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Hassan Rohani réélu président de la République islamique d’Iran avec 57% des voix

Hassan Rohani, qualifié de modéré par la presse occidentale, a été élu pour 4 ans devant le conservateur Ebrahim Raissi qui lui a obtenu 38% des voix. Le taux de participation a été élevé avec 73%, soit 41 millions de votants sur 55 millions d’inscrits. Rohani a imposé sa ligne d’ouverture économique et internationale – d’autres l’appellent la ligne libérale – à celle de Raissi, pourtant soutenu par le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei.

 

Le 20 mai 2017, Europe 1 réalisait un reportage en Iran sur les motivations politiques du peuple. L’occasion de battre en brèche quelques préjugés sur l’Iran.

 

 

Vendredi [19 mai 2017], 55 millions d’Iraniens étaient appelé aux urnes pour élire le président du pays. Des élections cruciales car deux visions de l’Iran s’opposent. Celle du conservateur Ebraim Raissi, ancien procureur, et celle d’Hassan Rohani, l’actuel président. Il a passé quatre ans a la tête du pays, et il a été élu sur deux promesses : redonner sa place à l’Iran sur la scène internationale et relancer l’économie. L’envoyée spéciale d’Europe 1 est en Iran depuis plusieurs jours pour chercher à comprendre ce que pensent les Iraniens de la présidence d’Hassan Rohani.

On a coutume de dire, en Iran, que les élections se jouent sur les derniers jours de campagne. À Téhéran, l’adage était visible, particulièrement à la tombée du jour. Sur les grandes artères de la ville, on a assisté à des rassemblements, bruyants et festifs. Vous voyez alors du violet partout – les voiles des femmes sont de cette couleurs, les t-shirts des hommes et leur bracelet de tissus aussi –, la couleur qui représente l’actuel président Hassan Rohani.

 

« À l’université, on a beaucoup de liberté »

Les militants, en grande majorité des jeunes, arrêtent les voitures pour distribuer des tracts, se réunissent pour chanter des slogans, à l’image d’Hossein, étudiant en sciences à l’université. Lui vote Rohani car, dit-il, « avec lui, ces quatre dernières années nous avons respiré » :

« Son rapport aux jeunes dans le pays a été très bon. À l’université, on a beaucoup de liberté. Cette liberté a clairement augmenté comparé aux huit ans de présidence d’Ahmadinejad. On peut avoir des activités politiques dans l’enceinte de l’université, on peut défendre nos idées. On peut défendre le camp réformiste et il n’y a personne pour attaquer ces libertés à l’intérieur de l’université, c’est une très bonne chose et ce n’était pas le cas il y a huit ans. Et ça ne se ressent pas qu’à l’université mais aussi au cinéma et au théâtre, surtout au théâtre on a plus autant de pression. Les garçons et les filles peuvent jouer ensemble et se toucher sur scène. En Iran, il est interdit à un homme et une femme qui ne se connaissent pas de se toucher mais maintenant ce n’est plus interdit dans l’enceinte du théâtre, c’est génial et personne ne pourra revenir dessus facilement. »

[...]

« Tous les pays nous tournait le dos, ce n’était pas agréable »

Voilà est un exemple très concret, mais il y a quelque chose qui revient de manière beaucoup plus générale chez les partisans d’Hassan Rohani, c’est cette fierté d’avoir vu l’Iran faire son retour sur la scène internationale. Il faut vraiment se rendre compte qu’une grande partie de cette jeunesse éduquée, souvent bilingue, a les yeux tournés vers l’occident beaucoup plus que vers le Moyen-Orient. C’est frappant dans les parcs, dans la rue – on le voit à la manière dont les gens s’habillent, aux logos parfois détournés de grandes marques de téléphones ou de boissons. Pour Mariam, ce début d’ouverture au monde qui a suivi l’accord nucléaire est capital :

« On a eu des meilleures relations avec le monde, particulièrement avec l’occident. On ne veut pas être un pays isolé. Moi, je n’aimais pas les menaces de guerres qu’on recevait lorsque Monsieur Ahmadinejad était président. Israël menaçait l’Iran, les États-Unis répétaient que l’option militaire était sur la table donc j’avais peur. À l’époque, tous les pays, littéralement, même nos voisins, nous tournaient le dos, ce n’était pas agréable. Quand Monsieur Rohani a été élu, avec les négociations sur le nucléaire, on s’est senti en sécurité, l’ombre de la guerre s’est éloignée. Pour moi, ma famille et mon entourage, c’est le premier grand changement. On s’est senti plus détendu, et puis j’ai vu des étrangers venir dans mon pays, pour le business, comme touristes. C’est prometteur. »

