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Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

Inoffensif pour le Système, il était invité partout et tout le temps

Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences, dans Le Monde du 4 juin 2019 :

« La faconde, l’enthousiasme étaient manifestes dès que le visage de cet esprit espiègle apparaissait. Joie de la pensée, bienveillance du propos, percussion des arguments. Michel Serres se plaisait à répéter que “l’humanité est essentiellement faite de braves gens”. Phrase banale, pouvant sembler naïve, mais dont le jaillissement venait d’un coup ébranler notre rapport parfois cynique à la politique.
[...]
Courageusement, inlassablement, Michel Serres a tenté de penser ces nouveaux enjeux à leur juste hauteur. Entre les sciences et la philosophie, académiquement séparées, il a su créer une sorte d’atmosphère fluide soutenant l’ondulation des diverses sources de connaissances et a tenté de produire entre elles des interférences aussi lumineuses que possibles. »

Et maintenant, la citation de Michel Serres, empruntée à l’excellent et ravageur Impostures intellectuelles de Sokal & Bricmont (1997) :

« En appliquant donc le théorème de Gödel aux questions du clos et de l’ouvert, touchant la sociologie, Régis Debray boucle et récapitule d’un geste l’histoire et le travail des deux cents ans qui précèdent. »

Dans le concert des louanges qui entoure la disparition de Michel Serres, il y a une petite musique à contre-courant, et c’est encore la nôtre. Et c’est l’Honnêteté (intellectuelle) qui nous pousse à endosser le rôle de méchants. Pourtant, il n’est pas question ici de sionisme ou d’antisionisme, mais de simple production d’idées. On attend d’un intellectuel, d’un philosophe autant primé que Serres, autant invité dans les médias, quelque chose de tangible, quelque chose qui reste.

 

Or rien, rien que de la très banale philo pour élèves de terminale, ce qui est déjà pas mal, mais qui ne fait pas une œuvre. Oh, Michel a écrit des dizaines de bouquins (68 au total), mais rien qui a changé le monde des idées, et encore moins le monde. Ni précurseur ni imposteur, Michel a été un honnête prof de philo pour nuls, un bon client des médias qui avaient besoin de leur philosophe, un philosophe inoffensif pour le Système, que tout le monde pouvait écouter et admirer en poussant des « ah » et des « oh ».

Il est vrai que Michel savait y faire, avec les médias, avec son air de pas y toucher. Mais on ne passe pas impunément 10 000 fois dans les médias sans en être un petit peu, sans faire partie du Système. Il déclarait avec bravade et un air christique « je suis pauvre et je vous emmerde », mais ça ne veut rien dire. Michel avait la faconde, le look – pour le grand public un philosophe doit avoir une gueule de philosophe, c’est-à-dire une espèce de sage moderne cool et pas trop chiant – destinés à rendre la philo populaire (et sa morale simplette) « par le rire et par l’espièglerie ». Par le fer et par le feu eût été plus intéressant, mais plus dangereux pour ses hôtes.

 

 

Michel parlait beaucoup de « liberté », or c’est un concept creux, flou, bidon. Pour celui qui sait ou qui imagine les déterminismes qui nous font agir, la liberté ne fait plus partie de la valise conceptuelle. Et connaître ses déterminismes ce n’est pas tomber en fatalité, mais au contraire dénicher les lois qui nous régissent, au dedans et au dehors, pour s’en affranchir, le vieux projet humain, quoi, le blaireau qui veut voler et qui y arrive.

Michel avait compris une chose, c’est qu’il faut être « généraliste », ou pluridisciplinaire, à la Laborit. Mais quand le grand savant français voulait des monotechniciens polyconceptualistes, Michel n’était qu’un polytechnicien monoconceptualiste. Il a produit du formaté, du déjà-vu, du flan. Quand l’animateur lui demande ce qu’est un philosophe, il répond en gros que c’est un honnête homme qui touche à tout :

« La philo c’est une sorte de regard global sur l’encyclopédie, sur la totalité, et la chance que peut avoir quelqu’un qui tente de faire ça, c’est de voir le monde contemporain comme il est, vous voyez, c’est-à-dire que tous mes grands prédécesseurs, tous les grands prédécesseurs des philosophes qui ont tenté de faire cette sorte de dessin global, ont rencontré leur temps, vous voyez. »

« Tous mes grands prédécesseurs »... Traduction : je suis dans la lignée des grands philosophes, Kant, Spinoza et tout ça. Nous qui avons relu récemment Aurore, de Nietzsche, on a vu en trois pages plus de complexité que dans un livre de Serres. On voit que la fausse modestie se craquelle rapidement sous les questions onctueuses, presque masturbatrices de François Busnel, qui déroule son tapis rouge à un paon banal. Mais quand on gratte un peu, très rapidement, on voit l’orgueil :

« J’ai été un des premiers, peut-être même le premier, à annoncer que la société deviendrait une société de communication... »

Sauf que ses premiers livres sur la communication datent de 1969, et que ceux de Norbert Wiener, incontournables avec la notion de cybernétique, remontent à 1948... Une jolie fausse nouvelle qui résonne avec la fin de notre article.

