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Les Chroniques de Youssef Hindi #73 – Israël, Gaza et la Bible : les racines d’un nihilisme religieux

Le nihilisme biblique et la religion négative expliqués par Youssef Hindi pour remonter aux sources de la politique israélienne.

 

Au sommaire :

00:00:00 – Le sujet du jour
00:04:04 – Gaza et le nihilisme de la Bible hébraïque
00:05:25 – L’annihilation de Gaza et le génocide annoncés dès 2015
00:06:19 – Le génocide et la destruction des villes dans la Bible hébraïque
00:10:26 – Le Livre de Josué appliqué en 1948 et à Gaza aujourd’hui
00:14:37 – La Bible, manuel politique de David Ben Gourion
00:16:50 – La permanence biblique de la politique israélienne
00:17:39 – Le nihilisme israélien n’a pas pour cause le vide religieux
00:18:02 – La montée en puissance du messianisme en Israël
00:18:35 – La religion négative : pour compléter la typologie d’Emmanuel Todd
00:19:42 – Définition de la religion négative, ou l’antinomisme messianique
00:22:06 – Le sabbato-frankisme : mouvement antinomiste
00:28:35 – Rédemption de Satan et théologie de l’inversion
00:33:40 – La puissance historique de l’antinomisme messianique (religion négative)
00:35:12 – Religion zéro et religion négative : quelle différence ?
00:36:49 – Théorie du genre et nihilisme
00:38:19 – Féminisme judéo-protestant
00:39:50 – Le lgbtisme dans le judaïsme réformé
00:42:00 – La synagogue LGBTQ : KOLAMI
00:42:36 – K.H. Ulrichs, le précurseur protestant du militantisme homosexuel
00:43:50 – K.H. Ulrichs, théoricien du genre au XIXe siècle
00:44:43 – Néo-féminisme et théorie du genre
00:47:34 – La théorie du genre dans la mystique juive : du XIIe siècle à nos jours
01:00:05 – La GPA, théorisée par la Kabbale ?
01:02:29 – Conclusion et mise au point sur le nihilisme biblique et la religion négative
01:08:00 – Comment soutenir mes travaux

 

 

Les Chroniques de Youssef

 
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10 commentaires

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  • Selon certains rabbins,la GPA serait légitime puisque Abraham a fait un enfant à sa servante, son esclave, Hagar afin de prolonger sa lignée. Son fils, Ismaël, serait l’ancêtre des Arabes.

    Hagar, l’esclave mère de substitution, finalement chassée dans le désert avec son fils ... cela dit beaucoup de choses sur les "mères porteuses". Plutôt qu’une permission, j’y vois une mise en garde : la GPA provoquera des souffrances et des injustices.

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  • La superstructure (droit, politique, idéologies, sciences humaines) est déterminée en dernière instance par l’infrastructure économique. Le fait d’appeler Ulrichs un « théoricien du genre » plutôt qu’un « théoricien de l’inversion sexuelle » (terme de son époque) est un acte de reconfiguration idéologique.
    Cette reconfiguration répond à des besoins matériels précis : Créer un panthéon intellectuel pour un nouveau mouvement social. Le mouvement LGBTQ+ (lui-même produit de l’urbanisation, de la dissolution des anciennes sociabilités rurales et de l’individualisme capitaliste) a besoin d’une histoire. Redécouvrir Ulrichs, c’est légitimer ses propres combats. L’appeler « théoricien du genre » l’intègre dans un paradigme contemporain. Produire une marchandise universitaire et militante. La notion de « genre » est aujourd’hui une marchandise intellectuelle très demandée (cursus universitaires, formations en entreprise, consulting en diversité). Classer Ulrichs dans cette catégorie lui donne une valeur d’échange sur ce marché des idées. C’est un acte de fétichisme académique. Résoudre une contradiction idéologique interne au capitalisme. Le libéralisme proclame l’égalité formelle des individus, mais constate des inégalités réelles (de sexe, de sexualité, de « race »). La théorie du genre offre une solution idéologique : elle déplace le problème de l’exploitation et de la division sociale du travail vers celui de l’identité et de la reconnaissance. Ulrichs, en parlant d’« âme féminine », préfigurait cela. En faire un « théoricien du genre », c’est orienter sa pensée vers la solution identitaire (qui est compatible avec le capitalisme) plutôt que vers la solution matérialiste (qui consisterait à abolir la division sexuée du travail). En dernière analyse, ce n’est donc pas Ulrichs qui a changé, c’est le sol matériel sur lequel on le lit. La réduction à « théoricien du genre » est le symptôme d’une époque qui a besoin de penseurs du « genre » pour résoudre idéologiquement des contradictions que le capitalisme ne peut plus résoudre matériellement (l’exploitation, la division du travail, la famille).

