Egalité et Réconciliation
https://www.egaliteetreconciliation.fr/
 

Gouverner le Moyen-Orient par le chaos

2ème partie

Publié initialement dans le magazine « Rébellion », n° 57, janvier/février 2013. Par Lucien C.

Le séparatisme comme méthode de l’Empire

Chacun de ces trois acteurs, anglo-saxon, sioniste, wahhabite, travaille à son destin impérial. S’il faut les distinguer par souci de vérité et de précision, il faut aussi reconnaître qu’ils convergent, voire fusionnent sur certains points. Ils sont, par exemple, totalement entrelacés et interdépendants sur le plan logistique, notamment en raison d’agréments et de contrats énergétiques, financiers ou d’armement, comme le pacte du Quincy conclu entre les USA et l’Arabie Saoudite en 1945.

Cette interdépendance se fait à la manière des nœuds borroméens : la disparition de l’un entraînerait dans sa chute la disparition des deux autres, ou du moins compliquerait singulièrement leur existence et hypothéquerait gravement leurs chances de survie à long terme.

Même s’ils sont liés « à la vie, à la mort », chacun des trois possède néanmoins ses propres raisons et dynamiques internes, indépendantes de celles des autres. Leur attelage est donc fragile et parcouru de fractures actuelles et potentielles. On peut les deviner par l’expérience de pensée consistant à envisager la disparition de leur ennemi commun, au principe du ciment qui les soude : l’État-nation. La liquidation totale et sans retour de l’État-nation, ainsi que de toute forme de souveraineté populaire, de service public et de protectionnisme aux frontières, est le rêve de l’Empire (dont Negri et Hardt, très influents à l’extrême gauche, se rendent complices, prouvant par là que la critique simplement altermondialiste de l’Empire se laisse facilement récupérer par lui). Mais si la multitude des nations souveraines venait à disparaître réellement, les trois impérialismes se retrouveraient alors sans objet, et se retourneraient les uns contre les autres pour la dernière étape de la compétition dans une phase d’entre-dévoration et de destruction mutuelle.

Emblématiques des trois polarités impériales, les familles Rockefeller, Rothschild et Saoud commenceraient alors à s’attaquer et à s’exterminer. Les alliés stratégiques, alliés objectifs d’hier deviendraient ennemis mortels d’aujourd’hui pour la domination exclusive du monde selon l’adage : « Il ne peut en reste qu’un ». Ne résultant pas d’affinités profondes, leur alliance est donc conjoncturelle, circonstancielle et disparaîtrait jusqu’au dernier atome en cas de réussite de la première étape de leur plan mondialiste : l’abolition des principes westphaliens.

Sur le plan doctrinal, leur unité et point de convergence réside effectivement dans leur ennemi commun, l’État-nation, dont les fondements ont été définis par les Traités de Westphalie de 1648. Par définition, l’Empire prétend à la totalité et à l’englobement. Sa caractéristique est l’absence de bords et de limites. Il récuse donc le principe même de frontières fixes, qui rétablissent un extérieur, donc une altérité, donc un contre-pouvoir, et il soutient toujours le sans-frontiérisme, ainsi que toutes les structures multinationales, transnationales et supranationales (les structures du Capital).

Le problème majeur de l’Empire réside dans le concert des nations multiples et aux frontières intègres réintroduisant de l’extériorité et empêchant une tutelle unifiée. L’obstacle à surmonter pour l’Empire loge donc dans le nationalisme et la multipolarité, comme le soulignent Alain Soral ou Alexandre Douguine. Outre l’aspect logistique, le facteur de solidarité des trois branches de l’Empire peut donc être également trouvé dans la méthodologie qu’ils emploient pour parvenir à leurs fins, détruire la souveraineté nationale « une et indivisible », ce qui en géopolitique porte un nom : le séparatisme.

Du côté anglo-saxon

La question qui se pose à l’Empire est en fait toujours la même : comment faire monter les séparatismes ? Comment diviser les peuples et les nations pour régner dessus ? L’éclatement des unités nationales permet effectivement d’abolir les seules organisations humaines suffisamment puissantes pour être actrices de l’Histoire et former un contre-pouvoir sérieux et crédible à l’Empire. La démarche anglo-saxonne de production de séparatisme ne date pas d’hier, mais plutôt d’avant-hier, comme en témoignent les écrits du général britannique maintes fois décoré, Frank Kitson, ou les résultats de la Commission Campbell-Bannerman, au début du 20ème siècle.