Après l’orgueil, le mépris :

 

 

Le vieux sage en flag de mépris envers les petites gens ! Facile de se moquer de ceux qui n’ont pas la culture pour accéder à la culture. Alors évidemment, rien ne les empêche de pousser la porte de la bibliothèque et de découvrir les idées des autres, de ceux qui en ont, ou de ceux qui les piquent à droite à gauche, comme Gad Elmaleh ou Michel Serres...

« Pourquoi la beauté augmente-t-elle avec la civilisation ? Parce que, chez les hommes civilisés, les trois occasions à la laideur se présentent rarement et toujours plus rarement : en premier lieu les passions dans leurs explosions les plus sauvages, en deuxième lieu l’effort physique poussé à l’extrême, en troisième lieu la nécessité d’inspirer la crainte par son aspect ; cette nécessité qui, pour les échelons inférieurs et mal établis de la culture, est si grande et si fréquente qu’elle fixe même les attitudes et les cérémonies, qu’elle fait de la laideur un “devoir”. » (Nietzsche, Aurore, 515)

On ne fera pas l’affront à Michel de lui infliger la sourate 542 de Friedrich sur le philosophe et la vieillesse, en gros que la morale du philosophe en fin de vie n’est pas un effet de la clairvoyance – qui serait elle le résultat d’une immense expérience et d’une longue pensée – mais juste celui de la fatigue. Hélas la sourate est longue, plus de deux pages, et comme il est malaisé de copier un livre dont les pages se referment automatiquement sous l’effet « ressort » du dos collé, on a nous aussi cédé à la paresse.

Michel à 7’07 : « Par exemple nous étions tous dans la Silicon Valley dont je parlais tout à l’heure très enthousiastes de l’arrivée de nouvelles technologies, on se disait “tout le monde aura la parole”, etc., “ce sera un renouvellement extraordinaire de la démocratie”, y avait un peu de libertaire là-dedans, et je partageais tout à fait cette idée, et tout d’un coup est arrivé avec les réseaux sociaux, la calomnie, la haine... »

S’en prendre aux hommes qui découvrent la démocratie et qui en abusent parfois plutôt que de dénoncer le Système, qui finit toujours par détruire la démocratie naissante, c’est pas vraiment la caractéristique d’un philosophe du bien, car c’est l’impression que Michel veut donner. Pour résoudre le problème de l’Internet, notre philosophe veut appliquer la loi antitrust aux GAFA, ce qui est banal et indolore, les multinationales de la surveillance et de la communication s’en foutant complètement, puisqu’elles sont au-dessus du politique.

La suite est pire, dans la bouche du philosophe gentil (à 10’07) :

« La seconde solution est personnelle alors, c’est-à-dire ne jamais ajouter foi à ce genre de théorie du complot, à ce genre de fausse nouvelle, etc., et essayer de répandre autour de soi l’idée que ce n’est pas vrai. »

Ben c’est ce qu’on vient de faire.

Michel Serres chopé par la patrouille, sur E&R :

 



Article ancien.
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52 Commentaires

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  • #2213065
    le 06/06/2019 par Jean d’Artois jeanluc.taverne2@gmail.com
    Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

    " ce sera un renouvellement extraordinaire de la DEMOCRATIE " : le fameux mot est lâché ! ... ça va , on tire l’échelle ! ( pour le reste , paix à son âme ) .


  • Une pensée aseptisée promue par le système, jusqu’à plus soif .


  • #2213077

    Passionné de philosophie j’avais lu du Michel Serre il y a longtemps. Après le deuxième livre je n’en avais plu acheté car c’était creux.
    Et apprenant sa mort dernièrement, je me suis demandé qu’est-ce qu’il disait déjà d’intéressant ? Impossible de me rappeler quoi que ce soit.
    Merci pour cet excellent article. Rien à ajouter.

     

  • merci à vous.
    je viens de passer trente minutes à lire des analyses d’Aurore, que je ne connaissais pas....
    Quel pied...que de magnifiques idées sur le travail...merci encore. je vais creuser


  • #2213097
    le 06/06/2019 par Palm Beach Post : "Cult !"
    Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

    "Michel parlait beaucoup de « liberté », or c’est un concept creux, flou, bidon. Pour celui qui sait ou qui imagine les déterminismes qui nous font agir, la liberté ne fait plus partie de la valise conceptuelle. Et connaître ses déterminismes ce n’est pas tomber en fatalité, mais au contraire dénicher les lois qui nous régissent, au dedans et au dehors, pour s’en affranchir, le vieux projet humain, quoi, le blaireau qui veut voler et qui y arrive."

