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CumEx Files : deux sénateurs veulent auditionner les banques françaises mises en cause

Politiques contre banquiers, on va voir qui gagne.

On a déjà une petite idée très précise du vainqueur, mais on laisse la pauvre justice française faire son travail...

- La Rédaction d’E&R -

 


 

Après les nouvelles révélations sur un système d’évasion fiscale d’une ampleur de 55 milliards d’euros, le sénateur PCF Éric Bocquet et la sénatrice (ex-PS, Génération.s) Sophie Taillé-Polian demandent que la commission des finances du Sénat s’empare du sujet et convoque les responsables des banques françaises. Éric Bocquet n’exclut pas une commission d’enquête.

 

Ce sont de nouvelles révélations, qui, encore une fois, montrent l’ampleur de l’évasion fiscale. « CumEx », c’est le nom de ce montage financier qui a permis à quelques investisseurs de gagner beaucoup d’argent sur le dos des pays européens. De l’évasion fiscale, à coup d’optimisation et de fraude fiscale. Au total, le préjudice est estimé à plus de 55 milliards d’euros depuis 2001. L’Allemagne, d’où vient la combine, est le premier pays touché, avec 10 milliards d’euros de perte pour l’État. La France n’est pas en reste et serait touchée à hauteur de 3 milliards d’euros de manque à gagner par an pour le contribuable.

Selon ces révélations du journal Le Monde, en collaboration avec dix-huit autres médias, il s’agit de l’utilisation de zones grises dans la réglementation, en bénéficiant de crédits d’impôts liés au versement des dividendes d’actions cotées en bourse. Les montages financiers mis en lumière permettent, en multipliant très rapidement les échanges d’actions entre intervenants et pays, de passer sous les radars. Et de récupérer les crédits d’impôts tout en ne payant qu’une fois l’impôt, ou même sans l’avoir acquitté une seule fois. « Poussée à grande vitesse, la machine des crédits d’impôts va devenir une vraie machine à cash » explique le quotidien. Une cinquantaine d’institutions financières sont mêlées à l’affaire. Les grandes banques françaises – BNP Paribas, la Société Générale et Crédit Agricole – auraient participé au système, selon Le Monde.

« La République est en droit d’interroger les banques pour avoir leurs explications »

Le sénateur PCF Éric Bocquet, qui avait été rapporteur des deux commissions d’enquête au Sénat sur l’évasion et la fraude fiscale, n’est pas vraiment surpris de cette nouvelle révélation. « Encore une malheureusement. On a un scandale par an. Voilà celui de 2018 » constate le sénateur du Nord. « Ça montre bien que ce qu’ils appellent l’innovation financière n’a pas de limite. Les systèmes pour échapper à l’impôt sont d’une ingéniosité impressionnante, cela indépendamment des lois antifraude » souligne Éric Bocquet.

Avec sa collègue ex-PS, membre de Génétation.s, Sophie Taillé-Polian, ils entendent profiter de ces révélations pour aller plus loin, grâce au groupe de suivi du Sénat sur la fraude et l’évasion fiscale. Mis en place en juin dernier au sein de la commission des finances, il rassemble un sénateur de chaque groupe. Il n’a pas encore réellement fonctionné.

« On va saisir le président de la commission des finances et le rapporteur général pour qu’on examine ce dossier via le groupe de suivi. Et pourquoi pas interroger les banques citées dans les documents. La République est en droit d’interroger les banques pour avoir leurs explications, comme cela avait été le cas avec Frédéric Oudéa (directeur général de la Société Générale, NDLR) et d’autres en 2016, après les Panamas papers » explique à publicsenat.fr Éric Bocquet.

Sophie Taillé-Polian imagine « tout à fait » auditionner les institutions visées. « Les banques jouent un rôle, et sans les grandes banques françaises, ce mécanisme ne serait pas possible » souligne la sénatrice du Val-de-Marne.

D’après Jérôme Kerviel, l’arbitrage des dividendes était pratiqué dans son propre « desk », à la Société Générale.

« Ils étaient quatre collègues à faire ça, juste derrière moi », affirme au Monde l’ancien trader de la banque française. La Société Générale assure pour sa part au quotidien que sa direction « n’avait connaissance d’aucun schéma frauduleux au sein de l’établissement ».

Lire l’article entier sur publicsenat.fr

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