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Le souverainisme aujourd’hui

L’émiettement de l’opposition au pouvoir macronien nécessite une forme de relecture de ce que l’on appelle le « souverainisme ». La contradiction qui existe entre sa prégnance dans l’opinion et la faiblesse de ses représentations politiques comme on a pu le constater entre le premier tour de l’élection présidentielle et l’élection législative, une contradiction dont on peut penser qu’elle est conjoncturelle mais dont on peut aussi penser qu’elle renvoie à des problèmes plus profonds, nécessite ce travail de relecture.

 

Il doit aussi s’accompagner d’un travail de réappropriation de ce qui constitue le cœur du projet souverainiste, si l’on veut éviter que ce dernier ne se divise artificiellement en courants violemment opposés. Cela implique aussi de comprendre à la fois ce qu’est le souverainisme, pourquoi il est appelé à jouer aujourd’hui un rôle absolument crucial, et quels sont les efforts qu’il faudra consentir pour que le souverainisme, qui est probablement aujourd’hui culturellement majoritaire puisse devenir politiquement majoritaire.

 

Souverainisme et démocratie

 

L’axe fondamental du souverainisme n’est autre que la liberté politique, et donc, fondamentalement, la démocratie. Être souverain, c’est décider pour soi-même, librement, sans avoir à subir les pressions et les diktats d’un pouvoir étranger. Le souverainisme est donc le substrat d’institutions démocratiques dans tous les pays. Non qu’il suffise d’être souverain pour être doté d’institutions démocratiques ; mais, la perte de la souveraineté est toujours synonyme de la perte de la démocratie. La souveraineté est la condition nécessaire, c’est à dire la condition première, de l’établissement d’une démocratie mais elle n’est – certes pas – une condition suffisante.

Il convient ici de rappeler que la distinction entre la souveraineté nationale et la souveraineté populaire, distinction qu’invoquent certains auteurs pour chercher à se différencier au sein du mouvement souverainiste, est largement illusoire. Prenons ici un exemple ancien, celui du statut de l’Empereur dans la Rome antique. Dans la loi d’investiture de Vespasien (69-79 de notre ère), la fameuse Lex de imperio Vespasiani, la ratification des actes de l’empereur avant son investiture formelle est dite « comme si tout avait été accompli au nom du peuple » [1]. On perçoit que l’origine de la souveraineté réside dans le peuple, même si ce dernier en a délégué l’exercice à l’empereur. Ainsi, le principe de souveraineté populaire était déjà connu il y a 2 000 ans. Il est ici intéressant de constater la persistance du vocabulaire et des catégories républicaines au sein de l’empire [2]. C’est pourquoi je pense que même sous l’empire, c’est bien le peuple qui détient la souveraineté. L’empereur bénéficie d’une délégation, certes extensive, mais qui ne vaut pas cession. C’est un point fondamental que de nombreux auteurs contemporains oublient. Le fait de déléguer n’est pas le fait de céder.

La souveraineté nationale, celle des souverains et des dirigeants politiques, procède toujours d’une délégation de la part du peuple qui, seul, peut se targuer de détenir la souveraineté. Que la souveraineté soit contestée, ne soit plus reconnue, et immédiatement la démocratie dépérit. On le vit bien avec l’établissement du régime du Vichy, et on le voit à nouveau dans la nécessité pour les pouvoirs en place de contourner les mécanismes démocratiques afin de pouvoir exécuter les consignes qu’ils ont reçues de l’étranger.

J’ai désigné, dans un texte antérieur et faute d’un autre mot, de souverainisme de liberté ou souverainisme politique cette forme de la souveraineté. Elle est, bien entendu, première tant dans son application que dans ses conséquences. C’est la raison pour laquelle penser la souveraineté équivaut à penser la démocratie.

 

Du souverainisme social

 

Il y a cependant d’autres formes de souveraineté et d’autres significations. La souveraineté sociale est ici particulièrement importante. Cette souveraineté signifie que les acteurs sociaux sont en mesure de passer des compromis, de trouver des accords, sans voir leur champ d’action limité par un pouvoir extérieur. Ce point est un point particulièrement important dans une société où ces acteurs collectifs prennent une place de plus en plus importante [3]. De ce point de vue, il est crucial de comprendre que nous ne sommes plus, depuis le XIXème siècle, dans une société de petits producteurs marchands. Le jeu collectif s’est imposé, sous la forme particulière du salariat et de l’entreprise, dans le monde de la production. Il en découle que le conflit, la revendication, la lutte gréviste, conduisent à des formes particulières de médiation.

Il faut donc reprendre la question de la construction des institutions, et l’on va y retrouver la souveraineté. En effet, l’extension des domaines de souveraineté a été la forme prise par les luttes sociales qui, au fil du temps, ont construit les institutions. Telle est la leçon qu’il faut tirer de l’ouvrage classique de François Guizot sur la « civilisation européenne » [4]. Signalons que Guizot fait démarrer ce processus en réalité dans le Moyen-Age et dans l’opposition entre la noblesse, le clergé et les guildes de marchands qui sont des organisations collectives.

Ses implications n’en n’ont pas toujours été pleinement comprises. Ce que Guizot affirme, c’est non seulement la nécessité de la lutte comme principe d’engendrement des institutions, mais aussi un lien circulaire, ou plus précisément en spirale, où l’on repasse régulièrement au même point mais pas à la même hauteur, entre une institution de souveraineté, la commune bourgeoise par exemple, et le principe de la lutte des classes, terme dont il est l’inventeur. En d’autres termes, il n’est de possibilité d’expression de ses intérêts collectifs que par la conquête d’espaces de souveraineté. Mais, celle-ci implique alors l’action collective. C’est pourquoi les différentes formes d’organisations, ligues, associations, syndicats, sont non seulement légitimes mais encore absolument nécessaires au fonctionnement d’une société hétérogène. L’existence d’un intérêt commun n’efface pas ces conflits, mais doit s’enraciner dans la compatibilité de leurs modes de gestion. Cependant, une fois ces espaces acquis, ils ont tendance à influer largement sur les représentations de ceux qui y vivent.