    - oui, il n’y a pas de liberté, il y a un travail quotidien d’émancipation, couplé à une réalisation de soi à travers des contraintes.
    Je veux effectivement voler comme l’oiseau dans le ciel, je ne peux pas :
    je conçois le deltaplane, qui est limité, mais qui commence à m’offrir un aperçu.

     

    • #2213411

      extrait des Frères Karamazov..

      "Le monde a proclamé la liberté, ces derniers temps surtout, et, nous, que voyons-nous dans ce qu’ils appellent la liberté : rien que de l’esclavage et du suicide ! Car le monde dit : « Tu as des besoins, et donc satisfais-les, car tu as les mêmes droits que les hommes les plus riches et les plus notables. N’aie pas peur de les satisfaire, et, même, fais-les croître » – voici la doctrine actuelle du monde. C’est en cela qu’ils voient la liberté.

      Et quel est le résultat de ce droit à multiplier les besoins ? Chez les plus riches, l’isolement et le suicide spirituel, et, chez les pauvres, la jalousie et le meurtre, car, les droits, certes, sont donnés, mais les moyens de les satisfaire ces besoins, eux, on ne les indique pas encore.

      Ils assurent que, plus le monde évolue, plus il se réunit, plus il se forme en communauté fraternelle du fait qu’il raccourcit les distances, qu’il transmet les pensées par les airs. Hélas, ne croyez pas en une telle unité des hommes.

      En comprenant la liberté comme une multiplication et une satisfaction rapide de leurs besoins, ils déforment leur nature, car ils font naître en eux une multitude de désirs absurdes et stupides, d’habitudes et de lubies les plus ineptes.

      Ils ne vivent que pour s’envier les uns les autres, pour satisfaire leur chair et leur vanité. Avoir des dîners, des sorties, des équipages, des grades et des domestiques esclaves, ils le considèrent comme une nécessité si impérieuse qu’ils seraient prêts à y sacrifier leur vie, leur honneur et leur humanité, rien que pour assouvir cette nécessité, et même, ils iraient jusqu’à se tuer s’ils n’avaient pas les moyens de l’assouvir.

      Pour ceux qui ne sont pas riches, nous voyons la même chose, mais, pour l’instant, la satisfaction des besoins et l’envie des pauvres sont étouffées par l’alcoolisme. Pourtant, bientôt, au lieu de vin, ils boiront du sang, c’est là qu’on les mène.
      Je vous le demande : un tel homme est-il libre ?
      J’ai connu un « combattant pour l’idée », qui m’a raconté lui-même qu’au moment où, en prison, on lui avait supprimé son tabac il s’était vu si torturé par ce manque qu’il en aurait presque trahi son « idée », juste pour qu’on lui donne du tabac. Et cet homme dit : « Je vais combattre pour l’humanité ». Or, où ira-t-il donc, et de quoi est-il capable ? D’un acte rapide, peut-être, mais jamais rien qui demande persévérance."


    • #2213509

      Beau morceau de Dostoïevski. Merci pour cette lecture, paradoxalement réconfortante.




    • Michel parlait beaucoup de « liberté », or c’est un concept creux, flou, bidon. .... au contraire dénicher les lois qui nous régissent, au dedans et au dehors, pour s’en affranchir, le vieux projet humain, quoi, le blaireau qui veut voler et qui y arrive."



      On peut certainement voler mais impossible de s’affranchir de la pesanteur.
      S’affranchir des lois n’est pas justement le contraire de les comprendre. Car la principale loi c’est la liberté.


    • #2213686
      le 07/06/2019 par Palm Beach Post : "Cult !"
      Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

      "S’affranchir des lois n’est pas justement le contraire de les comprendre. Car la principale loi c’est la liberté."

      Éh bin non, il n’est pas mort, Michel serres, il s’est réincarné en @ kabouli, la vache !


  • Un filosophe (j’écris comme ça, pour ne pas confondre) comme "on" les aime, c’est à dire qui reste à sa place.


  • #2213139

    Philosophe de la platitude, ventre mou du marketing maçonnique, VRP du " monde qui vient " avec son slogan " ben oui...ce sera mieux demain ", Michel Serres est l’archétype du penseur dont la bonhomie n’aborde jamais les questions cruciales, les enjeux déterminants, pour mieux nous vendre sa came soporifique ( le peuple a tord de se plaindre... )...dont au demeurant à part quelques chaines de radio en manque de fast food du prêt à " penser mou" , personne ne veut... !

    Michel Serres est à la philosophie ce que l’énarchie est à la science politique...une arnaque de vendeur de bagnoles ! Si Aristote ou Saint Augustin te croisent dans l’éternité Michel, tais toi et prends des notes... !!

