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Le petit-neveu d’Adolf Hitler s’est converti au judaïsme et vit en Israël

Un descendant de Hitler s’est converti au judaïsme et vit en Israël. L’histoire est à peine croyable. Elle ressemble même à une de ces légendes urbaines, ces rumeurs sans fondement, colportées dans nos rues.

La journaliste britannique, Tanaya Gold, avait déjà lu quelque chose à ce sujet dans un obscur fascicule de la communauté juive orthodoxe de New York, daté d’août 2006. Cet été, elle a voulu en avoir le cœur net. Elle est partie à Jérusalem sur les pas de ce petit-neveu de Hitler, fils d’un nazi convaincu, officier de la Wehrmacht. Et elle a retrouvé ce descendant d’Alois junior, demi-frère du führer Adolf Hitler, l’initiateur de la solution finale, qui extermina cinq à six millions de Juifs européens.

Après un séjour de six semaines passées en Israël, dans le cadre d’études de théologie, ce fils de protestant décidait, en 1977, de poursuivre ses études à l’Université hébraïque de Jérusalem. Converti au judaïsme, il est aussi tombé amoureux d’Israël. Et a épousé là-bas une Allemande, convertie comme lui.

Avant-hier, The Guardian a publié l’article de Tanaya Gold ("The sins of their fathers") dans son supplément du jour. Et la lecture de ce reportage réserve bien d’autres surprises. Ce professeur, dont elle a préservé l’anonymat, n’est pas le seul descendant de nazi, converti au judaïsme. Ils seraient même environ trois cents, selon OU’s, la modeste revue des juifs orthodoxes new-yorkais.

Mais pourquoi ces « enfants du nazisme » se sont-ils convertis ? s’interroge la journaliste britannique. Elle a posé la question à Aaron Shear-Yashuv, rabbin des armées en Israël. Son père à lui était Waffen SS. Un père qui l’a renié quand il a décidé d’embrasser la religion juive, de s’appeler Aaron et de faire son rabbinat en Israël.

Pourquoi s’est-il converti ? Aaron répond théologie et refuse toute explication liée à son histoire familiale. Pourtant, pour Dan Bar-On, professeur de psychologie à l’Université Ben Gourion, cela ne fait aucun doute : « La motivation des convertis est de rejoindre la communauté des victimes. »

On parle même, dans certains cercles juifs, de « pénitents », expiant inconsciemment les fautes de leurs aînés. Le petit-neveu de Hitler témoigne à demi-mot de ce cheminement inconscient, évoquant des images de l’Holocauste qui l’obsédaient :

« Je vois un soldat qui tient un enfant et le tue. Je partage la peur de l’enfant. Et je peux voir mon père et mon grand-père qui assistent à la scène. Tout ce que je peux dire, conclut-il, c’est que depuis que je suis arrivé en Israël, ces impressions se sont évanouies. »

Un autre descendant de dignitaire nazi, arrière-petit-neveu du maréchal Goering, est, lui aussi, devenu un « pénitent ». Son père était un médecin militaire antisémite. Lui, Matthias Goering, a été, au début des années 2000, physiothérapeute à Zurich. Il porte aujourd’hui la kippa et l’étoile de David autour du cou, en Israël.