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Au menu de Noël 2025 : bortsch pour tout le monde

C’est un plat qui risque bientôt de devenir le plat national français, et détrôner le bon vieux couscous gaulois : le bortsch. C’est une sorte de soupe avec des trucs de pauvre dedans. Vu la recette qui suit, on est chez les serfs de Kouliga, pas dans le palais de Nicolas II.

 

 

Super, bon, passons aux choses sérieuses, on est des hommes libres ou des serfs ? Là on mange au Nevski, avec Midia. Autant se familiariser avec la culture du prochain occupant.

On note que le cuistot s’appelle Ramon Jimenez, et pas Jimenezki, mais on mettra ça sur le compte de la mondialisation et de l’attractivité de la nouvelle Russie, Poutine ayant ouvert les portes de son pays aux talents du monde entier (on espère que c’est pas pour nous envoyer en Sibérie ou au Birobidjan).

 

 

En faisant des recherches sur le Net, on découvre effarés que le soft power russe, c’est plus des démos de missiles hypersoniques que des petits plats et des poupées.

On sait que le cinéma tient une grande place dans le soft power, et les Russes ont environ mille ans de retard sur les USA à ce niveau. Mais rien n’est perdu, tant les Américains produisent de la merde actuellement. Hollywood, c’est très cyclique : dix ans de créativité, suivis immanquablement de dix ans de nullités. Les années 70 ont été au top, les années 90 aussi.

Surprise, Honfleur organise chaque année un festival du cinéma russe. On se demande pourquoi Macron n’a pas encore fait fusiller ses organisateurs pour haute trahison : car le risque, c’est que des Français finissent par apprécier la Russie et deviennent des taupes, la cinquième colonne… Ah, les organisateurs ont suicidé le festival en 2022.

 

 

L’année 2021 est vraiment la dernière normale dans les relations franco-russes. Ensuite, les Français férus de cinéma russe se sont cachés sous terre. Ils attendent la libération. Comme nous.

 

 

On a commencé par la bouffe et on finit par le cinéma, c’est pareil, nourritures terrestres et nourritures spirituelles. Pour la petite histoire, Poutine et Staline ont le même film préféré : Tchapaiev. Dans le pitch (de Wikipédia), on sent que le réal était visionnaire :

Le film relate l’histoire d’une division de l’Armée rouge commandée par Vassili Tchapaïev, en lutte contre les troupes de l’Armée blanche du colonel Borozdine. Un commissaire nommé Furmanov est détaché de Moscou auprès de cette division. Bien qu’il ne s’entende pas d’abord avec Tchapaïev, il fait ses preuves en résolvant un conflit survenu lorsque les hommes de Tchapaïev volent des paysans locaux ; les deux hommes finissent par devenir amis.

 

En effet, moins de sept ans plus tard, c’est le conflit entre les commissaires politiques envoyés par Staline dans les pattes des généraux et autres officiers du front qui provoquera un chaos opérationnel gravissime. Mais pourquoi emmerder les militaires avec des politiques ?

Parce que Staline, homme de la Première Guerre mondiale et de la révolution de 1905, avait vu comment l’armée (pas encore rouge) pouvait se retourner contre l’État… Il ne voulait pas lui donner trop d’autonomie ni lui lâcher la grappe. Alors il sautera par-dessus l’état-major et donnera un pouvoir démesuré à ses « balances », l’équivalent de nos Liste Noire Cohen d’aujourd’hui, brisant la chaîne classique de commandement et d’action. L’URSS passera, à cause de cette parano stalinienne, à deux doigts d’une défaite cinglante et définitive.
Faut dire que du côté des Ukrainiens et des Baltes, à l’été 41, ça se battait mollement et ça désertait par régiments entiers... On ne peut pas accabler complètement le Petit Père des Peuples (P3).

Au fait, le bortsch peut se manger chaud, ou froid, comme la vengeance.

 

De Staline à Fuentes

 
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20 commentaires

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  • #3581228
    Le 11 décembre 2025 à 14:22 par bougre

    ’Quand passent les cigognes’ est un film soviétique de Mikhaïl Kalatozov sorti en 1957. Un chef d’oeuvre à ne pas rater...

    Plus actuel que jamais.

     

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    • #3581246
      Le Décembre 2025 à 16:13 par ANONYME

      @ bougre

      "Quand passent les cigognes"...

      Bientôt ce sera plutôt : "Quand passent les Soukhoï", encore plus actuel, si Macron continue de provoquer Vladimir Poutine...

    • #3581349
      Le Décembre 2025 à 06:01 par kantor

      Imaginez donc ! Je l’ai vu pour la première fois, avec le regard et la sensibilité d’un enfant de 10 ans, à mes coté un témoin de cette période me faisait des commentaires...(brejnev allait encore aux putes, pour vous dire si ça date)...Et j’ai toujours à l’esprit, quelques printemps plus tard, certaines séquences...
      Me faire démarrer la journée avec de tels souvenirs...Y a que chez Monsieur Soral !

