large est sans doute le produit de la pénurie



      hé hé ! bel exemple d’inversion des valeurs, l’accumulation du capital n’est justement possible que s’il y a surplus. De la même façon qu’on n’échange que ce dont ont a de trop. Pour qu’il y ait économie (le mot même devrait vous mettre la puce à l’oreille) et donc échange, il faut qu’il y ait surplus.


    • Prenez un troupeau de chats et jetez une poignée de croquettes... Vous verrez si les ravissants matous se diront des "allez y je vous en prie".

      C’est ce point que je voulais souligner. Face à la pénurie, l’animal devient féroce et c’est le fort qui l’emportera toujours sur le faible.

      Les autres points, mea culpa, j’ai fait court et mal. (comme dirait Madame des Cavernes).


    • La notion de pénurie renvoie à celle de manque, soit le socle de la société de consommation capitaliste. Elle n’existe pas dans la communauté de l’être.
      Ne trouvez-vous pas bizarre que dans une société dite d’abondance, l’être humain soit poussé à accumuler ?
      Pourquoi cette insatisfaction permanente et cette peur de manquer de tout ? Il s’agit d’une névropathie créée et organisée de toute pièce.
      Il n’existe aucune pénurie dans la nature, ni aucune insatisfaction, donc aucune raison de chercher à convoiter quoi que se soit au détriment de qui que se soit. La nature est parfaitement équilibrée. Le capitalisme est parfaitement déséquilibré.


    • A Paramesh ;

      ce n’est pas une inversion de valeur. La pénurie est un des paramètres qui a provoqué la révolution du néolithique au travers l’agriculture et l’élevage. C’est bien parce qu’il était plus dur et plus hasardeux de chasser et parce que les récoltes de baies étaient plus compliquées que l’homme s’est sédentarisé, a développé l’élevage et l’agriculture. C’est parce qu’il possédait qu’il a cherché à se protéger ou à troquer et par la même fonda le capital et le capitalisme.

      A Seber,
      L’homme du paléolithique a souffert de la pénurie quand les grands troupeaux de gibier furent décimés en partie par les glaciations et les aléas climatiques. Il lui a fallu inventer le stockage et l’élevage pour avoir sa quantité de viande. L’homme n’est pas dans le jardin d’Eden et c’est pour ça qu’il a inventé la notion de possession.

      Sur l’accumulation, elle a pour but de priver l’autre d’un bien qui aurait pu être commun et par cela faire augmenter la valeur de ce bien. C’est bien une névrose maligne... la plus dangereuse à mes yeux.

      Conclusion de cet échange pour ce qui me concerne : puisque le climat, la démographie et l’environnement créeront irrémédiablement des périodes de pénurie, le communisme des sociétés organiques tel que désiré par M. Cousin est à mon avis utopique et voué à l’échec. Sa conférence m’a intéressé mais je la prends plus comme une source théorique que comme un objet pratique de préparation au monde d’après.


    • Merci à vous Philippe de M. d’avoir orienté le débat dans le sens du réel.
      "Il n y a que l’air qui soit gratuit et en abondance" (J.Fourastié)
      Comment ramener à l’Etre 6 milliards d’individus qui chaque jour doivent, même avant de communiquer, boire et se nourrir ?
      M. Cousin nous a enchantés, peut-être comme un conteur. Quelle description enchanteresse des sociétés primitives unies dans la communion permanente avec la Nature, telles directement issues du Paradis et dont certains groupes existent encore ou ont été récemment parqués comme aux Iles Adaman. La malédiction serait-elle venue du "croissez et multipliez", soit du changement d’échelle ?
      Où sont les pistes, que peuvent envisager les milliards qui vivent dans les grandes métropoles ? Ou dans les contrées froides ou glacées ? Même les peuples celtes et germains (dont M. Cousin nous dit du bien) sont descendus vers l’Italie à la recherche de terres fertiles et ensoleillées.
      Nous restons finalement sur notre faim ... si j’ose la métaphore.


  • J’aime bien Francis Cousin et je le trouve passionnant à ecouter. Ceci étant dit je n’adhère pas a sa vision du monde pour plusieurs raisons.

    1) Sur la théorie de la valeur de Marx qui est contestée. La valeur d’une marchandise dépendrait du temps nécessaire a sa production. Un livre de Norman Palma ("Pourquoi Marx a-t-il échoué") conteste cette théorie.

    Le paradoxe capitaliste viendrait donc du fait qu’un robot remplace un homme mais ne produit pas de valeur... or un robot *produit* de la valeur. La télé que le robot produit a une valeur il me semble.
    Le paradoxe du capital vient plutôt de la surproduction. Il y a avec la réduction des couts et le remplacement des ouvriers, une hubris de la production, qui crée une crise de la demande, et un effondrement des prix et donc au final des profits.

    2) Deuxiemement, le paradigme même du Marxisme. C’est une vision "abrahamique" de l’histoire.
    Une vision linéaire et messianique du monde.
    En gros, la communauté organique primordiale chère a Francis Cousin me parait fantasmé. C’est juste une version laïcisé du Jardin d’Eden. Le Néolithique une version laïcisé de la Chute de l’Homme, l’effondrement du Capital une version sécularisé de l’Apocalypse, et le "retour a la société primordiale" n’est autre que la sécularisation de la "seconde venue du Christ", le Messianisme communiste.

    Il y a une prédétermination dans cette vision du monde qui nous oblige a contempler notre décadence face a une abstraction (la Bête Sauvage capitaliste) qui échappe à toute puissance d’agir.

    Je pense que le Marxisme est une magnifique grille de lecture du monde social, mais il s’inscrit dans un paradigme philosophique très précis qui a ses limites... Le paléolithique ne me fait pas vraiment rêver personnellement...

     

    • « Le paléolithique ne me fait pas vraiment rêver personnellement... »

      Hé bien c’est dommage. D’autant plus que l’ethnologie et l’archéologie semble nous indiquer que le passage vers une économie agraire puis vers un mode de vie sedentaire entraina une hausse de la mortalité dans un premier temps. Avec les pénuries qui ne mirent pas long à se montrer, les maladies nouvelles dues à la proximité entre hommes mais aussi avec les animaux d’élevage...
      De plus en plus, on tend à croire aue le passage du paleolithique vers le neolithique n’est pas necessairement un saut qualitatif (dans ses premiers millenaires...). Qui plus est, les hommes du paleo vivaient dans une relative abondance, pouvant repondre à tous ses besoins, et ce meme lors des phases de transitions lentes vers une economie purement agraire (les premices de l’agiculture, dans un mode de vie encore nomade ne permettaient pas encore d’engranger des stocks importants).
      Par ailleurs, on a pas encore retrouvé de charniers importants ou de fausses communes attestant des guerres ou des batailles à grande echelle. On a retrouvé tout au plus des fleches fichées dans les os ou des entailles, attestant certainement d’escarmouches sporadiques entre des petits groupes.


    • La valeur est une notion fondamentale complexe mais qu’il faut comprendre.
      Voici l’avis Ernst Lohoff et Norbert Trenkle sur la théorie de la valeur.
      la marchandise de base du système capitaliste, c’est le travail.
      Or l’exploitation du travail vivant devient obsolète.
      Avec cette innovation, le capitalisme scie la branche sur laquelle il est assis.
      A vrai dire, le keynésianisme, qui consiste à stimuler la demande en élargissant les dépenses publiques, est caduc depuis au moins les années 1970
      Ce retour au keynésianisme et à une dette publique excessive a été essentiellement une tentative pour rattraper le désastre bancaire. C’est seulement de façon très secondaire qu’on a cherché à relancer la demande.
      Globalement, au niveau de la société tout entière, il y a moins de capital disponible et c’est pourquoi cette société doit fatalement s’appauvrir.
      Depuis la fin des trente glorieuses et du fordisme, une accumulation auto-entretenue dans l’économie réelle est devenue définitivement impossible. L’énorme gain de productivité qui a suivi la troisième révolution industrielle entraîne une éviction massive de la force de travail hors des secteurs produisant de la valeur et mine ainsi la seule base de la valorisation de la valeur : l’utilisation de force de travail vivante dans la production de marchandises. Depuis plusieurs décennies, le mouvement global d’accumulation ne peut se poursuivre uniquement grâce à la sphère financière qui, en produisant inlassablement de nouvelles créances monétaires, est devenue le moteur central de l’accroissement du capital.
      Je pense que ça suffira pour réponde à notre économiste !


    • Tchek,
      La valeur n’ est que du travail, une télé coute le prix du travail qu’ il faut pour produire les matières premières ( le pétrole est gratuit , l’ or aussi, par contre le mineur et le foreur sont payer ) + plus le travail de l’ assemblage , un robot ne produit de la valeur que parce qu’ il est en concurence avec du travail humain ( louer une pelleteuse car c’ est a la place de se servir d’ une pelle ),
      Pour mieux expliquer , prenons l’ exemple des caisses automatiques , pour l’ instant peut de caisse auto car elle sont investit en fonction de leur rentabilité par rapport a la caissière, mais leur productivité est incomparablement plus élever puisse qu’ elle on un un cout fixe mais ne sont apres plus que du profit ( moins la maintenace, mais en gros il faut 1 technicien pour 10 caissieres ), le jour ou la rentabilité permet au magasin d’ avoir l’ ensemble de ces caisses qui sont automatiques ( et remboursé ...), il peut baisser ses prix car plus de caissières a payer , donc produit moins cheres , donc les autres enseigne sont obliger de suivre sinon elles ne sont plus compétitive, et finalement le robot ne produit plus de richesse car il est devenue simplement du capital, ( de la meme façon que le pas de porte pour le commercant ou les camions pour les entreprises sont obligatoire aujourd’ hui pour ces secteurs, et c’ est toujours la meme chose qui est payer dans le robot c’ est le temps de travail humain qu’ il représente... ( qui est l’ accumulation du travail du mineur du transporteur, de l’ ingénieur et de l’ assembleur ) donc oui la valeur , c’ est du travail on peut etre plus precis en disant que la valeur c’ est Travail x Capital ( et étant donner que le capital , c’ est du travail accumuler)


    • @barker



      « La valeur n’ est que du travail, une télé coute le prix du travail qu’ il faut pour produire les matières premières ( le pétrole est gratuit , l’ or aussi, par contre le mineur et le foreur sont payer ) [...] »



      Prenons un contre-exemple de cette légende urbaine marxiste :
      La « valeur » ou le prix de 1000 hectares de forêts vierges ne sont pas nuls pourtant aucun travail humain n’a été réalisé.

