Quatre familles
Selon une note publiée le 15 mai par Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion à la Fondation Jean-Jaurès, le Rassemblement national ne constitue plus un bloc homogène, mais une coalition électorale élargie. L’analyste s’appuie sur une définition large de l’électorat RN : l’ensemble des personnes déclarant une probabilité d’au moins 50 % de voter pour le parti à la prochaine élection. Ce périmètre révèle un phénomène de normalisation avancée, mais aussi une structuration en quatre grandes familles, regroupées en deux ensembles distincts.
Le premier ensemble correspond à « l’électorat historique ». Il est dominé par « la France oubliée » (21 %), cœur sociologique du vote RN. Ce groupe cumule une position sociale fragilisée, un sentiment d’abandon politique, une forte radicalité culturelle et une valorisation du « peuple productif » face aux profiteurs. Il attend du parti protection économique, maintien des services publics, contrôle de l’immigration, restauration de l’ordre. À ses côtés figurent « les libéraux identitaires » (34 %), un électorat plus âgé, très politisé et structuré à droite. Ici, la radicalité culturelle se combine avec un libéralisme économique assumé. Pour ce groupe, l’immigration n’est pas un sujet parmi d’autres : elle constitue le prisme principal à travers lequel se lit la situation du pays. Les deux familles historiques convergent néanmoins sur un point : le rejet de l’assistanat.
Le second ensemble rassemble l’électorat « potentiel ». « La France glissante » (23 %) en forme le premier pôle. Socialement et territorialement dispersée, peu politisée et sans attache partisane forte, elle se caractérise par une incertitude électorale élevée et des préoccupations d’abord économiques et sociales. Si elle reste relativement modérée sur les questions identitaires, elle exprime néanmoins un fort rejet de La France insoumise, perçue par 79 % de ses membres comme un danger pour la démocratie. Enfin, « la droite radicale opportuniste » (22 %) regroupe un électorat plus aisé, diplômé et politisé, historiquement ancré dans les autres droites. Ce groupe est en voie de ralliement actif au RN, avec un basculement déjà bien engagé. Il joue un rôle stratégique dans la recomposition de l’espace politique à droite.
Selon Bristielle, la capacité du parti à préserver cette coalition repose largement sur deux facteurs : un débat public qui privilégie les questions culturelles au détriment des thématiques économiques et sociales, et le rôle structurant des dynamiques de rejet, au premier rang desquelles figure La France insoumise.
*
Transactions
Le 14 mai dernier, le Bureau d’éthique gouvernementale (Office of Government Ethics) a publié les transactions financières effectuées au nom du président Donald Trump. Celles-ci portent sur des groupes majeurs directement impactés par les décisions de l’administration Trump : Amazon, Apple, Boeing, Meta, Microsoft, Nvidia, Oracle, Broadcom, Palantir ou encore Uber, pour un montant total dépassant 200 millions de dollars. Les formulaires déposés font état de plus de 3 600 opérations (achats et ventes) au cours du premier trimestre 2026, avec des volumes individuels parfois compris entre 1 et 5 millions de dollars.
Le fils aîné Eric Trump [photo, à gauche] a affirmé que « tous nos actifs sont placés par les plus grandes institutions financières dans des indices de marchés élargis via un fonds aveugle ». En réalité, les avoirs présidentiels sont logés dans un trust révocable, administré par Donald Trump Jr. [photo, à droite], contrairement aux « blind trusts » classiques utilisés par les présidents modernes depuis Lyndon Johnson. Ces révélations interviennent alors que la famille Trump détient par ailleurs, via la plateforme de crypto-actifs World Liberty Financial cofondée en septembre 2024 avec les fils de l’envoyé spécial au Moyen-Orient Steve Witkoff, 22,5 milliards de jetons WLFI. Une enquête démocrate publiée en novembre 2025 évaluait l’ensemble des avoirs crypto de la famille à 11,6 milliards de dollars.
*
Hasbara
Début janvier 2026, Amichai Chikli, le ministre israélien de la Communication (Hasbara), a déclaré sur i24NEWS avoir donné ses instructions aux dirigeants des communautés juives d’Europe : « J’ai dit : “L’extrême droite n’est pas un problème. Il faut abandonner le politiquement correct et parler de la menace que représente l’islam radical.” », indiquant par ailleurs que, selon lui, l’influenceur conservateur américain « Tucker Carlson est la pire menace, financée par le Qatar ». C’est Amichai Chikli qui avait accueilli le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, lors d’une visite au mémorial des victimes et des otages des attentats du Hamas du 7 octobre 2023, près du kibboutz Réim, en Israël, le 26 mars 2025. Le père d’Amichai Chikli, né en Tunisie et élevé en France, a émigré en 1977 en Israël.


et
!