  • #3581259
    Le 11 décembre 2025 à 17:03 par wizzz

    J ai regardé dernièrement un excellent film russe dans la catégorie espace/astronautes : SALYUT 7.
    Ca valait largement les super productions US et basé sur une histoire vraie.

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  • #3581260
    Le 11 décembre 2025 à 17:03 par Screenager

    Comme l’a dit @Bougre, "Quand passent les cigognes" est le film russe à voir.

    J’y ajouterais "La lettre inachevée" qui est d’une beauté esthétique incroyable, ainsi que "Le retour", un long-métrage aussi singulier qu’émouvant.

    Et évidemment, il faut ajouter à cette liste tous les films de Tarkovski (il convient néanmoins d’être en forme pour les visionner car leur rythme est d’une lenteur assez appuyée.)

    Et pour joindre la musique au cinéma, je vous conseille un groupe de post-rock, Kauan ; parmi les nombreux albums de haute volée qu’ils ont produit, "Sorni Nai" est sans doute le plus grandiose pour découvrir leur univers singulier. La beauté de leur musique est par moments à couper le souffle.

     

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  • #3581265
    Le 11 décembre 2025 à 17:11 par Gaston

    En espérant que nous ayons les moyens financiers de nous payer un bortsch.

     

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    • #3581665
      Le Décembre 2025 à 13:54 par Knokke

      Le bortsch, c’est vraiment le plat du pauvre. Et pour l’hyper-pauvre, il y a toujours le moyen radical d’en faire sans viande. C’est un plat que je me fais souvent, il me permet d’y mettre presque tous les légumes de mon jardin qui ne m’ont coûté que la peine de les faire pousser.

  • #3581278
    Le 11 décembre 2025 à 18:27 par Octoppussy

    Moins poétique mais drôle ’ Quand passent les faisans’

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  • #3581283
    Le 11 décembre 2025 à 19:16 par Lioubov

    Excellent Bortsch (polonais) chez Mazurka,
    (service adorable)
    3 rue André del Sarte, Paris 18

    Excellent Bortsch (Russe) à la Cantine Russe,
    26 avenue de NewYork (en face du musée Chirac Quai Branly et pas loin Cathedrale Russe), Paris 16

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  • #3581285
    Le 11 décembre 2025 à 19:23 par Kiki777

    Il y a une suite a ’brother (Брат, Brat)
    ’qu est encore plus trash et beaucoup moins innocente

    Je doute que ce soit dans l’esprit Russe contemporain (ca a 25 ans)
    Mais si vous avez vu le premier, pourquoi se priver du second ?
    (Брат 2, Brat 2 2000 Alekseï Balabanov )

    Il est peut ’etre moins intéressant, mais il capture aussi une époque.
    3 ou 4 ans aprés le premier (1997 et 2000, le premier etant probablement tourné en 1996)

     

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  • #3581306
    Le 11 décembre 2025 à 22:31 par GERARD R.

    Les soupes les plus savoureuses, les plus appétissantes dont ma compagne me gave, sont composées de restes et de tout ce qui lui tombe sous la main. Ses recettes n’ont rien de scientifique. C’est au jugé et à l’inspiration du moment. Pourtant à chaque fois je me régale. La soupe et particulièrement la bonne grosse soupe, avec patates et bouilli de bœuf accompagnée parfois de la louche de haricots blancs de la veille, je me la garde et vous laisse le caviar et autres babioles de luxe, fussent-elles d’origine contrôlée. (Tu parles !) Car moi, en plus du goût qui envahit voluptueusement mon palais, je sais ce que je bouffe. Ah je vous concède que ces soupes-là, n’ont pas grand chose de... diététique. Mais la diététique, n’est-ce pas un traquenard mondialiste ? On commence par vous faire bouffer du lyophilisé, de l’épuré et on finit par vous obliger de vous faire injecter des trucs bizarres venus d’ailleurs. Et toujours pour votre belle et précieuse santé. Moi, j’ai décidé de confier la mienne à... ma compagne. Et cela ne m’a pas trop mal réussi, jusque là. Bon appétit !

     

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  • #3581436
    Le 12 décembre 2025 à 10:50 par Tetar 1er

    Sinon, on peut voir des films russes qui parlent un peu de nous :
    le Waterloo de Sergueï Bondartchouk (1970), ne serait-ce que pour vous laver la tête de l’infâme Napoléon de Ridley Scott (pas vu, mais impossible d’ignorer que ce fut un fiasco). La reconstitution de la bataille y est époustouflante.

    D’ailleurs, du même réalisateur, vous avez l’adaptation de "Guerre et Paix" en plusieurs parties qui est absolument superbe.

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  • #3581440
    Le 12 décembre 2025 à 11:06 par Palm Beach Post : "Cult !"

    j’ouvrirai une boîte de ravioli légumes

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