Lire l’article entier sur europe1.fr

Sur l’islam et la République islamique, chez Kontre Kulture :

 

La vision intérieure et extérieure d’Hassan Rohani, sur E&R :

 



Article ancien.
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23 Commentaires

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  • Hassan Rohani n’est pas un modéré ,c’est avant tout un pragmatique qui veut relancer l’économie de son pays et lui offrir une visibilité et une légitimité internationale...tant mieux pour l’Iran et les iraniens.
    Son pays aura une grande influence pour vaincre Daesch, il faudra en tenir compte sans baisser la garde, car le prosélytisme n’est jamais loin avec les musulmans fussent-ils chiites.


  • "Hassan Rohani, qualifié de modéré par la presse occidentale, a été alu pour 4 ans"

    "Alu" ? Bon bah, souhaitons lui une santé de fer et espérons qu’il ne plombe pas les comptes de l’état.....


  • Quelle déception ! Rohani n’a rien réussi pendant son mandat. L’accord sur le nucléaire qui devait aboutir à la levée des sanctions n’a pas permis la levée de toutes les sanctions et en plus depuis cet accord, de nombreuses nouvelles sanctions ont été imposées. Les investissements étrangers se font rare car les banques européennes sont tenues en laisse par les américains depuis les fameux 10 milliards de dollars d’amende impoées à BNP Paribas. Le problème du chomage n’est pas résolu. La seule explication possible au fait que Rohani soit soutenu par le guide suprême ( ou que Rohani soit autorisé à se présenter ce qui revient au même) est soit que l’Iran à la Ahmadinejad était sur le point de se faire bombarder par les USA/Israel soit que le régime des mollahs veut s’enrichir encore plus grâce aux investissements étrangers et en goutant aux joies de la mondialisation et éventuellement du mondialisme.

     

    • ou alors le fait que la population et la jeunesse surtout soient de plus en plus occidentalisée , de plus en plus hostile à l’islam et rêvent de plus en plus d’une "démocratie" à l’occidentale , le régime veut calmer sa population pour éviter de perdre le pouvoir.


    • Qu’il est agaçant de lire des personnes qui, probablement, ne se sont jamais rendus en Iran et qui ne parlent pas un mot de persan proposer des analyses encore plus niaises que celles de BFM TV sur Macron.

      La rupture entre le Guide suprême (qui n’a pas soutenu Rohani mais Raïssi) et Ahmadinejad date de l’affaire Machaï, soit quand l’affiliation d’Ahmadinejad aux Hojjatieh (secte messianique à la doctrine sabbataïste largement infiltrée par des crypto-juifs) est apparue au grand jour. Faites un peu de recherches et vous commencerez à comprendre.



    • La rupture entre le Guide suprême (qui n’a pas soutenu Rohani mais Raïssi) et Ahmadinejad date de l’affaire Machaï, soit quand l’affiliation d’Ahmadinejad aux Hojjatieh (secte messianique à la doctrine sabbataïste largement infiltrée par des crypto-juifs) est apparue au grand jour.




      En effet, l’affaire Mashaï a provoqué une rupture entre Ahmadinejad et le camp principiste, de même qu’à cette occasion, Ahmadinejad a pu se montrer quelque peu récalcitrant devant les rappels à l’ordre du Guide Suprême.

      En revanche, les accusations portées à son encontre concernant sa supposée appartenance à la société Hojjatieh ont été le fait des médias occidentaux dominants (je pense notamment à un article de Reuters publié bien avant l’affaire Mashaï, rempli d’affirmations gratuites) et constituent donc de la propagande, au même titre que les autres inexactitudes proférées à son encontre par ces mêmes sources. N’oublions pas que l’ayatollah Mesbah-Yazdi, alors proche d’Ahmadinejad et aujourd’hui critique de ce dernier, s’est vu adressé le même reproche, ce qui est totalement infondé. Ces accusations n’émanant pas de sources principistes iraniennes mais de médias occidentaux et sionistes, elles ne sont pas crédibles. Pour notre part, il vaut mieux se cantonner aux critiques légitimes d’Ahmadinejad proposées par des sources iraniennes fidèles au Guide Suprême (h), et d’écarter ce qu’ont pu affirmer à son propos les médias des pays de l’OTAN.

