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Politique, liberté d’expression, médias : entretien avec le Comte de Bouderbala

Le comte de Bouderbala, de son vrai nom Sami Ameziane, est un humoriste franco-algérien. Il possède la particularité de parler six langues et dialectes et il a notamment une carrière de basketteur professionnel à son actif en France, en Algérie et aux États-Unis. Nous lui avons posé quelques questions sur l’actualité ainsi que sur la notion de liberté d’expression.

 

Sami Ameziane, quelle est votre réaction à l’exclusion de Tex de France 2 pour une simple blague ?

Je pense que le pauvre Tex a surtout été victime d’une purge qui a commencé depuis un moment et que sa blague, certes pas terrible, bégayée et dans un mauvais contexte (blague en direct/public qui n’est pas dans les conditions/animateur semi-hostile qui ne vous cautionne pas nécessairement…) Mais au fond, je pense que pour ceux qui ont décidé de le virer, ça a peut-être été une bonne excuse. Pour faire un jeu de mot pourri, disons que ça été un « pré »Tex » de France 2… Houla, je suis en forme….
Mais les humoristes devraient comprendre que ça ne sert plus à rien d’aller faire des blagues à la télé, c’est la mise à mort assurée.
À mon avis, mieux vaut convaincre sur scène. Certes, ça prend plus de temps qu’une exposition TV mais il y a une constante irrévocable avec la magie de la scène et sa seule liberté d’expression véritable : le public est fidèle. Houla, le gars est chiant….

 

Lorsque Dieudonné était attaqué par les représentants de l’État et par le système médiatique, vous étiez une des rares personnalités à oser le défendre. Qu’est-ce qui explique, selon-vous, ce manque de courage parmi les humoristes qui auraient dû monter au créneau pour défendre la liberté d’expression, malmenée par Manuel Valls notamment ?

Quand vous discutez hors caméra avec les humoristes, la plupart défendront Dieudonné et la liberté d’expression puis paniquent lorsque les pressions se font sentir. C’est juste qu’il faut comprendre que le milieu des humoristes, c’est comme tous les milieux, certains sont « corpos », d’autres « fayots » et certains essaient juste de s’en sortir donc font profil bas en rêvant de TV, de radio ou de cinéma et donc parfois pour y parvenir, ils deviennent les vassaux de leurs suzerains. Ils ne comprennent pas que l’humoriste créé son propre travail et ne dépend que d’une seule entité : le public.

 

En 2012, Audrey Pulvar avait été très vindicative à votre égard concernant un sketch sur les Roms. Quel effet cela vous fait-il de passer entre les mains d’une commissaire politique ?

Parfois, on peut se dire que c’est chiant d’être critiqué, jugé et « chroniqué » par des gens qui ont un humour dans les chaussettes mais il faut se dire qu’ils sont dans ces émissions là pour ça et qu’ils doivent justifier leur salaire à leur employeur.
Moi, désolé de le répéter mais mon seul employeur et c’est ça notre liberté, c’est le public.
Dans mon cas, c’était intéressant d’être confronté à elle parce qu’avant tout, j’adore le débat d’idées, que je sais de quoi je parle et je ne vais pas mentir, parce que j’avais besoin de promotion… ;)
Sur ce coup-là, l’avis d’Audrey Pulvar m’importait peu à la base car il ne reflète absolument pas ce que pensent les gens qui vivent des situations que je décris avec une certaine mendicité agressive, qui ont aimé ce sketch et qui pleuraient de rire dans la salle… Pour le coup, même moi je me faisais rire sur scène…

 

Guillaume Meurice a consacré récemment une petite chronique au député Meyer Habib.

Oui, j’ai vu sa chronique et j’ai vraiment bien rigolé. Guillaume Meurice a du talent et une vraie liberté de ton comme beaucoup d’autres humoristes en France, ça fait du bien de voir des comiques tailler tout le monde comme ça.

 

Que vous inspire Meyer Habib sur le plan humoristique ?

Il est très inspirant. C’est une espèce de Chalghoumi version La Vérité Si Je Mens, le mec raconte des conneries plus grosses que lui et à chaque fois, il s’améliore dans la connerie. Faudrait l’appeler « Meilleur » Habib.

 

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre nouveau spectacle « Le Comte de Bouderbala 2 » ?

C’est la suite du Spectacle 1. Je le joue depuis un an et nous avons déjà passé les 300 000 spectateurs en France sans grosse promotion. Donc je suis vraiment content et j’en profite pour remercier les gens qui me soutiennent. Dans ce second opus, je traite des thèmes très variés comme, entre autres, La Chanson Française, Les Nouveaux Rappeurs, les religions, Trump et l’Amérique audacieuse, La quarantaine et les Sports chelous, la Solitude en Amour, la non paternité, le Mariage Gay, le terrorisme… bref, plein de choses et on passe de belles soirées, n’hésitez pas à venir si vous avez une soirée à perdre.

 

Qui peut décider de ce qui est drôle en France ?
Le public !
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Pour illustrer les propos de Bouderbala, voir sur E&R :

 
 






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