Pour réfléchir aux moyens d’empêcher le monde arabe de s’unifier et perpétuer ainsi la domination européenne au Proche et Moyen-Orient, Sir Henry Campbell-Bannerman, le premier ministre britannique de l’époque, réunit en 1907 un groupe d’experts dans le cadre de ce que l’on appelait alors « The Imperial conference » (ou « Colonial conference » jusqu’en 1907). Le compte-rendu des speeches de Campbell-Bannerman au Parlement anglais est accessible sur Internet : on y voit les questions posées par les parlementaires pour obtenir des éclaircissements auxquels le premier ministre se dérobe, arguant du fait qu’il ne lui appartient pas de publier les résultats des discussions mais que c’est à la Commission d’en décider de manière indépendante [1].

La substance des débats a néanmoins fuité et nous est résumée par Pierre Démeron dans « Contre Israël » (J.-J Pauvert, 1968, pp. 44-45) :

« L’impérialisme anglais très vite voit le bon usage du sionisme. En 1907 déjà, le premier ministre britannique, Campbell-Bannerman, inquiet de l’éveil des nationalismes chez les peuples colonisés, réunit une commission d’historiens et de sociologues pour étudier les moyens susceptibles de perpétuer la domination européenne : "Les empires se forment, s’agrandissent et se stabilisent un tant soit peu avant de se désagréger et de disparaître... Avons-nous un moyen d’empêcher cette chute, cet effondrement, nous est-il possible de freiner le destin du colonialisme européen actuellement à son point critique ?" (…) À ces questions angoissées la commission répond en montrant la nécessité de lutter "contre l’union des masses populaires dans la région arabe ou l’établissement de tout lien intellectuel, spirituel ou historique entre elles" et recommande de chercher "tous les moyens pratiques pour les diviser autant que possible" et notamment, comme moyen d’y parvenir, l’édification d’une "barrière humaine puissante et étrangère à la région – pont reliant l’Asie à l’Afrique – de façon à créer dans cette partie du monde, à proximité du canal de Suez, une force amie de l’impérialisme et hostile aux habitants de la région". »

Du côté israélien

La fameuse « barrière humaine étrangère à la région » et hostile à ses habitants voyait le jour en 1948. Rappelons les paroles mémorables de Yehudi Menuhin au moment de la création de l’entité sioniste : « Le monde ne connaîtra plus jamais la paix. » Un consensus se dégage chez les connaisseurs les plus impartiaux du sionisme, juifs y compris, pour s’accorder sur le fait qu’il semble bien que le cœur du projet sioniste soit de réduire en esclavage ou de détruire, juifs y compris. De fait, le sionisme n’est pas strictement juif, et peut même se révéler antisémite ou antisioniste à l’occasion : des juifs sionistes ont collaboré avec le nazisme, dans la banque ou ailleurs, le Hamas a été créé par Israël, ce sont des juifs sionistes qui ont assassiné Yitzhak Rabin, et par extension les espoirs de paix, etc., etc., etc.

Dans les pays où ils existent, les réseaux dormants du Mossad, les sayanim en hébreu, font de l’ingérence politique et fonctionnent comme une véritable « cinquième colonne », mais ils recrutent au-delà des individus de confession juive au sens strict. Une étude objective aboutit à la conclusion que le sionisme a aujourd’hui totalement fusionné avec le capitalisme (et qu’il est en train de fusionner avec le transhumanisme). Jusqu’en 1948, le contrôle des médias ou de l’économie par l’usure financière suffisait à l’avancement de ce projet de domination mondiale par l’argent. Depuis 1948, il faut y ajouter l’occupation militaire.

La parabole talmudique du petit coq juif qui pousse les gros coqs « goyim » – comprendre « chrétiens et musulmans » – à s’entretuer pour régner sur eux nous est rappelée par l’inénarrable Ron Chaya dans une vidéo bien connue qui a fait le tour du Net. Une expression contemporaine de cette volonté de destruction appliquée aux Proche et Moyen-Orient est contenue dans la publication datée du 13 juin 1982, comprenant l’article d’Oded Yinon, haut fonctionnaire israélien du Ministère des relations étrangères, accompagné de sa préface d’Israël Shahak, et intitulé « Israël, une stratégie persévérante de dislocation du monde arabe » :