      Ensuite, vous avez tout à fait raison de considérer la secte Hojjatieh comme idéologiquement douteuse. C’est le moins qu’on puisse dire. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que l’Imam Khomeini (r) la fit interdire par décret dès le début des années 1980. Je ne suis pas certain qu’il soit avéré que ce groupe est carrément sabbataïste ou infiltré par des crypto-juifs, même si cela n’enlève strictement rien, précisons-le, au regard extrêmement désapprobateur que nous portons sur cette secte opposée à la République islamique. Ce qui est connu et confirmé à son sujet, comme ses velléités de séparation du clergé et de l’Etat, ou encore son suprémacisme confessionnel (certains des télé-prédicateurs chiites hostiles à la République islamique d’Iran et au Hezbollah libanais, qui défient les directives du Guide en insultant les sunnites depuis leurs planques à Londres et Los Angeles, en feraient partie, selon les médias iraniens) suffit déjà amplement à nous le rendre extrêmement antipathique.


    • Mes sources sont iraniennes, mais elles ne se cantonnent pas aux médias dominants iraniens qui, en dépit des directives du Guide suprême, restent encore largement très pro-Ahmadinejad. Je ne saurais dire si votre tentative de faire accroire que de telles thèses seraient uniquement le fait de médias occidentaux est dû à une faible maîtrise du persan et à une incapacité de vérifier dans la langue originelle, à un manque de recherche ou à une tentative de dissimulation.
      Cela dit votre ligne est tellement proche de celle de la télévision d’État iranienne (je n’ai jamais rencontré un Iranien conservateur dont ce soit à ce point le cas en privé), et vous êtes à ce point omniprésent sur tout sujet qui touche de près ou de loin à l’Iran, que cela ne me permet pas d’exclure l’hypothèse d’un agent de propagande grassement rémunéré.
      Peu importe. Que le lecteur sache simplement que les thèses dont vous vous faites l’écho sont très largement contestées jusqu’au sein du camp conservateur.
      La secte des Hojjatieh actuelle n’a plus grand-chose à voir avec celle qui fut interdite du temps du premier Guide suprême iranien. Elle a très largement muté après son passage dans la clandestinité, notamment au niveau des membres qui la composent mais aussi quant aux points de doctrine sur lesquels elle se focalise. C’était alors un mouvement beaucoup plus anti-baha’i qu’anti-sunnite et dont le principal tort aux yeux du nouveau pouvoir fut de ne pas valider la doctrine khomeinienne du velayat-e faqih, véritable fondement de la République islamique d’Iran. Le bahaïsme (cette fausse religion créée par les Britanniques) ayant largement perdu en influence après la révolution islamique, les sunnites en sont effectivement devenus la cible principale. Mais là n’est pas l’essentiel. Le plus important est l’idée centrale des Hojjatieh : créer le chaos et propager le vice pour hâter le retour du Mahdi, le 12e imam du chiisme duodécimain. Comment y voir autre chose que la pure doctrine sabbataïste transposée au chiisme ? Quant à la présence de nombreux crypto-juifs parmi eux, je vous renvoie aux écrits d’Abdollah Chahbazi, ancien proche d’Ahmadinejad (ce serait d’ailleurs lui, selon certains médias, qui aurait convaincu Ahmadinejad du bien-fondé des thèses révisionnistes) et aujourd’hui un de ses plus fervents critiques. Cet universitaire iranien spécialiste de l’histoire du judaïsme était proche du quotidien Kayhan, le plus conservateur de tous les journaux iraniens.


