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Comment la crise du coronavirus va permettre un nouveau sauvetage des banques

Note de la rédaction

Version écrite de l’intervention de Ian Purdom dans "Le quart d’heure de vérité" #48 sur ERFM.

La crise sanitaire provoquée par le Covid-19 sera suivie d’une crise économique et financière forte et durable. L’assignation à résidence de l’ensemble de la population met l’économie mondiale à l’arrêt et il y a fort à parier que certains secteurs très exposés comme le tourisme et le spectacle n’en sortent pas vivant. En plus des questions relatives à la gestion du gouvernement, il faut également s’interroger sur les intentions du lobby bancaire, tant ce dernier brille par son opportunisme à tirer parti des pires situations.

 

Les crises financières à répétition de ces vingt dernières années nous l’ont prouvé. Un rapide retour en arrière nous amène au début des années 2000 avec l’éclatement de la bulle internet dont la violence justifiera de lever les freins à une politique massive de baisse des taux d’intérêt pour relancer l’économie. Cette baisse des taux engendrant une nouvelle bulle, cette fois-ci dans l’immobilier, qui éclatera huit ans plus tard avec la fameuse crise des subprimes. Crise systémique qui permettra une véritable révolution de la science monétaire via la mise en place de politiques non conventionnelles telles que les assouplissements quantitatifs (quantitative easing en anglais), qui se sont avérés être en réalité des plans de sauvetage de l’industrie bancaire et financière. Et la panique obligera les gouvernements du monde entier à lancer des plans de relance budgétaire financés exclusivement par des emprunts. Logiquement, cinq ans plus tard, c’est au tour des États d’être dans la tourmente avec la crise des dettes souveraines. Le point culminant se trouvant dans la zone euro avec des pays comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne, prisonniers de l’euro, n’ayant plus l’arme de la dévaluation, qui voient leurs taux d’intérêt s’envoler. On se souvient de Sarkozy et Merkel montant au créneau contre le méchant Berlusconi, invoquant l’unité européenne pour créer un fonds de sauvetage européen, le MES. Or le vrai sauvetage fut pour les banques et notamment françaises, toutes lourdement exposées aux dettes de ces pays et dont le défaut les aurait immanquablement entraînées dans la faillite.

Ce rapide retour en arrière nous permet de penser raisonnablement que ces crises sont volontairement déclenchées et dramatisées pour générer peur et angoisse, et ainsi neutraliser toute velléité de réformes structurelles. Le débat public ainsi hystérisé prive de la faculté de réfléchir, l’urgence s’impose, les banques gardent la main en imposant leur calendrier et leurs solutions. Le modus operandi reste identique : Blitzkrieg médiatique de journalistes et d’experts aux ordres pour convaincre l’opinion publique qu’il n’a pas d’autres choix, suivi d’une série de textes législatifs votés dans l’urgence et de mise en place de politique monétaire favorable aux banques. Tous ces efforts n’ont qu’un seul but : supprimer les contraintes qui s’opposent à l’accroissement de la dette et offrir ainsi un sursis aux banques. Le simple citoyen regarde cette pièce tel un spectateur ahuri, mais comprend instinctivement le chantage des banques : après moi le déluge !

La crise financière qui pointe suite aux conséquences du Covid-19 ne fait pas exception et nous donne une merveilleuse occasion de vérifier ce schéma. Déjà des plans massifs de relance budgétaire ont été votés et dans le débat public fleurissent des prises de position sur les bienfaits de l’helicopter money qu’on peut associer à la notion de revenu universel.

L’idée est la généralisation de l’assistanat : les comptes bancaires des citoyens sont crédités sans exiger quelque travail, donc création de richesse en retour. Mesures encouragées par la gauche, éternelle idiote utile de la banque, qui y voit une mesure de justice sociale. Il est vrai qu’avec l’helicopter money, sur le papier, tout le monde est de la fête, les banques comme les classes populaires. En pratique c’est une tout autre histoire. S’il est vrai que les banques centrales avaient jusque-là enrichi exclusivement les plus riches via une création monétaire confinée à la sphère financière, cela présentait au moins l’avantage de garder sous contrôle les prix des biens et services de première nécessité. L’helicopter money s’appliquant à toute la population, une inflation généralisée est garantie. L’effet richesse ressentie sera donc de très courte durée car très vite les prix des biens et services consommés s’ajusteront à la hausse. Le pouvoir d’achat ne s’en trouvera donc aucunement amélioré bien au contraire.