     

    • #2221788

      Je le croisais au bois de Vincenned
      une tete de diable
      un hideux sorcier
      la marque de Satan sur le visage
      franc macon il devait l etre
      la question serait qui ne l est pas dans les cercles du pouvoir ?


  • Michel Serres, c’est un peu le Michel Onfray avant la lettre, juste un compilateur.
    PS : en principe je ne suis pas méchant mais avec les lèche-bottes des puissants de ce monde, je ne me gêne pas.


  • Un "gentil", imbu de lui-même qui croyait avoir tout compris mais qui en fait, n’avait pas compris grand chose . Un philosophe de comptoir. Pas un mauvais bougre, un maquignon roublard comme il y en a beaucoup. Mais certainement pas un homme éclairé et éclairant. RIP Michel.

     

    • #2213160
      le 06/06/2019 par The Médiavengers Zionist War
      Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

      Les vrais philosophes de comptoir sont d’un tout autre niveau que Michel Serres-m’en-un-autre !

      Au passage, les premières minutes de l’émission sont imbuvables de veulerie et d’auto-satisfaction. Surement une bien piètre reconstitution des salons maçonniques de l’époque "révolutionnaire", c’est-à-dire des révolutionnaires de salon. Tout ça pour enchainer sur - oh, surprise !- une "géniale écrivaine noire du Bayou" qui écrit sur...le racisme. Envoyez la fanfare et tournez manège pendant que je vais vomir.


  • #2213152
    le 06/06/2019 par The Médiavengers Zionist War
    Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

    La fonction des personnalités médiatisées, comme Michel Serres, est de faire croire à la ménagère qu’entre la purée du petit dernier et les croquettes du chat, elle fait de la philosophie.
    Le but n’est pas d’élever les gens, mais de descendre le plus bas possible pour se mettre à leur portée. Au premier abord, la démarche peut apparaître comme de la pédagogie ou de la vulgarisation. En réalité, le but consiste au contraire à les laisser mijoter dans leur condition tout en leur faisant croire qu’ils en sont au-dessus, ce qui produit mécaniquement un accroissement du nombre de cons, tout en les conditionnant à se pâmer sur un système aussi merveilleux qui leur permet d’accéder à la pensée et au savoir sans faire le moindre effort.
    Un monde immobile qui pense (! !!) qu’il va quelque part.


  • On reconnaît un vrai philosophe non pas au nombre de disciples qui le courtisent, le singent ou le copient mais à la transformation intérieure qu’il opère en eux.

    Tel Socrate, véritable maïeuticien, lequel vous accompagne pour la traversée : dévoiler votre Maïa pour ensuite vous apprendre à la revoiler afin que votre statue/stature d’Homme s’incarne, une seconde Naissance d’en-haut !

    Tel fut l’attitude de Jésus lui-même à l’égard de Lazare !

    Tous ces autoproclamés philosophes de salon estampillés par le système, présents par leurs articles dans la presse et dans Encylopedia Universalis, ces crétins universitaires comme dirait Francis Cousin, pullulent dans toute la sphère médiatique, les grandes écoles, conférenciers à leurs heures, sur France-Culture, bien rémunérés pour mettre la grenouille dans le Bouillon de Culture, nous donner de l’intelligence à macher pendant ce temps, la Banque, ses banquiers, la mafia vous fait les poches !

    Michel Serres est à la philosophie, ce que Claude François est à la variété : un produit de masse de bouquins dans les raysons d’hypermarchés !

    Julius Evola ou René Guénon n’ont jamais été promus par les médias et pourtant ils demeurent encore proches de nous car reliés à la Grande Tradition primordiale ce que veut justement nous cacher la mafia toute catégorie confondue, en nous imposant une mémoire qui n’est pas la nôtre et ne le sera JAMAIS.

    Tout simplement parce que Jésus, philosophe gnostique et mystique est passé avant eux, les aura prévenus au point de transmettre à Karl et Friedrich, l’essentiel du message !

    Que les médiatiques michel serrent leurs fesses ! :)

     

    • #2213459
      le 06/06/2019 par Hallo...Y’a quelqu’un la dedans ?
      Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

      @Enkiki

      Mon pauvre enkiki, Il ne doit rester que toi et les franc mac ...pour croire à la tradition primordiale et traiter Jésus de " philosophe gnostique "’ ... !!

      Tu as du lire les évangiles en braille avec les pieds... ? Si tu la lu d’ailleurs... ?


    • #2213555

      " Jésus philosophe ". . . Il faut encore supporter ces conneries gnostiques qui font bien les affaires de l’Ancienne Alliance. Je me suis fadé de la philosophie en fac et ça ne m’a rien apporté de décisif. Plus tard lorsque Jésus-Christ a déboulé dans ma vie, ce n’est pas comme philosophe qu’Il a tout chamboulé. L’essentiel sur Jésus-Christ vous a échappé.