    • D’ailleurs comment expliquer autrement l’existence de cette doctrine si étrangère au chiisme et à l’islam en général ? La croyance de la kabbale lourianique, selon laquelle tout Juif a en lui une étincelle de divinité et ne peut aller en enfer, et partant, que tout Juif qui se comporte mal sera réincarné dans un autre corps et aura autant de chances que nécessaire pour entrer au paradis, explique qu’un sabbataïste ou un frankiste accepte de sacrifier une de ses multiples vies terrestres pour parvenir à ses fins. Mais un musulman ? Pourquoi gâcherait-il sa vie future et se condamnerait-il à rester éternellement en enfer ?
      Après l’interdiction du mouvement par l’ayatollah Khomeini, celui-ci s’est largement réfugié au sein des marchands de bazars. Les bazaris constituent l’un des lobbies les plus influents d’Iran. Quelques-uns d’entre eux (notamment chez les marchands de tapis et les bijoutiers) sont même millionnaires (en euros). Le fait qu’on y trouve de nombreux Juifs, dont certains faussement convertis à l’islam, explique sans doute comment l’infiltration s’est faite.
      Non pas Reuters, mais des personnalités iraniennes de premier plan, comme l’ancien directeur de cabinet de Khomeini, feu l’Ayatollah Mohammad Reza Tavassoli, ou l’ancien président Mohammad Khatami ont dénoncé l’infiltration des Hojjatieh dans les plus hautes sphères politiques et militaires de la République islamique d’Iran.
      Du reste, qui a-t-il de surprenant que les Juifs, comme partout ailleurs au cours de l’Histoire lorsqu’on les a écartés du pouvoir, tentent d’y accéder par des moyens détournés ? Pourquoi l’Iran serait-il le seul pays au monde où les Juifs ne se comportent pas comme des Juifs ? Vous croyiez naïvement qu’ils allaient se contenter d’un seul député au Majles ?
      Il y aurait encore beaucoup à dire, notamment sur les cas d’Ahmadinejad et ses deux mentors Machaï et Mesbah Yazdi. Peut-être y reviendrai-je si l’occasion se présente. Malheureusement, le format du site, où les messages sont limités à 2500 caractères, rend difficile de développer le sujet. Je conclurai donc en disant que votre obséquiosité envers le Guide suprême n’est que de façade, car cette flagornerie papelarde ne saurait cacher le fait que celui-ci a approuvé la candidature de Rohani, que vous honnissez, et s’est opposé vertement à celle d’Ahmadinejad, que vous défendez avec empressement. Vous entrez donc, que vous le vouliez ou non, en totale contradiction avec ses positions.


  • Cette réélection est malheureusement catastrophique et est très similaire au coup d’état par l’urne de la France. Il va pouvoir continuer à l’affaiblissement de l’Iran.

     

    • Tout à fait d’accord. D’ailleurs il ne sera pas pour rien dans le début d’une éventuelle 3ieme guerre mondiale (s’il devait y en avoir une ) . Bien sûr qu’ Israël ne serai pas pour rien là dedans non plus (us/otan) mais je pense que du coup nous apprécierons, ou pas , son côté modéré.


    • Commentaire totalement idéologique et coupé des réalités de la part de quelqu’un qui, visiblement, ne connaît pas les réalités iraniennes. La population a plébiscité ce président pour la bonne raison qu’il est beaucoup plus en phase avec ses aspirations. Dire qu’il aurait "affaibli" le pays, c’est ne rien y connaître : l’Iran a multiplié les partenariats au cours des deux dernières années, ce qui a notamment permis la relance de son économie, l’acquisition de nouvelles armes, un rôle renforcé en Syrie, etc.



    • La population a plébiscité ce président pour la bonne raison qu’il est beaucoup plus en phase avec ses aspirations.



      Pas nécessairement. Une population peut être amenée, par la propagande et la persuasion, à voter contre ses propres inérêts bien compris. Le résultat de l’élection présidentielle française tend à le démontrer.



      Dire qu’il aurait "affaibli" le pays, c’est ne rien y connaître : l’Iran a multiplié les partenariats au cours des deux dernières années, ce qui a notamment permis la relance de son économie, l’acquisition de nouvelles armes, un rôle renforcé en Syrie, etc.



      Des partenariats qui privilégient les importations et se font ainsi au détriment des industries nationales, entrainant la fermeture de centaines d’usines au passage, une relance fort limitée marquée par une distribution inégale des richesses, Rohani acceuilli par des jets d’oeufs lors d’une visite rendue aux ouvriers miniers etc.

      Quelles nouvelles armes ? Cela fait des années que l’Iran n’a conclu aucun accord d’importation d’armes.