      Dans le monde réel, en simplifiant fortement, la « valeur » et le prix d’une « chose » dépendent de la combinaison de deux composantes :
      1) la quantité/qualité de travail humain
      2) la « rareté » (matérielle et humaine)

      Le prix (valeur) de la forêt vierge du contre-exemple, c’est quasi exclusivement un prix (valeur) de « rareté » matérielle.
      Le prix (valeur) de l’or, c’est un prix (valeur) de travail et « rareté » matérielle.
      Le prix (valeur) d’un produit manufacturé de grande consommation, c’est généralement un prix (valeur) principalement de travail.


  • Les commentaires sont de plus en plus souvent effacés sur youtube, vous avez remarqué ?


  • Eh Cousin Francis,
    Et les 10 commandements, ne seraient-ils pas des injonctions faites aux chrétiens !
    Faut être juste dans ses propos et ne pas être subjectif dans le but d’appuyer ses propres thèses.
    rogolo va !

     

  • Certains commentaires évoquent encore et toujours l’argent et des aménagements possibles ! Il en sera plus question ! Réécoutez la conférence !

    Salutaire le chaos ? Bien sûr que si. Dieu « l’esprit organisateur par lequel le chaos s’ordonne » (Daniel Rops). Dieu ordonne le chaos afin de re-créer un nouvel état ordonné en fonction des aspirations non réalisées, non manifestée de l’ancien monde à savoir le nôtre actuel lorsqu’il aura disparu. "Car je vais créer de nouveaux cieux, et une nouvelle terre. On ne se rappellera plus les choses passées, elles ne reviendront plus à l’esprit. (67.17.25 et 1109 Esaïe)

    Le système se dévore lui-même y compris ses enfants ! Il ira jusqu’au terme du chaos généralisé à savoir la situation actuelle x 100 voire 1000 ! C’est la raison pour laquelle nous avons l’impression de tourner en rond, et de consumer nos propres énergies pour pas grand chose finalement « en apparence » !

    Oui, le chaos est salutaire pour retrouver justement cet état primordial de la communauté de l’ÊTRE.

    C’est tout l’enjeu de la Sacralité avec ou sans (100) religions. La Sacralité est notre nature profonde. L’oeuvre d’Annick de Souzenelle est là pour nous le rappeler au travers des personnages mythologiques !

    L’Homme actuel est en devenir d’ÊTRE, nous ne sommes pas le but de la création mais un moyen pour d’autres créations !

    Le passage par la science et les technologies ne sont que des tentatives vaines ! Elles disparaîtront car c’est de la quincaillerie au regard des potentialités divines !

     

    • Il faudra alors renoncer à toute la technologie et au confort "moderne" : en effet sans argent et division du travail je ne vois pas comment on peut construire et faire tourner une centrale électrique ou un avion. Non ?


    • @ RD

      Sans pétrole, pas de centrales, ni d’avions, ni quoi que soit d’ailleurs. L’être humain ne doit son intelligence et son "progrès" qu’au pétrole. C’est simple comme bonjour.
      On ira tous ensemble vers le Nouvel ordre Mondial ou on retournera à l’âge de pierre, ce qui revient au même, sauf que l’un sera subit, l’autre choisi.
      Car l’histoire du solaire et de l’éolien repose aussi sur le pétrole. Comment va-t-on construire et produire quoi que se soit avec des usines et des engins qui tournent avec du vent et du soleil ?


    • eh oui, peut être plus d’ordi...... ça en calme certains sur la radicalité.
      et pourtant la vraie question est : aura-t-on besoin d’ordinateurs dans un monde sain.
      c’est dur de se désaliéner. et c’est ça le travail à accomplir car on n’a pas le choix si on veut éviter de recommencer les mêmes erreurs, il vaudra mieux être prêts le jour du grand boum.


    • C’est la technologie (à commencer par l’industrialisation, puis l’informatique) qui met le système (monétaire ou capitaliste) face à ses contradictions ; et c’est aussi la technologique qui permettra de résoudre ces contradictions en sortant du système. C’est ce qui tue le système qui va nous sauver. Simple question de dialectique. Mais vouloir renoncer à la technologie parce qu’on ne sait pas comment elle va pouvoir nous sauver pour revenir à un état où l’absence de cette technologie confortait le système actuel est un non sens. Francis Cousin prône en quelque sorte un retour au point de départ. Mais revenir au point de départ (ce qui est pure utopie), c’est par définition s’exposer aux mêmes problèmes qu’alors et se condamner à emprunter le chemin qui conduit à la situation dans laquelle nous sommes. En fait, il manque dans la théorie toute théorique de Francis Cousin l’élément concret qui permettrait à la fois de dépasser, d’anéantir Largent (la notion de valeur marchande), et de rétablir l’hamonie sociale, puisque le problème de Largent (troc ou monnaie) c’est précisément de dissoudre la société.
      Mais si Francis Cousin a raison de dire que la solution n’est pas dans une modification de la monnaie, qui n’est jamais qu’une vue de l’esprit, il fait l’erreur, pour sa part, de renoncer à l’idée de tout moyen d’échange. Les hommes produisent. Ils doivent échanger d’une manière ou d’une autre. Mais cette manière ne doit pas nécessairement être celle d’aujourd’hui, que la pratique du troc et de l’échange monétaire nous inculque. Un moyen d’échange n’est que le vecteur d’une conception de l’échange. La monnaie véhicule la sienne. La solution, c’est qu’un autre moyen d’échange véhicule une autre conception, une conception qui, au lieu d’être asociale et antisociale, soit au contraire la sauvergarde des Principes de l’ordre social. La monnaie a prouvé que le moyen d’échange est le paramètre le plus stable d’une "société". La révolution, c’est de concevoir et d’adopter le moyen d’échange qui garantira à lui seul les conquêtes révolutionnaires.


  • Remarquable cependant,des notions complexes sont maniées avec virtuosité.
    Il y en a une notamment qui mérite d’être expliquée.
    Pourquoi la mécanisation de la production par la micro électronique fait baisser la valeur ?
    Parce qu’ il faut toujours inclure le temps dans une production quelconque.
    Un exemple basique, un artisan fabrique 1m de toile en 1h.
    Un autre artisan voulant gagner des parts de marché,crée une machine qui fabrique 4 m de toile en 1h.
    Cela va diminuer le prix et le temps nécessaire, et donc dans 1m de toile il n’y aura plus que 15 mn de temps et la survaleur interviendra à partir du 4ème mètre de toile.
    Le prix de chaque mètre de toile aura diminué en valeur, puisque maintenant il en faut 4 pour retrouver la valeur d’un mètre au début et que son prix de vente n’ est plus que de 1/4
    et sa valeur cristallisée par le temps n’est plus également que de 1/4.
    Il y a augmentation de la masse productive entraîne la saturation de toutes sortes d’objets, mais la valeur se tasse, voire diminue.


  • Excellent Francis Cousin.

    Je le rejoins en presque tout, sauf dans sa croyance qu’un monde meilleur, voire un monde parfait pourrait émerger par lui même. Je pense qu’un tel monde est par nature impossible du fait de la nature humaine elle-même, du fait que l’homme est irrationnel et ne cherche pas forcément son propre bien. Cette question du mal intrinsèque en nous, de ce mal irréductible, question abordée par René Girard par exemple, question que symbolise très bien le péché originel dans la Bible empêchera la venue de la société idéale que Cousin espère.

    L’effondrement du capitalisme ne va pas faire cesser la cupidité, la jalousie, l’égoïsme, la méchanceté gratuite. Ces désirs étaient d’ailleurs à l’oeuvre dans les communautés primordiales, contrairement à ce qu’avance Cousin. Je ne pense pas que la nature humaine y ait été différente de la notre. Ce qui explique que ces communautés aient pu fonctionner sur l’être et non sur l’avoir est l’hostilité de leurs milieux, et la création de mécanismes internes à ces communautés pour contenir la violence et le mal de ces désirs. C’est ce qu’explique René Girard : les communautés archaïques qui n’ont pas pu contenir ce mal se sont autodétruites, du fait de l’impossibilité pour elles de survivre en milieu hostile sans cohésion du groupe, voire du fait des violences internes ?

    Enfin, bravo encore à Francis Cousin pour avoir cité Edouard-Marie Gallez (Le Messie et son Prophète) et sa (re)découverte des courants judéonazaréens à l’origine de l’islam. Ces nouvelles recherches historiques vont mettre de plus en plus l’islam face à la question de ses origines. Aux musulmans de s’emparer du sujet.