En outre, comme en 1981 avec la relance keynésienne de Mitterrand, cette consommation partira dans des biens de consommations produits à l’étranger. Ainsi cette manne ne viendra en aucune façon renforcer et enrichir l’économie nationale. Enfin et surtout, cela va ouvrir la voie à une spirale inflationniste qu’il va être très compliqué pour les banques centrales de juguler. Un cercle vicieux se met en place : augmentation des prix puis des salaires, suivie des coûts de production et donc une nouvelle augmentation des prix. Ce type de scénario s’est produit à maintes reprises par le passé, notamment en Allemagne pendant la république de Weimar, quand les commerçants ajustaient plusieurs fois par jour le prix de leurs étals. L’histoire montre qu’il est très compliqué, voire impossible de juguler un tel phénomène sans prendre des mesures drastiques non sans conséquences sur nos sociétés et nos libertés individuelles. On le comprend, une telle politique ne présente que des inconvénients sauf bien entendu pour le système bancaire et financier qui, par ce biais, s’offre une bouffé d’oxygène. La relance de l’inflation ainsi permise, appelé reflation par les économistes, permet d’éloigner temporairement les menaces, mais sur le fond absolument rien n’est réglé. Le problème n’est que repoussé et se présentera à la prochaine crise avec encore plus d’acuité.

Pour comprendre le caractère cyclique de ces crises nous devons nous pencher sur l’architecture du système monétaire : un système qui repose sur « l’argent dette ».

La monnaie mise en circulation dans l’économie provient des emprunts contractés par les agents économiques. De l’argent qui ne repose sur rien de tangible, uniquement sur la promesse d’être remboursé dans le futur. Les banques sont au cœur de cette architecture car elles ont la responsabilité de créer ex-nihilo cet argent à la souscription de l’emprunt et de le détruire une fois celui-ci remboursé. Cependant, les remboursements n’engagent pas uniquement le capital emprunté, les intérêts qui constituent la rémunération des banques viennent s’y ajouter. En réclamant plus qu’elles ont prêté, et donc créé, les banques créent un déséquilibre au niveau macro-économique car la masse monétaire en circulation ne sera jamais assez suffisante pour rembourser les encours. Ainsi, la viabilité d’un tel système implique une masse monétaire en perpétuelle expansion : les dettes appellent toujours plus de dette pour pouvoir payer les intérêts. Ce point est crucial car il permet de comprendre le déséquilibre inhérent au système monétaire. La financiarisation à outrance n’a fait qu’accélérer et complexifier ce phénomène ; cependant la problématique reste identique : l’usure est une source de déséquilibre, ce qui explique son interdiction dans certaines sociétés et sa condamnation par les deux principales religions monothéistes que sont l’islam et le catholicisme.

Ce déséquilibre intrinsèque de « l’argent dette » engendre donc périodiquement des retournements. Les bulles gonflées artificiellement par l’abondance de création monétaire éclatent, les prix chutent pour revenir à la normale, c’est-à-dire à l’équilibre entre l’offre et la demande réelle de biens et de services. La gravité reprend ses droits. Cette période de déflation doit ainsi permettre un assainissement de l’économie. Or pour le système bancaire, une déflation même minime n’est pas une option car elle signe son arrêt de mort. En effet, si les prix baissent, les intérêts des emprunts, qui eux sont fixes deviennent proportionnellement plus lourds, ce qui engendre mécaniquement une hausse des défauts. Plus grave, les emprunteurs se retrouvent à rembourser des emprunts sur des biens qui ont perdu de la valeur sur le marché, ils sont donc dans une position que les anglo-saxons appellent negative equity, le passif à rembourser est supérieur à l’actif lui-même. Ils s’appauvrissent en remboursant leurs dettes ! Ces deux effets conjugués engendrent une avalanche de défauts que les banques sous-capitalisées n’ont absolument pas les capacités d’absorber. La plus grosse banque française, BNP Paribas, a pour plus de 2200 milliards d’euros d’encours pour une capitalisation de 60 milliards. Si demain, ne serait-ce que 5 % de sa clientèle venait à faire défaut, elle se retrouverait avec un trou dans son bilan de 110 milliards d’euros, largement supérieur à ses capitaux propres, synonyme d’une banqueroute qui emporterait actionnaires, clients et au vu de sa taille, toute l’économie française.