      Et en quoi le rôle de l’Iran en Syrie aurait-il été renforcé par ou grâce à l’administration Rohani ?


    • Pour répondre sur deux points précis, d’une part, la fin des sanctions a permis à la Russie de livrer les missiles S 300 que l’Iran attendait depuis longtemps.
      Quant à la Syrie, l’Iran a été étroitement asssocié à la résolution du conflit avec la Turquie et la Russie lors des discussions d’Astana.

      Par ailleurs, il faudrait un peu arrêter avec ce mépris des peuples qui ne votent pas comme on le souhaite. On peut considérer, oui, que les Français se sont fourvoyés, parce que nous sommes français et savons de quoi on parle. Juger que les Iraniens se sont trompés parce qu’on aurait voulu un nouvel Ahmadinejad, c’est un peu puéril comme niveau d’analyse. Allez en Iran. Parlez avec les gens, avec leurs attentes, voyez l’état du pays, son économie, son niveau de développement, etc. Raïssi était totalement décalé par rapport à cela, totalement.



    • la fin des sanctions a permis à la Russie de livrer les missiles S 300 que l’Iran attendait depuis longtemps.




      Donc nous sommes d’accord, il ne s’agit pas de nouveaux achats, mais de contrats datant de plus de dix ans.

      Ensuite, ce n’est pas, légalement parlant, la levée des sanctions qui a rendu possible la livraison des S-300. Car, à aucun moment les sanctions n’interdisaient la fourniture d’armes défensives à l’Iran, et les S-300 sont éminemment défensifs. C’est donc la volonté politique de Poutine qui a fait que Moscou a finalement procédé à honorer le contrat sur les S-300.

      Pourquoi ce changement d’humeur ? Et bien parce que l’Iran avait réussi, entre temps, à mettre au point le Bavar-373, un système anti-aérien de longue portée et haute altitude doté de radars AESA et de performance équivalente voire supérieure aux S-300 PMU2. A ce stade, la Russie ne pouvait donc plus se faire accuser par vous-savez-qui d’accroître les capacités défensives de l’Iran en livrant les S-300.



      l’Iran a été étroitement asssocié à la résolution du conflit avec la Turquie et la Russie lors des discussions d’Astana.




      Les négociations d’Astana ont été lancées durant le mandat de Rohani, donc par définition l’Iran n’aurait pas pu y être associée avant. Il n’y a pas non plus de raison de croire qu’il en aurait été autrement si le président iranien avait été issu du camp principiste.



      On peut considérer, oui, que les Français se sont fourvoyés, parce que nous sommes français et savons de quoi on parle. Juger que les Iraniens se sont trompés parce qu’on aurait voulu un nouvel Ahmadinejad, c’est un peu puéril comme niveau d’analyse.




      Je ne suis pas Français mais Iranien. Et j’aime à croire que mon analyse ne se limite pas à cela.



      Allez en Iran. Parlez avec les gens, avec leurs attentes, voyez l’état du pays, son économie, son niveau de développement, etc. Raïssi était totalement décalé




      Avec tout le respect que je vous dois, je connais probablement mieux l’Iran, étant Iranien moi même et ayant suivi les affaires iraniennes pendant des décennies.

      La population iranienne ne se limite pas aux bobos mondialistes et libéral-libertaires des grandes villes que vous avez pu fréquenter. Et même si soudain, la totalité du peuple se mettait à soutenir les réformistes (pour lesquels les services en langue persane de la BBC et VOA ont fait campagne), cela ne lui donnerait pas nécessairement raison.


  • Mahmoud, reviens !!! Ils sont devenus fous !!!

     

  • Je pense que sa réélection correspond à un désir à la fois de la population iranienne mais aussi de l’establishment politique, économique et religieux. Il me semble que l’opposition n’avait pas présenté quelqu’un de charismatique et semblait avoir fait une campagne plus pour la forme que pour vraiment gagner. En gros tout le monde était d’accord pour maintenir Rohani en cette période extrêmement troublée et incertaine où le besoin de stabilité est nécessaire.


  • J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de "Charlie" en Iran qui pensent que le spectre de la guerre s’éloigne grâce à leur président qualifié de modéré par la presse occidentale.
    M’est avis que "président modéré" s’apparente à "président servile" ici et que l’absence de guerre ne tient qu’à la survie de Bachar El Assad.
    L’avenir nous le dira...