     

    • Un beau commentaire avec lequel je me sens largement en accord.

      L’être humain est à bien des égards d’une trop grande complexité pour nos tentatives de connaissance totalisantes. A bien des égards, nous resterons inconnaissables, obscurs à nous-mêmes.

      De plus, la question ou, plutôt, la réalité du mal demeure et semble bien toujours avoir été là (donc bien avant le néolithique et l’invention de l’agriculture, des engrangements de nourriture et d’autres biens et des établissements sédentaires, qui inévitablement donnent lieu à la prédation, donc à la violence et le besoin de défense, et cetera).

      Ces deux points sont peut-être justement ce que veut dire la doctrine du péché originel.


    • c’est toujours le même problème avec le mal.
      pourquoi donc la pensée occidentale (celle d’Aristote qui catégorise) cherche toujours à séparer le bien du mal, en faire deux valeurs, deux absolus antinomiques ? c’est une idéologie, une construction mentale très particulière. la pensée orientale ne cède pas à ce piège : mal et bien procèdent de l’unité (de Dieu), le but n’est pas faire le bien ou le mal mais de suivre la voie (le Tao, le Dharma), ce pourquoi tu es fait). si tu suis la voie, tu es dans le bien, tu t’en écartes ,tu flirte avec le mal et tu t’en prends tôt ou tard plein la gueule. le bien et le mal ne sont pas des absolus mais des repères souvent fluctuants qui permettent de rester sur le bon chemin. l’homme n’est ni plus bon ou mauvais qu’un chien ou une fourmi. son seul problème (l’orgueil abrahamique) est qu’il croit qu’il a le pouvoir de choisir son chemin.
      Méditez la parabole de Job, abandonné par Dieu pour son "orgueil" de rechercher le bien


    • Permettez moi d’élever le débat au dessus des traditions que vous dites occidentales et orientales.
      En effet y a une part de liberté en l’homme, David dans ses psaumes parle de l’homme insondable ou inconnaissable.
      C’est inquiétant ou réjouissant.

      Le temps serait une perception, illusion de notre intelligence ?
      Je sais qu’il y a un avant et un après donc un temps, ce que mon canari sait peu.
      Au niveau collectif ça donne l’Histoire, après on peut voir ça de manière cyclique comme dans les temps immobiles asiatiques ou de manière monothéiste, on y peut quelque chose qui a une direction un sens et c’est perfectible, après y a des variante messianique, de réparation, sur terre ou en au-delà...

      Je vous laisse méditer ou prier, c’est vous qui voyez :)


  • Une théorie qui fait le même constat avec des mots plus clairs et qui propose une alternative plus concrète (car avec Francis Cousin on est quand même dans le flou philosophique à ce niveau là), c’est le Civisme ou théorie de la Cité, de Philippe Landeux.

    Il vient de sortir une série de vidéos que vous trouverez toutes via le lien suivant :

    http://philippelandeux.hautetfort.c...

    Sur l’analyse du système présent, voyez ses vidéos 2, 3 et 4 : Qu’est-ce que Largent ? / Qu’est-ce que la monnaie ? / Anachronisme du système monétaire

    Sur l’alternative, voyez, au moins, sa vidéo 7, dans laquelle il dit ceci :

    "Le mode d’échange de la Cité repose sur un tout autre principe que le système monétaire. Les Citoyens ont des Devoirs envers la Cité qui s’assure qu’ils s’en acquittent bien, auquel cas elle reconnaît ou confirme leur Citoyenneté, condition pour accéder librement au marché et jouir réellement de tous les bienfaits de la Cité. Tous les Citoyens étant dans ce cas, jouissant du droit d’accès, sont égaux dans tous les droits garantis directement par la Cité, mais aussi dans tous les droits qui dépendent de l’accès au marché, c’est-à-dire presque tous, dont les plus vitaux, et qui, jusque-là, passaient par la monnaie et étaient répartis inégalement entre les individus."

    Cela reste encore de la théorie, mais ce n’est qu’un passage.

     

    • Je n’ai lu que l’extrait mais ce qu’il évoque ressemble bien à un état échange/citoyens/devoirs/marché... Nous sommes très mais alors très loin du contenu de la conférence la ! Pas d’argent, pas d’état, pas d’échanges... J’irai voir le site mais suivant la critique Marxiste on ne transige pas avec tout cela


    • @Atlantis :
      à partir du moment ou tu construis un système politique (cité ou état) tu sors du domaine du sacral,
      Et puis l’idée même de cité indique une accumulation de capital (on se groupe autour de réserves).
      Ou alors pourquoi vivre les uns sur les autres quand on peut user d’espace. une ville est dépendante et pour sa survie elle doit parasiter un territoire plus grand.
      tu mets un doigt dans l’engrenage et tu es pris.


    • Oui, enfin, le marxisme à la Cousin n’a guère de portée pratique. Chez lui, tout va arriver par l’opération du Saint-Esprit. J’ai bien peur que les hommes ne soient obligés d’y prendre leur part.

      De deux choses l’une, soit on renonce à tout le progrès technique pour vivre d’amour et d’eau fraiche, soit on adopte un mode d’échange autre que celui qui prévaut depuis le troc. La première alternative (un peu comme celle de Brat Pitt dans Fight Club) est évidemment absurde. La deuxième suppose que les hommes vont continuer à produire et donc que la production devra profiter aux Citoyens, qu’ils devront donc y avoir accès, que le produit des uns passera d’une manière ou d’une autre dans les mains des autres. Même non monétaire, même non fondé sur la notion de valeur marchande, cette circulation des produits constituera bien un échange selon un nouveau mode d’échange. Et, pour le Civisme, c’est la Citoyenneté (impliquant le devoir de participer à la vie de la Cité) qui confère le droit d’accéder librement au marché (c’est-à-dire à ce qui est produit et en attente d’acquéreur). Il s’ensuit que ce droit n’est pas mesuré (on est Citoyen ou on ne l’est pas), qu’il n’y a pas d’unité, pas de notion de valeur. Eradiquer la notion de valeur marchande et la monnaie, c’est ça, pas autre chose. Sinon, on tombe dans les utopies du genre : on supprime la monnaie, les hommes travaillent si ça leur chante (et "ils travailleront parce qu’ils ont une conscience") et ils peuvent consommer à volonté, voire chacun produit et donne à qui veut : visions complètement naïves, puisque si personne ne produit il n’y a rien à consommer, et anti-historiques, puisque personne ne produit rien seul et ne peut donc disposer personnellement de ce qui est produit par son entreprise.


    • @ paramesh
      Ce que vous dites n’a absolument aucune portée pratique. Une fois que l’on a dit ce que vous dites, on fait quoi ? On est bien obligé de faire de la politique à partir de ce qui est. L’avenir est nécessairement une évolution du présent, pas une construction ex nihilo. La question, c’est comment ce que l’on appelle "société" peut dépasser l’échange basé sur la notion de valeur marchande (Largent) ce qui serait en soi une révolution. C’est précisément ce qu’explique le Civisme.
      Il faut bien comprendre que la possibilité de dépasser enfin Largent est liée à l’évolution technique, qui, elle-même, est liée à l’accroissement du potentiel des "sociétés", donc au nombre, à la spécialisation de chacun, etc. C’est un contresens de vouloir renoncer à tout ce qui fait la force du système actuel (et paradoxalement sa faiblesse) et permet l’évolution en question. Cela n’a même aucun sens de vouloir revenir à une sorte d’état sauvage dont les limites obligent précisément à recourir au troc et donc, inconsciemment, à la notion de valeur marchande. Comme dit Cousin, l’histoire ne repasse pas les plats. On ne va pas revenir en arrière. On ne va pas oublier ce que l’on sait ni renoncer à un certain progrès. La question, c’est comment on va de l’avant, comment on retrouve l’harmonie sociale, première étape éventuellement vers un renouveau spirituel. Mais parler de sacral en occultant le social (au vrai sens du terme), c’est mettre la charrue avant les boeufs.


    • @ atlantis, :
      mais le sacral c’est avant tout du social puisque tout est lié (en ce sens, c’est une religion primordiale)
      j’ai la chance de vivre dans des communautés agraires traditionnelles en Asie, et bien je ne prétends pas que nous vivons dans une communauté pure de l’être, mais on en est bien plus proche du communisme primordial que des sociétés de l’avoir. c’est une question de culture. quand tout est lié (religion famille cuisine médecine, technique, art, rites, mythes, etc) transpire une harmonie véritablement bénéfique (et pourtant on ne vit pas à l’âge de pierre).
      cela vous semble une utopie car vous n’avez pas cette expérience, mais ça perdure encore, c’est du réel.
      la politique n’est utile que pour diriger des gens désunis. Dans une société saine (unie) et pas trop complexe (pas d’internet ni de 4X4) l’autogestion est amplement suffisante, la seule hiérarchie se réduit aux classes d’âge
      quand à ce fameux problème de l’accumulation des stocks et de leur marchandisation, certaines sociétés traditionnelles ont trouvé la parade : le potlatch (don, contre-don) (pratique jugée économiquement horrifique par nos anthropologues du siècle dernier) ou mieux encore, la destruction des stocks organisée rituellement lors de cérémonies ( exemple : lors des funérailles dans certaines tribus d’Indonésie ou de Malaisie).