Il est capital d’avoir ces éléments en tête pour comprendre ce qui se joue en ce moment. La déflation, c’est la mort du système de domination actuelle basé sur la dette. Les banques, ainsi que toute la classe politique en ont conscience, d’où leur détermination à l’enrayer, même au prix d’épisodes d’hyperinflation destructeurs pour nos sociétés.

Retrouvez Ian Purdom sur E&R :

 
 



Article ancien.
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27 Commentaires

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  • Il n’est pas sans intérêt de spéculer sur le covid19 :

    Naturel,

    Echappé d’un laboratoire

    Créé en laboratoire.....

    Mais cela est assez vain sans moyens d’investigation....

    En revanche, il me semble beaucoup plus pertinent de réfléchir à son instrumentalisation :

    Sauvetage des banques.

    Restrictions acceptées des libertés publiques.

    Vaccinations inutiles ou dangereuses mais obligatoires...

    PS : faire une recherche avec les expressions "stratégie du choc" ou "capitalisme du désastre" vous aurez des milliers de réponses pouvant compléter l’exposé de Ian PURDOM.


  • "La déflation, c’est la mort du système de domination actuelle basé sur la dette"

    Tout à fait ! Je me félicite qu’ER le comprenne et l’exprime aussi clairement !


  • Bravo !

    Ian semble prendre ses distances avec les théories keynésiennes du genre :"Cet argent, on le doit à nous même" ou "il faut s’endetter pour relancer l’économie".

    Juste une petite précision, l’usure peut exister même avec de l’argent (monnaie-marchandise et non monnaie-dette). Elle est immorale car le prêteur ne partage pas les risques du créancier (i.e. mauvaise récolte). L’usure est interdite dans les 3 religions. Les disciples du talmud font une exception quand elle est contractée par un goy.

    Prochaine étape, l’abandon de la théorie quantitative de la monnaie.

     

    • Qu’est ce qui vous permet de dire que j’ai été proche des théories Keynesiennes ? C’est tout le contraire ! Vous m’avez mal lu.


    • Et comment je fais pour emprunter si le prêt à intérêt est interdit ???


    • @Ian Purdom

      Je ne vais pas citer des extraits de vos précédents articles, mais vous êtes clairement "interventionniste". Je vous ai qualifié de keynésien, mais libre à vous de vous qualifier de socialiste ou autres. De plus vos analyses sont basées sur les théories macroéconomiques. Nous sommes bien loin de Say, de Bastiat ou de Von Mises.

      Et puisque, nous abordons le sujet, dans une économie de marché la valeur d’échange est fixée par l’offre et la demande et pas par la quantité disponible.
      Quand on sait que les chiffres des cartes de crédit et de débit en temps réel de BofA montrent que les dépenses de consommation, qui représentent 70% du PIB américain, ont baissé de 30%. Pensez vous que l’on se dirige (pour l’instant) vers la déflation ou l’inflation ?


    • @Huguenot

      Vous n’empruntez pas, vous épargnez.

      Et si c’est pour financer une activité rentable (c-à-d qui génère des profits), vous prenez un (plusieurs) associé(s) qui apporte(nt) les fonds pendant que vous apportez l’expertise. Et vous partagez les profits.

      Enfin, le prêt sans intérêt est licite. Il peut être présenté comme une forme de charité.


    • @anonymous19

      Vous vous méprennez completement. Reprennez mes articles et dites moi ce qui vous laisse penser que je suis "interventioniste".

      Je prône la déflation cad laisser le marché s’autoréguler, rien que ça devrait vous faire réflechir. Et je ne vois pas en quoi décrire les phénoménes au niveau macroéconomique change quelque chose.

      Trés honnêtement je ne comprends le sens de vos commentaires . Vous devez me confondre avec un autre auteur.

      Ian


    • @Huguenot

      Ma liste n’est pas exhaustive.
      Il y a par exemple tout plein de subtilités dans la finance islamique. Il y a aussi, par exemple, la location-vente, les délais de payement octroyés par un fournisseur, etc.


    • @Ian

      Je ne parle pas de niveau macroéconomique, mais de théories macroéconomiques qui sont construites sur des agrégats et autres concepts "mathématiques". Alors que l’école autrichienne, par exemple, est une science praxéologique.

      Par exemple :
      Dans les théories macroéconomiques, il y a la théorie quantitative de la monnaie. Selon cette théorie, la baisse des taux d’intérêt est inflationniste.
      Alors que pour l’école autrichienne, la baisse des taux d’intérêt est déflationniste.