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  • La Bible n’est pas une cause, c’est un instrument
    Si la politique israélienne avait une « permanence biblique », elle serait la même sous David Ben Gourion (socialiste laïc), sous Menahem Begin (libéral-nationaliste) et sous Benyamin Netanyahou (populiste de droite). Or ce n’est pas le cas. Les références bibliques changent de sens et d’intensité selon les époques. Années 1950-60 : le discours sioniste social-démocrate est largement sécularisé. La Bible est une « chronique nationale », pas un code juridique. Après 1967 : la conquête de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est réactive des motifs bibliques (Judée-Samarie, mont du Temple). Pourquoi ? Parce qu’il faut légitimer l’occupation de territoires conquis militairement. Années 1980-2000 : l’essor du mouvement des colons (Gush Emunim) et du sionisme religieux transforme la Bible en titre de propriété. Pourquoi ? Parce que le retrait du Sinaï (1982) et les accords d’Oslo (1993) créent une crise de légitimité qu’on résout par un ancrage théologique. Ce n’est pas la Bible qui produit la politique, c’est la politique (rapports de force, conquête, colonisation) qui va chercher dans la Bible des justifications a posteriori. La « permanence » est un effet rhétorique, non une réalité causale. Ce qui est vraiment permanent, c’est le rapport de force matériel
    Si on veut chercher une permanence, elle n’est pas biblique mais structurelle, les constantes de la politique israélienne depuis 1948 sont : L’appropriation des terres et des ressources (eau, énergie, zones agricoles) au détriment des Palestiniens. La gestion d’une main-d’œuvre palestinienne bon marché (permis de travail, enclaves, checkpoints). La dépendance militaire et économique vis-à-vis d’une grande puissance (d’abord France, puis États-Unis). Ces permanences-là sont matérielles, et elles existent quel que soit le discours biblique du moment. Le jour où Israël évacuerait tous les territoires occupés et renoncerait au contrôle des ressources, la « permanence biblique » disparaîtrait du discours officiel du jour au lendemain. Preuve qu’elle n’avait rien de permanent. Comparaison avec d’autres « permanences sacrées ». Le régime de Poutine parle de la « permanence orthodoxe » de la Russie. Les nationalistes hindous parlent de la « permanence védique » de l’Inde. Les États-Unis parlent de leur « permanence de la destinée manifeste ». Ces permanences sacrées apparaissent ou disparaissent selon les besoins du moment.

     

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    • #3619757

      Votre application au forceps de la grille de lecture marxiste, froidement matérialiste et unicausale jusqu’à la monomaniaquerie, sur une réalité géopolitique qui revendique son fondement mystique, biblique et religieux, constitue non seulement un appauvrissement du débat par la réduction de la chaîne causale au facteur économique, mais un cloisonnement épistémologique qui interdit à la secte marxolâtre dont vous déroulez ici le sempiternel dépliant, toute révision critique des faits.

