Egalité et Réconciliation
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Egalité & Réconciliation, l’Islam, la France

Chose extraordinaire, ce moment où l’Occident envahit tout est celui que certains choisissent pour dénoncer, comme un péril qui les remplit d’épouvante, une prétendue pénétration d’idées orientales dans ce même Occident ; qu’est-ce encore que cette nouvelle aberration ?

(René Guénon, La crise du monde moderne, 1946)

Il s’avère délicat d’avancer sur le terrain politique avec des positions qui ne sont pas conformes aux figures imposées ; cela dérange. On se heurte souvent à l’incompréhension, si ce n’est à la mauvaise foi, et on finit par se faire attaquer de toutes parts par ceux qui précisément ne jurent que par des « catégories essentialisées ». Il nous paraît ainsi utile, notamment dans la perspective de la conférence que nous organisons au mois d’avril [1], d’exposer à nouveau notre position vis-à-vis de l’Islam en France. Nous rappelons au passage que cette question de l’Islam vient s’ajouter à de nombreuses autres problématiques qui nous occupent ; elle n’est en aucun cas notre principal cheval de bataille.

Sur le constat, nous ne cédons ni aux jugements faussement naïfs et manipulateurs pour lesquels l’Islam ne poserait aucun problème, ni aux vues alarmistes selon lesquelles un Islam radical envahirait la France. Nous considérons que la présence en France de quelques millions de musulmans pose des interrogations légitimes au peuple français traditionnellement helleno-chrétien. Aussi, avons-nous le devoir d’aborder cette question de la manière la plus conséquente et la plus pacifique qui soit.

Concernant l’attitude à adopter, nous rejetons plusieurs positionnements qui nous semblent aller à l’encontre du notre. Ils alimentent en effet la théorie du « choc des civilisations » sur laquelle s’appuie l’impérialisme américain. Ce sont des discours qui fustigent directement ou de manière plus insidieuse la foi de nos compatriotes musulmans en entretenant la confusion entre Islam et fondamentalisme islamique.

Ainsi, nous ne cherchons pas à taper sur l’épaule de notre « pote » musulman pour l’inviter à notre grande orgie « laïcarde et modernante » castratrice de toute transcendance. Cette position occidentaliste veut des musulmans émancipés et surtout émancipés d’un Islam prétendument archaïque et réactionnaire. De ce fait, ceux-ci seraient enclins à participer à la grande messe consumériste et au grand métissage hexagonal. Ils seraient également perméables à toute forme d’instrumentalisation orchestrée par la puissance atlanto-libérale. Cette option ne rencontre donc absolument pas nos faveurs. D’autre part, l’autre idée qui consisterait à renvoyer notre compatriote musulman dans des sables qui ne l’ont même pas vu naître nous paraît moralement indigne ; elle présente de surcroît l’immense inconvénient de servir les forces que ceux qui la professent prétendent pourtant combattre. En effet, irréalisable sur le plan pratique, à moins d’engager une guerre civile dans laquelle les vainqueurs sont déjà connus, ce lobbying se contente d’alimenter les tensions, de plonger la nation dans un climat pré-insurrectionnel, n’offrant en définitive aucune perspective politique cohérente et conséquente pour lutter contre le projet mondialiste.

Enfin, nous rejetons la combinaison insidieuse et ambiguë des deux positions que nous venons d’évoquer. Elle constitue l’orientation défendue par les forces d’inspiration néoconservatrice aujourd’hui au pouvoir en France. Cette orientation que nous pourrions qualifier d’ethno-atlantiste est un projet de soumission de l’Islam au nouvel ordre mondial. Cette politique ambitionne un projet communautariste et inégalitaire dans lequel le pouvoir politique joue le double jeu de l’intégration et du rejet, de la bienveillance et de la menace, en étant donc à la fois la main qui nourrit et celle qui peut punir. A Egalité et Réconciliation, tout en étant conscient de la nécessité d’insuffler une dynamique au concept de laïcité, nous ne souscrivons pas pour autant au projet d’une laïcité positive qui consisterait, selon des intérêts bien compris, à concéder à la foi de notre compatriote musulman une place plus ou moins importante que celle exigée par les lois républicaines.

Notre position est donc claire. Nous souhaitons aborder la question de l’Islam en France en tant que Français et non en tant qu’Allemands ou Anglais. Et la manière toute française d’affronter les défis est celle qui recourre au courage et à l’intelligence et qui n’a de cesse de viser l’unité et la paix du « royaume ». Agir en français, c’est se conduire en artisans de paix et d’unité comme le firent de grandes figures de l’histoire de notre Nation. En période de crise, ces grands personnages ont permis à la France de poursuivre sa construction et de perdurer ainsi depuis plus de 1500 ans. Comme nous ne voulons pas que cette histoire s’arrête, nous ne cautionnerons pas les ennemis de toujours du peuple de France, à savoir : l’utilitarisme du dieu Argent et l’individualisme bourgeois aujourd’hui incarnés par la logique du Marché et l’idéologie ethno-atlantiste. Ne comptez donc pas sur nous pour faire la guerre aux français, musulmans ou autres, qui partagent notre « weltanschauung ». Nos éthiques et nos valeurs prévaudront sur nos intérêts individuels et nos intérêts de classe. Et nous ne nous départirons pas de l’idée exprimée en son temps par Jacques Bainville que la France est une « œuvre de l’intelligence et de la volonté » et que « la France c’est beaucoup mieux qu’une race : c’est une nation ».

Stéphane et Christophe - E&R Aquitaine

[1] « Français, musulman et patriote », pourquoi la Gauche antiraciste et la Droite islamophobe n’en veulent pas ? - Conférence-débat – samedi 18 avril, Athénée Municipale, Bordeaux.