  • J’aimais bien sa voix et le ton sur lequel il parlait, un gars sympa au fond sans prétention d’être pour ou contre un système, paix à son âme. En tout cas, il était moins nocif qu’un Michel Dricker, toujours à la manœuvre celui là

     

  • #2213174
    le 06/06/2019 par projetKO dessinateur
    Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

    Pour sa défense, je rappellerais qu’il était un grand spécialiste de l’Oeuvre d’Hergé, qu’il considérait comme le plus grand génie du XXème siècle.

    Il aura au moins écrit de très belles analyses des albums de Tintin

     

  • #2213183
    le 06/06/2019 par filochard et ribouldingue
    Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

    Le son du pipeau le soir au fond des bois s’est éteint ..


  • #2213186

    connaître ses déterminismes ce n’est pas tomber en fatalité, mais au contraire dénicher les lois qui nous régissent, au dedans et au dehors, pour s’en affranchir, le vieux projet humain, quoi, le blaireau qui veut voler et qui y arrive.



    oui enfin ça fait un peu pro-lgbt, pro-mondialisme, etc. ce commentaire
    s’affranchir de ses déterminismes.. pourquoi faire ?
    au contraire, le genre d’obsession qui ne rend pas libre, juste un peu borné et angoissé.
    Non, accepter ses déterminismes, et leur faire honneur, voilà ce qui rend libre. Je suis fils de untel, du pays truc, et j’ai un don particulier (peut-être) que j’ai reçu, à discerner, à développer. Dit comme ça, on est effectivement totalement dans l’opposition avec le progressisme, le libertarisme, l’auto-élection à laquelle nous sommes encouragés en permanence.

    Après, le fait d’inventer de la technique pour s’offrir du loisir (deltaplane, comme dit plus haut), cela ne remet absolument pas en cause un déterminisme quelconque, et n’est pas de l’ordre de la négation de ce qui est, de ce qu’est l’homme fini.

     

    • #2213336
      le 06/06/2019 par Palm Beach Post : "Cult !"
      Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

      "inventer de la technique pour s’offrir du loisir"

      Davantage que du simple loisir, c’est une autre perception du monde, d’autres rapports.

      Aller d’un lieu à un autre à pied et en train, ce n’est pas du tout pareil, par exemple.


    • #2213391

      appelle ça comme tu veux. Mettons que je ne connais pas grand monde qui va au boulot en deltaplane

      mais je suis généreux, allons directement sur la question de l’avion : ce mode de déplacement ne nie aucun déterminisme. Je ne suis pas déterminé par le fait que je me déplace en patin à roulette, à dos de chameau ou en bateau à moteur. Le fait que je sois plus rapidement à NEW YORK en 2019 qu’en 1919 ne change pas l’homme. Je suis toujours aussi emmerdé par ma femme, j’ai toujours l’angoisse de la mort, je crains toujours pour ma survie, je crois toujours comprendre de la même manière ce que c’est qu’être un homme, etc.

      cela ne remet pas en cause ma finitude de Monsieur UNTEL, car de toute façon, dans l’avion, tout me rappelle que je ne me sens parfaitement bien que sur le plancher des vaches. Au mieux, je gère très bien une situation en faisant abstraction de tout ce qu’elle comporte d’incertain, dangereux, etc, et en cela je peux remercier tout l’effort du personnel de vol, de l’habitacle, de toute cette mise en scène qui a été inventée pour endormir mon inquiétude. Mais cela ne touche qu’à l’apparence des choses et à ma perception, pas à ce que je SUIS.

      Le seul dépassement qui existe, c’est celui de la grâce, mais cela renvoie alors à la dimension métaphysique de la vie. Les efforts humano-humains ne touchant qu’à la physique, parmi eux il y a ce qui ne modifie pas l’être, et n’affranchit donc pas de ce que l’on EST (comme le deltaplane ou l’avion) et il y a les manipulations touchant à l’ETRE (génétique, etc), qui elles sont orientées typiquement pour contrôler (voire nier) les déterminismes.


    • #2213691
      le 07/06/2019 par Palm Beach Post : "Cult !"
      Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

      Je reste sur ce qu’a déclaré Guy Debord (de mémoire) :
      "La même modernisation qui a retiré du voyage le temps, lui a aussi retiré la réalité de l’espace."

      Rien à secouer de ton "déterminisme". Encore des conneries.
      Je parle d’un travail quotidien d’émancipation, couplé à une réalisation de soi à travers des contraintes. C’est tout ce qui compte.

      "appelle ça comme tu veux. Mettons que je ne connais pas grand monde qui va au boulot en deltaplane"
      Ce n’est pas la première fois que tu abuses de mauvaise foi.
      Cela fait de toi un interlocuteur médiocre. La vie est faite de choix.