Ce souverainisme social comprend la souveraineté comme l’instrument à travers lequel les différents groupes sociaux arrivent à des compromis hors de toute influence extérieure. On comprend ici l’importance, pour ce souverainisme social, du souverainisme politique. Si nous sommes dans une situation où les choix sociaux que nous pouvons faire sont prédéterminés par l’existence de règles imposés, comme on le voit aujourd’hui avec l’euro ou la détermination du taux d’intérêt par la Banque centrale européenne et par les conséquences qu’ont ces déterminations sur des règles collectives, comme les règles du droit du travail ou les règles sociales, il ne peut plus y avoir de place pour le compromis. La brutalité nue redevient la règle des relations sociales.

 

Souverainisme et identité

 

La souveraineté implique que l’on identifie le corps politique, le peuple en l’occurrence, qui est souverain. Parler de souveraineté sans prendre en compte l’identité n’a aucun sens. Mais, à rebours, parler d’identité sans penser la souveraineté n’en a pas plus. Ce qui montre que la question de l’identité est contenue à l’intérieur de celle de la souveraineté et que l’on ne peut opposer les deux notions comme cherche à le faire par exemple Éric Zemmour [5]. Il faut ici rappeler ce que Marie-France Garaud et Philippe Seguin écrivaient à ce sujet [6] :

« Les Grecs savaient déjà qu’une cité qui veut conserver ses dieux et ses temples doit d’abord rester une entité libre sur la scène de l’Histoire. S’il n’est pas pour une nation de véritable conservation de son identité sans sa souveraineté, c’est précisément parce que l’autorité nationale a fait la synthèse des éléments ethniques avec les valeurs spirituelles et morales. Après tout, les Indiens, dans leurs réserves, gardant leurs plumes et leurs tentes, ne sont assurés que d’une identité fort réduite dans un ordre national qui leur échappe. L’identité nationale se maintient aussi comme une mémoire de son passé. Comment la nation qui n’est plus, ni grande, ni même souveraine, entretiendrait-elle la mémoire de la France ? Que resterait-il de l’histoire de France si quelque norme européenne venait interdire aux États un enseignement qui ne faciliterait pas assez l’abandon de souveraineté ? Qui interdirait le rappel de principes révolutionnaires, puisque ceux-ci proclament la souveraineté de la nation ? [7] »

 

 

Mais, cela implique de définir de quelle identité l’on parle. Nous avons tous une identité personnelle, produit de notre éducation et des rencontres que nous avons faites. L’identité de certains groupes est aussi évidente, que ce soit des groupes liés à des activités sportives, économiques ou encore politique. Il y a enfin les identités linguistiques et religieuses. Mais, ce ne sont pas de ces identités dont il peut être question ici. L’identité qui importe est celle qui nous permet d’avoir un langage commun dans l’organisation politique et sociale. C’est ce qui fait que même si nous ne sommes pas d’accord entre nous (et surtout si nous ne sommes pas d’accord), nous avons un langage commun pour dire nos désaccords, et pour trouver des compromis et des solutions à ces derniers.

C’est donc bien d’une identité politique dont il est question, une identité façonnée par l’histoire et ses représentations, par les combats et les conflits passés. Il en découle que cette identité politique est spécifique d’un pays à l’autre, parce qu’il n’a pas la même histoire, parce qu’il n’a pas connu les mêmes conflits, ni les mêmes formes de résolutions de ces conflits. Ce que l’on appelle l’identité nationale est cette identité politique, qui renvoie à une culture politique commune, qui renvoie aussi à des pratiques communes, et qui renvoie enfin à des lieux – que ces derniers soient lieux de vie ou lieux symboliques – et qui structure un peuple [8].

Il convient ici de relire le compte-rendu de l’ouvrage de Fernand Braudel publié sous la plume de Maurice Aymard dans les Annales ESC :

« Face à l’Europe pourtant la population française ne cesse affirmer sa différence. Longtemps la plus nombreuse, elle est aussi la première ralentir sa fécondité : une spécificité culturelle – un détachement vis-à-vis de l’Église catholique qui emprunte pas les voies de la Reforme protestante – cumule ses effets avec la volonté de défense d’une civilisation paysanne qui avait modelé́ un certain visage de la France et pose à notre pays ses problèmes eux aussi spécifiques du XXe siècle : le vieillissement et la stagnation hier immigration et ses suites malgré la reprise de la deuxième après-guerre aujourd’hui. [9] »

On peut y rajouter la volonté actuelle de défense d’une forme de civilisation industrielle contre les ravages de la mondialisation.

 

 

Mais, si ce peuple voit sa souveraineté déniée pour une longue période historique, il perd progressivement le mécanisme d’agrégation qui permettait à cette culture politique d’exister. Cette dernière se défait, et avec lui le peuple. Et c’est bien pourquoi il ne peut exister d’identité nationale sans souveraineté. On comprend alors le non sens profond et absolu qu’il y a à opposer l’identité (politique) et la souveraineté.