    • @ Paramesh
      Vous dites que la politique est bonne pour des individus désunis... Mais, justement, nous sommes désunis ; c’est précisément le résultat de Largent. La révolution ne se fera pas toute seule. Il faut bien sûr que les circonstances s’y prêtent (et elles mûrissent), mais même alors les hommes auront leur rôle à jouer. Il faudra bien qu’à un moment donné ils soutiennent un projet politico-social, que ce projet soit donc défini et porté par des hommes. Mais lequel ? La Cité est la réponse.
      Vous me parlez par ailleurs de petites communautés... Mais nous ne formons plus, ici, de petites communautés. La question, c’est : Comment faut-on pour anéantir Largent quand on est des millions ? ou Comment appliquer et respecter les principes de la communauté quand on est des millions ? Les solutions qui peuvent marcher localement ne conviennent pas aux grands ensembles. Mais, intéressez-vous à la Carte civique, vous comprendrez que derrière se cache tout ce que vous dites, que ses conséquences à plus ou moins long terme seront ce que vous espérez.
      Nos "sociétés" sont malades et vous voudriez qu’elles courent. Je dis, moi, qu’il faut d’abord qu’elles marchent en s’appuyant sur un bâton. Chaque chose en son temps. Ce n’est pas parce qu’on a le but en vue que l’on peut brûler les étapes.


    • @ atlantis, je ne suis pas prophète, mais je pense que le chaos qu’on nous prépare ne laissera pas grand chose debout.
      donc une fois dans la merde noire il n’y aura que deux solutions : la loi du plus fort ou l’entraide. la pensée aliénée du spectacle de la marchandise vous fait croire au crédo : l’homme est un loup pour l’homme. et pourtant c’est oublier la réalité du concret : le loup est un animal parfaitement social dont le comportement est fondé avant tout sur l’entraide. ce ne sera certainement pas une partie de plaisir mais les loups solitaires désocialisés ne feront pas le poids à long terme.
      Enfin,on sait empiriquement qu’un groupe humain n’est efficace solidairement que s’il ne dépasse pas la centaine d’individus (au delà pas de rapports humains directs possibles donc ça bug) exemple pratique, les centuries romaines ou les phalanges hoplitiques). donc si on veut espérer vivre un jour harmonieusement, on ne pourra le faire qu’en petits groupes, par exemple au niveau d’un village et des confédérations de villages peuvent permettre d’éviter les conflits de voisinage (remplacer la politique par la diplomatie)
      C’est sûr que ce genre de société exclut les technologies complexes, mais l’homme a du génie, je suis persuadé qu’on trouvera des alternatives.
      et surtout : dans une pensée désaliénée la pauvreté devient richesse


    • @ Paramesh
      Le problème, je l’ai déjà dit, c’est que vous mettez la charrue avant le boeuf, vous prenez des effets pour la cause. L’homme occidental ne retournera pas à la communauté s’il n’a pas dans la tête le logiciel communautaire. Or il a un logiciel dans la tête, celui de Largent. Et ce logiciel ne disparaîtra pas tout seul. Il ne suffit pas que les hommes croient le vouloir pour qu’il disparaisse. Il ne peut disparaître que de la manière dont il y est entré, par la pratique de l’échange sur un autre mode, par l’usage d’un moyen d’échange véhiculant une autre conception de l’échange et, plus encore, une conception de la société. C’est ce que la technologie permet de faire (voir le lien ci-dessous). Et dites-vous bien qu’à moins d’une catastrophe qui nous ramènerait à l’âge de pierre (auquel cas nous nous remettrions à faire du troc, et en avant la musique), la technologie est là et il faut bien en faire quelque chose. Pour le moment, elle sert à nous asservir ; il serait temps de trouver le moyen qu’elle nous libère. On est d’accord sur le but philosophique ; tout le problème, c’est comment on y arrive. C’est à mon sens la faiblesse de Marx qui n’avait pas à ce sujet la moindre idée, pas plus que les marxistes après lui ou Francis Cousin aujourd’hui.

      http://philippelandeux.hautetfort.c...


  • Francis Cousin a un talent oratoire admirable et fort rare. Chapeau !

    Mais je n’en vois pas moins des bémols de toute sorte dans ce grand et beau discours. Je me bornerai à en mentionner deux ou trois.

    1) Le concept de Gattungswesen (être générique) chez Marx appartient à la période des manuscrits de 1844. Il disparaît à partir de L’idéologie allemande, remplacé qu’il est par des Menschenhaufen (des tas d’individus), pour ne rien dire de la Contribution à la critique de l’économie politique et du Capital.

    2) Le socialisme scientifique de Marx et d’Engels n’est nullement une restauration d’un état d’indivision édénique. C’est la continuation des formes spécifiques des formes de croissance du capitalisme (culte du progrès, exploitation de la nature, production de plus-value, qui n’est autre que ce qu’on appelle croissance (sans limite) de nos jours), avec une gestion différente de la propriété des moyens de production et une abolition du rôle central du marché et de ses conséquences. Le socialisme scientifique et le capitalisme reposent les deux sur le postulat que la croissance économique (le développement des forces productives) est le moteur de l’histoire humaine, ce qui est fort douteux.

    3) La division, la scission, la polémique, la guerre ne sont nullement absentes de la pensée d’Héraclite. La foudre y gouverne toutes choses ; l’homme y manque de mesure ; les nombreux y sont des endormis et n’entendent pas la parole du sage ; Homère y mérite coups de bâton ; le bétail y est conduit aux champs par le fouet ; et cetera.

    Je crains que la faim de sens qui alimente le discours de Francis Cousin ne bouscule un peu trop la vérité. Certes, l’équilibre entre la recherche du sens et la quête de la vérité est une chose difficile à maintenir.


  • Merci E/R pour cette perle. Une mine d’informations. Je comptais pas tout regarder mais j’ai été passionné du début à la fin. Ce mec est une encyclopédie.


  • Super conférence comme d’habitude avec Francis Cousin.C’est tellement riche qu’il faut l’écouter plusieurs fois.

    PS : Est ce que quelqu’un connaît le titre de la musique d’intro ?


  • Francis Cousin, aucune connaissance, aucune formation, aucun concept.
    Quant à la forme et à l’éloquence, c’est du bac à sable.
    Non, soyons sérieux, les vrais intellectuels, les vrais sociologues ont pour nom, Bernard Henry Lévy et Caroline Fourest.

     

  • Intéressante cette communauté sacrale, qui ne s’est pas bien senti en vacances d’éta à la montagne ? Il a raison le Larzac vaincra ;)

    Intéressant sur l’impossibilité d’une grande confrontation mondiale avec l’Empire qui n’a aucun rival technologique et capitalistique, pas d’Allemagne eurasiatique en perspective par soumission symbolique et vassalisation. Cependant cet Empire dans l’Histoire a parfois perdu l’initiative technologique mais a su la reprendre par la ruse et aussi faut se l’avouer par "chance".

    A la fin il par de "Le Messie et son Prophète" d’Edouard-Marie Gallez et non Pierre-Marie ...


  • Je trouve assez curieux que Francis Cousin, qui n’est ni technicien, ni ingénieur, ni scientifique, se permet de décréter l’infériorité technique et scientifique de la Chine et de la Russie. Qu’en sait-il ? Sur quoi se base-t-il pour une telle affirmation péremptoire ? Est-il lui aussi victime de la propagande étasunienne tonitruante qui tend à nous faire croire en la supériorité inégalée des Etats-Unis dans le domaine des sciences et des techniques comme à peu près d’ailleurs dans tous les autres domaines ? Comment ne sait-il pas que les Etasuniens de nos jours dépendent lourdement des lanceurs et des moteurs-fusées russes pour leur programme spatial ? Depuis belle lurette, seuls les Chinois et les Russes ont le monopole de la fabrication des cristaux scintillants en tungstate de plomb que le CERN en particulier leur achète pour ses recherches nucléaires ? Récemment, le site les crises.com a établi une liste assez exhaustive des industries de pointe russes qui laisse à penser que les sciences russes ne sont guère équivalentes à celles du Zimbabwe ... Comment peut-il prétendre que la Chine est "en retard" alors que plus de 80% des professeurs des facs de science et d’ingénierie aux Etats-Unis sont soit chinois soit indiens ? C’est bien le "renversement du monde" dont parle souvent Hervé Juvin. Le monde change Monsieur Cousin et votre vision sur ces deux pays a au moins 40 ans de retard !

     


    • Sur quoi se base-t-il pour une telle affirmation péremptoire ?



      les importation russes et chinoises,
      hormis les matières premières ce sont principalement des produits manufacturés de haute technologie.
      quant à la haute technologie existante dans ces pays elle est principalement le résultat d’un transfert de technologies (ou de copie). Ensuite lisez Sapir sur le problème des élites intellectuelles russes qui émigrent. (car la guerre économique se situe aussi là)


    • @paramesh La façon dont la Russie à récemment mis hors d’état de nuire quelques bâtiments de la marine US embarquant des technologies ultra-sophistiquée montre bien que la technologie militaire ne se limite pas uniquement à l’armement lourd mais bien aux technologie software et micro-technologie. La Russie sur le plan balistique et technologie informatique n’a absolument rien à craindre des puissances occidentales.

      Tout n’est pas noir ou blanc, la Russie est en retard sur certains aspects, et elle est aussi très en avance sur d’autres aspects. Et c’est bien de dire d’écouter Jacques Sapir, mais il a déjà précisément cité ce que je viens de décrire donc il faut l’écouter en entier ou ne pas le citer ;)

      Et d’un point de vue de l’émigration intellectuelle, c’est déjà en train de changer si on observe les derniers chiffres sur la démographie. Les têtes pensantes ont de moins de moins de raisons de partir.


