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Trump s’entoure-t-il de généraux pour éviter un coup d’État fomenté par la CIA ?

Le dernier rapport de la CIA impliquant la Russie, pour les fuites concernant la convention démocrate et Podesta, n’est fondé sur aucune preuve. Venant quelques semaines avant l’inauguration de Donald Trump, il s’avère plutôt être une dangereuse interférence de la communauté du renseignement américain dans le processus politique américain.

 

[...]

Pour être bien clair, la CIA n’apporte rien de nouveau. Elle ne prétend pas que la Russie a piraté les machines à voter et a manipulé les votes parce que, malgré les efforts de Jill Stein et Hillary Clinton pour trouver des preuves de cela dans le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie, aucune preuve n’a été trouvée.

L’affaire tout entière repose entièrement sur l’allégation que la Russie était derrière les fuites démocrates. Toutefois, aucune preuve nouvelle n’a été fournie, pas plus qu’avant les élections, pour la simple raison qu’aucune preuve de ce genre n’existe.

J’ai déjà souligné que le langage manipulateur dans la déclaration faite par la communauté de renseignement lors de la campagne présidentielle accusant la Russie d’être à l’origine des fuites des courriels démocrates confirmait qu’aucune preuve contre la Russie n’existait.

J’ai également demandé ce que le FBI – l’organisme compétent pour déterminer cette question – pensait des « preuves » sur lesquelles les services de renseignement américains s’appuyaient et si on les leur avait montré. Il s’est ensuite avéré que l’on avait présenté ces preuves au FBI et qu’il a ensuite refusé de cosigner la déclaration.

Il s’avère maintenant que la CIA n’a en réalité aucun élément de preuve à l’encontre de la Russie, que l’affaire entière contre la Russie n’est basée que sur des soupçons et que certaines sections de la communauté de renseignement américaine commencent à avoir des doutes. Tout cela est confirmé par le passage suivant de l’article du Washington Post sur ce rapport de la CIA.

« La présentation de la CIA aux sénateurs au sujet des intentions de la Russie n’a pas réussi à obtenir un soutien formel par les 17 agences de renseignement. Un haut fonctionnaire américain a déclaré qu’il y avait des désaccords mineurs entre les agents du renseignement au sujet de l’évaluation de l’agence, en partie parce que certaines questions demeuraient sans réponse.

Par exemple, les agences de renseignement ne disposent pas d’information spécifique montrant que des fonctionnaires du Kremlin « ont dirigé » les individus identifiés pour qu’ils transmettent les emails démocrates à WikiLeaks, a déclaré un autre haut responsable américain. Ces acteurs, selon le fonctionnaire, étaient « un niveau » en dessous du gouvernement russe, plutôt que des employés du gouvernement. Moscou a par le passé utilisé des intermédiaires pour participer à des opérations de renseignement sensibles, pour avoir une possibilité de dénégation.

Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, a déclaré dans une interview à la télévision que le « gouvernement russe n’est pas la source ».

Les « individus identifiés » – qui ne sont pas des fonctionnaires du gouvernement russe – ne sont évidemment pas identifiés, mais le placement prudent du nom de Julian Assange à la fin de ce passage semble être destiné à suggérer qu’il est l’un d’eux. Si oui, alors même insinuer que Julian Assange puisse être « un niveau en dessous du gouvernement russe » est une insulte et un mensonge.

Quoi qu’il en soit ce passage confirme que les « individus identifiés » – quels qu’ils soient – ne sont pas des fonctionnaires du gouvernement russe et – puisqu’on les appelle « intermédiaires » – qu’ils n’ont aucun lien confirmé avec lui. En effet, la formulation suggère qu’ils peuvent même ne pas être russes.

En mettant tout cela de côté, Donald Trump n’a évidemment pas gagné les élections en raison de l’aide de la Russie, et le rapport de la CIA est loin de dire qu’il l’a fait.

Comme je l’ai déjà dit, Donald Trump a gagné parce qu’Hillary Clinton était un mauvais candidat et parce qu’un grand nombre d’Américains croient qu’il va améliorer leur vie.

La déclaration de la CIA montre cependant ce que risque d’affronter Donald Trump.

La campagne Hillary Clinton a déjà exercé de fortes pressions auprès des électeurs du Collège électoral pour qu’ils transfèrent leur soutien à Hillary Clinton. Bien que cette campagne ait apparemment rencontré peu de succès, la CIA et les médias continuent à être de son côté, tout comme avant les élections, la communauté de renseignement américaine essayait d’aider Hillary Clinton à gagner.