    • #2213978

      Rien à secouer de ton "déterminisme"




      moi c’est de cela que je parle, donc si tu viens chercher l’échange, reste cohérent et parle du sujet. C’est la meilleure celle-là...



      Je parle d’un travail quotidien d’émancipation, couplé à une réalisation de soi à travers des contraintes. C’est tout ce qui compte.




      Non en fait tu parlais du train. Mais ça doit être ça la "bonne foi". Tu vois j’essaie d’apprendre...
      La réalisation à travers les contraintes ;..ça n’a rien à voir avec la question du déterminisme (ce qui nous détermine dans notre identité). L’ascenseur ou l’escalier, le train ou la charette.. Traverser le pays anonymement, sans la transition des noms, etc. oui d’accord...la terre désincarnée, oui d’accord... mais je ne pense pas que c’est à cela que renvoie l’extrait que je commente, qui est plus dans une version progressiste de l’apprentissage des déterminismes pour s’en affranchir (vieux programme de gauche..on est dedans, hein, je sais pas si tu avais remarqué.. et à aucun moment il n’est traité de repasser du train à la charette...parce que tout simplement ce n’est pas ça le sujet).



      "appelle ça comme tu veux. Mettons que je ne connais pas grand monde qui va au boulot en deltaplane"
      Ce n’est pas la première fois que tu abuses de mauvaise foi.
      Cela fait de toi un interlocuteur médiocre. La vie est faite de choix.




      idem, je parle de deltaplane dans mon premier message, et tu me parles d’autre chose, d’où la petite pique d’intro. Ensuite j’ai fait l’effort d’aller vers toi en prenant l’exemple de l’avion ; si t’as envie d’appeler ça "mauvaise foi", c’est comme pour "déterminisme", il faut rester seul avec son propre langage et ne parler à personne...mais je vois bien que tu es tenté...


  • #2213192

    Encore un de ces philosophes à la gomme — une imposture, quoi — comme, malheureusement, la France en produit beaucoup depuis quelques décennies.

    Tels BHL, Foucault, Derrida, Althusser (qui a au moins eu l’honnêteté de reconnaître qu’il était une fraude intellectuelle totale dans son autobiographie "L’avenir dure longtemps"), et même Sartre ou Merleau-Ponty à bien des égards, et tant d’autres.

    Pour prendre la mesure de ce désastre culturel, on lira le livre de Bricmont et Sokal Impostures intellectuelles. Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls auteurs qui exposent cette imposture : on citera Vincent Descombes (par ex. son ouvrage Grammaire d’objets en tous genres) ou Jacques Bouveresse.


  • "Michel parlait beaucoup de « liberté », or c’est un concept creux, flou, bidon".
    C’est tout à fait juste. La liberté est pour l’homme seulement un concept ontologique. L’homme "est" libre sinon il n’est pas. On ne parvient pas à le penser autrement, c’est à dire déterminé. Par quoi, par qui d’ailleurs ? Le mot "liberté" est la fin de tous les discours qui tentent de "définir la liberté". (absurdité)

    Si on parle "des libertés", celui qui parle a une petite idée sur ce qu’elles sont. Il se fait juge et de quelque chose qui devrait surtout lui imposer le silence. Mais on parle tout de même..


  • De toute façon en philo les gens ne s’interessent pas aux idées mais à la grandeur ou la distraction. Serres était dans la catégorie animateur, distrayant à écouter,. Sinon les gens veulent se oindre de grandeur via des mots comme "Spinoza", "Hegel", "Heidegger". Le contenu est complètement indiférrent et n’interesse pas les gens. Et ça je peux vous le certifier car c’est du vécu :D


  • Ah, c’est sûr, Serres n’était pas jean-claude Michéa....
    Sur facebook existe un groupe "des enfonceurs de portes ouvertes" ; notre gentil michel y a toute sa place !


  • Je regrette de n’avoir pas assez écouté Michel Serres . Chaque fois que je l’ai fait j’ai apprécié son bon sens paysan - il était d’humble origine, son père était batelier sur la Garonne . Il était solidement campé dans la glèbe de son pays et bien souvent il en appelait au témoignage passionnant des anciens . Son érudition dans le folklore de son pays semblait sans limite .


  • J’ai entendu parfois les chroniques de ce soi disant "philosophe ", a une époque j’écoutais ,ça pouvait être parfois pertinent, gagné par la sénilité qui guette le grand age il était devenu une sorte de vieil illuminé , mi tartuffe mi M.Jourdain.
    Sa fausse modestie était devenue insupportable.
    Un tiède que tout le monde devait recevoir avec déférence dans les médias corrompus, a bien servi le système qui le flattait d’autant qu’il était utile pour empêcher le pékin moyen de réfléchir.
    Une pensée pré mâchée pour esclaves consentants.
    Un homoncule comparé a entre autres l’immense jean pierre Marielle dont le souvenir restera a jamais gravé dans nos mémoire.et je plaisante pas.
    .