 

Diversité et unité

 

Ces trois aspects du souverainisme se combinent, même si les individus peuvent être, pour des raisons politiques ou personnelles, plus ou moins sensibles à chacun de ceux-ci. Un juriste, ou une personne élevée dans le droit, sera naturellement plus sensible à l’aspect politique de la souveraineté. Quelqu’un dont l’expérience principale aura été les luttes sociales et ouvrières sera naturellement plus enclin à considérer la souveraineté sociale. Enfin, nous pouvons tous, à un moment ou à un autre, faire l’expérience de l’importance de l’identité nationale et donc prendre en compte cet aspect de la souveraineté qui lui est lié. Cependant, quand on passe de l’expérience personnelle et directe à la compréhension raisonnée de la notion de souveraineté, on est alors conduit à unifier ces trois aspects.

Unifier prend ici le sens d’une mise en cohérence. Le souverainisme social a besoin pour exister du souverainisme politique. Parce que tous les compromis locaux, toutes les luttes parcellaires, ont besoin à un moment d’une institutionnalisation qui garantisse leurs résultats, il ne peut exister de souverainisme social sans un souverainisme politique. C’est l’une des leçons que l’on peut tirer du syndicalisme d’action directe du XIXè siècle et de son échec, et c’est pourquoi les mouvements sociaux ont besoin de formes d’existence dans le monde politique, c’est à dire de « partis », qu’on accepte ou non de leur en donner le nom. Inversement, le souverainisme politique tire sa force et fonde sa pertinence sur les compromis sociaux issus du souverainisme social. Il y a là une forme de dialectique qui rend inséparables les dimensions politiques et les dimensions sociales du souverainisme. Mais, ces deux dimensions n’auraient guère de sens, et on peut douter qu’elles puissent même exister, sans la dimension de l’identité nationale et le langage commun que cette dernière implique. L’identité nationale est ce qui irrigue, mais qui rend aussi possible, les processus qui permettent aux souverainismes sociaux et politiques d’exister.

Ces différents aspects du souverainisme se sont incarnés dans différents courants politiques et différents partis (ou mouvements). L’expression politique de ces courants, au-delà de ce que l’on appelait autrefois le « patriotisme de parti », reflète des sensibilités et des priorités différentes. Ces différences sont appelées à durer parce qu’elles reflètent des expériences politiques différentes. Mais, cela pose aussi le problème de l’efficacité politique de ces expressions politiques. Or, la situation actuelle, à l’issu du long cycle électoral que nous avons connu en France de septembre 2016 à juin 2017, éclaire les difficultés rencontrées par ces différents courants politiques. Ces derniers sont passés du zénith, avec la quasi-majorité au premier tour de l’élection présidentielle, au quasi-nadir de leur fortune aux élections législatives. On peut faire porter la responsabilité de cette situation sur leurs divisions (qui sont réelles, mais qui ne sont pas, en l’état, dépassables) sur leur impréparation et leurs faiblesses internes (qui sont toutes aussi réelles) ; c’est se masquer les yeux quand aux causes réelles de ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui un échec.

 

De la cohérence et de la crédibilité du projet souverainiste

 

L’échec du souverainisme est d’abord, et avant tout, celui des mouvements politiques qui l’ont incarné, peu ou prou. C’est donc d’un échec politique dont il est question. Cet échec est, fondamentalement, celui de la crédibilité de ces mouvements et des solutions qu’ils proposent. Mais, la question de la crédibilité ne saurait être ici séparée de celle de la cohérence. C’est la cohérence d’un raisonnement et de son explicitation qui fonde, en dernière analyse, la crédibilité d’un discours et celle de la force politique qui le porte.

La cohérence d’un projet et d’un discours souverainiste doit d’abord s’incarner dans le constat qu’il ne peut y avoir de peuple libre sans une souveraineté des institutions centrales pour l’existence de ce peuple, qu’il s’agisse des institutions politiques ou des institutions économiques (mais oh combien politiques) comme la monnaie. Bien entendu, la souveraineté peut se déléguer, à la condition néanmoins que l’instance qui reçoit cette délégation ne soit pas moins démocratique que l’instance délégataire. Toute délégation venant d’une instance démocratique vers une autre instance moins ou pas démocratique s’appelle en réalité une usurpation de la souveraineté et tomberait sous le coup de l’article 27 de la Déclaration des droits de l’homme de 1793 [10].

Mais, délégation ne veut pas dire partage, et encore moins cession. Sur ces points, il importe que le discours soit complètement cohérent, sous peine d’introduire un doute ravageur sur l’authenticité de l’engagement souverainiste. Dire que le projet doive être cohérent n’implique pas qu’il doive être complètement détaillé. En particulier quand on aborde des points qui ont une forte composante technique, même si ces points sont fondamentalement politiques en réalité, il convient de ne pas s’engager dans la logique technicienne car cette dernière risque d’obscurcir la démarche politique. Pour dire les choses directement, la critique de l’euro est centrale au projet souverainiste. Retirez-la et ce dernier s’effondre. Cela ne veut pas dire que les dirigeants politiques doivent s’engager sur les formes techniques précises par lesquelles il sera mis fin à l’euro, ne serait-ce que pour se laisser la possibilité de négocier avec nos partenaires.

Cette cohérence du projet doit ensuite s’incarner dans la reconnaissance du processus collectif qui fonde et détermine le souverainisme social. Nous ne vivons plus dans une société de « petits producteurs marchands ». Les différentes instances, qu’il s’agisse des syndicats, des organisations patronales ou des organisations d’usagers sont légitimes, et ce quelles que soient les critiques que l’on peut leur faire, parce que la vie sociale a pris de manière irrémédiable une dimension collective. On peut même penser qu’il en a toujours été ainsi, quoi que sous des formes différentes. Le projet souverainiste doit, pour établir sa cohérence, reconnaître qu’en plus des droits des individus il existe un droit à l’action collective et à la constitution des formes de cette action.