« L’article qui suit, d’Oded Yinon présente, me semble-t-il, de façon exacte et détaillée, le projet qui est celui du régime sioniste actuel – le régime de Sharon et Eitan – concernant le Moyen-Orient, à savoir la division de la région en petits États, et le démantèlement de tous les États arabes. Je voudrais, en guise de préambule, attirer l’attention du lecteur sur quelques points : 1 – L’idée que tous les États arabes doivent être fragmentés en petites unités, par l’œuvre d’Israël, est une idée récurrente dans la pensée stratégique israélienne. 2 – On perçoit très clairement le lien étroit qui existe entre ce projet et la pensée néoconservatrice américaine, particulièrement dans les notes de l’auteur pour son propre article [2]. »

Plusieurs doctrines apparemment sans lien, voire contradictoires, peuvent être liées par des racines communes, effacées par le temps ou par une intention dissimulatrice active. Aujourd’hui, un certain nombre de visions politiques qui semblaient naguère antagonistes se révèlent sorties de la même inspiration et du même moule. Le fil conducteur de ces doctrines issues de l’ésotérisme et l’occultisme réside dans leur fascination commune pour le phénomène de la « destruction », que l’on retrouve à l’identique dans la Kabbale, la Torah (Deutéronome, Lévitique), le Talmud, mais aussi dans la récupération du swastika lévogyre, soit la « croix gammée » orientée à gauche, ou encore dans l’Ordo ab chao illuministe à l’origine du programme capitaliste de « destruction créatrice » chez Schumpeter et de « stratégie du choc » chez Friedman comme du projet révolutionnaire et progressiste de faire « table rase du passé ».

Du côté wahhabite

La dissension entre sunnisme et shiisme est pratiquement native de l’islam. Aujourd’hui, le pôle sunnite wahhabite, piloté par l’Arabe Saoudite et le Qatar, est clairement engagé dans une guerre avec l’Iran shiite et ses alliés baasistes. On en voit les résultats en Syrie dans le cadre d’un « hard power » ultra-violent, mais aussi en France, dans le cadre d’un « soft power » d’influence dont la finalité coloniale est la même. De nombreux chercheurs s’accordent à penser que la France sera musulmane à 50% sur le plan démographique à la fin du 21ème siècle. La question est : sunnite ou shiite ?

L’impérialisme wahhabite étant l’ami de circonstance des impérialismes anglo-saxon et sioniste, on devine pour quelle version de l’islam balance le cœur de Washington et de Tel-Aviv. Le plan de partage de la France entre les trois impérialismes apparaît clairement dans le « Projet Rivkin » révélé par Wikileaks, ainsi que chez divers cadres du sionisme impérial s’exprimant tous en faveur des investissements du Qatar en France. On le voit, se prêtant main-forte, de gros efforts sont déployés par les trois impérialismes pour faire monter les séparatismes ethniques et religieux en Syrie comme en France, et en définitive partout où c’est possible, que ce soit par le financement du terrorisme ou par le soutien aux communautarismes identitaires.

En outre, il semble que cette compétition sunnite/shiite pour le leadership au sein du monde islamique cache un projet d’encore plus grande ampleur, et qui serait une sorte de Vatican II de l’islam sous pilotage mondialiste. En 2005, un rapport de la Rand Corporation, le think-tank du lobby militaro-industriel américain, intitulé « Civil democratic Islam. Partners resources and strategies », rédigé par l’auteur féministe Cheryl Benard, détaillait de manière extrêmement précise un vaste programme d’ingénierie sociale visant à introduire dans l’islam des clivages et des fractures obéissant aux intérêts occidentaux, de sorte à pouvoir adapter cette religion plus facilement à la modernité libérale anglo-saxonne. Traduction d’un extrait du plan par le site Islamotion.tv :

« Pour encourager le changement positif dans le monde islamique vers une plus grande démocratie, une plus grande modernité, et une meilleure compatibilité avec le nouvel ordre international contemporain, les États-Unis et l’Occident ont besoin de considérer chaque élément avec beaucoup d’attention : − les tendances et les forces internes à l’islam qu’ils entendent renforcer ; − quels sont vraiment les buts et les valeurs de leurs divers alliés potentiels et protégés ; − quelles vont être les conséquences plus larges dans l’avancement de leurs projets respectifs «  [3]. »

L’Islam de marché (Le Seuil, 2005) de Patrick Haenni rapportait déjà ces tendances modernisatrices et réformatrices qui travaillent l’islam contemporain et qui sont impulsées par divers courants officiellement musulmans, sans que l’on sache très bien s’ils sont vraiment autonomes et émanent authentiquement de l’intérieur de l’islam ou sont en réalité impulsés et sponsorisés depuis son extérieur et, in fine, contre son intérêt. L’islamisme, entièrement placé sous tutorat occidental et capitaliste, pourrait devenir à l’islam ce que le sionisme est au judaïsme. L’application du programme de la Rand Corporation transparaît dans une vidéo réalisée en 2007 par As-Sahab, la maison de production d’Al-Qaïda. On y apprend que les manuels scolaires en Arabie Saoudite sont révisés et modifiés à la demande des États-Unis et que le roi Abdoullah s’oriente vers un dialogue interreligieux d’inspiration syncrétique et labélisé par l’ONU, trahissant de ce fait le devoir de da’wa, c’est-à-dire l’affirmation de la primauté absolue de l’islam sur les autres religions ou institutions, dont découle l’obligation au prosélytisme et au travail de conversion du monde entier.