      Pour le côté "interventionniste", je vous enverrai un courriel.


    • Merci Ian Purdom pour ton article et d’intervenir comme pour anonymous19 vous êtes dans l’information classique mais une auto régularisation des marchés saines ou justes est selon moi impossible actuellement, ceux qui ont ou créent le capital orientent le marché dans le sens de leurs intérêts et agrandissent les inégalités.
      je pense que la solution serait a terme une monnaie d’échange sans contrepartie régulé par le rapport biens disponibles/travail c’est possible mais aujourd’hui utopique aucun économiste ni politique ne pense a une société différente.


    • Non désolé ce modèle financier de type catholique ou islamiste ne m’intéresse pas et est trop lent .je préfère le modèle protestant suisse ( calviniste) je vois pas en quoi l’usure est un problème s’il est consentie ( contract et vision libérale de l’économie)


  • pourtant,d’aucuns disent que pour un pays,le bon moyen de se débarrasser de sa dette,ou de la rendre supportable,c’est de l’inflation.... ?

     

    • Non, le meilleur moyen de se débarrasser de la dette, c’est de se débarrasser des créanciers et de ses chiens de garde.

      Par le passé, on les cramait ou on les empalait comme des saucisses sur une branche. Ça marche du tonnerre et ces méthodes ont fait leurs preuves : les dettes disparaissent immédiatement.

      Le "covid" , outre l’aspect social et les populations emprisonnées pour sauver les fesses des escrocs, permet aux banques "occidentales" de culpabiliser la Chine pour exiger d’elle des sommes pharaoniques, en clair, pour éponger leurs dettes et annuler le stock de bons du trésor que la Chine détient, et notamment, ceux des USA et du R.U. qui sont les deux plus gros contributeurs à l’OMS, comme par hasard, et aussi les plus gros endettés envers la Chine si je ne m’abuse.

      Et là, ils veulent liquider leur plus gros créancier en poussant à la guerre.


    • Quoi que vous fassiez, il y a TOUJOURS quelqu’un qui paye la dette.
      Ca peut être le débiteur, le créancier ou elles peuvent être socialisées.

      L’inflation est un impôt caché. L’inflation diminue votre pouvoir d’achat de la même manière que le ferait une baisse de votre salaire ou une augmentation de vos impôts. Il diminue aussi la valeur de votre épargne et le pouvoir d’achat de votre retraite.
      L’avantage, c’est que la plupart des gens ne comprennent pas ce qui leur arrive. L’inconvénient, c’est qu’elle favorise les détenteurs d’actif au détriment des travailleurs. L’autre inconvénient, c’est que la manipulation des prix fausse les estimations des entrepreneurs et donc, perturbe le bon fonctionnement de l’économie.


    • alderic-dit-microbe pour compléter ton commentaire, Trump a lancé une guerre commercial contre la chine en taxant les produits importés, la chine a riposté en vendant sa dette américaine, on sait que la chine et d’autres pays notamment la Russie.. organisent un système économique indépendant du dollars depuis plusieurs années.
      Mais tu te trompes dans ta conclusion le plus gros créditeur et de très loin des USA est la FED..


  • Depuis 2008 le système bancaire est en très grande difficulté :
    - Tx d’intérêt négatif
    Depuis le coronavirus pour ne pas perdre leur domination :
    - Réduction voir annulation de la dette Africaine

    Une réduction de la dette européenne validerait cela, n’oublions pas que de grandes puissances veulent se sortir de cette domination, le pouvoir bancaire de Rotschild et compagnie va tout faire pour se maintenir, cela nous entraîne dans une guerre invicible au lieu d’une entraide pour sauver ce système de merde.


  • Qu’il y est eut un virus "échappé" d’un laboratoire, bon allez ! admettons qu’avec ses petites pattes musclées, il se soit faufilé en ayant regardé la carte du monde , les pays à infecter avec un petit coup de fil aux banquiers et, HOP ! en voiture Simone !
    Bon alors on va dire, c’est la faute à pas de chance, mais il faut avouer quand même que pour les banques coronavirus est devenu un allié de taille, je dirais même un virus providentiel pour nos banquiers qui va les remettre sur pied .
    Comme quoi la science ça a souvent du bon ,il suffit que ça tombe au bon moment en forçant quelquefois le destin .