Enfin, la cohérence du projet souverainiste doit s’enraciner dans la défense de l’identité nationale, et en particulier dans la défense de son enseignement, car le rapport à l’histoire est ici fondamental. Cela implique non le refus d’une pluralité de cultures d’origine, qui est un fait que l’on ne peut nier sans provoquer des troubles profond et durable au sein du peuple, mais le refus de la politique de multiculturalisme qui vise à pérenniser cette pluralité d’origine et à en faire un nouveau mode d’organisation de la société.

 

Être souverainiste aujourd’hui

 

Le souverainisme entend défendre et préserver la liberté des formes d’organisation. Parce que nul ne peut savoir a priori quelle est la solution organisationnelle qui sera la meilleure, et parce que nos critères sur ce qui est le meilleur peuvent par ailleurs diverger et se modifier dans le temps, nul ne peut fixer seul et pour toujours un mode de coordination. Exclure certaines formes de coordination du champ des possibles qui sont ouverts à la communauté des acteurs, ou exclure de ce mode de coordination certains participants, est donc une violation de ce principe et ne peut conduire une société qu’à la catastrophe.

Ceci condamne non seulement toutes les pratiques discriminatoires fondées sur l’être de l’individu (par exemple les discriminations fondées sur le sexe ou la couleur de peau), l’institutionnalisation de pratiques fondées sur des différences religieuses et la reconnaissance de communautés séparées au sein du corps souverain, mais aussi l’institutionnalisation d’une forme unique d’organisation et de coordination. En ce sens, ce principe condamne à la fois les droits particuliers qui sont à la base des pratiques communautaristes et la prétention à construire une forme de coordination, la concurrence en l’occurrence dans le cadre de l’Union européenne, en mode de référence. Rappelons que c’était ce que le prétendait le projet qui fut rejeté en 2005 de Constitution Européenne et que cela est resté le principe de fonctionnement de l’Union européenne. On est en droit de considérer que l’Union européenne a enfreint le principe de non-discrimination et peut donc être considérée comme un Tyrannus ad exercitio [11].

De même, nul ne peut prétendre que la propriété privée puisse être la seule et unique forme de propriété admise, de la même manière que nul ne peut bannir de la société la propriété privée. Une théorie réaliste des comportements individuels, telle qu’elle se dégage des travaux de ces trente dernières années que ce soit dans le domaine de la psychologie expérimentale ou dans celui de la théorie de l’information [12], constitue ainsi la base matérialiste de l’admirable formule de la Révolution Française, selon laquelle les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Nul ne peut prétendre leurs dicter les formes d’organisation et de coordination qu’ils emploieront, du moment que ces formes elles-mêmes n’introduisent pas de discriminations fondées sur l’être de l’individu.

Le souverainisme, aujourd’hui, reprend tout à la fois l’héritage de la souveraineté qui nous vient de l’histoire de France et celui de la Révolution française, pour reprendre la formule de Marc Bloch :

« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. [13] »

Jacques Sapir

Notes

[1] Bretone M., Histoire du droit romain, Paris, Editions Delga, 2016, p. 215.

[2] Bretone M., Histoire du droit romain, op. cit., p.215. Brunt P.A., « Princeps et Equites », in The Journal of Roman Studies, vol 73, 1983, pp. 42-75.

[3] Commons J.R., Institutional economics, its place in Political Economy (1926), New Brunswick, Transaction Publishers, 1990.

[4] F. Guizot, Histoire de la civilisation en Europe, rééd. du texte de 1828 avec une présentation de P. Rosanvallon, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1985, p. 182-184.

[5] Zemmour E., Un quinquennat pour rien, Paris, Albin Michel, 2016.

[6] Garaud M-F et Seguin P., De l’Europe en général et de la France en particulier, Paris, Editions Le Pré aux Clercs, 1992.

[7] Avec un grand merci à David Desgouilles d’avoir remis au jour cette citation et cette référence http://www.causeur.fr/eric-zemmour-...

[8] Braudel F., L’identité de la France, t. I, Espace et Histoire , t. II et III, Les hommes et les choses, Paris, Arthaud- Flammarion vols 1986-1987.

[9] Aymard M. « F. Braudel, L’identité de la France, t. I, Espace et Histoire , t. II et III, Les hommes et les choses. » In, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 43e année, N. 1, 1988. pp. 111-115.

[10] M. Duverger, Constitutions et Documents Politiques, PUF, coll. Themis, Paris, 6ème édition, 1971, p. 72.

[11] Saint Augustin, Œuvres, sous la direction de Lucien Jerphagnon, vol. II, Paris, Gallimard, « La Péiade », 1998-2002.

[12] Slovic P. et S. Lichtenstein, « Preference Reversals : A Broader Perspective », American Economic Review, vol. 73, n°3/1983, p. 596-605. A. Tversky, « Rational Theory and Constructive Choice », in K.J. Arrow, E. Colombatto, M. Perlman et C. Schmidt (edits.), The Rational Foundations of Economic Behaviour, Basingstoke – New York, Macmillan et St. Martin’s Press, 1996, p. 185-197

[13] Bloch M. , L’étrange défaite, Paris, Société des éditions de Franc-tireur, 1946.

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20 Commentaires

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  • #1761992
    Le 7 juillet à 15:44 par Azt
    Le souverainisme aujourd’hui

    Très intéressant, mais on pourrait contredire dès les premières lignes :
    Par exemple le fait que souverainisme=démocratie

     

    Répondre à ce message

    • #1762033
      Le 7 juillet à 16:42 par Eric
      Le souverainisme aujourd’hui

      Pour que la contradiction ait une chance d’être pertinente, il faut déjà qu’elle soit un minimum étayée. Il ne suffit pas de dire qu’elle existe, or là ... !