Le catholicisme est passé également par cette phase édulcorante, consistant à vider la religion de son principe actif, l’absolutisme, sous prétexte d’adaptation au monde et aux autres cultures. La vidéo commence par une déclaration de Gonzo Gallegos, porte-parole du Département d’État américain : « Depuis plusieurs années nous travaillons avec l’Arabie Saoudite sur la nécessité d’éradiquer tout ce qui pourrait faire allusion au fanatisme envers les autres religions dans les enseignements scolaires en Arabie Saoudite et ailleurs.

Ainsi, au mois de juillet 2006, le gouvernement saoudien a reconnu la nécessité de réviser et mettre à jour les manuels scolaires et d’effacer tous les passages qui incitent à la haine contre les autres groupes et religions, et il nous a confirmé qu’au début de l’année 2008, ce serait chose faite. » Puis une voix off commente, suivie par le roi Abdoullah lui-même :

« L’étape la plus dangereuse est celle qu’a entamée le roi Abdoullah en préconisant le rapprochement des religions et l’accord autour d’une religion qu’agréent les Nations-Unies et dont s’acquitteraient tous les peuples. (…) Et si Dieu veut, le plus tôt possible, lorsque nous, toutes les religions, nous serons mis d’accord sur toute bonne chose, je me rendrai aux Nations-Unies. »

En apparence pacifique, cette démarche de dialogue et d’ouverture relativiste représente en fait la violence ultime pour la religion à laquelle elle s’applique, l’obligeant à renoncer à son absolutisme, à sa dogmatique, à son prosélytisme, donc à son identité, donc à elle-même. Pour détruire, il suffit parfois d’ouvrir [4].

 

Aller plus loin avec Kontre Kulture :

 

Notes

[1] Hansard 1803-2005 : Digitised editions of Commons and Lords. Hansard, the Official Report of debates in Parliament. http://hansard.millbanksystems.com/...

[2] « Israël – Une stratégie persistante de dislocation du monde arabe » http://www.info-palestine.net/artic... http://www.cairn.info/revue-conflue... http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Yinon

[3] Civil democratic Islam. Partners resources and strategies », 2004, Cheryl Benard. http://www.rand.org/content/dam/ran... « Le plan américain pour corrompre l’Islam », 22/04/2011. http://islamotion.tv/articles/121-r...

[4] Vidéo postée le 09/11/2012 par Al Mansour Tounsi. http://www.youtube.com/watch?v=-Lao...

 






Alerter

8 Commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

- Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
- Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
- Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

Suivre les commentaires sur cet article

  • #431955
    Le 11 juin 2013 à 00:05 par Mo
    Gouverner le Moyen-Orient par le chaos

    Brillant. 2 articles qui résument tout.

     

    Répondre à ce message

    • #432226
      Le Juin 2013 à 13:47 par joseph
      Gouverner le Moyen-Orient par le chaos

      100% d’accord ! brillant et très instructif...les familles Rockefeller, Rothechild et Saoud embarquées dans un train lancé à vitesse grand V pour un voyage sans retour : qu’un seul vienne à descendre et c’est la chute pour eux trois ! Les trois célèbres familles unies contre l’Etat-nation, ça ferait un bon sujet pour Hollywood, non ?

       
  • #432147
    Le 11 juin 2013 à 12:03 par matrix le gaulois
    Gouverner le Moyen-Orient par le chaos

    L’article dit que si les états-nations disparaissaient ; la triple-entente Israélo-Americano-Saoudienne se déchirerait ... Or, n’est-ce pas justement la force de l’empire que de toujours avoir un ennemi commun, des barbares à ses frontières ?

    N’est-ce pas leur force de s’être lancé dans une guerre où ils multiplient les "victoires" (chaos au moyen-orient, Union Européenne...) mais qu’ils ne pourront jamais remporter (car le jour où ils viendront à bout de l’entité Chinoise/Indienne/Russe n’est pas pour demain) ? Est-ce que le fait que l’état-nation soit, dans des contrées autres que la pathétique europe antifa, une donnée assez forte & fondamentale qui assure un ennemi commun éternel & donc une alliance toute aussi "éternelle" entre ces trois têtes de l’hydre impériale ?