      L’intelligence humaine est récemment parvenue à s’émanciper des postulats freudiens sur la psychè enfantine, après constatation qu’ils servaient un dessein de légitimation de la sexualisation du nourrisson et de la prédation pédocriminelle ; au même titre, les épigones serviles et acritiques du marxisme doivent-ils entamer un examen de conscience pour se délester du postulat le plus grossièrement caduque et erroné de leur "mètre à panser" un réel sans Dieu : considérer que la matière et l’économie sont le superdéterminant qui conditionne la pensée. Je vous rappelle que les cathédrales ont été érigées par des compagnons et des gueux qui balançaient le contenu de leur pot de chambre par les fenêtres, déclenchant des épidémies de peste noire ravageuses qui ne les ont pourtant pas empêchés de produire parmi les plus somptueux édifices du genre humain. Donc vos petites conditions économiques tirées de la bible marxienne pour anarchistes en mal de déité, ne suffisent pas à expliquer la politique israélienne.

      « La superstructure (droit, politique, idéologies, sciences humaines) est déterminée en dernière instance par l’infrastructure économique » : Non. Ni en 1ère ni en ultime instance. Cette causation simplifiée élude la persistance têtue des invariants anthropologiques et la chaîne de transmission des fondamentaux culturels. Votre coup de gomme marxiste éradique, à sa convenance, l’édifice de mythologies, de récits fondateurs, de croyances comme agents moteurs de la réflexion politique et facteurs de conditionnement de l’action. L’analyse géopolitique sérieuse prend en compte la réalité épistémique d’un peuple, là où le Marx que vous survendez la réduit à des causes économiques.

      Les Dalits / intouchables d’Inde rejettent tout renversement de l’ordre social qui les opprime, bien que les facteurs matériels de la révolution soient réunis : la puissance du conditionnement socio-religieux inhibe toute velléité de révolte, en dépits des conditions matérielles

    • « Vous invoquez des "invariants anthropologiques" et des "fondamentaux culturels" comme des entités flottantes, sans jamais montrer comment ils émergent ni ce qui les transforme. Dire "non, c’est l’inverse" n’est pas une démonstration. Donnez-moi un exemple historique concret où des croyances auraient déterminé durablement une infrastructure économique sans aucun rapport avec les rapports de production, et on en reparle. »
      Vous reprochez au marxisme d’éliminer les mythes fondateurs, mais votre propre discours repose sur un mythe : celui de "l’invariant anthropologique" hors sol, jamais empiriquement démontré. En géopolitique "sérieuse", on observe que les croyances changent quand les conditions matérielles changent — pas avant. Le reste, c’est de la métaphysique. »
      « Si l’ordre socio-religieux était si puissant qu’il inhibe toute révolte "en dépit des conditions matérielles", alors pourquoi les Dalits ont-ils massivement rejoint le bouddhisme (qui nie la caste) ? Pourquoi Ambedkar (leur principale figure) appelait-il à la destruction du système de caste avant même la redistribution économique ? Pourquoi des émeutes anti-castes éclatent-elles régulièrement ? Et surtout : pourquoi les Dalits urbains et salariés sont-ils plus révoltés que les Dalits ruraux encore en servage ? Parce que les conditions matérielles différentes produisent des consciences différentes. Votre "invariant anthropologique" n’en est pas un : il change avec l’économie. »
      Le fait que les Dalits soient aujourd’hui le groupe le plus révolutionnaire d’Inde (mobilisations, conversions au bouddhisme, partis dalits) montre précisément que quand les conditions matérielles perdurent et s’aggravent, la superstructure finit par céder. Vous prenez un instantané figé et vous en faites une loi éternelle. C’est une erreur de méthode. »

    • Parlez-moi de la fonction historique du mazdéisme iranien dans la formation des religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) et de ses transformations.