       
    • #1762141
      Le 7 juillet à 19:32 par Crux Fidelis
      Le souverainisme aujourd’hui

      Je me suis fait la même réflexion, je n’ai donc pas pu faire l’effort de lire la suite. Beaucoup de texte pour rien. L’identité du royaume de France, c’est évidemment les trois fleurs de lys et pas le drapeau tricolore dans un premier temps. Son devoir, comme le souhaitait notre Roi Louis XVI, consacré la France au Sacré-Coeur de Notre Seigneur puisqu’il l’a scellé de son sang comme en disent ses voeux : " 4° D’aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l’église Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du maître-autel, après l’offertoire de la messe, et entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l’exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ", [...] " Je ne puis aujourd’hui prononcer qu’en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s’il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.
      Ô Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j’oublie ma main droite et que je m’oublie moi-même, si jamais j’oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation. Ainsi soit-il. "

      Un Sacré-Coeur que Jacques Sapir dynamiterait du moins en ce qui concerne la Basilique de Montmartre. Dixit le tweet éternel du 19 Mars 2014 suite au vandalisme d’anarchistes.
      - Il n’y a qu’un souverain au singulier de possible, un père de la nation. La démocratie n’est qu’un avantageux système néo-païen repris par la judéo-maçonnerie, elle n’est possible que localement, comme cela était jadis. Avec des gens que l’on connaît. Il faut être rusé comme un serpent vu nos ennemis et simple comme une colombe car l’on a bien trop régressé intellectuellement pour écouter toutes les vérités de chaque aliéné et comme disait Saint Pie X : - "Non, Vénérables Frères - il faut le rappeler énergiquement dans ces temps d’anarchie sociale et intellectuelle, où chacun se pose en docteur et en législateur,- on ne bâtira pas la société autrement que Dieu l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Eglise n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées."

       
    • #1762174
      Le 7 juillet à 20:13 par Mort de rire
      Le souverainisme aujourd’hui

      @Eric

      C’est pourtant logique je pense... La Corée du Nord ou l’Arabie Saoudite sont des états souverains qui ne sont pas démocratiques, le bloc soviétique n’était pas non plus démocratique pourtant il n’était pas soumis à une influence extérieur, idem pour la Chine. Il s’agit de deux notions qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

      Il faudrait aussi s’interroger à propos des soit disant bienfaits de la démocratie, on entend beaucoup de louange au sujet de cette forme de gouvernement mais en pratique on peine à voir les effets positifs.

       
    • #1762211
      Le 7 juillet à 20:55 par Azt
      Le souverainisme aujourd’hui

      Oui eric, on pourrait étayer, mais je pensais que les gens d’ici avaient le niveau pour deviner d’eux-mêmes : tout réside dans ’’De quelle démocratie parle donc Sapir ?’’
      En effet, démocratie à la Chouard ?
      Ou démocratie actuelle de marché et d’opinion qui de fait empêche la réelle démocratie et la souveraineté, en étant, ’’au mieux’’, la domination et le parasitisme d’une élite nationale, pour ses propres intérêts en France disons, au pire, la domination et le parasitisme d’une elite totalement anti-française et achetée par l’étranger ?
      (Ce qui donne dans le 1er cas le marais maçonnique de la 3ème république et dans le 2ème cas le délitement actuel de la 5ème république.)

      On remarque que les phases historiques où la France a eu le plus de souveraineté sont les phases, non pas de démocratie, mais de despotisme éclairé.

      Soral et Sigaut en parlent abondemment.

      Sigaut aborde notamment avec des faits à l’appui et un talent de conteuse inégalable la réalité des Lumières et de la Révolution, sans passer pour réactionnaire mais en étant à la recherche de la vérité, quelle qu’elle soit, ce qui est très important.
      Or je constate que Sapir, intéressant par bien des points, dont les analyses sont souvent fort justes, je ne le critique pas, est beaucoup trop porté sur le monde abstrait de l’idée et des concepts dans cet article.

      Il idéalise un peu les Lumières et la Révolution j’ai l’impression. Or Sigaut ne rejette pas la ’’lettre’’ des Lumières, qui est en fait l’humanisme catholique français, mais elle remet aux gens les pieds sur terre, en expliquant ce que les Lumières étaient et ont réellement fait.

      De même, Sapir dit que le peuple a trouvé le programme du FN peu clair.
      La partie du peuple qui a adhéré à Macron par exemple est déficiente d’au moins un hémisphère cérébral, n’a pas le étudié en profondeur les programmes puis en a déduit que celui du FN était le plus brouillon. C’était le meilleur (pour un grand candidat). Non, quand le peuple dit cela, il répète juste les médias qui disent que le FN est brouillon.
      Sapir prête trop l’intelligence à certains.

      Cette précision vous convient-elle pour cerner ce que j’ai voulu dire ?

       
    • #1762297
      Le 7 juillet à 23:20 par Azt
      Le souverainisme aujourd’hui

      @Crux Fidelis

      Mais par une ironie comme l’histoire en connait beaucoup, les symboles actuels ont des liens avec la monarchie et la grande histoire de France.

      Rouget de LIsle était une branquignolle, incapable de créer le moindre morceau.
      En réalité, la mélodie de la Marseillaise a été composée par un royaliste.
      De même, le drapeau tricolore : le blanc représente la royauté, le bleu et le rouge sont les couleurs de Paris, mais plus précisément, le bleu rappelle Clovis et le rouge Saint Louis (ou l’inverse).
      Le 14 Juillet célèbre en réalité la fête de la Fédération du Roi et du peuple et non pas la sanguinolente prise de la Bastille.