  • Résumé : il ne faut surtout pas donner d’argent aux pauvres, jamais. C’est la spirale inflationniste assurée. Et puis après c’est la déflation c’est pire. Ian Purdom n’est jamais content.

    La déflation c’est très moche quand on a un emprunt à rembourser. Mais de quand date la dernière ? Parfois Carrefour baisse ses prix parce que le gueux achète moins de produits dans les rayons, mais c’est tout. Des placements ont vu leur valeur diminuer ça c’est vrai, mais ça n’impacte pas le quotidien.

    Inversement l’inflation générale c’est très favorable. Les boomers ont acquis leur deux baraques avec un seul salaire de petit cadre grâce à l’inflation continue où les salaires augmentaient. Le taux d’intérêt élevé permet à la banque de compenser la perte progressive de valeur nominale du franc. C’est le système contre lequel Jovanovic et Purdom, monétaristes, nous mettent en garde.

    La "sous-capitalisation" c’est une vue de l’esprit. Les règles prudentielles demandent des fonds propres aux banques qui représentent une petite partie des crédits qu’elles font. C’est un résidu de croyance à l’étalon-or. Tout le système des prêts interbancaires automatisés est une façon d’augmenter artificiellement ces fonds propres pour respecter les exigences prudentielles.
    Ce qu’a fait la Fed en 2020 c’est de donner des fonds illimités aux banques pour atteindre un niveau suffisant de fonds propres.

    Cela revient à supprimer les exigences prudentielles. La faillite est impossible.
    C’est comme de donner aux individus autant de milliards qu’ils le souhaitent pour payer leurs dépenses quotidiennes.
    Or un système basé sur l’argent n’a d’intérêt que si on peut distinguer les pauvres des riches. Si tout le monde en a assez, c’est exactement comme si tout était gratuit.

    Je signe des deux mains.


  • Une petite question à Ian Purdom pour voir où il se place parmi les économistes :

    Considérez vous que les intérêts d’un prêt sont justifiés ?

    Un prêt c’est une sorte de location d’argent , non ?

    Quand on loue une voiture, on use la voiture, c’est normal qu’on paie la location.

    Mais l’argent il ne s’use pas ? (je considère qu’on est dans un société stable ou la monnaie est stable).

    Pourquoi payer l’usure de quelque chose qui ne s’use pas ?

    Vous me répondrez qu’il y a le risque et la perte d’usage.

    La perte d’usage n’est pas quantifiable, il est fort probable que si cet argent n’était pas prêté il resterait dans le coffre (je ne discute pas de la génération de ce prêt), jusqu’à ce que le prêteur trouve enfin un emprunteur ! en fait il n’y a jamais perte d’usage pour les banques.

    Donc la perte d’usage est une excuse. A la limite le prêteur pourrait demander des intérêts lorsqu’il veut le remboursement total du prêt et qu’il ne peut l’obtenir ! Là il y aurait effectivement perte d’usage et droit à une compensation.

    Reste le risque. Ah ! Le métier se transforme, on parle maintenant d’assurance. Mais dans ce cas, celui qui doit recevoir les intérêts c’est l’assureur du prêt ! Et pas le banquier. Le mélange des genres ne fait pas bon ménage.

    Le fait que le prêteur s’auto-assure en demandant des intérêts n’est pas normal. En effet, il touche la prime d’assurance, mais ne fait pas le travail de l’assurance.

    En fait c’est pire que cela, le prêteur prend le beurre et l’argent du beurre car il demande une prime de risque (les intérêts) mais il demande à l’emprunteur de s’assurer auprès d’un assureur.

    Assureur qui lui même demandera à la société de l’aider gratuitement à faire le travail de recouvrements grâce à la justice et à la police.

    Que pensez-vous de cette vision du prêt à intérêt ?

     

  • "La monnaie mise en circulation dans l’économie provient des emprunts contractés par les agents économiques."
    Il y a toujours déjà de ma monnaie papier en circulation et l accroissement de la masse monétaire est effectuée en fonction de l accroissement de la richesse créée non ?
    il y a quelque chose qui m échappe . Explications bienvenues

     

    • Pour introduire la monnaie papier dans l’économie, la banque centrale l’utilise pour acheter quelque chose. Au départ, c’était des emprunts d’Etat. Aujourd’hui, c’est n’importe quoi.
      Donc "La monnaie mise en circulation dans l’économie provient des emprunts contractés par les agents économiques." (ici, l’Etat).