    • Je trouve aussi ça "curieux" en effet...Affirmation gratuite sur la supériorité de l’Occident. Donc un refus de croire qu’il eu des échanges, cette fois ci fructueux entre l’Orient et l’Occident. Signalons quand meme, que la poudre à canon, la boussole, les pates, la technologie de la poterie remarquable, très au dessus à une époque de celle de la Renaissance. Je ne parle meme pas de la première cartographie mondiale, copiée par Colomb ou Magellan qui serait d’origine chinoise.
      Ensuite la sortie sur les chars sherman soviétique pour attaquer Berlin laisse pantois !!!
      "Char T-34 soviétique :...Un total d’unités produites estimé à 84 070 exemplaires (USA:20 000), ce qui en fait le second char le plus produit de tous les temps" Alors Staline avait besoin du sherman ? Sans blague ?
      En fait je pense que l’humanité n’a jamais été autarcique, meme il y a 30 000 ans. L’autarcie est un alibi du capitalisme pour promouvoir des échanges sous rapport de force. C’est à dire guerrier. Autarcie mise en orbite par des anthropologues, confondant des indiens "sauvages" en tribus primitives qui n’avaient pas bougées depuis 30 000 ans !
      Il n’y a jamais eu d’autarcie en Amérique du Nord, pas plus qu’en en Amérique du Sud. Si les indens se refugient en autarcie dans jungle, c’est pour se proteger. Idem en Afrique.


    • La Chine a envoye des hommes dans l’espace en 2003, les US ont envoye des atronautes sur la lune en 1969 ...


    • @Xavier DURAND, @H.Gallo

      @Xavier DURAND



      « … Francis Cousin, qui n’est ni technicien, ni ingénieur, ni scientifique, se permet de décréter l’infériorité technique et scientifique de la Chine et de la Russie. »



      Je suis « vaguement » un « technicien, ingénieur », je pense qu’il exagère la situation mais il a raison sur l’existence d’un retard russe et chinois sur les USA.



      « Comment ne sait-il pas que les Etasuniens de nos jours dépendent lourdement des lanceurs et des moteurs-fusées russes pour leur programme spatial ? »



      C’est une question de prix.



      « Comment peut-il prétendre que la Chine est "en retard" alors que plus de 80% des professeurs des facs de science et d’ingénierie aux Etats-Unis sont soit chinois soit indiens ? »



      Cette statistique m’étonne (je pense même qu’elle est fausse bien qu’il y ait beaucoup de profs chinois et indiens aux US) mais elle n’est pas incompatible avec l’avance des USA qui sont très connus comme « suceurs » de cerveaux à l’étranger.

      @H.Gallo



      « […] la technologie militaire ne se limite pas uniquement à l’armement lourd mais bien aux technologie software et micro-technologie. La Russie sur le plan balistique et technologie informatique n’a absolument rien à craindre des puissances occidentales. »



      La faiblesse relative russe semble justement se situer dans l’informatique et la micro-électronique...


  • Une excellente synthèse dont l’apport essentiel est de défaire Marx de sa gangue gauchiste.
    Mais la petite musique de Francis Cousin comporte à mon sens un bémol, car ça cadre pas avec son système bien rodé : La question de la Russie.
    D’abord cette erreur qui revient souvent, de dire qu’elle est arriérée sur le plan technologique. C’est un topos de la propagande étasunienne de l’après-guerre. Il occulte ici la formidable mise en branle de l’industrie militaire (supériorité du T34 - voire la bataille de Koursk, où il me semble les allemands n’affrontaient pas des sherman)... Et quelques années après, souvenons-nous du retard des USA dans la conquête spatiale, face à semiorka, la mise en orbite de Laïka quand les usa n’arrivaient pas à lancer le "pamplemousse", un satellite d’à peine 2kg ! .... (la même année que le spoutnik). Me semble-t-il, les soviétiques ne sont pas allé piquer aux USA des technologies que ces derniers ne maîtrisaient même pas encore !
    De plus aujourd’hui, il n’y aurait pas un seul astronaute américain sur l’ISS sans les lanceurs russes. Sans parler du rôle stratégique des S300, de la supériorité des chasseurs sukhoi, du missile boulava ... face auxquels l’attirail US et même européen ne rivalise pas.

    Mais plus important, c’est sur le rôle de la Russie aujourd’hui, impossible à comprendre si l’on reste sur la lecture marxiste du "despotisme asiatique". L’ennemi profond de l’américanisme est certes l’Europe, mais si cet esprit européen des "communaux" avait justement été préservé -voir s’était déplacé en Russie ?
    Car il y a bien une résistance russe aujourd’hui, qui va au-delà d’une réaction à une agression, on voit bien un processus structurant contre la déstructuration du "gouvernement mondial de la marchandise". Avec à mon sens un moteur, un noyau dur irréductible et qui fait la différence avec l’Europe vassalisée, c’est la perduration d’une profonde spiritualité, du sens de la transcendance.
    Oui l’ennemi réel est sans doute l’Europe, mais cette Europe est aujourd’hui à l’Est.

    La Russie est bien de fait, le caillou dans la godasse de l’Empire. Et le pire pour l’Empire, serait effectivement une ré-orientation de l’Europe de l’ouest vers le continent.

     

    • Et toi, tu y es allé en Russie ? Francis Cousin a raison : l’Amérique est loin devant, notamment grâce à ses 3% de PIB reversés dans la recherche - quelque chose comme 60 milliards de dollars par an, excusez du peu !
      Tu nous bassines avec le S-300, les Sukoî etc...qui te garantit de la fiabilité de ces produits ?


    • @ la Pytie

      "Et toi, tu y es allé en Russie ?"
      > Je ne vois pas bien le rapport... Pas sûr que j’y vois voler des mig en concurrence avec des F16. Mauvais argument.
      Je pose un constat factuel : notamment les exemples historiques que je donne quant à la recherche spatiale, qui est l’indicateur du plus haut point d’avancée technologique d’un pays.

      > Sur la fiabilité du matériel, oui cela est très documenté, recherche un peu, ou bien tu n’as qu’à demander aux militaires US, eux ils sont au courant ! Et pourquoi d’après toi Israël a autant la trouille que la Russie livre les S300 à l’Iran ?

      Cousin a raison oui, sur un point essentiel, qui est le Spectacle généralisé. Et l’argent investi comme tu le dis en recherche par les USA va dans le "Spectacle" comme le JSF, excellent exemple et synthèse de ce qu’est aujourd’hui la technologie de pointe américaine, qui est un "spectacle" (mais ne vole pas). Le retard aujourd’hui des USA sur la Russie en terme d’arment de pointe est édifiant. Ils sont même incapables de concevoir un avion comme le rafale et tout ce qu’ils font, c’est acheter des brevets et tenter de piquer les choses à droite à gauche. Et bien sûr il y a Hollywood, qui est leur meilleur bombardier stratégique. Il faut arriver à comprendre ça pour sortir un peu du fantasme d’une Amérique surpuissante. Ils sont puissants par la vampirisation de leurs vassaux via la banque, point barre.


    • +++ pour compléter la remarque à Pythie : c’est pour ces raisons précises qu’il n’y aura pas d’affrontement direct entre la Russie et les USA, car les états majors savent bien ce que je dis là (supériorité du militaire russe), couplée avec la profondeur stratégique (Napoléon et Hitler en ont fait l’expérience).
      Les USA enverront plutôt leurs larbins européens au charbon, ou maintiendront comme aujourd’hui des conflits de basse intensité à la périphérie.

      Le spectacle de la marchandise a pour coeur l’Occident, c’est né ici. Il est logique que la Russie, irriguée certes par l’influence européenne mais avec en même temps un pied en Asie, soit le "noeud" aujourd’hui par lequel tout peut basculer. Dommage que Francis Cousin (que j’apprécie bcp) ne traite pas cela, j’aimerais l’entendre là-dessus.
      La guerre Russie / Usa c’est un peu aussi la guerre du Spectacle contre le Réel.


  • J’ai oublié dans mon dernier commentaire de mentionner aussi l’utopie de la vision d’un homme prétendument universel et omni-communiquant. Monsieur Cousin semble oublier l’existence d’un obstacle de taille à l’émergence de cet homme omni-communiquant. C’est tout simplement l’existence des langues qui restreint considérablement notre rayon de communication en dépit de l’existence technique des moyens de communication à l’échelle de la planète. Il serait souhaitable que Francis Cousin parle au monde entier mais, malheureusement, seuls actuellement les francophones l’écoutent. Eh, oui, il s’agit là d’une limitation qui réduit sérieusement les possibilités d’une "internationale" vraiment internationale !

     

    • le problème est moins de communiquer que d’avoir conscience que d’autres communautés existent et que ce ne sont pas des barbares.
      j’ai l’impression que personne ne comprend bien cette idée "mondialiste".
      Pour faire simple : nous avons acquis historiquement (par le développement du capital) que les sociétés humaines sont variées dans les cultures mais qu’elles sont amenées à se rencontrer, à communiquer (or quand on a besoin de communiquer, on trouve facilement un terrain d’entente sinon, on se fout sur la gueule
      on ne peut pas faire fi de cette connaissance puisqu’on l’a acquise il faut au contraire l’utiliser afin de gérer au mieux les contacts entre ces diverses communautés.