       
    • #1762494
      Le 8 juillet à 13:04 par Eric
      Le souverainisme aujourd’hui

      Il est toujours préférable d’étayer, même si vous présupposez que les gens ont ici un niveau aussi élevé que le votre (ça va les chevilles ?).
      " En effet, démocratie à la Chouard ?
      Ou démocratie actuelle de marché et d’opinion qui de fait empêche la réelle démocratie et la souveraineté, en étant, ’’au mieux’’, la domination et le parasitisme d’une élite nationale, pour ses propres intérêts en France disons, au pire, la domination et le parasitisme d’une elite totalement anti-française et achetée par l’étranger ?
      (Ce qui donne dans le 1er cas le marais maçonnique de la 3ème république et dans le 2ème cas le délitement actuel de la 5ème république.) "
      Et à votre avis, est-il possible que Sapir ou qui que ce soit d’autre puisse hésiter entre l’une et l’autre de ces deux définitions ?! Sans même parler d’autre formes envisageables.

       
    • #1762560
      Le 8 juillet à 15:21 par Eric
      Le souverainisme aujourd’hui

      J’ajoute que mon post visait juste à dire, ce dont tout le monde j’espère peut convenir, qu’il est toujours préférable de développer et ça dans l’intérêt minimum de ceux qui vous lisent. Il me semble qu’on est là pour ça.
      J’ajoute également à l’attention de @Mort de rire qu’il est bien catégorique lorsqu’il affirme que les pays qu’il prend en exemple sont souverains. Ce n’est pas ou tout noir ou tout blanc.

       
    • #1762716
      Le 8 juillet à 19:33 par Mort de rire
      Le souverainisme aujourd’hui

      @Eric

      Vous avez raison de dire que certains de mes exemples ne sont pas aussi évident que cela, la Corée du Nord dépend de la Chine et le pouvoir des Saouds repose grandement sur les accords qu’ils ont conclus avec les USA.

      Mais le fait est qu’il n’y a pas de liens particuliers entre les notions de démocratie et de souveraineté ne sont pas spécialement liées, les exemples historiques et actuels sont d’ailleurs très nombreux à ce propos.

      Personnellement je ne crois pas que l’Islande (l’un des pays les plus démocratique au monde) soit plus souverain que la Chine, l’un est un état sans armée qui dépend de l’OTAN et des USA pour sa sécurité et l’autre une puissance mondiale.

       
    • #1762757
      Le 8 juillet à 21:00 par Eric
      Le souverainisme aujourd’hui

      Ils ne sont donc pas à proprement parler souverains en effet, on est d’accord. Le noeud gordien du problème est à mon avis le problème de la puissance d’un pays (ses atouts mais aussi la manière dont il les fait valoir et les exploite). Autrement dit, il faut que la souveraineté soit déjà possible puis ensuite voulue (car on peut l’abdiquer). C’est cela qui peut faire le lien entre la souveraineté et le régime démocratique au sens d’une population autochtone privilégiée prioritairement, au travers de relations extérieures les plus pacifiées possibles ... quand c’est possible ! Et cætera et cætera, car le problème est aussi vaste que fondamental et donc de l’ordre de la priorité absolue (sans ça tout n’est que gesticulations et théâtre, comme c’est le cas pour nous actuellement).

       
    • #1762909
      Le 9 juillet à 03:02 par Yankee98
      Le souverainisme aujourd’hui

      Azt, le problème de la Marseillaise, c’est pas tant la mélodie.

      Le problème, c’est les paroles !

       
    • #1763198
      Le 9 juillet à 16:41 par Mort de rire
      Le souverainisme aujourd’hui

      @Eric

      Il faut commencer par s’interroger à propos des critères objectifs qui font qu’un état est souverain ou non, si on prend en compte les critères de puissance et d’indépendance réelle on en vient à la conclusion que seuls une poignée d’états sont vraiment souverain.

      En dehors des Empires comme les USA, la Russie et la Chine, la plupart des autres états ne sont que des dépendances, on peut encore discuter des cas iranien et brésilien ainsi que d’autres puissances mineures comme la Turquie ou le Venezuela voir l’Afrique du Sud mais globalement on peut compter les états souverain sur les doigts de deux mains.

      Vous avez raison de dire que sans souveraineté il n’est pas possible de mener une véritable action politique en dehors de la gestion basique de l’appareil d’État, mais il faudrait aussi que vous vous interrogez au sujet de la possibilité de celle-ci dans le cas de la France.

      Il faut dire que la France est un pays de petite taille, avec de faibles ressources humaines et dont les ressources en matière sont quasiment inexistantes.

      Cette la France a été un empire puissant par le passé mais il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes plus au 17eme ou au 19eme siècle à une époque où nous pourrions imposer notre volonté à des peuplades primitives pour accroître notre puissance comme dans le cadre des anciennes colonies américaines ou africaines.

      Un frexit serait donc non seulement inutile car bien que non membre de l’UE nous serions encore une dépendance étasunienne et sous gouvernement mondialiste, mais ce serait aussi totalement contre productif car nous en viendrons à priver le peuple français de son avenir.

      Couper la France du reste de l’Europe nous mettrais totalement à la merci des puissances étrangères ainsi que de l’invasion démographique africaine

      Personnellement je suis totalement en accord avec l’analyse de Brezinski et de Douguine( il me semble qu’Alain de Benoist est aussi sur la même onde), celui qui contrôle la "Landmass eurasiatique" contrôle le monde.

      En toute logique nous devrions unifier l’Europe (Russie comprise) au sein d’un empire boréal et nous allier avec la Chine pour nous assurer le contrôle total du "Heartland" et ainsi reprendre la place au soleil qui nous reviens de droit.

      Plutôt que nous embarquer dans des aventures néocoloniales passéistes et sans grand intérêt, qui pourraient d’ailleurs nous mener vers notre fin physique et spirituelle, nous devrions nous employer à faire vivre l’héritage de notre ancêtres.