  • #2213355

    A partir du moment ou un BHL s’autoproclame philosophe, c’est sur que les des sont pipes d’avance
    Le livre de Shlomo Sand sur les intellectuels francais est egalement interessant
    Une specialite francaise nee apres l’affaire Dreyfus
    Je crois qu’il n’y a qu’en France que ce type de creature existe et qui se pavane sur tous les plateaux de televi-sion pour s’exprimer sur tout et sur rien
    Et bien sur, eux seuls detiennent la morale, la verite, la sagesse, et bien sur, ils sont la modestie incarnee
    Prendre de haut les petites gens parcequ’ils regardent la television alors que lui meme avait ses entrées sur tous les plateaux et parlait frequemment de son role de vulgarisateur de la science, c’est de la Chutzpah gasconne
    Comme pour Apathie et Lasalle, il faut un peu d’accent du Sud-Ouest a la televi-sion sinon on aurait un peu trop de breton (Elisabeth Levy serait prompte a s’indigner de cette injustice communautaire)
    Sinon Michel Serres n’etait pas le plus desagreable et venant d’un milieu modeste, on peut dire qu’il s’en est pas trop mal sortit dans la vie


  • A propos de tout ce qui est "agréé " par les grands medias : experts, specialistes, philosophes, chroniqueurs (niqueuses), presentateurs vedettes etc...il est nécessaire de garder la tête froide et une certaine méfiance sur leur neutralité ou leur indépendance..


  • #2213369
    le 06/06/2019 par Lynx dans la brousse
    Disparition du philosophe Michel Serres, le roi du truisme

    Vu que nous sommes toujours des les jours de l’aïd soit une fête qui offre "la liberté" de remanger ou autre quand on veux en famille entre amis ou entre amants...

    J’aime bien cet exposé sur "la liberté" du point de vue d’un religieux enturbanné, un profond message d’amour aux universalistes libertaires philosophes des droits de l’homme, quelque soit le niveau de maîtrise des concepts universels ou philosophiques, peut être que Michel Serres paix à son âme l’aurait trouvé espiègle lui aussi Dieu seul le sait...

    Attention c’est flippant je préfère prévenir avant :

    https://youtu.be/KnibyDNFM3Q


  • #2213400

    Jean d’Ormesson n’en pouvait plus d’attendre...


  • Comme D ’ Ormesson , avec la même fausse modestie et la même visibilité médiatique il est mort dans la conviction d ’ être un grand , un génie inoubliable qui laisse une oeuvre impérissable ; l ’un avait une gueule d ’écrivain et enfilait les citations , l ’autre une gueule de philosophe et dévidait pompeusement des truismes . De nos jours la gueule fait tout .


  • Oserais-je dire ; un philosophe "France Culture" ?


  • II aurait rajouté à son “l’humanité est essentiellement faite de braves gens”...la phrase suivante "de braves gens, certes, mais braves d’abord pour eux même..." Je l’aurais trouvé à la fois original et sérieux...


  • Serres, paix à son âme, avait tout de même raison sur sa sortie sur la télé.
    Oui, éteignez la télé et lisez plutôt.
    Rien de pire que la télé pour jouer sur l’émotionnel et débrancher la raison.
    C’est d’ailleurs le relais préféré de ceux qui utilisent cette tactique à des fins de dressage des opinions.
    Sans la télé dans les foyers, le système aurait déjà volé en éclats.

    "Michel parlait beaucoup de « liberté », or c’est un concept creux, flou, bidon. Pour celui qui sait ou qui imagine les déterminismes "

    A cette chère liberté ! un petit coup encore de l’ineffable mais non moins inégalable Friedrich "On veut la liberté aussi longtemps qu’on n’a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie. "

    Imparable. Et tellement humain...Trop humain.

     

    • Oui, c’est ça, lisez surtout ...tout et n’importe quoi, mais lisez ! mdr

      Quel "grand sage" en promotion condamne l’écriture et recommande de ne pas lire ?

      Serre était à la philosophie ce qu’Hulot est à l’écologie, un marchand de potions.


  • Michel Serre avait eu l’excellente inititative de créer en 1984 chez Fayard une collection de livres intitulée « Corpus des œuvres de philosophie en langue française » pour rééditer des textes de langue française devenus inconnus et introuvables du XVIIe à la fin du XIXe siècle.

    Malheureusement, en 20 ans, la collection n’a publié que cent cinquante volumes et une centaine d’auteurs qui sont pour la plupart les grands auteurs athés de l’idéologie dominante comme l’Abbé de Saint-Piere, La Mettrie, d’Holbach, Volney,.., et pas les antiphilosophistes ou non philosophistes qui ont laissé des oeuvres brillantes et inconnues.