  • J’ai remarqué des similitudes entre F. Cousin et R. Guénon lorsqu’il dit (Cousin) qu’il << n’a rien inventé et qu’il n’en est que le transmetteur >>... mais il transmet tout de même la théorie de Marx qui elle fut inventé ( Marx se désignait-il comme étant un transmetteur, quelqu’un pourrait-il m’éclairer à ce sujet ? Je vais faire mes recherches..).
    Mon grand questionnement est quant à la place qu’il donne à la religion ainsi qu’aux doctrines traditionnelles, puisqu’il les considère comme étant plus une partie du problème qu’une partie de la solution, alors que Guénon les juge comme étant plutot une forme ’’dégénérée’’ de la tradition primordiale mais toujours légitime (plus ou moins suivant l’état de dégénérescence) puisqu’elles en gardent, dans les pires scénarios, les signes extérieurs seuls et que les ’’pratiquants’’ eux-mêmes ignorent (Franc-Maçonnerie, Protestantisme...), tandis que dans les cas les plus heureux, ces religions ou doctrines sont encore viables en tant que ’’réflexion’’ légitime de l’état primordial humain (Islam, Hindouisme, Christianisme au Moyen-Age...).
    Aussi, je vois mal comment ’’reculer dans le temps’’ jusqu’à y dépasser les religions-mêmes, et je juge personnellement que ce serait un vrai crime que d’oser s’en débarrasser (je ne crois pas que Cousin veux une telle chose malgré tout) pour retourner à un état si éloigné et utopique, même si c’est l’état naturel de l’homme primordial et en dehors duquel tout est un ’’commencement’’ de l’erreur qui mène, par un très lent glissement multi-millénaire, au désastre du monde moderne...

    En tout cas, c’est vrai que Cousin utilise un vocabulaire difficile pour s’exprimer alors que le tout gagnerait à être simplifié... Curieux personnage, mais stimulant intellectuellement tout de même avouons-le.

    P.s : Bonjour la France ! -un québécois qui aime bien ER.

     

    • Bon, après une réécoute je crois avoir trouvé la section qui m’intéresse particulièrement.
      @1:51:00 environ :

      « Je mange, je chasse, je fais l’amour, je peint ; c’est sacral, parce-que c’est une communion avec le divin du monde. » OK.
      « Le divin du monde n’est pas Dieu, Dieu n’existe pas. » Le Dieu à la barbe ? Bien sur que non.
      « Le divin c’est la totalité du monde en mouvement. » OK
      « Les hommes ont créés Dieu quand le divin s’est échappé ; la totalité du monde est sacral. » Crées Dieu ? Non, ils auraient plutôt conceptualisés Dieu et ainsi tirés ses attributs du divin, entendu comme étant la totalité du monde en mouvement selon F. Cousin.
      « À la révolution néolithique les communautés sont cassées, elles sont cassées par la révolution agraire, et donc à ce moment là le scindé produit le profane et le sacré, et la marche de l’histoire nous dit Hegel et nous dit Marx c’est le profane qui s’étend et le sacré qui se réduit. » Ainsi Dieu serait profane, pareil de la religion et des doctrines traditionnelles ? Comment alors suivant cette logique ne pas entrevoir tout (hors de l’état primordial de l’homme) comme étant profane ? Et que faire d’une telle conclusion qui n’est aucunement pratique ni encore métaphysique ? À quand un traité sur l’âme et sur ce qui arrive après la mort alors pour logiquement continuer cette analyse ?

      Il est bon F. Cousin mais il me laisse sur ma faim !


    • "Marx se désignait-il comme étant un transmetteur ?"

      non pas vraiment, même s’il s’inscrit bien dans une filiation, que Cousin met suffisamment en évidence (Hegel, les présocratiques...), mais aussi Aristote, sans doute Rousseau ...

      Il dit de Hegel, que sa dialectique "marchait sur la tête" : son grand apport philosophique et "de la remettre sur ses pieds", (c’est la critique notamment du chapitre final de la phénoménologie de l’esprit "le savoir absolu", d’une conscience encore aliénée, empreinte d’idéalisme). Marx lui fait faire un saut qualitatif : il garde la méthode, mais l’applique à la société, au capital, au travail. "La philosophie ne faisait auparavant qu’interpréter le monde,il faut à présent le transformer"...


    • Bonjour cher J.
      Après la lecture des autres commentaires et discussions sur cette page, je perçoit, comme je le croyait après avoir écouté F. Cousin, que la ’’transmission’’ (lorsqu’il affirme n’avoir rien inventé) ne réside pas sur une base aussi ’’principielle’’ que R. Guénon mais plutôt sur les textes Hégéliens, Marxiste et présocratiques entre autres, et c’est pourquoi je demandais des explications sur la question de savoir si Marx se désignait comme étant un ’’transmetteur’’ d’un quelconque principe transcendant qu’il aurait hérité / transmis (à la Génon) et mis en forme en tant que réflexion de l’état primordial, mais cela semble plutôt, comme noté, être un produit d’une individualité.
      Aussi, F. Cousin oublie totalement (peut-être couvre-t-il ce sujet dans ses ouvrages) les civilisations hors de l’occident et qui sont plus anciennes même que les présocratiques, pour sauter directement au indiens d’Amazonie et les amérindiens d’Amérique qui sont plus ’’facile’’ à réinterpréter et qui n’ont pas ces embarrassantes religions ou doctrines traditionnelles qui risquerait peut-être de faire dérailler la thèse présentée.


  • Finalement on comprend que le capital en crise, pour reporter l’effondrement où éviter de se faire dévorer par son concurrent fusionne.
    Les multinationales ne sont que des fusions acquisitions, plus la crise augmente et plus ça fusionne.
    Quelle différence entre le conseil économique de Gazprom de Macdo ou Total, ce sont des multinationales mondialisées.
    Après là dessus on peut venir y mettre la main du diable ou du folklore, y voir une volonté de dominer le monde, voire un nouvel ordre.
    Mais en fait tout cela suit la logique de concentration de la valeur économique.


  • Soyons sérieux, au paléolithique il n’y avait que quelques millions d’habitants sur terre, tandis qu’aujourd’hui nous sommes plus de sept milliards. De plus, la technologie a énormément progressé par rapport à cette époque reculée. Or, des sociétés au sein desquelles la technologie a autant d’importance ont besoin de l’Etat pour pouvoir être au service de l’intérêt général. Un retour aux communautés de l’être dont Francis Cousin chante les louanges signifierait un retour à la loi du plus fort en l’absence d’un Etat régulateur et protecteur.

    Et puis l’Etat, ce n’est pas le mal en soi, contrairement à ce qu’il dit. Un Etat peut être démocratique, c’est-à-dire non corrompu par les partis politiques, le Parlement et les élections. Un tel Etat n’a jamais existé, mais il faut se battre pour qu’il advienne. J’espère qu’un jour nous pourrons nous écrier : l’Etat, c’est nous !

    Quant à l’argent, il n’est pas non plus le mal en soi s’il est considéré comme un outil au service de l’intérêt général et non comme une fin en soi. C’est pourquoi le Réseau Salariat prône l’attribution d’un salaire à vie à la qualification personnelle, entre autres institutions démocratiques, sur une échelle de 1 à 4 (salaire à vie minimum : 1500 € net - salaire à vie maximum : 6000 € net).

    M. Cousin oublie que la suppression de l’argent générerait forcément un fort sentiment d’injustice chez les personnes qui auraient effectué dix ans d’étude, par exemple, car elles auraient autant de droits économiques que les personnes qui n’auraient que le bac.

     

    • Vous n’étes pas sérieux ? Ou vous n’avez rien compris ?
      Votre cerveau est totalement flashé par le libéralisme totalitaire, celui de la guerre et du rapport de force.
      Supprimer le parlementarisme, tout de meme la base du "marché" égalitaire, et le sommum du ridicule absolu.
      Certes le parlementarisme n’existe plus. Ce n’est pas une raison pour croire qu’il est la cause de tous les malheurs. Ce n’est qu’un archaisme des sociétés vernaculaires, selon le Capital, dont le mot démocratie n’est qu’une arnaque qui n’a jamais existé, sauf dans les sociétés vernaculaires, donc "primitives".
      L’Interet général !!! Lequel ? De qui ? Kézako ? C’est quoi cette langue de bois ?
      C’est quoi "les droits économiques" ? Seul le capital a des droits. Toi salarié, tu fermes ta gueule !
      C’est ça le Système....