       
    • #1763292
      Le 9 juillet à 18:19 par Eric
      Le souverainisme aujourd’hui

      " Vous avez raison de dire que sans souveraineté il n’est pas possible de mener une véritable action politique en dehors de la gestion basique de l’appareil d’État, mais il faudrait aussi que vous vous interrogez au sujet de la possibilité de celle-ci dans le cas de la France. "
      On se demande bien ce qui vous permet d’affirmer que je ne m’interroge pas à ce sujet !
      La différence, c’est que contrairement à vous je ne réponds pas d’emblée de manière invalidante comme vous le faites en la décrétant impossible.
      Illustration parfaite quelques lignes plus loin :
      " Un frexit serait donc non seulement inutile car bien que non membre de l’UE nous serions encore une dépendance étasunienne et sous gouvernement mondialiste, mais ce serait aussi totalement contre productif car nous en viendrons à priver le peuple français de son avenir.
      "
      Ah bon ???!!! Affirmation bête et totalement gratuite. Vous ne raisonnez pas comme il le faudrait mais de manière parfaitement défaitiste. Vous avez vraiment un côté froc aux chevilles déprimant. Pensez burnes ou printemps ! :-)
      Il faut déjà juger de ce qui est nécessaire et ensuite se poser la question des moyens, mais il est certain que c’est un chemin de crête. L’heure n’est ni aux tièdes ni aux mous du genou. La campagne du FN et son résultat l’ont prouvé d’une certaine manière. On pourrait faire une chanson de tout cela, un truc genre " C’est la loose finale, la descente d’organes sera le genre humain ... "
      PS : par contre je suis d’accord avec la seconde partie de votre post, mon propos ne revenant en aucune manière à dire qu’il faudrait " couper la France du reste du monde ". Essayons d’éviter de reprendre les formules absurdes des européistes forcenés pour lesquels sortir de l’UE reviendrait à se couper du reste du monde. Pitié !

       
    • #1763556
      Le 9 juillet à 23:48 par Mort de rire
      Le souverainisme aujourd’hui

      @Eric

      Il y a quelques années quand j’étais plus jeune j’aurais été en accord avec vous et j’aurais souhaité voir la France quitter l’UE mais après mure réflexion j’ai commencé à me demander si vraiment il s’agissait d’une aussi bonne idée que cela

      Quitter l’horreur bureaucratique qu’est devenu l’UE et se débarrasser de ses directives ineptes en matières sociale et migratoire, envoyer paître les Juncker, Schultz et autre parasites ennemis du peuple ainsi que faire la nique à Mutti, sont des propositions plus alléchantes les unes que les autres, le problème est ensuite de savoir ce que l’on fait une fois que l’on sort du machin et là c’est silence radio

      Quitter l’Union """Européenne""" pour refonder l’Europe je suis d’accord mais si quitter l’UE équivaut à se séparer de l’Europe et d’entrer dans le délire universaliste d’un François Asselineau qui voudrait lâcher l’Europe pour se consacrer à l’Afrique francophone( il veut par exemple créer un parlement de la francophonie et céder le siège de la France au conseil de sécurité de l’ONU en faveur de cette francophonie soit disant pour permettre à la France de réémerger au plan international...) alors ça ne servira strictement à rien, non seulement cela reviendrait à reconstruire un machin sans queue ni tête mais cette fois ci avec des pays dont nous ne partageons rien (pas même la proximité géographique) mais en plus cela compromettrait la continuité historique du peuple français

      Je vais peut être me répéter mais Brezinski a raison lorsqu’il affirme que le contrôle de l’Eurasie est fondamentale dans les relations international, qui contrôle l’Eurasie contrôle le monde, en toute logique nous devrions chercher à contrôler nous même notre territoire et à unifier l’ensemble de l’Europe, je suis même convaincu que la survit du monde occidental est conditionné à cette éventualité

      Bien entendu je ne crois pas à la théorie inepte professé par l’oligarchie en place qui consiste à dire que "la France irait se couper du monde" mais je m’interroge si un éventuel Frexit aurait pour conséquence une une souhaitable résurrection de l’Europe ou si cela mènera à des délires mortifères néocoloniaux qui nous conduiront à notre perte.



      Vous ne raisonnez pas comme il le faudrait mais de manière parfaitement défaitiste




      Ma mère me disait souvent que j’étais beaucoup trop négatif, personnellement je pense plutôt que je suis du genre pragmatique et précautionneux ce qui m’incite à envisager toutes les possibilités

       
    • #1763653
      Le 10 juillet à 08:46 par Eric
      Le souverainisme aujourd’hui

      Votre mère avait raison et son jugement vaut toujours visiblement. Vous n’êtes décidément pas étouffé par la contradiction. C’est l’horreur ... mais bon ! Des tas de gens séreux travaillent sur la sortie de l’euro pour que le cas échéant cela se fasse de manière ordonnée. Monsieur Sapir en est bien évidemment. Nous manquent malheureusement des politiques un minimum courageux et vraiment soucieux de l’état de leur pays. Il faut aussi noter l’incroyable pusillanimité de nombre de citoyens. Pour en revenir à l’UE, on peut en sortir comme on y est entré (il ne me semble pas que les initiateurs de ce projet se soient dit par avance que " non décidément c’est très bien mais ce n’est pas possible, c’est compliqué, c’est un saut dans l’inconnu, bla-bla-bla). Et fermer certaines portes (à commencer par celle de la prison quand on s’y trouve) n’est pas à proprement parler " envisager toutes les possibilités ", pas plus que " s’interroger " car c’est s’interdire la principale hors de laquelle, je le répète, le reste n’est que gesticulation stérile. Toute personne sensée et soucieuse de ce que vivent ses voisins devraient s’intéresser à ce que subit la Grèce actuellement. Vous tournez en rond dans votre contradiction car dans le cadre de l’UE, ce que vous dites est impossible. C’est un projet, en cours, de destruction des nations. Depuis le temps, faudrait quand même penser à vous réveiller. Je ne sais plus quelle personnalité allemande avait déclaré il y a quelques années : " Nous torturons les grecs pour que les italiens entendent leurs cris ". Faut tendre un minimum l’oreille ou se procurer urgemment un sonotone en cas de surdité persistante. Sinon il reste toujours la pensée magique dans laquelle beaucoup semblent se réfugier.