      Quand vous empruntez 100 EUR à votre banque, vous lui donnez/signez une reconnaissance de dette. En échange, elle vous donne un extrait de compte qui dit qu’elle vous doit 100EUR. Elle a ainsi créé 100EUR à partir de votre dette. Donc, "La monnaie mise en circulation dans l’économie provient des emprunts contractés par les agents économiques." (ici, vous).


    • anonymous19

      La question de bobforrester est simple : une banque peut être créer de la monnaie à partir de rien.

      Votre réponse c’est : bien sûr que non. La monnaie est créée en contrepartie d’une dette.

      Voyons voir si votre réponse tient la route.

      Imaginons qu’une banque prête 100.000 euros (qu’elle n’a pas en garantie mais c’est encore une autre histoire.) Elle fait donc un contrat de prêt. Imaginons que celui qui signe ce contrat de prêt n’ai pas du tout l’intention de rembourser ce prêt.

      Le contrat ne vaut évidement rien. Il ne vaut que le papier sur lequel il est écrit.

      Par contre les 100.000 euros prêtés par la banque vont permettre à l’emprunteur d’acheter ce qu’il veut : c’est de la vraie monnaie.

      Nous avons donc de la monnaie générée à partir d’un contrat qui ne vaut RIEN.

      La banque à bien généré de la VRAIE monnaie, à partir de RIEN. CQFD.


    • L’argent est un métal précieux. Les banques ne créent pas de l’argent ou de la vraie monnaie. Elles émettent une dette. D’où l’appellation monnaie-dette.


    • Anonymous

      vous jouez sur les mots. L’argent à plusieurs sens.

      Je répète ce que j’ai dit, le crédit que la banque vous fait est de la vraie monnaie : je peux payer mes impôts avec. C’est une des définitions de la monnaie. Vous l’appelez monnaie-dette vous-même.

      La banque a pu créer cette monnaie sans aucune contrepartie qui aie une valeur réelle : juste un contrat sur des futurs remboursement.

      Que ce contrat vaille quelque chose parce que le débiteur est solvable, ou non, la monnaie est bien créée. La banque n’a aucune obligation légale de vérifier que le contrat vaut effectivement quelque chose. Donc je le répète : la banque peut créer de la vraie monnaie (dette) à partir d’un contrat qui ne vaut rien.

      Vous me direz que les contrats en général valent quelque chose. Ah oui ? Ben non, faux !

      Si l’on regarde la dette mondiale, celle-ci ne fait qu’augmenter beaucoup plus que la population. La dette ne peut être rembourser que par du travail ou des biens. Or la dette augment de manière faramineuse tout les ans. Cela veut dire que globalement les prêts ne sont pas remboursés sinon la dette diminuerait ou resterait stable. Ce qui n’est pas le cas.

      Si les prêts en globalité dans le monde ne sont pas remboursés, cela veut dire que les contrats de ces prêts étaient bidons : il ne valaient rien en fait, car aucun débiteur n’a put rembourser les prêts ni aujourd’hui, ni demain ! Étonnant non ?

      En résumé :
      La banque peut donc bien créée de la monnaie ( "chose" qui permet de payer ses impôts) à partir de bout de papier qui n’offre en fait aucune garantie réelle puisque de fait la plus grande partie des prêts n’est pas remboursée.

      Vous remarquez que la monnaie (dette) ainsi créée par la banque à partir d’un contrat est plus forte que la monnaie papier, car aujourd’hui vous ne pouvez même plus payer vos impôt avec de vrais billets.

      En fait la vraie monnaie à presque complètement disparue (billets, pièces d’or ...) au profit de la fausse monnaie des banques. La loi de Gresham s’applique bien aujourd’hui encore.


    • La question de bobforrester est simple : une banque peut être créer de la monnaie à partir de rien.
      Votre réponse c’est : bien sûr que non. La monnaie est créée en contrepartie d’une dette.
      .../...
      Nous avons donc de la monnaie générée à partir d’un contrat qui ne vaut RIEN.
      La banque à bien généré de la VRAIE monnaie, à partir de RIEN. CQFD.

      Votre démonstration joue sur les mot et n’est pas correcte.
      La monnaie est créée en contrepartie d’une dette. Que cette dette ne vaille rien ne change rien à son existence. Elle existe et elle apparaît à l’actif du bilan comptable pour justifier la création monétaire. Sans elle pas de création monétaire et ce, qu’elle que soit sa valeur réelle.