  • "...Pourquoi le langage de la pensée ne serait-il qu’un instrument gris et terne au service des idées ? On peut philosopher à l’intention du plus grand nombre et non pas pour une coterie d’intellectuels en chambre - avec des métaphores et des mots concrets...."
    extrait de la préface du livre de Javier R.Portella :
    " Les esclaves heureux de la liberté, traité contemporain de dissidence "


  • J’ai écouté avec intérêt et perplexité la conférence de Victor Cousin. D’abord, je salue l”exploit du conférencier, qui consiste à infliger à son auditoire (dont il est raisonnable de penser qu’il est peu versé dans la réthorique communiste) le “fétichisme de la manipulation en virtuose des concepts marxistes”, ça m’a rajeuni. L’autre exploit ne manque pas de panache : expliquer à un auditoire “soralien” que l’indépendance de la France, ça sert à rien, que la mondialisation, c’est pas le problème tant qu’on n’aura pas retrouvé la “communauté de l’être”, que l’invasion démographique de l’Europe est un épiphénomène, voire que l”indépendance de la Palestine ne changerait rien tout en se gardant bien de mentionner la question juive, le tout sans provoquer la moindre réaction, j’avoue qu’il fallait oser ! Il y a là au moins de quoi donner des leçons de communication à nos gourous médiatiques !
    Quant à la thèse de fond ; il faut bien constater que notre ami Soral se retrouve “petit joueur”, lui qui avait trouvé des convergences entre l’hégeliano- marxisme et les traditions catholique et musulmane réunies, notre conférencier relie le communisme (compris par le seul Marx, voire par Engels à ses moments perdus) et la tradition primordiale ! Où comment le matérialisme philosophique rejoint au bout du compte (en “dernière instance” aurait dit Marx) la spiritualité authentique...Sans doute la “société de l”avoir”, en fin du processus historique (dogme marxiste incontournable du “sens de l’histoire” et du progrès), lassée du “fétichisme de la marchandise”, rejoindra- t- elle la “communauté de l’être”, par le biais d’une insurrection généralisée, préfigurée par les “jacqueries” qui ont traversé les siècles pour ouvrir le chemin de la délivrance communiste, horizon indépassable du “genre humain”.
    Et voilà comment une critique radicale de la “gauche du Capital” remet sur ses pieds, par une sémantique habile, les fondamentaux...de la Gauche. On écorchera au passage les vrais opposants à cette gauche depuis le début, de Proudhon aux anarchistes, ces derniers étant déclarés complices du système sur la foi du témoignage...d’un préfet de police ! Quant aux adversaires “de droite” de cette gauche générique, les voilà tous dans le même sac, résumés dans une formule magique : “à bas les mouvements de libération nationale !”
    Enfin, puisqu’on vous dit que le Hesbollah est une création d’Israel et de l’Iran (complices comme chacun le sait), que ce qui se passe en Ukraine n’est qu’un des avatars du “spectacle mondial”, comme en Palestine, cessez donc, braves gens de soutenir Poutine et de condamner Israel ! Tant de confusion savante pour en arriver à déduire que les Américains cherchent à empêcher l’Europe d”atteindre son “potentiel de modernité”, alors que c’est exactement le contraire, me conduit à penser que ce type n’est qu’un agent d’influence de plus.

     

    • il va falloir que tu t’y fasses, aucun autre penseur n’est allé aussi loin dans l’analyse du capitalisme et de ses méfaits que Karl Marx et on n’a pas fini d’en reparler au fur et à mesure que la crise augmente, c’est ainsi
      Tout le reste c’est du glabouillis de pauvre réac !


    • Eric, tu n’es pas dans la tête de Soral, donc qui te dit qu’il croit vraiment en l’action politique (personnellement, j’en doute un peu, en tous les cas il n’est pas démocrate, ça c’est sûr, mais c’est un pur marxiste philosophique) .
      Ensuite tu n’écoutes que ce qui te parle, le vrai message est : le nationalisme n’a aucun avenir tant que le système perdure puisque sa déstruction est programmée. c’est simplement du réalisme. maintenant si tu avais bien assimilé ce qu’il dit, ce que tu appelles mondialisme chez Cousin est en fait une fédération des communautés ceci étant le seul fruit bénéfique del’apport historique du capital, ce qui permettra à ces communautés de ne pas se mettre sur la gueule quand elles se rencontrent (on remplace la politique par la diplomatie).
      je te conseille fortement de re-écouter cette conférence en essayant d’oublier tes a prioris car tes critiques sont infondées


    • Toi, t’as rien compris au film !! Cousin est conséquent du début à la fin : évidemment que l’Empire a ré-islamisé les nations Arabes, que l’Europe est le seul concurrent sérieux des Ricains ( sur le plan des hautes technologiques ) , que le terrorisme est toujours étatique etc...Cousin, un agent d’influence ? tu es sérieux ?


    • @gombywan

      Tant de confusion savante pour en arriver à déduire que les Américains cherchent à empêcher l’Europe d”atteindre son “potentiel de modernité”, alors que c’est exactement le contraire

      ...LA PREUVE LES MISTRAL..


    • Deu n’existe pas, on nous l’a déjà fait. M. Cousin nous impose sa réalité (judeo marxiste ?). Cà ne va pas faire plaisir à la base militante catho de chez ER. Dieu peut te faire tourner en rond le temps qu’il veut, avec la conscience d’un animal, pire qu’un animal perdu disent les textes. Avec la foi, pas besoin d’attendre demain, parce que demain ne vient jamais. Avec la foi tout ce jeu d’illusions infinies se désagrège, pour laisser la présence et l’amour, l’échange avec dieu.


  • Je trouve Francis Cousin très fort sur le "terrorisme d’Etat". A part lui et Debord, je vois très peu de "philosophes" qui ont eu un peu de discernement sur ces affaires.

    Ce que je trouve très dur à vivre c’est d’être dans une société ou 99.99% des gens sont de véritables zombies sur ces questions. Quand on en arrive à partager ces vues sur le terrorisme qui ne peut être que "d’Etat", à haut niveau, on ose à peine échanger sur la question avec des collègues ou même des membres de sa propre famille qui sont absolument incapables de comprendre quoi que ce soit sur la question.

    Or c’est par là que ça devrait commencer. Le 11 Septembre, les chambres à air comprimé, ce sont là les clefs de voûte pour entrevoir l’autre côté du miroir. Même de proches amis qui se disent "cultivés" me traitent de complotiste, de paranoïaque, de fasciste, si j’ose aborder, même par la marge, ces questions.

    Or nous sommes nombreux pour qui le 11 septembre a été la clef de voûte. C’est quand on a compris que c’était une manipulation qu’on bascule, de manière irrémédiable, dans un plan de conscience différent.

    J’aurais aimé que Francis se prononce là-dessus. Comment vivre en étant "conscient" sur ces phénomènes, dans une société de zombies dont le cerveau est totalement travaillé par la propagande, et comment espérer que cette conscience que "la vraie vie est ailleurs" (Rimbaud) puisse émerger, un beau matin, de manière foudroyante, si les gens n’ont pas été "rééduqués" au préalable sur ces questions.

    En tout cas merci pour cette conférence exceptionnelle.

     


    • J’aurais aimé que Francis se prononce là-dessus. Comment vivre en étant "conscient"



      tu paies 75 euros, c’est son boulot .... je blague (ou pas).
      plus concrètement : il suffit de vivre , mais vivre pleinement , jouir de l’instant présent car quand tu es conscient, tu ne te fais plus piéger par l’aliénation.
      exemple : tu comprends que le combat politique est une foutaise et tu te concentres sur ta vie en éliminant les faux espoirs et en privilégiant les rapports sains avec ceux que tu fréquentes et tout ça en attendant tranquillement le grand soir.
      moi ça fait plus de quarante ans que j’adhère à la pensée situationniste (les Debord, Vienet, Jorn, Vaneigem etc) et j’attends toujours. mais je m’en fous, j’ai construit ma vie en conséquence, je suis heureux et je pense être prêt pour le grand soir.
      un livre : traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations, de Raoul Vaneigem


  • Francis Cousin c’est le top de la réflexion basée sur une grande érudition sous le contrôle du bon sens.


  • Le 20e siècle a vu l’épanouissement et l’effondrement d’une fausse alternative : le communisme. Depuis, le capitalisme est notre seule ligne d’horizon. Mais il va bientôt s’auto-détruire, selon Francis Cousin. J’ajoute : pour le meilleur ou pour le pire. Au choix. LA THEORIE DU CIVISME de Philippe Landeux indique de façon très pragmatique la —bonne— direction à prendre. Comme je le vois, cette réorganisation politique de la société, sans être une fin en soi, peut permettre à l’humanité de bien tourner. Et, qui sait, chemin faisant de se connecter au sacral.


  • Le fait que les musulmans soient des judéo-nazaréens en dit long sur la prétendue opposition entre juifs et musulmans.
    D’ailleurs, les juifs disent eux-même qu’ils préfèreront toujours un musulman à un catholique car en réalité les juifs et les musulmans sont proches idéologiquement et leur religion ne s’opposent pas (à partir de la 14ème minute).
    https://www.youtube.com/watch?v=4ak...

     

    • Etonnant de lire ça ici, surtout sans aucun commentaire incendiaire. A l’appui de cette thèse, je dirais que Judaïsme comme Islam sont tous deux issus du nomadisme... ce que semble passer systématiquement sous silence un certain monsieur, que je respecte énormément par ailleurs. Historiquement l’opposition frontale entre ces deux religions a été loin d’être la règle, et l’animosité constatée aujourd’hui est très récente.


    • Bien sur qu’elles sont "proches", elles ne peuvent pas se contredirent fondamentalement et encore moins contredire le Christ, tous issus de la "source" abrahamique, c’est dans la gestion du but qu’on trouve les différences, théologiquement, qui sorties de leur contexte et raison d’être deviennent des traditions constitutives de l’identité et autant de raison de se mettre sur la gueule.

      Ce que pouvait se permettre Jésus à l’égard des lois, visait à frapper les esprits, mettre en lumière des impasses et contradictions d’une gestion sclérosée de celle ci, qui par la soumission volontaire des humbles en tirent profits et position social, c’est une démarche de discernement conforme à sa mission, sauf à dire qu’il eut été un "libertaire".

      Alors c’est bien beau de prendre Jésus en exemple, mais avez vous son discernement pour vous permettre de juger les autres religions qui reposent sur une loi qui vise justement (par ses interdits & prescriptions) au discernement, (saint esprit salut) ou le fait de vous en réclamer suffit il à vous exempter de lois en profonde connaissance de la nature humaine ? N’est ce pas d’une profonde inconséquence quant au but du Christ ?
      Jésus évoluait dans un milieu très croyant, ses interlocuteurs étaient tous dans la progression de cette compréhension, de cette voie, et vous transposez cet exemplarité dans des circonstances encore plus dégradées ou la foi n’est plus qu’une croyance parmi d’autres, en pensant que c’est plus efficace pour l’humanité..ou juste pour préserver vos acquis..donc comme ceux que vous dénoncez !
      L’église elle même ne sait pas exempter des fondamentaux, jeun, prières, rites, interdits.