       
    • #1763859
      Le 10 juillet à 15:32 par Mort de rire
      Le souverainisme aujourd’hui

      @Eric



      Toute personne sensée et soucieuse de ce que vivent ses voisins devraient s’intéresser à ce que subit la Grèce actuellement. Vous tournez en rond dans votre contradiction car dans le cadre de l’UE, ce que vous dites est impossible. C’est un projet, en cours, de destruction des nations. Depuis le temps, faudrait quand même penser à vous réveiller.




      Mais je suis entièrement d’accord avec vous, l’UE telle qu’elle est devenue aujourd’hui est projet de destruction de la civilisation européenne pour remplacer le tout par une société marchande cosmopolite mondialisée et indifférenciée.

      Pour cela il serait bon de démolir cette structure pour la remplacer par une autre plus adaptée à nos ambitions et qui ne serait pas porteuse des fondements idéologiques qui nous font courir vers notre perte.

      Mais il faut voir ce que les politiques en charge de ce promouvoir le Frexit ont à proposé comme alternative, si c’est pour entrer dans des délires à la Asselineau je pense que l’on peut s’en passer...

      Par contre il faut noter que le projet d’ "Europe des nations" que professait MLP était un pas sur la bonne voie, elle aurait gagné à développer son projet et expliquer au peuple en quoi l’unité de l’Europe est nécessaire pour le contrôle de l’Eurasie et en quoi l’UE qui n’est qu’autre qu’un instrument de domination oligarchique nous empêche d’aller vers notre avenir.

      Si elle aurait parlé de la sorte elle aurait pu coucher Macron sur le poteau et le faire passer pour un être ridicule qui n’a d’autre ambition que de servir servilement l’oligarchie mondialiste.

      Je me pose sans doute beaucoup trop de question mais je me demande si l’UE est encore réformable ou non, on pourrait tenter quelque chose par le biais du groupe du Visegrad avec l’aide de la France et de l’Italie( Berluslconi et la ligue du Nord semblent revenir au pouvoir) et ainsi revenir sur des bases saines.

       
  • #1762176
    Le 7 juillet à 20:15 par Gaudefroy
    Le souverainisme aujourd’hui

    Mr Sapir pourrait au moins se mouiller politiquement en soutenant publiquement quelqu’un comme Mr Asselineau qui depuis 10 ans a fait de la reconquête de la souveraineté de la France un cheval de bataille. Ou en dénonçant les imposteurs souverainistes comme le FN ou DLF.

    La Tiédeur de l’engagement de Mr Sapir fait la fadeur de ses articles.

     

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    • #1762782
      Le 8 juillet à 21:31 par Eric
      Le souverainisme aujourd’hui

      Parce que pour vous se prononcer pour tel ou tel, c’est se mouiller !!! Vous ne pensez pas que c’est plutôt cela qui est à la portée du premier venu ?! Je crois que Sapir n’est pas un boutiquier politique et que c’est une très bonne chose. Quelqu’un qui se prend des coups de toute part, comme c’est son cas, est à mon avis quelqu’un qui suit la bonne ligne, à savoir celle qui vaut de prendre des coups des imbéciles de tous bords. C’est triste mais fatal.

       
  • #1763233
    Le 9 juillet à 17:16 par Patriote Français
    Le souverainisme aujourd’hui

    Tout à fait d’accord avec vous , la souveraineté et l’identité étant liés .

     

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  • #1764675
    Le 11 juillet à 20:21 par envolées_des_incultes
    Le souverainisme aujourd’hui

    A qui s’adresse ce texte ? Quel est le public visé ? L’argumentation a disparu au profit de l’incantation. Le logos est mort, tué par diktat et dictat. Je ne vais pas reprendre les dires des camarades plus haut concernant souveraineté et démocratie avec lesquels je suis d’accord.
    Balayons quelques contre-vérités orwelliennes :
    .
    Et c’est bien pourquoi il ne peut exister d’identité nationale sans souveraineté." => faux. C’est l’inverse. Il faut une identité nationale pour développer une souveraineté. Or, celle-ci n’existe plus en Fronce. C’est ce que dit Zemmour et ce que montre les résultats des élections. Zemmour n’oppose pas les deux. Il prend acte de l’état de délitement de la nation Fronçaise et veut refonder l’identité de la nation pour rebâtir la souveraineté. Allo quoi, les Kurdes, les Indiens ont une identité nationale, sans souveraineté, et que dire des Juifs ... Nan, mais allo quoi...
    .
    "souveraineté nationale et la souveraineté populaire" => différencier les deux est dangereux. La souveraineté nationale sans le peuple est une escroquerie intellectuelle. Soros s’appuie, entres autres, sur cette supercherie pour renverser des gouvernements via le peuple, et ça marche !
    .
    "Le souverainisme entend défendre et préserver la liberté des formes d’organisation." => ça contredit le 1 paragraphe sur la démocratie liée au souverainisme. Ou alors, il faut nous dire ce qu’est la démocratie ...
    .
    "C’est la cohérence d’un raisonnement et de son explicitation qui fonde, en dernière analyse, la crédibilité d’un discours et celle de la force politique qui le porte." Oui, on en est loin.

     

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