     

    Répondre à ce message

  • #432170
    Le 11 juin 2013 à 12:46 par karimbaud
    Gouverner le Moyen-Orient par le chaos

    oui, c’est vraiment précieux toute cette masse d’informations parfaitement ordonnée, argumentée et la mise en perspective qui les accompagne !....un sacré boulot didactique !

     

    Répondre à ce message

  • #434841
    Le 14 juin 2013 à 02:07 par mehdi
    Gouverner le Moyen-Orient par le chaos

    Je ne suis pas d’accord avec cet article, la division des pauys arabes c’est fait avec les accords de spykes picot, le projet sionniste de la création d’Israël était déjà debattu bien avant la première guerre mondiale, l’intérêt sionnisme était bien la création d’Israël et non pour divisé les arabes.
    Les anglais ont combattu le nationalisme arabe avec l’aide des réformistes fondamentaliste musulman, après la seconde guerre mondiale ce sont les américains qui ont repris l’alliance avev les réformistes fondamentalistes.

     

    Répondre à ce message

  • #439472
    Le 19 juin 2013 à 01:13 par Miville
    Gouverner le Moyen-Orient par le chaos

    Je ne suis pas d’accord avec votre vision qui fait de la notion d’empire le mal absolu et de la nation le concept opposé hors duquel point de salut. Le fameux traité de Westphalie auquel vous faites référence consacra l’avènement de l’état-nation en tant qu’outil diviseur privilégié de l’Europe chrétienne sous la pression de forces de manipulation à la tête desquelles il y avait les Juifs de cour, qui furent les plus grands instigateurs du concept même de nation abstraite, et aussi du remplacement de la mystique chrétienne populaire par des mystiques de plus en plus nationalistes souvent pré-fabriquées à dessein. Avant le Grand Siècle, qui fut un siècle de fer pour tous les peuples concernés, il n’y avait pas dans la conscience du peuple, non plus que dans celle des intellectuels et des mystiques souvent pèlerins, l’idée de frontière nationale, le mot patrie désignait la terre natale concrète que l’on pouvait embrasser d’un coup d’oeil jusqu’aux collines au loin, le concept de langue nationale n’existait guère non plus, on passait insensiblement d’un dialecte villageois à un autre de Paris à Compostelle. Les mystiques catholiques étaient dans la mesure même de leur ferveur opposés farouchement au culte d’un autre entité que l’Église, il a fallu en fait le truchement du sectarisme protestant pour faire advenir les nationalismes dans le sillage de chaque secte, et ce n’est pas sans fondement historique que même au 19ème siècle la papauté fut très opposée aux nationalisme irlandais et polonais.

    Vous allez me dire, mais Jeanne d’Arc ! Jeanne d’Arc combattit pour le concept de monarchie absolue et aussi pour celui d’hérédité stricte des devoirs tel que représenté par le royaume de France (et qui est connu aujourd’hui sous la forme du concept indien de dharma et de société des castes), en opposition au royaume d’Angleterre qui proposait déjà le parlementarisme, les droits individuels, et l’ascension sociale au mérite supposé, ainsi que le libre choix du métier, sans parler du droit des femmes à l’héridité du pouvoir et de la fortune qui était le principal contentieux officiel entre les deux monarchies : tout cela est bien joli mais il fallait une simple bergère pour dire que le fruit de tout cela n’est que pillage et chaos. Aujourd’hui, Jeanne d’Arc ne militerait pas du tout pour l’indépendance de la France (surtout au vu de ce qu’elle a été depuis deux siècles) mais pour son inclusion dans un empire mondial dharmique basé peut-être en Inde.

     

    Répondre à ce message

  • #439699
    Le 19 juin 2013 à 11:22 par Alex
    Gouverner le Moyen-Orient par le chaos

    Bonjour,

    Quelqu’un aurait une vision intéressante ou un article complet exposant la position de la Chine, Russie, Inde et autres pays émergents dans cette stratégie mondiale ?

    Il me semble qu’on les sous-estime beaucoup. On parle souvent de Bildeberg, nouvel order mondiale, entente sionniste/anglo-saxone/sunnite au détriment de l’europe notamment, mais Quid des pays d’Asie du sud-est ou des grosses puissances économique d’Asie ?

    Merci !
    a.

     

    Répondre à ce message