      Ne me donnez pas une liste d’influences culturelles flottantes. Montrez-moi comment cette religion — avec son dualisme radical (Ahura Mazda / Angra Mainyu), son jugement individuel, son pont Chinvat, son sauveur (Saoshyant) — a été intégrée, déformée ou refoulée par les monothéismes successifs. Et surtout : à chaque fois que ces croyances ont voyagé et muté, dites-moi quels rapports de pouvoir, quels empires, quelles économies politiques (perse, romaine, sassanide, abbasside) en ont conditionné l’adoption, la censure ou la transformation.

      Si vous pouvez faire cette analyse sans jamais mentionner un seul rapport de production, une seule domination impériale, un seul intérêt matériel — alors j’admettrai que votre "invariant anthropologique" tient debout. Mais si, comme je le pense, vous êtes obligé de parler des prêtres mazdéens liés à l’aristocratie foncière sassanide, des conquêtes arabes, des conversions fiscales et du maintien du pouvoir par l’idéologie… alors vous serez en train de faire du matérialisme historique sans le dire.

  • En tout cas merci, de nous faire part de vos réflexions toujours très intéressantes interpellantes même, qui sont le fruit d’un travail, très consistant, cela nourrit positivement la réflexion.

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  • #3619841

    L’intelligence d’Emmanuel Todd n’a aucune profondeur de champ. J’ai lu ses productions et éclaté de rire 1 page sur 3, tellement c’est tellement c’est mauvais. Vos références à ce surfeur mondain du concept vous mènent sur une fausse piste, sauf à vouloir produire du « hindisme révolutionnaire ».

    Usitée à contre-courant, la notion passablement galvaudée de « nihililisme », que Todd a empruntée à Nietzsche, bute vite contre son plafond de verre explicatif, une fois appliquée à la géopolitique israélienne : absolument rien de nihiliste dans la cosmogonie de ces gens-là.

    Inversionniste et dé-créationniste, l’ethos vétérotestamentaire répose sur une logique de transgression à la Loi et à l’ordre, mise en œuvre via une stratégie d’offuscation et de réécriture de la Révélation, qui est l’information primordiale venue d’En-Haut : ce dé-créationnisme et cet inversionnisme ne sont pas des postulats nihilistes, mais une volonté de totalisation et de domination qui, pour aboutir, a besoin de déconstruire le code divin, de substituer à la loi naturelle sa propre genèse, de réformer le Verbe et les Commandements pour leur substituer sa vérité alternative.

    Loin d’une « religion négative », la contre-Bible que ces gens-là veulent imposer revendique son statut concurrentiel au Verbe créateur, puisqu’elle emploie un discours destructeur qui vise à normaliser une taxinomie du vivant fondée sur la supériorité de la race et du sang et son corollaire, le déclassement ontologique du reste en « animaux-humains » : ce dévoiement de la terminologie et de la phylogenèse qui est, par extension, un renversement du principe égalitaire, n’est pas un nihilisme, mais bien un volontarisme dé-créationniste et inversionniste qui ambitionne de soumettre la loi universelle au droit privé d’un peuple.

    Conclusion : La classification de Todd est carencée car elle se réapproprie des concepts ayant connu une une belle trajectoire philosophique, sans jamais interroger leur pertinence au regard de la réalité contemporaine. Dans l’ordre des choses, c’est Todd qui devrait citer Hindi, et non l’inverse. Le nihilisme est une fausse piste conceptuelle. En outre, le lobbyisme parlementaire forcené de ces groupes de pression invalide l’idée de religion négative : nous sommes dans l’ère de l’affirmation positive de l’humain aux droits augmentés.

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  • Toutes les idéologies qui concernent le ‘’genre’’ et les ‘’LGBTQI+’’ viennent du Talmud et de la Kabbale.
    C’est judaïsme pur jus.
    Comme l’a dit Ursula von der Leyen, ’’Europe is the values of the Talmud’’.
    Tapez sur Google, ‘’myjewishlearning.com genders in the talmud’’.
    Vous tombez sur un article de Rachel Scheinerman (avec la contribution du Rabbi David Seidenberg) qui traite des sept genres décrits en détail dans le Talmud.

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