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Entre 2013 et 2018, Jack Lang s’est fait offrir 195 000 euros de costumes Smalto

La France est ce pays qui refile l’Institut du monde arabe à Jack Lang, après lui avoir confié des portefeuilles comme l’Éducation ou la Culture. Ah, si la presse n’était pas muselée...

 

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Gros plan sur le socialisme réel

 

L’homme a tellement de casseroles, et des lourdes, qu’on se demande comment une telle ascension a été possible. Edern-Hallier en a beaucoup voulu à Mitterrand d’avoir attribué en 1981 la Culture à Lang plutôt qu’à lui, qui avait participé à la campagne de presse anti-Giscard. Jack saura valoriser le poste...

 

« Lang est surtout accusé, depuis des années, d’avoir gardé pour lui, en toute légalité, les fonds secrets que Matignon dispensait, jusqu’à leur suppression par le gouvernement Jospin. En 1999, Jack Lang a traîné en justice Sophie Coignard et Alexandre Wickham, auteurs de L’Omerta française (Albin Michel), qui avaient évoqué cette assertion. Il perdit en première instance et gagna 1 franc de dommages et intérêts en appel. » (Source : L’Express)

À l’époque, les affaires s’accumulaient déjà autour de Jack (relire les vieux Minute, qui prennent de la valeur avec le temps), on pense à l’achat d’un appartement prestigieux de 250m2 place des Vosges (plus une maison dans le Lubéron), tout près de chez Victor Hugo... Un appartement acheté avec on ne sait quel argent, mais la République est bonne fille, pour ne pas dire plus, avec les oligarques.

Que Lang se fasse poisser pour une pauvre histoire de costards est emblématique d’une justice qui ferme les yeux sur l’essentiel et qui pousse des hauts cris sur l’accessoire. L’accessoire, c’est ici des costumes Smalto, la mode des parvenus des années 80. Même pas classe, le Jack ! Alain Duménil, propriétaire de l’enseigne, a donc fait des « ristournes » au président de l’IMA.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire le 12 mars d’après L’Obs. Les 195 000 euros correspondent à des remises de 50% sur des sapes de 2013 à 2018, on vous laisse imaginer le reste, l’avant... Or les hommes politiques doivent déclarer les dons et avantages de plus de 150 euros dont ils bénéficient. Une loi qui a permis de démolir Fillon pour quelques milliers d’euros, pendant que le candidat Macron engrangeait les millions de la part de ses généreux donateurs de la Banque et du CAC.

L’Obs rappelle que Jack ne gagne que 9 000 brut par mois à l’IMA et qu’en plus Duménil payait les 50% restants des fripes, des gestes de « pure amitié » et « sans aucun retour ». C’est une tradition du monde politique : Mitterrand se faisait tout offrir par ses amis millionnaires (certains moururent dans des circonstances tragiques), Chirac avait Hariri et Pinault pour ses vacances (aux Seychelles à 17 000 balles la nuit dans les 80’s). Le magazine Challenges raconte ça mieux que nous :

« De Gaulle déclarait hautement : " La politique ne se fait pas à la Corbeille." Il affichait ainsi sa méfiance du capitalisme, "qui écrase les plus humbles".
Même dédain de l’argent, puissamment exprimé par François Mitterrand, à la tribune du congrès d’Épinay en 1971, où il dénonçait, tremblant de colère, "l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes".
Attaqué de toutes parts sur des soupçons d’enrichissement personnel, Jacques Chirac répondait en décembre 2000 sur TF1 : "Je ne suis pas un homme d’argent."
Fasciné par les grandes dynasties aristocratiques auxquelles il n’a jamais pu appartenir, Valéry Giscard d’Estaing affichait son mépris pour les riches qu’il appelait "les commerçants".
Prudent, Georges Pompidou s’était bien gardé d’acheter l’appartement de l’île Saint-Louis qu’il louait aux Rothschild, en vertu de la règle qu’il s’était fixée : "Pas d’affaires quand on est aux affaires."
Finalement, parmi les six présidents de la Ve République, Nicolas Sarkozy est le seul à avoir assumé sans complexe sa relation avec "les puissances de l’argent", et on ne peut pas dire qu’il en ait tiré bénéfice ! »

On peut ajouter à la liste Hollande et son « mon ennemi c’est la finance » et Macron « est le président des très riches ».

Le poisson pourrit par la tête, disait Mao, qu’on cite dangereusement ces derniers temps. En France, on le voit, les présidents successifs crient leur dégoût de l’Argent, mais courent à la gamelle en douce. Un homme d’affaires nous a raconté qu’un président français a même touché de sacrés lopins de terres au Brésil... Mais revenons à Jack, qui n’est président que d’un institut mal géré.

Malgré ses lourdes casseroles, Jack est reçu avec déférence :

 

En 2017, Libération publiait un article de vérification des faits sur certaines rumeurs.

« Pierre Bergé avait été cité dans VSD en 2013, indirectement là encore, et toujours en tant que propriétaire de la villa de Marrakech. Le 30 mai 2011, le Luc Ferry affirme sur le plateau de Canal+ qu’un ancien ministre se serait fait “poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons” et que ce scandale aurait été étouffé. Des propos qui avaient entraîné l’ouverture de deux enquêtes. L’une, au Maroc, l’autre, en France, confiée par le parquet de Paris à la brigade des mineurs. Libération relatait l’avancement de cette dernière en 2011). L’enquête a été classée sans suite en novembre 2012. Quelques mois plus tard, en mars 2013, VSD, se basant sur le dossier de l’enquête, et en dépit du classement sans suite de celle-ci, publie les propos d’un prêtre du sud de la France assurant avoir recueilli entre 2003 et 2007 des témoignages attestant de faits de "prostitution de mineurs à la villa Majorelle, propriété d’Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé, où Jack Lang était régulièrement invité". VSD précise que le "témoin "n’avait donné aucun nom". C’est le seul passage de l’article de VSD où est mentionné le nom de Pierre Bergé. »

L’Obs en janvier 2013 a de son côté raconté le fin mot de l’histoire, qui blanchit tout le monde :

« Une audition "ultra-discrète". L’ex-ministre de la Culture Jack Lang a été entendu comme témoin en novembre dernier par la Brigade de protection des mineurs de la police parisienne, selon les informations de RTL. L’entretien avait été réalisé dans le cadre de l’enquête sur les propos de Luc Ferry, qui avait alors affirmé sur le plateau du Grand journal de Canal+ qu’un "ancien ministre" s’était fait "poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons".
Interrogé par RTL, Jack Lang, qui s’apprête à prendre les rênes de l’Institut du monde arabe, dit n’être au courant de rien et parle "[d’]histoire à dormir debout". Le nom du ministre évoqué par Luc Ferry n’a jamais été révélé et l’affaire a été classée sans suites. »

Ouf ! Il ne reste que l’affaire des costumes à régler et le CV de Jack sera vierge comme au premier jour ! Fini les seaux d’immondices jetés par ses adversaires politiques sur la tête de cet homme qui incarne l’élégance à la française !

 

Bonus

Si Jack revend son appart, il pourra rembourser 40 ou 50 ans de costards. En attendant, nous vous offrons une petite visite d’un appart de 180m2 place des Vosges :

Jack Lang, sur E&R :

 



Article ancien.
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