     

    • Cette façon de juger les choix de peuples lointains à l’aune de nos propres critères ne diffère guère, dans le fond, des méthodes des BHL et autres Kouchner. Non, les Iraniens ne sont pas des "Charlie", ils préfèrent juste un dirigeant capable de leur donner plus de liberté élémentaire, de relancer le pays, notamment de moderniser ses infrastructures, et de lui redonner une place forte dans le monde sans renoncer à aucune option fondamentale (le régime iranien soutient toujours Assad et les Palestiniens).

      Les conservateurs, totalement décalés des aspirations de la société iranienne, très cultivée et moderne, risqueraient davantage d’affaiblir l’Iran qu’autre chose, en servant de prétexte à une "révolution de couleur", en l’isolant (c’est sous Rohani que la Russie a fini par livrer les missiles S 300), et en ne profitant pas du potentiel intellectuel et culturel de son peuple.



    • pas des "Charlie", ils préfèrent juste un dirigeant capable de leur donner plus de liberté élémentaire, de relancer le pays, notamment de moderniser ses infrastructures,



      Une bonne partie des électeurs de Rohani sont adeptes des médias dominants tenus par l’oligarchie mondialiste.

      Quelle "liberté élémentaire" ? Celle de se retrouver esclaves des multinationales et de leurs marchandises pourries ?

      Les infrastructures ont remarquablement été développées au cours des quatre dernières décennies (routes, chemins de fers, ports, métros, etc). Rohani n’aura pas inventé grand chose en ce domaine.



      redonner une place forte dans le monde sans renoncer à aucune option fondamentale (le régime iranien soutient toujours Assad et les Palestiniens).



      Si l’Iran n’a pas renoncé à ses principes de résistance contre l’oppression impériale, c’est essentiellement parce que son Guide Suprême, Ali Khamenei (h), ainsi que le Corps des Gardiens de la Révolution sont restés fidèles à ces principes. Ce sont eux qui tiennent en échec le projet de "normalisation", c’est à dire de soumission progressive aux injonctions impériales, poursuivi par certains.

      Vous seriez sans doute surpris de la façon dont certains partisans des réformistes et modérés s’expriment sur ces questions d’aide militaire au gouvernement syrien légitime, de soutien à la cause palestinienne ou d’opposition à l’impérialisme anglo-saxon.



      Les conservateurs, totalement décalés des aspirations de la société iranienne, très cultivée et moderne,



      Parce qu’être cultivé et voter principiste ("conservateur" est une traduction inexacte employée à dessein par les médias dominants) seraient antinomiques ?

      Rappelons qu’Ahmadinejad avait été élu avec plus de voix que Rohani, c’est dire si les réformistes et modérés sont les seuls à être en mesure d’incarner la volonté populaire. Même lors de la présente élection, les deux candidats principistes ont obtenu plus de 40% des suffrages, c’est donc un peu fort de tabac que de suggérer qu’ils seraient totalement détachés des aspirations populaires.



      en servant de prétexte à une "révolution de couleur"



      Si les électeurs réformistes sont suffisamment naïfs pour se lancer dans une "révolution de couleur", c’’est à dire un mouvement par définition factice, une supercherie impériale dont le but est de servir non pas les intérêts des participants mais ceux de Washington, c’est peut être qu’ils ne sont pas aussi alertes que ça.


    • Encore une fois, vous parlez comme un idéologue qui se fait ses idées sur le net sans chercher à comprendre ce qu’attendent les Iraniens. Allez les voir, faites un tour dans le pays, apprenez le persan, lisez leur presse, leurs sites, etc.

      Vous découvrirez une réalité plus complexe que ce que vous pensez.



    • Encore une fois, vous parlez comme un idéologue qui se fait ses idées sur le net sans chercher à comprendre ce qu’attendent les Iraniens. Allez les voir, faites un tour dans le pays, apprenez le persan, lisez leur presse, leurs sites, etc.

      Vous découvrirez une réalité plus complexe que ce que vous pensez.




      Sauf que je suis Iranien, parle persan, lis la presse iranienne et suis en contact quotidien avec des concitoyens. Pour l’avoir suivie de très près depuis des décennies, je pense être au fait de la réalité.