    Il a republié les Discours de la méthode de Descartes qui sont archi connus, et pas des milliers de chefs d’oeuvre comme la Logique et la Grammaire d’Antoine Arnauld, l’introduction aux Lois civiles de Domat, le Traité des tropes de Dumarsais, l’Histoire des hérésies et des schismes, la Manière de bien penser du P. Bonhoure, la Législation primitive de Bonald, etc.

    Cette fausse collection de rééditions a contribué à occuler plus fortement les trésors de la littérature et de la philosophie française qui ont été écartés par la classe dominante.


  • #2214059

    Ô que j’en ai lu des bouquins de philosophie et des philosophes ! J’ai même parmi mes amis des qui se disent philosophes parce qu’ils ont pondu un bouquin "sur l’existence"...

    Donc Michel Serres le philosophe qui "enchantait" le samedi soir avec Pierre Léna l’astronome en "dissertant" sur le cosmos ; ça ronronnait et quoi de plus vendeur que cet accent du sud ouest (non, Apathie est loin d’être un philosophe). Ca passe mieux à la télé que l’accent stéphanois ou savoyard...

    Donc Michel Serres qui s’extasiait il n’y a pas si longtemps sur Radio Caciques "oh, comme l’existence est belle aujourd’hui comparée au siècle dernier, aux deux guerres mondiales, à la shoah"...

    A part Pascal, Camus, Kierkegaard et les présocratiques, j’ai arrêté la philo.
    La philo ça n’aide pas à vivre parce que ça ne répond jamais aux vraies questions fondamentales : qui suis-je ? où vais-je ? où cours-je ? dans quel état j’erre ?...

     

    • Lisez aussi Condition de l’homme moderne, d’Hannah Arendt, vous ne serez pas déçu.
      En théologie Conversations sur le christianisme, de Napoléon Bonaparte,
      Et puis en histoire Homo ludens, de Joan Hyzinga.


  • #2215861

    J’aimais bien Michel Serres,son accent qui me rappelait ma province d’origine,son naturel débonnaire.Je ne connais de lui que ses chroniques radiophoniques je l’avoue humblement.Toutes les semaines il attirait notre attention sur un fait passé inaperçu de la masse des profanes que nous sommes.On était sensés être devenu plus intelligent après l’avoir écouté.Ainsi on appris un jour que la terre était devenue désespérément plate !Finis les frais bocages et les vallons de nos chères campagnes de France.A coup de bulldozer et de remembrement tout avait été arasé.On nous avait changé notre paysage sans même nous demander notre avis" sans qu’on n’ait consulté le peuple par voix électorale voulait-il dire !"Nous a-t-on jamais consulté par voix électorale pour accueillir des millions d’étrangers qui ont considérablement modifié notre paysage urbain à tel point qu’une amie mexicaine arrivée il y a plus de trente ans à Paris se demandait en parcourant la capitale où étaient les Français ?En homme prudent notre philosophe se gardait bien d’attirer notre attention sur ce genre changement qui n’a pu échapper au plus distrait de nos concitoyens il est vrai.


  • Viens de l’entendre en rediffusion sur France-Culture : effectivement le mec ne dit strictement rien... mais d’une façon très affirmée :D

    Je commence à comprendre pourquoi je n’ai jamais pu trouver quelqu’un intéressé par mon système métaphysique, le seul capable définir correctement les trois catégories matière/vie/pensée et de démontrer logiquement qu’il en existe deux (et seulement deux) autres totalement non reconnues jusque là :D


  • #2220009

    Il n’y avait pas que du truisme chez Michel Serres. J’ai appris à me méfier des politiques avec son livre Éloge de la philosophie en langue française (1995) qui contient un passage admirable sur le sieur Condorcet, encensé par la gauche d’alors, les Badinter lui avaient consacré une hagiographie et Serres dans un chapitre intitulé « Bourg-la-Reine 1794 » nous éclairait sur le parcours de ce « noble » qui « parle avec ferveur de l’égalité ». « Il rencontre enfin le peuple et la misère dont il avait tant parlé. 48h d’expérience, par voie directe et enfin loyale, pour une vie de discours sur ces mêmes sujets : il en meurt. »… « On comprend qu’il soit si vite devenu le modèle des intellectuels français si habiles et prompts à se saisir des postes au nom des pauvres dont ils parlent sans les connaître et qu’ils trahissent dès qu’ils conquièrent le pouvoir à leur place. »
    Grace à Serres, défenseur et éditeur d’un corpus philosophique en langue française, j’ai pu lire Guyau et sa « morale sans obligation… ». D’autres ont déjà dit qu’il avait défendu Hergé, soulignons aussi son admiration pour Bossuet, indocile face au pouvoir. C’est de cela dont je me souviens, de cette dette. Il a eu d’autres propos moins intéressant, mais je ne les connaissais pas, j’ai une oreille sélective. Quand je peux je prends le meilleur.


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