      Avec l’état d’ésprit tradi catho nationaliste, aujourd’hui, vous renvoyeriez le Christ s’il revenait sur sa barque !


  • Cousin sous-estime le fait que les hommes et femmes aliénés sont souvent très contents de leur aliénation, et qu’ils ne voudraient absolument pas se retrouver dans une "communauté de l’Etre" sans canapé, sans machine à laver, sans bière dans le frigo et sans pillules !

    Par ailleurs, je le trouve un peu libertaire attardé (ou avant-gardiste) avec sa "tripe du jouir" ; le jouir et la jouissance sont des slogans du règne de la marchandise aliénatoire, comme il dit, alors pourquoi reprend-il cette invocation organique et invérifiable ?

    D’un côté je le trouve solide (sur le terrorisme notamment) mais d’un autre il me semble quand même très fleur bleue

    Je ne vois pas comment les "épaves circulatoires de la démocratie du capital enfin réalisée" que nous sommes, pourrions demain nous transformer en mistrals flambant neufs de la communauté eurasiatique retrouvée ?

     

    • et non , la tripe du jouir, le sens de la fête, le rire sont ontologiquement subversifs pour tout système fondé sur la contrainte et encore plus à notre époque car en est exclu toute marchandisation. il n’ a pas d’économie dans la jouissance.
      quant à ceux qui se satisfont de leur aliénation (99% des gens) peu importe, car le soir du grand soir, ils auront tout perdu, ils se retrouveront seuls face à leur nudité et donc en parfaite égalité forcée avec les autres.


    • T’inquiète ça se fera pas en une génération.
      Faut-il que tu n’aies pas conscience de ce que pourrait être la communauté de l’être pour penser que le confort bière-canapé puisse lui être préférable par qui que ce soit.
      La tripe du jouir est lié à une communion avec l’être, tellement au dessus d’une pulsion organique satisfaite. La tablette de chocolat ne fait pas le poids je t’assure.


    • Finalement les hommes demeurent les jouets du capitalisme polymorphe, et n’oeuvreront à sa fin que parce-qu’elle sera structurellement devenue inévitable.
      Cousin n’endosse pas la paternité d’une telle analyse, il transmet ce que devrait être l’histoire inexorable de ce système aliénatoire, sachant que ses phases précédentes (formelles et réelles) avaient été prédites et se sont réalisées.
      Sauf que la fin d’un monde peut s’avérer extrêmement délicate à anticiper et à extrapoler. Le déterminisme qui prévalait (prévaut) dans la définition du capitalisme vivace, est sans doute moins aisé à définir s’agissant des bouleversements qui décideront de son écroulement.
      Le niveau de conscience jaillissant des 4 coins du monde pour terrasser la bête...Un début de fin d’histoire....


    • Qui a parler d’une communauté sans canapé, sans machine à laver ou sans bière. Il s’agit ici d’une société ou rien n’a de valeur marchande, où l’argent n’existe pas. Car l’argent est la source de tous nos problèmes.

      Tu nous imagines vivre comme des indiens. Or il l’a dit on ne peut rien restaurer. Quand au trip du jouir, en ce qui me concerne j’ai dépassé la beuverie et autre pilule. Les beuveries et autre pilule ne traduise qu’un mal existentiel qui est justement lié au capital.

      Mon trip c’est de mettre dans une chaise longue dans le jardin, au soleil avec le cuicui des oiseaux. Quand je reçois des amis et que nous rigolons ensemble, sans chercher à savoir qui gagne plus que l’autre car on s’en fou c’est du jouir ;

      Ce que je déteste le plus chez les Américains c’est leur manie d’étaler leur possession (ma voiture, ma femme, ma maison, mon chien et mon salaire). Ces gens sont puant.


    • Jouir ne signifie pas particulièrement le faire de manière orgiaque comme nous pousse à le faire notre système (pour consommer héhéhé)
      Regardez Épicure... Pour ne pas qu’on le comprenne, le système a dévoyé sa philosophie en utilisant l’adjectif et le nom épicurien(ne) et épicurisme pour désigner ceux qui aiment la bonne vie de manière démesurée. Un peu comme Marx avec le Marxisme semble-t-il...
      Alors qu’Épicure prônait une accès à la connaissance via les plaisirs... mais quels plaisirs ?? Quand on sait qu’il vivait dans une grande ascèse...
      Il y a plaisirs et plaisirs...


  • Bonjour et bonsoir à tous !

    Je cherche deséprerement le nom de la chanson d’intro de cette vidéo.
    Merci d’avance et bonne continuations à tous !


  • Il est bluffant, certes, mais philosophiquement tout ce dont est capable de proposer le matéralisme marxiste athée c’est le naturalisme, le retour à la nature. C’est pourquoi un Maurras a pu dire que dans Rousseau, tous les totalitarismes du XXème siècle sont contenus... De plus sa volonté de faire retourner l’état-nation à l’état de commune (voir le municipalisme libertaire d’un Murray Bookchin) s’inscrit pleinement dans la volonté de certaines élites de créer un gouvernement mondial et d’abolir toutes les nations. Ses références aux situationistes sont bien vues et truculentes mais on ne m’otera pas de l’idée que tout cela n’est qu’une forme particulière de la pensée juive....


  • Au final, malgré une analyse très poussée et un peu ethnocentrée, qui permet une fausse universalité par généralisation spécieuse et un mondialisme "superficiel", les fondements sont très manichéen ; pour Cousin, c’est soit "la société de l’être", soit celle de l’avoir or elles sont réconciliées par le dogme unitaire justement qui annule la simple la croyance voulant que des intérêts conflictuels soient possibles !
    Se contentant des poncifs conditionnés de la "société de l’avoir" à l’égard de la religion, pour venir la concurrencer, c’est juste avoir énormément de retard sur ces questions et loin d’être avant gardiste, il reste sur une idée moderne qui à vécu et est morte depuis longtemps. Ce qu’il reproche à la religion, c’est pourtant les mêmes dérives que son projet bancale à rencontrer, mais qui dans le renversement dont il parle si bien, paraît fondé parce que concret, mais sorti des salles de conf et des cerveaux, rencontre la réalité qu’ils avaient réduis à des choses et leurs mouvements.."societé de l’avoir" dit il...

    Je sais qu’on répondra que c’est ne pas un projet politique, puisque sans état mais que c’est la façon de vivre "normale" qui reviendra quand les hommes se débarrasseront volontairement de ce qui leur nuit..sans commentaire

     

    • c’est la façon de vivre "normale" qui reviendra quand les hommes se débarrasseront volontairement de ce qui leur nuit..

      Non pas volontairement mais plutôt tirés par la tignasse de leurs cheveux comme dirait l’autre.

      Après avoir gobé tout son AVOIR homo sapiens pourrait bien ETRE ..... ou naitre ou renaitre ou encore disparaitre.

      En vrai on en sait fichtre rien...


  • Excellent souvenir de cette conférence. Je vais la revoir et y repenser.
    M. Cousin a vraiment réorganisé ma pensée, je lui en suis très reconnaissant.

    Je suis cependant sorti avec deux points de contradictions :
    * l’état de nature trop idéalisé (à la Rousseau) ;
    * la possibilité de faire sans l’aliénation que constitue la religion, alors que l’on sait bien qu’elle est présente (sous une forme ou une autre) depuis la nuit des temps.

    Je vais néanmoins continué à y réfléchir.

     

    • La religion n’est pas une aliénation, mais comme toutes choses elle s’éloigne de sa source avec le temps.
      C’est un chemin créer par l’homme pour guider la multitude, il en existe pleins d’autres, tu peux en choisir un comme tu peux en choisir plusieurs, mais tous mènent vers dieu.


    • La religion, dans l’acception dans laquelle elle est communément entendue, est aliénante car dogmatique... Dans une société de l’être, il n’y a pas de religion (dogmatique) car la vision du monde de la société est sacrée par essence... la Vie est sacrée... De toutes façons, la Vie, le Réel, appelez le comme vous voulez... aucun n’a aucune idée de ce que cela peut être, alors on peut adhérer culturellement à une religion ou à mouvement de pensée pour se représenter la Vie en conformité avec d’autres, mais ce n’est pas pour cela que ceux qui ne le font pas et préfèrent une représentation originale, plus personnelle du Monde ne sont pas dans une vision sacrée du monde.
      Je dirai même que les sociétés de l’être que les hommes modernes ont découvert au cours des derniers siècle, les ont toujours laissés pantois de questionnements et parfois d’admiration devant tant de spiritualité... ça y est le mot est lancé... l’amour des choses subtiles !
      Perso je ne suis pas religieux... mais je parle à notre mère Nature...




      la possibilité de faire sans l’aliénation que constitue la religion, alors que l’on sait bien qu’elle est présente (sous une forme ou une autre) depuis la nuit des temps.



      Je pense que c’est le sens du sacré (et dans une société de l’être tout est sacré) qui est présent depuis la nuit des temps, pas la religion. Et quand Marx parle de la religion aliénante, il ne s’agit pas de ce sens du sacré éternel qui habite l’homme peut-être depuis l’origine (qui sait ???), il parle de cette forme de sacré dogmatique et sectaire qui d’ailleurs est très souvent bourrée de contradictions !


  • Excellent ! ce n’est pas du BHL !


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