Dans les deux cas, la méthode utilisée est la même : la diffusion de fausses histoires et la paranoïa sur la Russie. La fausse histoire est que Donald Trump est en quelque sorte l’agent de la Russie, transformant toute mesure pour l’empêcher de devenir président en un devoir patriotique.

Je n’ai pas besoin de souligner que c’est jouer avec le feu. Jamais auparavant, dans l’histoire américaine, il n’y eut de campagne orchestrée contre un président élu pour l’empêcher d’être investi. Jamais auparavant la communauté du renseignement des États-Unis ne s’est engagée dans une telle campagne.

Bien que je m’attende à ce que cette tentative échoue, personne ne devrait douter de l’énorme colère des dizaines de millions de personnes qui ont voté pour Donald Trump, si son investiture échouait.

Bien que je m’attende à ce que cette tentative échoue et que Donald Trump soit investi président le 20 janvier 2017, il ne fait aucun doute que la campagne pour le déstabiliser, en le peignant comme un agent russe, continuera après son investiture.

La seule façon d’arrêter cette campagne est qu’il renonce publiquement à sa politique de rapprochement envers la Russie, comme certains le demandent déjà.

Indépendamment de ce qui arrivera finalement, il est à la fois sinistre et sans précédent, pour les renseignements américains, de s’immiscer dans le processus politique américain de cette façon.

Comme je l’ai dit à la fin de mon article du 31 octobre 2016, la république américaine vit des temps sombres. Peut-être, parce que la situation politique à Washington commence à porter la marque de ce qui, dans d’autres pays, serait appelé un environnement de pré coup d’état, cela explique-t-il pourquoi Donald Trump choisit de s’entourer de généraux.

Lire l’intégralité de l’article sur lesakerfrancophone.fr

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8 Commentaires

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  • Trump a plusieurs choix douloureux :
    - soit renoncer à ses promesses sous menace de publications de ses secrets (à ce niveau ils ont tous des morts dans leurs placards) ,
    - soit voir des pressions y compris mortifères sur lui et sa famille,
    - finalement finir comme JFK si tout cela échoue.

     

  • Le plaisir d’avoir vu l’establishment et la presse bien pensante humiliés par la défaite "imprévue" de Trump est passé. Maintenant il va falloir observer attentivement ce que cet homme va réellement faire. Je pense qu’il n’y a rien de bon à attendre de lui. Il est à la fois de la droite des valeurs et de la droite du travail (façon anglo-saxonne protestante, pas helléno-chrétienne), il est vraisemblablement très favorable à Israël et hostile au monde arabo-musulman, il est sans doute aussi dangereux que les néoconservateurs pro sionistes que nous dénonçons ici. "America first" est son slogan, soyez absolument certains qu’il piétinera le reste du monde dans l’intérêt des Etats-Unis, y compris l’Europe que les Américains ont tout intérêt à voir sombrer dans le chaos social et économique.
    Donc, Donald Trump n’est pas notre ami et ne nous fera aucun cadeau afin de maintenir la suprématie américaine. Cessons de rêver.
    A moins de se voiler la face et se raconter des histoires pour essayer de se rassurer, les nominations déjà effectuées sont autant d’indices inquiétants.

     

  • Superbe stratégie de Trump. En s’entourant de généraux il les contrôle, tout simplement.


  • Le 11 septembre 1973 Salvador Allende lui-aussi s’était entouré de généraux dont...Augusto Pinochet......En fait de les surveiller ce sont eux qui prirent la tête d’un coup d’état fomenté avec l’accord déjà de la CIA. Ce qu’il y a d’inquiétant pour le pouvoir phynancier c’est que TRUMP est un homme libre puisque milliardaire. Et comme homme libre il peut tenter de remédier aux maux archi-connus du peuple américain et même sans avantager particulièrement le peuple américain il peut par son indépendance contrecarrer les plans des banquiers. Il a nommé à divers postes gouvernementaux des hommes connus pour leur opposition au système bancaire actuel ainsi que des hommes qui y sont favorables mais principalement pour leur connaissances des techniques phynancières. C’est un homme d’affaires qui dirigera l’Amérique comme une entreprise afin de réaliser des bénéfices ou de réduire les dettes alors que les banques mettent volontairement l’Amérique en faillite.


  • Seule l’armée peut faire la différence aux USA avec le controle de la CIA